Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:10

Londres, cible privilégiée des groupes islamistes et de l’EI

 

Le 22 mars 2017, date anniversaire des attentats de Bruxelles de 2016, Khalid Masood, âgé de 52 ans et non soupçonné d’activités terroristes, abattait à Londres trois passants, dont un Américain, et tuait en outre un policier chargé de la sécurité du Parlement. Masood, au volant d’un 4 × 4 sur le pont de Westminster, blessait aussi une vingtaine de personnes, dont trois lycéens français, deux gravement. L’attaque a été revendiquée par l’Etat islamique (EI).

Ces derniers temps, Londres était devenue le centre d’attention des volontés terroristes. Des appels de groupes islamistes à y commettre des attentats avaient été enregistrés et mis en ligne sur le site JTTM (Jihad and Terrorist Threat Monitor). MEMRI.fr a relayé deux de ces appels, dans une volonté d’alerte et de prévention. Rétrospective :

I –Al-Wafaa, affiliée à l’Etat islamique

L’agence de médias Al-Wafaa, affiliée à l’Etat islamique, a publié récemment plusieurs posts se félicitant des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Les articles twittés incluaient des menaces explicites à l’encontre de pays occidentaux. Un message promettait que l’EI envahirait prochainement la Grande-Bretagne et ferait de Londres une province de l’EI. Un autre avertissait que les membres de l’EI n’allaient pas tarder à prendre pour cibles des pays et des villes européennes. Ce dernier présentait les boîtes de nuit, les stades et les écoles comme des cibles privilégiées.

Dans un post intitulé « De Paris et Bruxelles, le début, nous établirons une province [de l’État islamique] à Londres », un dénommé Abu Wahbah Al-Gharib écrivait : « Avec l’aide d’Allah, les soldats du Califat vont bientôt envahir le cœur de votre maison, l’Angleterre, défenseuse de la Croix (…) L’Europe va connaître un cauchemar noir dont elle n’émergera qu’après que la bannière de l’Ukab [drapeau de l’Etat islamique] flottera sur son sol. » (1)

II – La branche britannique du Hizb ut-Tahrir

Au cours d’une manifestation organisée par la branche britannique du Hizb ut-Tahrir devant l’ambassade de Syrie à Londres, mi-décembre 2016, les participants avaient appelé à l’instauration du Califat, menacé les États-Unis et admonesté les dirigeants musulmans. (2)

III – Chat secret sur Telegram

Un mois plus tôt, dans un chat secret sur Telegram, des supporters de l’EI envisagent de prendre pour cible l’ambassade des Etats-Unis à Londres : le 14 novembre 2016, dans une conversation tenue sur un groupe fermé, des partisans de l’Etat islamique planifiaient d’attaquer des ressortissants américains et britanniques. L’un des membres du chat, prolifique en suggestions relatives à un nouvel attentat, semblait être basé au Royaume-Uni. La cible suggérée était alors « l’ambassade américaine au Royaume-Uni ». Ils avaient notamment débattu des armes à utiliser dans un tel attentat et tentaient de faire de nouvelles recrues.

Un membre du chat notait : « … Mon frère, apparemment on se dirige vers l’Angleterre. Un frère a déjà vérifié l’ambassade américaine là-bas. Toi et moi, on peut planifier et rassembler notre argent et inventer une histoire de visite. Et rase-toi, mon frère, on ne veut pas que l’Angleterre se doute de quoi que ce soit. »

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:09

Le secrétaire général du Hezbollah Nasrallah contre le mariage homosexuel et pour le mariage précoce

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a pris position contre les tentatives de légalisation du mariage homosexuel au Liban, affirmant que l’homosexualité « défie la logique, la nature humaine et l’esprit humain ». Dans son discours prononcé le 18 mars 2017, à l’occasion de la « Journée de la femme musulmane », et diffusé sur la chaîne télévisée Al-Manar, Nasrallah a critiqué « la culture de l’opposition au mariage précoce », estimant que les partisans de cette culture « servent sans le savoir Satan et les démons […] La réponse devrait être de propager la culture du mariage précoce. » Extraits :

Hassan Nasrallah : Il y a des sociétés à l’étranger qui ont été ruinées par l’homosexualité, et maintenant elles l’exportent au Liban et dans le monde arabe et islamique. Ils veulent légaliser le mariage homosexuel au parlement. Les relations homosexuelles défient la logique, la nature humaine et l’esprit humain. Ces relations… Certaines personnes disent : « Mais cela relève de la liberté de choix. Où est le problème ? » Non, c’est un grave problème. Un grave problème. Au Liban et ailleurs, tout le monde, les musulmans, les chrétiens et les non-religieux … Quiconque se soucie de sa société et de la pureté de l’humanité doit prendre position contre ce genre d’entreprise. […]

Ils essaient de répandre – même dans notre propre société – une culture d’opposition au mariage précoce. Il fut un temps où le mariage précoce était accepté. Aujourd’hui, des gens disent que le mariage précoce est un mal, que le mariage précoce a des ramifications négatives… Ces gens savent-ils mieux qu’Allah [ce qui est bien], Lui qui a créé l’humanité, et demandé que cela soit, via ses prophètes, culminant avec le prophète Mohammed ?

Savent-ils mieux que le Créateur de l’Homme si le mariage précoce sert ou non les intérêts de l’humanité ? Ils peuvent argumenter qu’il y a des cas de divorce après un mariage précoce. Mais je peux vous présenter plus de divorces après des cas de mariage à 20, 30 ou 40 ans. Cela ne peut pas servir de preuve. Cela ne peut pas servir de preuve. Au contraire, ceux qui répandent la culture de l’opposition au mariage précoce dans notre société servent inconsciemment Satan et les démons. Ils servent aussi notre ennemi en causant la ruine morale de notre société. La réponse devrait être de propager la culture du mariage précoce. […]

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:07

Le ministère de la Justice américain condamne une terroriste du Hamas impliquée dans l’attentat du Sbarro de Jérusalem

 

Le 14 mars 2017, le ministère américain de la Justice a annoncé que la ressortissante jordanienne Ahlam Aref Ahmad Al-Tamimi était inculpée pour avoir projeté l’utilisation d’une arme de destruction massive contre des ressortissants américains en dehors des États-Unis. Cette accusation est liée à sa participation à l’attentat-suicide commis en août 2001 au Sbarro de Jérusalem, qui avait fait 15 morts, dont deux ressortissants américains.

Al-Tamimi avait été envoyée en prison en Israël en 2003 pour y purger 16 peines d’emprisonnement à perpétuité, mais avait été libérée dans le cadre d’un échange entre Israël et le Hamas en 2011. Depuis, elle a vécu en Jordanie, dont la constitution interdit l’extradition de ressortissants jordaniens. [1]

Le FBI a également annoncé qu’Al-Tamimi avait été placée sur sa liste des terroristes les plus recherchés. [2]

Après sa libération, elle a donné une série d’interviews sur la chaîne télévisée Al-Aqsa du Hamas. Dans l’une d’elles, elle a rappelé la joie grandissante des Palestiniens écoutant, à la radio, le nombre de morts croissant de l’attentat-suicide qu’elle venait de commettre. Dans une autre interview, elle a exprimé sa fierté pour ses actes, affirmant qu’elle « les referait aujourd’hui ». La joie suscitée par l’attentat a également été exprimée dans d’autres médias arabes, par exemple par le journaliste égyptien Fahmi Huweidi (voir Dépêche spéciale de MEMRI n° 265, I Cannot Hide My Happiness about the Martyrdom Operation that Took Place in Jerusalem. An Op-Ed in Egypt’s Leading Government Daily, 2 septembre 2001).

Al-Tamimi a également été invitée, avec d’autres terroristes palestiniens libérés des prisons israéliennes dans le cadre d’échanges de prisonniers, à la Conférence internationale de 2012 de soutien aux prisonniers palestiniens dans les prisons de l’occupation sioniste en Tunisie, tenue sous les auspices du président tunisien Moncef Marzouki (voir Dépêche spéciale de MEMRI n° 5090, Al-Nahda Chairman Rached Al-Ghannouchi At Tunis Conference In Support Of Palestinian Prisoners: ‘Allah, Grant Me Martyrdom At Jerusalem’s Doorstep’, 13 décembre 2012).

Ahlam Tamimi, terroriste du Hamas libérée de prison, se souvient de l’attentat du Sbarro à Jérusalem (archives)

Lien vers le clip en français

Ci-dessous des extraits d’une interview d’Ahlam Tamimi, terroriste du Hamas libérée de prison. L’émission a été diffusée sur la télévision du Hamas Al-Aqsa, le 12 juillet 2012.

Ahlam Tamimi: Seize sionistes ont été tués.

Interviewer: Le bruit de l’explosion était-il… ?
Ahlam Tamimi: Retentissant. Le moudjahid Abdallah Barghouti a fait un travail parfait en fabriquant la guitare [qui contenait la bombe] et les résultats ont stupéfié tout le monde, grâce à Allah.

[…]

Ensuite, quand je suis montée dans le bus, les Palestiniens autour de la Porte de Damas [à Jérusalem] étaient tous en train de sourire. On pouvait sentir que tout le monde était heureux. Dans le bus, personne ne savait que c’était moi qui avais dirigé [la bombe humaine vers sa cible]… Je me sentais bizarre, parce que j’avais laissé [la bombe humaine] Izz l’Al-Din derrière moi, mais à l’intérieur du bus, ils se félicitaient tous. Ils ne se connaissaient pas, mais ils échangeaient des salutations.

[…]

Alors que j’étais assise dans le bus, le chauffeur a allumé la radio. Mais d’abord, laissez-moi vous parler de l’augmentation progressive du nombre de victimes. Alors que j’étais dans le bus et que tout le monde se félicitait, ils ont dit à la radio qu’il venait d’y avoir un attentat martyre au restaurant Sbarro, et que trois personnes avaient été tuées. Je dois avouer que j’étais un peu déçue, car j’espérais un bilan plus important. Pourtant quand ils ont dit « trois morts, » j’ai dit: « Allah soit loué ».

Interviewer: Etait-ce une station de radio israélienne ou palestinienne ?
Ahlam Tamimi: Cette station était dans la langue sioniste, et le conducteur traduisait pour les passagers.

[…]Deux minutes plus tard, ils ont dit à la radio que le nombre était passé à cinq. Je voulais cacher mon sourire, mais je n’y arrivais pas. Allah soit loué, c’était merveilleux. Au fur et à mesure que le nombre de morts continuait d’augmenter, les passagers applaudissaient. Ils ne savaient même pas que j’étais parmi eux.

Sur le chemin du retour [vers Ramallah], nous sommes passés par un barrage de police palestinien ; les policiers riaient. L’un d’entre eux a sorti la tête pour dire: « Félicitations à nous tous. » Tout le monde était heureux.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:05

Une vidéo de l’EI à Racca prône l’endoctrinement des enfants et présente un combattant français entouré de sa progéniture

 

Le 20 mars 2017, la province de Racca de l’Etat islamique (EI) a diffusé une vidéo vantant les efforts de l’EI pour endoctriner les musulmans, en particulier les enfants, vivant sur ses territoires [1]. Dans ce but, l’EI utilise plusieurs moyens, parmi lesquels son système éducatif et sa propre chaîne télévisée Al-Bayan. La vidéo déplore également la dégradation des mœurs qui frappe les jeunes et les enfants musulmans dans le monde musulman et accuse les « ennemis de l’islam » d’être en partie responsables de cette situation.

La vidéo déplore ce que l’EI perçoit comme une dégradation des mœurs et un comportement non islamique observés dans le monde musulman et dénonce leurs diverses manifestations comme la consommation d’alcool et de drogue, les fêtes, les concours de chansons et les mariages homosexuels. De tels actes et activités sont présentés non seulement comme non-islamiques et dénués de sens, mais aussi comme le résultat des efforts des ennemis de l’islam pour affaiblir les musulmans.

La vidéo examine l’état des enfants et des jeunes musulmans dans les territoires contrôlés par l’EI, affirmant que, comparés au reste du monde musulman, ceux qui vivent sur le territoire de l’EI empruntent une voie juste et sérieuse et reçoivent une bonne éducation.

Dans la vidéo, un combattant français de l’EI, Abou Yaqoub Al-Faransi, est entouré par ses nombreux enfants, nés probablement de plusieurs épouses. S’exprimant en français, il souligne l’obligation d’avoir beaucoup d’enfants, affirmant que c’est une grande responsabilité, et que ses enfants fréquentent les écoles dirigées par l’EI, aux côtés de camarades du monde entier. Les enfants, dit-il, étudient les principes du monothéisme, la récitation et la mémorisation du Coran et un éventail de matières profanes,  comme les mathématiques et la géographie. Al-Faransi ajoute que ces enfants “apprennent qu’ils sont la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes”, tout en répétant que lui et les autres ne renonceront jamais à l’islam et à ses principes, malgré les attaques des incroyants contre eux.

La vidéo montre ensuite les enfants qui fréquentent diverses classes de l’EI, ainsi qu’un membre du groupe, sans doute un érudit ou un enseignant, dénonçant les systèmes éducatifs « incomplets » employés dans le monde musulman, où selon lui les enfants musulmans ne sont pas éduqués selon les principes essentiels de la croyance comme le monothéisme. La vidéo fustige ceux qui cherchent à corrompre les jeunes musulmans en dehors du territoire de l’EI, notamment en diffusant des contenus corrompus et « toxiques » à la télévision. Ces efforts, selon un intervenant dans la vidéo, entrent dans le cadre des objectifs des « ennemis d’Allah » : affaiblir la famille musulmane moyenne et vaincre l’EI.

Un membre de l’EI devant une télévision sur la chaîne Al-Bayan.
Exemple d’émissions d’Al-Bayan.

Un autre combattant de l’EI, Abou Mujahid Al-Khurasani, loue la vie sous le règne de l’Etat islamique et déclare que c’est le rêve de n’importe quel musulman de se trouver un endroit où il peut élever ses enfants et sa famille selon le Coran et la Sunna. Al-Khurasani interroge des enfants sur des sujets religieux enseignés à l’école.

La dernière partie comporte un jeune garçon syrien qui appelle les musulmans à mener des opérations-martyre.

Note :
[1] Shumoukh Al-Islam, le 20 mars 2017.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 02:14

Réaction iranienne à la réunion tripartite des chefs d’état-major américain, russe et turc : Celui qui n’est pas assis à table est consommé à table

 

Le 7 mars 2017, les chefs d’état-major des armées américaine, russe et turque se sont rencontrés à Antalya, en Turquie, pour aborder les problèmes de sécurité en Syrie et en Irak. Criante était l’absence de toute représentation iranienne. Selon un communiqué du ministère de la Défense russe, le chef d’état-major des Forces armées russes, le général Valery Gerasimov, le chef d’état-major turc le général Hulusi Akar, et le président des états-majors conjoints américains, le général Joseph Dunford, étaient présents à la rencontre d’Antalya.[1]

Le présent rapport examine les manifestations d’un récent rapprochement entre la Russie, les Etats-Unis et la Turquie, au détriment de l’Iran, et ses implications pour l’Iran et les Etats-Unis.

Un site iranien proche du ministère des Affaires étrangères : « Le rôle de l’Iran dans les développements en Syrie s’estompe »

Après la rencontre à Antalya le 11 mars 2017, le site Iran Diplomacy, proche des cercles du ministère des Affaires étrangères iranien, affiche que l’Iran était en état de choc :

« Un proverbe russe dit : ‘Si vous n’êtes pas assis autour de la table, vous (êtes en train d’être mangé) à la table’. L’Iran n’était pas assis à la table à Antalya…

Les chefs d’état-major de la Turquie, de l’Amérique et de la Russie ont tenu des pourparlers conjoints sur la question syrienne, et le silence de l’Iran renforce la rumeur selon laquelle le rôle de l’Iran dans les développements en Syrie est en passe de devenir inexistant, très graduellement, ou du moins limité… La Russie s’est imposée par la force dans l’arène syrienne, et elle a joué un rôle stratégique dans la chute d’Alep, avec l’accord de l’Amérique. Cela indique une diminution du rôle de l’Iran dans les développements en Syrie. Le représentant américain à l’ONU a évoqué la nécessité d’un départ iranien de Syrie, tandis que [les Etats-Unis] soutiennent la Turquie, qui menace d’entrer vigoureusement en Syrie… Pour autant que les Etats-Unis soient concernés, l’Iran est l’ennemi numéro un…

Ankara a envoyé un message à l’Iran concernant le rôle de la Turquie dans les développements en Syrie, qui a remplacé l’Iran… Washington et Moscou sont les principaux acteurs de ces pourparlers… Pour Moscou et Washington, [l’intérêt turc] est considéré comme l’intérêt régional prédominant… C’est cela le choc [pour l’Iran] que nous avons mentionné plus haut, et nous avons dit qu’il devait s’y préparer… [Ce choc] est imminent, et nous devons veiller à limiter ses conséquences et son impact ».[2]

Davoud Hermidas-Bavand, ancien officiel des Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI), écrit aussi, dans un article du 4 mars 2017 paru sur le site réformateur Shargh, que « la Russie s’était [déjà] servi de l’Iran dans le passé comme d’un outil » pour atteindre ses objectifs, et que « tout ce qui intéresse la Russie est de réussir en Syrie, et elle préfère parvenir à la victoire avec l’Amérique ». Il ajoute que « lorsque la décision finale [sur la Syrie] sera trouvée, les rôles de la Russie, de l’Amérique et de la Turquie deviendront plus clairs et l’Iran sera effectivement marginalisé… » [3]

Il convient d’observer que quatre jours avant la rencontre d’Antalya, le 3 mars, le porte-parole de la présidence russe Dmitry Peskov s’était plaint de l’absence de toute coordination avec les Etats-Unis sur la Syrie.[4] Quatre jours après la réunion, le 11 mars, le général Dunford et le porte-parole de l’état-major, le capitaine Greg Hicks, avaient exposé différents éléments de la coopération américano-russe sur lesquels un accord avait été trouvé lors des pourparlers (voir Annexe dans la version originale en anglais).

La position russe

Au cours des derniers mois, la Russie a fait comprendre, par le biais d’éditoriaux publiés dans les médias russes, que son approche concernant l’Iran était motivée par ses intérêts. Ainsi, en décembre 2016, Andrey Kortunov, directeur du think tank pro-Kremlin Russian International Affairs Council (RIAC), a écrit que les relations actuelles Russie-Iran ne pouvaient pas être qualifiées de partenariat stratégique et qu’un ennemi d’autrefois [les Etats-Unis] pouvait facilement devenir un allié futur.[5]

En février 2017, le site d’information russe Pravda.ru a réitéré ce message, accompagné d’une analyse de Dmitri Nersevov, qui a affirmé que l’Iran devenait un problème majeur, avant tout pour les intérêts de la Russie. [6] Dans son éditorial du 14 février 2017 paru dans le quotidien russe Kommersant, Maxim Yusin écrivait que Moscou considérait l’Iran comme un partenaire “capricieux” et “imprévisible”, et que cela “ouvrait une certaine fenêtre d’opportunité à la diplomatie de Donald Trump”.[7]

Un article paru le 14 février 2017 dans le média russe Vzglyad affirmait que “Téhéran devra indemniser Moscou des frais de la couverture géopolitique fournie à l’Iran”.[8]

Le 9 février 2017, Fyodor Lukyanov, rédacteur en chef de Russia in Global Affairs, dirigeant du Présidium du Conseil sur la politique étrangère et de défense et directeur de recherche du Club de Discussion internationale Valdai, écrivait dans le média russe Gazeta.ru que “le rapprochement et l’interaction avec l’Iran, la Chine et l’Inde n’avaient pas de valeur intrinsèque pour la Russie mais étaient un outil… pour influencer l’Occident”.[9]

Il convient de souligner que ces déclarations concernant l’Iran n’ont pas été faites à titre amical envers les Etats-Unis. Elles reflètent la position de la Russie, qui considère l’Iran comme une monnaie d’échange, en contrepartie de laquelle la Russie attend que les Etats-Unis répondent à ses besoins – la levée des sanctions imposées après l’annexion par la Russie de la Crimée et son implication militaire en Ukraine.

La situation sur le terrain

Les articles mentionnés ci-dessus n’infirment pas ce qui apparaît sur le terrain, au contraire : pendant plusieurs mois, des conflits d’intérêts significatifs ont opposé la Russie et l’Iran et se sont traduits sur le terrain de différentes manières.

La Russie est intéressée à trouver un accord en Syrie et se considère comme l’élément décisif pour l’avenir de celle-ci,[10] tandis que l’Iran se voit aussi dans ce rôle, conformément à l’idéologie expansionniste du régime de la Révolution islamique,[11] et au vu des pertes massives qu’il a subies en Syrie ces dernières années.

Des rapports faisant état d’affrontements sur le terrain entre la Russie et l’Iran ont été publiés par des sources de l’opposition syrienne. Selon ces informations, de nombreux affrontements avaient pour objectif d’imposer un cessez-le-feu, en coordination avec la Turquie, dans différents lieux en Syrie, comme Alep, Homs et la banlieue de Damas.[12]

Ces informations font aussi état du mécontentement de l’Iran face aux retards dans l’application des accords signés avec la Syrie, apparemment dus aux réserves russes. [13] Ces informations sont aussi conformes à l’analyse de la source iranienne haut placée susmentionnée, selon laquelle l’Iran a été abandonné par la Russie.

Préparatifs iraniens au vu de l’aggravation de la crise avec la Russie

En dépit de la coopération irano-russe de ces dernières années dans différents domaines, l’Iran sent actuellement que la Russie l’abandonne en faveur d’autres intérêts vitaux, comme l’obtention d’accords avec les Etats-Unis en vue d’obtenir la levée des sanctions, et avec la Turquie, désormais considérée comme premier partenaire régional.

La coordination américano-russe au plus haut niveau (destinée ostensiblement à vaincre l’EI) a lieu à un moment où l’administration Trump, connue pour sa position hostile au régime iranien, regroupe les Etats du Golfe et d’autres pays arabes dans ce que les médias arabes désignent comme un “OTAN arabe” contre l’Iran.

Ces développements créent un sentiment de siège et de menace existentielle pour Téhéran, au vu de la constitution d’un large front américano-russe-arabe (et israélien) contre le régime révolutionnaire iranien. En dépit du fait que les médias iraniens abordent rarement le sujet de la crise avec la Russie, comme l’a fait Iran Diplomacy, le régime iranien a mené des débats intensifs pour formuler une stratégie en vue de faire face à la situation actuelle.

Selon le site Internet réformiste Amadnews, cette stratégie repose sur deux éléments essentiels : le premier est la tentative de rapprocher la Russie et l’Iran pour créer une alliance stratégique dans le cadre de laquelle la Russie recevrait des avantages significatifs de l’Iran, sous forme d’indemnisations financières face aux sanctions occidentales, pour un montant de 50 milliards $, et des privilèges militaires-stratégiques, comme des bases et des ports militaires dans le golfe Persique, à la frontière méridionale de l’Iran. Ce dernier aspect revêt une importance stratégique vis-à-vis des Etats-Unis, et est historiquement important pour les intérêts impérialistes russes.

Le second élément consiste à utiliser des agents de l’Iran comme le Hezbollah et les factions palestiniennes pour déclencher une guerre contre Israël, laquelle occuperait l’administration Trump et allègerait la pression exercée par celle-ci sur l’Iran.[14]

Conclusion

La position russe est de considérer l’Iran comme une monnaie d’échange face aux Etats-Unis, comme une offre faite à l’administration Trump dont la concrétisation dépendra de la réponse américaine. Les Russes veulent la levée des sanctions, mais l’étendue des retours américains fait évidemment l’objet de pourparlers politiques entre les administrations Trump et Poutine (…)

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 02:09

Les Frères musulmans créent un lobby aux Etats-Unis pour empêcher le gouvernement de les classer organisation terroriste

 

Après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, la question de désigner les Frères musulmans (FM) comme organisation terroriste a refait surface. Pendant et après sa campagne électorale, le conseiller pour le Moyen-Orient de Donald Trump, Walid Phares, a affirmé à plusieurs reprises que le nouveau président agirait en vue d’adopter une loi en ce sens. Ainsi, suite à la rencontre entre Donald Trump et le président égyptien Abd Al-Fatah Al-Sissi en septembre 2017, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Phares a confié au quotidien égyptien Al-Watan que Trump avait promis à Al-Sissi de promouvoir un projet de loi visant à désigner les FM comme organisation terroriste.[1] Après l’élection, Phares a de nouveau soulevé le sujet dans la presse.[2]

Il convient de mentionner qu’en novembre 2015, le sénateur Ted Cruz (Républicain, Texas) et le membre du Congrès Mario Diaz-Balart (Républicain, Floride) avaient annoncé qu’ils avaient présenté un projet de loi désignant les FM comme une organisation terroriste.[3] En janvier 2017, Cruz avait twitté : « Fier d’introduire la loi sur la désignation comme organisation terroriste des Frères musulmans @MarioDB [Mario Diaz-Balart]. Il est temps d’appeler l’ennemi par son nom. » [4]

Le tweet de Ted Cruz.

Réagissant à ce projet de loi, et aux déclarations d’officiels de l’administration Trump sur leur intention de le promouvoir, les FM se sont mis en train pour le contrer et empêcher son adoption. Ils ont lancé une campagne médiatique internationale, recourant à des cabinets américains de lobbying et d’avocats, s’efforçant de sensibiliser les médias aux Etats-Unis et diffusant des contenus destinés à améliorer leur image en Occident, et notamment aux Etats-Unis, l’objectif étant de faire passer le message qu’ils ne sont pas une organisation terroriste, mais un mouvement idéologique aux méthodes pacifiques.

De son côté, le régime égyptien s’est efforcé de persuader la nouvelle administration américaine que les FM sont bien une organisation terroriste, qui chapeaute d’autres mouvements terroristes. En outre, selon des sources, les services de renseignements égyptiens auraient également fait appel à un cabinet de lobbying américain pour améliorer l’image du régime égyptien aux Etats-Unis. [5]Des représentants parlementaires égyptiens ont rencontré en janvier 2017 des membres du Congrès américain pour les convaincre de la nécessité de désigner les FM comme organisation terroriste. Une autre visite d’une délégation parlementaire égyptienne a été prévue en janvier, mais elle a été apparemment reportée à avril. En outre, le quotidien égyptien Al-Yawm Al-Sabi, proche du régime, a fustigé ces dernières semaines les médias occidentaux, et notamment le New York Times, pour avoir offert une tribune à la défense des idées des FM.

Les FM tentent de créer un lobby aux Etats-Unis

En fait, dès novembre 2016, immédiatement après la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines, les FM se sont préparés à contrer les décisions américaines visant à les classer organisation terroriste. L’Institut égyptien d’études politiques et stratégiques, qui appartient aux FM et opère en Turquie sous la direction d’Amr Darrag, ancien ministre de la Planification et de la Coopération internationale sous le gouvernement de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, a publié un document signé par Badr Shafi’i le 29 novembre, comportant des recommandations au mouvement sur la manière de réagir aux intentions américaines. Ces recommandations incluent : la désignation d’éléments au sein du mouvement, chargés de superviser ces mesures et de contacter des experts en relations internationales ; des contacts avec des politiciens, des cheikhs et des pays susceptibles de soutenir les FM pour améliorer leur image au Congrès ; la création d’une équipe juridique-médiatique et le développement de relations avec des membres du Congrès ; l’engagement d’un cabinet d’avocats et d’équipes de relations publiques aux Etats-Unis ; et la création un lobby islamique important aux Etats-Unis, tout en renforçant les liens avec les mouvements opposés à la politique de Trump.[6]

En janvier et mars 2017, l’Institut a publié deux autres documents de Shafi’i qui abordaient également la question, dans lesquels il réitérait ses recommandations.[7]

En outre, au cours des derniers mois, la presse arabe en général et la presse égyptienne en particulier ont fait état des initiatives des FM pour empêcher l’administration Trump de les classer comme organisation terroriste. Ainsi, des sources des FM en dehors de l’Egypte ont affirmé au quotidien Al-Shurouq que l’organisation internationale des FM menait une activité tous azimuts à cette fin. Selon ces sources, le mouvement serait aidé par les gouvernements turc, tunisien et marocain et de pays dans lesquels les FM ont des groupes parlementaires importants, comme le Koweït, la Jordanie et l’Algérie. Ces sources ont également révélé que les mesures prises par le mouvement, non seulement en Egypte mais dans 82 pays, ainsi que ses contacts avec des membres du Congrès et d’importants auteurs américains et des organisations de la société civile, visaient à empêcher cette décision.[8] Entre autres preuves, les commentaires du représentant officiel des FM basé à Londres, Mohamed Soudan, qui a déclaré en janvier dernier que des éléments du mouvement étaient en contact avec des hommes politiques, des officiels du Département d’Etat, des membres du Congrès et des universitaires américains, afin d’exposer le passé non-violent du mouvement depuis sa création en 1928.[9]

Dans d’autres déclarations aux médias, Soudan a affirmé que la plupart des contacts des FM aux Etats-Unis étaient effectués via une société de relations publiques, ajoutant : « Nous défendrons notre histoire et l’avenir du mouvement par tous les moyens légitimes et légaux. » Selon lui, les FM ne resteront pas passifs, mais agiront sur tous les fronts et s’entretiendront avec tous les acteurs américains afin d’empêcher une telle décision.[10]

Le 5 février, le site saoudien Elaph a rapporté que les FM avaient signé un contrat avec un cabinet de lobbying américain, lui versant 4,8 millions de dollars pour les aider à établir des liens avec des officiels de l’administration Trump afin d’améliorer leur image dans les médias américains. Selon cette information, le contrat inclurait l’organisation de réunions avec des officiels de l’administration Trump, la soumission de documents sur les mauvais traitements infligés par le gouvernement égyptien au mouvement et à ses membres, la publication d’articles dans les médias américains, et la fourniture de tribunes aux officiels du mouvement dans les médias écrits et la TV aux Etats-Unis. Elaph a ajouté que des éléments proches de l’administration Obama avaient aidé le mouvement à signer le contrat avec cette société, dont les représentants incluent des personnalités proches de la campagne électorale d’Obama et d’Hillary Clinton. Selon Elaph, cette société emploie des dizaines d’anciens membres de la Maison Blanche et du Département d’Etat qui ont des liens étroits avec des membres du Congrès et des centres de recherche politique et stratégique aux Etats-Unis.[11] En outre, l’ancien représentant des FM Tareq Abu Al-Sa’ad a déclaré que dans le cadre de ses efforts visant à améliorer son image aux Etats-Unis, le mouvement pouvait compter sur certaines familles américaines membres des FM ayant des relations étroites avec l’administration américaine. Il a mentionné une famille, qui a selon lui des liens avec des officiels et des instituts de recherche aux Etats-Unis, ainsi que d’autres officiels des FM qui devraient contacter des organisations de défense des droits de l’homme pour aider à améliorer leur image à Washington.[12]

Un exemple des efforts menés par les FM sur ce front est un article du New York Times, écrit par Gehad Al-Haddad, ancien porte-parole égyptien des FM, qui a été arrêté en 2013 et est actuellement incarcéré dans la prison de Tora en Egypte. Gehad est le fils d’Essam Al-Haddad, assistant de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi.[13] Dans un article du 22 février, intitulé « Je suis membre des Frères musulmans, pas un terroriste », Al-Haddad a rejeté les arguments selon lesquels les FM seraient une organisation terroriste, affirmant que leur idéologie découle de l’interprétation islamique fondée sur la justice sociale, l’égalité et le respect du droit. Il a souligné que malgré l’hostilité du régime égyptien, le mouvement avait toujours lutté pour les éléments les plus faibles au sein de la société, et qu’il croyait en la démocratie et au pluralisme, ajoutant que pendant l’ère Moubarak, il avait même coopéré avec des mouvements démocratiques pour l’empêcher de léguer la présidence à son fils Gamal. Il a ajouté que les FM s’opposaient à la violence et avaient toujours agi de manière pacifique, et que les éléments violents qui seraient issus des FM avaient en réalité quitté le mouvement, qui ne pouvait accepter ces méthodes violentes.[14] Des éléments proches du mouvement ont affirmé qu’il avait choisi Gehad Al-Haddad pour rédiger cet article car il entretient des liens étroits avec des officiels américains sous la présidence de Morsi.[15]

L’article d’Al-Haddad dans le New York Times (New York Times, 22 février 2017)

Selon un autre article du New York Times publié le 20 février par Declan Walsh, une classification terroriste des FM, qui comptent des millions de partisans, pourrait avoir des conséquences négatives, en particulier dans les pays où les partis liés aux FM sont au pouvoir ou ont une position importante au parlement, avec des implications graves pour la politique intérieure, la diplomatie américaine et le combat global contre l’extrémisme islamiste. La marginalisation du mouvement pourrait décourager certaines de ses branches modérées qui ont récolté des louanges pour leur engagement démocratique, tout en renforçant les groupes djihadistes. En outre, cette classification confirmerait le soutien de Trump au président égyptien Al-Sissi, qui a fait l’objet de vives critiques internationales pour le médiocre bilan de l’Egypte en matière de droits de l’Homme au cours des dernières années à sa persécution impitoyable des FM.

Il convient de mentionner que le 23 février, le quotidien Al-Masri Al-Yawm a cité Mohamed Soudan affirmant que les FM avaient réussi à convaincre le Congrès de ne pas les classer organisation terroriste. L’article a citait Soudant affirmant que les FM avait réussi à établir des contacts avec des représentants de l’administration et du Congrès, et avaient fourni des documents établissant que qu’ils ne sont pas et ne seraient jamais impliqués dans des attentats, et qu’ils condamnaient régulièrement les attentats perpétrés dans la plupart des pays. [16] Toutefois, le lendemain, Soudan a démenti ces déclarations qu’Al-Masri Al-Yawm lui a attribuées, et a posté un article du quotidien égyptien Al-Misriyyoun sur sa page Facebook, avec ce commentaire : « J’ignore tout de cette déclaration et de ces commentaires, et je ne sais pas où (Al-Masri Al-Yawm) est allé chercher cette invention. » [17]

Lire l’article dans son intégralité en anglais

* C. Meital est chargée de recherche à MEMRI ; H. Varulkar est directrice de la recherche à MEMRI.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 03:28

Naseer Shamma, musicien irakien basé en Allemagne : L’Allemagne a plus donné aux réfugiés que n’importe quel pays arabe

 

 

Le musicien irakien Naseer Shamma a déclaré qu’avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, les extrémistes de droite en Allemagne « rassemblaient et consolidaient leurs rangs », un phénomène perceptible principalement dans les périphéries. Shamma, de Berlin, a félicité l’Allemagne qui « accorde aux réfugiés syriens plus d’aide que n’importe quel pays arabe ». L’interview a été diffusée sur la BBC en arabe le 13 février 2017. Extraits : 

Journaliste : Ressentez-vous du racisme à Berlin ?

Naseer Shamma : Pour être honnête, l’Allemagne a accordé aux réfugiés plus d’aide que n’importe quel pays arabe. Certains pays arabes – par exemple les voisins de la Syrie ou de l’Irak – ont été obligés d’accueillir un grand nombre de réfugiés. Ils les ont aidés, puis se sont fatigués de les aider, et ont commencé à se plaindre du coût élevé de l’électricité, de l’eau, etc. Tous les pays ont commencé à se plaindre de ces choses – du prix élevé des produits alimentaires, de tout. Certains ont commencé à se plaindre de vols… Vous savez que chaque société renferme des prophètes tout comme des voleurs. L’Allemagne donne 45 euros par jour à chaque individu en provenance de ces pays.

Journaliste : C’est un pays riche.

Naseer Shamma : Il fournit l’hôtel, l’accès à la santé et à l’éducation sont gratuits. Tout ce qu’un homme peut désirer. Il leur enseigne la langue, leur accorde une formation professionnelle. Je suis épaté que les jeunes Syriens aient intégré sans attendre la vie [active en Allemagne], aient appris la langue et soient partis travailler. Vous ne voyez presque pas de Syriens [au chômage]. Une rue entière, appelée Sonnenallee, commence à être connue comme la rue des Arabes. Elle regorge de restaurants syriens et arabes. Les Syriens se sont rapidement intégrés à la vie là-bas, à tel point que toutes les Allemandes épousent des Syriens.

Journaliste : Et vice versa, non ?

Naseer Shamma : Oui. […] Cela a légèrement renforcé la position de Merkel, que je perçois comme la position d’une sainte. Quand un tel phénomène s’est-il jamais produit ? Ils ont accueilli un million d’êtres humains, avec tous leurs problèmes psychologiques, leurs crises et leurs maladies. Ces jours-ci, avec l’arrivée au pouvoir de Trump aux États-Unis, la droite monte peu à peu, et les extrémistes se rassemblent et consolident leurs rangs, et de temps à autre, ils lancent un cocktail Molotov…

Journaliste : En Allemagne ?

Naseer Shamma : Oui. Cela a commencé à petite échelle, et les autorités allemandes répriment rapidement le phénomène, mais les signes sont là. Ce n’est peut-être pas perceptible à Berlin ou dans les autres grandes villes, mais dans les villes les plus éloignées, on raconte que cela se produit. […]

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 03:23

Le cheikh libyen Dr Wanis Al-Mabrouk : La charia autorise un musulman à aimer un juif ou un chrétien

 

Le cheikh libyen Dr Wanis Al-Mabrouk, membre du Conseil d’administration de l’Union internationale des savants musulmans, a déclaré que la loi islamique permettait d’aimer un ami juif ou chrétien. « Cet amour relève de la disposition naturelle des êtres humains, tels qu’Allah les a créés », a-t-il affirmé sur la chaîne saoudienne Shbab le 3 mars 2017. Extraits :

Dr Wanis Al-Mabrouk : Permettez-moi de poser une question directe aux prédicateurs : M’est-il permis d’aimer un juif ou un chrétien ? Je veux dire aimer comme un ami. Est-ce permis ou non ? Je vais répondre, et j’attends d’eux qu’ils répondent [aussi]. Ma réponse est : oui, selon la charia, c’est permis.

Animateur : Vous êtes autorisé à aimer un juif ou un chrétien ?

Dr Wanis Al-Mabrouk : Oui. J’en ai pour preuve les paroles qu’Allah a dites à son prophète Mohammed : « Tu ne diriges pas [sur la bonne voie] celui que tu aimes. » Selon les compilations des deux hadiths, « celui que tu aimes » se réfère à l’oncle du Prophète, qui n’était pas du tout musulman. Cet amour relève de la disposition naturelle des êtres humains, tels qu’Allah les a créés. C’est un type d’amour qui fait partie des tendances naturelles de chacun. Il existe un type d’amour que l’on pourrait appeler « amour social ». Vous aimez quelqu’un car il est gentil et courtois avec vous. J’ai vécu pendant très longtemps en Occident. Les gens en Occident ne savent rien des sujets débattus ici. Ils vous traitent bien. Ils vous rendent visite lorsque vous êtes souffrant. Ils peuvent même vous faire un don en argent ou se montrer fraternels. De nombreux juifs ont été solidaires de nous lors de manifestations. Alors, comment puis-je dire que je ne les aime pas ?

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 05:58

Un éditorialiste saoudien : L’avenir des Arabes et des musulmans sera sombre s’ils ne soumettent pas leurs valeurs et leur héritage à la critique

 

Dans un article intitulé « Poser un regard critique sur le passé est une nécessité absolue », publié sur le site Alarabiya en anglais, le chroniqueur saoudien Mohammed Al-Shaikh écrit que la montée actuelle de la droite radicale en Occident est une réaction à l’extrémisme islamique violent qui épouse des valeurs et une culture passéistes. Selon lui, l’Occident a rejeté ces idées arriérées en les soumettant à la pensée critique logique, et les Arabes et les musulmans ne progresseront pas, à moins d’en faire autant. Extraits [1] :

 

Mohammed Al-Shaikh (image: anaween.com)

On dit que si les Européens n’avaient pas soumis ce qu’ils ont hérité du Moyen Age à la critique scientifique et logique, ils répéteraient encore des déclarations sacerdotales appelant à la violence et les fonderaient sur des piliers religieux et confessionnels. Or la critique basée sur la raison ne se préoccupe pas tant des émotions que de la logique et des faits.

La critique ne peut être scientifique à moins d’être logique, et les émotions et les vœux pieux ne devraient rien avoir à faire avec la critique. Je suis pleinement convaincu qu’en tant qu’Arabes et musulmans, nous ne sortirons pas du tourbillon dans lequel nous vivons et continuerons de souffrir, à moins d’adopter la même approche critique.

Oui, nous allons éliminer l’Etat islamique et Al-Qaïda, et peut-être aussi les Frères musulmans, mais une partie de notre héritage, qui a mené à la montée de ces groupes terroristes, est en mesure de produire d’autres EI, Al-Qaïda ou Frères musulmans.

La situation perdurera, à moins que nous ne nous attaquions aux racines de cet héritage et que nous les critiquions et les analysions comme cela a déjà été fait. Je sais que balayer les émotions est très difficile, surtout si le thème discuté touche à l’identité. Il n’y a pas de remède au sous-développement qui a engendré le terrorisme, hormis cette pénible confrontation.

Je crois que c’est une condition nécessaire pour survivre à cette époque et vivre en bonne coexistence. Je sais aussi qu’il y a des « commerçants » du sous-développement et des partis qui prospèrent en maintenant cet héritage et en le présentant comme un territoire sacré et intouchable. Ceux qui en observent les conséquences catastrophiques dans le monde arabe arriveront inévitablement à la même conclusion.

Le deuxième point que nous devons souligner, surtout ces jours-ci, se résume à cette loi de la physique : pour chaque action il y a une réaction égale et contraire. La montée de l’extrême droite [en Occident] a été une réaction à l’extrémisme islamique [qui] est devenu réalité en important des concepts et une culture passéistes et en les imposant par la violence et le pouvoir des armes. En conséquence, l’Occident et l’Est se sont mis à nous craindre, nous et notre héritage culturel. Ils ont commencé à réfléchir aux moyens de protéger leur population de cette bête qui rôde, appelée « terrorisme islamique », et c’est ce qui a poussé les communautés, surtout occidentales, à se rassembler autour de politiciens de droite dont le discours se fonde sur l’hostilité envers les étrangers et sur la limitation de l’immigration, particulièrement en provenance des pays musulmans.

Je suis fermement convaincu que si nous n’abordons pas de front notre situation, si nous ne renouvelons pas nos vraies croyances culturelles et ne traitons pas les causes de cette culture de haine, l’avenir des Arabes et des musulmans restera sombre.

Il n’y a d’autre solution que de renouveler notre héritage et de différencier ce qui est sacré et intouchable, comme le Coran, de ce qui peut être développé. Nous pouvons soit emprunter la voie de l’harmonie avec les temps modernes, soit attendre la chute.

Lien vers l’article en anglais

Note :
[1] Alarabiya.net, 14 mars 2017. La version en arabe de l’article a été publiée le 12 mars 2017 dans le quotidien saoudien Al-Jazirah.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 05:56

Un imam soudanais réagit à l’appel à la normalisation avec Israël : L’inimitié des musulmans envers les frères des porcs et des singes découle de leur croyance en Allah

 

Dans un sermon du vendredi prononcé à Khartoum le 17 février 2017, l’imam soudanais Mohamed Abdul-Karim a réagi à l’appel de cheikh Youssouf Al-Koda à normaliser les relations avec Israël, affirmant que tout traité de paix avec Israël est « nul et non avenu et dénué de valeur » car « le djihad est un devoir ». Abdul-Karim a déclaré que « les juifs sont le peuple de la tromperie et de la corruption » et que « les touristes juifs répandent le sida, la corruption et les drogues » et « se mêlent de la sécurité de l’État ». Voir le vidéo des déclarations de cheikh Al-Koda en français. Extraits :

Mohamed Abdul-Karim : L’inimitié des musulmans envers les Juifs découle de leur croyance même en Allah. La croyance en Allah impose aux musulmans de ne jamais s’empêcher de ressentir ou d’exprimer de l’hostilité envers les assassins de prophètes, envers les frères des singes et des porcs. Comment un musulman pourrait-il tendre la main au peuple qui a été maudit par Allah et qui a éveillé Son courroux ? […] [Les musulmans] vaincus par les juifs n’étaient pas le peuple du djihad, de la charia et de l’islam. Absolument pas. Le peuple [du djihad] ne peut être vaincu par une nation condamnée à l’humiliation et à la disgrâce par Allah. Jamais ! En aucun cas. […]

Cet Etat sauvage et barbare, ce mini-Etat appelé Israël, a été créé par l’Occident pour protéger les intérêts occidentaux dans cette région. C’est ainsi que les juifs et les chrétiens ont conclu une alliance contre nous. Le traité [de paix] avec ces juifs est nul et non avenu. Il est nul et non avenu et sans valeur. […]

Les juifs sont les ennemis de cette nation à tout jamais, depuis que le Prophète Mohammed a commencé sa dawa à Médine, et jusqu’à l’arrivée de l’Antéchrist aveugle. […]

Quiconque s’efforce de supprimer l’inimitié et la haine entre musulmans et juifs est un hérétique et un apostat qui a renoncé à l’islam. […]

Les juifs, ces ennemis d’Allah, ont introduit dans les traités qu’ils ont signés avec les dirigeants arabes des termes qui les rendent nuls et non avenus. Ces traités incluent la cessation des guerres à jamais, une clause nulle et non avenue, car le djihad est un devoir. Si nous concluons la paix éternelle avec eux, nous renonçons à notre devoir, tel qu’il a été ordonné par Allah. […]

Puis vint ce franc-maçon du Soudan [cheikh Youssouf Al-Koda] qui a dit : Pourquoi devrions-nous préoccuper de la cause palestinienne ? Exactement comme cela ! Est-ce la logique d’un prédicateur musulman ? […]

Les juifs sont le peuple de la tromperie et de la corruption. Ils infiltrent les sociétés musulmanes et se mêlent de tout : des régimes, des gouvernements, des secrets d’Etat et de nos fils et nos filles. Combien de gangs ont été attrapés en Egypte suite aux accords de paix ? Les touristes juifs ont propagé le sida, la corruption et les drogues. Ils se mêlent de la sécurité de l’Etat. Un bon nombre de ces gangs ont été attrapés suite aux accords de camp David.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article

Pimprenelle Pourprée

  • : Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • : Cherchant les points communs entre les peuples, les nations et les religions pour creer un monde meilleur...et une paix durable.
  • Contact

Profil

  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

Recherche

Pimprenelle Pourprée