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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 09:16

Un journaliste égyptien reprend un islamiste qui cite la France et l’Allemagne comme des exemples de non-mixité dans le métro et les écoles

 

Dans un débat télévisé sur la mixité en milieu scolaire, l’islamiste Sameh Abdel Hamid a appelé à adopter le modèle d’Al-Azhar et à instaurer des écoles séparées pour filles et garçons en Egypte. Au cours du débat, diffusé sur Dream TV le 19 mars 2017, Abdel Hamid a soutenu qu’en France et en Allemagne, les rames de métro étaient divisées en wagons pour hommes et pour femmes, afin d’éviter le harcèlement sexuel. Le journaliste Sharif Al-Shubashi a objecté : « Vous ne pouvez pas raconter tout et n’importe quoi. Je peux aussi inventer des choses que les gens pourraient croire ». Extraits :

Sameh Abdel Hamid : J’ai présenté, une fois de plus, une requête au ministère de l’Education pour la création d’écoles séparées.

Journaliste : Vous voulez éviter la mixité en milieu scolaire ?

Sameh Abdel Hamid : Oui, il devrait y avoir des écoles séparées pour les garçons… Cette approche ne découle-t-elle que de la charia ? Non, c’est également une approche moderne. Dans de nombreux pays, il n’y a pas de mixité en milieu scolaire. […]

J’ai vu un reportage américain sur des adolescentes dans des écoles de filles. Une jeune fille de 18 ans dans une école de ce type a déclaré : « Je n’ai pas besoin de me maquiller ou de m’inquiéter que mon petit ami soit à l’école avec moi, ou de quoi que ce soit. Je me balade avec mes copines, je m’assois en classe, tout cela très naturellement. Par contre, mes copines qui fréquentent des écoles mixtes doivent s’assurer que les garçons les trouvent bien et elles se soucient de leur habillement ». J’appelle à adopter le modèle de l’Université Al-Azhar, qui a des facultés séparées pour étudiants et étudiantes. Cela fonctionne très bien. En revanche, l’Université du Caire, où il y a une sérieuse mixité, est classée au dernier rang de la liste des universités. […]

En France, en Allemagne, et dans ce type de pays, ils ont des wagons séparés pour hommes et femmes dans le métro, afin d’empêcher le harcèlement sexuel.

Journaliste : Non, ce n’est pas vrai, et leurs écoles sont mixtes. Je ne vous ai pas interrompu, mais dans les pays connus comme étant industrialisés et progressistes, de telles choses n’existent pas. Vous ne pouvez pas raconter n’importe quoi. Je peux aussi inventer des choses que les gens pourraient croire. Ce que vous dites est juste faux.

Sameh Abdel Hamid : Même en Allemagne, ils ont des rames de métro avec des wagons pour hommes et des wagons pour femmes.

Journaliste : Non, c’est faux !

Sameh Abdel Hamid : Si c’est vrai !

Journaliste : C’est faux. Cela n’existe pas.

Sameh Abdel Hamid : Si, ça existe. […] Si vous avez une fille, mettez-lui un hijab et envoyez-là dans une école de filles. Cette femme d’Alexandrie se plaignait que…

Journaliste : Tant qu’à faire, pourquoi ne pas mettre les filles dans des cages ?

Sameh Abdel Hamid : Non, nous les plaçons avec d’autres filles, avec qui elles peuvent jouer librement. Nous plaçons le garçon dans la compagnie d’autres garçons. Pourquoi les mettre ensemble et subir tous ces problèmes ? […]

Journaliste : Lorsqu’on nous dit qu’un qu’un garçon de 5 ans – de cinq ans ! – a harcelé sexuellement une fille…

Sameh Abdel Hamid : Quel terme utiliseriez-vous ?

Journaliste : L’emploi de ce terme révèle une certaine mentalité, une certaine idéologie, répandue dans la société.

Sameh Abdel Hamid : Comment appelleriez-vous le fait qu’un garçon embrasse une fille, alors ?

Journaliste : Cela s’appelle « un garçon qui embrasse une fille ». Ce n’est pas du harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel, c’est tout autre chose.

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 09:11

L’animateur TV égyptien Osama Mounir : Cessons de nous mentir à nous-mêmes et réformons notre système éducatif

 

L’animateur de télévision égyptien Osama Mounir a déclaré qu’Al-Azhar, plutôt que de diffuser des condamnations et des condoléances, devait réformer son programme d’études qui produit des attentats. S’exprimant sur CBC TV le 9 avril 2017, Mounir a ajouté que le gouvernement devait agir plutôt qu’ « espérer » que les choses changent. Extraits :

Osama Mounir : Nous devrions cesser de nous mentir à nous-mêmes et de prononcer [après les attentats] des paroles comme : « incident douloureux », « nous nous soutenons tous les uns les autres », et « nous sommes tous unis ». Après quoi toutes les chaînes de télévision et de radio commencent à diffuser des chants nationaux et religieux… Nous nous mentons à nous-mêmes.

Nous ne sommes pas honnêtes. Avant que l’institution Al-Azhar condamne [les attentats] et envoie ses condoléances, réformez votre programme, qui produit ces attentats. Lorsque le Premier ministre dit : « J’espère que ces événements prendront fin… » M. le Premier ministre, les espoirs ne suffisent pas, Monsieur.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:56

L’ambassadeur Alberto Fernandez, vice-président de MEMRI : La crise dans le monde arabe est due à des raisons locales, non à une ingérence étrangère

 

Le vice-président de MEMRI, l’ambassadeur Alberto Fernandez, a récusé les allégations de l’animateur de télévision égyptien Ahmed Moussa selon lesquelles les États-Unis seraient responsables de la montée en puissance d’organisations terroristes comme Al-Qaïda et l’Etat islamique. L’idéologie salafiste-djihadiste est locale, a déclaré l’ambassadeur Fernandez. « Des centaines de milliers de gens sont descendus dans les rues du monde arabe. Tous ces gens étaient-ils des espions et des agents américains ? » L’interview a été diffusée sur Sada El-Balad TV le 1er avril 2017. Extraits : 

Ahmed Moussa : Seriez-vous contrarié si je vous disais que l’Amérique est la cause du terrorisme dans le monde ?

Alberto Fernandez : Comment cela ?

Ahmed Moussa : Qui a créé Al-Qaïda ?

Alberto Fernandez : Ayman Al-Zawahiri, Ossama ben Laden…

Ahmed Moussa : Mais qui les a armés en Afghanistan ?

Alberto Fernandez : Les Américains ont indirectement armé, par l’intermédiaire de nos amis au Pakistan, en Arabie saoudite et ailleurs, tous les mouvements « moudjahidines ». Certains sont devenus des terroristes, tandis que d’autres, comme Ahmad Shah Massoud, non. […]

Ahmed Moussa : Mais vous, Américains, avez joué un rôle dans [leur] armement. C’est vous – l’Amérique – qui avez créé ces organisations, et nous en payons le prix aujourd’hui. Vous les avez renforcées. Reconnaissez que vous avez participé à leur entraînement. Vous avez soutenu ces mouvements lorsque vous vouliez attaquer les Russes, mais ensuite, ces groupes se sont tournés contre l’Egypte, la Tunisie, l’Arabie saoudite et l’Amérique.

Alberto Fernandez : Mais l’idéologie salafiste-djihadiste, ou l’idéologie des Frères musulmans, n’est pas une idéologie américaine. C’est une idéologie moyen-orientale, arabe et islamique. Hassan Al-Banna n’était pas américain. Sayyid Qutb s’est rendu aux États-Unis et en est venu à les détester, dans les années 1950. Il était contre les Américains dans les années 1950.

Ahmed Moussa : Exact.

Alberto Fernandez : Par conséquent, l’idéologie, la théorie, est 100 % locale. […] Il ne fait aucun doute qu’il existe une certaine ingérence étrangère néfaste dans la région. Mais je suis convaincu que la crise islamique arabe dans la région est due à 90 % à des raisons locales et non étrangères. Nous parlons constamment de conspirations étrangères et blâmons « ces gens », les étrangers. Non ! Malheureusement, le coeur du problème est la crise gouvernementale, la crise du respect de l’État, la crise du gouvernement dans la région, chez les Arabes et les musulmans.

Ahmed Moussa : Non. Vous y avez contribué. Pendant des années, les administrations américaines consécutives y ont aidé. Elles ont contribué, par exemple, à ce que vous avez appelé en Amérique le « Printemps arabe ». Et nous voyons tous ce qui en est advenu. […] Aujourd’hui, les pays arabes paient le prix de cette erreur : l’ingérence américaine dans les affaires des pays arabes.

Alberto Fernandez : Mais les raisons de l’apparition de ce que l’on appelle le Printemps arabe en 2010-2011… Certes, il y a eu une influence étrangère sur ce qui s’est produit, mais il y avait aussi des raisons locales, des conflits locaux et des défis locaux.

Ahmed Moussa : Je ne peux pas le nier, mais…

Alberto Fernandez : L’Amérique n’a pas modifié la région toute seule. Des centaines de milliers d’individus sont descendus dans les rues du Caire, de Tunis, de Sanaa, de Damas et d’ailleurs. Tous ces gens étaient-ils des espions et des agents de l’Amérique ? Non !

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:54

Le président palestinien Abbas à Berlin : Les conflits sunnites-chiites, chrétiens-musulmans ont été créés de toutes pièces ; le « Printemps arabe » a été importé au Moyen-Orient

 

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que la nouvelle administration américaine devait respecter les engagements pris par ses prédécesseurs, notant que « jusqu’à présent, le président Trump n’a pas décidé de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem ». S’exprimant à la Fondation Konrad Adenauer à Berlin, Abbas a ajouté que le Printemps arabe avait été « importé » dans les pays arabes et avait incité les terroristes à exploiter la cause palestinienne. Les déclarations d’Abbas ont été émises le 23 mars 2017 et diffusées sur la chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne le 2 avril. Extraits :

Le président Abbas : Lorsqu’un pays prend un engagement, il est inconcevable que l’administration suivante ne respecte pas cet engagement. Ceci peut arriver dans les jungles, non dans les États. Dans les administrations Obama, Clinton, George W. Bush, ou dans toute autre administration, lorsque le gouvernement américain s’engage, celui qui le remplace doit respecter cet engagement.

Deuxièmement, lorsque le président Trump a déclaré, lors de sa campagne électorale, qu’il déplacerait l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, nous lui avons envoyé un message amical, via des voies non officielles, pour lui signifier qu’une telle initiative serait dommageable au processus de paix. Ensuite, nous avons gardé le silence. En entrant à la Maison Blanche, M. Trump n’a pas mentionné le déménagement de l’ambassade. Nous en déduisons que jusqu’à présent, le président Trump n’a pas décidé de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. […]

Toutes les souffrances du Moyen-Orient sont dues au dénommé « Printemps arabe ». Il a été importé dans les pays arabes et il est la raison de tous les problèmes consécutifs. Lorsque ces affrontements ont commencé, les terroristes sont apparus et ont exploité la cause palestinienne, affirmant que, tant que la Palestine et la Mosquée Al-Aqsa seraient occupés, nous devrions enflammer toute la région. […]

Tous ces conflits ont été créés de toutes pièces. J’ai atteint un âge où je suis autorisé à dire qu’historiquement, il n’y a pas eu de conflit entre sunnites et chiites, ni entre musulmans et chrétiens.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:52

 

L’ancien président de l’Université Al-Azhar, Ahmad Omar Hashem : Al-Azhar n’est pas responsable de l’émergence du terrorisme

 

Ahmad Omar Hashem, ancien président de l’Université Al-Azhar, a déclaré que le terrorisme ne fait pas partie du programme d’études d’Al-Azhar, mais était dû à des groupes qui « adhèrent à une vision erronée de l’islam ». S’exprimant sur la chaîne télévisée égyptienne Alghad le 15 avril 2017, Hashem a démenti que le fait de mener le djihad contre les dhimmis ou de les rabaisser, notamment en leur imposant la taxe de la jizya, était inclus dans le programme d’Al-Azhar. « J’ai passé toute ma vie sans rien voir [qui nuise aux relations entre les musulmans et les chrétiens] », a-t-il déclaré. Extraits :

Ahmad Omar Hashem : Le programme d’études d’Al-Azhar, qui existe depuis si longtemps, nous avons obtenu nos diplômes en lisant [ce programme], tout comme nos cheikhs, ceux qui les ont précédés et leur ont succédé, jusqu’à ce jour même. Comment se fait-il qu’il n’y avait pas de terrorisme, d’extrémisme ou de violence [avant]? Certains mouvements, qui ont récemment émergé, ont adhéré à une vision erronée de l’islam.

Journaliste : [L’Université] Al-Azhar doit-elle réformer certains éléments de sa religion?

Ahmad Omar Hashem : Oui, elle doit le faire, car réformer des éléments de l’islam ne signifie pas changer le Coran, le Hadith, les décisions de la jurisprudence ou le message descendu des cieux.

Journaliste : Alors, Al-Azhar n’est pas responsable de l’émergence de ces groupes ?

Ahmad Omar Hashem : Absolument pas. Ils ont été créés par les ennemis de la nation et de l’islam. Ils utilisent certains textes et enseignements islamiques pour détourner du droit chemin certains membres de la jeunesse, et effectivement, de nombreuses personnes au sein de notre nation. Ces groupes n’ont pas émergé d’Al-Azhar ou de mouvements islamiques modérés.

Journaliste : J’ai le sentiment que vous penchez pour la théorie du complot…

Ahmad Omar Hashem : Oui.

Journaliste : Quelqu’un comploterait contre Al-Azhar ?

Ahmad Omar Hashem : Exactement. Et contre l’Egypte, également. Si Al-Azhar s’effondre, ou si l’on raconte qu’Al-Azhar s’est affaiblie, et ne peut affronter ce type de mouvements… Si les gens tournent le dos [à Al-Azhar], ce sera la fin de l’islam, car Al-Azhar est le défenseur de la langue et de la religion. […] Je jure sur Allah n’avoir pas trouvé [dans Al-Bukhari] un seul hadith non fiable. Tous les mensonges attribués à l’imam Al-Bukhari, et à sa compilation, le deuxième livre le plus authentique après le Coran, sont infondés.

Journaliste : Pourquoi Al-Azhar n’a-t-elle pas qualifié l’Etat islamique de [mouvement] hérétique jusqu’à ce jour ?

Ahmad Omar Hashem : Eh bien… Je veux dire… L’EI n’est pas le seul groupe hérétique. Lorsque le Coran dit : « Quiconque tue intentionnellement un croyant, sarétribution sera l’Enfer, pour y demeurer éternellement »… « Eternellement » signifie qu’ils sont des hérétiques, car ce sont les seuls à être voués à l’Enfer éternel. Lorsqu’un individu qui commet un péché a la conviction qu’il s’agissait d’un péché et qu’il se repent, Allah l’absout, mais s’il commet un péché en croyant que c’est autorisé, lorsqu’il tue un être humain et croit que c’est autorisé, il n’est plus un musulman.

Journaliste : Est-ce que le programme d’études d’Al-Azhar appelle à rabaisser lesdhimmis ? Je choisis mes mots prudemment, car on ne dit pas tout ce qu’on sait… La notion de djihad contre les dhimmis, la notion de se tuer en attaquant lesdhimmis, et même la notion d’éviter de leur souhaiter leurs fêtes… Je m’excuse, mais je dois rentrer dans les détails. Ces choses-là ne font-elles pas partie du programme d’Al-Azhar ?

Ahmad Omar Hashem : Non. C’est une mécompréhension du programme d’Al-Azhar.

Journaliste : Pourquoi ne peut-on pas simplement retirer ces éléments, et en finir ?

Ahmad Omar Hashem : Car ils n’y figurent pas.

Journaliste : Permettez-moi de clarifier ma question : n’y a t-il pas dans le programme d’Al-Azhar – et j’espère que vous me direz que non – la notion du traitement des dhimmis et des non-musulmans en général, à tel point que lorsque le dhimmi est amené à payer la jizya, le percepteur des impôts doit dire à haute voix : « Vous ne croyez toujours pas, infidèle ? » et le dhimmi doit garder la tête baissée ?

Ahmad Omar Hashem : Cela n’existe pas.

Journaliste : N’y a-t-il vraiment rien dans le programme d’Al-Azhar qui nuise aux relations entre les musulmans et les chrétiens ?

Ahmad Omar Hashem : J’ai vécu toute mon existence sans rien voir de tel. A Al-Azhar, et dans toute l’Egypte, il n’y a jamais rien eu qui ressemble à ce qui se passe aujourd’hui. Ces choses sont perpétrées par des pays infâmes qui essaient de…

Journaliste : Alors, ce ne sont que des rumeurs ?

Ahmad Omar Hashem : Oui, des rumeurs, et non des faits.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:51

Un éditorialiste jordanien : Aqaba est à la portée des roquettes de l’EI dans le Sinaï ; sa sécurité ne peut être abandonnée à la merci de tiers

 

Le 27 février 2017, après que l’Etat islamique (EI) dans le Sinaï ait tiré trois roquettes Grad sur la ville israélienne d’Eilat le 8 février, Fahad Al-Khitan, éditorialiste confirmé du quotidien jordanien Al-Ghad, a averti que l’Etat islamique pourrait tout aussi facilement viser la ville portuaire jordanienne d’Aqaba, ainsi que ses installations vitales et stratégiques. Par conséquent, a-t-il écrit, la Jordanie doit combattre le terrorisme, non seulement à ses frontières avec la Syrie et en Irak mais aussi ailleurs. Il a ajouté qu’au vu des succès « modestes » de l’armée égyptienne contre l’EI dans le Sinaï, la Jordanie ne doit pas abandonner sa sécurité à la merci de tiers. Extraits :[1]

Nous combattons le terrorisme, pas seulement sur les fronts septentrional et oriental [aux frontières syrienne et irakienne], car pas loin de notre frontière méridionale, la menace du terrorisme de l’EI a émergé. L’armée égyptienne mène une guerre cruelle contre cette organisation terroriste dans le Sinaï, et au cours des quatre dernières années environ, nulle fin de ce conflit sans limite n’est en vue. Les organisations extrémistes dans le Sinaï ont réussi à maintenir leur emprise dans ces régions montagneuses, où le combat contre elles est ardu. Elles ont exploité notamment le chaos à la frontière Egypte-Libye depuis la destitution du régime de Kadhafi, pour faire passer en contrebande des quantités massives d’armes modernes dans le Sinaï. Elles ont également réussi à assurer le passage de combattants dans le Sinaï, en provenance de régions proches et lointaines, en s’appuyant sur un réseau complexe de trafiquants d’armes et de drogues.

Il y a seulement quelques semaines, l’organisation terroriste [EI] a envoyé un message troublant, dont la future menace potentielle a été ressentie par la Jordanie, lorsqu’elle a lancé trois roquettes sur la ville israélienne d’Eilat.[2] Le [système de missiles de défense] Dôme de fer a intercepté les trois roquettes en milieu de vol, et leurs débris ont été dispersés sur un large périmètre. Certains sont même tombés au centre de la ville d’Aqaba, sans causer de dommage.
Au regard des succès modestes de l’armée égyptienne dans sa guerre contre les organisations terroristes, et du fait que les [organisations terroristes] peuvent lancer des missiles téléguidés, la Jordanie ne peut plus ignorer la situation à sa frontière Sud, qui est d’une grande importance stratégique. Aqaba n’est pas simplement l’unique port maritime de la Jordanie et une voie essentielle pour ses importations et exportations, c’est aussi l’endroit où sont concentrées les principales ressources d’énergie du Royaume – le dépôt de gaz naturel, les pétroliers apportant le pétrole et la centrale électrique [d’Aqaba].

Devant ces considérations, la Jordanie ne peut plus abandonner la sécurité d’Aqaba à la merci de tiers. Les autorités compétentes ont déjà pris les mesures en leur pouvoir pour protéger les installations vitales de la ville, mais vu que l’organisation terroriste peut accroître ses capacités militaires et envisager d’élargir le champ de son action, la Jordanie doit considérer la région [d’Aqaba] comme une zone d’opérations militaires… Si nous n’avons pas encore atteint le point critique où nous devrons faire appel à nos ressources, aussi modestes soient-elles, pour affronter un danger qui pourrait s’étendre à l’avenir et menacer les intérêts des pays voisins comme l’Arabie saoudite, [nous devons nous y préparer].

La Jordanie compte toujours sur l’armée égyptienne pour éviter d’autres scénarios et n’hésite pas à apporter toute l’aide en son pouvoir pour éliminer les capacités des organisations terroristes armées et réduire leur menace, autant que possible. Toutefois, le défi sécuritaire qui se développe au Sud nous rappelle combien l’étendue de la menace terroriste s’est accrue, et le fait que la guerre contre celle-ci doit être globale et ne pas se limiter aux [bastions de l’EI] à Mossoul, à [l’Irak] et Raqqa, en Syrie. Dans la région avoisinant la Jordanie, des organisations terroristes mondiales sont présentes. Ces organisations tirent profit de leur profondeur stratégique distante dans des pays d’Asie et d’Afrique et créent une seule masse globale qui menace des dizaines de pays sur différents continents.

Au niveau intérieur, nous devons comprendre que nous menons une guerre ouverte contre le terrorisme sur tous les fronts… Ce n’est pas une partie de plaisir, car nous payons le prix des erreurs d’autres pays et régimes, dans notre [propre] économie et sécurité.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:46

Le porte-parole d’une milice chiite irakienne soutenue par l’Iran en Syrie : « Nous avons créé l’armée de libération du Golan »

 

Le 8 mars 2017, Hashem Al-Mousawi, porte-parole de la milice chiite irakienne Al-Nujaba, soutenue par l’Iran, a accordé une interview à l’agence de presse iranienne Tasnim, exposant les activités de la milice en Irak et en Syrie. Il a accusé l’Arabie saoudite et les États-Unis d’être responsables des actions de l’Etat islamique, soulignant que l’Iran est le seul pays ayant aidé sa milice. Il a déclaré que les relations entre l’Irak et l’Arabie saoudite étaient « un mariage raté », ajoutant « nous ne voulons pas de séparation entre l’Iran et l’Irak ».

Al-Mousawi a déclaré que sa milice ne permettrait pas aux forces étrangères de rester à Mossoul et a révélé que l’administration américaine avait exercé de fortes pressions sur le gouvernement irakien pour empêcher les Unités chiites de mobilisation populaire (PMU) d’entrer dans les villes sunnites reprises des mains de l’Etat islamique. Il a ajouté que les États-Unis avaient demandé de nommer un gouverneur civil à Mossoul, mais que leur demande avait été rejetée.

Al-Mousawi a averti la Turquie que si elle ne se retirait pas de Bachiqa, au nord de l’Irak, son organisation déclencherait une action militaire contre elle. Al-Nujaba s’oppose à la présence de l’ancien Premier ministre irakien Tariq Al-Hashimi – un sunnite vivant actuellement en exil – aux conférences organisées par la Turquie pour discuter du destin de l’Irak.

Il a également souligné que sa milice se trouve en Syrie depuis quatre ans et qu’elle n’a pas l’intention de se retirer avant le départ des « terroristes ». Il a exprimé sa crainte d’un nettoyage ethnique dans les villages chiites de Fu’ah et de Kafriya en Syrie.

En outre, Al-Mousawi a annoncé que sa milice avait créé l’« Armée de libération du Golan », qui « comprend des forces spéciales ayant reçu une formation et du matériel ». Cette force, a-t-il affirmé, « possède des plans [d’action] détaillés », mais attend que le gouvernement syrien autorise sa présence dans le Golan. Al-Mousawi a reconnu que sa milice est directement liée aux PMU et à l’axe de la résistance iranien et a affirmé qu’elle étend son activité afin de combattre Israël sur le plateau du Golan, car « Israël est foncièrement [responsable de] la destruction de l’Irak… et a pris des mesures pour détruire nos infrastructures ». Il a également averti la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen de ne pas progresser vers l’Iran, car c’est « un pays puissant ».

Al-Nujaba et la connexion iranienne

La milice d’Al-Nujaba a été créée par Akram Al-Kabi, qui a quitté la milice chiite irakienne soutenue par l’Iran, Asaeb Ahl Al-Haqq, et a rejoint la Syrie pour superviser l’activité d’Al-Nujaba, y compris sa participation au combat pour défendre le régime d’Assad.

Dans un entretien accordé au quotidien irakien Al-Alam Al-Jadid, Al-Kabi a déclaré que l’Iran soutenait son organisation, tant sur le plan militaire que logistique, et a souligné ses liens étroits avec Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps iranien des gardiens de la révolution islamique (CGRI), et avec le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. [1] Selon des articles parus sur les sites d’opposition syriens, les miliciens sont formés par le CGRI et le Hezbollah et sont déployés dans toute la Syrie – Racca, la Province d’Alep et Damas. [2] Les photos publiées indiquent que la milice utilise des drones iraniens. En outre, illustrant ses liens étroits avec la Force Qods, la milice a publié une chanson faisant l’éloge de Qassem Soleimani. Pour voir la vidéo, cliquez ici.

Le drone iranien Yasir utilisé par la milice Al-Nujaba (Dana.ir, 25 mars 2015, Abna, Iran, 23 décembre 2014)
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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:32

L’UNRWA entend modifier les programmes scolaires de Cisjordanie et Gaza ; l’Autorité palestinienne et le Hamas s’y opposent

De récents rapports de presse font état de la volonté de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) d’introduire des changements dans les programmes scolaires des écoles de Cisjordanie et de Gaza. Ces modifications, qui seraient intégrées graduellement, concernent différents sujets tant politiques que socioculturels, et comprennent l’élimination de contenus que l’UNRWA juge contraires au principe de neutralité politique : des cartes montrant la Palestine s’étendant de la rivière du Jourdain à la mer Méditerranée ou des références au conflit palestino-israélien dans des cours sans rapport avec le sujet. D’autres changements tentent de donner plus de place aux filles, et incluent le remplacement de photos de garçons par des photos de filles ou de garçons et de filles pris ensemble.

Les changements proposés ont suscité une vague d’opposition de la part des Palestiniens, au motif qu’ils dénatureraient l’identité palestinienne et serviraient les intérêts d’Israël, qui accuserait l’Autorité palestinienne (AP) d’incitation à la haine. Leur objectif à long terme serait d’inculquer aux élèves une culture de normalisation et de coexistence avec Israël et de les éloigner de la résistance à l’occupation.

Le ministère de l’Education de l’AP a rejeté le programme de l’UNRWA qu’il a même menacée de poursuivre en justice. Le ministre de l’Éducation de l’AP, Sabri Saidam, a souligné que les Palestiniens aspiraient à une « éducation qui les libérera » de l’occupation. Le ministère a également organisé un atelier auquel ont participé des responsables de l’AP ainsi que d’éminentes personnalités arabes israéliennes, où les orateurs ont contré les accusations d’Israël d’incitation à la haine dans les manuels scolaires palestiniens. Le membre de la Knesset Ahmed Tibi a déclaré que « c’est le droit des Palestiniens sous occupation d’inciter[à la haine] contre elle ». La députée Hanin Al-Zoabi a déclaré, dans la même veine, que « l’incitation contre l’occupation et ses crimes n’est pas seulement un droit, mais une obligation humaine ».

Le Hamas, ainsi que les employés de l’UNRWA et les comités de parents des écoles de l’UNRWA, ont également protesté contre les changements proposés, affirmant qu’ils représentent un grave danger pour le système éducatif palestinien et qu’ils servent les intérêts des États-Unis et d’Israël. À Gaza, des manifestations ont été organisées contre ce projet de l’UNRWA.

Changements proposés : retrait des cartes présentant la Palestine s’étendant de la rivière à la mer, desphotos de soldats israéliens, de références à « l’occupation » et à la « barrière de séparation »

Selon des articles publiés dans les médias palestiniens, la présidence générale de l’UNRWA à Amman a informé les branches de Gaza des changements proposés, déclarant qu’ils seront dans un premier temps incorporés aux programmes du CP au CM1 – dans la deuxième moitié de l’année 2017, et par la suite aux programmes de collège et de lycée [1]. Les articles précisent également que l’UNRWA prévoit quelque 50 changements dans les manuels des diverses matières, y compris dans les manuels d’arabe, d’études islamiques, de mathématiques, de sciences sociales, de sciences et d’anglais. [2]

Comme indiqué, la plupart des changements prévus touchent à des questions politiques et entendent supprimer les contenus qui ignorent l’existence d’Israël et/ou font référence au conflit israélo-palestinien dans des cours sans rapport avec le sujet. Par exemple, l’UNRWA souhaiterait supprimer une carte de la Palestine s’étendant de la rivière à la mer qui apparaît dans plusieurs manuels scolaires, en encore des expressions telles que « occupation », « soldats de l’occupation », « prisonniers » et « barrière de séparation » des exercices de mathématiques ou d’arabe.

Un site palestinien rapporte que des ateliers ont déjà été organisés l’an dernier, avec la participation de dizaines d’enseignants, pour les informer des changements et préparer leur introduction. [3]

Ci-dessous quelques exemples ds changements proposés, tels que rapportés par le site palestinien Alray.ps le 16 mars 2017 :

« Le changement : retirer une carte de la Palestine [de la rivière à la mer] d’un manuel du CM1 ». La carte accompagne un poème intitulé « Bonjour, patrie ».

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : remplacer la carte de la Palestine [de la rivière à la mer] par une photo différente dans un manuel de CE1 ». La carte accompagne un poème intitulé « Nous vous saluons, nos collines ». Le texte en anglais, vraisemblablement fourni par l’UNRWA, fait valoir un « problème de neutralité : un poème illustré par une carte d’histoire dans un contexte non historique » et suggère de remplacer la carte par une photo de collines palestiniennes.

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : remplacer une carte de la Palestine [de la rivière à la mer] par des photos d’un oiseau et d’une citrouille dans un manuel d’arabe de CP ». La carte est utilisée pour enseigner la transcription du son « t », tel qu’on l’entend dans le mot « Falastine » (Palestine). Le texte en anglais suggère d’enseigner ce son en utilisant d’autres mots ou en utilisant le mot « Falastine », mais sans l’illustrer par la carte.

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : supprimer un exercice qui évoque ‘l’occupation’, la ‘Mosquée Al-Aqsa’ et les ‘postes de contrôle de l’armée’ dans un cours de mathématiques du CE1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : supprimer un exercice sur la Journée du prisonnier palestinien d’un cours d’études nationales de CE2 »

.

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : supprimer l’expression ‘bulldozers de l’occupation’ d’un cours d’arabe du CE1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : remplacer le texte ‘Jérusalem est la capitale de l’État de Palestine’ par ‘Jérusalem est une ville sainte pour les religions abrahamiques’ dans un cours d’arabe du CM1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : remplacer les mots ‘le prisonnier’, ‘le détenu’ et ‘la prison’ par les mots ‘le prince’ et ‘l’hôtel de ville’ dans un cours d’arabe du CE1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : supprimer le mot ‘occupation’ d’un cours d’arabe du CE1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : retirer la photo d’un soldat israélien [d’une illustration d’un] cours d’arabe de CE1. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : remplacer une photo de ‘la barrière raciste [de séparation]’ par la photo d’une cascade dans un cours d’arabe du CP. »

 

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

« Le changement : supprimer les noms de lieu ‘Jérusalem’, ‘Vallée du Jourdain’ et ‘Haïfa’ d’un cours de science de CM1 et les remplacer par des références à des villes de Cisjordanie et de Gaza. »

 

(Photo : Alray.ps, 16 mars 2017)

L’agence de presse palestinienne Maan a mis en ligne sur son site Web une liste des changements proposés et transmis par l’UNRWA aux écoles. Parmi les changements liés au genre : « remplacer la photo des garçons par une photo de filles » ; « remplacer la photo d’hommes qui prient par une photo de femmes qui prient » ; « remplacer la photo de garçons jouant au football par une photo incluant garçons et filles jouant ensemble » ; « remplacer la photo des filles qui jouent avec des animaux par une photo de garçons et de filles jouant avec des animaux » ; « remplacer la photo de garçons qui s’intéressent à l’environnement par une photo de garçons et de filles qui s’intéressent à ce sujet » ; « remplacer la photo d’hommes faisant la fête dans un mariage par une photo d’hommes et de femmes festoyant ensemble ».

Parmi les changements dans le domaine politique : « retirer toute mention de l’occupation israélienne et d’affrontements incluant des pertes humaines » ; « supprimer le texte qui désigne Jérusalem comme la capitale de la Palestine » ; « retirer une photo de soldats israéliens démolissant une maison et la remplacer par des photos qui établissent une comparaison entre maison moderne et maison rustique » ; « remplacer un texte intitulé ‘Nous reconstruirons et reconstruirons encore’ sur un bulldozer démolissant une maison par un texte intitulé ‘Nous construirons et ne détruirons pas’, sur une vieille maison à Jérusalem » ; « supprimer un passage sur les mesures prises par l’occupation contre les pêcheurs de Gaza » ; « remplacer un poème intitulé ‘La terre de l’honorable’ sur le sacrifice pour expulser l’occupant étranger par un texte intitulé ‘Le Saint des Saints’ qui ne mentionne pas le sacrifice » ; « retirer la photo d’une fille effrayée par des soldats par celle de la construction d’une maison et d’un garçon disant à son père : ‘ô père, nous sommes une nation qui construit et ne détruit pas’ » ; « supprimer le texte ‘école saisie par l’occupation et transformée en colonie’ ».

 

La liste des changements transmis aux écoles (Photo : Maannews.net, 24 mars 2017)

 

 

Lire le rapport dans son intégralité en anglais

* C. Jacob est chargé de recherche à MEMRI.

Notes :

[1] Al-Risala (Gaza), 23 mars 2017.

[2] Alwatanvoice.com, 26 mars 2017.

[3] Alwatanvoice.com, 26 mars 2017.

[4] Al-Quds (Jérusalem), 24 mars 2017.

[5] Al-Ayyam (AP), 23 mars 2017.

[6] Alwatanvoice.com, 26 mars 2017.

[7] Al-Risala (Gaza), le 23 mars 2017.

[8] Al-Risala (Gaza), le 16 mars 2017.

[9] Al-Risala (Gaza), le 23 mars 2017.

[10] Maannews.net, le 24 mars 2017.

[11] Alray.ps, 16 mars 2017.

[12] Alwatanvoice.com, 26 mars 2017.

[13] Palinfo.com, le 29 mars 2017.

[14] Al-Quds (Jérusalem), 21 mars 2017.

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:30

Les Saoudiens critiquent l’indulgence de leur gouvernement envers les sermons d’un prédicateur incitant à la violence

 

Depuis plusieurs mois en Arabie saoudite, les médias et les utilisateurs des médias sociaux créent un tollé autour du cheikh Saeed Bin Farwah, de ses sermons controversés et des réactions des autorités saoudiennes à leur égard. Dans le premier de ces sermons, prononcé le 19 juin 2015, Bin Farwah a attaqué Nasser al-Qasabi, comédien saoudien, animateur de télévision et star de l’émission Selfie,[1] le qualifiant d’infidèle et exprimant le souhait « qu’Allah ne laisse aucun os intact dans le corps de cette ordure ».

Suite à ce sermon, les utilisateurs des médias sociaux ont exprimé leur opposition au cheikh, en utilisant le hashtag « Saeed bin Farwah qualifie Nasser Al-Qasabi d’infidèle ». Al-Qasabi a attaqué Bin Farwah en diffamation, et le ministre saoudien des Affaires islamiques a ordonné une enquête contre ce dernier.[2]

Le 31 octobre 2016, les médias saoudiens et arabes ont rapporté que Bin Farwah avait été reconnu coupable de ses déclarations contre Al-Qasabi et que le tribunal l’avait condamné à 45 jours de détention.[3]

Un mois après la condamnation de Bin Fawah, le 29 novembre 2016, un autre de ses sermons a été posté sur YouTube, dans lequel il fustigeait les pères qui envoient leurs filles à l’étranger pour étudier la pharmacologie et la médecine. Il avait comparé cela à du proxénétisme et qualifié leurs filles de prostituées.[4]L’indignation contre Bin Fawah a de nouveau éclaté dans le pays, et les médias ont publié de nombreux éditoriaux le condamnant. Sur Twitter, de nombreuses réactions ont été publiées sous le hashtag « Saeed bin Farwah calomnie la société ». Le religieux a aussi été proposé dans des sondages sur Twitter pour élire « la pire personnalité de 2016 », et il a remporté l’un d’eux. [5]

Le 30 novembre, au lendemain de la diffusion du second sermon, le Grand Mufti d’Arabie saoudite, Cheikh Abd Al-Aziz Aal Al-Cheikh, a condamné Bin Farwah, et appelé le ministère des Affaires islamiques à imputer aux prédicateurs de son acabit la responsabilité de leurs erreurs, ou à tous les révoquer.[6] Le ministère, de son côté, a affirmé qu’il s’agissait d’un ancien sermon, datant d’il y a six ans, et que des mesures avaient été prises à l’époque contre l’imam qui avait autorisé Bin Farwah à le délivrer. Le ministère a souligné que Bin Farwah n’était pas un prédicateur désigné par le ministère et qu’il n’était pas autorisé à prononcer des sermons en tant que prédicateur officiel de la charia. [7]

Alors que les commentaires contre Bin Farwah se déchaînaient sur les médias sociaux, le 15 janvier 2017, une cour d’appel saoudienne a annulé la condamnation pour diffamation d’octobre 2016, en raison de sa bonne réputation et de son statut de personnalité religieuse – et également du fait que dans ses critiques contre Al-Qasabi, il ne l’a jamais désigné par son nom. La cour d’appel a ordonné un nouveau procès, et le 16 février 2017, la condamnation originale a été rétablie. [8]

Une réaction particulièrement virulente aux sermons de Bin Farwah a pris la forme d’une caricature montrant un prédicateur vomissant de la bile verte sur les têtes des fidèles, qui en retour le remercient pour ses déclarations. La caricature a été publiée le 11 novembre 2016 après la diffusion sur YouTube du sermon contre les jeunes filles étudiant la pharmacologie et la médecine. Elle a été postée sur Twitter après l’annulation de la condamnation de Bin Farwah.

Lire l’article dans son intégralité en anglais

 

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19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 05:27

L’Iran n’annulera pas le JCPOA : il lui confère le statut de puissance nucléaire et une garantie occidentale de la survie du régime

 

Par A. Savyon et Yigal Carmon*

Introduction

Le JCPOA a conféré au régime iranien deux succès historiques : le statut d’Etat nucléaire et l’immunité contre une attaque occidentale qui serait due à son développement nucléaire. Il s’agit dans les faits d’une garantie occidentale apportée à la survie du régime de la République islamique. Ces accomplissements ne peuvent être annulés qu’avec l’invalidation de l’accord lui-même.

Les porte-parole iraniens ont fait valoir que même si l’administration du président Trump annulait l’accord, celui-ci ne pourrait être annulé – parce que l’Iran, avec prescience, a impliqué l’UE et l’ONU et obtenu leur soutien à cet accord. Même si les Etats-Unis seuls annulaient l’accord, celui-ci resterait en vigueur – c’est-à-dire que le statut de l’Iran comme Etat nucléaire ne pourrait être altéré.

Le président iranien Hassan Rohani a ainsi souligné, lors d’une réunion du cabinet le 11 novembre 2016, au lendemain de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, qu’il n’y avait aucune manière d’annuler l’accord. Il a déclaré : “La sagesse de l’Iran concernant l’accord nucléaire est d’avoir fait approuver le JCPOA par une résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies, et [donc il n’est] pas un accord [bilatéral conclu] avec un pays ou une administration en particulier. Par conséquent, il ne sera pas modifié par une quelconque décision d’une administration en particulier ». [1]

Au lendemain de l’entrée en vigueur du JCPOA, en janvier 2016, et même avant, des officiels du régime iranien avaient averti à plusieurs reprises que, si les Etats-Unis violaient l’accord et notamment si des sanctions supplémentaires étaient imposées à l’Iran, celui-ci annulerait l’accord et reviendrait au statu quo en vigueur avant l’accord.

Ainsi, une lettre du 21 octobre 2015 contenant des directives du Guide suprême iranien Ali Khamenei au Président Rohani et apportant une “approbation conditionnelle” à l’accord précisait : “Pendant une période de huit ans, toute imposition de sanctions, à quelque niveau que ce soit et sous n’importe quel prétexte (y compris les prétextes répétés de terrorisme et de [manquements aux] droits de l’homme) de la part d’un des signataires de l’accord constituera une violation du JCPOA et le gouvernement [iranien] sera contraint de prendre les mesures nécessaires en vertu de l’Article 3 de la résolution du Majlis et d’interrompre les actions prévues par le JCPOA”.[2]

L’Iran change de politique et passe de menaces d’annulation de l’accord aux menaces de réactions équivalentes

Toutefois, après l’imposition par les Etats-Unis de nouvelles sanctions à l’Iran, durant les deux administrations d’Obama et de Trump, il est apparu clairement [3]que l’Iran n’allait pas mettre à exécution ses menaces. Au lieu de cela, l’Iran a présenté une nouvelle formule qui ne l’oblige pas à abroger l’accord, comme il en avait émis la menace précédemment : elle consiste à ce que le régime iranien réponde à toute violation américaine de l’accord par une violation parallèle.

De fait, le 26 mars 2017, après l’annonce du Département d’Etat américain du 24 mars 2017 de nouvelles sanctions contre les sociétés et les personnes liées au programme de missiles iranien, le ministère des Affaires étrangères iranien a annoncé des contre-mesures contre 15 sociétés américaines. En outre, en réaction à la Loi contre les activités déstabilisantes de l’Iran de 2016, actuellement examinée par l’administration américaine et par le Sénat américain, qui désigne le Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien comme organisation terroriste, le président de la Commission de la Sécurité nationale du Majlis, Ala Al-Din Boroujerdi, a annoncé le 25 mars 2017 que la commission présenterait au Majlis un projet visant à désigner la CIA et les Forces armées américaines comme organisations terroristes, devant être adopté après la fête iranienne de Norouz, le 21 mars.[4]

Le 3 avril 2017, le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif a répété : “Si le moment venu, les Américains n’appliquent plus le JCPOA, notre retour [à la situation antérieure au JCPOA] sera très rapide, et nous obtiendrons même plus que ce que nous avions auparavant… Nous avons suffisamment de garanties pour le jour où le régime [iranien] décidera et estimera que le niveau de ruptures par l’Amérique de ses promesses est tellement élevé que nous devons revenir à la [situation] d’avant le JCPOA. Mais il ne me semble pas que cela se produira”. [5]

Il convient d’observer que les menaces de Zarif quant à la possibilité d’un retour de l’Iran au statu quo en vigueur avant l’accord ne fixent pas de ligne rouge ni de condition spécifique dont la violation obligerait l’Iran à annuler l’accord. Au lieu de cela, Zarif affirme que l’Iran agira “quand il estimera” que les Etats-Unis auront augmenté leur niveau de violations contre l’Iran. En outre, Zarif ajoute qu’une telle situation, selon son évaluation, ne se produira pas.

Le fait que l’Iran soit revenu sur ses précédentes menaces et mises en garde concernant la validité du JCPOA témoigne de l’importance historique de l’accord pour le régime iranien. Selon notre évaluation, l’Iran n’annulera pas l’accord, même si les Etats-Unis continuent d’imposer des sanctions au régime, et même s’ils sont impliqués dans une action militaire contre les intérêts iraniens. L’Iran n’annulera pas un accord qui lui confère le statut d’Etat nucléaire, qui constitue une garantie de la survie du régime et lui offre une immunité contre une attaque occidentale destinée à changer le régime. Ces succès historiques pour l’Iran lui ont été accordés par l’administration Obama, par le biais du JCPOA.

Il est inutile de préciser que la menace de revenir à la situation d’avant le JCPOA est une menace vaine, car si le régime le faisait, il se replacerait dans une situation que l’ancien Secrétaire d’Etat John Kerry avait décrite en ces termes : “breakout time [nucléaire] de deux mois”.[6] Ce faisant, le risque d’une attaque de l’Occident deviendrait réel.

Le JCPOA, outil de garantie de la survie du régime iranien

Le régime iranien s’accroche au JCPOA, parce que cet accord garantit sa survie. Le président Obama a promu le régime iranien du statut “d’Etat sur la défensive”, soumis aux sanctions du Conseil de Sécurité pour son programme nucléaire, à celui d’Etat nucléaire légitime pouvant négocier avec le reste du monde sur l’amélioration de son activité nucléaire.

La menace qui a conduit le Guide suprême Ali Khamenei à faire revivre le projet nucléaire iranien en 2002 (après que le fondateur de la Révolution iranienne, l’Ayatollah Ruhollah Khomeini, eut interrompu le projet nucléaire datant de l’époque du Shah), était d’ordre existentielle pour le régime. Le régime était menacé directement d’attaques de la part de l’Occident, dans le but d’amener un changement de régime, et indirectement, par des éléments de l’opposition interne, troubles que le régime qualifiait de “fitna” – rappelant la fitna (troubles civils) qui avait suivi l’élection présidentielle de 2009, et été réprimée. Pour cette raison, Khamenei, lors des négociations sur le JCPOA, avait demandé à ce que les Etats-Unis mettent fin à leurs programmes en farsi diffusés en Iran, suspendent leur aide politique et économique aux groupes d’opposition iraniens et cessent de critiquer la censure iranienne sur Internet – trois demandes liées à la survie du régime (voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 837, Khamenei’s Aim at the Nuclear Talks – Securing the Survival of His Regime, 15 mai 2012).

Avec le JCPOA, Khamenei a obtenu un double succès, assurant tant la survie de son régime que l’entrée de l’Iran dans le club des pays nucléaires. L’objectif original du régime iranien en négociant le JCPOA était de garantir la survie du régime face à toutes les menaces possibles, de l’intérieur et de l’extérieur – non d’obtenir une aide économique massive ni d’intégrer l’Iran au sein du marché occidental pour apaiser la détresse économique du peuple. Cela, Khamenei entend s’y atteler avec “l’économie de résistance”, dont l’axe principal est l’autosuffisance et le rejet de toute coopération économique avec l’Occident et de tous investissements étrangers en Iran.

Le statut nucléaire de l’Iran, promis à Khamenei par l’administration Obama dans le cadre de l’accord soutenu par l’Europe, lui permet de continuer à opprimer le peuple iranien et à exporter la Révolution iranienne dans la région.

*A. Savyon est directrice du Projet de médias iraniens de MEMRI ; Yigal Carmon est le Président de MEMRI.

[1] ISNA (Iran), 9 novembre 2016.

[2] MEMRI Inquiry and Analysis No. 1196, Iranian Supreme Leader Khamenei’s Letter Of Guidelines To President Rohani On JCPOA Sets Nine Conditions Nullifying Original Agreement Announced July 14, 2015, 22 octobre 2015.

[3] Tasnim (Iran), 26 mars 2017.

[4] IRIB (Iran), 25 mars 2017.

[5] Farsnews (Iran), 3 avril 2017.

[6]http://www.huffingtonpost.com/entry/john-kerry-iran-israel_us_55b22b45e4b0224d8831d360

 

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