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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 07:03

Le biologiste palestinien Pr Mazin Qumsiyeh : Gaza est un holocauste ; les Juifs n’ont aucun lien biologique avec la Palestine

Le biologiste palestinien Pr Mazin Qumsiyeh, fondateur du premier musée palestinien d’histoire naturelle à Bethléem, a déclaré que le lien des Juifs avec la Palestine n’était qu’un lien religieux, « ils devaient inventer une histoire… de départ des Juifs  et de retour des Juifs ». Qumsiyeh, ancien professeur adjoint de génétique aux universités de Yale et Duke et membre du corps enseignant de l’Université de Bethléem, a ajouté : « Gaza est un holocauste. Vous enfermez deux millions de personnes, et vous les soumettez à la famine ». Il a ajouté que des politiciens, universitaires et militaires israéliens haut-placés ont désigné la démographie et le mouvement BDS – et non l’Iran – comme les deux « menaces existentielles » pour Israël. Cette intervention a été prononcée par Qumsiyeh le 30 juin 2017 et postée une semaine plus tard sur la chaîne YouTube du Jerusalem Fund & Palestine Center. Extraits : 

Mazin Qumsiyeh : Le lien des Juifs avec la Palestine est un lien religieux. C’est le même lien que celui des chrétiens avec la Palestine, ou des musulmans avec la Palestine, ou de toute autre religion avec la Palestine. […]

Notre problème avec le sionisme est qu’il s’agit d’un système fondé sur le nettoyage ethnique et le racisme. Ce n’est pas un système de Juifs désirant retourner en Palestine. Ce n’est pas un retour… Même si biologiquement – comme je l’ai dit – ce n’est pas un retour, car un Juif d’Allemagne ou de Pologne est autant lié à la Palestine qu’un chrétien de Pologne ou d’Allemagne est lié à la Palestine. Biologiquement, c’est cela le lien. C’est un lien religieux. […] 

Un membre du public : Je suis simplement légèrement confus, car ne diriez-vous pas que les Juifs ont des racines anciennes dans cette région, tout comme les Palestiniens ? 

Mazin Qumsiyeh : Non. La population juive à travers le monde ressemble à toute autre communauté à travers le monde. C’est une religion. Les Juifs ne sont pas venus de Palestine, puis retournés en Palestine. Les Juifs européens sont des Européens. […]

Evidemment, les sionistes ne veulent pas que nous croyions cela. Car, si nous… Parce qu’ils ne pouvaient pas… pour être honnête… Et si j’étais l’un d’eux, peut-être… et que je voulais autant faire cela, j’aurais inventé la même histoire, car vous ne pouvez dire : « Je veux créer un Etat pour les Juifs en tant que religion. » N’est-ce pas ? Cela n’aurait aucun sens, notamment au 20e siècle. C’est pourquoi ils devaient inventer une histoire et l’histoire était celle de Juifs partis et de Juifs revenus. C’est une histoire. C’est une mythologie. Cela n’a rien à voir avec la vraie histoire. La plupart des Juifs européens sont des descendants des Khazars, génétiquement. […]

Il y avait une conversion à grande échelle de Juifs à travers le monde, aux 8e et 9esiècles apr. J-C. Exactement comme avec le christianisme, il s’est répandu par la conversion. […]

Ainsi, c’est… Gaza est… Je répugne à utiliser cette terminologie – une fois de plus, je devrais prendre garde à mes paroles – mais c’est un holocauste, littéralement. Je veux dire, c’est un… Vous enfermez deux millions de gens, et vous les soumettez à la famine. […]

Si vous regardez la Conférence de Herzliya, par exemple, où les plus importants politiciens, universitaires et militaires israéliens se rassemblent tous pour discuter, ils ont nommé deux choses qu’ils appellent des « menaces existentielles » pour l’Etat d’Israël. Vous les connaissez : la démographie et le BDS. Ce sont les « menaces existentielles ». L’Iran n’est pas cité. Et ils ont raison de les considérer comme des menaces existentielles pour un régime raciste d’apartheid. N’est-ce pas ? Et ils n’ont aucun moyen d’éliminer ces deux menaces. Ils peuvent introduire toutes ces lois pour empêcher les gens de participer au BDS, etc., mais que feront-ils ? Cela se propage, cela grandit, et cela les fait paniquer.

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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 07:02

Le membre du Comité central du Fatah Jamal Muhaisen : le président de l’AP Abbas ne suspendra jamais les salaires des prisonniers et des “martyrs”

Le membre du Comité central du Fatah Jamal Muhaisen a déclaré que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ne « prendrait jamais la décision d’interrompre [le paiement] des salaires des prisonniers et des martyrs », malgré la possibilité d’un « blocus financier » si l’aide américaine à l’AP était conditionnée par la cessation de ce paiement. Une proposition de loi en ce sens a été approuvée par la Commission du Sénat pour les Relations étrangères le 3 août dernier. « Les martyrs sont comme des couronnes sur nos têtes, et les prisonniers sont nos chevaliers », a déclaré Muhaisen, soulignant le fait que « nous avons le droit de combattre l’occupation par tous les moyens ». Il s’exprimait sur la chaîne télévisée officielle de l’Autorité palestinienne, le 10 août 2017. Extraits :

Jamal Muhaisen : Je voudrais que cela soit clair pour tout le monde. Le président Abou Mazen, dirigeant palestinien, ne prendra jamais la décision d’interrompre [le paiement] des salaires des prisonniers et des martyrs. Les martyrs sont comme des couronnes sur nos têtes, et les prisonniers sont nos chevaliers. Plus de 800 000 Palestiniens ont été emprisonnés dans les prisons israéliennes. Veulent-ils tenir les prisonniers responsables, au lieu des geôliers ? Nous demandons la liberté et l’indépendance, et par conséquent, nous avons le droit de combattre l’occupation par tous les moyens. Notre jeunesse adhère aux décisions des dirigeants. Depuis des années, notre jeunesse palestinienne adhère aux décisions de nos dirigeants, concernant la lutte pacifique et populaire, malgré les incursions israéliennes quotidiennes dans nos villes, et les détentions qu’ils effectuent sous des prétextes fallacieux. Par conséquent, laissez-moi souligner une fois de plus, concernant le blocus financier, que les Etats-Unis pourraient nous imposer : peut-être Netanyahou lui-même demande-t-il à Trump de ne pas respecter la décision du Congrès [de cesser l’aide américaine à l’AP]. Il sait ce qu’affamer la population palestinienne signifierait. Affamer le peuple palestinien signifierait [déclencher] la violence également dans toute la région, que les Israéliens et les Américains le veuillent ou non.

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:39

Une maître de conférence d’une université saoudienne : la solution au problème des femmes célibataires en Arabie saoudite est la polygamie – trois femmes pour un homme, et si cela fonctionne, il en reçoit une de plus

L’augmentation du nombre de femmes célibataires en Arabie saoudite et la conception de solutions pour y faire face est une question importante dans la société conservatrice d’Arabie saoudite. De nombreux chiffres divergents ont été publiés à ce sujet dans le Royaume. Ainsi, le ministère saoudien de la Planification a rapporté en 2014 qu’il existait 3 millions d’hommes et de femmes célibataires, et a observé que ce chiffre était supérieur de 1,5 million à celui de 2010.[1] L’Autorité générale saoudienne des statistiques a rapporté en 2016 que le nombre de femmes célibataires au-dessus de 15 ans était d’environ 2,3 millions. Elle précise, toutefois, qu’en Arabie saoudite l’expression “femme non mariée” ne s’applique qu’aux femmes célibataires âgées de 32 ans ou plus, de sorte que le nombre de femmes célibataires dans le Royaume n’est que de 230 000.[2]

La question du grand nombre de femmes célibataires en Arabie saoudite a également été abordée par la presse et les médias sociaux saoudiens, notamment sur Twitter, où un hashtag « #One Third Of Saudi Women Are Unmarried » [un tiers des femmes saoudiennes ne sont pas mariées] a été lancé.[3]

Dans le cadre du débat sur ce problème et sur ce qu’il convient de faire, certains ont appelé à encourager la polygamie – qui est acceptée en Arabie saoudite et autorisée par l’islam.[4] En janvier 2017, le site Alarabiya.net a rapporté que huit cheikhs célébrant les mariages en Arabie saoudite avaient créé un groupe sur WhatsApp intitulé “Polygamie”, dans le but d’encourager les hommes à adopter cette méthode pour résoudre le problème du grand nombre de divorcées, de veuves et femmes célibataires dans le pays. Selon Alarabiya.net, en janvier 2017 quelque 900 femmes ont rejoint ce groupe WhatsApp.[5]

La proposition d’encourager la polygamie en tant que solution à l’abondance de femmes célibataires en Arabie saoudite a suscité un débat public dans le pays, qui s’est intensifié après la proposition faite par Hawazin Mirza, maître de conférences à l’université du Roi Abd Al-Aziz de Jeddah. Dans une interview donnée le 26 mars 2017 à la chaîne TV du Golfe Rotana, elle a appelé à créer une “académie de la polygamie”, qui fournirait à tout homme le demandant trois femmes dans le délai d’un mois – une femme célibataire, une divorcée et une veuve. En outre, si ce mariage quadripartite s’avérait un succès, au bout de dix ans l’académie lui fournirait une quatrième femme gratuitement. Selon Hawazin Mirza, l’académie de la polygamie offrirait des cours de six mois aux hommes âgés de plus de 25 ans pour les préparer au mariage, et pour promouvoir l’idée du mariage avec plusieurs femmes. La formation serait donnée par des experts dans différents domaines sociaux. Elle a ajouté que l’académie serait aussi ouverte aux femmes cherchant à conclure un tel mariage, avec l’accord de leurs familles. L’objectif de l’académie, selon elle, était d’éliminer le phénomène des femmes célibataires en Arabie saoudite.[6]

La presse saoudienne a également publié de nombreux articles abordant le problème des femmes célibataires et la question de savoir comment la polygamie pouvait l’éliminer, selon la proposition de Hawazin Mirza et d’autres. Beaucoup ont rejeté l’idée de la polygamie comme solution, affirmant que cela reflétait une mauvaise compréhension du célibat et de l’institution du mariage. D’autres ont affirmé que tout cela revenait à dévaloriser les femmes comme de banales marchandises, et que certaines femmes choisiraient de rester célibataires et ne voudraient être ni mariées ni divorcées. D’autres ont aussi soutenu l’idée de la polygamie, qui est autorisée par l’islam, comme un besoin social et un intérêt national.

Le présent rapport examine les articles de la presse saoudienne sur le sujet de la polygamie comme solution au problème des femmes célibataires :[7]

Une journaliste saoudienne progressiste : la polygamie comme solution à la multiplication des femmes célibataires reflète une mauvaise compréhension de l’institution du mariage ; de nombreuses jeunes femmes saoudiennes choisissent librement le célibat.

Dans le quotidien Al-Jazirah, la journaliste saoudienne progressiste Samar Al-Muqrin objecte à la proposition de la polygamie comme solution pour faire face au grand nombre de femmes célibataires dans le pays. Ce point de vue, écrit-elle, reflète une erreur de compréhension fondamentale de la signification du mariage et des raisons qui conduisent une femme à choisir la vie de célibataire :

“Chaque année, ces chiffres [sur le nombre de femmes célibataires dans le royaume] sont publiés ; des émissions télévisées sont diffusées à ce sujet, des informations [sont publiées] dans les journaux et des articles d’auteurs qui s’interrogent sur les raisons [de ce phénomène] sont publiés. Pour autant que les hommes sont concernés, la meilleure manière de traiter le phénomène est la polygamie ; cela découle d’une erreur de compréhension de l’institution du mariage, et du fait de le considérer comme s’il s’agissait uniquement de sexe, et pas d’une vie partagée, qui ne peut concerner plus de deux personnes… Je pense aussi que les opinions et interprétations [qui sont exprimées] ne vont pas assez loin dans la question elle-même et négligent les circonstances qui amènent des jeunes femmes [à choisir] la vie de célibataire comme une solution meilleure pour elles que le mariage. Je pense que la plupart des cas de célibat sont la conséquence d’une abstention de se marier – à savoir qu’ils sont une affaire de choix, parce que la femme saoudienne est suffisamment mûre pour discerner [qui est un bon mari et qui ne l’est pas] et qu’elle ne veut pas se jeter dans les bras de n’importe quel homme, peu importe à quoi il ressemble, quelle est sa situation financière et quelles tentations il peut lui offrir. Elle ne veut pas quitter les statistiques des femmes célibataires pour rejoindre celles des femmes divorcées.

« Les opinions de la jeune femme saoudienne sur le mariage vont au-delà de la lune de miel, de se faire dorloter et des mots doux… [Elle comprend] qu’il s’agit d’un engagement pour la vie, qui nécessite pour elle de savoir si elle sera heureuse, ou deviendra prisonnière d’une aliénation émotionnelle ou du divorce, ce qui compliquera non seulement sa vie mais celle des autres, en particulier de ses enfants… » [8] 

L’éditorialiste Salma Al-Qusheiri : la proposition d’encourager la polygamie considère les femmes comme de banales marchandises

L’éditorialiste saoudienne Salma Al-Qusheiri a qualifié la proposition de Hawazin Mirza de dévalorisation des femmes et ajouté qu’elle considère les femmes comme de vulgaires marchandises, soi-disant au nom de l’islam. Elle écrit dans le quotidien Al-Watan :

“Alors que le monde autour de nous progresse et tente de se développer jour après jour… dans notre société nous faisons l’inverse ! La semaine dernière, malheureusement, une universitaire saoudienne a donné une interview sur une chaîne arabe ; elle a soutenu des méthodes et des décisions misogynes et oppressives… Le pire est que sa proposition se pare de l’aura de l’islam et de la légalité de la polygamie dans l’islam, qui est fondée sur plusieurs conditions et motivations essentielles, pour lesquelles un homme prend une femme supplémentaire en raison de circonstances inhabituelles qui le forcent à faire ainsi, avec l’accord des deux côtés [et à condition que le mari] traite toutes ses femmes équitablement et qu’il protège l’honneur [de sa première femme].

« J’ai l’impression que 99,99 % des cas que j’ai rencontrés d’hommes qui prennent une seconde femme ne proviennent pas de la nécessité ou de justifications claires qui l’autorisent [selon la loi religieuse]. Ces cas ne sont rien d’autre qu’un adultère légal.

« L’académie de la polygamie [proposée par Hawazin Mirza] semble à première vue une idée qu’une personne saine et adulte n’aurait jamais proposée. Le pire est que cette idée est proposée par une membre prestigieuse du personnel enseignant de l’université, qui forme des jeunes gens et des futurs professeurs. Ce qui est regrettable concernant cette idée n’est pas seulement le fait qu’elle dévalorise la femme vis-à-vis de sa soeur, à ses propres yeux et qu’elle porte atteinte à la moitié de la société et à sa colonne vertébrale [à savoir les femmes], mais aussi qu’elle transforme la femme saoudienne en vulgaire – très vulgaire – marchandise, et diminue sa valeur, et tout cela au nom de l’islam.

« L’existence dans la société de femmes divorcées, de veuves, de femmes qui refusent de se marier – je ne dirai pas de ‘vieilles filles’ – ne signifie pas qu’elles doivent toutes se marier. Cela engendrerait un problème plus grand encore, et nous transformerait en enclos pour bêtes sauvages. » [9]

L’éditorialiste Fahd Al-Ahmari : La polygamie nuit à la vie conjugale et aux relations familiales

Un autre éditorialiste saoudien, Fahd Al-Ahmari, s’oppose également à l’idée de la polygamie, arguant qu’elle met en danger la santé du mari qui doit soutenir plusieurs familles, qu’elle nuit aux relations conjugales et familiales et qu’elle ne serait même pas viable en raison de restrictions religieuses. Dans le quotidien Al-Watan, Al-Ahmari propose de s’attaquer au coût élevé des mariages et de l’entretien des ménages et de résoudre le problème du chômage chez les jeunes afin de leur permettre de se marier en plus grand nombre :

« Une étude menée en avril 2015 à l’hôpital et centre de recherche du Roi Faisal montre que les hommes mariés à plusieurs femmes souffrent quatre fois [plus que les autres hommes] de problèmes cardiaques. Lors d’un congrès de cardiologie organisé en Asie en 2015, le scientifique arabe Amin Dawla a annoncé que le risque de maladies cardiovasculaires chez les hommes était lié au fardeau financier et émotionnel découlant de son obligation de satisfaire les besoins de plusieurs familles. La polygamie est un problème complexe et n’est souvent abordée que superficiellement… Lorsque vous débattez de la question, vous constatez que certains pensent que vous vous opposez à une solution autorisée par la religion, et ignorent le fait que l’islam, qui approuve [la polygamie] dans le principe, impose des restrictions quasi impossibles à respecter et menace quiconque les violerait et ne traiterait pas [ses épouses] de manière égale de l’amputation de l’une de ses jambes le Jour du Jugement.

« La question est de savoir, quel homme peut traiter [toutes ses épouses] équitablement chaque jour, chaque heure, pour chaque achat et chaque dépense ? N’est-ce pas un tourbillon qui rapproche l’homme marié à plusieurs femmes de la maladie cardiaque et de la maladie mentale… La polygamie est permise pour résoudre des problèmes particuliers, ce qui ne signifie pas qu’elle soit souhaitable ou préférable… Si les difficultés économiques sont le cœur du problème [du grand nombre de femmes célibataires], la solution consiste à s’attaquer aux dépenses élevées du mariage et à rechercher des solutions au chômage chez les jeunes hommes et femmes. L’appel à pratiquer la polygamie pour diminuer le nombre de femmes célibataires est une approche superficielle du problème. Il insulte l’intelligence des gens et exploite grossièrement la situation de la société au nom d’intérêts personnels. En outre, on constate qu’un homme ayant plusieurs femmes choisit une femme célibataire – ou plutôt une adolescente – ou peut-être [même] une fille mineure ! Nous serions reconnaissants envers ceux qui sont réellement préoccupés par le problème des femmes célibataires et dont les intentions sont sincères, s’ils offraient une aide matérielle pour qu’un jeune homme puisse se marier avec une jeune femme, et éliminaient ainsi deux cas de célibat à la fois…

« Si nous examinons la question [de la polygamie] du point de vue de la famille, nous constatons que l’hostilité, la jalousie et la rivalité entre les femmes enveniment la vie conjugale. L’hostilité est souvent transmise aux enfants des différentes épouses, élevés dans l’inimitié [l’un vers l’autre] – ce qui perturbe la famille, en particulier le père… » [10] 

Un éditorialiste saoudien : Epouser plus d’une femme règle le problème de la prolifération des femmes célibataires en Arabie saoudite

De son côté, l’auteur saoudien Abdallah Omar Khayat soutient l’idée que la polygamie résout le problème du trop grand nombre de femmes célibataires. Il écrivait dans son éditorial du 5 mars 2017 dans le quotidien saoudien Okaz – avant même que Hawazin Mirza ne présente sa proposition – que les hommes qui épousent plus d’une femme, ce qui est autorisé dans l’islam, répondent à un besoin social et moral et agissent dans l’intérêt national :

« De nombreuses études et rapports ont été écrits pour éliminer ce phénomène [du trop grand nombre de femmes célibataires], que les experts en matière familiale attribuent à un certain nombre de causes, notamment l’augmentation de la dot et le coût élevé du mariage. De même, certains pères ne veulent pas marier leurs filles, notamment après qu’elles aient terminé leurs études supérieures et obtenu un emploi approprié et bien rémunéré… Par conséquent, ils rejettent tous les prétendants, alléguant qu’ils sont indignes et ne correspondent pas au statut [de leurs filles]…

« Certains pensent qu’une solution rapide pour réduire le nombre de femmes non mariées, notamment celles âgées de plus de 30 ans, est la polygamie, à condition que la situation financière du mari soit bonne.

« Du point de vue de l’homme, la polygamie est acceptable ; de celui de la femme, elle est répugnante, et une femme ne déteste rien de plus [que les autres femmes de son mari]… [Pourtant] un homme qui épouse plus d’une femme réduira le nombre des [femmes célibataires dans la société]. La polygamie deviendra un besoin social et moral, requis dans l’intérêt de la patrie et des citoyens. La première femme se considère toujours abandonnée et indésirable après avoir perdu l’amour et la dépendance [de son mari]. [Elle pense] qu’elle n’a pas de valeur et que sa présence dans la vie de son mari après son mariage avec une autre se réduit à élever leurs enfants. C’est son opinion et [ce sont des pensées] que Satan insuffle dans son imagination. Mais quiconque épouse une deuxième femme, ou plus, ne doit pratiquer aucune discrimination, et doit redouter le châtiment d’Allah s’il opprimait l’une d’entre elles.

« La polygamie est l’une des manières de résoudre le problème du célibat. Notre religion monothéiste permet la polygamie sans restrictions, et la société condamne un homme [qui épouse une deuxième femme] si sa première femme est malade ou stérile. Pour preuve que la polygamie est permise, les déclarations d’Allah dans la Sourate du Coran An-Nisa [La Femme] [4:3] : ‘Et si vous craignez de n’être pas justes envers les orphelins,… Il est permis d’épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n’être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d’injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille)’ » [11]

 

 

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Latagreer.com, 9 mai 2015.
[2] 
Sabaq (Arabie saoudite), 2 novembre 2017.
[3] Twitter.com/hashtag/%D8%AB%D9%84%D8%AB_%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%B9%D9%88%D8%AF%D9%8A% D8% A7% D8% AA_% D8% B9% D9% 88% D8% A7% D9% 86% D8% B3? Src = hash, consulté le 19 juin 2017.
[4] Il convient d’observer que l’islam permet à un homme d’épouser quatre femmes, à condition qu’il les traite toutes de manière égale.
[5] Alarabiya.net, 7 janvier 2017. Il convient d’observer qu’en octobre 2016,
Alarabiya a signalé que les chiffres du Bureau central des statistiques de l’Arabie saoudite pour cette année montrent que plus d’un demi-million d’hommes dans le pays épousaient plus d’une femme. Voir Alarabiya.net, 25 octobre 2016.

[6] Mubasher.aljazeera.net, 27 mars 2017.
[7] À propos d’un débat similaire sur la polygamie actuellement en cours en Irak, voir MEMRI en français, 
La proposition d’une députée irakienne d’asseoir la légalité de la polygamie déclenche un tollé, le 7 juillet 2017.
[8] 
Al-Jazirah (Arabie saoudite), le 22 mars 2017.
[9] 
Al-Watan (Arabie saoudite), le 31 mars 2017.
[10] 
Al-Watan (Arabie saoudite), le 31 mars 2017.
[11] 
Okaz (Arabie saoudite), 5 mars 2017.

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:38

Un auteur saoudien : les Etats arabes devraient cesser de dissimuler leurs relations avec Israël

 

Dans son éditorial hebdomadaire du 2 août 2017 publié dans le quotidien saoudien Al-Madina, Mohammed Arif critique les pays arabes qui entretiennent des relations avec Israël tout en niant ce fait, et les appelle à être honnêtes à ce sujet, affirmant que la dissimulation mène à l’embarras. Il condamne les faibles réactions de ces pays après la fermeture de la mosquée Al-Aqsa aux fidèles musulmans (suite à l’attentat du 14 juillet 2017 qui avait causé la mort de deux policiers israéliens) et leur incapacité à prendre des mesures tangibles contre Israël. Il tourne en ridicule leur interdiction du film américain Wonder Woman car l’actrice principale est israélienne, observant que cela ne risque pas d’empêcher Israël de “nuire à Al-Aqsa”. Il ajoute que le maintien de relations ouvertes avec Israël permettrait au moins à ces pays de critiquer ouvertement Israël.

Les critiques formulées par Arif viseraient apparemment le Qatar en premier lieu, dans le cadre de la crise actuelle des relations entre ce pays et l’Arabie saoudite et des accusations mutuelles dans les médias des deux pays.[1] Extraits : [2]

Je me souviens qu’il y a de nombreuses années, lorsque le Viagra est apparu pour la première fois sur le marché et que les hommes étaient fascinés, un de mes amis m’a raconté [une anecdote] : il visitait avec des amis un pays voisin et a vu la pilule bleue, mais il avait honte de l’acheter devant les autres, jusqu’à ce qu’ils se disent [finalement] : « Vas-y, achètes-en et n’aie pas honte par rapport à moi ». Mais malgré cela, aucun d’eux ne voulait en acheter devant les autres. Peu de temps après, ils se sont rencontrés dans un événement social, et ont compris que certains d’entre eux avaient commencé à utiliser le Viagra, mais ne voulaient toujours par le reconnaître ouvertement.

Je me suis récemment souvenu de cette histoire lorsqu’il m’est apparu de manière évidente que certains [pays] arabes maintiennent des relations avec Israël mais le nient, alors que ces relations peuvent difficilement être niées, au vu de l’existence d’ambassades et de visites mutuelles [qui se déroulent] aux yeux de tous. Ceux qui nient ces relations en dépit de leur existence ressemblent à quelqu’un qui prendrait du Viagra en secret et voudrait que personne ne le sache, car il craindrait que cela amoindrisse sa virilité et voudrait conserver son image virile aux yeux de ses voisins et amis.

Nous ne cessons d’entendre des slogans vides de sens et des condamnations creuses de [ces pays], chaque fois qu’il se produit quelque chose dans les territoires occupés, comme la récente attaque contre la mosquée Al-Aqsa, la profanation de sa sainteté, le meurtre et l’expulsion des fidèles et l’installation de détecteurs de métaux à ses portes, et face à la fermeture totale [de la mosquée] pendant deux jours, chose qui ne s’est jamais produite depuis un demi-siècle. Chaque fois qu’une chose de ce genre se produit, nous entendons de faibles condamnations, ou bien nous assistons à des mesures ridicules ou même risibles.

[Ainsi], nous avons entendu sur certaines chaînes satellite qu’un pays arabe [le Qatar] avait interdit la diffusion dans ses cinémas d’un nouveau film américain à succès, intitulé Wonder Woman, parce qu’une des actrices est israélienne. [Cela constitue] une véritable gifle au visage d’Israël ! Cela va certainement inciter Israël à cesser ses mesures répressives et ses atteintes aux lieux saints de l’islam, et avant tout à la mosquée Al-Aqsa. Par Allah, quel grand dommage causé à l’Etat sioniste par l’interdiction d’un film américain mettant en vedette une actrice israélienne ! Ces décisions dénuées de toute valeur ne privent-elles pas de tout sens la virilité ?

Lorsque [ces pays arabes] condamnent Israël, ils le font avec faiblesse, parce qu’ils entretiennent des relations avec lui, alors qu’ils voudraient que personne n’en sache rien… Si [ces pays] avaient déclaré leurs relations ouvertement, cela aurait été beaucoup mieux, parce qu’ils auraient au moins pu s’adresser à l’ennemi et lui exprimer leurs critiques et leurs condamnations, même si cela n’était pas très sérieux…

Toutefois, du fait qu’ils dissimulent ces relations, aucun d’eux n’ose menacer [Israël], même à des fins purement domestiques, de rompre ou de suspendre ces relations.

Dans son éditorial hebdomadaire du 2 août 2017 publié dans le quotidien saoudienAl-Madina, Mohammed Arif critique les pays arabes qui entretiennent des relations avec Israël tout en niant ce fait, et les appelle à être honnêtes à ce sujet, affirmant que la dissimulation mène à l’embarras. Il condamne les faibles réactions de ces pays après la fermeture de la mosquée Al-Aqsa aux fidèles musulmans (suite à l’attentat du 14 juillet 2017 qui avait causé la mort de deux policiers israéliens) et leur incapacité à prendre des mesures tangibles contre Israël. Il tourne en ridicule leur interdiction du film américain Wonder Woman car l’actrice principale est israélienne, observant que cela ne risque pas d’empêcher Israël de “nuire à Al-Aqsa”. Il ajoute que le maintien de relations ouvertes avec Israël permettrait au moins à ces pays de critiquer ouvertement Israël.

Les critiques formulées par Arif viseraient apparemment le Qatar en premier lieu, dans le cadre de la crise actuelle des relations entre ce pays et l’Arabie saoudite et des accusations mutuelles dans les médias des deux pays.[1] Extraits : [2]

Je me souviens qu’il y a de nombreuses années, lorsque le Viagra est apparu pour la première fois sur le marché et que les hommes étaient fascinés, un de mes amis m’a raconté [une anecdote] : il visitait avec des amis un pays voisin et a vu la pilule bleue, mais il avait honte de l’acheter devant les autres, jusqu’à ce qu’ils se disent [finalement] : « Vas-y, achètes-en et n’aie pas honte par rapport à moi ». Mais malgré cela, aucun d’eux ne voulait en acheter devant les autres. Peu de temps après, ils se sont rencontrés dans un événement social, et ont compris que certains d’entre eux avaient commencé à utiliser le Viagra, mais ne voulaient toujours par le reconnaître ouvertement.

Je me suis récemment souvenu de cette histoire lorsqu’il m’est apparu de manière évidente que certains [pays] arabes maintiennent des relations avec Israël mais le nient, alors que ces relations peuvent difficilement être niées, au vu de l’existence d’ambassades et de visites mutuelles [qui se déroulent] aux yeux de tous. Ceux qui nient ces relations en dépit de leur existence ressemblent à quelqu’un qui prendrait du Viagra en secret et voudrait que personne ne le sache, car il craindrait que cela amoindrisse sa virilité et voudrait conserver son image virile aux yeux de ses voisins et amis.

Nous ne cessons d’entendre des slogans vides de sens et des condamnations creuses de [ces pays], chaque fois qu’il se produit quelque chose dans les territoires occupés, comme la récente attaque contre la mosquée Al-Aqsa, la profanation de sa sainteté, le meurtre et l’expulsion des fidèles et l’installation de détecteurs de métaux à ses portes, et face à la fermeture totale [de la mosquée] pendant deux jours, chose qui ne s’est jamais produite depuis un demi-siècle. Chaque fois qu’une chose de ce genre se produit, nous entendons de faibles condamnations, ou bien nous assistons à des mesures ridicules ou même risibles.

[Ainsi], nous avons entendu sur certaines chaînes satellite qu’un pays arabe [le Qatar] avait interdit la diffusion dans ses cinémas d’un nouveau film américain à succès, intitulé Wonder Woman, parce qu’une des actrices est israélienne. [Cela constitue] une véritable gifle au visage d’Israël ! Cela va certainement inciter Israël à cesser ses mesures répressives et ses atteintes aux lieux saints de l’islam, et avant tout à la mosquée Al-Aqsa. Par Allah, quel grand dommage causé à l’Etat sioniste par l’interdiction d’un film américain mettant en vedette une actrice israélienne ! Ces décisions dénuées de toute valeur ne privent-elles pas de tout sens la virilité ?

Lorsque [ces pays arabes] condamnent Israël, ils le font avec faiblesse, parce qu’ils entretiennent des relations avec lui, alors qu’ils voudraient que personne n’en sache rien… Si [ces pays] avaient déclaré leurs relations ouvertement, cela aurait été beaucoup mieux, parce qu’ils auraient au moins pu s’adresser à l’ennemi et lui exprimer leurs critiques et leurs condamnations, même si cela n’était pas très sérieux…

Toutefois, du fait qu’ils dissimulent ces relations, aucun d’eux n’ose menacer [Israël], même à des fins purement domestiques, de rompre ou de suspendre ces relations.

 

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:21

L’ancien membre de la CPI Hadi Shalouf : Les peuples arabes ne sont pas préparés à la démocratie ; nous vivons à l’âge des ténèbres

 

S’exprimant lors du talk-show « Directions opposées » sur la chaîne Al-Jazeera, le 11 juillet 2017, l’expatrié libyen Hadi Shalouf, ancien membre de la CPI (Cour pénale internationale), a déclaré que les peuples arabes ne sont pas habitués à la démocratie et qu’ils n’y sont pas préparés. Le second invité de l’émission, le journaliste syrien Khalil Al-Miqdad, a affirmé que de nombreux dirigeants arabes ont des racines étrangères et que l’invasion américaine de l’Irak était un complot. « Selon la Torah, le judaïsme et le choc des civilisations, Israël ne peut survivre que si l’Irak cesse d’exister », a-t-il déclaré. 

Dr Shalouf a répondu que le problème vient des peuples arabes et que les crises internes qui frappent le monde arabe sont des produits locaux et non étrangers. « Nous vivons à l’âge des ténèbres », a-t-il dit. « Nos peuples ont besoin d’une longue période pour se réveiller de leur sommeil et poser les fondements [de la démocratie]. » Extraits : 

Hadi Shalouf : Depuis des décennies, nous exigeons un changement de ces régimes dictatoriaux. En tant que membres des mouvements d’opposition arabes à l’étranger, nous pensions que le problème venait des dirigeants [arabes]. Mais dès que les révolutions en Tunisie, en Libye et en Egypte ont triomphé, nous avons compris que, malheureusement, ce n’était pas les régimes en eux-mêmes qui étaient directement responsables [des problèmes]. Ce sont les peuples [arabes] qui ont aidé à créer ces régimes, dès le premier jour. Ces régimes ne sont rien d’autre que les produits de ces peuples. […]

Je pense que la révolution libyenne n’aurait pas abouti si l’Occident n’avait pas aidé le peuple libyen. Nous savons parfaitement que la marine américaine a tiré au moins 115 missiles Tomahawk et que les armées de l’air française, italienne et allemande ont aidé à libérer la Libye d’un régime qui imposait son pouvoir avec injustice et tyrannie depuis 42 ans. Ce qui s’est passé est que les gens qui sont alors arrivés [au pouvoir] n’étaient pas préparés à diriger ces pays. Au contraire, la situation est devenue pire qu’avant [le Printemps arabe]. [Les nouveaux dirigeants] étaient des voleurs et des criminels, venus pour voler les pays et les propulser dans des guerres internes. C’est ce qui est arrivé au bout du compte aux pays [du Printemps arabe]. 

Animateur : Vous affirmez donc que les guerres internes que nous voyons aujourd’hui au Yémen, en Libye, en Tunisie et en Syrie sont des produits locaux, et non étrangers ? 

Hadi Shalouf : Absolument. Les prisonniers qui passent une longue période derrière des barreaux – 20, 30 ou 40 ans – préfèrent retourner en prison, plutôt que de vivre à l’extérieur. Certains [prisonniers libérés] se sont même suicidés. […] 

Animateur : En quoi cela s’applique-t-il aux peuples ? 

Hadi Shalouf : Les peuples [arabes] ne sont certainement pas prêts pour la démocratie et n’y sont pas habitués. Les Ottomans nous ont gouvernés pendant 400 ans. Ensuite, le colonialisme occidental nous a dominés pendant 40 à 50 ans, ou 130 en Algérie. Les peuples [arabes] ne sont pas conséquent pas préparés à la démocratie. C’est la raison de l’échec du Printemps arabe. Les [puissances] étrangères n’étaient pas impliquées, mais même si elles étaient impliquées, elles étaient soutenues par les gens qui sont arrivés au pouvoir. 

Animateur : Ce sont donc les peuples [arabes] qui sont la racine du problème ? 

Hadi Shalouf : Sans aucun doute. 

Khalil Al-Miqdad : Nombre de nos dirigeants sont étrangers à notre nation, et nous ignorons leurs origines. Qui est Kadhafi ? Pouvez-vous me le dire ? Nous avons découvert que sa tante était juive. Qui était Hafez Al-Assad [« le Lion »], ou Hafez Al-Wahsh [« la Bête »], ou peu importe ? D’où est-il venu ? Certains disent d’Iran, et d’autres disent du Kurdistan. Un chercheur kurde affirme qu’il est du Kurdistan. Je ne veux pas m’étendre sur le sujet, mais le système occidental… Dick Cheney, après la guerre irakienne… 

Animateur : L’ancien secrétaire de la Défense américain… 

Khalil Al-Miqdad : Le vice-président de Bush… Après l’invasion américaine de l’Irak, il a parlé à Ariel Sharon, et a dit : « Les Etats-Unis ont envahi l’Irak, d’abord et avant tout dans l’intérêt d’Israël. » Selon la Torah, le judaïsme et le choc des civilisations, Israël ne peut survivre que si l’Irak cesse d’exister. 

Animateur : D’ailleurs, après que les tanks américains sont entrés dans l’ouest de Bagdad, lorsque les Etats-Unis ont envahi l’Irak, l’ancien président américain George Bush a appelé Sharon et lui a dit : « Nous avons éradiqué le danger qui menaçait Israël. Nous sommes à présent dans l’ouest de l’Irak. » Ceci est enregistré. […] 

Hadi Shalouf : Qui a envahi le Koweït ? Qui a utilisé des gaz toxiques contre son propre peuple ? Qui a déclaré la guerre contre un pays musulman limitrophe ? C’était Saddam Hussein. Saddam Hussein a provoqué la destruction de l’Irak. Qui a provoqué la destruction de la Libye ? Kadhafi. Nous avons demandé à Kadhafi de se retirer pacifiquement, mais il a refusé, donc… 

Animateur : Qui a détruit la Syrie ? 

Hadi Shalouf : Bachar Al-Assad a détruit la Syrie, car il ne voulait pas se retirer. Mais les peuples [arabes] n’étaient pas prêts, ils se sont divisés en communautés et en partis, et ont commencé à demander de l’aide de tous les autres pays. Ainsi, il ne s’agit pas seulement du régime de Bachar Al-Assad. Nous voyons ce qui arrive en Syrie aujourd’hui. Nous voyons des groupes qui se livrent bataille pour [obtenir] l’aide de tous les pays du monde. Ils ont commencé à demander de l’aide, exactement comme les Palestiniens. Les Palestiniens ont perdu leur cause car ils ont demandé de l’aide. C’est ce qui arrive aux peuples arabes. 

Animateur : Ils se sont vendus aux autres pays.

Hadi Shalouf : Oui. Une conférence s’est tenue en 2001, lorsque l’argent des organisations musulmanes a été confisqué. Les Palestiniens ont demandé à l’Union européenne et à toutes les organisations internationales de suspendre l’aide, car elle n’atteignait pas les Palestiniens. Ainsi, le problème vient des peuples [arabes]. Ils ne sont pas habitués à la démocratie, et ils ne s’y habitueront pas. Nous avons besoin d’une longue période. Nous vivons à l’âge des ténèbres. Aujourd’hui nous sommes en 1438 AH, qui ressemble en tous points à l’an 1438 EC en Europe. Nous vivons au Moyen Ȃge… 

Animateur : A l’âge des ténèbres. 

Hadi Shalouf : Exactement. C’est la phase que nous traversons aujourd’hui. Nos peuples ont besoin d’une longue période pour se réveiller de leur sommeil et jeter les bases [de la démocratie].

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 05:10

Le slogan des camps d’été du Hamas cette année : “Marcher sur Jérusalem” ; leur objectif : former la génération qui libérera la Palestine et Jérusalem

 

Les camps d’été du Hamas dans la bande de Gaza, dont le slogan cette année était “Marcher sur Jérusalem, » [1] ont ouvert le 9 juillet 2017. Quelque 120 000 enfants et adolescents y ont participé. Selon des officiels du Hamas, leur objectif est de former la génération « qui dirigera la campagne de la libération ».[2] En sus des cours de Coran, des activités de sport et de technologie, des jeux et loisirs, les camps comportaient également un endoctrinement et un entraînement militaire intensifs, y compris une formation au maniement des armes.[3]

Expliquant le slogan des camps, l’ancien ministre de l’Education du Hamas, Osama Al-Muzaini, a déclaré : « Jérusalem est le compas de la cause palestinienne et la question centrale du conflit avec l’occupant… Elle fait partie de la foi islamique, et sa libération est avant tout une obligation religieuse et ensuite seulement une obligation nationale. » Il a ajouté que l’objectif des camps était de « former la génération de la victoire et de la libération, qui aura l’honneur de libérer Jérusalem et de déraciner l’occupation ». [4]

De nombreux camps portaient des noms faisant allusion à Jérusalem et à Al-Aqsa, tels que “Nous sommes les gardiens des portes”, tandis que d’autres portaient les noms de « martyrs » palestiniens, comme « Muhannad Al-Halabi », terroriste qui a poignardé deux Israéliens dans la Vieille Ville de Jérusalem en octobre 2015, déclenchant l’Intifada Al-Quds [5] ou les “Martyrs de la zone orientale”.[6]

Logo des camps “Marcher sur Jérusalem” (Facebook.com/gazacamps, 4 juillet 2017)
Tiré de la page Facebook des camps d’été (Facebook.com/gazacamps, 4 août 2017)
Camp des Martyrs de la zone orientale (Facebook.com/gazacampnorth2017, 8 juillet 2017)

« Libérer » Al-Aqsa, glorifier les assaillants d’Al-Aqsa

La centralité de Jérusalem dans les programmes des camps d’été se manifeste dans de nombreuses activités focalisées sur Jérusalem, parmi lesquelles des marches, la construction de maquettes d’Al-Aqsa et du Dôme du Rocher, etc. La dernière tension autour d’Al-Aqsa se reflète également dans les activités telles que le jeu au cours duquel des participants aux camps habillés en combattants du Hamas jouent des scènes de conquête d’Al-Aqsa en triomphant de soldats israéliens qui posent des détecteurs de métaux aux portes de l’esplanade. Ont également eu lieu des activités glorifiant les trois terroristes, membres de la famille Jabarin d’Umm Al-Fahm, dont l’assassinat de deux policiers israéliens le 14 juillet a déclenché les récents troubles à Jérusalem.

Des participants aux camps jouent des scènes de violences sur l’esplanade d’Al-Aqsa, tirant sur des soldats israéliens et leur lançant des pierres (Alresalah.ps, 23 juillet 2017)
Des participants aux camps défilent avec une pancarte : “Procession célébrant l’opération des héros de Jérusalem” (Facebook.com/gazacampnorth2017, 17 juillet 2017)
Participants aux camps portant des portraits des tireurs d’Al-Aqsa (Facebook.com/gazacampnorth2017, 17 juillet 2017)
Maquettes d’Al-Aqsa et du Dôme du Rocher dans un camp au centre de Gaza, avec un panneau indiquant « Al-Aqsa est fermée [aux fidèles] » et portraits des trois assaillants, portant la légende « Géants de la Palestine, la troïka de l’héroïsme et du sacrifice » (Facebook.com/gazacamps, 18 juillet 2017)
Les participants au camp visitent une tente de deuil érigée en l’honneur des trois assaillants d’Al-Aqsa (Facebook.com/1224129750944433, 16 juillet 2017)
Jeu de « serpents et d’échelles » de style Hamas (Facebook.com/gazacamps, 13 juillet 2016) [7]
Participants au camp avec la maquette du Dôme du Rocher et la carte de la Palestine du fleuve à la mer intitulée « Palestine – nous n’oublions pas » (Facebook.com/gazacamps, 23 juillet 2017)

L’objectif des camps d’été : former la génération qui mènera la campagne de la libération

Le directeur du camp au nord de la bande de Gaza, Zaki Al-Sharif, a expliqué que leur objectif était de créer « une génération spéciale et consciente qui conduirait la campagne décisive de libération contre l’ennemi sioniste ». Il a ajouté que toutes les branches du Hamas partagent le désir d’inculquer dans l’esprit des jeunes la foi islamique et la doctrine militaire et de sécurité nationale et de consolider les principes fondamentaux palestiniens qui sont : « libérer les prisonniers, la destination du Voyage nocturne du Prophète [c.-à-d. Jérusalem] et le retour des réfugiés » [8].

Le chef de la commission des camps dans la bande de Gaza occidentale, Dr Naim Al-Baroud, a défini l’objectif des camps de cette année comme suit « inculquer la valeur de la résistance et de la libération de la Palestine, avec Jérusalem comme capitale ». [9] Lors de la cérémonie d’ouverture des camps, Dr Nasim Yasin, président adjoint de l’Association des cheikhs palestiniens à Gaza et membre de l’Union internationale des érudits musulmans, a souligné l’importance de l’éducation religieuse au nom de la libération de Jérusalem et de la Palestine : « La libération ne sera réalisée que par des jeunes éduqués dans les mosquées. La libération exige de former les générations. Nous élevons cette génération en nous fondant sur le Coran, afin qu’elle mène la mission qui lui est confiée, [y compris] le retour à Jérusalem, la destination du Voyage nocturne du Prophète [10]. » 

La formation au maniement des armes Comme indiqué, les camps ont également offert un entraînement à la manipulation des armes.

Cours sur les types de munitions à Jabalya (Facebook.com/gazacampnorth2017, 17 juillet 2017)
Classe de montage d’armes à Beit Lahiya (Facebook.com/gazacampnorth2017, 18 juillet 2017)
Entraînement au maniement des armes au camp dirigé par la « Faction islamique » de l’Union des étudiants du Hamas (Facebook.com/gazacampnorth2017, 23 juillet 2017)
Entraînement au maniement du fusil au camp des Chevaliers de Palestine à l’est de Gaza (Facebook.com/gazacamps ; facebook.com/JMAHIRIALRJ, 26 juillet 2017)
Entraînement au maniement du fusil au camp des Chevaliers de Palestine à l’est de Gaza (Facebook.com/gazacamps; facebook.com/JMAHIRIALRJ, 26 juillet 2017)

Les officiels du Hamas visitent les camps

Le Hamas attribue une grande importance aux camps. Ses officiels les visitent et prononcent des discours lors de leurs cérémonies d’ouverture et de remise des diplômes. Cet été, les discours ont souligné les valeurs du djihad, de la libération de la Palestine et de Jérusalem, de la libération des prisonniers palestiniens et du retour des réfugiés. La cérémonie d’ouverture centrale des camps s’est tenue devant le domicile du chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniya, dans le camp de réfugiés d’Al-Shati. Dr Nasim Yasin a déclaré lors de la cérémonie qu’il est important de tenir la cérémonie centrale dans ce camp de réfugiés, car c’est le « camp des martyrs ». Les campeurs ont remis à Haniya une clé représentant le retour des réfugiés et le « retour à Jérusalem ». [11]

Cérémonie d’ouverture des camps devant le domicile d’Ismail Haniya

L’officiel du Hamas Moushir Al-Masri a visité le camp de Beit Lahiya et salué « le rôle joué par les jeunes dans la libération de la patrie, dans la ténacité, le respect de la foi et la préservation des valeurs morales ». [12] Le membre du bureau politique du Hamas Fathi Hammad a assisté à la cérémonie de remise des diplômes du camp des Chevaliers de la Palestine à Deir Al-Balah, où il a loué le « Murabitin et la Murabitat victorieux » [13] qui, dit-il, « sont entrés dans les portes d’Al-Aqsa en criant ‘Allah Akbar’, défiant tous les efforts de l’ennemi ». Il a ajouté : « La victoire du Murabitin à Al-Aqsa est une victoire de la volonté palestinienne et du peuple palestinien menant le djihad » [14].

L’officiel du Hamas Dhiab Al-Jarou a déclaré lors de la cérémonie : « Les camps d’été des Chevaliers de la Palestine transmettent un message précieux au peuple palestinien sur la formation de la génération de la libération et du djihad… Ces jeunes sont l’espoir de la nation musulmane et arabe, qui tient à suivre la voie du djihad et de la résistance jusqu’à [obtenir] la libération l’occupation israélienne. » S’adressant aux campeurs, Al-Jarou a ajouté : « Vous devez bien vous préparer pour libérer les prisonniers, la destination du Voyage nocturne du [prophète] Mohammed [Jérusalem] et les lieux saints de la souillure des Juif. » [15]

L’officiel du Hamas Dhiab Al-Jarou s’exprime lors de la cérémonie (Facebook.com/deir.press, 25 juillet 2017)

Un camp nommé d’après le slogan des Frères musulmans

L’un des camps de Jabalya, organisé par le Syndicat des étudiants « Faction islamique » du Hamas, a été nommé « Wa-Aidid », [« Et préparez »], l’un des slogans des Frères musulmans [16]. Fait intéressant, car sur la Feuille de route publiée par le Hamas il y a plusieurs mois, il n’était délibérément pas mentionné que le Hamas est une branche des Frères musulmans (contrairement à la Charte du Hamas, qui le stipule explicitement). [17]

Un participant au camp de la Faction islamique des « Chevaliers de la Palestine » porte une pancarte avec le nom du camp, « Wa-aidu » (« Et préparez ») (Facebook.com/gazacampnorth2017, 23 juillet 2017) 
Logo des Frères musulmans portant le slogan « Wa-aidu »

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Allusion au slogan de Yasser Arafat : « Des millions de martyrs marchent sur Jérusalem », bien qu’il ait utilisé un verbe différent de celui des camps d’été.

[2] Alresalah.ps, 23 juillet 2017.

[3] En matière d’entraînement militaire et aux armes dans les précédents camps d’été du Hamas, voir par exemple, MEMRI en français Les camps d’été du Hamas à Gaza forment les jeunes à la guerre et leur insufflent l’esprit du djihad, 4 août 2016 ; Dépêche spéciale n ° 5778, « Hamas Summer Camps: Liberating Palestine With Rockets, Rifles, And Pistols, » 24 juin 2014.

[4] Felesteen.ps, 8 juillet 2017.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 14:24

Un analyste politique chevronné d’Al-Jazeera suggère que le président Trump aurait été soudoyé pour adopter des positions pro-saoudiennes et anti-Qatar

 

Au plus fort de la crise entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte d’une part et le Qatar d’autre part, l’analyste chevronné d’Al-Jazeera, Marwan Bishara, a suggéré dans un éditorial publié le 26 juillet 2017 sur Aljazeera.com, sous le titre “Quelle est la signification véritable de la confrontation Qatar-CCG ?” que le président américain Trump aurait été “soudoyé” ou “trompé” par les Saoudiens afin de l’inciter à adopter une position pro-saoudienne et anti-Qatar dans la crise, ou qu’il serait leur “complice”.

Les récentes déclarations de Trump, affirme-t-il, “ont surpris les amis et les ennemis des Etats-Unis”. En effet, après avoir prétendu pendant longtemps que “l’Arabie saoudite déteste  l’Amérique et qu’elle est derrière le 11 septembre”, Trump la considère à présent comme « le fondement de la sécurité régionale et de la modération, le meilleur ami de l’Amérique et le principal allié dans la ‘guerre contre le terrorisme’” – tout en se mettant à “accuser Doha de soutenir le terrorisme”, peu de temps après avoir “qualifié le Qatar de partenaire stratégique crucial”.

Après avoir abordé l’attitude du Qatar, qu’il considère comme parfaitement justifiée, Bishara conclut que Trump « a permis à Riyad de prendre des mesures draconiennes contre le Qatar, même une fois que leurs prétextes se soient clairement révélés erronés et que leurs conséquences, voulues ou non, ont conduit à une grave escalade et instabilité dans la région ». Puisqu’il ne s’agit clairement « pas de l’attitude du Qatar », s’interroge-t-il, « quelle est la signification de la crise et pourquoi Trump l’a-t-il envenimée? »

Dans la suite de son article, sous le sous-titre “Trompé, corrompu ou complice”, Bishara suggère qu’un “reproche que Trump peut nourrir envers le Qatar” est qu’à la “différence des Emiratis et des Saoudiens, qui ont investi dans ses biens et qui lui ont accordé des concessions généreuses, le [Qatar] ne lui a octroyé aucun avantage”. Il observe que “pendant sa campagne, Trump se vantait d’aimer les Saoudiens qui ont acheté pour 40 millions de dollars d’appartements dans ses tours”, et affirme que le président américain a tendance à “placer l’argent au-dessus des principes”.

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, ajoute-t-il, “a été ‘mystifié’ par l’escalade soudaine et a pris l’initiative de la Maison Blanche de s’en prendre à l’Arabie saoudite et aux EAU, en raison de leur procrastination et de leur manque de sérieux dans l’articulation de leurs griefs et la présentation de leurs exigences au Qatar. Il a également mis en doute les motivations expliquant la crise, soutenant qu’ils avaient fabriqué de toutes pièces la crise avec le Qatar pour régler des griefs anciens qui n’avaient rien à voir avec le terrorisme ou la sécurité. »

Observant que ces mesures “noires, répressives et réactionnaires” s’ajoutent à l’ouverture de la Maison Blanche envers les “voyous, dictateurs et hommes forts” arabes, Bishara affirme que cela se fait “aux dépens de leurs peuples et afin de promouvoir l’ordre du jour pro-israélien, anti-iranien et anti-islamiste de Trump dans la région”.

En conclusion, Bishara assure ses lecteurs que « si les responsables de la politique étrangère aux Etats-Unis et en Europe ne freinent pas la présidence de Trump », il y aura « plus de chaos et de conflits régionaux » qui nuiront à la sécurité en Occident également.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 14:16

L’ancien ambassadeur de Russie aux États-Unis : l’Amérique est mentalement atteinte

 

L’ancien ambassadeur de Russie aux États-Unis, Sergey Kislyak, a déclaré que ses communications avec l’ancien conseiller du président américain Donald Trump en matière de sécurité nationale, Michael Flynn, portaient sur « les questions les plus simples » et qu’il ne témoignerait pas devant le Congrès s’il était convoqué. Il a ajouté que l’attitude suspicieuse des Etats-Unis à l’égard des Russes ethniques y résidant, comme le reflètent les commentaires de CNN, signifie que le pays est « mentalement atteint ». Il s’exprimait le 5 août 2017 sur la chaîne télévisée Russia 24. Extraits :

Animateur : Les nouvelles de la semaine sont qu’un grand jury est convoqué aux Etats-Unis afin d’enquêter sur les liens de Donald Trump avec le Kremlin. Ils affirment que le grand jury est la dernière phase de l’enquête. Ils affirment également que le grand jury convoque des témoins pour un interrogatoire. Avez-vous reçu une convocation de ce type ? 

Sergey Kislyak : Non. En réalité, je pense que l’ensemble du processus est artificiel. On se rappellera de cela comme faisant partie de la vie politique américaine, qui se noie dans un interrogatoire ou dans de fausses informations, et qui perd son temps en s’occupant d’affaires d’importance secondaire pour les Américains qui mènent des vies normales.

Animateur : Mais si, en toute hypothèse, vous receviez une telle convocation ? Témoigneriez-vous devant le Congrès ? 

Sergey Kislyak : Bien sûr que non. Je ne témoignerai ni ne comparaîtrai que devant le parlement russe. […] 

Animateur : Pourriez-vous nous révéler de quoi vous vous êtes entretenu [avec Michael Flynn] ? 

Sergey Kislyak : Nous avons évoqué les problèmes les plus simples. Quelques questions sont cruciales pour la coopération entre la Russie et les Etats-Unis. D’abord : le terrorisme. C’était l’un des problèmes soulevés. Mais la communication entre nous était bonne, calme et tout à fait transparente. Aucun secret n’a été [révélé], du moins de notre côté. 

Animateur : Vous êtes-vous entretenus au téléphone, ou était-ce une rencontre de vive voix ? 

Sergey Kislyak : Vous savez, je ne suis pas venu ici pour témoigner. […] Laissez-moi vous dire, lorsque j’ai quitté [mes fonctions], même les réunions protocolaires étaient bien moins agréables que je m’y attendais. Je ne prends pas cela personnellement. C’est en raison de l’atmosphère nocive qui s’est créée autour de nous, autour de l’ambassade, et autour des Russes en général. J’ai été sidéré lorsque j’ai regardé les commentateurs sur CNN dire, concernant les enquêtes, qu’il existe un nouveau danger, auquel il faut prêter attention : les Russes ethniques aux Etats-Unis. Lorsque les gens s’abaissent à cela, cela signifie que le pays est mentalement atteint.

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 20:15

Un combattant australien de l’EI exhorte les « monothéistes en Australie » à mener des attentats au « pays des croisés » et à rejoindre l’EI aux Philippines

Dans une vidéo mise en ligne le 7 août 2017 par Al-Hayat, un organe des médias de l’Etat islamique, l’Australien Abu Adam Al-Australi exhorte les musulmans australiens à mener des attaques dans « le pays des croisés », ou à rejoindre les Philippines pour combattre le gouvernement, s’ils ne peuvent se rendre en Syrie.

Dans cette vidéo, intitulée « Inside The Khilafah – 2 » [A l’intérieur du Califat] et diffusée sur différents comptes Twitter et Telegram pro-EI, Al-Australi s’adresse aux « monothéistes » en Australie et déclare : « Si vous ne parvenez pas à faire lahijra [immigration vers le Califat], semez la terreur parmi les kuffars [infidèles] et punissez-les pour leurs crimes contre les musulmans. Faites du pays des croisés votre champ de bataille. Ce sont des frontières de la guerre. Les défenseurs de la croix n’ont aucune alliance de protection, alors, tuez-les partout où vous les trouverez. »

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 12:36

Le conflit autour du tafkir secoue l’Etat islamique

 

Alors même que l’Etat islamique est impliqué dans des combats difficiles en Irak et en Syrie, ses organes officiels, ses cheikhs et ses partisans sont engagés dans un virulent conflit interne sur des questions théologiques. Selon certaines indications, les dirigeants de l’EI auraient adopté une conception plus stricte sur la question du tafkir – les accusations d’hérésie et d’incroyance prononcées envers d’autres musulmans – et des cheikhs haut placés de l’EI, ainsi qu’un grand nombre de ses partisans, désapprouveraient ce changement. Le tafkir est une question essentielle, car en islam, l’hérésie est passible de mort. C’est pourquoi le tafkirconstitue une autorisation religieuse de cibler et de tuer une personne.

Ce changement apparaît dans un mémorandum publié le 17 mai 2017 par le conseil exécutif de l’organisation, la “Commission déléguée”, qui a réitéré l’engagement de l’EI concernant le tafkir. Selon ce mémo, le tafkir est un pilier fondamental de l’islam, étant aussi, voire plus important que les obligations de base telles que la prière. Le mémo adopte une position radicale concernant le statut collectif des citoyens des pays musulmans, en mettant en doute le fait qu’ils soient considérés comme de vrais musulmans.

La Commission déléguée a également retiré des manuels de théologie des camps d’entraînement et instituts religieux, manifestement afin de les corriger et de les adapter à la nouvelle ligne théologique. En outre, le journal officiel de l’EI a attaqué un ancien dirigeant d’Al-Qaïda, autrefois encensé par ni plus ni moins que le dirigeant de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi lui-même, considéré par les partisans de l’EI comme un autre exemple de la nouvelle ligne, plus dure, de l’organisation.

Le changement apparent de la position officielle de l’organisation sur le tafkir a attiré des critiques de la part des religieux de l’EI, y compris de son grand mufti. Ils ont critiqué le mémorandum de la Commission déléguée, observant que la direction de l’EI s’était pliée aux exigences des éléments extrémistes au sein de l’organisation et contredisait ses anciennes conceptions. Les partisans en ligne de l’EI sont également descendus dans l’arène. Certains ont fait écho aux critiques des religieux contre le mémo de la Commission déléguée et sa nouvelle position sur le tafkir, allant jusqu’à suggérer que la commission, ou les organes médiatiques officiels de l’EI, avaient été infiltrés par des extrémistes. D’autres ont rejeté les critiques avec véhémence, observant que les membres de l’EI et ses partisans étaient dans l’obligation de se soumettre à la Commission déléguée et d’accepter ses opinions. Ils ont rejeté les accusations d’infiltration et suggéré que les critiques étaient des traîtres et des infiltrés eux-mêmes.

Un catalyseur probable de ce changement est le défi constant posé à l’EI par un camp réduit mais bruyant de jusqu’au-boutistes, qui considèrent son idéologie officielle comme n’étant pas assez radicale. Certains d’entre eux, qui ont quitté l’EI en raison de ces divergences, ont été jusqu’à accuser ses dirigeants, y compris Al-Baghdadi, d’hérésie. L’EI s’est débarrassé de nombreux membres de ce camp dans le passé, et des informations récentes ont fait état d’une nouvelle vague d’exécutions d’extrémistes.[1] Toutefois, des éléments de ce camp sont toujours présents au sein de l’EI ou dans son orbite, et leurs opinions semblent avoir une certaine influence au sein des dirigeants de l’organisation.

 

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Pimprenelle Pourprée

  • : Regard d'un Ecrivain sur le Monde
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  • : Cherchant les points communs entre les peuples, les nations et les religions pour creer un monde meilleur...et une paix durable.
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  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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