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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 20:04

Theodor Herzl kidnappe son père, l’attache dans un donjon et révèle un complot pour transférer les Juifs en Palestine (extrait de la série télévisée turque « Sultan Abdülhamid »)

 

La série télévisée turque « Sultan Abdülhamid » porte sur le dernier dirigeant ottoman et ses tentatives pour déjouer une série de complots fomentés par le dirigeant sioniste Herzl et un groupe de conspirateurs multinationaux. Dans le premier épisode, diffusé le 24 février 2017, les téléspectateurs apprennent qu’Herzl a enlevé son père. Jakob Herzl – dans la série le véritable auteur du livre « L’Etat juif » – ne soutient plus les desseins de son fils. C’est ainsi qu’il se retrouve enchaîné à un lit dans sa cave de Vienne, transformée en donjon. La cave, éclairée par un chandelier juif, est également utilisée par son fils pour ses prières et rites religieux. Theodor Herzl révèle, dans une conversation avec son père enlevé, son plan pour détourner de sa destination le chemin de fer du Hedjaz qui sert à transporter les Juifs européens en Palestine. À la fin de l’épisode, Jakob Herzl parvient à s’échapper. Un épisode par semaine est diffusé sur la chaîne de télévision turque TRT. Extraits :

Theodor Herzl : « Écoute, Israël : L’Éternel est ton Dieu, l’Eternel est Un. Tu aimeras l’Eternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

Père, aujourd’hui, j’ai fait le premier pas vers la réalisation de mon rêve. Bien évidemment, ce n’est pas seulement mon rêve, mais le rêve de tous nos frères juifs. Ils auront eux aussi une patrie. Ils gagneront les terres bénies de Jérusalem, les eaux déferlantes du Nil et la douceur impressionnante de l’Euphrate. Le Messie viendra et reconstruira le Temple de Salomon, père. J’ai fomenté un merveilleux plan. Le chemin de fer dont le sultan pense qu’il rejoint La Mecque transportera en réalité les Juifs vers leur terre. Mes serviteurs prendront le contrôle du chemin de fer dans quelques jours. J’aimerais avoir votre soutien à vous aussi. J’aimerais que vous ayez confiance en votre fils, qui vous aime tellement.

Le père de Herzl apparaît, attaché au mur.

Le père de Herzl : J’ai eu beaucoup de disputes avec ta mère. Sais-tu pourquoi ? Parce que j’avais du mal à croire que tu étais mon fils. Un infidèle comme toi ne pouvait être mon fils.

Theodor Herzl : L’infidèle, c’est vous. C’est vous qui avez trahi notre Dieu et nos idéaux.

Le père de Herzl : Je ne crois pas aux dieux qui parlent quand ils le veulent, profèrent autant de menaces qu’ils le souhaitent et autorisent le meurtre pour libérer tous les Juifs. Je crois en Jéhovah. Le Dieu auquel je crois est miséricordieux et te commande d’honorer ton père et ta mère, et de ne pas tuer.

Ne fuis pas, Theodor. Ne fuis pas. L’État d’Israël n’a pas été promis par Dieu. […]

Theodor Herzl : Permettez-moi de vous poser une question. Le commandement « Tu ne tueras point » dans la Torah, s’applique-t-il à tout le monde et en toutes circonstances ? Votre fils va tuer un empereur aujourd’hui, mais cela conduira à la libération de tous les Juifs. Songez à cela, puis répondez-moi. Considérez-vous cela comme interdit ?

Le père de Herzl : Mon fils, l’infidèle le plus dangereux est celui qui prend ce que Dieu a défini comme interdit et essaie de le rendre permissible, en utilisant le nom du Seigneur. […]

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 20:01

L’imam de Copenhague Mundhir Abdallah : nous anéantirons Israël ; les attentats sont commis par les victimes désespérées des atrocités occidentales

 


 

L’imam Mundhir Abdallah de Copenhague a tenu une « réunion politique ouverte » à la mosquée Al-Farouq le 16 mai 2017, dans laquelle il a accusé les États-Unis et l’Occident en général de commettre des atrocités dans les pays musulmans, semant ainsi les graines des attentats commis en Occident. L’imam Abdallah a écarté les critiques émises contre lui suite à un sermon antisémite (voir MEMRI en français : Sermon du vendredi à Copenhague : Le prédicateur cite un hadith antisémite et affirme : bientôt un Califat déracinera l’entité juive colonialiste et croisée) et maintenu que dès que les musulmans retrouveront le pouvoir, ils « effaceront » et « anéantiront » Israël et toutes les bases américaines de la région. Il a déclaré que les Occidentaux étaient comme des « machines », vivant dans une culture de sida, de drogue, d’homosexualité et de contrôle colonialiste des richesses. L’imam Abdallah a diffusé son intervention sur sa chaîne YouTube personnelle. Extraits :

Mundhir Abdallah : Ce n’est pas un secret qu’aujourd’hui l’islam et les musulmans sont victimes de la plus féroce campagne croisée. Aujourd’hui, l’Occident mène une guerre totale contre l’islam et les musulmans. […]

[Les États-Unis] parrainent ce criminel [Bachar Al-Assad], qui perpètre d’ignominieuses atrocités d’une dimension historique contre l’humanité. Puis apparaît Trump, qui parle de combattre le terrorisme islamique. Quel terrorisme islamique ? Quel terrorisme islamique ? Vous parlez d’individus et groupes désespérés, qui se sont enracinés dans l’environnement barbare que vous avez vous-mêmes créé en Irak. L’Amérique a créé un environnement barbare. C’est l’Amérique qui a planté les graines du communautarisme et de la guerre civile, et qui s’évertue à diviser l’Irak. C’est l’Amérique qui a déchiqueté la société irakienne. […] Ici en Occident – en Europe, en Amérique et ailleurs – la campagne contre les musulmans n’est pas moins féroce et éhontée. Elle révèle le visage hideux de l’Occident. Je ne parle pas des gens simples au Danemark, en Grande-Bretagne ou en Amérique. Ces gens simples sont victimes du système capitaliste. Ils ont été réduits en poussière et asservis par le système capitaliste.

Le système capitaliste les a inondés des notions de liberté, qui les ont conduits à la décomposition, à la désintégration, à la déification de l’individu et à la tyrannie des valeurs matérialistes, et les ont transformés en machines. Même si un homme travaille dix heures par jour, il ne peut subvenir aux besoins de sa famille. La femme doit également travailler, et les enfants sont jetés en garderie. Ils passent beaucoup plus de temps avec la jardinière d’enfants qu’avec leur mère. Aucune relation chaleureuse ne se développe, et la famille est déchiquetée. L’accent est mis sur l’individu au détriment des relations sociales. Ainsi grandit un individu malade, constamment dans le besoin d’assistance mentale. Il grandit et devient un déséquilibré. […]

Dans ce pays également, les musulmans sont soumis à des attaques incessantes. Les médias traitent l’islam de façon négative depuis des décennies, le présentant comme une religion terroriste, de meurtre, de criminalité et de violence. Leurs médias abjects dissimulent la grande vérité : les musulmans sont victimes de l’Occident et de son colonialisme. L’Occident les torture depuis plus de 200 ans, commettant des atrocités à leur encontre. […]

Leurs médias dissimulent ces atrocités, mais quand une personne perturbée – une épave mentale dont la famille a été massacrée par les couteaux du collaborateur américain Bachar, ou par les couteaux des collaborateurs américains communautaires des Unités de mobilisation populaire… Lorsqu’une telle personne ainsi massacrée, une victime mentalement perturbée par leurs crimes, mène une attaque perturbée et désespérée en France ou ailleurs… Cette attaque sans valeur ne bouleverse en aucun cas l’équilibre. Elle n’est pas un acte de représailles à l’agression et n’a pas pour objectif de soutenir la nation islamique. Au contraire, [l’attaque] sert [de prétexte] au massacre de] l’islam et des musulmans. Néanmoins, les médias la mettent sous les projecteurs, dépeignant tous les musulmans comme des terroristes insensibles et immoraux, alors que ce sont des victimes. […]

Au regard de ce conflit, lorsqu’ils viennent ici et nous musèlent, et nous tiennent responsables d’un mot que nous avons prononcé… Ils commettent des atrocités, des massacres et des violations dans nos pays, les envahissent à gauche, à droite et au centre, et soutiennent l’entité israélienne qui pille, commet des atrocités, tue le peuple de Palestine et torture ses fils et ses filles… Mais lorsque nous prononçons un seul mot de critique contre l’entité spoliatrice des Juifs ou contre la politique colonialiste occidentale dans nos pays, ou lorsque nous critiquons leur méprisable culture – la culture du sida, de la drogue, de l’homosexualité, de la décomposition familiale et du contrôle colonialiste de plus de 90 % des richesses du pays – ils recourent à une violence impitoyable dans les médias menteurs et abjects…

Cela m’est arrivé après mon sermon du vendredi sur l’Etat d’Israël et la nécessité de l’éradiquer. C’est un fait sur lequel il n’y a aucun doute ou hésitation. Nous allons effacer l’Etat d’Israël. L’Etat d’Israël n’est rien d’autre qu’une flèche occidentale, une base militaire occidentale. L’Etat d’Israël a été créé dans un moment de faiblesse, de désagrégation et de défaite musulmane. Ainsi, il est naturel, intuitif, historiquement logique et conforme à la foi et à la logique politique musulmane que dès que les musulmans reprendront le pouvoir, se libèreront des collaborateurs occidentaux, créeront leur Etat, reprendront leur marche et brandiront la bannière du prophète Mohammed… Dès que la nation islamique sera unie – d’Est en Ouest, de l’Indonésie jusqu’au Maroc… Avant même que le Califat n’atteigne l’Indonésie et le Maroc, l’Etat d’Israël sera oblitéré. Comment cet Etat étranger pourrait-il subsister ? Il cessera d’exister.

Les bases américaines au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Sinaï et ailleurs seront effacées et éliminées. Elles deviendront un butin pour les musulmans. Ce n’est que naturel et intuitif. La base aérienne d’Incirlik restera-t-elle intacte ? La base aérienne d’Incirlik ressemble à l’entité israélienne spoliatrice. […]

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 19:59

Un journaliste saoudien aux dirigeants palestiniens : Vous avez manqué plusieurs fois l’occasion de résoudre le conflit avec Israël ; l’heure de la paix avec Israël est venue

 

Dans son éditorial du 21 mai 2017, paru dans le quotidien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste saoudien Mashaal Al-Sudairi critique les dirigeants palestiniens. Selon lui, ces derniers ont laissé passer plusieurs occasions diplomatiques de résoudre le conflit avec Israël, et ont dans le même temps perdu des terres palestiniennes en Cisjordanie et causé la destruction de Gaza.

Dans un appel au nouveau chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, Al-Sudairi écrit que l’acceptation par le Hamas d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967 implique la reconnaissance d’Israël. En conséquence, le Hamas doit cesser les violences contre Israël, renoncer au slogan « La Palestine du fleuve [du Jourdain] à la mer [Méditerranée] » et lancer une initiative pour parvenir à l’unité inter-palestinienne. Et d’ajouter que la taille d’un pays n’est pas nécessairement une indication de sa prospérité et de sa réussite économique, et qu’il est grand temps pour les jeunes Palestiniens d’avoir une vie normale, à l’instar des jeunes gens du monde entier. D’après lui, le peuple palestinien tout entier mérite de « profiter de la vie dans des conditions pacifiques ». Extraits :[1]

http://memri.fr/wp-content/uploads/2017/05/soudairi.jpgMashaal Al-Sudairi (Source : Al-Sharq Al-Awsat, Londres, 21 mai 2017)

Certains dirigeants palestiniens, lorsqu’ils étaient au pouvoir, ont excellé dans deux éléments : la rhétorique et les occasions manquées. Ils se distinguent dans ces deux domaines depuis les années 1940 jusqu’au début du 21e siècle. En 1947, ils se sont opposés à la décision de partition [de l’ONU], alors qu’elle leur attribuait 49 % des terres de la Palestine ; ils ont accusé le [président égyptien] Gamal Abd Al-Nasser de trahison car il a accepté le Plan Rogers,[2] et plus tard, ils ont également accusé le [président égyptien] Anouar Al-Sadate de trahison car il avait signé l’accord de paix avec Israël à Camp David. Ces deux [présidents] ont du moins reconnu la réalité, et la [péninsule du] Sinaï a été intégralement restituée à l’Egypte.

L’une des occasions impardonnables manquées par les dirigeants palestiniens a été leur refus de s’asseoir dans le siège qui leur était destiné par Sadate à la table de négociations, derrière leur propre drapeau, à l’hôtel Mena House du Caire.[3] Il convient d’observer qu’à ce moment, aucune implantation n’existait en Cisjordanie, ni même une seule maison détruite à Gaza.

Après plusieurs décennies, lorsque la moitié de la région de Cisjordanie regorgeait d’implantations, ils [les Palestiniens] ont signé les Accords d’Oslo, qui se sont avérés par la suite dénués de valeur pour eux. [Cette situation] a-t-elle causé Septembre noir ? [4] A-t-elle déclenché la guerre civile qui a éclaté au Liban et fut-elle la raison pour laquelle Gaza a été détruite trois fois ?

Avec tout le respect que j’éprouve pour le chef [Ismail] Haniyeh, je lui dis : Lorsque vous avez établi [dans le nouveau document politique que les frontières de la Palestine sont les frontières] d’avant le 5 juin 1967, vous avez reconnu Israël implicitement et indirectement.[5] Par conséquent, désormais, vous ne pouvez plus lui lancer une seule pierre, sans parler de tirer un seul missile contre lui.

Je m’interroge alors sur la valeur de l’expression poétique et futile « la Palestine du fleuve à la mer », tant que Gaza est détachée de la Cisjordanie. La valeur et le sacrifice inciteront-ils le dirigeant Haniyeh à lancer une initiative historique et à consolider l’unité au sein de l’Etat palestinien, qui sera soutenue par les frères arabes et par le monde entier ?

Les jeunes Palestiniens méritent de vivre, d’espérer et de se comporter comme les jeunes des autres nations. Nous avons eu notre dose de douleur, d’oppression, d’idiotie et de débit de slogans extrémistes, qui ont éradiqué toute sagesse et nous ont dans le même temps [fait perdre] beaucoup de terres. Si le peuple palestinien pouvait profiter de la vie dans des conditions pacifiques, vous pourriez découvrir que c’est un peuple créatif, comme l’atteste le fait que le récipiendaire du prix du meilleur enseignant du monde est l’enseignante palestinienne Hanan Al-Hroub.[6]

Et si nous abordons l’aspect territorial de [l’Etat palestinien], [rappelons] que Singapour occupe une zone de seulement 710 km2 – à savoir, un neuvième de la région [combinée] de Cisjordanie et de Gaza. En outre, la population des deux pays [Singapour et les territoires palestiniens] est similaire – et pourtant, le revenu annuel de Singapour dépasse les 400 milliards de dollars – davantage que le revenu de chacun des Etats pétroliers… alors même qu’il ne dispose d’aucune ressource naturelle.

Lien vers l’article en anglais

Notes :
[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 21 mai 2017.
[2] Le Plan Rogers comprenait trois plans de paix entre Israël et l’Egypte et entre Israël et la Jordanie, présentés par le Secrétaire d’Etat américain William P. Rogers entre 1969 et 1971.
[3] Après la visite de Sadate en Israël, une conférence de paix s’est tenue à l’hôtel Mena House du Caire, le 14 décembre 1977 ; les participants incluaient des représentants d’Israël, de l’Egypte, des Etats-Unis et un observateur de l’ONU.
[4] Les affrontements de septembre 1970 entre l’armée jordanienne et les organisations armées palestiniennes affiliées à l’OLP qui se trouvaient à l’époque en Jordanie.
[5] Il convient d’observer le passage de la nouvelle feuille de route du Hamas concernant un Etat palestinien dans les frontières de 1967, qui atteste de manière ostensible de l’évolution pragmatique de l’organisation, est rédigé de telle manière qu’il est impossible de comprendre clairement si le Hamas accepte la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 ; il note seulement que le Hamas “considère [cela]… comme une formule nationale, convenue et acceptée conjointement » entre le Hamas, le Fatah et l’OLP. Il affirme : « Il n’y a aucun compromis sur une quelconque partie de la Palestine, sous aucune condition, en aucune circonstance, aussi longtemps que l’occupation devra se poursuivre. Le Hamas rejette toute alternative à la libération totale de la Palestine, du fleuve à la mer. » Il continue : « Dans le même temps – et cela ne signifie pas la reconnaissance de l’entité sioniste ni un compromis sur les droits des Palestiniens – le Hamas considère la création d’un Etat indépendant avec Jérusalem pour capitale dans les frontières du 4 juin 1967, et le retour des réfugiés et des personnes déracinées dans leurs foyers dont ils ont été expulsés, comme une formule nationale, convenue et acceptée conjointement. » Voir Palinfo.com, 1er mai 2017 et MEMRI en français Nouvelle feuille de route du Hamas : Un État palestinien dans les frontières de 1967, mais sans renoncer à lutte armée car la Palestine s’étend de la rivière à la mer, 10 mai 2017. En outre, il convient d’observer que la création d’un Etat dans les frontières de 1967, comme une « formule acceptée conjointement », n’est pas une nouvelle position du Hamas. Mashaal a fait de telles déclarations à plusieurs reprises par le passé, et l’ancien chef du Hamas Cheikh Yacine l’avait également évoquée. Cette position figure également dans les accords de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Le seul point nouveau à ce sujet, est que cette fois, c’est un document officiel, exprimant la position de l’ensemble de la direction du Hamas, qui a été approuvé par l’organe suprême du mouvement, le Conseil de la Choura.
[6] Une enseignante du camp de réfugiés de Dheheishe près de Bethléem, qui a développé une méthode pour atténuer la violence parmi ses élèves. En mars 2016, elle a reçu le premier prix d’un concours international d’enseignants.

 

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 19:58

Un responsable d’AQMI condamne la visite du président français Macron au Mali et exhorte les « lions de l’islam cachés » à tuer des ressortissants français

 

Dans le 50ème numéro d’Al-Masra, hebdomadaire pro-Al-Qaïda basé au Yémen diffusé le 24 mai 2017, figure un article d’Abi Abd Al-Ilah Ahmed, responsable religieux d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui condamne le président français Emmanuel Macron pour sa visite des troupes françaises stationnées à Gao, au Mali, et appelle les « lions et soldats cachés de l’islam » à mener des attentats en France et à viser les citoyens français.

Dans l’article, mis en ligne sur le compte officiel Telegram d’Al-Masra, l’auteur avance que l’atterrissage de Macron sur la base militaire française de Gao, plutôt que dans la capitale du Mali, Bamako, s’inscrit en faux contre les « traditions diplomatiques » et reflète « la vision des adorateurs de la croix ». Ahmed critique le discours de Macron, « hérité du dictionnaire du colonialisme ».

Après avoir qualifié la situation des soldats français au Mali de « peu enviable » en raison des attaques constantes des « lions de l’islam », l’auteur s’interroge : « Le peuple de France va-t-il se réveiller un jour et comprendre ce que ses politiciens corrompus font en son nom dans ce pays éloigné ? Les Français se demanderont-ils pourquoi leur pays est la cible principale des opérations djihadistes ? »

S’adressant aux « lions et aux soldats cachés de l’islam », l’auteur les exhorte à intensifier leurs attaques dans les villes françaises et à viser les Français afin qu’ils « goûtent à ce que leurs soldats occupants ont fait goûter aux [autres] pays ». Il leur enjoint ensuite de se préparer convenablement, de se montrer prudents et de rester déterminés « jusqu’à ce que le dernier soldat français quitte notre terre et jusqu’à ce que nous récupérions le dernier sou de notre richesse ».

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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 19:56

Tollé dans les pays du Golfe suite aux déclarations attribuées à l’émir du Qatar louant l’Iran, le Hezbollah, les Frères musulmans et le Hamas

 

Il y a plusieurs jours, une crise grave a éclaté entre le Qatar et plusieurs autres pays du Golfe, menés par l’Arabie saoudite, après la publication d’une information dont l’authenticité est incertaine sur le site web de l’agence de presse officielle qatarie QNA (Qatar News Agency). Cette information, mise en ligne sur le site le 23 mai 2017, présentait des déclarations attribuées à l’émir qatari, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, lors de la cérémonie d’ouverture en l’honneur des nouvelles recrues de la Garde nationale au Qatar. L’émir aurait vivement critiqué les Emirats arabes unis (EAU), l’Egypte, Bahreïn et l’Arabie saoudite, les accusant de mener une campagne diffamatoire à l’encontre du Qatar -visant à le faire passer pour un partisan du terrorisme – et ajouté que le véritable danger était celui posé par les pays ayant adopté une version extrémiste de l’islam.

L’émir aurait défendu le soutien de son pays aux Frères musulmans (FM), au Hamas, au Hezbollah et à l’Iran et critiqué la politique anti-iranienne des pays du Golfe, affirmant qu’il « est impossible de faire abstraction de l’importance régionale et islamique de l’Iran, et déraisonnable d’aggraver [le conflit] avec lui ». Ses déclarations alléguées ont également été citées dans un reportage télévisé qatari concernant la cérémonie.

Environ une demi-heure après sa diffusion sur le site de la QNA, l’information contenant les déclarations de l’émir a été retirée du site et des pages de l’agence de presse sur les réseaux sociaux. Le ministère des Affaires étrangères qatari a publié un communiqué selon lequel cette information a été mise en ligne sur le site par des hackers.

Les déclarations attribuées à l’émir ont déclenché la fureur de nombreux pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, tant avant qu’après le démenti. Cette colère s’est manifestée par une attaque médiatique sans précédent contre le Qatar dans la presse, à la télévision et sur les médias sociaux, selon lesquels le Qatar soutient effectivement les organisations terroristes et l’Iran, et sa politique nuit à l’unité des pays du Golfe et finirait par l’isoler dans la région.[1]

L’affirmation du Qatar selon laquelle le site web de la QNA aurait été piraté et l’information concernant la déclaration de l’émir inventée n’a pas réussi à apaiser l’indignation dans les médias du Golfe. Le quotidien saoudien Okaz, par exemple, a cité un expert technique disant qu’il aurait été difficile de pirater les comptes de la QNA sur tous les réseaux sociaux simultanément, à l’insu des administrateurs des comptes.[2] Un éditorial dans un quotidien koweïtien appelait le Qatar à publier un démenti provenant des échelons les plus élevés de son gouvernement, afin de rassurer les habitants des [pays du] Golfe.[3]

Il convient d’observer que ce n’est pas la première fois que se profile une grave tension entre le Qatar et les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) concernant la politique étrangère du Qatar. En mars 2014, au terme de désaccords ayant duré six mois entre le Qatar et les autres Etats du Golfe, l’Arabie saoudite, les EAU et Bahreïn ont rappelé leurs ambassadeurs au Qatar, au motif que ce dernier ne remplissait pas ses engagements envers eux (voir Enquête et analyse de MEMRI n° 1075, Unprecedented Tension Between Qatar And Saudi Arabia/UAE/Bahrain Threatens To Break Up Gulf Cooperation Council, 14 mars 2014). Les relations ont été rétablies un an plus tard, apparemment après l’engagement du Qatar à se conformer à la politique du CCG.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 10:12

Un quotidien libanais : Le Hezbollah a stationné son unité d’élite dans les fermes de Chebaa au Sud-Liban, en alerte maximale et équipée de matériel spécial

 

Selon un article paru le 18 mai 2017 dans le quotidien libanais Al-Mustaqbal,organe du dirigeant de la faction portant le même nom, Saad Al-Hariri, ces dernières semaines, le Hezbollah a réorganisé ses forces en Syrie et au Liban. Le Hezbollah a retiré ses unités d’élite – y compris la division Al-Radwan [1] de Syrie et les a transférées au Sud-Liban, au sud du Litani, sur le front avec Israël. Il rapporte également que la division Al-Radwan, « équipée de matériel logistique spécial », est stationnée dans la région des fermes de Chebaa et se trouve en « état d’alerte maximale ».

L’article aborde également une annonce inattendue émise la semaine dernière par le secrétaire-général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, selon laquelle le Hezbollah devrait retirer ses forces des positions qu’il occupe ces dernières années à la frontière libano-syrienne. Selon l’article, en réalité, l’organisation n’a pas retiré ses forces de cette région, mais les maintient, ainsi que des postes militaires stratégiques et des tunnels qui mènent en Syrie. Des affirmations similaires ont été publiées dans le quotidien libanais Al-Nahar. Extraits :

Al-Mustaqbal : Le Hezbollah a retiré ses unités d’élite de Syrie et les a redéployées au Sud-Liban ; l’unité Al-Radwan est stationnée, en état d’alerte maximale, dans la zone des fermes de Chebaa

Selon l’article paru le 18 mai 2017 dans Al-Mustaqbal : « Le Hezbollah a redéployé et renforcé ses unités [militaires en Syrie]. Des sources bien informées ont déclaré au quotidien qu’il y a plusieurs semaines, les dirigeants du Hezbollah, en coordination avec les dirigeants militaires iraniens, ont commencé à retirer les unités d’élite de l’organisation de [diverses] régions et villes en Syrie, où les activités militaires ont été interrompues… L’organisation a déplacé ces unités vers des régions militairement sensibles au Liban, et les a remplacées par des unités de commandos d’infanterie moins entraînées. »

Le quotidien a ajouté les détails suivants concernant les changements intervenus dans le déploiement du Hezbollah :

« 1. L’unité Al-Radwan, principale force spéciale du Hezbollah, ainsi que d’autres unités spéciales, ont toutes été retirées de Syrie et remplacées par une unité Badr, déployée au nord et à l’est d’Alep.

  1. L’unité Aziz a été retirée de la région de Palmyre et remplacée par l’unité Al-Qaim, jusqu’à nouvel ordre.
  2. L’unité Al-Radwan a été déployée au Sud-Liban, vers la région des fermes de Chebaa. Elle est en état d’alerte élevée et est équipée de matériel logistique spécial.
  3. L’unité Al-Jalil reste en état d’alerte maximal, avec ses commandos et leurs armes.
  4. L’unité Nassir reste en état d’alerte maximal, en tant que force de réserve du Hezbollah. Elle reçoit directement ses ordres du secrétaire-général du Hezbollah [Hassan Nasrallah] par le biais du haut-commandant militaire de l’organisation, Al-Hajj Dhu Al-Fiqar [2]»

Le quotidien a également rapporté : « Selon les informations [reçues], les dirigeants du CGRI [Corps des gardiens de la révolution islamique] ont approuvé un retrait partiel du Hezbollah de Syrie ainsi que les changements [dans le déploiement] de ses forces militaires, après une réunion à Damas entre les Iraniens et les haut-commandants de l’armée russe. Ces changements ont été approuvés pour plusieurs raisons :

  1. Les combats dans la plupart des zones et des villes sous contrôle de l’armée du régime [syrien] se sont apaisés et le régime a réussi à renforcer son contrôle sécuritaire ; en outre, l’armée russe est présente dans ces zones, aussi la présence militaire du Hezbollah n’est plus nécessaire.
  2. Le Hezbollah cherche à renforcer sa présence militaire au Sud-Liban, ainsi que dans la région frontalière qui s’étend de la Beqaa occidentale à Hasbaya et Chebaa [au sud-est du Liban], par crainte d’attaques militaires israéliennes en direction de Deraa et du Golan [syrien] ou d’une attaque surprise israélienne [contre le Liban].
  3. Le Hezbollah cherche à apaiser la pression logistique [sur ses forces] en déployant des unités d’infanterie dans certaines des zones et positions en Syrie, desquelles ses unités d’élite se sont retirées.
  4. [Le Hezbollah cherche] à permettre à sa branche militaire de concentrer ses forces et de les redéployer [afin] de se focaliser sur une [éventuelle] confrontation avec Israël. [3]»

Des quotidiens libanais : Malgré l’annonce du Hezbollah qu’il retirait ses forces de la région frontalière entre le Liban et la Syrie, il continue d’y maintenir des positions et des forces, ainsi que des tunnels atteignant la Syrie

L’article d’Al-Mustaqbal abordait également la déclaration de Hassan Nasrallah, dans son dernier discours du 11 mai 2017, selon laquelle le Hezbollah aurait décidé de retirer ses forces déployées le long du côté libanais de la frontière Liban-Syrie.[4] Les forces du Hezbollah ont été déployées dans cette région depuis plusieurs années, dans le but affirmé d’empêcher les organisations terroristes – l’EI et Jabhat Fath Al-Sham, présentes en Syrie et dans certains secteurs de la région frontalière Syrie-Liban – de s’infiltrer plus profondément au Liban. La presse libanaise a souvent fait état des préparatifs du Hezbollah en vue d’une confrontation militaire avec ces organisations, dont les combattants sont présents dans les montagnes de l’Arsal et dans la région de Ras Baalbek à l’intérieur du Liban. L’annonce faite par Nasrallah la semaine dernière du retrait des forces de son organisation de la région était par conséquent inattendue. Les quotidiens Al-Nahar et Al-Mustaqbal ont expliqué que cette annonce était la conséquence des pressions américaines sur le Liban. Au cours des récentes semaines, l’armée libanaise a intensifié son combat contre l’EI dans la région, pour l’empêcher de pénétrer au Liban. Selon les informations parues dans la presse libanaise, cela s’est réalisé en étroite collaboration avec les Etats-Unis, qui ont également envoyé au Liban deux avions chargés de munitions et d’équipements militaires pour participer à cette campagne. Les avions ont atterri sur la base aérienne de Rayak, dans la région de la Beqaa, au lieu d’utiliser l’aéroport international de Beyrouth, sans doute pour empêcher que la cargaison soit saisie par le Hezbollah, qui contrôle l’aéroport de Beyrouth.[5] Selon une information publiée le 17 mai 2017 dans Al-Nahar, les Etats-Unis ont accepté de fournir cette assistance militaire à l’armée libanaise, à condition qu’elle empêche toute présence militaire du Hezbollah dans la région frontalière – et ceci était la raison de l’annonce faite par Nasrallah du retrait de ses forces de la région. Al-Nahar a ajouté, cependant, que cette annonce « ne signifie pas que le Hezbollah n’est plus présent dans la région », et que des agents du Hezbollah en civil y demeurent, « comme au Sud-[Liban] depuis la guerre de 2006 ».[6]

L’article paru dans Al-Mustaqbal [publié le lendemain, le 18 mai] contenait des affirmations similaires. Selon lui, l’annonce de Nasrallah concernant le retrait de ses forces de la frontière syrienne « confirme les informations concernant les contacts internationaux avec le Liban destinés à obtenir le retrait de ses forces légitimes [l’armée libanaise] le long de sa frontière orientale avec la Syrie, dans le cadre d’un plan stratégique américano-russe visant à diminuer la présence de l’EI et à le couper de la partie syrienne de la frontière ».

A l’instar d’Al-Nahar, Al-Mustaqbal a également rapporté que le Hezbollah maintenait néanmoins une présence dans la région. Il a cité des sources sécuritaires affirmant que « le retrait du Hezbollah de la région montagneuse orientale n’a pas été total… [Le Hezbollah] continue de maintenir des positions et des postes dans la région montagneuse de Brital, jusqu’à Baalbek et la région de la montagne de Nahle, [positions] que les dirigeants militaires du Hezbollah considèrent comme sensibles et stratégiques pour ses besoins militaires. » Et d’ajouter qu’il s’agit de « positions fortifiées équipées de matériel de pointe et situées au-dessus de tunnels, qui s’étendraient jusqu’en Syrie et ont été construits sous la supervision d’ingénieurs militaires iraniens ».[7]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] La division Al-Radwan, portant le nom de l’ancien chef militaire du Hezbollah Imad Mughniyeh, tué en 2008, comporte quelque 10 000 combattants des « Forces d’intervention » et des « Forces spéciales » du Hezbollah qui sont le fer de lance de l’action militaire du Hezbollah en Syrie. Cette division a pris part à la parade militaire du Hezbollah dans le village syrien d’Al-Qusayr en novembre 2016. A ce sujet, voir Enquête et analyse de MEMRI n° 1295, The Significance, Ramifications, And Messages Of Hizbullah’s Show Of Military Force In Al-Qusayr, Syria, 3 janvier 2017 ; Dépêche spéciale de MEMRI n° 6677, Hizbullah Military Parade In Syrian Town Of Al-Qusayr: Tanks, Cannon, And Machine Guns, 14 novembre 2016.

[2] Manifestement une référence à Al-Hajj Dhu Al-Fiqar Al-Amili, commandant de la Garde nationale arabe, milice combattant en Syrie aux côtés de l’armée d’Assad.

[3] Al-Mustaqbal (Liban), 18 mai 2017.

[4] Pour le discours, voir Moqawama.org, 11 mai 2017.

[5] Alarabiya.net, 18 avril 2017; Al-Gomhouriyya (Egypte), 19 mai 2017;almayadeen.net, 25 avril 2017; Al-Arab (Londres), 26 avril 2017; Al-Quds Al-Arabi(Londres), 26 avril 2017.

[6] Al-Nahar (Liban), 17 mai, 2017.

[7] Al-Mustaqbal (Liban), 18 mai 2017.

 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:26

Message du parti Hizb ut-Tahrir à la mosquée Al-Aqsa : Trump l’ennemi d’Allah n’est pas le bienvenu ici

Le 21 mai 2017, pendant la visite du président Trump en Arabie saoudite, le cheikh palestinien Nidhal Siam a transmis un message à la mosquée Al-Aqsa au nom du [parti de la Libération fondé à Amman] Hizb ut-Tahrir. Siam a déclaré que la visite de Trump, cet « infidèle barbare américain » au Moyen-Orient visait à « marquer l’hégémonie [américaine] sur les terres des musulmans, à piller leurs ressources… et à renforcer sa guerre contre l’islam ». Le peuple palestinien « le maudit, lui et quiconque le soutient », a-t-il précisé. Extraits :

Nidhal Siam : L’Amérique ne nous libèrera aucune terre, et ne nous amènera la libération d’aucun de nos prisonniers. L’Amérique est notre ennemie, l’ennemie de notre religion. Voyez ! Son chef vous menace, prétendant qu’il déracinera l’islam. […] L’Amérique est venue aujourd’hui au Pays des Deux Saintes Mosquées [l’Arabie saoudite] et à Jérusalem, pour marquer son hégémonie sur les terres des musulmans, pour piller leurs ressources avec des accords d’une valeur de centaines de milliards de dollars, et pour renforcer sa guerre contre l’islam qui mettra bientôt à terre la tromperie de l’Amérique, si Allah veut.

Et pour couronner le tout, dans un accès de bassesse, d’humiliation et de soumission, les dirigeants de la honte et leurs médias présentent la visite de cet infidèle barbare américain comme un grand succès. En effet, c’est un grand succès pour l’Amérique et ses intérêts. […]

Le peuple de Palestine, le peuple de cette terre bénie, ne souhaite pas la bienvenue à l’ennemi d’Allah, Trump, ni à ses projets et solutions pour la région. Au contraire, il le maudit, lui et quiconque le soutient. Que cela soit entendu haut et fort, afin qu’il quitte la terre bénie vaincu et battu. […]

Nous sommes aujourd’hui le 21 mai 2017, [et c’était le message de] Hizb ut-Tahrir sur la terre bénie de Palestine.

 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 17:22

Un auteur palestinien met en garde contre les nombreux départs de Chrétiens palestiniens

Dans un article paru le 17 avril 2017 dans le journal palestinien Al-Hadath, Nihad Abu Ghosh, membre du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et directeur du département des affaires de la diaspora de l’OLP, évoque la situation extrême des chrétiens vivant dans les territoires de l’Autorité palestinienne (AP) et la diminution drastique de leur nombre au cours des années. Selon lui, cette situation résulte non seulement de l’occupation, mais d’une « culture de type Etat islamique » ayant pénétré la société palestinienne. Pour exemple, il cite les prédicateurs d’Al-Aqsa, qui appellent à imposer une taxe de capitation aux chrétiens et interdisent aux musulmans de les saluer à l’occasion de leurs fêtes. Il prévient que ce traitement réservé aux chrétiens, qui les pousse à émigrer, pourrait ternir l’image pluraliste de la société palestinienne. Il appelle à placer cette question à l’ordre du jour public et à trouver les moyens de protéger cette minorité. Extraits : [1]

De temps en temps, on sonne l’alarme quant aux dangers qui menacent les chrétiens dans la région du [Moyen] Orient. Ces avertissements sont justifiés, compte tenu de ce qui est arrivé aux chrétiens en Irak et en Syrie et lors des [derniers] attentats dans des églises égyptiennes. [2] Avant et pendant ces incidents, nous avons eu droit à un discours clivant, accusant l’autre d’hérésie, tandis que les chrétiens continuaient à être traités comme des ahl al-dhimma [3] et des citoyens de seconde zone. Aucun pays arabe, sans exception, n’a réussi à créer un Etat civique accordant l’égalité totale des droits et des devoirs à tous ses citoyens, sans considération de religion, d’origine, d’appartenance ethnique ou de genre.

Notons qu’en Turquie, notre proche voisine, le nombre de chrétiens est passé de 30 % à moins d’1 % au cours de la deuxième décennie du XXème siècle. Cela est dû au massacre des Arméniens, des Syriens et des Assyriens, au nettoyage ethnique et au transfert de population, qui concernait également les Grecs…

Et qu’en est-il de la Palestine, berceau de Jésus ? Un danger plane-t-il [aussi] sur les chrétiens de notre pays ? Pour répondre à cette question, on a souvent tendance à tomber dans le piège des belles paroles sentimentales sur l’unité nationale, et à mentionner quelques pionniers du mouvement national [palestinien], [ainsi que] des intellectuels, des artistes et politiciens chrétiens, ou à accuser l’occupation du déclin constant du nombre de chrétiens parmi les Palestiniens qui restent. Mais cela ne suffit pas à expliquer ou à justifier [le fait que] la population chrétienne de Palestine soit passée de 20 % avant la nakba à moins de 2 % sur les terres conquises en 1967, et que dans les territoires conquis depuis 1948, ils représentent [actuellement] 10 % des Palestiniens arabes et environ 2 % de la population totale de l’Etat d’Israël.

Il ne fait nul doute que l’occupation porte la plus grande partie de la responsabilité de la tragique situation de tous les Palestiniens, chrétiens et musulmans, [une situation difficile] qui incite des secteurs entiers de population à envisager l’émigration. Il est également possible que des facteurs culturels et démographiques facilitent aux chrétiens l’option d’émigrer et de s’intégrer aux sociétés d’accueil, plus que pour les musulmans, comme le révèle le fait que les communautés palestiniennes en Amérique du Sud, et notamment au Chili, soient majoritairement chrétiennes.

Les avertissements et les dangers sont donc sérieux et réels. [Pourtant], ils ne sont pas liés exclusivement à l’EI et à ses crimes, mais à une culture de type EI et à l’existence d’un environnement qui exclut les chrétiens palestiniens et leur manque de sensibilité envers eux. À ce jour, nous entendons parler d’un prédicateur de la mosquée Al-Aqsa qui défend l’imposition d’une taxe de capitation (jizya) auprès des chrétiens, tout en ignorant les occupants et les colons. Nous entendons aussi que quelqu’un émet une fatwa interdisant de saluer les chrétiens à l’occasion de leurs fêtes ou qui prétend que trop de postes leur sont réservés au sein des communes et du Conseil législatif.

Cette plaie ouverte que représente le sort des chrétiens ne compromet pas seulement les droits et les devoirs et la culture de tolérance à laquelle nous aspirons ; elle peut également nuire à l’identité nationale palestinienne. Cette identité, depuis sa création, est pluraliste et englobe toutes les composantes de la société palestinienne, toutes ses teintes et toutes ses communautés ; elle se trouve aux antipodes de l’identité monolithique, exclusive et raciste incarnée par le programme sioniste. Notre identité palestinienne ressemble à la robe nationale palestinienne brodée, ou à notre drapeau à quatre couleurs, plutôt qu’au drapeau de l’EI ou au tchador porté par les talibanes.

Lorsque feu le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, s’est mis en rage face au plan israélo-américain d’annexer une partie du quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem au quartier juif, il a déclaré : « Je suis Yassir Arafatian » [conférant à son nom une consonnance arménienne], car il a toujours attribué de l’importance à l’image pluraliste de l’identité palestinienne et scrupuleusement veillé à ce que soient représentées dans l’establishment palestinien officiel toutes les composantes de la société palestinienne, y compris la communauté samaritaine et les Juifs antisionistes, aux côtés des musulmans et des chrétiens.

Cette question requiert une discussion franche et ouverte aux plus hauts échelons, afin de définir le problème et de trouver des solutions pour panser la plaie des chrétiens et protéger la présence chrétienne historique en Palestine…

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 18:59

Un cheikh à la mosquée Al-Aqsa appelle Allah à anéantir Trump, « le Satan de la Maison Blanche », et les Juifs

Dans un sermon prononcé à la mosquée Al-Aqsa le 19 mai 2017, le cheikh palestinien Ali Abu Ahmad a qualifié Donald Trump de « Satan de la Maison Blanche » et a exhorté Allah « d’anéantir Trump et les conspirateurs » et d’« anéantir tous les Juifs ». Ali Abu Ahmad a qualifié la visite de Trump au Moyen-Orient de « guerre croisée contre l’islam et les musulmans », et critiqué les dirigeants saoudiens qui ont dépensé des millions pour accueillir le « chef de l’hérésie ». Extraits :

Ali Abu Ahmad : Ô serviteurs d’Allah, le Satan de la Maison Blanche, Trump, dépourvu des valeurs humaines et morales élémentaires, va rencontrer les princes des mini-Etats malfaisants, pour leur parler d’un islam modéré. Trump fera une tournée en Arabie saoudite, puis visitera l’entité juive et le Vatican. Il fera donc une tournée des trois religions. Cela signifie que Trump veut asséner un coup à l’islam et aux musulmans, comme s’il n’y avait pas d’inimitié envers le judaïsme et le christianisme et que le sommet de la tolérance, de l’amour et de la coopération pouvait être lancé, pour frapper les musulmans, que Trump appelle des « extrémistes ». […]

Les prisonniers musulmans dans les prisons de l’occupation [en Israël] font une grève de la faim, pourtant les dirigeants d’Arabie saoudite dépensent des millions pour accueillir le chef de l’hérésie, Trump. Ô serviteurs d’Allah, c’est en effet une guerre croisée contre l’islam et les musulmans. Ô serviteurs d’Allah, ô nation de l’islam, vos dirigeants ont pris des mesures, mais pas pour vous soutenir. Au lieu de cela, ils ont conspiré contre vous. […]

Le Traître de Jordanie [le roi Abdallah] a mobilisé son armée, non pour libérer le lieu d’où le Prophète Mohammed est monté au ciel [Jérusalem], mais pour tuer les musulmans en Syrie, afin de plaire à ses maîtres. […]

Ô Allah, accorde-nous bientôt un Califat bien guidé sur la voie du Prophète. Ô Allah, anéantis Trump et les conspirateurs. Ô Allah, anéantis tous les Juifs. […]

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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 23:40

Maroc : le phénomène des musulmans convertis au christianisme

 

Dans un article paru dans le quotidien marocain en ligne TelQuel le 1er mai 2017, la difficile situation des Marocains ayant quitté l’islam pour le christianisme est évoquée. S’ils « vivent dans l’illégalité et pratiquent leur culte dans la clandestinité », « ils revendiquent désormais le droit de vivre leur foi ai grand jour ». (1) Extraits :

« (…)Je suis Marocain avant d’être chrétien », souffle Rachid, la quarantaine, qui accueille dans son salon une dizaine de convertis pour un « après-midi de prières ».

Depuis un cyber-café, il entre en contact avec un site qui « prêche la parole de Dieu »

Issu d’une famille adepte du soufisme, une tradition ésotérique de l’islam, ce pasteur protestant a embrassé la foi chrétienne en 2004. (…) C’est adolescent qu’il commence à s’intéresser au christianisme. Depuis un cyber-café, il entre en contact avec un site qui « prêche la parole de Dieu » et lui fait parvenir une bible. « (…) A l’âge de 24 ans, j’ai été baptisé dans un appartement à Casablanca », confie-t-il.

Assis à ses côtés, Mustapha, 46 ans, s’est converti en 1994 pour « remplir un vide spirituel ». Ce fonctionnaire, petit-fils d’un religieux musulman de Taroudant, près d’Agadir, a été durant sa jeunesse membre actif du mouvement islamiste Justice et bienfaisance.

« des proches m’ont tourné le dos, j’ai été mis au placard au travail. Mes enfants ont été harcelés à l’école »

« Lassé par les contradictions de l’islam, je me suis intéressé au christianisme en échangeant une correspondance assidue avec un centre religieux en Espagne ». Puis « j’ai franchi le pas », se souvient Mustapha, lui aussi pasteur « diplômé par correspondance des États-Unis ». Il a vécu secrètement sa foi jusqu’à il y a un an et demi, quand il diffuse sur internet une vidéo dans laquelle il parle à visage découvert de sa conversion. La réaction est immédiate : « des proches m’ont tourné le dos, j’ai été mis au placard au travail. Mes enfants ont été harcelés à l’école », déplore-t-il.

Pour vivre leur foi au grand jour, Mustapha, Rachid, et d’autres, regroupés au sein d’une « Coordination nationale », ont saisi début avril le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) pour demander « la fin de la persécution » contre leur petite communauté.

Les convertis risquent la prison s’ils sont soupçonnés d’ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion

« Nous revendiquons le droit de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants, de prier dans les églises, d’être inhumés dans des cimetières chrétiens, de nous marier selon notre religion », énumère Mustapha, également porte-parole de la Coordination. Aucun chiffre officiel n’existe sur le nombre de convertis marocains, estimés entre 2.000 et 6.000 par le Département d’État américain. Concentrés entre Marrakech et Agadir, ils sont principalement protestants-baptistes et évangéliques (…)

Les convertis risquent la prison s’ils sont soupçonnés d' "ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion ». Ces dernières années, plusieurs cas d’arrestations pour prosélytisme ont défrayé la chronique. (…) Mais les lignes bougent : « les arrestations ont presque cessé, c’est un grand pas ! Les actes de harcèlement sont devenus rares, et restent le fait de la société », observe Rachid. Sorti de la clandestinité, il « vit normalement sa religion dans un quartier populaire au vu et au su de ses voisins musulmans ». « Le pays a fait de nombreuses avancées en matière de droits de l’Homme », estime Mustapha, qui loue l’action du roi en faveur du « vivre-ensemble ».

Beaucoup adoptent un mode de vie sécularisé, mais « se crispent dès qu’on parle de conversion »

Le « code pénal, les partis politiques et la société n’ont cependant pas suivi », regrette-t-il, pointant une société « schizophrène, pleine de paradoxes, où beaucoup adoptent un mode de vie sécularisé, mais « se crispent dès qu’on parle de conversion ».

(1) Telquel.ma, le 1er mai 2017, sur la base d’un reportiage de l’AFP.

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