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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 13:58

Le député palestinien Jamal Hweil brandit une arme à Djénine : Gardez chaque noble balle pour l’occupation

 

Lors d’un rassemblement célébrant la libération de Majdi Al-Sous d’une prison israélienne, le député palestinien Jamal Hweil, du Conseil révolutionnaire du Fatah, a félicité les « prisonniers héroïques » de la grève de la faim, une arme à la main. Hweil, membre du Conseil législatif palestinien, a déclaré : « Réservons chaque noble balle pour cette occupation […] La résistance a uni tous les Palestiniens dans ce camp de réfugiés ». Les héros, les combattants et les moudjahidines du camp « ont humilié Sharon, Ben-Eliezer, Mofaz et Yaalon et humilieront Netanyahou, Lieberman et tous les commandants de l’occupation ». La vidéo a été mise en ligne sur la page Facebook des « Lovers of Martyred Leader Abu Ammar » (Amis du chef martyr Abou Ammar) le 27 avril 2017. Extraits :

Jamal Hweil : En la présence des héroïques prisonniers, et particulièrement du commandant combattant Majdi Al-Sous, les mots nous manquent. Les mots, la poésie ou la prose n’ont pas leur place ici, lorsque le bruit des balles retentit dans la région. Les gars, comme nous le disons toujours : gardez vos balles pour un jour pluvieux, et vos fusils pour la confrontation avec l’occupation. J’espère que tout le monde… Des jours difficiles attendent cette occupation. J’espère que nous réserverons chaque noble balle pour cette occupation.

Bruit de coups de feu

Le camp de réfugiés de Djénine dit à l’occupation sioniste : ne testez pas la patience de ce camp de réfugiés, ou de ses héros, de ses combattants et moudjahidines, qui ont humilié Sharon, Ben-Eliezer, Mofaz et Yaalon, et qui humilieront Netanyahou, Lieberman et tous les commandants de l’occupation. Les prisonniers nous ont unis, nous Palestiniens, et ont restauré notre fierté et notre honneur. Lorsque certains ont cru que le peuple palestinien avait capitulé, les héros et les prisonniers sont sortis [et nous ont unis], tout comme la résistance a uni tous les Palestiniens dans ce camp de réfugiés. […]

Notre message et le message des prisonniers aux jeunes gens de ce camp de réfugiés est : ne laissez pas sortir indemne l’ennemi de notre camp de réfugiés. Nous devons être cléments l’un envers l’autre, mais fermes contre l’ennemi. Ne laissez aucun soldat sioniste entrer dans ce camp de réfugiés. Ils doivent être humiliés. Ces fusils doivent rester pointés sur l’occupation israélienne. […]

Nous devons aller de victoire en victoire, jusqu’à voir tous nos héroïques prisonniers [de retour] ici, à commencer par le commandant Marwan Al-Barghouti. Assalaam Alaykum, et que la miséricorde d’Allah soit sur vous.

Bruit de coups de feu

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 13:54

Rumiyah, le magazine en français de l’Etat islamique, appelait à ne pas participer aux élections et à devenir martyr en tuant les candidats

Le 4 mai 2017, le neuvième numéro du magazine Rumiyah de l’Etat islamique (EI) a été diffusé sur plusieurs réseaux sociaux et en plusieurs langues. Si la majeure partie du contenu est identique dans toutes les versions, certaines informations varient en fonction des différents contextes nationaux.

La version française du magazine comprend un article exclusif sur les élections françaises et appelle les musulmans à « s’acquitter de leur obligation » d’assassiner un candidat et de brûler un bureau de vote. Le message adressé aux musulmans de France comporte un double argument religieux : d’abord, un musulman ne doit pas participer aux élections, car cela est considéré comme un acte d’idolâtrie [1] et deuxièmement, les musulmans devraient mener un attentat pour détruire les « idoles » et les « adorateurs d’idoles ». L’article répond également aux questionnements des salafistes quant à la légitimité d’un vote stratégique, c’est-à-dire favorable au candidat qui servirait le mieux les objectifs salafistes. [2]

L’affiche accompagnant l’article sur les élections françaises présente une carte électorale en feu sous-titrée : « Élections présidentielles 2017 : N’oublie pas d’accomplir ton devoir de musulman. Choisis ton candidat… pour le tuer. Et choisis ton bureau de vote… pour le brûler. » (Photo en tête du rapport)

Par ailleurs, le numéro comporte la traduction d’un article de la version anglaise du magazine qui fournit des instructions détaillées sur les attaques au camion-bélier et les cibles à privilégier. [3]

Extraits de l’article sur les élections [le texte original en français a été légèrement modifié par souci de clarté] :

Deux messages à tous les musulmans de France :

  1. Ne participez sous aucun prétexte et d’aucune manière à ces élections sinon vous deviendriez mécréants associateurs. En votant, vous acceptez le système idolâtre démocratique et vous élisez et soutenez un ṭaghut (fausse divinité) qui sera placé à l’égal d’Allah en matière de législation et de jugement. Or notre foi est fondée sur deux choses : mécroire au ṭâghût [al-Kufr bi aṭ-Ṭaghut] et croire en Allah [al-iman billah]. [Suivent des citations du Coran et du Hadith soutenant cet argument.]

Quant à ceux qui utilisent la règle du « moindre mal » pour égarer les musulmans et les inciter à voter pour le candidat qui serait le moins pire, nous leur disons : cette règle ne s’applique que lorsque l’on est contraint de choisir entre deux maux qui ne sont pas de la mécréance. Ici, on nous demande de choisir entre adorer un ṭaghut et adorer un autre ṭaghut qui serait moins pire, alors qu’il existe un troisième choix, le choix de n’adorer qu’Allah sans rien lui associer. Ce fut le choix de notre père Ibrahim qui a dit : « Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. […] Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah, seul. » […]

  1. Pour ceux qui auraient fait le choix de rester musulmans en suivant notre père Ibrahim, nous leur rappelons que ce dernier ne s’est pas contenté de déclarer sa haine et son inimitié envers son peuple associateur, mais il a aussi détruit les idoles de ses mains, Il les mit en pièces. […] Par conséquent, nous vous appelons à détruire les lieux d’idolâtrie que sont les bureaux de vote, ces lieux où les idolâtres viennent témoigner leur soutien et leur amour à leurs divinités. À tous nos frères qui craindraient d’être tués ou emprisonnés en agissant ainsi, nous leur rappelons que telle est la voie des prophètes et des messagers. […] L’un d’entre vous ne souhaiterait-il pas mourir en accomplissant la mission pour laquelle le messager d’Allah a été envoyé ? Il dit : « Allah m’a envoyé pour entretenir les liens de parenté et briser les statues. » […] Brûlez donc ces lieux d’idolâtrie, tuez les candidats, les électeurs, le personnel des bureaux de vote, n’épargnez aucun mécréant. Puisse Allah vous accorder la réussite et vous compter parmi les martyrs.
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 15:10

L’EI en ligne appelle à cibler candidats, électeurs et bureaux de vote le jour des élections françaises

 

Le 6 mai 2017, le centre de médias An-Nur, support médiatique de l’Etat islamique (EI) en français, a diffusé quatre affiches réitérant l’appel lancé dans le dernier numéro de la revue Rumiyah de l’EI à prendre pour cibles les candidats, les électeurs et les bureaux de vote durant la période des élections présidentielles. [1] Le deuxième tour des élections se tient le 7 mai 2017, dans un contexte de menaces terroristes de la part de l’EI [2].

Solutions 2017 – Explosez-les !
L’affiche montre le bureau de vote, avec un message : « Brûle le cœur du Chirk [polythéisme] »
« Mécroire au taghût [fausses idoles] – Attaquez toutes personnes qui votent »
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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 15:08

Salafistes francophones sur Facebook : peut-on prier pour une victoire de Marine Le Pen ?

 

Les élections présidentielles françaises continuent de retenir l’attention des djihadistes. Elles représentent, pour les islamistes radicaux, une occasion de diffuser leur idélologie, qui condamne toutes les formes de gouvernement non fondé sur la loi islamique. [1]

Le 27 avril 2017, des salafistes français ont débattu sur Facebook de la possibilité de prier pour la victoire de Marine Le Pen aux élections. Une victoire de Le Pen, selon eux, conduirait l’armée française à se retirer des pays musulmans, pourrait déclencher des manifestations en France, et éventuellement l’effondrement institutionnel et social du pays, conséquences souhaitables à leurs yeux.

Pourtant, vu que les salafistes considèrent les élections comme illégitimes en vertu de la loi islamique, le fait de prier pour la victoire d’un candidat donné pourrait être considéré comme inacceptable, d’où le débat. Ci-dessous un extrait des discussions entre salafistes francophones postées sur Facebook, sur la question du droit, ou non, de prier pour la victoire de Marine Le Pen [texte légèrement modifié par souci de clarté] :

– Est-ce qu’on a le droit de prier pour que Marine le Pen remporte les élections en France ? […] Ce n’est pas une blague, si elle veut retirer les poules de l’armée française de tous les fronts, alors c’est le moindre mal. Des armées entières vont s’effondrer.

– Il pourrait même y avoir une guerre civile si elle est élue.

– Oui [il est permis de prier pour qu’elle gagne], mais seulement pour tourmenter les infidèles français !

– Prier pour qu’un taghut [tyran qui n’applique pas la charia arrive] au pouvoir ? Priez plutôt pour qu’Allah renverse les gouvernements pervers et injustes, ce serait beaucoup mieux.

– C’est l’armée française qui maintient en vie plusieurs de ces gouvernements infidèles.

– Et donc ? Cela ne change pas le fait que prier pour un gouvernement taghut est contre les principes des croyants. […]

– Pour prier pour l’inimitié et la haine entre les mécréants et les apostats de France, moi ça me va.

– Ils se haïssent tous, mais qu’Allah en rajoute davantage [citation du Coran à l’appui].

– Comme les [salafistes traditionnels], vous parlez de vos intérêts. […] Je suis vraiment choqué que vous préfériez qu’un taghut arrive au pouvoir plutôt que d’invoquer Allah de faire tomber tous leurs systèmes de A à Z pour laisser place à Ses lois. […]

– Ses frères m’ont salement repris le jour où Trump est passé et que j’ai montré ma joie pour cela. C’est une erreur qu’il faut corriger, mais avec sagesse. […]

– Peut-être que je suis bizarre, mais souhaiter que Marine [Le Pen] la chienne soit élue, même avec la pensée que ça leur fera mal, c’est trop pour moi. Je préfère souhaiter globalement leur perte et laisser Allah faire, seul Allah sait ce qu’il y a de mieux à faire pour leur faire subir une grande défaite.

– « Adorez Allah et écartez-vous du taghut » (Coran 16:36). Les ordres d’Allah sont clairs, dans les pensées et dans les actes. Même si la France venait à s’entretuer si elle [Le Pen] était portée au pouvoir, cela ne changerait pas le fait que le culte des idoles serait répandu sur terre […] Apprenez à détester l’adoration des idoles sous toutes ses formes, à n’éprouver ni joie ni bonne humeur, même si vous pensez, à première vue, que cela soit un bien.

– Elle veut surtout retirer le hijab à nos sœurs.

– Personnellement, je préfère voir Le Pen au pouvoir que n’importe quel autre tyran, nous verrons ce que Marine Le Pen fera parce que les sionistes ont pris du pouvoir depuis longtemps, et pas seulement dans ce pays, mais dans le monde entier.

– Le docile et servile islam de France doit être secoué pour que [les musulmans français] reviennent humblement aux fondamentaux de la religion. Le Pen Présidente !!!

– Aujourd’hui, le Front national est ouvert à tous, les sionistes et les sodomites pullulent au sein du parti, l’ennemi a changé et n’est plus l’immigré ou le juif en passant par l’homo, mais c’est clairement le musulman.

– Nous sommes déjà humiliés, mon frère, ça va être pire. […] Macron va bombarder, l’État [islamique] réagira. […]

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 15:03

Des journalistes jordaniens : des centaines de milliers de jeunes Jordaniens soutiennent l’EI, et les autorités ne font rien

 

Le nombre croissant d’actions terroristes menées par des ressortissants jordaniens affiliés à l’Etat islamique (EI), ou par de jeunes Jordaniens ayant rejoint les organisations salafistes-djihadistes en Syrie et en Irak [1], suscite l’inquiétude en Jordanie.

La Jordanie est récemment devenue la cible de nombreux attentats. Le dernier a eu lieu le 18 décembre 2016, lorsqu’une cellule de quatre ressortissants jordaniens a frappé un certain nombre de cibles dans la ville de Karak. Des hommes armés, embusqués dans un château croisé du 10e siècle, ont tiré sur une patrouille et une installation de sécurité, et mené un long combat contre les forces de sécurité jordaniennes, jusqu’à les abattre. Au cours des échanges de tirs, quatre membres de la sécurité ont été tués, ainsi que deux civils et un touriste canadien. [2] Une fouille dans l’appartement loué par les membres de la cellule terroriste dans la ville d’Al-Qatraneh a donné lieu à lé découverte de cinq ceintures explosives prêtes à l’emploi et d’autres explosifs. L’État islamique a revendiqué l’attaque. [3] L’enquête a indiqué que trois membres de la cellule avaient purgé une peine de prison pour tentative de ralliement à l’État islamique. [4]

Après l’attaque, une chasse à l’homme a été menée pour tenter de capturer des hommes recherchés dans la province de Karak, au cours de laquelle quatre autres membres de la sécurité ont été tués, ainsi qu’un homme recherché. L’un des hommes arrêtés a reconnu lors des interrogatoires avoir obtenu les armes et le financement de la cellule terroriste [5]. Plus tard, l’ancien commandant de la Direction de la sécurité publique de Jordanie, Atef Al-Saudi, a révélé que la cellule avait prévu de mener une opération terroriste de grande envergure contre plusieurs cibles en Jordanie, le 31 décembre 2016. [6]

Des explosifs trouvés dans l’appartement des terroristes à Al-Qatraneh. Source : Al-Ghad (Jordanie), 19 décembre 2016.

Cette attaque s’ajoute à la série d’opérations terroristes menées en Jordanie ces dernières années par des Jordaniens. En novembre 2015, un officier de l’armée jordanienne avait ouvert le feu dans la base d’entraînement d’Al-Muwaqqar, près de la capitale Amman, tuant trois de ses collègues et trois membres du personnel de sécurité des États-Unis et d’Afrique du Sud. [7] En mars 2016, une cellule terroriste inspirée de l’EI avait été débusquée dans le camp de réfugiés près d’Irbid, et une attaque de grande envergure en cours de préparation avait été déjouée. [8] En juin 2016, un militant salafiste-djihadiste, adepte de l’idéologie de l’EI, avait abattu cinq membres de la Direction générale du renseignement de Jordanie au camp de réfugiés Al-Baqaa au nord d’Amman [9]. En février 2017, le US Congressional Research Service publiait un rapport citant des statistiques situant la Jordanie en deuxième place, après la Tunisie, pour le nombre de citoyens appartenant à l’EI et spécifiant que depuis 2011, quelque 4 000 Jordaniens avaient rejoint l’organisation en Syrie et en Irak. [10]

Après les événements de Karak, la Jordanie a durci les peines des individus impliqués dans des activités terroristes. Par exemple, en janvier et février 2017, les militants jordaniens reconnus coupables d’appartenir à l’EI et de diffuser son idéologie ont reçu des peines d’emprisonnement plus longues que celles réservées aux mêmes infractions par le passé. Une source du système judiciaire jordanien a révélé que le tribunal avait choisi d’imposer des peines plus sévères pour lutter contre l’idéologie extrémiste et le terrorisme et renforcer la dissuasion [11]. Le 4 mars 2017, certains membres de la cellule terroriste d’Irbid et l’agresseur armé de l’incident du camp de réfugiés d’Al-Baqaa ont été pendus. [12] Le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed Al-Moumini, a déclaré que les exécutions visaient à envoyer un message dissuasif et à faire valoir la volonté de la Jordanie de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme [13].

Après la crise terroriste de Karak, la presse jordanienne a publié plusieurs articles indiquant que de nombreuses cellules terroristes opèrent en Jordanie et qu’elles ne peuvent plus être qualifiées de « cellules dormantes ». Le nombre de sympathisants de l’EI aurait considérablement progressé et ceux-ci seraient plus prompts à perpétrer des attaques. D’éminents journalistes jordaniens ont estimé que le pays ne prenait pas la situation au sérieux, dénonçant le laxisme des autorités. D’après eux, si l’État ne propose pas de stratégie sérieuse, la situation ne fera qu’empirer. Selon certains articles, les services de sécurité ne gèrent pas comme il se devrait le phénomène des jeunes sympathisants de l’EI ; une réforme idéologique et morale s’impose, selon eux, pour promouvoir un discours religieux modéré. D’autres articles préconisent l’exécution des individus reconnus coupables de terrorisme, considérant que l’aggravation des peines aurait un effet dissuasif.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 08:46

L’analyste saoudien Khalid Al-Dakhil : Le refus du Hamas de reconnaître Israël est contraire à la position de tous les États arabes qui ont approuvé l’initiative de paix arabe

 

Dans son éditorial publié dans le quotidien saoudien londonien Al-Hayat, l’analyste politique Khalid Al-Dakhil présente ses impressions et commente une interview avec le chef sortant du bureau politique du Hamas, Khaled Mashaal, quelques jours avant son départ, et la publication du nouveau programme politique du mouvement.

Selon Al-Dakhil, Mashaal avait demandé à le rencontrer afin de présenter sa doctrine sur Israël et sur les relations de son mouvement avec le Fatah et avec la Syrie. Au cours de l’interview, Mashaal a déclaré accepter l’initiative de paix arabe, mais continuer de s’opposer à la reconnaissance d’Israël. Concernant la Syrie, Mashaal a reconnu la générosité du régime vis-à-vis du Hamas, manifestée par l’accord syrien donné au Hamas pour développer ses roquettes dans les usines du régime. Il a décrit le contexte de la crise qui a fait irruption par la suite, lorsque le Hamas a refusé de soutenir la campagne militaire du régime contre les rebelles.

Dans son éditorial, Al-Dakhil critique la position de Mashaal sur la reconnaissance d’Israël, affirmant qu’elle est irréaliste et qu’elle met le Hamas au pied du mur, car elle est contraire à la position de tous les pays arabes qui ont approuvé l’initiative de paix arabe. Al-Dakhil ajoute que le statut de la résistance armée dans le monde arabe s’est détérioré en raison d’un manque de réussites et du fait que la résistance a été court-circuitée par des éléments qui l’exploitent pour atteindre leurs propres objectifs. Il ajoute que la faille se creuse entre les intérêts de la résistance armée et ceux de certains pays arabes, qui n’ont pas besoin du Hamas autant que ce dernier a besoin d’eux.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 08:41

L’intellectuel bahreïni Al-Musawi lance un appel en faveur de la laïcité et de la séparation de la religion et de l’État : nous avons besoin d’une révolution culturelle

 

L’intellectuel bahreïni Dhiyaa Al-Musawi a appelé à « réformer les notions religieuses et à baisser les taux de cholestérol [idéologique] qui bouchent nos veines », ajoutant que, sur le plan idéologique, « nous, dans le monde arabe, sommes [encore] au point où se trouvait l’Occident au Moyen Age ». Interviewé par la chaîne saoudienne Khalijiyya, Al-Musawi a lancé un appel en faveur de la laïcité, affirmant que « les gens présentent la laïcité comme une bombe à retardement et comme un croque-mitaine », alors que « comme en Occident, nous devrions sanctifier les libertés personnelles ». L’interview a été diffusée le 23 avril 2017. Extraits :

Journaliste : Pourquoi avez-vous cessé de porter le turban religieux ?

Dhiyaa Al-Musawi : Car je pensais que cela me restreignait. Certains disaient : Comment un homme qui porte un turban va au centre commercial ? Comment un homme avec un turban écoute de la musique ou porte des vêtements à la mode ? Oui, je m’en souviens de notre précédente interview. Je me suis rendu compte que l’objectif du port du turban est totalement mal interprété.

Journaliste : Que voulez-vous dire ?

Dhiyaa Al-Musawi : La religion n’est pas contre la beauté. La religion n’est pas contre la créativité, ni contre les femmes, ni contre la vie. Le problème, c’est qu’ils ont mis dans la tête des gens que la religion équivaut à l’isolement cellulaire et que les gens doivent s’envelopper dans une certaine religion ou confession. Ils essaient de prendre en otage le Paradis, et d’en faire le monopole d’une certaine religion ou d’une certaine confession. Moi, pour ma part, je crois au Paradis de l’Homme. Je suis donc convaincu que si ce sont les restrictions… Rien n’est plus beau que la liberté de l’Homme. [Le poète] Adonis a déclaré : « La pire prison n’a pas de murs. » Vous n’avez pas vraiment besoin de vivre dans une cellule de prison. La culture et l’idéologie peuvent être les pires cellules de prison qui confinent un être humain. […]

Journaliste : Soutenez-vous la séparation de la religion et de l’Etat ?

Dhiyaa Al-Musawi : Bien sûr. Pourquoi voulons-nous séparer la religion de la politique ? Si vous donnez à une certaine religion ou confession le contrôle sur les lois étatiques, où iront les chrétiens ? Ou les juifs ? Ou même des musulmans d’autres confessions ?

Journaliste : Ils peuvent vivre en tant que minorités.

Dhiyaa Al-Musawi : Oui, ils peuvent vivre en minorités persécutées et être considérés comme des citoyens de quatrième ou cinquième zone, et nous connaîtrons les mêmes problèmes qui existaient en Occident au Moyen Age. Sur le plan idéologique, nous, dans le monde arabe, en sommes là où l’Occident était au Moyen Age. Nous avons des cheikhs que nous vénérons comme des idoles, et ils décident pour nous de la façon dont nous devons penser dans le domaine des mathématiques, des sciences nucléaires, de la psychologie… Comme je l’ai déjà dit, le cheikh est comme une tomate. Vous le trouvez dans chaque plat.

Journaliste : Vous ne pouvez pas vous en passer.

Dhiyaa Al-Musawi : Exact, il est l’un des ingrédients de base. Nous avons été pris en otages au nom de la religion. La religion est très simple. Elle appelle à la beauté, à l’amour, à l’humanité, c’est tout.

Journaliste : Je suis sûr que vous n’aimez pas les tomates… […]

Dhiyaa Al-Musawi : La philosophie appelle à déconstruire la réalité puis à la reconstruire. Nous, dans le monde arabe, devons déconstruire cette culture. Nous souffrons d’une gangrène culturelle. Nous devons amputer cette culture et construire une nouvelle culture dans son sillage. […] La religion est une relation personnelle entre l’individu et son Créateur.

Journaliste : Qu’en est-il de toutes les pratiques…

Dhiyaa Al-Musawi : Elles doivent être soumises au droit civil dans chaque pays. C’est pourquoi j’appelle à la laïcité dans le monde arabe. Je dis cela haut et fort : la laïcité est la solution. Les gens présentent la laïcité comme une bombe à retardement, un croque-mitaine. […]

Ils affirment que la laïcité rime avec prostitution, permissivité religieuse, faillite spirituelle… Non. Nous parlons de laïcité au niveau de l’Etat, de séparer la religion de l’État. Ce que cela signifie, c’est qu’il existe une loi qui régit les relations entre les gens. Quant à vos relations avec votre Créateur, vous avez des mosquées et d’autres lieux de culte, où vous pouvez accomplir les rites. […]

Les endroits les plus laïcs seront Mossoul et l’Iran. Ils se tourneront vers la laïcité. J’espère qu’ils n’iront pas jusqu’à l’athéisme, en réaction à l’effondrement de leur idéal. Nous avons des précédents historiques. La France avec toutes les églises, et Rome et l’Italie… Ils ont atteint une sorte d’athéisme en raison de l’effondrement de l’idéal. Si vous dites aux gens que l’islam, ou toute autre religion, appelle aux meurtres, aux massacres, aux bombardements, etc., il y a forcément une réaction lorsqu’ils constatent que ce n’est pas vrai. […]

C’est pourquoi nous appelons à des réformes. Ce n’est pas la religion qui appelle à la culture de la mort. Nous demandons que la religion soit filtrée. Nous avons besoin d’un bulldozer culturel qui démolira les causes de l’extrémisme dans le monde arabe et ailleurs. Nous devons réformer les notions religieuses et baisser les taux de cholestérol [idéologique] qui bouchent nos veines. Ils ont transformé notre religion en un effrayant croque-mitaine. Les mots « Allah Akbar » devraient apporter la sérénité dans nos cœurs, mais quand les gens entendent le cri « Allah Akbar! », ils pensent immédiatement que quelqu’un tue quelqu’un d’autre. […] J’appelle à une révolution culturelle dans le monde arabe, menée par les philosophes.

Journaliste : Il y a eu des révolutions arabes. Tout le monde est descendu dans la rue…

Dhiyaa Al-Musawi : C’était une révolution [menée par] l’islam politique. Ce n’était pas une révolution civile. C’était une révolution politique submergée par l’idéologie : les Frères musulmans, le mouvement Al-Wefaq, les Houthis… Vous ne vouliez pas des régimes [arabes] qui, malgré tout ce qu’ils comportaient de mauvais, octroyaient un minimum de libéralisme et de changement, puis vous obtenez un cheikh et en faites mon président et mon guide ? C’est tout ce qu’il nous faut – plus de guides. Le monde est rempli de guides qui le détruisent. Ils vous disent que c’est exactement comme la Révolution française. La Révolution française et les autres révolutions en Europe étaient menées contre les religieux. Elles ont posé les fondements philosophiques de la séparation entre l’Église et l’Etat. […]

Plus d’un million de personnes ont été tuées dans le soi-disant « Printemps arabe », plus de 800 billions ou milliards de dollars ont été perdus, il y a plus de 14 millions de réfugiés, sans parler de l’infrastructure détruite, des veuves, des orphelins, des rêves brisés… Quel genre de printemps apporte de telles catastrophes ?

Journaliste : Il s’est transformé en un printemps imbibé de sang…

Dhiyaa Al-Musawi : Exact, et pourquoi ? Pour une raison : il n’y avait pas… Nous avons besoin d’une révolution culturelle. […]

Les gens continuent de débattre pour savoir s’il s’agissait d’un « Printemps » arabe, ou s’il y avait « d’autres » responsables, si quelqu’un l’a conçu… [Ils disent] que les pays d’Europe et de la région s’évertuent à répandre les catastrophes et les crises dans le monde arabe, pour en extraire un peu plus de pétrole…

Journaliste : Même s’il y avait un complot, ce sont les Arabes qui ont causé la destruction.

Dhiyaa Al-Musawi : C’est parce que la mentalité arabe repose toujours sur la violence. […] Le libéralisme concerne votre relation personnelle avec Dieu. Il s’agit de transformer votre pays en patrie pour tous et de votre relation avec Dieu. Il s’agit de séparer le gouvernement des notions religieuses et de jouir de libertés personnelles. C’est quelque chose que je considère comme sacré. Chaque être humain a son propre jardin privé, où il peut pratiquer ses propres croyances, et personne n’a le droit d’espionner les autres derrière la porte. Par conséquent, je ne crois pas en la théorie qui prétend « ordonner le bien et interdire le mal » [Coran, 3-110, N.d.T.], sous la forme d’une police religieuse des mouvements islamiques dans le monde arabe. « Ordonner le bien et interdire le mal » est déterminé par la loi. Vous ne pouvez pas dire aux gens ce qu’il faut porter, comment se couper les cheveux, quelle musique ne pas écouter. Vous n’êtes pas un dieu, et vous n’avez pas été envoyé par Dieu. Comme l’a dit [feu le poète syrien] Mohammed Al-Maghout : « Notre problème n’est pas avec Dieu, mais avec ceux qui prétendent être Ses successeurs. » Par conséquent, les libertés personnelles pour les femmes et les hommes doivent être considérées comme sacrées. Personne ne peut venir, émettre une fatwa, imposer des restrictions à quelqu’un d’autre et décider comment il devrait vivre. Comme en Occident, nous devons sanctifier les libertés personnelles, afin que nul ne puisse s’ingérer dans ce que vous portez, mangez ou pensez, tant que cela ne va pas à l’encontre de la loi étatique. […]

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 01:23

USA : Le poste de délégué du Département d’Etat à la lutte contre l’antisémitisme ne doit pas être supprimé

 

Le mois dernier, il a été rapporté que le premier budget du président Trump pourrait ne pas englober le poste de délégué spécial du Département d’Etat en charge de la surveillance et de la lutte contre l’antisémitisme, et le Bureau de surveillance et de lutte contre l’antisémitisme. Le 15 mars 2017, le budget a été rendu public : il inclut une réduction de 18 millions $ (29 %) du budget du Département d’Etat. A ce jour, aucune information n’a été divulguée concernant le fait de savoir si ce poste et cette organisation seront concernés – ou non – par cette réduction budgétaire.

2004 : un bureau créé pour lutter contre l’antisémitisme

Ce bureau a été créé par une Loi de 2004 (Global Anti-Semitism Review Act of 2004) (H.R. 4230), dans laquelle MEMRI a joué un rôle. Cette loi demande “l’inclusion dans les rapports du Département d’Etat d’informations concernant les actes d’antisémitisme dans le monde”, en référence aux Rapports sur les pratiques relatives aux Droits de l’homme et sur la liberté religieuse dans le monde. Cette loi fut proposée par l’ancien membre du Congrès démocrate Tom Lantos, seul survivant de la Shoah à avoir fait partie du Congrès. Elle était destinée à freiner l’augmentation alarmante de crimes racistes contre les Juifs et les institutions juives dans le monde entier. Selon cette loi, un “bureau permanent au Département d’Etat pour surveiller et combattre l’antisémitisme” devait voir le jour et “le Département d’Etat se devrait de consigner de manière approfondie les actes d’antisémitisme et l’incitation à l’antisémitisme” dans le monde.

Ce nouveau bureau serait responsable de la “surveillance et de la lutte contre l’antisémitisme et l’incitation à l’antisémitisme dans les pays étrangers” et devrait apporter “une évaluation et une description de la nature et de l’étendue des actes d’antisémitisme et d’incitation à l’antisémitisme qui se produisent dans les pays étrangers, y compris des descriptions… de la propagande des médias gouvernementaux et non gouvernementaux et d’autres sources dans les pays étrangers qui tentent de justifier ou de promouvoir la haine raciale ou incitent à commettre des actes de violence contre le peuple juif, et les mesures, le cas échéant, prises par les gouvernements desdits pays pour répondre aux actes de violence et attaques et pour éliminer cette propagande et cette incitation”.

Signée par le président Bush en octobre 2004, la Loi faisait référence aux travaux de MEMRI à plusieurs reprises, notamment en référence à la diffusion gouvernementale de livres antisémites, parmi lesquels ceux traitant de conspirations juives et les Protocoles des Sages de Sion. (…)

MEMRI a travaillé avec les trois délégués spéciaux à la surveillance et la lutte contre l’antisémitisme

Pendant presque deux décennies, MEMRI a aidé le Département d’Etat dans de nombreux domaines, y compris celui de la lutte contre l’antisémitisme dans le monde arabe, en Iran, en Asie du Sud-Est et dans en d’autres parties du monde musulman. En août 2011, MEMRI a reçu une bourse du Département d’Etat de 200 000 $ pour l’aider à développer et améliorer les rapports du Département sur l’antisémitisme dans le monde arabe et musulman.

MEMRI a travaillé et aidé les trois Délégués – Gregg Rickman (2006-2009), Hannah Rosenthal (2009-2012) et Ira Forman (2013-2017) – et peut attester du fait que leur travail a été toujours approfondi, essentiel, voire vital. Chacun d’eux a évidemment œuvré dans le cadre des contraintes politiques de l’administration qu’il servait.

Les délégués spéciaux, qui ont été désignés par les administrations démocrates et républicaines, ont également participé aux événements annuels de MEMRI qui mettent en évidence les contenus antisémites les plus significatifs des médias arabes et iraniens. Avant le lancement de ces événements annuels par MEMRI, le délégué Gregg Rickman s’était exprimé lors d’un précédent événement de MEMRI à Capitol Hill : il a donné un exposé le 1er mai 2007 sur la négation de la Shoah au Moyen-Orient et dans le monde musulman, organisé par les députés Steven Rothman and Eric Cantor.(…)

La déléguée Hannah Rosenthal, dans son discours lors de la troisième conférence Lantos le 27 juillet 2011, a souligné combien essentiels les travaux de MEMRI étaient pour son travail, affirmant qu’elle « ne pouvait exprimer par des mots l’utilité des contenus MEMRI pour le travail » [qu’elle] accomplissait « en tant que Délégué spécial ». Elle a ajouté : « J’ai eu la possibilité et l’honneur dans ce travail extraordinaire de rencontrer des ministres de l’Education, de la Culture ou de l’Information. Et je me suis focalisée sur les manuels scolaires saoudiens. Et j’ai reçu des engagements, et je vais les prendre au mot maintenant, [pour m’assurer] que les textes [originaux] cités par MEMRI seront modifiés. Qu’il y aura une formation des enseignants. Je n’ai pas obtenu d’engagement de la Jordanie m’assurant que les écoles incluront des cours sur la Shoah ou qu’elles enseigneront au moins que la Shoah a bien eu lieu. Le ministre de l’Education m’a regardé droit dans les yeux et a dit : « Mais nous n’enseignons pas que cela ne s’est pas produit… » Et partout où je suis allée, c’est grâce à la documentation dont je dispose grâce à MEMRI et à la Fondation Lantos que j’ai pu révéler la réalité, documents, vidéos, mots, citations à l’appui. De sorte que l’on ne peut pas regarder en face et affirmer : ‘nous n’avons pas d’antisémitisme ; n’en avons jamais eu et n’en aurons jamais’…” (voir la vidéo de ses déclarations ici, en lire la transcription en anglais ici).

Lors de la cinquième Conférence de MEMRI à Capitol Hill, le délégué Ira Forman a remercié MEMRI et affirmé : « La moitié de mon travail consiste à être aux aguets de l’antisémitisme. L’autre moitié, bien entendu, est de le combattre… Les contenus MEMRI que nous obtenons régulièrement, et chaque année, sont essentiels à notre travail, et sont intégrés au… rapport sur les Droits de l’homme, que nous allons obtenir en février, et le rapport sur la liberté religieuse dans le monde ». Il a ajouté : “En Europe aujourd’hui, nous voyons des partis bénéficiant d’une importante représentation parlementaire être ouvertement xénophobes, antisémites, parler de crimes rituels au parlement, évoquer les Protocoles des Sages de Sion – des partis comme l’Aube dorée en Grèce, Jobbik en Hongrie, et – c’est l’élément crucial – les milices de rue. Quand avons-nous vu cela pour la dernière fois ? En 1933, avant la prise du pouvoir par les nazis en Allemagne.

Un bureau de surveillance et de lutte contre l’antisémitisme renforcé sous la présidence Trump pourra contribuer de manière significative à la lutte globale contre l’antisémitisme – et MEMRI pourra l’aider (…)

Sans doute le président Trump et les membres de son administration n’ont pas réalisé qu’une partie importante des contenus antisémites révélés par MEMRI encouragent aussi le djihad, et sont directement liés à l’islam radical. Aussi, les travaux de MEMRI contribuent à l’une des principales missions déclarées de cette administration : le combat contre l’islam radical. Le maintien du Bureau de surveillance et de lutte contre l’antisémitisme et de son Délégué pourront aussi aider cette administration à développer des liens avec les réformistes arabes et musulmans qui s’expriment contre l’antisémitisme et sont les alliés naturels des Etats-Unis.

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 01:20

Une série télévisée jordanienne se réfère aux Protocoles des Sages de Sion : les traîtres juifs sont les maîtres du monde

 

 

En avril 2017, la chaîne télévisée jordanienne Prime a diffusé une série en trois parties sur Les Protocoles des Sages de Sion, commentée par le directeur général de Dyar Media, Ayed Alqam, également cinéaste et acteur. Dans la série, Alqam déclare que les Juifs sont « un peuple ostracisé et honni », réputés « pour leurs mensonges, leur ruse, leur fourberie et les conflits qu’ils sèment ». Alqam a cité les « Protocoles » en ces termes : « Nous sommes les maîtres et les corrupteurs du monde. Nous sommes derrière les conflits qui y règnent, et nous en sommes également les bourreaux. » Extraits :

Ayed Alqam : Les Ottomans régnaient sur les pays situés entre le Nil et l’Euphrate en ce temps-là, ou disons plutôt que les pays situés entre le Nil et l’Euphrate appartenaient aux Ottomans, et c’est exactement ce dont rêvent les Juifs. […]

Les Juifs ont commencé à migrer d’Europe de l’Ouest vers l’Europe de l’Est. Les Juifs étant un peuple ostracisé et honni, qui représentait une menace pour la sécurité de ces pays, réputés pour leurs mensonges, leur ruse et leur fourberie, et pour semer des conflits, ces pays redoutaient ce peuple traître. Ils devaient trouver une solution pour ce peuple. Ils voulaient se débarrasser d’eux par tous les moyens possibles. […]

Plusieurs auteurs ont contribué aux Protocoles. Les Juifs s’acharnaient contre ce livre, Les Protocoles des Sages de Sion. Lorsqu’un exemplaire était publié, ils le brûlaient, afin que le monde ne puisse découvrir leurs complots criminels infernaux. […]

Ils disent : « Nous, les Juifs, ne sommes autres que les maîtres du monde. » C’est dans leur livre, Les Protocoles de Sion. Quand il développent, ils disent : « Nous sommes les maîtres et les corrupteurs du monde. Nous sommes derrière les conflits qui y règnent, et nous en sommes également ses bourreaux. » […]

« Premier protocole : anarchie, libéralisme, révolutions et guerres. L’idée est qu’il est préférable pour nous que les conflits, la violence et le terrorisme règnent. La liberté n’est pas une réalité. C’est un concept que nous utilisons pour appâter les masses. » C’est dans le premier protocole. Effectivement, nous l’avons vu à l’oeuvre lors des révolutions [arabes] : liberté, liberté, liberté…

« 4e protocole : détruire la religion et contrôler le commerce. Nous placerons les gens régis par la foi sous la protection de leurs autorités religieuses, et nous en finirons avec eux. L’Eglise orthodoxe, l’Eglise papale… Nous contrôlerons l’économie et récolterons tout l’argent, afin que les ressources mondiales nous appartiennent à nous et à personne d’autre. La rivalité entre les commerçants grandira, tant et si bien qu’ils perdront leurs valeurs morales, et deviendront des êtres au cœur dur, qui haïssent la religion et la politique. » C’est ce que nous subissons aujourd’hui. C’est dans le quatrième protocole. Nous allons continuer, mais je veux simplement signaler, chers téléspectateurs, que nous souffrons du coût élevé de la vie. Le coût de la vie dans tous les pays arabes est élevé. Tout le monde s’en plaint, dans tout le Moyen-Orient, ainsi que de la cupidité des commerçants et de leur monopole de l’approvisionnement alimentaire. Le [quatrième] protocole est en cours d’exécution. Les gens ont oublié la religion au profit de l’argent.

Le septième protocole parle de déclencher des guerres mondiales : « Pour y parvenir, nous devons avoir une armée puissante et une force de police loyale. Nous déclarerons la guerre à tout pays qui s’opposera à nous. Si nos voisins nous trahissent et unissent leurs forces contre nous… » Dans ce protocole, ils parlent de ce qui arrive si les pays unissent leurs forces contre eux. S’ils combattent un pays et que leurs voisins s’y rallient… Dans ce cas, il y aura la guerre. Ils disent qu’ils veulent déclencher une guerre mondiale. Permettez-moi de rassurer les Arabes : il n’y aura pas de Troisième Guerre mondiale, car les protocoles le disent clairement : « Dans le cas où les pays arabes uniraient leurs forces… » Naturellement, il est impossible que les pays arabes unissent leurs forces, et par conséquent, il n’y aura jamais de guerre mondiale. […]

A la fin du septième protocole, il est dit : « Si tout le monde unit ses forces à l’Europe pour nous combattre, nous riposterons avec des canons américains, ou chinois, ou japonais. »

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 01:16

Des opposants du régime syrien fustigent un officiel du Fatah qui a félicité Assad à l’occasion du Jour de l’Indépendance

 

A l’occasion du Jour de l’Indépendance syrien, le président syrien Bachar Al-Assad a reçu des messages de félicitations de plusieurs dirigeants du monde, et notamment du secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres.[1] Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, le message de Guterres ne mentionnait pas la crise syrienne, mais appelait simplement le régime syrien à « aider à construire une ONU plus forte et à accroître les efforts conjoints pour garantir la paix, le développement et les droits de l’homme pour tous ».[2] Parmi les auteurs de messages de félicitations figurait également Abbas Zaki, membre du Comité central et du Conseil révolutionnaire du Fatah, qui a félicité Assad dans une lettre au nom de son mouvement. Dans sa lettre, il a exprimé son soutien au peuple syrien et à son combat contre les « organisations du terrorisme et du tafkir » et contre « le grand complot qui vise à détruire la Syrie ».

Abbas Zaki est réputé pour être un partisan du régime syrien. Il a soutenu le régime pratiquement depuis le début de la crise, et a visité Damas à plusieurs occasions, au nom du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, entre autres dans le cadre de tentatives visant à résoudre la situation dans le camp de réfugiés palestiniens d’Al-Yarmouk en Syrie.[3]

La lettre d’Al-Zaki à Assad a suscité de vives condamnations des opposants syriens et des autres adversaires, qui l’ont qualifié d’acte de trahison. Extraits de la lettre et des réactions critiques.

Abbas Zaki à Bachar Al-Assad : Nous sommes à vos côtés dans votre combat contre les organisations terroristes et leurs partisans

Le 19 avril 2017, le membre du Comité central et du Conseil révolutionnaire du Fatah, Abbas Zaki, a envoyé une lettre à “l’honorable frère Bachar Al-Assad”, le félicitant à l’occasion du Jour de l’Indépendance de la Syrie. Il a écrit : “En mon nom et en celui de mes collègues membres du Comité central et du Conseil révolutionnaire du Fatah, j’ai l’honneur d’adresser mes félicitations et mes meilleurs vœux, à vous et au peuple syrien… Le peuple syrien, qui a fixé des normes d’héroïsme et de sacrifice, et a combattu l’impérialisme français durant des décennies jusqu’à son départ… est capable de vaincre les organisations du terrorisme et du tafkir et tous ceux qui les soutiennent et les aident.

Nous soulignons le fait que notre peuple palestinien se tient aux côtés de nos frères syriens dans leur combat contre le grand complot qui vise à détruire la Syrie, à la diviser et à disperser son peuple. Nous sommes certains et convaincus que la Syrie vaincra les gangs armés grâce aux capacités de son grand peuple et de sa courageuse armée, et que la sécurité prédominera de nouveau [dans le pays]… » [4]

Des opposants syriens : C’est une trahison du sang syrien et palestinien

Des opposants syriens ont vivement condamné Zaki pour avoir envoyé la lettre, affirmant qu’il avait trahi tant le peuple syrien que les Palestiniens du camp d’Al-Yarmouk, qui ont souffert de la politique de siège et de famine employée par le régime syrien dans son combat contre les forces d’opposition dans la région, politique à laquelle Zaki ne s’est pas opposé en public.[5] Selon un article sur le site d’opposition syrien eldorar.com, la lettre est « un acte de trahison contre le sang syrien et palestinien », et le Fatah « ignore les crimes commis par Al-Assad et par ses forces contre le peuple syrien et les réfugiés palestiniens en Syrie ».[6]L’opposant syrien Bassam Jaara a tweeté : « Il est tout naturel que le mercenaire à quatre sous Abbas Zaki, qui a vendu le sang des Palestiniens du camp [de réfugiés] d’Al-Yarmouk, attaque notre peuple [syrien]… » [7]

 

L’opposant syrien Subhi Hadidi a accusé Abbas Zaki « de vénérer le criminel de guerre Al-Assad, en son nom et en celui des autres membres du Comité central et du Conseil révolutionnaire de ce qui reste des vestiges du Fatah ». [8]

 

Un éditorialiste saoudien : Les dirigeants palestiniens, qui soutiennent l’oppression, sont devenus un fardeau pour la cause palestinienne

Suite aux réactions à la lettre de Zaki, l’éditorialiste saoudien Daoud Al-Shiryan a écrit un article virulent dans le quotidien londonien Al-Hayat, dans lequel il a comparé le soutien à Assad des dirigeants palestiniens actuels à celui de l’OLP à l’occupation du Koweït par Saddam Hussein en 1990. Il a écrit que les dirigeants palestiniens saisissent mal la politique et des réalités de la région, et adoptent des positions dénuées de principes, qui accroissent l’isolement politique des Palestiniens.

Selon Al-Shiryan : « Affirmer que l’Organisation de Libération de la Palestine [OLP] comprend la politique est faire injustice à la politique et aux politiciens. L’OLP a été créée au Koweït en 1965 [sic]. Pendant des décennies et jusqu’à ce jour, le slogan du ministère koweïtien des Affaires étrangères était : ‘Nous soutenons toutes les positions palestiniennes.’ Mais 25 ans après [la création de l’OLP], son chef, Yasser Arafat, a renié le rôle du Koweït et soutenu l’occupation irakienne du Koweït. Et la semaine dernière, l’OLP a renoué avec ses mauvaises habitudes. Elle a ignoré le massacre perpétré par le régime syrien contre le peuple syrien et félicité Bachar Al-Assad à l’occasion du Jour de l’Evacuation.[9] Occultant le fait que le peuple syrien a soutenu le peuple palestinien et lui a octroyé des droits, [l’OLP] a couvert Assad d’honneurs. Elle aurait pu saisir cette opportunité pour exprimer une position morale vis-à-vis du peuple syrien, mais malheureusement elle ne l’a pas fait.

Au départ, l’Autorité palestinienne soutenait la révolution syrienne, mais aujourd’hui, nous nous apercevons que ce n’était pas un soutien moral et mû par des principes au peuple syrien et à sa révolution juste, mais plutôt une [tentative] provisoire de céder aux volontés [de l’Arabie saoudite], qui s’oppose aux slogans de la soi-disant résistance que le régime syrien et ses alliés vendent depuis des décennies. Mais au fil du temps, la [nature véritable de l’OLP] l’a emporté sur les caractéristiques qu’elle avait [momentanément] adoptées.

Il semble que [plusieurs facteurs] – [à savoir] le combat des Palestiniens pour obtenir le soutien de certains régimes arabes, l’absence d’une perception palestinienne claire concernant les négociations [avec Israël] sur un règlement définitif et les tentatives de certains pays arabes en faveur de la révolution populaire syrienne [à savoir l’Arabie saoudite] d’intervenir dans cette organisation palestinienne – sont à l’origine de la confusion qui a engendré ce message de félicitations. Il est difficile de se défaire des habitudes acquises dans l’enfance, [comme dit le dicton]. Le soutien [de l’OLP] à Al-Assad aujourd’hui n’est pas différent du soutien à Saddam Hussein en 1990. Les deux cas reflètent une absence totale de principes.

Si Syrie a sans nul doute la plus grande influence sur la cause palestinienne… la situation dans la région ne requiert pas cette cour diplomatique [faite à Assad], qui est malvenue et pourrait renforcer le siège politique des Palestiniens.

Ce qui est certain, c’est que les dirigeants palestiniens sont une fois de plus devenus un fardeau pour la cause palestinienne. Ayant abandonné les slogans de lutte et échoué dans leur politique, ils ne cessent de soutenir les oppresseurs.[10]

 

L’article de Daoud Al-Shiryan.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Assad a également reçu des félicitations des dirigeants d’Algérie, du Liban, d’Irak, de Corée du Nord, d’Inde et de Cuba. Al-Watan (Syrie), 18 avril 2017.

[2] SANA (Syrie), 23 avril 2017.

[3] Sur la crise à Al-Yarmouk, voir Enquête et analyse de MEMRI N° 1069, Syria Regime’s Tactic Against Opponents: ‘Surrender Or Starve’, 13 février 2014.

[4] Facebook.com/337638652954832, 20 avril 2017.

[5] Sur la politique de “reddition ou famine” employée par Assad contre ses opposants, voir Enquête et analyse de MEMRI n° 1069, Syria Regime’s Tactic Against Opponents: ‘Surrender Or Starve’, 13 février 2014.

[6] Aldorar.com, 21 avril 2017.

[7] Twitter.com/BassamJaara, 20 avril 2017.

[8] Twitter.com/SubhiHadidi, 20 avril 2017.

[9] Le Jour de l’Indépendance syrien est également nommé “Jour de l’Evacuation”, car il marque l’évacuation finale des forces françaises de Syrie le 17 avril 1946.

[10] Al-Hayat (Londres), 23 avril 2017.

 

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