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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 05:44

Un éditorialiste d’Al-Sharq Al-Awsat : Dans les pays arabes, les loyautés communautaires et tribales l’emportent sur la notion de citoyenneté

 

Dans un article intitulé « Qui nous sommes », publié dans le quotidien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat, l’homme d’affaires et personnalité médiatique Hossein Shobokshi écrit que, si dans les pays occidentaux les citoyens ont le sens de leur identité nationale, dans les sociétés arabes, les loyautés tribales et communautaires l’emportent souvent sur l’unité nationale. En conséquence, a-t-il affirmé, les pays arabes n’ont pas réussi à « garantir des droits et à instaurer le concept d’une ‘citoyenneté authentique’ pour tous sans discrimination… ». L’article traduit ci-dessous a été publié dans l’édition anglaise du quotidien. [1]

Dans son dernier discours, le dirigeant libyen excentrique Muammar Gaddafi a posé une question exprimant surprise et stupéfaction, et qui nous habite jusqu’à ce jour. Cette question était « Qui êtes-vous ? » et s’adressait à ces personnes « étrangères » aux événements de la région, qui prétendent parler en son nom, au nom de sa population, de son passé, de son présent et de son avenir. [2]

Si cette question est importante, il y a une question plus importante et plus grave encore, qui est : « Qui sommes-nous ? ». En effet, une réponse honnête et pertinente à cette question nous livrerait la clé de nombreuses réponses. Il existe un clair déséquilibre de l’identité en général au sein du monde arabe. Les sociétés ont manifestement échoué à constituer un incubateur civil garantissant les droits et établissant la notion de « citoyenneté véritable » pour tous, sans discrimination claire et visible.

En Occident, un historien américain a posé la même question dans son ouvrage phare intitulé « Qui sommes-nous ? », dans lequel il incite les sociétés occidentales à poser cette question. Aujourd’hui, nous témoignons des « choix » effectués par certaines sociétés. Certaines d’entre elles penchent vers la droite, comme l’Amérique, le Royaume-Uni et l’Italie, tandis que d’autres ont décidé de rester au centre comme l’Allemagne, le Canada, la Suède et l’Autriche.

Les forces communautaires et tribales constituent un obstacle sérieux à l’intégration sociale et à la tranquillité

Le monde arabe dans son ensemble est toujours constitué de deux forces fondamentales : les communautés et les tribus, et ces deux forces sont parfois plus solides que le sens d’appartenance nationale collective. C’est un obstacle à l’intégration sociale et à l’assimilation garantissant la paix nécessaire à la société.

Peut-être l’auteur français d’origine libanaise Amin Maalouf est-il plus important que les livres épais qui traitent de cette question. [3] Maalouf est lui-même un mélange d’identités et de personnalités complexes, et cela se reflète dans son livre crucial, Identités meurtrières, où il aborde les points importantes qui forment l’identité des sociétés libres et sûres. Ces sociétés ne redoutent pas l’assimilation, contrairement aux sociétés fermées, qui combattent et soupçonnent quiconque ne leur ressemble pas.

Il est une danse traditionnelle authentique qui fait désormais partie du patrimoine mondial d’un certain pays arabe, et certaines voix discordantes émettent des doutes concernant ce patrimoine et contestent ce choix [4]. Un autre pays débat de l’identité de ses résidents non arabes et se montre hésitant : ces résidents sont-ils considérés ou non comme faisant partie du pays ? Ce sont des exemples pathétiques et répugnants.

L’identité « limitée » doit ouvrir la voie à une identité « élargie »

Tous ces éléments sont des signes manifestes de déséquilibre de l’identité et de l’incapacité à choisir la réponse la plus aisée. L’identité se « limitera-t-elle » à ce à quoi la société est habituée, par peur de l’inconnu ? Ou bien sera-t-elle « élargie » et englobante, capable de s’accommoder de tous, pour devenir plus riche, plus profonde et plus savante ?

Lorsqu’on envisagera cette question importante et « embarrassante » et qu’on lui apportera une réponse, il sera possible de trouver des solutions véritables à un problème profond. Il reste encore du chemin à parcourir pour arriver à un Etat réellement citoyen, car nous ne voyons encore que des « pays » et non des « patries », et qu’il existe une grande différence entre les deux.

Notes :

[1] English.aawsat.com, 8 décembre 2016. La version arabe a été publiée dans le quotidien à la même date.

[2] Le dernier discours de Gaddafi peut être visionné sur https://www.youtube.com/watch?v=69wBG6ULNzQ.

[3] Maalouf, décoré de la Légion d’honneur, vit en France depuis 1976. Il a récemment été à l’origine d’une controverse dans son pays natal, le Liban, après avoir accordé une interview à la chaîne israélienne i24.

[4] Probablement une référence à la danse saoudienne appelée Al-Ardha Al-Najdi, que l’UNESCO a inscrite sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en décembre 2016. Selon certaines informations, cette décision a suscité une controverse en Arabie saoudite, de nombreux Saoudiens objectant que cette danse serait d’origine africaine et ne faisait pas vraiment partie de la culture saoudienne authentique. Voir par exemple Thenewkhalij.org, 4 décembre 2016.

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 17:34

Dr Yahya Ismail : Ce que les Juifs ont subi des nazis fait ressortir la tolérance de l’Orient islamique

Le chercheur égyptien Dr Yahya Mohammed Abdallah Ismail a déclaré dans une interview télévisée qu’il y avait une dichotomie entre « l’Orient islamique, très tolérant, et l’Occident européen qui, pour des raisons leur étant propres, abhorrait les Juifs ». Selon Dr Abdallah, ancien doyen de littérature et de langue hébraïques à l’université de Mansoura, « les Juifs ont été traités [par les nazis] comme d’autres nations », et l’immense souffrance endurée par les Juifs dans de nombreuses régions européennes « nous conforte, nous, musulmans, dans l’idée que nous sommes tolérants et n’empiétons pas sur les droits des autres ». Dr Abdallah s’est exprimé sur la Deuxième chaîne télévisée égyptienne le 2 décembre 2016. Extraits :

Dr Yahya Ismail : Afin de se débarrasser des Juifs européens… Il y avait une coopération très rapprochée entre le nazisme et le sionisme, pour tenter de résoudre la question juive en Europe. Pour se débarrasser de ces… Ils contrôlaient l’intérieur de l’Europe. Les lois de Nuremberg, écrites en 1935, si je me souviens bien – avant… ou plutôt pendant le Troisième Reich et le règne nazi – statuaient très clairement : « Si les Juifs avaient leur propre pays, il n’y aurait pas eu de problème juif en Europe aujourd’hui. » Ainsi, il y avait une dichotomie : l’Orient islamique, qui était très tolérant, et l’Occident européen qui, pour ses propres raisons, détestait les Juifs, mais néanmoins, a scellé une coalition d’intérêts impérialiste avec eux par la suite.

Journaliste : Concernant la souffrance et la persécution, l’Occident n’a-t-il persécuté que les Juifs, ou peut-être l’idée des Juifs visés… Jusqu’à ce jour, le sionisme mondial profite largement de la diffusion de cette conception. Le nazisme, en tant qu’idéologie et que pensée politique, ne visait pas que les Juifs, mais les Allemands eux-mêmes – les gens qui souffraient de maladies, etc. Leur objectif était plus d’élever la race aryenne que de s’en prendre aux Juifs. Cela remonte à la Première Guerre mondiale et au rôle que les Juifs ont joué dans la destruction de l’Allemagne, mais ce que je veux dire, c’est que le nazisme n’a pas visé les Juifs per se. Il s’est attaqué à tous les faibles, comme les Gitans, les homosexuels… Ce n’était pas spécifiquement les Juifs.

Dr Yahya Ismail : Les Juifs ont été traités comme les autres nations…

Journaliste : Comme certaines nations européennes…

Dr Yahya Ismail : Oui, évidemment. Ce que vous dites est tout à fait vrai. Nous ne nions pas que dans de nombreuses régions européennes, les Juifs ont énormément souffert. Cela nous conforte dans l’idée que nous, musulmans, sommes tolérants, et n’empiétons pas sur les droits d’autrui.

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 17:30

Un auteur saoudien : la région de l’Ahwaz doit obtenir l’autodétermination ; son occupation par l’Iran n’est pas moins barbare que celle de la Palestine par Israël

 

Régulièrement, le problème de la région de l’Ahwaz en Iran, qui abrite une minorité arabe opprimée aspirant à l’indépendance, est soulevé dans la presse arabe. Le 3 décembre 2016, une conférence internationale sur l’Ahwaz (ou « Ahvaz », forme persanisée de l’arabe « Ahwaz ») a été organisée en Tunisie par le Centre d’études euro-arabes, conjointement avec le Mouvement de lutte arabe pour la libération de l’Ahwaz. Intitulé “Mettre fin à l’occupation et rétablir notre pays – un devoir historique”, elle a réuni des députés, des experts juridiques et des personnalités des médias des pays arabes et du monde entier, ainsi qu’un grand nombre d’activistes ahwazis.

Les orateurs de la conférence ont critiqué la repression iranienne exercée dans l’Ahwaz et appelé l’ONU et les organisations de défense des droits de l’homme à créer une structure pour surveiller le respect des droits de l’homme dans l’Ahwaz et dans d’autres régions iraniennes peuplées de minorités non perses. La déclaration finale de la conférence appelle à prendre la mesure de l’importance de l’occupation iranienne de l’Ahwaz et à la considérer comme une question panarabe, chère au coeur de l’Oumma islamique et centrale à la sécurité arabe, à l’instar de la question palestinienne. Elle a aussi recommandé que la question de l’Ahwaz soit internationalisée, que des préparatifs soient faits en vue de la proclamation d’un gouvernement ahwazi en exil, et que la question des droits du peuple arabe ahwazi à l’autodétermination soit soulevée dans les forums internationaux. Une autre recommandation est l’enseignement du sujet de l’Ahwaz dans les écoles arabes et de s’assurer qu’il soit au programme des forums arabes, notamment au sein de la Ligue arabe.[1]\

 

Image: Aranerdebilli.files.wordpress.com

La semaine suivante, lors d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe tenue les 6 et 7 décembre, le dirigeant du Mouvement de lutte arabe pour la libération de l’Ahwaz Habib Jabr a envoyé une lettre aux pays membres du CCG leur demandant de considérer la question de l’Ahwaz comme le maillon le plus important de la chaîne de résistance arabe au projet perse-iranien. Il leur a demandé de faire en sorte de libérer la région des chaînes de l’occupant iranien et d’éliminer le plan perse, sans quoi l’Ahwaz ne connaîtrait jamais la sécurité ni la stabilité. [2]

Il convient d’observer que fin 2015 et début 2016, les députés des Etats du Golfe ont appelé leurs gouvernements et la communauté internationale à reconnaître la province de l’Ahwaz en Iran comme un “pays arabe occupé” et à apporter une aide à la minorité arabe de l’Ahwaz dans sa lutte pour l’indépendance.[3]

Après la conférence du 3 décembre, également, Abd Al-Mohsen Hilal a abordé dans un éditorial du quotidien saoudien Okaz l’histoire arabe de l’Ahwaz et appelé à adopter les recommandations de la conférence. La question de l’Ahwaz, a-t-il expliqué, est plus ancienne que la question palestinienne, et l’occupation iranienne de l’Ahwaz non moins barbare que l’occupation par Israël de la Palestine.

La conférence en Tunisie (‘Okaz, Arabie saoudite, 4 décembre 2016)

Extraits :

« L’Ahwaz était une terre arabe depuis l’époque du [royaume] d’Elam, il y a environ 4000 ans, durant la période babylonienne, assyrienne, chaldéenne, jusqu’à l’invasion des Achéménides, conduits par Cyrus le Grand, en 539 av. J.C. La domination perse a duré jusqu’à la bataille de Dhi Qar,[4] quand les tribus arabes se sont rendues au royaume de Banu Lakhm,[5] et jusqu’à la conquête islamique [dans la seconde moitié du 7e siècle de l’ère chrétienne]. Après cela, les principautés arabes ont émergé dans la région, l’une après l’autre…

L’Ahwaz arabe est mentionné dans de nombreux livres d’histoire arabe… En 1762, l’explorateur allemand Casten Niebuhr a refusé de reconnaître la désignation par ses contemporains géographes de l’Ahwaz comme une région [contrôlée par] les Perses, qui n’ont jamais dominé la côte et ont été contraints de la laisser sous contrôle arabe. Les Perses ont toujours été une minorité parmi différents groupes ethniques incluant les Arabes, les Kurdes, les Azds et les Baluchis. Le Golfe arabe [c.-à-d. le Golfe persique] était un lac arabe, jusqu’à la trahison par la Grande-Bretagne de son allié, l’émir d’Ahwaz, et le transfert de cette province à l’Iran, dans le cadre du pacte entre les deux pays signé en 1925 pour contrer l’expansion russe. Ce problème est donc plus ancien que le problème palestinien.

Ces deux problèmes représentent un moment historique de faiblesse arabe, après l’effondrement de l’Etat ottoman et la volonté des successeurs de “l’Homme malade [de l’Europe]’ [6] de partager les trésors de la région conformément aux terribles accords Sykes-Picot. En conséquence, l’Ahwaz a été transféré à l’Iran, tandis que la Palestine a été donnée aux Juifs – ce qui a constitué le coup le plus terrible de l’histoire arabe moderne. Ceci parce que 90 % du pétrole et 86 % du gaz naturel consommés par l’Iran viennent de l’Ahwaz, mais [que dans l’état actuel des choses], la vie des Arabes de la région ne s’est pas beaucoup améliorée [par cela].

Il y a une nécessité croissante de reconnaître le problème ahwazi, afin de contrer les efforts de l’Iran pour éradiquer l’identité arabe [de la région] en expulsant ses résidents, en changeant ses caractéristiques et en obscurcissant l’identité arabe. Son nom a été changé d’Ahwaz en Arabistan, puis en Khuzestan ; elle abrite 12 millions d’Arabes, et est aussi étendue que la Syrie, la Jordanie et la Palestine réunies. L’Ahwaz mérite tout notre soutien – et c’est ce que la conférence de Tunisie a demandé, dans le but de mettre fin à l’occupation iranienne, qui n’est pas moins criminelle ou barbare que l’occupation israélienne de la Palestine.

La question de l’Ahwaz mérite la reconnaissance et les droits [de sa population] méritent d’être mentionnés dans les programmes scolaires du monde arabe et musulman ; [de même], la question mérite d’être internationalisée dans l’opinion publique internationale. En outre, la conférence a demandé que cette région ait le droit à l’autodétermination et le droit de constituer un gouvernement en exil reconnu par tous les pays arabes et musulmans, et que les nombreux crimes contre l’humanité commis par l’Iran contre le peuple arabe dans notre [région] arabe d’Al-Ahwaz soient exposés”.[7]

Notes:

[1] ‘Okaz (Arabie saoudite), 4 décembre 2016.

[2] Al-Madina (Arabie saoudite), 7 décembre 2016.

[3] Voir MEMRI Inquiry & Analysis No. 1233, MPs In Gulf Countries Urge Recognition Of Ahwaz Province In Iran As Occupied Arab Country, 9 mars 2016.

[4] Bataille pré-islamique menée au 7e siècle de l’ère chrétienne entre les tribus arabes et l’armée perse sassanide près de Koufa, dans le sud de l’Irak moderne.

[5] Royaume arabe situé au sud de l’Irak moderne.

[6] Expression désignant l’empire ottoman dans ses derniers jours.

[7] ‘Okaz (Arabie saoudite), 5 décembre 2016.

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 17:28

L’intellectuel égyptien Khaled Montaser : L’extrémisme islamique ne découle ni de la pauvreté ni de l’ignorance ; notre interprétation de notre religion est en conflit avec la modernité

L’intellectuel égyptien Dr Khaled Montaser a déclaré que si l’extrémisme était autrefois considéré comme une conséquence de la pauvreté ou de l’environnement, il convenait d’expliquer sa présence au sein des musulmans belges ou français. « Il existe un problème dont nous devons prendre conscience : notre interprétation de notre religion est en conflit avec la modernité », a-t-il affirmé. Alors que les adeptes d’autres religions, comme le bouddhisme, s’intègrent aux sociétés dans lesquelles ils vivent, les musulmans « tiennent à clamer qu’ils sont les seuls détenteurs de la vérité, qu’ils sont les meilleurs, les seuls à être épargnés des flammes de l’Enfer ».

« Nous devons admettre… que des éléments de nos livres traditionnels incitent à cela », a estimé Dr Montaser sur la chaîne télévisée Al-Nahar le 12 janvier 2017. Extraits :

Dr Khaled Montaser : Il y a longtemps de cela, à l’époque où j’étais étudiant à l’université, j’ouvrais un livre et j’y lisais que des sociologues comme Saad Eddin Ibrahim soutiennent que tout est dû la pauvreté. Selon eux, cet extrémisme est généré par la pauvreté et l’ignorance. Cela a été démenti avec l’apparition de Ben Laden, l’homme le plus riche d’Arabie saoudite, et d’Ayman Al-Zawahiri, un chirurgien propriétaire d’une villa dans la banlieue d’Al-Maadi.

Journaliste : Inutile de remonter si loin. Qui a manifesté Place Rabea Al-Adawiya ? Des médecins de l’Université américaine et d’autres professeurs. […]

Dr Khaled Montaser : Ainsi, si le problème n’est pas la pauvreté, quel est-il ? Certains disent que l’extrémisme vient de l’environnement dans lequel vous vivez. Alors comment expliquez-vous que des musulmans belges aient perpétré des attentats à la bombe ?

Journaliste : On a appris aujourd’hui que 17 policiers français ont rejoint l’Etat islamique.

Dr Khaled Montaser : Comment expliquez-vous que des musulmans français [rejoignent l’EI] ? Il y a un problème dont nous devons prendre conscience : notre interprétation de notre religion est en conflit avec la modernité.

Journaliste : Pouvez-vous expliquer ceci ?

Dr Khaled Montaser : Les membres de toutes les religions – le bouddhisme et toutes les autres – savent comment s’intégrer aux sociétés dans lesquelles ils se trouvent. Nous devons nous demander pourquoi les musulmans… J’essaie de ne pas généraliser, mais regardez les exemples suivants : lorsque les musulmans s’installent à l’étranger, ils tiennent à construire des minarets.

Journaliste : Ils tiennent à « salafiser » ce pays.

Dr Khaled Montaser : Ils tiennent à installer un microphone. Même si les mosquées sont spacieuses, ils tiennent à rouler leurs tapis de prière et à s’asseoir sur le trottoir.

Journaliste : A New York, ils vendent les bâtonnets dentaires miswak, et je ne sais quoi encore.

Dr Khaled Montaser : Ils tiennent à clamer leur [appartenace à leur] religion haut et fort : « Je suis un musulman ! » Ils faut toujours qu’ils crient qu’ils sont les seuls détenteurs de la vérité, qu’ils sont les meilleurs, les seuls épargnés par les flammes de l’Enfer. Ils emportent ces idées avec eux où qu’ils aillent.

Journaliste : Au Danemark, nous avons vu des membres du [parti] salafiste Hizb ut-Tahrir postés devant les surnes, s’efforcer de dissuader les musulmans de voter, car le Danemark est un pays infidèle.

Dr Khaled Montaser : Je suis allé aux Pays-Bas avec un ami, et j’ai rencontré un musulman du Maroc qui avait 11 enfants. Cet homme appelait à y créer des écoles islamiques séparées. D’où vient cet extrémisme ? Chers amis, nous devons admettre – comme notre président l’a souvent dit – qu’il existe des éléments dans nos livres traditionnels qui incitent à cela. Nous devons l’admettre.

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 23:37

Un auteur irakien : Une fatwa mondiale dénonçant l’extrémisme islamique s’impose

Dans un article publié par le quotidien basé à Londres, Al-Sharq Al-Awsat, l’auteur et journaliste irakien Khalid Al-Kishtainy a appelé à émettre une fatwa contre le terrorisme, approuvée par les érudits islamiques du monde entier, qui serait largement diffusée dans les médias et les lieux publics, et enseignée dans les institutions religieuses et éducatives. Il a écrit que la responsabilité d’éliminer le terrorisme islamique et l’idéologie qui le sous-tend incombe aux musulmans uniquement, et que seuls des efforts constants en ce sens produiront les résultats escomptés. [1] Extraits :

Le 21 décembre [2016], le secrétariat général du Conseil des érudits d’Arabie saoudite a émis une fatwa dénonçant comme infidèles tous les musulmans qui tuent leurs coreligionnaires ou les alliés [des musulmans], dont le sang est protégé et qui ne peuvent être tués [selon la charia]. [Cette fatwa proclame] que quiconque commet un tel acte se rend coupable de l’une des plus graves violations, qui ne peut en aucune manière être justifiée, et qu’il ne pourra entrer au Paradis. Cela constitue un message clair, mais il n’a malheureusement pas bénéficié de la diffusion et de l’attention qu’il mérite. Cette fatwa a été émise [précisément] au moment où je pensais, et où j’appelais, à la publication d’une fatwa mondiale de ce genre, car le terrorisme des extrémistes musulmans s’est transformé en monstre dont l’ombre recouvre le [monde] entier, menaçant toutes les sociétés humaines. Pas un jour ne s’écoule sans que nous n’entendions parler d’une catastrophe [causée par ce terrorisme] ; aucun pays musulman et aucun pays qui intervient dans un pays musulman n’est épargné par [ces attentats].

Le terrorisme des extrémistes musulmans est devenu un fléau notoire, et il appelle par conséquent à une forte réaction. Les autres pays [non musulmans du monde] ont tenté de prendre diverses mesures pour surveiller ces extrémistes musulmans, les pourchasser, effectuer des descentes dans leurs cachettes et arrêter leurs chefs et partisans. Toutefois, la réalité sur le terrain montre que ces efforts ont été futiles, car les partisans d’Al-Qaïda, de l’Etat islamique (EI), de Boko Haram et consorts se sont multipliés et répandus [à travers le monde]… Leur arme principale est leurs croyances déviantes… aussi nous devons les combattre en utilisant la même arme [à savoir l’idéologie religieuse]… [Pour cela], une fatwa mondiale, approuvée par tous les érudits musulmans de tous les pays et de tous les courants [islamiques], s’impose. Ils doivent délivrer une décision importante qui sera diffusée dans toutes les mosquées, écoles, prisons, institutions d’enseignement et armées, et affichée dans les lieux publics. Les enseignants et les religieux la liront à haute voix et l’expliqueront depuis les chaires des mosquées et à la télévision, à la radio, sur Internet et sur les réseaux [sociaux]. Il est important de poursuivre ces efforts – car c’est seulement en répétant avec obstination [ce message], encore et encore, que nous atteindrons les résultats espérés.

Nous devons purger les esprits malades de ces croyances infondées et frauduleuses. C’est une guerre que nous devons mener. Les populations occidentales ne peuvent pas la mener [à notre place] ; la responsabilité nous incombe à nous. Si l’EI atteint ses objectifs en lavant le cerveau des jeunes et [en le remplissant] de poison, nous devons purger [leurs esprits] en utilisant le seul désinfectant véritable, à savoir la foi authentique qui renforce l’esprit et la connaissance.

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 23:35

AQMI revendique l’attentat mortel contre les forces maliennes à Gao, au Mali, et menace d’autres attaques contre les « occupants croisés »

Le 18 janvier 2017, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a publié une déclaration [1] revendiquant l’opération « martyre » contre un camp militaire dirigé par la France et la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali) à Gao, au Mali, perpétrée le même jour.

Selon l’ONU, des dizaines de personnes auraient été tuées dans l’attaque qui visait le camp militaire du MOC (Mécanisme opérationnel de coordination) à Gao. Le camp abrite des forces armées maliennes ainsi que des membres de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). [2]

AQMI a désigné l’auteur de l’attentat comme Abd Al-Hadi Al-Fulani de la Brigade Al-Murabitoun.

AQMI a également mis en garde tous ceux qui collaborent avec les Français : « Par cette opération, nous mettons en garde quiconque serait tenté par la France de rejoindre son alliance, et réaffirmons que nous ne permettrons pas l’installation de casernes et de postes de commandement, ni l’utilisation de patrouilles et de convois [militaires] appartenant à l’occupant français, visant à [combattre] les moudjahidines ou à freiner les musulmans… »

AQMI a également menacé les « forces croisées occupantes » et leurs alliés de nouvelles attaques.

Notes :

[1] Telegram

[2] Minusma.unmissions.org/en/dozens-killed-suicide-attack-against-moc-military-camp-gao, 18 janvier 2017.

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 23:33

Prêche du religieux palestinien Abou Taqi Al-Din Al-Safafi à la mosquée Al-Aqsa : Christophe Colomb a volé les manuscrits des savants islamiques

Dans son prêche à la mosquée Al-Aqsa, le religieux palestinien Cheikh Abou Taqi Al-Din Al-Safafi a déclaré que les érudits islamiques ont devancé l’Occident dans les grandes découvertes scientifiques et que le marin ottoman du 16e siècle Piri Reis avait dessiné une carte qui a « stupéfait la NASA », révélant qu’il a découvert les Amériques avant Christophe Colomb. Christophe Colomb, selon Cheikh Al-Safafi, a « volé les manuscrits des érudits musulmans ». Il a ajouté à propos de l’Occident qu’ils « ne sont rien d’autre que des ‘voleurs’ », et que leur contribution à la science « ne revêt aucune dimension spirituelle, humaniste ou morale » mais est « utilisée uniquement pour servir leurs diables – humains et djinns – et pour détruire l’humanité ». Une vidéo de son allocution a été mise en ligne le 31 décembre 2016. Extraits :

Cheikh Abou Taqi Al-Din Al-Safafi : Le premier qui a dessiné une carte précise du monde était Al-Idrisi. Il l’a dessinée sur un globe, pour montrer que la Terre est ronde. À une époque où, en Occident – qui était encore au Moyen Âge – on tuait ou emprisonnait quiconque prétendait que la Terre était ronde, les savants de la nation islamique étaient honorés par les califes et les sultans du Califat.

Ce que le navigateur ottoman Piri Reis a fait est encore plus étonnant. Il a dessiné une carte qui a stupéfait la NASA. Lorsqu’ils ont trouvé ses cartes et ses manuscrits, ils ont tout d’abord dit qu’ils contenaient quelques erreurs, en les comparant aux cartes des géographes du siècle présent. Mais une fois que la NASA a photographié le monde avec ses satellites, notamment l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud… Il s’est avéré que c’était lui qui avait découvert ce continent, et non, comme on le prétendait, cet Italien, Colomb, censé être un savant, qui a volé les manuscrits des érudits musulmans.

Non seulement il a dessiné… [Piri Reis] est mort en 1513 ap. J.-C. [sic] – ou plutôt, avant… non, désolé, c’était après… après la prétendue découverte par Colomb, l’Espagnol, des deux Amériques. Par ailleurs, Colomb n’a atteint que les îles de l’est de l’Amérique, et ignorait l’existence des deux Amériques. La précision des détails de Piri Reis a stupéfait les savants modernes. En outre, lorsque la NASA a pris ses cartes et les a agrandies sur ordinateur pour les étudier en détail, ils ont constaté qu’il avait indiqué les animaux aquatiques et terrestres, ainsi que les tribus qui vivaient sur ces îles à l’époque. Incroyable ! En outre, il a même indiqué le pôle Sud, qui aurait été découvert il y a seulement un siècle. […]

Quelles sont les connaissances dont se targue l’Occident ? Ce ne sont que des « voleurs ». Evidemment, nous ne nions pas qu’ils ont contribué à la science, l’ont développée et utilisée, mais elle ne sert que des objectifs matérialistes. Il n’y a pas de dimension spirituelle, humaniste ou morale dans leur science. Leur science est utilisée uniquement pour servir leurs diables – humains et djinns – et pour détruire l’humanité.

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 23:31

Un journaliste marocain : Nous avons perdu la guerre contre le terrorisme avant même de l’avoir commencée

Dans un article publié par le quotidien basé à Londres Al-Arab, le journaliste marocain Said Nasheed a dénoncé la politique des régimes arabes envers le terrorisme et l’extrémisme. Il a écrit que, pendant des années, ces régimes ont adopté une politique apaisante et conciliante envers les terroristes et les éléments radicaux, dans le but d’éviter les conflits internes dans leurs pays, et que cela a eu pour conséquence que le monde arabe a perdu la guerre contre le terrorisme. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’une défaite militaire ou politique de ces régimes, mais de la défaite d’une culture tout entière. Extraits : [1]

Cela ne fait aucun doute, nous sommes sur le point de perdre la guerre contre le terrorisme. Nous allons la perdre avant même de l’avoir commencée. Nous ne l’avons clairement pas encore commencée, du moins pas avec le niveau minimal de détermination requis. Rien n’indique notre désir de rejoindre à cette guerre dans un avenir proche ou lointain. Pire encore, lorsque nous nous décidons effectivement à agir, nous faisons le contraire [de ce qui est nécessaire]… Chaque fois que nous avons voulu changer les programmes scolaires, en particulier les programmes religieux, les extrémistes parmi nous ont levé la voix et incité [contre cette intention]. Et qu’avons-nous fait ? Nous avons tremblé de peur et rédigé des programmes scolaires encore pires que les anciens, afin d’éviter tout conflit interne et de le laisser en sommeil jusqu’à la prochaine crise. Nous faisons le contraire [de ce qui est nécessaire].

Dans la guerre que les [organisations] de terrorisme mondial tafkiries nous ont déclarée, les régimes locaux tiennent à conserver la même politique : une [politique] qui étouffe [toute] culture, pensée, connaissance, créativité et débat public, en laisse les intellectuels seuls dans l’arène, à combattre la « sainte ignorance » sans le moindre soutien…

Parfois les régimes [arabes] n’ont pas même de scrupules à trahir les intellectuels éclairés et à les poignarder dans le dos, en les utilisant comme boucs émissaires pour apaiser les gardiens des maisons de prière, dont l’appétit est insatiable…

Notre disposition [à combattre le terrorisme] diminue régulièrement. D’année en année, le nombre des prédicateurs double et celui des intellectuels, des artistes et des poètes diminue. Le nombre des organisations qui se consacrent au prêche [religieux] augmente, tandis que celui des associations dévouées au développement et à la culture baisse. Chaque jour, un nouveau lieu de culte est construit, parfois sans aucune nécessité, tandis que les théâtres, les cinémas et centres culturels ferment leurs portes. Après chaque tentative de réforme, davantage de programmes religieux rejettent la rationalité, et parfois les lois [finalement] adoptées pour combattre le terrorisme sont [en fait] destinées à écraser les progressistes. Aussi, comment voulez-vous gagner la guerre contre le terrorisme ?

Nous avons quasiment perdu la bataille, car nous ne parvenons pas à comprendre sa nature, ou pour être plus précis, car nous nions sa [véritable] nature. Contrairement à ce que certains pensent, par exemple l’administration Obama, ce n’est pas une guerre contre certains dirigeants charismatiques, qui peut être remportée en éliminant ces dirigeants par des mesures militaires ou sécuritaires… Il s’agit plutôt d’une guerre contre une conception très dangereuse, se manifeste de diverses manières… Ce n’est pas un ennemi extérieur, qui peut être vaincu en restaurant notre unité interne, mais plutôt un ennemi qui vient de l’intérieur, de notre sein. C’est davantage une guerre des idées qu’une campagne militaire…

Aujourd’hui, nous devons reconnaître que nous avons perdu la guerre contre le terrorisme. Nous l’avons perdue à l’instant où nous avons laissé des forces extérieures la mener, et attendu que celles-ci échouent pour pouvoir les accuser [de cet échec]. Nous nous sommes contentés d’innocenter [les coupables], en niant [leur culpabilité] et avons même conclu des accords avec les terroristes, afin de ne pas avoir à reconnaître notre défaite… Ce n’est pas simplement une défaite militaire ou politique de la part des régimes, mais une défaite d’une culture tout entière.

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 23:26

L’homme d’affaires jordanien Talal Abou Ghazaleh : MEMRI me considère comme antisémite car je veux nettoyer la Palestine des Juifs

L’homme d’affaires jordanien Talal Abou Ghazaleh a affirmé qu’il existait une « solution facile » au problème palestinien : « Que chaque Palestinien retourne en Palestine et que chaque Juif retourne dans son propre pays ». Lors d’une interview donnée le 9 janvier 2017 sur la BBC en arabe, il a déclaré avoir décidé de ne pas rentrer chez lui à Jaffa, car MEMRI – qui surveille « toutes nos émissions, y compris celle-ci en ce moment » – « considère mes déclarations comme antisémites, parce que je veux nettoyer la Palestine des Juifs ». La vidéo de MEMRI à laquelle fait référence Abou Ghazaleh peut être visionnée ici : Jordanian Businessman Talal Abu Ghazaleh: 9/11 Was Carried Out by the Taliban, Part of a Zionist Scheme; US Sank in Quagmire as a Result of « Jewish Hatred of Americans »Extraits :

Journaliste : Etes-vous retourné à Jaffa ? Etes-vous allé voir votre maison… ?

Talal Abou Ghazaleh : Non. Voulez-vous que je vous dise pourquoi, à cette antenne ?

Journaliste : Pourquoi pas ?

Talal Abou Ghazaleh : Il me faut du courage pour cela. J’ai été interviewé par la chaîne Abou Dhabi TV sur des sujets économiques. A la fin de l’interview, l’animatrice a décidé de m’interroger sur la solution au problème palestinien. Elle a demandé : « Est-ce un cercle vicieux sans solution ? » J’ai dit que la solution était simple. « Quelle est-elle ? », a-t-elle poursuivi. J’ai répondu : « Tout comme les Juifs croient au droit au retour, nous, Palestiniens, croyons au droit au retour. Que chaque Palestinien retourne en Palestine et que chaque Juif retourne dans son propre pays. » Le premier à partir devrait être le ministre des Affaires étrangères israélien actuel, Lieberman, dont le poste est assuré. Je suis disposé à leur obtenir des postes à tous, et à diriger un plan international pour les transférer. Ils n’auront pas à se soucier de passeports ou de visas, car ils ont tous la double nationalité, la citoyenneté israélienne et la citoyenneté de leur pays d’origine.

Il y a en Israël cette organisation appelée MEMRI, qui fait une veille de toutes les émissions, y compris celle-ci en ce moment. Son rôle est de déterminer si des propos qui ont été tenus sont antisémites. Ils considèrent mes propos comme antisémites, car je veux nettoyer la Palestine des Juifs.

Journaliste : C’est donc la raison pour laquelle vous n’êtes pas retourné à Jaffa.

Talal Abou Ghazaleh : Par conséquent, je suis un homme recherché, un antisémite, à leurs yeux.

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 06:41

Pour les douteux - Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unie à la Knesset : Notre identité palestinienne passe avant notre citoyenneté israélienne ; notre intérêt national est la fin de l’occupation et le retour des réfugiés

 

Le 20 novembre 2016, Ayman Odeh, dirigeant de la Liste arabe unifiée, alliance des partis arabes à la Knesset, a participé à une conférence organisée par le Centre palestinien Masarat pour la recherche et la politique. Cette conférence, qui a eu lieu simultanément à Al-Bireh et à Gaza, sous le titre « Réalité et horizons du combat des Palestiniens de 1948 [les Arabes israéliens] », a attiré des dizaines de politiciens, d’universitaires et d’activistes sociaux. Odeh, qui a participé à la conférence depuis Al-Bireh, a abordé les choix politiques des Arabes israéliens, affirmant que, lorsqu’un conflit surgit entre leur identité palestinienne et arabe et leur citoyenneté israélienne, c’est leur identité palestinienne et arabe qui prime, et que c’est la raison pour laquelle ils évitent d’accepter des postes dans les différents ministères israéliens.

Il a ajouté que les Arabes israéliens ont l’obligation de soutenir la lutte palestinienne et ont un intérêt national à voir la fin de l’occupation, la création d’un Etat palestinien et le retour des réfugiés.

Dans un discours prononcé à Ramallah le 10 novembre, lors d’une cérémonie marquant l’anniversaire du décès de Yasser Arafat, Odeh avait expliqué que les Arabes israéliens étaient des Palestiniens au plein sens du terme. Il a réitéré son message dans un discours prononcé le 30 novembre lors de la cérémonie d’ouverture du Septième Congrès général du Fatah à Ramallah. Extraits de ces trois discours :

Odeh à la Conférence Masarat : Notre identité nationale est plus stable que l’Etat d’Israël et que le peuple juif ; nous sommes tenus de soutenir la lutte palestinienne

Dans son discours à la Conférence Masarat, Odeh a affirmé que les Arabes israéliens « sont des Arabes palestiniens, et vivent et ont un rôle actif dans la nation arabe. Notre identité nationale est plus stable que l’Etat d’Israël et que le peuple juif, et elle n’est pas menacée, en dépit de la peine que se donne l’establishment israélien pour façonner une [identité] arabe israélienne déformée… »

Abordant la relation entre l’identité palestinienne des Arabes israéliens et leur citoyenneté israélienne, Odeh a déclaré : « Lorsqu’un conflit [entre les deux] surgit, l’identité palestinienne prime. C’est pourquoi les Palestiniens [israéliens] ne travaillent pas dans les ministères de la Défense, des Affaires étrangères, de l’Intégration, de la Justice, etc. Afin de préserver leur identité nationale, et cela malgré la tentation de travailler dans ces ministères, qui offrent un tiers des postes [dans le secteur public israélien]. Nous accordons la priorité aux intérêts nationaux par rapport à nos intérêts personnels. Nous ne voulons pas simplement rester dans notre patrie, mais influer sur le processus de décision politique afin de mettre fin à l’occupation… »

« Mettre fin à l’occupation exige de s’opposer à l’occupant. Nous sommes tenus de soutenir la lutte palestinienne et d’influer sur l’opinion publique dans le pays occupant, afin qu’il fasse respecter les droits du peuple [palestinien] occupé, qui aspire à la liberté et à l’indépendance… L’intérêt [des Arabes israéliens] à voir la fin de l’occupation, la création d’un Etat palestinien, le retour des réfugiés et l’égalité pour les Palestiniens à l’intérieur d’Israël ne découle pas de considérations morales mais nationales… »

Odeh a appelé à « créer une structure culturelle commune [aux Palestiniens israéliens et non-israéliens] pour renforcer l’identité nationale, avec l’accord de l’OLP ». Soulignant que l’OLP ne peut représenter les Palestiniens à l’intérieur d’Israël, et que ces derniers ne peuvent être membres de l’OLP ou de son Conseil national, il a ajouté qu’une « séparation fonctionnelle est nécessaire, qui prendra en compte la [position] unique des Palestiniens à l’intérieur [d’Israël] », et « l’exécution de cette idée exige un débat et des analyses ».

Selon le rapport de Masarat sur l’intervention d’Odeh à la conférence, il a ajouté que le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou « s’efforce de transformer le conflit [israélo-palestinien] en conflit religieux, afin de gérer le conflit au lieu de le résoudre, et aussi pour marquer des points dans son dialogue avec l’Occident – car le narratif religieux est plus simple que le discours politique, qui concerne un peuple sous occupation ». Il aurait également déclaré : « Il y a trois lois auxquelles les Palestiniens à l’intérieur [d’Israël] n’obéissent pas : la loi sur le service militaire, la loi sur les démolitions de maisons et la loi sur la Nakba, et si la loi sur le muezzin est adoptée, nous ne la respecterons absolument pas [non plus]. » [1]

Odeh lors d’une cérémonie à la mémoire d’Arafat : La création d’un Etat palestinien est une nécessité historique

A l’occasion d’une cérémonie à la mémoire de Yasser Arafat, le 10 novembre 2016 à Ramallah, Odeh a déclaré : « Nous autres, Arabes palestiniens qui sommes restés dans notre patrie malgré la Nakba et la politique de déportation, sommes uniques car nous sommes des citoyens d’Israël. Le gouvernement israélien veut créer une identité ‘arabe israélienne”. Cet ‘Arabe israélien’ est arabe parce qu’il parle sa langue [arabe], connaît bien les Muallaqat [chefs-d’œuvre de la poésie arabe pré-islamique], fait la différence entre les [poètes du début de l’islam] Al-Farazdaq et Jarir, et connaît bien les reproches adressés par le [dirigeant musulman du dixième siècle] Sayf Al-Dawla au [poète] Mutanabbi [2] – mais il ne devrait rien connaître de l’histoire palestinienne et ne pas éprouver de solidarité avec le combat de son peuple [palestinien]. C’est un Arabe perverti et non un Palestinien. Dans le même temps, c’est aussi un mauvais Israélien, parce que seul un Juif peut être entièrement israélien dans l’Etat juif. C’est leur paradigme. Au contraire, notre paradigme veut que nous soyons des Arabes palestiniens au plein sens du terme, qui luttent parallèlement pour la pleine citoyenneté [en Israël]… »

« Nous avons notre propre place et notre unicité, que nous souhaitons utiliser pour aider notre peuple. Notre caractère unique tient au fait que nous exerçons une influence sur le front politique israélien, et personne ne reconnaît notre puissance quantitative et qualitative mieux que Netanyahou. C’est pourquoi il s’efforce de nous délégitimer, afin de nous empêcher d’exercer notre influence. Alors que je prononce ce discours, ils suivent chaque mot afin d’inciter à la violence [contre nous, Arabes israéliens] et pour que Netanyahou puisse nous dépeindre comme des ennemis et comme [des gens] privés de légitimité pour agir dans l’arène politique israélienne… »

« Nous sommes ici pour défendre l’adhésion du président de [l’Autorité palestinienne] Abou Mazen à la solution à deux Etats, qui découle d’une bonne compréhension de la réalité et d’une position morale aspirant à une réconciliation [avec Israël] pour parvenir à une solution juste. Nous sommes ici pour dire que l’existence d’un Etat de Palestine est une nécessité historique… »

Odeh a ajouté : « Je tiens à m’abstenir d’intervenir dans toute question palestinienne liée à l’AP ou à l’OLP, mais une question [d‘importance] nationale est une source de préoccupation et de douleur pour nous, à savoir, le manque d’unité [entre les différentes factions palestiniennes] dans la gestion du conflit principal, le conflit avec l’occupation abjecte. [Toutes les factions] – le Fatah, le Hamas, les Fronts [populaire et démocratique] et le Parti Al-Shab – sont sous occupation ; la Cisjordanie et Gaza sont sous occupation ; le peuple palestinien tout entier est sous occupation… Nous implorons notre peuple de mettre fin à cette division destructrice et de s’efforcer de formuler une vision et des stratégies partagées [par tous], dans toute la mesure du possible, avec pour seul objectif Jérusalem comme capitale de l’Etat palestinien. » [3]

Odeh lors du Septième Congrès général du Fatah : Le prochaine Congrès du Fatah se tiendra à Jérusalem-Est, capitale de la Palestine indépendante

Odeh a tenu des propos du même acabit lors de la cérémonie d’ouverture du Septième Congrès général du Fatah, le 30 novembre 2016 à Ramallah. Il s’est adressé au Fatah comme au « Fatah des grands sacrifices » et au « Fatah des martyrs et des prisonniers » et, s’exprimant au nom de son parti, a appelé les factions palestiniennes à mettre de côté leurs différends pour se focaliser sur le combat principal, celui contre l’occupation. Il a expliqué que les Arabes israéliens avaient un rôle à jouer pour aider les Palestiniens sous occupation et faire vaciller l’opinion publique en Israël. Il a terminé son discours par une citation d’Arafat et un appel à ce que le prochain Congrès du Fatah se tienne à Jérusalem : « Comme l’a dit le grand Arafat, ‘les gens pensent que [l’Etat palestinien] est encore loin, mais nous voyons qu’il est tout près’. Le prochain Congrès du Fatah se tiendra à Jérusalem-Est, capitale de l’Etat palestinien, et nous y serons à vos côtés. » Le discours d’Odeh a été accueilli par des applaudissements et le slogan, formulé par Arafat, « des milliers de martyrs marchent sur Jérusalem ». [4]

Voir le clip de MEMRI TV sur les déclarations d’Odeh lors du Septième Congrès du Fatah et la transcription sur MEMRI.fr.

Lire le rapport en anglais

Notes :
[1] Masarat.ps, le 20 novembre 2016.
[2] Mutanabbi était un poète dans la cour de Sayf Al-Dawla, mais a perdu la faveur de ce dernier lorsqu’il a développé des ambitions politiques.

[3] Aymanodeh.com, 12 novembre 2016.
[4] Alarab.com, 30 novembre 2016.

 

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