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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 16:37

État islamique : Entraînement militaire d’enfants, qui font serment de conquérir Rome, de détruire ses croix et de réduire ses femmes en esclavage

kiddy

 

Le 23 juillet 2015, le bureau des médias de la Province de Dijlah de l’État islamique (EI) a mis en ligne une vidéo intitulée « Les lionceaux du Califat », montrant des enfants assistant à des cours, suivant une formation militaire intense, prononçant des discours dans lesquels ils appellent les musulmans à rejoindre leurs rangs, et faisant le serment de conquérir Rome, de détruire ses croix et de réduire ses femmes en esclavage.

La vidéo de neuf minutes a été mise en ligne sur le forum djihadiste Shumoukh Al-Islam, affilié à l’État islamique. On y voit un enfant s’adressant aux parents pour dire que l’islam et les musulmans sont férocement attaqués par les juifs et par l’alliance des croisades, et exhortant les musulmans à réagir. Dans la vidéo, les enfants suivent d’abord des cours puis prient, avant d’effectuer un intense exercice militaire physique et de s’entraîner aux armes.

Ensuite, un enfant armé assis près d’une rivière livre un discours dans lequel il parle de l’importance du djihad : « Notre bataille finale, si Allah le veut, aura lieu dans votre pays. Je jure que nous conquerrons Rome, que nous détruirons vos croix et réduirons vos femmes en esclavage. »

Un autre enfant armé, vêtu d’un uniforme militaire, appelle les musulmans à mener des opérations-martyre. Pointant son fusil sur une cible, il déclare : « Nous arriverons à Rome, si Allah le veut. » La dernière scène de la vidéo montre un jeune enfant déclarer : « Ô Bagdad, sois patiente. Nous sommes en route. »

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 16:33

MEMRI regrette Samuel Pisar, rescapé de la Shoah, ambassadeur honoraire de l’UNESCO et membre du Board de MEMRI, disparu le 28 juillet 2015

pisar

 

MEMRI regrette Samuel Pisar, membre du Conseil d’administration de MEMRI, décédé le 28 juillet 2015 à New York.

Ce survivant de l’Holocauste, d’origine polonaise, était Ambassadeur honoraire et Envoyé spécial de l’UNESCO pour l’enseignement de l’Holocauste. Il fut avocat, écrivain et un ardent défenseur des Droits de l’Homme dans le monde. Ses mémoires Le sang de l’espoir(Robert Laffont, 1979) ont reçu le Prix Littéraire du Temps présenten 1981.

Dans son allocution du 18 juillet 2012 au Capitole, prononcée à l’occasion de l’événement annuel de MEMRI sur l’antisémitisme et le négationnisme, l’ambassadeur Samuel Pisar, l’un des éminents orateurs de l’événement, avait osé un parallèle entre l’époque nazie et la nôtre. Il avait déclaré que certains contenus antisémites des chaînes de télévision arabe et iranienne actuelles étaient « exactement ce qu’[il] avait l’habitude d’entendre quand il était enfant dans l’Europe occupée par les nazis ». Il avait ajouté que ces contenus donnaient une idée des défis que le monde libre moderne avait à relever.

L’ambassadeur Pisar avait en outre évoqué les liens étroits qu’il entretenait avec le membre du Congrès Tom Lantos, en mémoire duquel MEMRI tient cet événement annuel au Capitole, et de leur affinité liée au fait qu’ils avaient tous deux perdu leurs familles à Auschwitz. Il avait évoqué avec beaucoup d’émotion leurs expériences passées communes.

Devant l’audience, Samuel Pisar avait rappelé avoir été « l’épicentre de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l’homme contre [l’homme], sous le regard d’un monde complètement indifférent », ajoutant que « l’impensable, l’inimaginable est encore possible ».

« Dans notre monde de nouveau enflammé et déstabilisé » a-t-il déclaré, « les cendres de l’Holocauste nous parlent, pas seulement du passé, mais aussi du présent et du futur. Pourtant, les despotes et les démagogues d’aujourd’hui, certains mus par des ambitions nucléaires, qui qualifient l’Holocauste de ‘mythe’, complotent encore pour nous anéantir, nous, et éventuellement d’autres peuples vulnérables. »

Il avait ajouté : « En repensant aux crises et aux soulèvements qui ont un jour détruit mon univers, je tremble en songeant à ce qui pourrait se passer si une Europe fragilisée, menacée par les revers économiques et politiques, devenait victime du chômage, de l’insécurité et de la peur grandissante. Lorsque la crainte prend le pas sur la raison, la bêtise populiste recrute des sauveurs impitoyables. C’est ainsi que périssent les démocraties et que commence la chasse aux boucs émissaires. Les juifs sont toujours en ligne de mire. »

En tant qu’ambassadeur honoraire de l’UNESCO, Dr Pisar avait estimé que « l’Holocauste, traité par des démagogues incendiaires du ‘mythe’, est un avertissement bien trop réel pour l’humanité face aux futures horreurs potentielles. Parce qu’il a révélé, à l’instar des génocides et des nettoyages ethniques plus récents, que l’humain est capable du pire comme du meilleur, de haine comme d’amour, de folies comme de génie, et que l’impensable reste possible. Si nous n’adhérons pas, à travers la commémoration et l’éducation, aux valeurs universelles fondamentales, spirituelles et laïques, les forces des ténèbres peuvent revenir se venger et nous hanter de nouveau. »

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:41

A l’approche de sa visite en Iran, Laurent Fabius est appelé « M. Sang contaminé » dans les médias iraniens et dépeint sous les traits d’un vampire assoiffé de sang

Fabi

 

Quelques jours avant la visite de Laurent Fabius en Iran, attendu à Téhéran le mercredi 29 juillet, la presse et les médiaux sociaux iraniens ont remis au goût du jour l’Affaire du sang contaminé, dont des centaines d’Iraniens avaient notamment été victimes, qui a eu lieu alors que Laurent Fabius était en poste à Matignon. L’Affaire du sang contaminé a touché plusieurs pays dans les années 1980-90 à la suite d’infections par transfusions sanguines. En raison de mesures de sécurité insuffisantes, des contaminations par le virus du SIDA ou de l’hépatite C sont intervenues à grande échelle.

Ci-dessous des extraits de la presse iranienne en persan et en français ainsi que des photomontages glanés sur les réseaux sociaux et présentés sur le site de l’agence de presse officielle Fars. Laurent Fabius y apparaît sous les traits d’un vampire assoiffé de sang.

fabius 8« Laurent Fabius »

Le 27 juin, le quotidien iranien Kayhan, proche du Guide suprême iranien Ali Khamenei, affiche un article en persan dont voici un concentré :

« [Le ministre des Affaires étrangères français Laurent] Fabius doit se rendre en Iran pendant la Semaine nationale de l’hémophilie, sans verser un seul euro d’indemnité aux pauvres gens contaminés par le Sida lors de l’Affaire du sang contaminé en France. Du sang contaminé est arrivé en Iran de la fin des années 1970 et au milieu des années 1980, sans aucun examen préliminaire quant à la qualité du sang, sous l’ordre de Fabius. Il s’agissait d’une tentative de diffuser du sang contaminé dans des pays dont certains ne comptaient pas un seul cas de Sida, afin de permettre aux sociétés pharmaceutiques de faire de gros profits.

Fabius a remporté le procès suite à un accord politique conclu en coulisses, mais le ministre de la Santé, Edmond Hervé, a admis devant la cour que Fabius savait que du sang contaminé circulait. Il avait pourtant avancé une promesse des spécialistes selon laquelle si le sang était utilisé dans la période de juin à octobre 1985, il n’y aurait aucun problème. Pendant le procès, Fabius a soutenu ses ministres avec véhémence, et maintenu qu’ils étaient innocents.

En Iran, le sang contaminé a été servi à « soigner » 976 patients hémophiles, qui furent ainsi infectés par le HIV. Les personnes infectées et leurs familles se sont plaintes et c’est ainsi qu’un dossier a été ouvert au tribunal. Jusqu’à avril 2011, quelque 200 patients ayant reçu ce sang sont décédés. L’affaire est toujours traitée par le tribunal iranien. En 2005, le tribunal du ministère de la Santé a statué que les entreprises françaises devaient verser plus de 25 milliards de tomans d’indemnités aux homophiles iraniens ; à ce jour, elles n’ont toutefois pas versé un seul dollar. Ceci alors que les Américains ont versé des dommages d’un montant de 660 millions de dollars aux patients et à leurs familles de sorte qu’en moyenne, chaque personne infectée a reçu 100 mille dollars.

Aujourd’hui, le ministre français criminel arpentera le tapis rouge du gouvernement et arrivera à Téhéran, qui compte au moins un millier de citoyens contaminés par le Sida et n’ayant reçu aucune indemnité. L’assassin de la vie, de la jeunesse, de la joie de plus d’un millier d’Iraniens et de leurs familles mérite-t-il un tel accueil ? Que faire d’un ministre [probablement une référence à Mohammed Zarif] qui attribue des regrets à Fabius [responsable] pour cette Affaire du sang contaminé, à cet allié vétéran des sionistes et partenaire des usurpateurs des intérêts iraniens à la table des négociations, qui l’appelle un « ami historique » et prétend qu’il [Fabius] regrette la nature de loup qui fut la sienne. Peut-être les indemnités de l’Affaire du sang contaminé ont-elles été déterminées dans le cadre des pourparlers secrets, [en même temps que la destinée] des avoirs iraniens gelés, et que nous l’ignorons ? »

Par ailleurs, l’agence de presse iranienne Fars a publié le 25 juillet 2015 le commentaire suivant : « Les internautes iraniens ont lancé une campagne contre Fabius. Dans les années 1983 à 1985, 270 personnes ont été infectées par le Sida en Iran après l’envoi par la France de poches de sang contaminé. » Les hashtags utilisés par ces internautes iraniens pour cette campagne contre Fabius sont « Entrée interdite à l’assassin », « Maudit soit Fabius », « Malédiction à celui qui a exporté le Sida en Iran ».

Fars a mis en ligne des photos diffusées par les internautes iraniensdans le cadre de la campagne iranienne anti-Fabius sur les réseaux sociaux, dont les suivantes :

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« Fabius, celui qui a exporté le Sida en Iran, arrive en Iran la semaine prochaine »

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Photos : http://www.farsnews.com/newstext.php?nn=13940502000775

La photo suivante circule sur Twitter :

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https://twitter.com/FaghihiRohollah/status/623868100585390080

Un autre article publié en français sur le site iranien IRIB, le vendredi 24 juillet, porte sur le même sujet et a pour titre : « La vraie mission de ‘M. Sang contaminé’ ». Extraits : 

« La véhémence avec laquelle Laurent Fabius attaque, voire insulte la RII, que ce soit, dans le dossier nucléaire iranien ou via le fameux argument droit de l’Hommiste, ne fera pas oublier aux Iraniens le ‘crime’ que fut le sien, dans les années 80, et que les Français, toujours adeptes des euphémismes langagiers, appellent ‘l’Affaire du sang contaminé’.

L’ex-Premier ministre socialiste, qui se targue d’avoir dressé les plus sérieuses entraves à un accord nucléaire entre l’Iran et l’Occident, qui est fier de servir de caisse de résonance aux intérêts de l’axe Riyad/Tel-Aviv, quand bien même cela irait à rebours des intérêts de la France  est, rappelons-le, responsable de la contamination de 300 malades hémophiles iraniens par le virus HIV sur un total de 300 hémophiles devenus, ainsi séropositifs. 125 sont, déjà, décédés. Il pourra, tant qu’il le voudra, se montrer soucieux des risques de prétendues dimensions militaires cachées du nucléaire iranien et réclamer qu’on châtie l’Iran, pour la faute non commise. N’empêche que M. Fabius est,  lui-même, le ‘fautif ‘ qui a échappé à la justice nationale et internationale par des combines dont seule la justice française a le secret!

Après près de 8 ans de relations tumultueuses irano-françaises, le voilà, M.  Fabius, intéressé par l’Iran…. Non pas qu’il veuille, à l’instar de ses pairs allemands, italiens, autrichiens, polonais et autres, mettre à profit l’ouverture créée, dans la foulée de l’accord du 14 juillet. Non, loin s’en faut…. M Fabius a les yeux si intensément tournés vers Tel-Aviv qu’il ne voit ni la France, ni son secteur industriel, ni sa Peugeot, ni sa  Renaut, et encore moins son Total (….).

Le site pro-iranien Info-Palestine met aussi en ligne, le 27 juillet 2015, un article sur Laurent Fabius et l’affaire du sang contaminé, intitulé « La visite de Fabius en Iran remet en mémoire la sale affaire du sang contaminé ». Extraits : 

« Après un accord sur le nucléaire entre l’Iran et cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, plus l’Allemagne, qui devrait lever les sanctions en échange d’une réduction du programme nucléaire de l’Iran, le commerce entre l’Iran et l’Europe devrait reprendre.

Le ministre de l’économie de l’Allemagne, Sigmar Gabriel, a déjà visité Téhéran, et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé qu’il s’y rendrait la semaine prochaine. Bien que Fabius prétende que le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif l’ait invité, certains en Iran ont réagi de façon très sévère à l’annonce de ce voyage.

La semaine prochaine, quand Fabius se rendra à Téhéran, il arrivera au moment de la semaine de la solidarité avec les victimes de l’hémophilie, qui est une initiative en souvenir de nos compatriotes morts à cause du sang infecté qui a été importé [dans] notre pays. Et le principal responsable en était Fabius’, a déclaré le 23 juillet à l’agence de presse Fars l’analyste iranien Mojtaba Zolnour (…)

Zolnour a ajouté que le sang a été livré à l’Iran à un moment où les Français soutenaient Saddam Hussein dans la guerre entre l’Iran-Irak. Zolnour, cependant, dit qu’il est pas opposé au voyage de Fabius : ‘Les officiels doivent être conscients que l’ennemi est entré dans le pays et que l’intérêt, la dignité et la force du pays doivent être protégés et il ne faut pas que cela nous énerve de voir un responsable occidental.’

Jahan News, en parlant de la ligne dure adoptée par les Français dans les négociations nucléaires, a écrit : ‘Laurent Fabius est un nom familier pour les Iraniens. Cette familiarité est non seulement liée aux négociations des deux dernières années et aux bâtons qu’il a mis dans la roue [des négociations] en servant les intérêts des arabes et des sionistes dans ces pourparlers, mais cette familiarité remonte aussi au temps où il était Premier ministre.’ Jahan News expliqua alors le rôle de Fabius dans le scandale du sang contaminé.

Jahan News raconte que le premier enregistrement d’un malade atteint du Sida en Iran suit de près la livraison de sang contaminé à l’Iran. L’article a également déploré que Fabius fasse sa visite sans avoir jamais présenté d’excuses pour le scandale, en notant que la France n’a pas offert un sou d’indemnisation à l’Iran. Selon Fars News, l’Iran est le seul pays qui n’a pas reçu de compensation de la France. (…) »

 

 
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:39

L’auteur saoudien Turki Al-Hamad : Nos jeunes subissent un lavage de cerveau ; nous devons assécher l’idéologie de l’État islamique à la source

hamad

 

Dans une interview télévisée, l’auteur saoudien Turki Al-Hamad évoque le discours extrémiste très répandu en Arabie saoudite qui incite de nombreux jeunes à rejoindre l’État islamique, et déclare : « Pour stopper l’EI, il faut commencer par assécher son idéologie à la source. » Extraits de l’interview diffusée sur Rotana Khalijiyya TV les 13 et 14 juillet 2015 :

Turki Al-Hamad : Regardez n’importe quel groupe islamiste : ils répètent que leur but premier est d’établir de nouveau le Califat. Le Califat c’est de l’histoire. C’est fini, c’est du passé.

Journaliste : Il est impossible de le réanimer.

Turki Al-Hamad : Impossible. Vous ne pouvez pas réunir un Malaisien, un Saoudien et un Égyptien et leur imposer un calife, auquel vous donnez l’autorité absolue. C’est impossible, mais ils refusent de l’accepter, et ils vivent le mythe du Califat. J’appelle cela un mythe car il n’y en aura jamais. Ils finiront par percuter le mur de la réalité. Un État nation est la base de tout. Si vous en faites quelque chose de stable et de prospère, et si cet État garantit les droits de l’Homme, il peut devenir un État modèle. Si chaque État s’occupait de ses affaires, le monde serait beau. Mais si chaque État essaie d’imposer son propre modèle au reste du monde, c’est le chaos, et l’Iran en est un exemple.

[...]

Nous ne devrions pas entrer dans le débat des origines de l’EI : les Etats-Unis, l’Iran, etc. Le fait est que l’EI existe. Qui alimente l’EI ? Nos propres jeunes. Qu’est-ce qui incite nos jeunes à rejoindre l’EI ? La culture dominante, la culture qui est implantée dans les esprits des gens. Ce sont nos jeunes qui bombardent à Al-Ahsa, à Qatif, au Koweit, à Taif. Ce sont nos propres jeunes. Vous pouvez voir dans les vidéos de l’EI les volontaires en Syrie qui déchirent leurs passeports saoudiens. Ce sont nos jeunes.

[...]

La question est : comment pouvons-nous stopper l’EI. Nous ne pouvons pas le faire en les combattant, mais en les asséchant à la source. Je ne parle pas de sources financières ou de ses sources étrangères. Nul besoin de trouver qui se tient derrière l’EI pour le combattre. Je ne parle pas de remonter aux sources financières de l’EI. Tout cela est important, mais ce qui compte le plus, ce sont les sources idéologiques. Les jeunes qui ont rejoint l’EI ont été guidés par la notion de martyre. Ils ont été animés par une motivation religieuse extrémiste. Appelez-les « mal avisés », appelez-les « déviants », ou appelez-les comme il vous plaira, mais la vérité est qu’ils ont subi un lavage de cerveau avec ce discours et cette idéologie. Pour arrêter l’EI, il faut d’abord assécher son idéologie à la source. Autrement, vous coupez l’herbe mais laissez les racines. Il faut arracher ces racines. Ces racines sont dans l’esprit des gens et nulle part ailleurs.

Journaliste : Comment se fait-il que tant de Saoudiens tombent sous le charme de l’organisation État islamique ? Croyez-vous que la pensée religieuse saoudienne et certains prédicateurs jouent un rôle…

Turki Al-Hamad : Absolument.

[...]

Il y a une overdose de religion en Arabie saoudite. Je dis toujours que la religion ressemble aux médicaments : vous en avez besoin pour votre santé, mais s’il y en a trop, elle devient toxique.

[...]

Le discours religieux qui prédomine ici est extrémiste. Il vous fait détester les autres. Sans même que nous vous en rendiez compte, ce discours vous mène à la haine de soi, car vous voudriez vivre votre vie, mais il y a (trop) d’interdictions. Laissez-moi vous donner un petit exemple sur les contradictions au sein de nos personnalités : Un jeune Saoudien a été arrêté à Dubaï. On l’a attrapé ivre, en compagnie d’une prostituée. On les a arrêtés car ils faisaient trop de raffut. Ils se disputaient à propos d’un certain prédicateur islamique. Le Saoudien s’est mis en colère quand elle a blasphémé contre le cheikh en question.

[...]

Notre discours culturel est extrémiste et doit être réformé. Qu’importe le moment ou l’endroit, nos jeunes entendent : ne faites pas ceci, ne faites pas cela. Tout est proscrit, interdit ou honteux. Ce sont les notions qui nous entourent. Du coup, les jeunes ont recours à la drogue – ce qui est un problème en Arabie saoudite – ou à l’extrémisme. Parfois, ils ont recours à la drogue, puis se repentissent et rejoignent l’extrémisme.

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:37

Points critiques à considérer pour une bonne compréhension de l’accord nucléaire iranien

 

Ayatollah Ali Khamenei _ Flickr - Photo Sharing!

Par : Y. Carmon, A. Braunstein et A. Savyon

L’analyse suivante porte sur les composantes du Plan global d’action conjoint sous son aspect juridique. Elle s’appuie également sur la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies qui octroie au Plan global d’action conjoint le statut de document de référence. Elle ne porte pas sur les éventuelles implications du Plan et ne se prétend pas une évaluation générale de l’accord.

Notons que, contrairement à la perception générale induite, le Plan global d’action conjoint n’est pas un contrat bilatéral ou multilatéral entre les Etats-Unis et/ou l’Europe et l’Iran. Rien n’a été signé et rien n’engage aucune des parties d’un point de vue juridique. Il s’agit d’un ensemble d’arrangements qui ont été communiqués à un tiers, le Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), pour approbation. Cette forme résulte de l’insistance iranienne de ne pas signer de contrat bilatéral ou multilatéral.

Les dispositions du Plan global d’action conjoint empêchent de futures inspections des sites militaires [1]

Les dispositions de l’accord peuvent être interprétées comme prévenant toute inspection future des sites militaires plutôt que comme les autorisant. Les conditions à une inspection par l’AIEA créent deux catégories :1. La première catégorie énonce que les inspecteurs peuvent demander à pénétrer un site soupçonné de renfermer des matières nucléaires. Il s’en suit un processus que l’AIEA doit respecter avant de pouvoir accéder au site, processus qui consiste en un échange de demandes et d’explications avec l’Iran. Si une entente ne peut être trouvée, la Commission mixte, composée de l’E3/UE + 3 et de l’Iran, [2] a sept jours pour déterminer les moyens appropriés pour résoudre le problème, avec l’aval de 5 votes parmi ses 8 membres, et l’Iran devra alors appliquer la décision sous 3 jours.

2. La deuxième catégorie distingue les sites militaires des autres sites sur lesquels l’AIEA peut demander un accès, statuant : « … ces demandes [d'accès] n’auront pas pour but d’interférer avec d’autres activités de sécurité nationale ou de l’armée iranienne. » [3] Cette disposition exclut a priori les sites où l’Iran peut prétendre que l’AIEA interfère avec ses activités militaires ou de sécurité nationale. Par conséquent, le processus décrit dans la première catégorie, qui obligerait l’Iran à se soumettre à une inspection à la fin de la période requise de 24 jours, n’entre pas en vigueur. [4]

3. Les dispositions du Plan global d’action conjoint stipulent également que l’AIEA devra « mettre à disposition les informations pertinentes » [5] en expliquant pourquoi elle demande l’accès à un site donné. Cette disposition peut justifier un délai où l’empêchement par l’Iran de l’accès au site, au motif que les renseignements sources de soupçons doivent être révélés, exigence que l’Iran a eue dans le passé.

La durée de sanctions pourrait être de moins de 8 ans selon le rapport du directeur général de l’AIEA

Le Plan global d’action conjoint prévoit une option permettant d’avancer le Jour de la transition, afin qu’il tombe avant les huit années énoncées : « Le Jour de la transition interviendra huit ans après le Jour de l’adoption, ou [sinon] par un rapport du Directeur général de l’AIEA au Conseil des Gouverneurs, et en parallèle au Conseil de sécurité de l’ONU, qui dira que l’AIEA est parvenue à la conclusion plus large que les matériaux nucléaires sont mobilisés à des activités pacifiques – l’une et la première [des deux possibilités par ordre chronologique] ». [6] Aucune limite de temps n’est posée quant à la date où le directeur général de l’AIEA pourrait transmettre ce rapport.

La réimposition des sanctions dépendant du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2231 le 20 juillet 2015. Les articles 11 et 12 de cette résolution stipulent que la réimposition de sanctions en cas de « non-respect » par l’Iran peut se produire. Cependant, la fin de l’article 12 prévoit une échappatoire à la réimposition de sanctions : « … à moins que le Conseil de sécurité n’en décide autrement ». [7]

Une accumulation de l’uranium naturel autorisé égal au montant actuel de l’uranium enrichi

Les dispositions du Plan global d’action conjoint stipulent que l’Iran devra se débarrasser de ses 10 tonnes d’uranium enrichi à bas taux, soit en le transférant à la Russie, soit en le vendant. Elles stipulent également que la quantité d’uranium enrichi que l’Iran est autorisé à détenir ne pourra dépasser les 300 kg pendant 15 ans. Bien que les dispositions prévoient des inspections des installations minières d’uranium iraniennes, de la chaîne d’approvisionnement et de la quantité d’uranium enrichi en sa possession, elles permettent à l’Iran de vendre son uranium enrichi contre des quantités égales d’uranium naturel pendant 15 ans. Cet uranium pourrait être enrichi à des niveaux plus élevés, de qualité militaire, après le délai de 15 ans.

Consulter en anglais l’analyse complète des points critiques à considérer ici.

Notes :

[1] Notons que, selon des rapports, l’administration américaine ne considérait pas l’inspection des sites militaires comme « appropriée ». Un porte-parole du gouvernement a déclaré aux journalistes : « Il ne s’agit pas de pouvoir pénétrer sur tous les sites militaires, parce que les États-Unis d’Amérique ne permettront à personne d’entrer sur tous les sites militaires, donc ce n’est pas approprié. » http://news.yahoo.com/us-says-system-reached-un-access-suspect-iran-162509010.html

[2] La Commission mixte « surveillera la mise en œuvre du Plan global d’action conjoint et exercera les fonctions prévues dans le Plan global d’action conjoint. La Commission mixte se penchera sur les questions découlant de la mise en œuvre de ce Plan et fonctionnera conformément aux dispositions, comme détaillé dans l’annexe pertinente. » Plan global d’action conjoint, Préambule et dispositions générales, ix,

http://apps.washingtonpost.com/g/documents/world/full-text-of-the-iran-nuclear-deal/1651/

[3] Plan global d’action conjoint, Annexe I, Q.74. Pour le texte intégral, voir la note 2.

[4] Notons que le Plan global d’action conjoint ne mentionne d’aucune manière l’autorisation à accéder à des sites militaires. Le terme « militaire » est uniquement employé en rapport avec l’entrave à un accès aux sites s’il interfère dans les activités militaires. Le ministre iranien de la Défense, le général de brigade Hossein Dehqan, l’a confirmé le 20 juillet en déclarant : « Sans aucun doute, nous n’accorderons aucune autorisation (internationale d’accès) à nos secrets militaires et sécuritaires »,

http://www.tasnimnews.com/english/Home/Single/805144

De même, le principal conseiller du Guide suprême Khamenei pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, a déclaré le 21 juillet : « Ils (les Occidentaux) ont fait quelques commentaires sur les questions de défense et de missiles, mais l’Iran ne leur permettra pas de visiter nos centres militaires et d’interférer dans les décisions concernant le type d’armes défensives iraniennes. »,

http://english.farsnews.com/newstext.aspx?nn=13940430000961

[5] Plan global d’action conjoint, Annexe I, Q.76. Voir note 2 pour lien vers le texte.

[6] Plan global d’action conjoint, Annexe V, D.19. Voir note 2 pour lien vers le texte.

[7] http://unscr.com/en/resolutions/doc/2231

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:28

« Obama et Twitter », second épisode d’une série animée pro-EI intitulée « Le journal intime de John le Djihadiste »

MEMRI_ _Obama and Twitter_ - Second Installment of Pro-ISIS Animation Series Cal

 

Le « Front médiatique de soutien de l’État islamique » et « Les Scandales du sécularisme » ont mis en ligne une vidéo animée intitulée « Obama et Twitter ». C’est le second épisode d’une série intitulée « Le journal intime de John le Djihadiste », produite par ces activistes pro-EI. En avril 2015, le groupe avait diffusé sa première vidéo, montrant la décapitation d’Obama par John le Djihadiste (clip MEMRI TV no 4866). Après la diffusion de la seconde vidéo sur YouTube, l’accès à la chaîne a été bloqué. Extrait :

Au nom d’Allah, le Miséricordieux, le Compatissant, le Front médiatique de soutien à l’État islamique et « Les Scandales du sécularisme » (groupe Internet) présentent :  Épisode deux : « Obama et Twitter »

Obama : Je sais que nous avons échoué dans tous nos plans. Nous sommes désolés. Nous les détruirons la prochaine fois. Nous les détruirons. Nous les détruirons…

Plus tard dans la soirée…

Services secrets : Monsieur le Président, l’État islamique a pris le contrôle de Twitter. Nous ne savons pas comment faire avec eux. Quand nous suspendons un de leurs comptes, ils en ouvrent une centaine à la place. Ces gens ne s’ennuient jamais.

Obama : Idiot ! Qu’êtes-vous en train de dire ?! Ils ont pris le contrôle de Twitter ? Je dois être encore en train de rêver.

Services secrets : Non, monsieur. Vous n’êtes pas en train de rêver.

Obama : Hors de ma vue. Laissez-moi réfléchir. Bonjour, mon cher. Comment allez-vous ? Vous m’avez manqué.

Voix au téléphone : Bonjour, Obama. Que voulez-vous ?

Obama : L’État islamique a pris le contrôle de Twitter. Nous ne savons pas quoi faire.

Voix : C’est simple, Obama. Nos cheikhs vont s’en occuper. Allez, souriez.

Obama : Comment cela ?

Voix : Comme toujours. Ils publieront une fatwa exigeant la mobilisation de quelques avions, qui les bombarderont dans la zone Twitter.

Obama : Espèce d’idiot ! Twitter n’est pas un endroit, c’est…

Le matin suivant, dans les locaux de Twitter…

Obama : Quelles sont les nouvelles sur Twitter, Jack ?

Jack : Elles sont mauvaises, comme vous le savez. Nous ne savons pas quoi faire avec les partisans de l’Etat islamique, même en fermant leurs comptes.

Obama : Appelez Plastic Hani (Al-Siba’i) sur Skype.

Hani Al-Siba’i : Bonjour Obama, vous interrompez ma conversation avec Tarek. Nous travaillons à une condamnation de l’Etat islamique, comme vous nous l’avez demandé.

Obama : Ha ha ha. Bien joué, Monsieur Plastic. Continuez comme cela, vous et Tarek le Canadien. J’ai demandé à Jack de ne pas fermer vos comptes. Ha ha ha !

 

 

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 13:39

Presse saoudienne : Il nous faut un programme nucléaire militaire d’ici dix ans

Drapeau saoudien superposé à la photo du réacteur nucléaire (Source : Annabaa.org, 6 juillet 2015)

 

Après l’annonce, le 14 juillet 2015 à Vienne, du Plan global d’action conjoint entre l’Iran et les 5 + 1, la presse saoudienne a publié de nombreux articles appelant ouvertement l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe à profiter des dix années à venir – le temps de validité du Plan global d’action conjoint – pour développer leur propre programme nucléaire militaire, afin de contrer la menace nucléaire iranienne après l’expiration de l’accord.

Des appels, soutenus par des sources saoudiennes officielles, ont déjà été émis pour développer un programme nucléaire saoudien clandestin, parallèlement à celui de l’Iran. Par exemple, le mois précédant l’annonce du Plan global, l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Royaume uni, l’émir Muhammad bin Nawaf bin Abd Al-Aziz Al-Soud, a déclaré au Daily Telegraph que si le prochain accord nucléaire avec l’Iran ne comprenait pas d’engagement sincère de la part de celui-ci à ne pas développer d’armes nucléaires, alors en ce qui concerne l’Arabie saoudite, « toutes les options sont sur la table ». Et d’ajouter que son pays n’avait cessé de s’opposer au développement d’armes nucléaires, mais que la politique iranienne avait « modifié l’ensemble des perspectives dans la région ». [1]

L’émir Turki Al-Faisal, ancien chef du renseignement saoudien et ambassadeur d’Arabie saoudite aux États-Unis, a fait des déclarations similaires :En avril 2014, lors d’une conférence de sécurité à Bahreïn, Al-Faisal a appelé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) à acquérir des connaissances nucléaires pour contrer le danger iranien. [2] L’année précédente, à la Conférence arabo-américaine annuelle des décideurs politiques de 2013, il avait averti que si l’Iran développait des armes nucléaires, le CCG envisagerait d’acquérir sa propre « force de dissuasion nucléaire ». [3]

Parallèlement à ces déclarations de responsables saoudiens, plusieurs articles ont paru dans les médias internationaux sur les intentions saoudiennes d’établir un programme nucléaire militaire, [4] ou d’acquérir des armes nucléaires, sous-entendu auprès du Pakistan. [5]

En outre, l’Arabie saoudite a récemment pris des mesures concrètes pour développer un programme nucléaire civil. Ces derniers mois, elle a signé des accords nucléaires avec la France, [6] la Russie, [7] et la Corée du Sud, [8] pour la création de réacteurs nucléaires civils dans le Royaume. [9]

Voici des extraits d’articles de la presse saoudienne appelant au développement d’un programme nucléaire saoudien :

Pas d’alternative à la course aux armes nucléaires

Dr Hashem Abdu Hashem, chroniqueur pour le quotidien saoudien officiel Al-Riyad, appelle les Etats du Golfe et les pays arabes à agir sur deux fronts : le front militaire, en lançant immédiatement une course aux armements nucléaires, et le front diplomatique, en entamant un dialogue avec les superpuissances et en profitant de l’ambiance générale qui place les intérêts économiques au-dessus des intérêts sécuritaires. Dans sa chronique, intitulée « Il n’y a aucune alternative à l’option d’une course aux armes nucléaires », il écrit :

« … La situation est dangereuse – très dangereuse. Et la nécessité d’agir à tous les niveaux se fait pressante. Il est nécessaire d’établir un dialogue direct et transparent avec les 5 + 1 et de prendre des mesures pour renforcer nos capacités d’auto [défense] en tant que pays, qu’entité isolée du Golfe, que groupe arabe homogène qui partage la même perception de la menace, pense de la même façon, cherche les meilleures garanties de stabilité sur ses terres et entend affronter conjointement la nouvelle réalité.

A l’instar de l’Iran qui a ouvert en grand la porte [du nucléaire], nous ne devons pas tarder à forcer cette même porte, avec toute la célérité nécessaire. Nous devons profiter de la tendance internationale [actuelle] qui privilégie les intérêts économiques plutôt que les considérations sécuritaires.

Nous sommes confrontés à une nouvelle réalité, qui ne laisse aucune place à des tergiversations sur la course aux armements. Les pays de la région doivent s’entretenir de la meilleure façon de coopérer et de coordonner [leurs actions] sur cette question vitale [de l'armement nucléaire], qui est devenue l’option privilégiée .

J’ignore si une telle démarche profitera à nos pays et populations, mais je sais qu’une hésitation ou un retard ne nous fera aucun bien. En outre, un tel accord nécessite que les pays de la région agissent pour parvenir à un équilibre dans les relations avec tous les pays du monde, conformément à nos intérêts avec chaque pays… » [10]

Nous devons construire des réacteurs nucléaires arabes pour qu’il  y ait un éuilibre des pouvoirs avec l’Iran et Israël

Dans la même veine, dans sa chronique parue dans le quotidien officiel saoudien Al-Jazirah, Jasser Abd Al-Aziz Al-Jasser écrit, sous le titre « Afin de ne pas être victime de la duperie nucléaire » : « … D’ici une décennie, l’Iran pourra fabriquer des armes nucléaires… Il a le savoir-faire, qui se développera sûrement dans la décennie à venir, sans parler des milliers de tonnes d’uranium enrichi amassés – facilitant la production iranienne d’armes nucléaires. Par conséquent, les pays de la région, en particulier l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, doivent se préparer dès ce jour, et œuvrer pour créer une base scientifique et une infrastructure nucléaire en créant des réacteurs de recherche pour la production d’énergie, qui pourront aider les pays de la région à atteindre un équilibre nucléaire avec l’Iran ou avec Israël. Sinon, seuls les pays arabes seront des cibles d’extorsion, à la fois de l’Iran et d’Israël. » [11]

L’universitaire saoudien Abd Al-Aziz Al-Tuwaijri écrit dans le quotidien saoudien Al-Hayat, basé à Londres : « … Aujourd’hui, nous sommes au seuil d’une nouvelle crise qui exige des pays arabes, et des autres membres de l’Organisation de la coopération islamique [OCI], de prendre les mesures nécessaires pour affronter ce défi dangereux, renforcer et élargir la coalition arabe [opérant au Yémen, dirigée par l’Arabie saoudite] pour relever ce défi avec force et détermination… Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de dangereux défis… Nous n’avons d’autre choix que de prendre l’initiative et de développer des programmes nucléaires similaires à celui agréé par les superpuissances (les 5 + 1) et l’Iran, sous les mêmes conditions, et de subir toutes les conséquences prévues et imprévues [du développement de ces programmes], afin de préserver les terres [arabes] et de défendre leur existence et leur sécurité. » [12]

L’Arabie saoudite doit développer un programme nucléaire secret afin de pouvoir produire des armes nucléaires d’ici une décennie

Le chroniqueur d’Al-Jazirah Ibrahim Al-Hajji définit les mesures que l’Arabie saoudite doit prendre pour développer un programme nucléaire dans la décennie à venir : «… Former du personnel saoudien dans le domaine de l’énergie nucléaire, qui produira des résultats, dans le cadre d’un calendrier connu [conforme à] l’échéance de l’accord nucléaire iranien ; recruter de brillants étudiants saoudiens pour ce programme, avec un personnel spécialisé et des avantages financiers correspondant à leurs capacités scientifiques ; créer des centres de recherche et de développement [R & D] d’énergie nucléaire avant l’échéance de l’accord nucléaire iranien ; mener des recherches scientifiques clandestinement et dans le secret absolu pour préserver la sécurité nationale, et recruter des physiciens et des scientifiques du nucléaire du monde entier afin qu’ils travaillent en Arabie saoudite en échange d’avantages spéciaux, et octroyer la citoyenneté saoudienne à ceux qui le désirent. Le programme nucléaire saoudien sera prêt à développer et à produire des armes nucléaires, et à servir de moyen de dissuasion face au programme nucléaire de l’Iran, une fois que son accord avec les superpuissances expirera… »

Al-Hajji conclut son article en déclarant : « L’échéance de l’accord nucléaire iranien doit être suffisamment éloignée pour nous permettre de construire un programme nucléaire saoudien qui aura un effet dissuasif sur le programme nucléaire iranien. [13]

Notes :

[1] Daily Telegraph (Royaume-Uni), 8 juin 2015.

[2] Newnews.com.pk, 24 avril 2014.

[3] Voir Dépêche spéciale de MEMRI n° 5502 Former Saudi Ambassador To Washington Turki Al-Faisal: If Iran Acquires Nuclear Weapons, The GCC Should Consider Acquiring A ‘Nuclear Deterrent’ Of Its Own; ‘The Shameful Way That The World Community Accepts The Impunity Of The Butcher Of Syria Is A Blot On The Conscience Of The World’, le 28 octobre 2013.

[4] Le quotidien libanais Al-Safir de l’axe pro-résistance a rapporté que les Etats du Golfe ont pris la décision stratégique d’entrer, dans la décennie à venir, dans la course aux armements nucléaires et aux missiles balistiques, qui a reçu l’approbation des Etats-Unis au sommet de Camp David en 2015. Selon l’article, l’Arabie saoudite a consacré 6 milliards de dollars au programme, qui ferait d’elle une puissance nucléaire en 2025. Al-Safir (Liban), 7 juillet 2015.

[5] Un responsable américain a déclaré au Sunday Times britannique que l’Arabie saoudite avait décidé d’acquérir des armes nucléaires prêtes à utiliser auprès du Pakistan, Sundaytimes.co.uk, 17 mai 2015. La BBC a rapporté que l’Arabie saoudite a fourni un soutien financier au programme nucléaire pakistanais dans le but d’acheter des armes nucléaires à l’avenir, BBC.com, 6 novembre 2013. TheWorld Tribune a rapporté que l’Arabie saoudite a envoyé de l’argent au Pakistan pour l’achat de missiles nucléaires, qui seront livrés dès que l’Iran atteindra la même capacité, Worldtribune.com, 13 novembre 2013.

[6] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 24 juin 2015.

[7] Al-Watan (Arabie saoudite), le 19 juin 2015.

[8] Al-Hayat (Londres), 4 mars 2015.

[9] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 24 juin 2015.

[10] Al-Riyad (Arabie saoudite), le 18 juillet 2015.

[11] Al-Jazirah (Arabie saoudite), le 20 juillet 2015.

[12] Al-Hayat (Londres), le 20 juillet 2015.

[13] Al-Jazirah (Arabie saoudite), le 20 juillet 2015.

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:35

Ghaleb Bencheikh : « L’extrémisme est le culte sans la culture ; le fondamentalisme est la croyance sans la connaissance ; l’intégrisme est la religiosité sans la spiritualité »

ghaleb2

 

Dans l’une de ses chroniques du quotidien algérien en français El-Watan, en date du 8 juillet 2015, le franco-Algérien Ghaleb Bencheikh, écrivain, essayiste, animateur de l’émission «Islam» sur France 2, se pose la question du « retard du monde dit arabo-islamique » et pointe du doigt le wahhabisme. Extraits de sa chronique intitulée« Rattraper le retard », où Bencheikh insiste sur la nécessité de recourir au bon entendement individuel :

« Afin de rester toujours dans le registre du discernement et de la lucidité, nous passons en revue, dans la chronique d’aujourd’hui, une des raisons principales de la décadence que connaît actuellement le monde dit arabo-islamique.

Elle est assurément d’ordre intellectuel. Si nous devions aller à l’exhaustivité, difficile à réaliser dans ce domaine, il nous faudrait signaler, en même temps, le faisceau des facteurs convergents qui ont tous concouru d’abord à la stagnation puis au déclin et enfin à la régression tragique.

Ils sont d’ordre politique, théologique, culturel, économique, militaire voire géographique ! Nous n’aurons pas à les développer ici. Arrêtons-nous simplement sur les considérations intellectuelles et les idées de la pensée libre. (…)

«Aie le courage de te servir de ton propre entendement !» il n’y a pas meilleur impératif pour se soustraire à l’argument d’autorité.

Revenons à nos deux protagonistes, le premier (1703-1792) n’a pas trouvé mieux que de composer, à côté de traités relatifs au monothéisme, des ouvrages portant notamment sur les grands péchés, sur la façon dont il convient d’aller à la prière, sur la manière d’effectuer les ablutions, etc. ; le second (1724-1804) a eu comme centres d’intérêt et de réflexion des sujets voulant dépasser le dogmatisme tels que la religion dans les limites de la raison, critique de la raison pure.

On l’aura deviné. Le premier n’est personne d’autre que Mohammed Ibn Abdelwahab ; le second est Emmanuel Kant. Sans vouloir charger l’un nécessairement et encenser l’autre plus que de raison, force est de constater que nous ne sommes pas allés loin avec les thèses wahhabites, et nous reconnaissons l’impact considérable de l’œuvre kantienne sur la philosophie occidentale.

Alors, une fois ce constat fait, il ne nous reste plus qu’à nous atteler à la grande entreprise qui consiste à rattraper l’immense retard que nous accusons depuis au moins le temps de nos deux personnages. »

Dans une autre chronique d’El Watan, intitulée « Le culte sans la culture » (21 juin 2015) Ghaleb Bencheikh fustige les « sermonnaires doctrinaires idéologues » de l’islam :

« Je ne sais par quelle inversion des ordres de priorité dans la mission éducative du peuple ou peut-être en l’absence d’orientation claire et de volonté politique, le peuple est laissé comme une proie facile à des sermonnaires doctrinaires idéologues. Ceux-ci tiennent un discours le plus souvent abêtissant et culpabilisant.

Et, nous voilà, ahuris, consternés devant tant de confusion mentale et tant de raidissement radical. Or, l’extrémisme est le culte sans la culture ; le fondamentalisme est la croyance sans la connaissance ; l’intégrisme est la religiosité sans la spiritualité. »

Une troisième chronique, intitulée « Sortir des ténèbres d’une triple ignorance » (7 juillet 2015), dénonce encore les dommages de l’inculture et son institutionnalisation  : 

« Tout d’abord, nous pâtissons de la sainte ignorance. Celle-ci garantit par le divin ce que des protagonistes politiques et des acteurs sociaux ont construit, manipulé, transfiguré, instrumenté, idéologisé et domestiqué à travers l’histoire.

Malheur à celui qui ose remettre en cause les «vérités intangibles» établies une bonne fois pour toutes par les sciences traditionnelles, alors qu’elles ne sont qu’une construction humaine. Or, ce qui a été fait par des hommes peut être revu et défait par d’autres hommes…

Nous souffrons aussi de l’ignorance institutionnalisée. En ce sens que les moyens de l’Etat et d’autres institutions sont mis au service d’un enseignement, voire d’un endoctrinement voulu et/ou subi qui ne résistent pas à l’analyse ni à l’examen sérieux. A ce sujet, les deniers publics et les produits du mécénat privé sont investis pour édifier des mosquées où l’on enseigne parfois des «mensonges» au regard de ce que les données de la science moderne expliquent. »

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:33

Le Guide suprême iranien Khamenei scande « Mort à l’Amérique » et appelle à traduire les dirigeants américains en justice

Ali Hosseini Khamenei

 

Dans un discours public à Téhéran, diffusé sur IRINN TV le 18 juillet 2015 à l’occasion de l’Id al-Fitr, le Guide suprême iranien Ali Khamenei reprend le slogan « Mort à l’Amérique », qui selon lui reflète la position de l’ensemble de la nation iranienne.

S’adressant à des diplomates et dignitaires le même jour sur la Première chaîne iranienne, Khamenei affirme que les États-Unis, et non l’Iran, sont les défenseurs du terrorisme, précisant : « Vous devriez être traduits en justice pour votre soutien et votre aide au terrorisme. » Extraits :

IRINN TV [Iran]

Ali Khamenei : Les slogans de la nation iranienne le Jour d’Al-Qods reflètent bien sa position. Les slogans « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique » retentissent dans tout le pays, pas seulement à Téhéran et dans les autres grandes villes. Le pays tout entier est sous l’aile de ce grand mouvement [« Mort à l'Amérique »].

[...]

Première chaîne [Iran]

Quoi, [les politiciens américains] qualifient [le Hezbollah] de terroristes ?! Ils qualifient l’Iran de « défenseur des terroristes » en raison de son soutien au [Hezbollah]. Défenseurs des terroristes ?! Ce sont vous ! C’est vous qui avez créé l’Etat islamique ! C’est vous qui cultivez le terrorisme ! C’est vous qui nourrissez le sale sioniste terroriste ! Ce sont vous, les défenseurs des terroristes, et vous devriez être traduits en justice pour votre soutien et votre aide au terrorisme.

Foule : Allah Akbar !

Allah Akbar !

Allah Akbar !

Khamenei est le Guide !

Mort à ceux qui s’opposent à l’Autorité du juriste !

Mort à l’Amérique !

Mort à l’Angleterre !

Mort aux hypocrites !

Mort à Israël !

[...]

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 10:31

Un chroniqueur égyptien compare l’accord sur le nucléaire iranien aux accords de Munich

Bundesarchiv_Bild_183-R69173,_Münchener_Abkommen,_Staatschefs

Imad Al-Din Adib, chroniqueur au quotidien égyptien Al-Watan,critique sévèrement ce qu’il appelle l’accord « pathétique » conclu entre les 5+1, menés par les Etats-Unis, et l’Iran, expliquant que cet accord permettra à l’Iran de se doter d’une bombe nucléaire une fois qu’il aura expiré, et qu’il ne fait aucun cas des voisins de l’Iran, victimes de la politique régionale iranienne. Selon Adib, le gouvernement Obama se trompe lorsqu’il estime que la levée des sanctions mènera à la démocratisation et à des réformes politiques en Iran, car les rentrées d’argent qui en résulteront seront mobilisées à accroître les tensions dans la région.

Il compare également le Plan d’action global conjoint aux  accords de Munich de 1938, signés par le Premier ministre britannique Neville Chamberlain et Adolf Hitler, ajoutant que beaucoup d’historiens les considèrent comme la cause de la mégalomanie d’Hitler. 

Imad Al-Din Adib (Source : twitter.com/adeeb_emad)Imad Al-Din Adib (Source : twitter.com/adeeb_emad)

Extraits :

De nombreux professeurs d’histoire moderne pensent que le Premier ministre britannique Chamberlain fut la principale raison de la mégalomanie d’Hitler. Ces [professeurs] maintiennent que… c’est Chamberlain, qui a toujours préféré une politique de retenue et d’apaisement et qui évitait à tout prix la rigueur et la confrontation, qui, en signant ce pathétique accord [de Munich] avec Hitler, a donné à ce dernier [un avant-goût de pouvoir] et une soif insatiable de contrôle.

L’histoire se répète [aujourd’hui] : ce pathétique accord entre Chamberlain et Hitler est de retour, sous la forme d’un accord sur le nucléaire entre l’Iran et les superpuissances. Les superpuissances ont signé un accord qui réduit et ralentit l’enrichissement iranien de l’uranium nucléaire sans y mettre un terme pour autant, en échange de 120 milliards de dollars à Téhéran.

Le point le plus étonnant, que personne n’a relevé, est que, même si l’Iran respecte à la lettre les 85 sections de l’accord, l’accord lui-même, une fois arrivé à échéance dans dix ans, permettra [à l’Iran] de produire une bombe nucléaire la onzième année. L’Iran, après 26 mois de négociations épuisantes, a vendu « de l’air » aux superpuissances.

L’erreur principale dans le raisonnement de l’administration Obama est d’estimer que la levée de l’embargo économique et commercial sur l’Iran mènera à la renaissance de l’économie iranienne entière, et donc à des réformes politiques et à une transition vers la démocratie.

Ce que l’administration américaine n’a pas compris, c’est que la dictature religieuse [iranienne] investira cet argent dans des plans politiques externes au pays, dans des zones de conflit comme le Liban, la Syrie, le Yémen, l’Irak, le [Détroit] de Bab Al-Mandeb, l’Afrique et le Pakistan.

L’administration américaine n’a pas [non plus] compris que le régime des religieux de Téhéran, qui est au-dessus des lois des experts, des économistes et des [dirigeants] de la société civile, a dépensé des sommes démentes pour tous ces programmes extrémistes et terroristes dans la région, alors que l’économie iranienne faiblissait à l’ombre d’un boycott international sans précédent. Nous devons nous demander : si c’est ce qu’ils ont accompli sous boycott, que feront-ils avec ces afflux de fonds ?!

Autre chose étrange, l’accord sur le nucléaire n’inclut aucune clause ou référence à la conduite de l’Iran en tant que pays dans la région, ou à sa politique envers ses voisins.

C’est comme s’ils avaient dit à l’Iran : prenez 120 milliards de dollars et faites-en ce qu’il vous plaît. [1]

Note :

[1] Al-Watan (Égypte), 16 juillet 2015

 

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