Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:18

Les chrétiens au Liban, craignant l’Etat islamique et Jabhat Al-Nusra, cherchent à s’armer et à obtenir la protection de la communauté internationale et du Hezbollah

saraya

Alors que les organisations djihadistes gagnent en puissance au Moyen-Orient, et notamment au Liban, en particulier après que de larges secteurs de la Syrie et de l’Irak sont tombés sous le contrôle de l’Etat islamique (EI), qui tente d’y imposer un islam radical, les minorités chrétiennes et la minorité druze au Liban commencent à craindre pour leur avenir, et même pour leurs vies.

Plusieurs incidents se sont récemment produits au Liban, qui ont exacerbé cette crainte : au début du mois d’août 2014, l’EI et Jahbat Al-Nusra (JN) ont envahi la ville frontalière d’Irsal, au nord-est du Liban, et enlevé plusieurs dizaines de soldats et d’agents de sécurité libanais, en coopération avec des citoyens libanais et des réfugiés syriens. Ultérieurement, des militants affiliés à l’EI et à JN ont également tenté de mener une attaque contre la ville de Brital, au sud d’Irsal. Suite aux combats entre le régime d’Assad et les rebelles dans la zone d’Al-Qalamoun en Syrie, près de la frontière orientale et nord-orientale du Liban, ces organisations planifieraient, selon certaines informations, de nouvelles incursions au Liban.

En outre, au début octobre 2014, des groupes armés affiliés à l’EI et à JN, aidés par des réfugiés syriens, ont affronté l’armée libanaise à Tripoli et dans d’autres régions du Nord. Selon des sources militaires libanaises, ces affrontements s’inscrivaient dans un plan global de l’EI et de JN pour créer une continuité territoriale avec la zone d’Al-Qalamoun en Syrie occidentale.

Par ailleurs, au cours de l’année passée, des graffitis pro-EI sont apparus à proximité d’églises et d’écoles chrétiennes dans différentes parties du Liban, menaçant d’instaurer un Etat islamique et de massacrer les chrétiens.

Les minorités au Liban redoutent une intrusion de l’EI et de JN à la frontière orientale du Liban et le soutien actif que ces organisations reçoivent de la part de groupes extrémistes sunnites et de réfugiés syriens à l’intérieur du pays ; mais également que la guerre civile syrienne s’étende au Liban. La préoccupation des chrétiens est exacerbée par la faiblesse du gouvernement central, l’incapacité de l’armée libanaise à les protéger, et la crainte qu’aucun élément extérieur ne vienne à leur aide, sinon peut-être en leur accordant des permis d’immigration.

En réaction à cette situation, de larges pans de la population chrétienne ont commencé à s’armer et à chercher la protection de différents éléments – y compris du Hezbollah, qui exploite leurs souffrances dans son propre intérêt. Ils ont également tenu des conférences et publié des communiqués exhortant à la tolérance religieuse et demandant la protection et l’assistance de la communauté internationale.[1]

Le présent rapport examine les appréhensions de la minorité chrétienne au Liban, les signes de tensions entre les chrétiens et les éléments sunnites extrémistes, et la tentative de certains chrétiens de s’armer et/ou de se rapprocher du Hezbollah afin d’obtenir sa protection. Il examine également leurs efforts pour attirer l’attention publique sur leur sort et réfréner l’extrémisme sunnite, avec l’aide de la direction sunnite modérée au Liban et ailleurs.

Tensions entre sunnites et chrétiens : des chrétiens brûlent des drapeaux de l’EI et de JN ; des sunnites vandalisent des croix et inscrivent des graffitis menaçants

Fin 2014, les médias libanais ont largement fait état de la crainte des chrétiens à l’égard des organisations musulmanes extrémistes – en premier lieu l’EI et JN – et du soutien dont ces organisations bénéficient parmi les sunnites libanais et les réfugiés syriens à travers tout le Liban. Ce soutien a trouvé une expression tangible dans les violents affrontements qui ont éclaté à Irsal en août 2014 et à Tripoli deux mois plus tard, entre l’armée libanaise et des groupes armés libanais s’identifiant à l’EI et à JN, et également dans les slogans pro-EI et anti-chrétiens apparus sur les murs des églises, des écoles et même des maisons dans différentes parties du pays.

Craignant l’influence de ces éléments extrémistes, et en protestation contre leurs crimes, tels que l’exécution de deux soldats libanais le 30 août 2014, plusieurs jeunes hommes d’Al-Ashrafiya, quartier chrétien de Beyrouth, ont brûlé un drapeau de l’EI portant le message de la shahada (proclamation de foi musulmane, « Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète »). Des activistes chrétiens sur Internet ont aussi lancé un « défi pour brûler le drapeau de l’EI » et appeler d’autres à faire de même.[2] Le ministre de la Justice libanais Ashraf Rifi, de la faction sunnite Al-Mustaqbal, a appelé à punir avec sévérité les auteurs de ces actes, au motif qu’ils pouvaient semer la guerre civile. A l’inverse, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, du parti chrétien de Michel Aoun, a appelé les chrétiens à faire la distinction entre l’EI et l’islam.[3]

 

Des manifestants brûlent un drapeau de l’EI dans le secteur chrétien de Beyrouth (Source : Dailystar.com.lb, 1er septembre 2014)

Le lendemain, 31 août 2014, plusieurs sunnites de Tripoli ont réagi en brûlant deux croix, et en taguant des graffitis « L’EI arrive » sur plusieurs églises de la ville.[4]


Deux croix brûlées à Tripoli (Source : Alhadathnews.net, 31 août 2014)

Au cours des semaines suivantes, plusieurs messages pro-EI et anti-chrétiens sont apparus dans différents secteurs. « L’EI arrive » a été inscrit sur le mur d’une église à Zghata, dans le nord du Liban et sur les murs d’une ville proche de Tyr au Sud ; [5] le message « Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah – Etat islamique » est apparu sur les murs de Ghaza dans la vallée de la Bekaa occidentale,[6] « l’Etat islamique brisera la croix » a été peint à la bombe sur le mur d’une église à Al-Mina dans le nord,[7] et le message « Nous sommes venus pour vous massacrer, adorateurs de la croix » a été inscrit sur le mur d’une école chrétienne à Tripoli.

« Nous sommes venus vous massacrer, adorateurs de la croix », sur le mur d’une école chrétienne à Tripoli (Al-Safir, Liban, 2 septembre 2014)


« L’Etat islamique arrive » sur le mur d’une église à Al-Mina (Alnashra.com, 31 août, 2014)

Conférences et déclarations appelant à une protection internationale

Les chrétiens du Liban ont répondu à la menace par plusieurs autres méthodes également. Au niveau médiatique, ils ont tenu des réunions et des conférences et publié des déclarations pour tenter d’attirer l’attention sur leur sort au Liban et ailleurs et d’obtenir une protection internationale. Lors de ces réunions, ils ont évoqué la nécessité de combattre l’extrémisme sunnite, en coopération avec la direction sunnite modérée au Liban et dans le monde arabe. Ainsi, le 7 août 2014, les patriarches des églises orientales au Liban ont tenu une conférence au cours de laquelle ils ont appelé les dirigeants religieux sunnites et chiites à prononcer des fatwas contre l’assassinat de chrétiens.[8]

Le  3 septembre, les archevêques maronites du Liban, sous la direction du patriarche Bechara Boutros al-Rahi, ont publié un communiqué déclarant leur opposition à « toutes les formes de discrimination, d’oppression, d’expulsion et de meurtres commis par des groupes extrémistes et tafkir, qui exploitent la religion pour promouvoir des intérêts et des projets qui n’ont rien à voir avec les valeurs bien connues de l’islam ».

Cette déclaration appelle également la communauté internationale, le Conseil de sécurité des Nations unies et la Cour pénale internationale de La Haye à « prendre les mesures nécessaires afin de mettre fin à la tragédie [des chrétiens] ».[9] Lors d’une conférence qui s’est tenue à Washington du 9 au 11 septembre, évoquant la situation des chrétiens dans l’Orient arabe, Al-Rahi a exhorté les Etats-Unis à protéger les chrétiens.[10]

S’armée pour se défendre ou faire confiance à l’armée et au Hezbollah pour une protection ?

Dans le même temps, les chrétiens ont pris des mesures pour se défendre contre les extrémistes par les armes, en coopération avec l’armée libanaise et avec les forces de sécurité du Hezbollah. Le 17 septembre 2014, le quotidien libanais pro-Hezbollah Al-Akhbar a publié une série d’articles faisant état de préparatifs militaires et sécuritaires des chrétiens, dans différentes parties du Liban : dans le nord de la Bekaa, zone contrôlée principalement par le Hezbollah à la frontière avec l’EI et JN ; dans les villes et villages de la Bekaa centrale, proches de la frontière syrienne ; dans la région de Tyr et au Sud, sous contrôle du Hezbollah ; dans la région du mont Liban, peuplée principalement de druzes ; et dans le Nord, peuplé surtout de sunnites, dont certains soutiennent les organisations extrémistes dans une certaine mesure.


(Source : Worldmaps.net)

Ces articles affirment que les chrétiens dans le pays s’arment de manière indépendante ou avec l’aide des partis politiques chrétiens, afin de se défendre des organisations extrémistes le moment venu ; d’autres comptent sur le Hezbollah pour les protéger, et certains prennent des mesures de sécurité, en coopération avec l’armée ou les conseils municipaux, telles que patrouiller dans leurs régions, contrôler les réfugiés syriens et leur imposer un couvre-feu la nuit. [11]

Il semble que plusieurs considérations influencent les chrétiens des différentes régions, sur la décision de s’armer et de savoir sur qui compter pour assurer leur défense. La première est celle de leur affiliation politique : certains chrétiens sont affiliés au Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun, qui fait partie de l’Alliance du 8 mars, dirigée par le Hezbollah ; tandis que d’autres sont affiliés au parti Kataeb et au parti des Forces libanaises, qui font partie du courant rival, les Forces du 14 mars. Ce dernier s’oppose à la détention d’armes par des éléments non gouvernementaux, y compris le Hezbollah.

Une autre considération est la proximité avec la frontière syrienne et avec la zone où l’EI et JN combattent le régime d’Assad et le Hezbollah, et où les hommes armés mènent leurs incursions à Irsal et dans d’autres villes du nord-est du Liban. Naturellement, les chrétiens qui vivent près de la frontière ressentent un besoin accru de s’armer.

Un troisième facteur est la réticence à prendre les armes ressentie par certains chrétiens, en particulier dans la région du mont Liban, en raison de leur expérience amère de la guerre civile libanaise. Les articles publiés dans Al-Akhbar expriment un certain écart entre la position de la population chrétienne, qui attend de ses dirigeants, tous partis et courants confondus, qu’ils prennent des mesures pour un armement, et celle des dirigeants eux-mêmes, opposés au recours aux armes.

Selon l’un des articles d’Al-Akhbar, tous les chrétiens de la ville frontalière d’Al-Qa’a, au nord de la Bekaa – toutes factions et courants confondus – ont organisé des patrouilles nocturnes armées dans leur ville, en coopération avec la police locale, pour se protéger des infiltrations de miliciens armés et le mouktar de la ville avait déclaré que « l’armée libanaise et le Hezbollah n’abandonneront pas » les chrétiens.

Un autre article cite un responsable du parti Al-Kataeb d’Amine Gemayel, dans la région de Zahlé au centre de la Bekaa. Il affirme que les partisans de son parti appellent à armer les chrétiens, et que le parti, en dépit de son opposition, avait succombé à la pression et informé ses partisans qu’ils étaient libres de créer des liens sécuritaires avec toute force ou parti [y compris le Hezbollah] en cas de besoin.

Cet article cite également le coordinateur du parti des Forces libanaises de Samir Geagea dans la même région, affirmant : « Nous ne fournissons d’armes à personne, mais nous conseillons à ceux qui doivent se défendre d’acquérir des armes à leurs frais ». Le coordinateur local du parti de Michel Aoun, le Courant patriotique libre, a affirmé que son parti était « opposé à l’idée de recourir aux armes… mais que si la situation empirait, nous ne resterons pas les bras croisés, bien entendu ».

Un troisième article cite un marchand d’armes dans le nord de la Bekaa, affirmant que de nombreux chrétiens achètent des armes à feu personnelles, voire des armes plus lourdes, et que les différentes factions et partis chrétiens dans la région avaient vidé leurs entrepôts et livré des armes à leurs partisans. Il ajoute que les militants chrétiens des Forces du 14 mars se sont même adressés au Hezbollah pour obtenir des armes et ont exprimé leur souhait de combattre à ses côtés le cas échéant.[12]

Le quotidien Al-Safir, qui soutient également les Forces du 8 mars, a rapporté que le Hezbollah avait promis sa protection aux chrétiens du nord de la Bekaa.[13]

Rejoindre les Brigades de la résistance : des milices chrétiennes sous commandement du Hezbollah

De manière surprenante, il semble que certains chrétiens aient décidé non seulement de se fier au Hezbollah pour les sauver le moment venu, mais de rejoindre des milices opérant dans le cadre de cette organisation. Plusieurs articles récents publiés dans les médias libanais indiquent que le Hezbollah œuvre au recrutement d’un grand nombre de chrétiens dans les Brigades de la résistance (Saraya Al-Muqawama), constituées de mercenaires au service du groupe.

Le 12 novembre 2014, le quotidien Al-Nahar rapportait que le Hezbollah s’efforce de recruter des chrétiens, des druzes et des sunnites au sein des Brigades de la résistance pour combattre l’EI et JN. Selon l’article, le Hezbollah fournit aux recrues un entraînement et des armes, et leur verse même un salaire mensuel, de 1 500 à 2 500 dollars par mois. Et d’ajouter que les chrétiens qui rejoignent le Hezbollah sont des jeunes qui craignent pour leur sort en raison de la montée de l’EI, et d’autres qui ont des difficultés financières. [14]

Le même jour, Al-Nahar a publié une interview du commandant des Brigades de la résistance, sous couvert d’anonymat, qui affirmait que des milliers de jeunes de toutes appartenances religieuses souhaitent rejoindre ses rangs, des chrétiens pour la plupart. Il reconnaît qu’il existe deux groupes purement chrétiens à Deir Al-Ahmar et à Ras Ba’albek – deux villes frontalières au nord du Liban – de plusieurs centaines d’hommes.[15]

La plupart des informations publiées indiquent que les chrétiens qui rejoignent les Brigades de la résistance du Hezbollah sont des partisans du Courant patriotique libre, dirigé par l’allié de longue date du Hezbollah, Michel Aoun.

Ainsi, Al-Nahar rapportait le 13 septembre 2014, citant des chrétiens opposés au Courant patriotique libre, que le mouvement avait établi conjointement avec le Hezbollah des brigades chrétiennes à Jezzine, au Liban-Sud.[16] Une autre information, publiée par le site de presse libanais Nowlebanon le 4 octobre 2014, citait un activiste des droits de l’Homme, sous couvert d’anonymat à Sidon, affirmant que des réunions secrètes se tenaient dans des maisons de Jezzine entre des représentants du Hezbollah et des partisans du Courant patriotique libre, pour discuter de la création de brigades chrétiennes constituées de ces derniers. Et d’ajouter que le Hezbollah arme des jeunes chrétiens pour défendre leurs villages, leur versant un salaire mensuel de 500 dollars. Il convient de mentionner que des représentants du Courant patriotique libre ont démenti cette information, affirmant qu’ils étaient opposés à l’idée d’armer les chrétiens.[17] L’union des villages de la région de Jezzine a également démenti cette information.[18]

Toutefois, selon un article du quotidien Al-Akhbar sur les chrétiens au Sud-Liban, certains chrétiens – même parmi ceux appartenant aux Forces du 14 mars – ont demandé au Hezbollah de les former secrètement et de les armer dans le cadre des Brigades de la résistance, et certains chefs de villages et dirigeants à l’est de Sidon ont demandé la protection du Hezbollah, au cours d’une réunion avec l’ancien membre du bureau politique de l’organisation, Ghaleb Abou Zainab.[19]

Le 12 novembre 2014, le secrétariat des Forces du 14 mars a condamné « le phénomène répandu d’armement sous la supervision du Hezbollah, et sous l’égide des soi-disant ‘Brigades de la résistance’… [phénomène] qui menace la stabilité de la société libanaise ».[20]

Le Hezbollah alimente la crainte des groupes djihadistes pour rallier le soutien chrétien et druze

Le Hezbollah et les médias qui le soutiennent ont intérêt à alimenter la crainte de l’EI et de Jabhat Al-Nusra parmi les minorités chrétiennes et la minorité druze au Liban et à les armer, afin de justifier l’existence des armes de l’organisation et son implication militaire en Syrie, de se présenter comme le seul élément qui peut défendre les minorités du pays, et de les inciter à rejoindre ses rangs, ainsi que ceux de Saraya Al-Muqawama.

Le Hezbollah espère gagner le soutien politique de ces deux minorités, en particulier des chrétiens qui soutiennent les Forces du 14 mars et des druzes qui défendent Walid Joumblatt. A ce sujet, le chef du Parti de l’option libanaise, Ahmad Al-As’ad, un chiite anti-Hezbollah – a déclaré : « Le Hezbollah opère parmi les jeunes chrétiens, sunnites et druzes dans la Bekaa, cherchant à faire des recrues et à les attirer par de l’argent… et les effrayant sur l’avenir… En sus des jeunes chiites, le Hezbollah attire également d’autres sectes dans le jeu de la mort [en Syrie]… Le Hezbollah submerge le pays d’armes afin de se [blanchir] et de gagner le soutien des différentes sectes ».[21]

Des déclarations similaires ont été faites par l’ancien rédacteur en chef du quotidien Al-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, Tariq Alhomayed, qui a écrit dans un éditorial daté du 15 novembre 2014 : « Le Hezbollah a besoin d’un soutien confessionnel pour justifier sa présence en Syrie et affirmer ainsi qu’il n’est pas le seul élément [au Liban] qui se bat pour défendre le criminel Assad, ni le seul élément qui applique l’ordre du jour communautaire iranien ».[22]

Par E. B. Picali, chercheur à MEMRI

Notes :

[1] Ainsi, le 3 décembre 2014, Al-Azhar a accueilli une conférence internationale au Caire, appelant à s’opposer à la violence et à l’extrémisme, avec la participation de centaines de chefs religieux musulmans et chrétiens venus de 120 pays. Al-Mustaqbal (Liban), 5 décembre 2014.

[2] Lbcgroup.tv, 8 septembre 2014.

[3] Al-Hayat (Londres), 30 août 2014. Le quotidien libanais Al-Nahar a rapporté que des graffitis contre les réfugiés syriens étaient apparus à Al-Ashrafiya.

[4] Alquds.co.uk, 31 août 2014 ; Al-Safir (Liban), 1er septembre 2014.

[5] Lbcgroup.tv, 31 août 2014 ; Al-Nahar (Liban), 5 septembre 2014Al-Mustaqbal (Liban), 7 novembre 2014.

[6] Saida-facts.com, 3 septembre 2014.

[7] Al-Akhbar (Liban), 5 septembre 2014.

[8] Al-Mustaqbal (Liban), 8 août 2014.

[9] Aljadeed.tv, 3 septembre 2014.

[10] Al-Mustaqbal (Londres),11 septembre 2014.

[11] Pour un compte-rendu du couvre-feu nocturne imposé aux réfugiés dans certaines villes chrétiennes, voir Al-Sharq Al-Awsat(Londres), 16 août 2014.

[12] Al-Akhbar (Liban), 17 septembre 2014.

[13] Al-Safir (Liban), 9 septembre 2014.

[14] Al-Nahar (Liban), 12 novembre 2014.

[15] Al-Nahar (Liban), 12 novembre 2014.

[16] Al-Nahar (Liban), 13 septembre 2014. Voir aussi Al-Mustaqbal(Liban), 16 septembre 2014.

[17] Now.mmedia.me, 14 octobre 2014.

[18] Al-Mustaqbal (Liban), 14 septembre 2014.

[19] Al-Akhbar (Liban), 17 septembre 2014.

[20] Al-Mustaqbal (Liban), 13 novembre 2014.

[21] Al-Mustaqbal (Liban), 14 novembre 2014.

[22] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 15 novembre 2014.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:06

Un débat politique au Liban sur la guerre en Syrie dégénère en insultes

kandil

https://www.youtube.com/watch?v=m9WHuDQ6B50

Les invités d’une émission de télévision libanaise se sont lancé des insultes violentes durant un débat politique sur l’implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie. L’échange s’est envenimé lorsque Tareq Chindeb, professeur de droit international, a critiqué le Hezbollah. L’ancien membre du gouvernement libanais Nasser Kandil a réagi en disant au présentateur de « le jeter hors du studio ».

L’émission a été diffusée sur la chaîne télévisée libanaise OTV le 12 mai 2015.

Extraits :

Tareq Chindeb : Quand [le Hezbollah] se vante à propos du 7 mai [la prise de Beyrouth en 2008], l’appelant un jour glorieux, et disant qu’ils le referaient… C’est honteux, lâche et perfide de tuer 65 civils à Beyrouth et de s’en vanter.

Journaliste Jean Aziz : Pourquoi l’armée libanaise est-elle attaquée ?

Tareq Chindeb : Je vais vous répondre. Vous avez donné 10 minutes à mes collègues, donc donnez m’en 10 aussi.

Journaliste :Je vais vous les donner. Répondez juste à mes questions.

Tareq Chindeb : Je vais le faire. Cette politique, qui est basée sur le meurtre, la perfidie, la trahison et la prise pour cible de civils, est la politique de l’autre partie. Ils prétendent mener la résistance, et défendre le sanctuaire de Zaynab. Ils [ont menacé] d’envoyer des missiles qui atteindraient Haïfa et au-delà, mais en fin de compte [ils ont] frappé Damas, Alep et Homs. Quiconque se vante du meurtre de 65 civils à Beyrouth est un ignoble lâche.

Journaliste : Quand un terroriste massacre un être humain – je vais le dire même si cela vous exaspérera – la chaussure de la victime vaut plus que toutes leurs barbes réunies.

Tareq Chindeb : Je ne vous laisserai pas dire cela !

Journaliste : Je le dirai quand même ! Se faire pousser la barbe est une tradition religieuse. Je parle des terroristes seulement…

Tareq Chindeb : Je proteste ! C’est une tradition religieuse…

Journaliste : Je parle seulement des terroristes.

Tareq Chindeb : Hassan Nasrallah et le patriarche Sfeir se font également pousser la barbe.

Journaliste : Je parle des terroristes…

Tareq Chindeb : Hassan Nasrallah se fait pousser la barbe.

Journaliste : Je parle des terroristes, donc ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. N’importe quel terroriste devrait être puni par la loi. Et quid d’un terroriste qui massacre un soldat…

Tareq Chindeb : Il devrait être puni. Nous rejetons le terrorisme. Quand je fais mon travail d’avocat… Pourquoi est-ce-que ce fils de pute se moque de moi ?

Nasser Kandil : Faites le sortir d’ici ! Si cette émission est respectable, je ne peux tolérer cette abomination et cette stupidité. Foutez-le hors du studio, que je n’ai pas à le faire moi-même.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:57

Le poète irakien Assad Al-Ghurairy : le mot « démocratie » est vilain ; « terreur » est l’un des plus beaux termes du Coran

Iraqi Poet_ Democracy Is a Bad Word, Terror One of the Most Beautiful Words in t

https://www.youtube.com/watch?v=x7PfcUP22gM

Dans une récente interview télévisée, le poète irakien As’ad Al-Ghurairy déclare : la plus grande conspiration de tous les temps est incarnée par le mot « démocratie », qui est un « vilain mot », selon lui.

Le mot « terrorisme » en revanche, est dérivé « de l’une des plus belles paroles du Coran » ajoute-t-il, citant le verset coranique : « Semez la terreur dans les cœurs des ennemis d’Allah et [dans les cœurs] des vôtres » pour appuyer ses propos.

L’interview a été diffusée sur Al-Ghad Al-Arabi TV le 6 mai 2015.

Extraits :

As’ad Al-Ghurairy : La résistance irakienne a reporté l’initiative du « plus grand Moyen-Orient ». A tel point que les Etats-Unis ont dû avoir recours à un autre plan, mené par la « sœur » Condoleeza Rice : l’anarchie constructive. Dites-moi, que signifie ce genre d’expression ? Comment pouvez-vous utiliser « anarchie » et « moralité » dans une même équation ? Malheureusement, certains Arabes ignares ont pris goût à cette expression, et ont attrapé le train américain en marche…

Journaliste : Ils considéraient cela comme un signe de progrès.

As’ad Al-Ghurairy : Ils ont essayé de nous vendre toutes sortes de nouvelles notions. Je le dis haut et fort : la plus grande conspiration de tous les temps est incarnée par le mot « démocratie ». En utilisant ce vilain mot, « démocratie », ils ont voulu porter un coup à la choura du prophète Mahomet.

Journaliste : Juste pour clarifier les choses, vous considérez que « démocratie » est un vilain mot ?

As’ad Al-Ghurairy : Bien sûr.

Journaliste : Comment cela se fait-il ?

As’ad Al-Ghurairy : Tout d’abord, dans la démocratie, lorsque quelqu’un perd, même si c’est de 10 % seulement, il perd le droit d’être impliqué dans la prise de décision. Ils ont tiré le mot « terrorisme » de l’une des plus belles paroles du Coran : « Semez la terreur dans les cœurs des ennemis d’Allah et [dans les cœurs] des vôtres ». « Semer la terreur » signifie faire peur. Sœur Karima, prenez garde à ce que signifie « terrorisme » : je vous terrorise pour vous effrayer, afin que vous ne commettiez pas d’acte interdit.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:55

Recherche professionnels occidentaux pour rejoindre l’Etat islamique

healthcare

 

Dans son premier discours public après avoir été nommé calife en juin 2014, le chef de l’Etat islamique (EI) Abu Bakr Al-Baghdadi appelle les professionnels à immigrer vers les territoires sous son contrôle afin de contribuer à la construction de ce nouvel Etat. « Nous lançons un appel spécial aux érudits, aux fuqahaa’ [experts de la jurisprudence islamique], aux prédicateurs, en particulier aux juges, mais aussi à ceux qui ont une expertise dans le domaine militaire, administratif ou du service, aux médecins et ingénieurs de toutes les spécialisations et de tous les domaines. »

Cette déclaration découle de l’ambition de l’EI à se bâtir seul et à constituer un projet viable. Afin que ses projets puissent se réaliser, l’EI sait qu’il doit fournir à la population des services basiques et créer des revenus. Il sait que des professionnels qualifiés contribuent à former une société prospère et opérationnelle. De ce fait, en plus d’un lourd recrutement de jeunes hommes étrangers dans les rangs des ses combattants, l’EI s’échigne aussi à recruter des hommes et des femmes capables de contribuer grâce à leur savoir-faire professionnel et à leur expérience.

Pour recruter ces éléments, la propagande de l’EI éveille leur désir de faire partie d’une communauté prospère respectueuse de la Loi islamique. Dans le même temps, elle met l’accent sur le devoir religieux de tels professionnels de rejoindre les rangs de l’EI, comme partie intégrante de la hijra et du djihad. De récentes parutions des médias de l’EI présentent les cas de jeunes agents occidentaux venus en Syrie pour travailler à son service, dans leur profession et dans leur pays d’origine.

Sur les réseaux sociaux, des individus partagent leurs expériences quotidiennes de travail dans différents domaines, en tant que médecins, infirmières, professeurs, etc. Ces méthodes sont utilisées pour convaincre d’autres musulmans compétents de rejoindre l’EI.

Ce rapport analyse plusieurs cas de professionnels hautement qualifiés qui ont immigré vers l’EI, et les rôles que certains d’entre eux jouent au sein du groupe.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:50

Hassen Chalghoumi à Jérusalem : « J’accuse Google ! J’accuse Twitter ! »

CHALG

Conférence à Jérusalem

Jeudi 14 mai, l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi, également président de la Conférence des imams de France et de l’Union des Peuples pour la Paix (UPP), donnait une conférence à l’attention des francophones de Jérusalem. L’événement, organisé avec l’Institut français de Jérusalem Romain Gary, a attiré des Français de tous bords, désireux d’entendre l’Imam de Drancy évoquer son parcours, son quotidien et son combat contre l’extrémisme et pour le rapprochement des peuples.

phone de Jérusalem, une communauté dont la diversité fait écho au rapprochement des peuples qui est son combat », ajoutant : « S’exprimer est déjà un acte de grand courage. Mais l’Imam Chalghoumi a aussi eu des initiatives sur le terrain : Il a fait venir des délégations d’imams en Israël – une douzaine d’imams de France, d’Afrique et du Sénégal – et les a amenés à Yad Vashem. Dans sa mosquée de Drancy, il a commémoré les attentats du 11 septembre.  Ce ne sont là que deux exemples… »

 

Chalg au complet

De gauche à droite : L’Imam Hassen Chalghoumi, Ezra Dloomy, MEMRI, Nathalie Szerman, directrice du département francophone de MEMRI, Cécile Caillou-Robert, directrice de l’Institut français de Jérusalem Romain Gary

Nathalie Szerman, directrice du département francophone de MEMRI, a présenté l’Imam Chalghoumi dans une introduction où elle l’a qualifié  de « personnalité d’un courage hors du commun ( …) un homme de ‘cœur’ au sens et fort du terme. C’est aujourd’hui la première fois qu’il s’adresse à la communauté francophone de Jérusalem, une communauté dont la diversité fait écho au rapprochement des peuples qui est son combat », ajoutant : « S’exprimer est déjà un acte de grand courage. Mais l’Imam Chalghoumi a aussi eu des initiatives sur le terrain : Il a fait venir des délégations d’imams en Israël – une douzaine d’imams de France, d’Afrique et du Sénégal – et les a amenés à Yad Vashem. Dans sa mosquée de Drancy, il a commémoré les attentats du 11 septembre.  Ce ne sont là que deux exemples… »

Nathalie MEMRI logo

Mot d’introduction de Nathalie Szerman au témoignage de Hassen Chalghoumi

Elhanan Yakira, professeur émérite de l’université hébraïque de Jérusalem, ancien directeur du département de philosophie, faisait aussi partie du panel. Il a ouvert le débat après l’intervention de l’Imam de Drancy.

Chalg avec Elhanan

Elhanan Yakira, Professeur émérite de l’Université hébraïque de Jérusalem, face à Hassen Chalghoumi

Dans son témoignage présentant ses efforts pour combattre la violence et encourager le dialogue inter-confessionnel, l’imam a évoqué son enfance dans une famille tunisienne traditionaliste, les attaques contre sa personne et sa famille commises parce qu’il avait osé se faire prendre en photo avec des représentants de la communauté juive.

Hassen Chalghoumi a déclaré qu’il avait des critiques à formuler à l’encontre du gouvernement de l’Etat d’Israël et ses représentants, mais qu’il ne mélangeait pas les genres et que cela ne devait pas l’empêcher de s’entretenir librement avec les représentants des organisations juives dans ses efforts de rapprochement.

Il a lancé l’idée de faire venir d’immenses délégations de musulmans à Jérusalem pour prier, faire connaître la réalité sur le terrain et promouvoir la paix, et a insisté sur la nécessité, pour la grande majorité des musulmans pacifiques, de lever la voix pour se faire entendre.

Répondant aux questions du public, qui contestait sa présentation du Coran comme détenteur d’un message de paix, il a déclaré qu’il était irréaliste de vouloir faire supprimer les versets coraniques jugés inadéquats et qu’il fallait se concentrer sur le message d’ensemble.

Il a estimé qu’il convenait de s’entretenir avec des dignitaires chrétiens et juifs pour tenter de dépasser les épisodes de violence religieuse que traversent actuellement les courants extrémistes de l’islam, comme l’ont fait le judaïsme, qui a aussi connu des épisodes de violence rapportés dans l’Ancien Testament, ou encore le christianisme, qui a connu les croisades. Ces épisodes ont été dépassée et le seront aussi en islam, a-t-il assuré.

Il a souligné le rôle d’Internet dans la propagation de l’extrémisme islamique aujourd’hui, nommant les coupables avec la formule : « J’accuse Google, j’accuse Youtube, j’accuse Twitter et les réseaux sociaux. »

Chalgh avec Cecile

Hassen Chalghoumi, Nathalie Szerman et Cécile Caillou-Robert

Conférence à Washington

Avant cela, le 14 mai, Hassen Chalghoumi s’était exprimé au Capitol Hill, à Washington DC, dans le cadre d’un événement  organisé par MEMRI en coopération avec Fondation Lantos pour les Droits de l’Homme et la Justice. Dans cet événement commémorant l’action du député Tom Lantos pour une législatation contre l’antisémitisme aux Etats-Unis, Caroline Fourest est également intervenue. Les deux principaux intervenants étaient donc français, un choix déterminé par les deux derniers attentats de Charlie hebdo et de l’Hypercasher,

D’éminentes personnalités de la classe politique étaient présentes, dont Nancy Pelosi et John Mc Cain. La militante ouighoure Rebyia Kadeer assistait aussi à l’évenement.

L’imam de Drancy Hassen Chalghoumi, a prononcé son allocution en arabe, laquelle a été traduite en anglais et en français.

Extraits : «  (…) Nous ne pouvons pas commémorer la Shoah au 21e siècle sans évoquer les crimes perpétrés actuellement à l’encontre des chrétiens, en conséquence de la même haine qui a conduit à l’extermination presque totale des Juifs d’Europe.

(…) La haine et la violence ont aussi été l’apanage des autres religions, au cours de leur histoire respective. Pendant des siècles, le christianisme et le judaïsme ont connu des phases au cours desquelles les valeurs humaines les plus élevées ont été marginalisées et remplacées par la haine et la violence. Plus tard, toutefois, chacune d’elles a rompu avec ces tendances violentes, pour devenir une religion presqu’entièrement humaniste, pacifique et miséricordieuse – telle que nous les connaissons à présent depuis des siècles. Pourtant, il ne s’agit pas d’une évolution à sens unique, et parfois les phénomènes du passé montrent à nouveau leur visage hideux. Il convient de mener une bataille permanente pour les réprimer.

(…) Quels sont les fronts sur lesquels se joue cette grande bataille au sein de l’islam ? Par-dessus tout, elle se déroule sur Internet. Tout en étant une grande bénédiction pour l’humanité, Internet est aussi le porteur des pires idées, croyances et incitations à la violence, et il est utilisé dans une grande mesure par les extrémistes, pour radicaliser et recruter leurs fidèles. De fait, sans Internet, le mouvement du djihad international n’aurait pas acquis l’influence qu’il exerce maintenant dans le monde entier.

(…) Le deuxième champ de bataille est celui des écoles, où des conseils appropriés destinés aux jeunes font cruellement défaut. En l’absence de ces éléments essentiels, le système éducatif est dénué de valeurs morales et, en fin de compte, les étudiants d’aujourd’hui deviennent les extrémistes et les terroristes de demain. Nous avons vu cela se produire à de nombreuses reprises en France.

Le troisième champ de bataille est celui des mosquées, où on assiste trop souvent à des discours d’incitation à l’antisémitisme, à la haine et à la violence. (…) Le quatrième champ de bataille est celui des prisons, dans lesquelles les autorités font cohabiter les prisonniers ordinaires avec les terroristes et les promoteurs d’idéologies criminelles (…) »

Lire en français le texte intégral de l’allocution de Washington 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 15:48

Sami Al-Deeb : La partie médinoise du Coran et les Droits de l’Homme

coranic_school

 

Dans une nouvelle interview intitulée “Le Coran, un livre de paix ?”, Sami Al-Deeb, professeur des universités suisse palestinien et spécialiste en droit islamique, revient sur la nécessité, selon lui, d’établir une distinction claire entre la période de Médine, caractérisée par des massacres, et la période de la Mecque, plus pacifique. Ci-dessous l’entretien, paru sur son blog « Savoir ou se faire avoir » :  

Question : Après la tuerie de Charlie Hebdo, beaucoup ont dit que ces tueurs sont des extrémistes qui n’ont rien à voir avec le Coran qui est un livre de paix.

« L’Etat islamique suit l’exemple de la période médinoise pour justifier ses crimes contre les minorités chrétiennes et yézidites »

Sami Aldeeb : Toute généralisation est fausse. Je m’explique. Le Coran est composé de 114 chapitres présentés généralement plus ou moins selon l’ordre de leur longueur, avec quelques exceptions. Mais à l’intérieur de ce Coran on distingue deux parties :

  • La partie mecquoise : elle aurait été « révélée » à la Mecque entre les années 610 et 622, et comporte 86 chapitres. Pendant la période mecquoise, Mahomet était un simple prédicateur, énonçant des principes moraux d’ordre général et racontant des histoires reprises de la tradition juive, chrétienne et arabe. Cette partie peut à la rigueur être qualifiée de pacifique.
  • La partie médinoise : elle aurait été « révélée » à Médine entre les années 622 et 632, et comporte 28 chapitres. Pendant cette période, Mahomet devient chef d’État et chef guerrier. Il se montre implacable avec les polythéistes et ne leur donne le choix qu’entre l’épée et la conversion à l’islam ; leurs idoles et leurs temples sont détruits. Quant aux monothéistes (les juifs et les chrétiens, auxquels sont assimilés les sabéens et les zoroastriens), ils ont eu le choix entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut ou l’épée. Les femmes et les prisonniers sont distribués comme esclaves aux combattants musulmans, et leurs biens sont confisqués. Cette politique a été suivie pendant des siècles tant que les musulmans en avaient les moyens. C’est ainsi que les musulmans ont massacré environ 80 millions d’hindouistes et détruit leurs temples et leurs divinités. Ce qui constitue le plus grand génocide de l’histoire.

Et aujourd’hui l’Etat islamique ne fait que suivre cette politique, citant des versets du Coran et des récits de Mahomet pour justifier leurs crimes contre les minorités chrétiennes et yézidites. Ces derniers  étant considérés comme polythéistes, ils n’ont eu le choix qu’entre la conversion à l’islam ou l’épée, et leurs femmes ont été vendues comme esclaves. Les chrétiens devaient soit se convertir à l’islam, soit quitter leurs terres et leurs biens, soit se faire massacrer. Leurs églises ont fait l’objet de nombreuses destructions, et leurs biens ont été confisqués par les musulmans, parfois des voisins, des collègues de travail ou des collègues d’étude.

« La règle veut, en droit musulman, que les versets médinois qui entrent en contradiction avec des versets mecquois abrogent ces derniers »

C’est ainsi que les versets tolérants mecquois, souvent cités par la propagande musulmane, sont caducs et remplacés par les versets médinois violents, même si les deux se trouvent toujours dans le Coran. Mais comme le Coran n’est pas publié par ordre chronologique, le lecteur passe souvent d’un verset tolérant à un verset violent et vice-versa, sans savoir lequel de ces versets reste en vigueur.

Un autre problème contribue à la confusion. Les normes islamiques peuvent être suspendues pendant des longues périodes, sans jamais disparaître. Tout dépend des forces en présence. C’est ainsi que l’esclavage et le rapt des femmes, qu’on pensait disparus à tout jamais, ont été réhabilités par l’Etat islamique, que ce soit en Syrie, en Irak ou en Afrique, avec le groupe Boko Haram. De même les sanctions comme la lapidation, la crucifixion, l’amputation de la main du voleur, la flagellation, la mise à mort de l’apostat, normes auxquelles de nombreux pays musulmans ont renoncé, mais qui sont de nouveau réhabilitées, toujours sur la base du Coran et des récits de Mahomet. On constate le même phénomène avec la destruction des statues de Bouddha en Afghanistan et des statues assyriennes en Irak. L’Etat islamique et Boko Haram n’ont rien inventé, et ne font que se conformer aux normes islamiques, normes qui figurent dans tous les ouvrages de droit musulman classique (y compris l’ouvrage d’Ibn-Rushd, le fameux Averroès que les Occidentaux considèrent comme un philosophe éclairé). Ces normes sont enseignées – encore aujourd’hui – dans les écoles et universités islamiques comme celles qui dépendent d’Al-Azhar en Egypte.

Les journalistes, les politiciens et les professeurs d’universités en Occident ferment totalement les yeux sur ces informations et répètent mensongèrement ou stupidement que ce que fait l’Etat islamique n’a rien à voir avec l’islam. Martine Brunschwig Graf, Présidente de la Commission fédérale contre le racisme, va jusqu’à dire : « J’ai lu le Coran avec des commentaires. Je n’ai pas vu le rejet des autres religions ». Est-ce par ignorance ? Par crainte de la réaction des musulmans ? Par mauvaise foi ? Ou doit-elle changer de lunettes et consulter un oculiste ? Je laisse les lecteurs juger.

Question : Comment remédier à ce problème ?

« Seule une remise en question en profondeur de l’islam peut contribuer à résoudre ces problèmes (…) Le penseur soudanais Mahmoud Muhammad Taha a proposé de s’en tenir au Coran mecquois »

Sami Aldeeb : Aujourd’hui, l’Occident est confronté à d’énormes problèmes de sécurité intérieure, notamment à cause des jeunes musulmans qui ont grandi ici et qui sont allés combattre dans les rangs de l’Etat islamique et participer à ses crimes en application du droit musulman. Qu’en sera-t-il si ces jeunes reviennent en Occident bien entraînés au maniement des armes ? Et comment faire pour que d’autres jeunes ne suivent pas leur exemple et leur chemin ? D’autres questions se posent encore, auxquelles les pays occidentaux doivent répondre s’ils ne veulent pas avoir de guerre civile sur leurs territoires.

Seule une remise en question en profondeur de l’islam peut contribuer à résoudre ces problèmes. On doit à cet égard ne pas perdre de vue que les musulmans sont les premières et principales victimes des normes islamiques. La critique de l’islam est donc dans leur propre intérêt avant même qu’elle ne soit dans l’intérêt des pays occidentaux. Encore faut-il que les Occidentaux sachent diagnostiquer le mal et aient le courage de le traiter. Pour le moment, cela malheureusement n’est pas le cas. D’où la nécessité d’alerter l’opinion publique afin de provoquer un sursaut salutaire.

A mon sens, il faut suivre l’idée du penseur soudanais Mahmoud Muhammad Taha qui a proposé de s’en tenir au Coran mecquois et de laisser de côté le Coran médinois, celui-ci étant la source de la violence et des normes contraires aux droits de l’homme. Mais sa position n’a pas plu aux autorités religieuses musulmanes qui ont exigé du gouvernement soudanais de le pendre en 1985.

D’autre part, il faudrait prohiber en Suisse et dans les autres pays occidentaux la vente ou la distribution du Coran dans sa forme confuse actuelle, et exiger que le Coran soit présenté dans l’ordre chronologique afin qu’on puisse voir ce qui appartient à la période mecquoise, et ce qui appartient à la période médinoiseEt il faut indiquer sur les exemplaires qui circulent que la partie médinoise est contraire aux droits de l’homme et elle est abrogée. Ceci doit être dit et enseigné partout, y compris dans les mosquées et les universités.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 14:50

Nouvelle vidéo de l’Etat islamique d’un chant islamique en français : « Emigre vers ta terre »

camptrining

 

Le 18 mai 2015, la branche médiatique de l’État islamique [EI], Al-Hayat Media, qui produit de la documentation en d’autres langues que l’arabe, a mis en ligne une nouvelle vidéo d’un nasheed [chant] en français sous-titré en anglais. Ce chant avait déjà été diffusé en février 2015 [1] : il exhorte les musulmans à faire la hijra [immigrer] et à rejoindre le djihad avec l’EI. C’est le premier de deux chants  officiels en français de l’EI [2]. La présente vidéo intègre de nouvelles images retraçant le processus d’immigration vers l’EI, y compris des images d’archives de vidéos déjà publiées.

Le nouveau clip-vidéo de l’EI a été distribué sur Twitter, accompagné de cette bannière promotionnelle.
Le nouveau clip-vidéo de l’EI a été distribué sur Twitter, accompagné de cette bannière promotionnelle.

Al-Hayat met en ligne cette fois une vidéo [3] destinée à un public occidental, lui transmettant un message djihadiste dans son style musical. La vidéo est disponible sur Archive.org en haute définition et a été diffusée via les comptes Twitter de partisans de l’EI. La vidéo commence avec un extrait du discours à Mossoul du chef de l’EI, Abu Bakr Al-Baghdadi [4], dans lequel il appelle tous les musulmans à immigrer et à rejoindre le djihad. Il loue les vertus du ralliement à la cause du djihad. La vidéo retrace ensuite le processus d’immigration : un homme fait ses bagages et embarque dans un avion ; il passe la frontière et rejoint les moudjahidines de l’EI. La vidéo montre aussi de nouvelles images d’un camp d’entraînement de l’EI. Les recrues sont filmées en entraînement physique et d’infanterie. La vidéo est coupée au milieu par un extrait d’une vidéo précédente de l’EI [5], dans laquelle apparaît le combattant français Abu Osama Al-Faransi, qui implore les jeunes musulmans de se joindre à lui dans le djihad. La vidéo se termine sur une sélection d’images d’archives de scènes de combat de l’EI et par une citation du combattant français Abu Suhayb Al-Faransi [6] : « Allah Akbar, [le Levant est] la terre de la vie ! » La vidéo comporte des scènes de vidéos précédentes de l’EI.Refrain : Tends ta main pour l’allégeance et émigre vers ta terreCrie de tout ton cœur vengeance car tu ne peux plus te taireVersets : L’étendard s’était levé, le Califat est arrivé Ô toi qui en as tant rêvé, il est temps pour toi d’émigrer Il faut briser le silence avec une foi militante Le martyre par excellence ou la victoire éclatante Nous perdons notre dignité en vivant comme des lâchesNous renforçons notre unité en combattant sans relâche Nos ennemis sont horrifiés et veulent nous exterminer Soyons prêts à tout sacrifier, soyons les plus déterminés. Ci-dessous des captures d’écran du clip  La vidéo illustre le processus d’immigration vers l’EI, y compris une scène d’aéroport et des hommes priant à leur arrivée.  Images d’un camp d’entraînement de l’EI. La musique  accompagne des images choisies de batailles et d’attentats-suicides de l’EI. Notes : [1] Voir MEMRI en français  http://www.memri.fr/2015/03/10/des-adolescents-combattants-de-letat-islamique-francophones-a-racca-chantent-la-gloire-des-djihadistes-celebres-comme-ben-laden-awlaki-et-merah, 10 mars 2015. [2] Voir MEMRI JTTM  ISIS Releases Another Nasheed In French: « We Must Strike France… We Want To See Suffering And Deaths By The Thousand », 15 mars 2015. [3] Voir MEMRI JTTM New ISIS Nasheed In German By Rapper Deso Dogg: ‘Enemies of Allah, We Want Your Blood, It Tastes So Wonderful’, 15 avril 2015. [4] Voir MEMRI JTTM video ISIS Leader Al-Baghdadi Calls on Muslims to Wage Jihad, Says: Becoming a Caliph Is a Heavy Responsibility, 6 juillet 2014. [5] Voir MEMRI JTTM French Islamic State Fighters Urge Muslims In France To Immigrate To Caliphate, Urge Them To Target And Terrorize France, 19 novembre 2014. [6] Voir MEMRI JTTM Report French ISIS Fighter Tells His Story Of Becoming Muslim, Joining Islamic State, 7 mars 2015.

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:00

A l’approche du sommet de Camp David entre Obama et le CCG, la presse saoudienne avertit : l’ingérence iranienne dans la région constitue une menace plus grave que la bombe nucléaire iranienne

marineone

Le 14 mai 2015 est la date fixée pour le sommet de Camp David entre le président des États-Unis, Barack Obama et les chefs d’État des pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) – l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, Barheïn, les Emirats arabes unis et Oman. Une réunion à la Maison Blanche avec le président Obama et les dirigeants invités est prévue le jour précédent, le 13 mai.

L’objectif du sommet de Camp David, tel qu’il a été annoncé il y a plusieurs semaines, est de rassurer les pays du CCG concernant l’accord sur le nucléaire qui devrait être signé avec l’Iran le mois prochain, et de discuter d’une coopération plus étroite entre les États-Unis et le Conseil de Coopération du Golfe.

A l’approche du sommet, le CCG a tenu plusieurs réunions préparatoires à différents niveaux diplomatiques, notamment : une réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG le 20 avril ; un sommet des chefs d’État du CCG auquel a également assisté le président français François Hollande le 4 mai ; une réunion à Riyad le 7 mai entre le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir et son homologue américain, le Secrétaire d’État John Kerry ; et une réunion à Paris le 8 mai avec tous les ministres des Affaires étrangères du CCG et Kerry.

Le 9 mai, toutefois, l’Arabie saoudite a annoncé que le roi Salman d’Arabie saoudite n’assisterait pas au sommet comme prévu, et que le prince héritier Mohammed ben Nayef et le vice-prince héritier Mohammed ben Salman y participeraient à sa place. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a expliqué que le monarque n’y assisterait pas, car il devait rester dans son pays pour garantir la paix et la sécurité au Yémen et surveiller l’arrivée de l’assistance humanitaire aux Yéménites.

Plus tard, il a été annoncé que le roi de Bahreïn, le président des EAI et le sultan d’Oman n’assisteraient pas non plus au sommet, et qu’ils y enverraient des représentants. Pour l’heure, les émirs du Koweït et du Qatar sont les seuls chefs d’État qui prévoient d’y assister.

La réduction du niveau de représentation au sommet constitue apparemment un message adressé aux États-Unis, selon lequel l’Arabie saoudite et les autres pays membres du CCG n’étaient pas satisfaits des pourparlers préliminaires avec le Secrétaire d’État Kerry, et ont été déçus des résultats escomptés du sommet.

Selon une information publiée par le New York Times le 2 mai 2015, les Saoudiens auraient même laissé entendre qu’ils réduiraient leur représentation si le sommet ne devait pas déboucher sur des résultats conformes à leurs attentes.

En fait, les informations publiées dans la presse arabe avant l’annonce de la réduction du niveau de représentation faisaient déjà état des exigences des pays du CCG envers les États-Unis et de leur insatisfaction.

Lors du sommet du 4 mai entre les chefs d’État du CCG et Hollande, le roi Salman d’Arabie saoudite a appelé la communauté internationale, et notamment le P5+1 qui négocie avec l’Iran, à « fixer des règles plus strictes garantissant la sécurité régionale et empêchant de déboucher sur une course aux armements ». Le roi a également affirmé que tout accord final avec l’Iran devait inclure des garanties de sécurité non ambiguës.

En outre, le 7 mai, l’ambassadeur des EAU aux États-Unis, Yousef Al Otaiba, a annoncé que le CCG demanderait aux États-Unis des garanties écrites qu’ils les défendraient contre l’Iran.

De même, le 9 mai, le quotidien saoudien basé à Londres Al-Hayata rapporté que, lors du sommet du 8 mai avec Kerry, les ministres des Affaires étrangères du CCG avaient également demandé des garanties américaines que leurs pays jouiraient d’une supériorité militaire sur l’Iran.

Elaph.com a également rapporté le 9 mai que les chefs d’État du Golfe, menés par le monarque saoudien, ne se contenteraient pas d’une aide, de contrats d’armement et de systèmes de défense fournis par les États-Unis, mais qu’ils demandaient une « clarification claire, honnête et concrète, au moyen de résolutions rigoureusement fermes à long-terme, selon laquelle l’Iran ne pourrait réaliser ses aspirations expansionnistes dans la région et développer des armes nucléaires… »

Elaph a également rapporté que « les dirigeants du Golfe allaient au devant d’une confrontation avec le président américain, et qu’ils souhaitaient obtenir des réponses et des explications sur ses positions concernant ces questions brûlantes… »

Le 12 mai, trois jours après l’annonce par les Saoudiens que le roi Salman n’assisterait pas au sommet, le président Obama et le roi Salman se seraient entretenus au téléphone concernant les préparations en vue du sommet, et discuté de l’ordre du jour des réunions qui devaient s’y tenir. Tant la Maison Blanche, dans un communiqué, que le ministre des Affaires étrangères saoudien Adel Al-Jubeir, lors d’une conférence de presse, ont souligné le partenariat continu entre l’Arabie saoudite et les États-Unis. Selon le communiqué de la Maison Blanche, Obama et Salman ont, lors de leur entretien téléphonique, « examiné l’ordre du jour des prochaines réunions » et « convenu de la nécessité de travailler en étroite coopération avec les autres États membres du CCG, en vue d’élaborer une capacité collective pour traiter de manière plus efficace la série de menaces pesant sur la région et de résoudre les conflits régionaux ». Les deux dirigeants ont également abordé « l’importance d’un accord global entre le P5+1 et l’Iran, qui garantisse de manière vérifiable la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien » ont « souligné la force du partenariat entre les deux pays, fondé sur leurs intérêts et leurs engagements partagés envers la stabilité et la prospérité de la région, et ont convenu de poursuivre leurs consultations étroites sur une large gamme de questions. »

Lors d’une conférence de presse à Washington également, le ministre saoudien des Affaires étrangères a souligné que l’absence du roi Salman « au sommet n’était aucunement liée à un quelconque désaccord entre les deux pays », ajoutant : « Nous n’avons aucun doute concernant l’engagement des États-Unis envers la sécurité de l’Arabie saoudite et du Golfe. Les États-Unis présenteront aux pays du Golfe un nouveau niveau de coopération qui répondra aux besoins sur le terrain. »

Dans le même temps, la presse saoudienne a publié de nombreux articles, y compris des éditoriaux et des tribunes, fustigeant la politique de l’administration Obama au Moyen-Orient, et affirmant qu’elle avait déçu les pays arabes à plusieurs reprises, par ses positions sur la Syrie, l’Irak, Bahreïn, le Yémen et l’Iran. Ces articles accusent l’administration Obama de renforcer la puissance iranienne dans la région – à tel point qu’elle menace actuellement les intérêts du CCG – et pointent que ce n’est pas la bombe nucléaire iranienne, mais l’impérialisme iranien dans la région et son ingérence dans les affaires des pays arabes, qui constituent la « véritable bombe menaçant la sécurité [des pays arabes] ». Ils appellent les États-Unis à y mettre un frein.

Ces articles se focalisent sur les demandes que les pays du CCG devraient présenter à Obama lors du sommet, y compris celle de changer de politique envers l’Iran et de « rétablir l’équilibre régional », tout en s’engageant dans le même temps à une coopération militaire et sécuritaire sans précédent avec le CCG. Les articles soulignent le fait que les « pays du Golfe ne croient plus aux promesses et aux garanties des États-Unis » et qu’ils exigeront désormais des garanties par écrit.

Certains des articles mettent même en garde que les relations entre les États-Unis et les pays du Golfe se trouvent à présent à un stade de grave crise de confiance, et que le sommet de Camp David est l’occasion pour les États-Unis d’empêcher l’écroulement de leur alliance avec le CCG. Si l’alliance se désintègre, les intérêts américains dans la région en pâtiront, et le conflit régional se transformera en véritable conflagration.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:57

Le religieux égyptien Khaled Al-Gindi : Les athées ne devraient pas avoir accès aux médias égyptiens

gindi

 

https://www.youtube.com/watch?v=PVfzWneEX24

Le religieux égyptien Khaled Al-Gindi, invité sur la chaîne télévisée égyptienne Al-Hayat TV, a fustigé les athées.

Il a déclaré : « Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de cheikhs polis mais de quelqu’un qui leur mette du plomb dans la cervelle. »

L’émission a été diffusée le 5 mai 2015.

Extraits :

Khaled Al-Gindi : Il est malheureux [que les athées] soient autorisés à apparaître dans les médias.

Ils disent : « Dieu n’existe pas », « le Prophète est comme l’Etat islamique », et d’autres choses écoeurantes et sans fondement que nous avons malheureusement pu entendre.

Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de cheikhs polis mais de quelqu’un qui leur mette du plomb dans la cervelle.

Les cheikhs polis sont ceux qui ont nous amené ce désastre. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin.

Ces gens ont besoin de quelqu’un qui soit dur avec eux.

Si vous voulez dire que le Prophète est comme l’EI et que Dieu n’existe pas, dites-le quand vous êtes à l’étranger, loin de nous.

Nous sommes un peuple de croyants, que nous soyons chrétiens ou musulmans.

Nous avons une croyance antique en Dieu.

Nous sommes le plus ancien peuple croyant de l’histoire.

C’est dans notre ADN.

Si vous [les athées] n’aimez pas le fait que nous soyions croyants, trouvez-vous une autre nation. Tenez-vous loin de nous.

Cet athéisme si flagrant constitue une attaque aux fondements de la société.

C’est un affront aux croyances de la société et à ses symboles.

L’aigle du drapeau [Egyptien] est un symbole.

Si vous blessez cet aigle, vous pouvez aller en prison, mais si vous blessez le Dieu de tous les aigles, vous ne risquez rien ?!

Si vous blessez l’aigle, un morceau de tissu, vous pouvez aller en prison, mais si vous offensez notre Dieu et le prophète Mahomet, vous ne risquez rien ?!

Vous êtes punis si vous attaquez les symboles de ce pays, mais pas si vous offensez notre Dieu et le prophète Mahomet ?!

Nous ne devons accepter aucune offense à la religion.

Il est totalement interdit de déclarer de telles choses à voix haute.

L’islam dit : « Il ne doit y avoir aucune contrainte dans la religion », et « quiconque le souhaite, qu’il croie, et quiconque le souhaite, qu’il ne croie pas ».

Cela signifie que vous êtes libre dans votre croyance.

Mais ne venez pas sur la Place Tahrir faire l’apologie et proclamer : « Je suis un apostat ! »

Qu’essaient-ils d’accomplir ?

Ils ont créé une page [Facebook] et un parti politique pour les apostats.

C’est de la provocation.

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 14:54

Un chroniqueur irakien : en Occident les gens sacrifient leurs vies pour la science et l’humanité, tandis qu’au Moyen-Orient les terroristes-suicides se sacrifient pour tuer d’autres gens

Khalid Kishtainy book launch Iraqi Cultural Centre 043

Portrait de Khalid Kishtainy, par Emad Altaay. (thetanjara.blogspot.com)

Dans un article intitulé « Il y a suicide et suicide » du quotidien Al-Sharq Al-Awsat basé à Londres, le chroniqueur et écrivain irakien Khalid Kishtainy compare les scientifiques d’un projet spatial occidental qui prévoient d’embarquer dans un voyage en aller-simple sur Mars [1] aux auteurs d’attentats-suicides au Moyen-Orient.

Selon lui, les premiers plannifient de sacrifier leurs vies pour la science et l’humanité, tandis que les seconds gâchent leurs vies au nom de l’ignorance, tout en tuant des douzaines de gens.

Alors que la plupart des pays arriérés se préoccupent d’inepties, d’atrocités et de l’Etat islamique [EI], en Occident, cent scientifiques dotés des meilleurs diplômes académiques sont formés, afin d’en sélectionner cinq, hommes et femmes, pour un voyage impressionnant dans l’espace. [Durant ce périple] ils voyageront parmi les étoiles, les météores et les comètes des cieux, et six mois plus tard, ils arriveront sur Mars et s’y poseront. Ils seront équipés des outils scientifiques les plus perfectionnés, afin de réaliser plusieurs types d’expériences sur le sol martien, sur les pierres et l’environnement, dont les résultats seront envoyés à leurs collègues scientifiques terriens, accompagnés de leurs commentaires, leurs observations et leurs découvertes. Un jour, nous en entendrons parler et nous serons très impressionnés…

Un des buts des scientifiques est de découvrir s’il y a des créatures, ou une quelconque trace de vie sur Mars ; plantes, animaux ou insectes. Leur vaisseau spatial utilisera tout le carburant qu’il possède pour les conduire à cette destination perdue, ils ne pourront donc pas retourner sur Terre. Ils mourront là-bas et créeront ainsi le premier cimetière humain sur Mars.

La situation serait différente s’il trouvaient de l’oxygène et de l’eau sur Mars, s’ils semaient et [cultivaient] de la nourriture pour subsister, et s’ils adoptaient et fondaient une nouvelle société, puis plus tard une civilisation martienne. J’espère qu’il s’agira d’une société plus sûre et plus civilisée que la nôtre, car, après tout, aucun des cinq [scientifiques] n’appartient à l’EI ou à tout autre organisation extrémiste.

Ce groupe d’éminents scientifiques de choix décollera pour une [mission] suicide, sachant qu’ils ne retourneront jamais sur Terre. Ils voyageront dans l’espace, et leur vaisseau spatial continuera d’errer dans les profondeurs infinies de l’espace, rejoignant les blocs de roche et les étoiles qui encerclent les soleils de l’univers infini.

Ces scientifiques accomplissent cette mission au service de la connaissance et de la science, tout comme les [explorateurs] du XIXe siècle, qui ont voyagé au pôle Sud et ont péri là-bas, en quête de connaissance et de découvertes, et tout comme les médecins qui risquent leurs vies en s’injectant eux-mêmes les produits les plus dangereux dans le but d’épargner à l’humanité les maladies.

Oui, nous aussi nous avons des hommes qui veulent se suicider. Vous les trouverez partout : en Somalie, en Irak, en Syrie, en Egypte et en Libye, s’attachant des centures explosives autour de leurs ventres pour ensuite les faire exploser, sacrifiant leurs vies et leur jeunesse. Et au nom de quoi ? De l’ignorance et de l’illettrisme. Avec eux meurent des douzaines d’innocents qui ne les connaissent même pas et qui n’ont rien à voir avec leurs opinions, leurs rêves et leurs illusions.

L’un comme l’autre [le scientifique et le terroriste] se suicident ! Mais ô combien abyssale est la différence entre les deux et entre leurs actes ! Les Occidentaux ont atterri sur la Lune, mais ne s’en contentent pas, à présent, ils atterriront sur Mars. Alors que les extrémistes sont occupés à accuser d’hérésie tous ceux qui sont en désaccord avec eux.

Notes :

[1] Kishtainy fait apparemment référence à l’initiative de Mars One, une organisation à but non lucratif basée aux Pays-Bas, qui a prévu d’envoyer les premiers humains sur Mars et d’établir une colonie humaine permanente d’ici 2027.

[2] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 26 mai 2015

 

Repost 0
Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
commenter cet article

Pimprenelle Pourprée

  • : Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • Regard d'un Ecrivain sur le Monde
  • : Cherchant les points communs entre les peuples, les nations et les religions pour creer un monde meilleur...et une paix durable.
  • Contact

Profil

  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

Recherche

Pimprenelle Pourprée