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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 03:33

Le membre du Conseil d’administration de MEMRI et conseiller académique de Yad Vashem Yehuda Bauer : « Nous combattons les radicaux, non les musulmans »

 

Dans un article paru le 7 septembre 2017 [1] et intitulé « Nous combattons les radicaux, non les musulmans », Pr Yehuda Bauer, membre du Conseil d’administration de MEMRI, conseiller académique de Yad Vashem et professeur émérite de l’Université hébraïque de Jérusalem, a cité des vidéos de sermons antisémites traduits et récemment mis en ligne par MEMRI, soulignant le « parallèle entre l’islamisme contemporain – et non l’islam – et le national-socialisme », et expliquant que le combat doit être mené contre les radicaux, non les musulmans. Extraits :

Dans son sermon du vendredi 21 juillet 2017, l’imam Ammar Shahin, du Centre islamique de Davis, en Californie, a déclaré : « Ô Allah, protège la mosquée Al-Aqsa de la souillure des Juifs… Ô Allah, compte-les un à un et anéantis-les jusqu’au dernier. N’en épargne aucun… » [2] (Il s’est excusé par la suite auprès de la communauté juive, « pour le mal que j’ai causé ».)

L’imam de Californie Ammar Shahin.

Le 26 juillet, le cheikh saoudien Mamdouh Al-Harbi a déclaré : « Le prophète Mohammed a prédit que nous tuerions les Juifs… Ne laissez personne prétendre [que le Prophète a dit] que nous tuerons les sionistes… Quiconque prétend que notre guerre est dirigée contre les sionistes plutôt que les Juifs se trompe. » [3]

Ces sermons, et ils sont nombreux, contiennent maintes répétitions. Ils outrepassent largement la discrimination à l’encontre des Juifs (et des chrétiens) que l’on trouve dans les textes musulmans originaux, le Coran, les hadiths (paroles du Prophète) et la charia (loi islamique). Dans ces écrits, les chrétiens et les Juifs ont le statut de dhimmis, c’est-à-dire qu’ils sont des minorités protégées devant verser un impôt de capitation et n’ayant aucun droit civil ou politique, mais dont les vies et les biens sont, en théorie car bien souvent il ne l’étaient pas en pratique, inviolables.

Après la création du mouvement des Frères musulmans en 1928, les théoriciens et les praticiens radicaux ont développé l’idée, inspirée des antisémites nationalistes et racistes européens, que les Juifs sont derrière tous les ennemis de Dieu et doivent être physiquement anéantis.

Il existe donc clairement un parallèle entre l’islamisme – et non l’islam – contemporain et le national-socialisme (et autres croyances similaires), bien qu’ils ne soient pas identiques. L’islamisme, ou islam radical (ces termes désignent le même phénomène) ne se limite pas à un pays ou à une région, mais est un phénomène mondial, universel. L’anéantissement des Juifs n’est pas seulement l’un des éléments de l’islamisme, mais une caractéristique centrale de ce mouvement mondial. Comme dans la doctrine nazie, les Juifs sont considérés comme un élément satanique introduit d’une manière ou d’une autre dans la société humaine. Et les Juifs sont responsables de toutes les grandes catastrophes. Ainsi, ils ont provoqué les deux Guerres mondiales et planifient aujourd’hui, non seulement de conquérir le Moyen-Orient, mais de gouverner le monde – tout comme, selon l’islam radical, ils contrôlent aujourd’hui les médias, l’économie et les gouvernements de l’« Occident » (qui inclut parfois le Japon, par exemple).

Comme beaucoup d’observateurs l’ont souligné, les victimes de l’islamisme sont, en majorité, des musulmans. Ainsi, des sunnites sont assassinés par des chiites radicaux, comme au Yémen, même s’il est vrai que les Houthis qui contrôlent désormais la capitale, Sana, sont en réalité une communauté chiite déviante. En Syrie, les Alaouites d’Assad sont les principaux responsables de meurtres. Ils sont les délégués du régime iranien qui considère les Juifs (les « sionistes ») comme un ennemi central. Les chiites (et d’autres) sont les cibles de l’Etat islamique, Al-Qaïda et de radicaux sunnites du même acabit. Les sunnites de Boko Haram au Nigéria et des régions adjacentes assassinent essentiellement des chrétiens, mais également les musulmans qui s’opposent à eux.

La plupart des politiciens occidentaux perçoivent leur guerre contre les radicaux sunnites comme une guerre contre le terrorisme. C’est une erreur. Il s’agit d’un combat contre une idéologie politique/théologique qui enfante ce que l’on appelle des « attentats terroristes », et que les radicaux considèrent comme un combat pour la suprématie mondiale.

Après la défaite de l’Etat islamique, cette idéologie va se propager. L’Occident commence seulement à comprendre que la bataille est tout autant idéologique-théologique et sociale que militaire.

Dans ce combat, ceux qui sont à l’avant-garde de la contre-attaque libérale sont les musulmans anti-radicaux, dont l’interprétation de l’islam contredit celle des radicaux. Etablir des alliances avec ces anti-radicaux, au nom d’une interprétation libérale du destin de l’Homme, est essentiel si nous voulons remporter cette guerre. Les Juifs ne peuvent lutter contre l’antisémitisme islamique, si ce n’est dans le cadre d’alliances avec les anti-radicaux chrétiens et musulmans. Rappelant des cas de collaboration entre musulmans et Juifs, dont des actes de sauvetage pendant l’Holocauste reconnus par Yad Vashem, des musulmans anti-radicaux, dont des cheikhs, tentent aujourd’hui de lutter contre l’idéologie meurtrière de leurs adversaires radicaux. En février de l’année dernière, un rassemblement au Maroc d’un nombre important de ces cheikhs a émis une impressionnante déclaration anti-radicale.

Soulignons que l’islam radical, notamment de type sunnite, ne se concentre pas uniquement sur Israël. La destruction d’Israël est bien évidemment une composante « naturelle » de cette idéologie, aussi bien pour l’Iran et les radicaux chiites que pour leurs homologues sunnites mais, comme noté ci-dessus, lorsque les radicaux parlent des sionistes, ils parlent des Juifs. Ils ne visent pas les « sionistes » ; ils veulent tuer des Juifs, partout où ils le peuvent.

La dernière fois qu’une idéologie de ce type s’est imposée, dans les années 1930 et 1940, elle n’a pas « seulement » entraîné le massacre de Juifs, mais a déclenché une guerre qui a coûté la vie à des dizaines de millions de non-Juifs. C’est le message qu’il faut envoyer à ceux qui croient que l’islamisme disparaîtra si la paix est conclue entre Israël et les Palestiniens. Une paix de compromis dans la région, qui pour le moment n’est pas en vue, devrait être l’objectif des Juifs pour des raisons humanistes juives et générales, mais il y a peu de raisons de penser que, si cet objectif était atteint, il réglerait le problème général de la menace que pose l’islam radical à l’humanité.

Lien vers le rapport en anglais 

Notes :
[1] The Jewish Chronicle (Royaume-Uni), 7 septembre 2017.
[2] Sermon du vendredi en Californie : l’imam Ammar Shahin cite un hadith antisémite, prie pour l’anéantissement des juifs et appelle à libérer la mosquée Al-Aqsa de leur « souillure », 25 juillet 2017.
[3] Le cheikh saoudien Mamdouh Al-Harbi : la guerre des musulmans est dirigée contre les juifs, pas seulement contre les sionistes, 4 octobre 2017.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 03:32

Un média pro-Al-Qaïda appelle les djihadistes marocains à se préparer à un soulèvement armé contre les autorités

 

Le 30 septembre 2017, le média Al-Hijrah, affilié à Al-Qaïda, publiait le numéro 15 de son bulletin hebdomadaire en anglais [1] consacré au « Djihad contre le régime marocain malfaisant ». Le texte, non signé, conseille aux Marocains d’attendre leur heure avant de déclencher un soulèvement armé contre les autorités et, dans l’intervalle, de se préparer en s’entraînant et en amassant des armes. Il était accompagné d’une affiche faisant savoir que le roi du Maroc est « recherché mort ou vif pour crimes contre l’islam ».

Faisant allusion aux récentes manifestations antigouvernementales intervenues dans la province d’Al Hoceïma, au nord du pays, l’auteur appelle les Marocains à poursuivre leur action et les félicite de leur opposition au régime. Il souligne que c’est le moment pour les partisans du djihad de s’établir au Maroc, en particulier au sein des tribus berbères qui sont à l’avant-garde des protestations. Il demande aux éléments djihadistes de se préparer à un soulèvement en établissant des bases d’entraînement militaire, tout en demeurant discrets et en évitant pour l’heure toute attaque ou manifestation, car tout acte prématuré permettrait au gouvernement d’intervenir vigoureusement.

Le bulletin a été diffusé sur les chaînes Telegram d’Al-Hijrah et diffusé sur les réseaux sociaux. Extraits :

Chers Marocains,

Nous suivons quotidiennement les nouvelles. Nous nous félicitons de constater que vous avez défendu vos droits après une longue période d’hibernation.

Poursuivez les manifestations quotidiennes contre le régime injuste. Il est d’une importance vitale que vous continuiez à défendre vos droits jusqu’à l’émergence d’un groupe qui défendra les intérêts des musulmans.

C’est l’ultime occasion pour les véridiques de s’établir parmi les berbères à Al Hoceïma et d’y ouvrir des installations d’entraînement militaire afin de préparer les jeunes au djihad armé contre le régime marocain malfaisant. Sachez bien que vous avez beaucoup d’ennemis dans vos propres rangs, comme les services secrets. […]

Alors que vous n’en êtes encore qu’aux premiers stades et que vous n’avez aucune expérience militaire, il est d’une importance vitale que vous ne donniez pas à votre gouvernement de raison ou de prétexte de vous affubler de l’étiquette « terroriste », de crainte qu’ils ne vous attaquent avec toute la force militaire dont ils disposent.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 03:30

Le conseiller du Kremlin pour la politique étrangère Karaganov : le futur ordre mondial

 

Selon le conseiller du Kremlin pour la politique étrangère Sergey Karaganov, il est devenu de plus en plus difficile pour l’Occident d’imposer son système politique et ses valeurs culturelles et humaines, ce qui indique la fin de l’ordre libéral occidental. D’après lui, lorsque l’Union soviétique a cessé d’exister, « il semblait que l’ordre économique libéral se répandrait dans le reste du monde, menant à un splendide dénouement de l’histoire pour l’Occident ».[1] Mais « l’ordre mondial libéral » des années 1990 et du début des années 2000 est à présent décadent. C’est pourquoi un nouvel ordre mondial doit émerger, lequel sera probablement fondé sur un partenariat eurasien élargi, qui inclura donc l’Europe, selon la proposition de la Russie soutenue par la Chine, et sur l’initiative chinoise de la Nouvelle Route de la Soie – ou la Ceinture et la Route – soutenue par la Russie. Dans ce nouvel ordre mondial, la puissance eurasienne émergera et la nouvelle Russie y occupera une place de premier plan. Extraits de l’article de Karaganov, intitulé « Le futur ordre mondial », publié dans le quotidien russe gouvernemental Rossiiskaya Gazeta :[2]

« La Russie a été accusée de détruire l’ordre mondial libéral d’après-guerre »

Il y a quelques jours, je suis intervenu lors d’un séminaire auquel assistaient des intellectuels non orthodoxes renommés provenant de Russie et d’Occident. Le sujet de mon exposé était « Qu’y aura-t-il après l’Ordre libéral mondial ? » Je pense que cela devrait intéresser aussi le grand public. Laissez-moi donc commencer par le plus évident.

La Russie a été accusée d’avoir détruit l’ordre libéral mondial d’après-guerre. Cela est fondamentalement faux à de nombreux égards. Deux ordres mondiaux régnaient après la guerre. Le premier était libéral-démocratique et capitaliste, dirigé par les Etats-Unis. Le second était socialiste, mené par l’Union soviétique. La Russie a ouvert la voie à la destruction du second, mais certainement pas du premier, même la disparition du second, en mouvement de contrepoids, a déclenché l’érosion du premier. Après la désintégration de l’Union soviétique, un « ordre libéral mondial » a été proclamé et maintenu pendant un court délai. Et il est vrai que la Russie a contribué à le ruiner par sa politique indépendante et ses actions en Ukraine et en Syrie. Mais elle a fait ce qui était juste.

A quoi ressemblait « l’ordre du monde libéral » ? C’était une brève période d’hégémonie américaine et occidentale dans le monde, qui n’avait rien de libéral, c’est-à-dire de libre. Il était soutenu, et cette opinion était imposée aux dissidents, que le monde devait être régi exclusivement par les modèles politiques occidentaux et par les valeurs occidentales. L’Occident a assumé le droit de parler au nom de la communauté internationale. Si cela est la liberté, alors qu’est l’absence de liberté ? Le communisme international professait une doctrine similaire au vingtième siècle. Avant cela, les croisés et les colonisateurs ont tenté d’imposer le christianisme, à présent à moitié oublié en Occident, pillant tout sur leur passage, évidemment. Il ne s’agissait pas d’un « ordre », mais plutôt de la loi de la jungle sous sa pire forme. Le droit international et les normes de relations interétatiques étaient brutalement foulés aux pieds.

En 1991, l’Allemagne, puis l’Union européenne dans son ensemble, ont reconnu l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie, qui se sont séparées de la Yougoslavie. Une telle reconnaissance unilatérale était totalement contraire au droit international et est devenue l’un des facteurs qui a déclenché la guerre civile en Yougoslavie. En 1999, l’OTAN a bombardé les derniers vestiges sans défense du pays pendant 78 jours. L’Occident a ensuite reconnu l’indépendance du Kosovo, qui avait été arraché au pays et où personne n’a pris la peine d’organiser un référendum sur la séparation. En 2003, la plupart des pays de l’OTAN ont participé à l’invasion de l’Irak sous un prétexte fallacieux, tuant des centaines de milliers de personnes, et déstabilisant la région entière pour des décennies. En 2009, l’agression contre la Libye a plongé le pays dans un chaos, qu’il a tenté sans succès de surmonter depuis lors. Tout cela s’est accompagné et a été suivi de nombreuses escapades pour soutenir et provoquer des « révolutions de couleur », dont la plupart ont causé les troubles et les souffrances des populations. L’Ukraine est le dernier exemple en date.

L’Europe a tenté de cimenter « l’ordre libéral » par un élargissement constant des alliances occidentales, en particulier l’OTAN, ce qui aurait inévitablement conduit à une guerre de grande ampleur sur le continent, comme beaucoup avaient à maintes reprises mis en garde, si cela s’était poursuivi un peu plus longtemps, dans les territoires que la Russie considérait comme essentiels pour sa sécurité et sa survie. Les actions les plus outrancières se sont produites lorsque la faiblesse de la Russie a porté atteinte au rôle dissuasif de son potentiel nucléaire. La Russie n’était plus considérée comme un acteur avec qui il fallait compter. [Mais] la situation a depuis lors évolué. Ayant provoqué une crise en Ukraine, l’Occident n’a pas osé aller plus loin, ayant rapidement compris que la Russie était désormais capable de « dominer dans l’escalade » et que cela entraînerait une défaite inévitable, si la Russie se mettait à faire monter les enchères. Mais les tentatives de l’Occident pour établir son hégémonie étaient vouées à l’échec, même sans aucune intervention de la part de la Russie, qui avait mis fin à l’expansion des alliances occidentales en Ukraine et à une série de changements de régime en Syrie. Ses actions n’ont fait que souligner (ce qui les a rendues particulièrement décevantes) la perte des positions dominantes dans le monde politique et le système économique, que l’Occident avait détenues pendant les cinq siècles derniers. Cela tient à de nombreuses raisons. Je ne nommerai que la plus profonde d’entre elles, celle-qui, à ma connaissance, n’a presque jamais été mentionnée auparavant.

La domination de l’Europe et de l’Occident en général était fondée principalement sur sa supériorité militaire, atteinte aux environs du seizième siècle. Profitant de leur suprématie, les Européens ont entamé une expansion coloniale et néocoloniale mondiale, imposant le christianisme, leurs règles politiques et le libre-échange par la même occasion. Mais ce sont eux qui ont été les principaux bénéficiaires de leur libre-échange. L’exemple le plus frappant de cette politique fut « l’ouverture » de la Chine, sous la menace, au commerce de l’opium du Raj britannique. En échange de l’opium, les Européens recevaient de la soie, de la porcelaine et d’autres marchandises. Des millions de Chinois ont péri suite à la consommation d’opium. Lorsque l’Angleterre, qui avait dominé les mers pendant des siècles, a perdu sa domination au profit des Etats-Unis, ces derniers ont ouvert la voie de la promotion du « libre-échange », utilisant non seulement leur puissance économique mais également leur suprématie militaire dans le monde non socialiste.

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17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 03:28

La levée de l’interdiction de conduire pour les femmes en Arabie saoudite vue par les caricaturistes arabes

 

*Par B. Shanee

Le décret émis le 26 septembre 2017 par le roi d’Arabie saoudite, levant l’interdiction faite aux femmes de conduire dans le royaume, a déclenché une tempête de réactions dans les médias officiels et sur les comptes de réseaux sociaux saoudiens. Les médias gouvernementaux ont largement couvert les réactions favorables à la décision, tout en soulignant son caractère historique et ses avantages économiques. Certains articles ont même critiqué les positions anti-conduite de cheikhs saoudiens avant le décret, et exprimé l’espoir de nouvelles réformes dans le royaume. Les réseaux sociaux ont également été pris d’assaut avec des réactions positives émises immédiatement après la publication du décret, tandis que des hashtags comme « Le roi Salman soutient les femmes » et « Les femmes saoudiennes peuvent conduire » sont rapidement devenus viraux.

La décision du roi a également fait l’objet de nombreuses caricatures publiées dans la presse gouvernementale saoudienne suite à la publication du décret. Certaines d’entre elles saluent la décision comme susceptible d’améliorer le statut des Saoudiennes et de profiter à l’ensemble du royaume, tandis que d’autres portent un regard humoristique sur les hommes, les femmes et la répartition des rôles en Arabie saoudite.

D’autres caricatures encore, notamment celles publiées sur les réseaux sociaux et dans la presse d’autres États du Golfe, critiquent l’hypocrisie des hommes saoudiens – en particulier des cheikhs et d’intellectuels – qui ont changé de position du jour au lendemain. Certaines caricatures abordent la question du statut de la femme en Arabie saoudite, rappelant qu’il demeure inférieur, même après la levée de l’interdiction de conduire.

Eloge du décret royal, un progrès pour le statut des femmes et toute la nation saoudienne

« La vision saoudienne » lève la barrière qui empêchait les femmes de conduire (Al-Sharq Al-Awsat, Londres, 28 septembre 2017)
La fleur de la conduite des femmes émerge de l’ancienne interdiction (alarab.co.uk, 3 octobre 2017)
Le stylo du roi « soutient » le droit pour les femmes de conduire, brisant ceux qui disent « nous nous y opposons » (twitter.com/SerajAlghamdi, 26 septembre 2017)
Avec la levée de l’interdiction de conduire, on peut enfin progresser (Makkah, Arabie saoudite, 28 septembre 2017)
L’Arabie saoudite lève l’interdiction qui empêchait les femmes saoudiennes d’avancer vers « l’avenir » (Al-Hayat, Londres, 27 septembre 2017)
Les femmes reçoivent le don de « conduire » (Al-Jazira, Arabie saoudite, 2 octobre 2017)
« La conduite des femmes triomphe » (Al-Watan, Arabie saoudite, 29 septembre 2017)
La « sensibilisation de l’opinion » déverrouille l’esprit de l’homme : il passe de « la femme au volant est conflit, préjudice et malfaisance ! » à « la femme au volant est un avantage, un bonheur et la meilleure chose au monde ! » (Sabq.org, 2 octobre 2017)

Les avantages économiques de la conduite des femmes

Le droit de conduire une voiture « arrose » les femmes d’opportunités d’emploi (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 3 octobre 2017)
Grâce au « décret royal », le « salaire du chauffeur » est désormais versé dans la poche de la femme (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 1er octobre 2017)
« Un petit pas pour la femme, un pas de géant pour l’économie nationale ! » (Al-Watan, Arabie saoudite, 28 septembre 2017)
« Conduite des femmes » : les « chauffeurs » frappés par la foudre (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 1er octobre 2017)

 

« Bientôt… » les femmes pourront supprimer « chauffeur », « limousine », « taxi », etc. de la liste des contacts de leurs téléphones (Al-Madina, Arabie saoudite, 29 septembre 2017)

Caricatures se moquant des conservateurs saoudiens et de leur réaction hypocrite au décret royal

Une caricature dans un journal qatarien se moque de l’hypocrisie des cheikhs, des intellectuels et des médias saoudiens : quand « les femmes demandent de conduire », ils s’y opposent ; lorsque « le roi autorise les femmes à conduire », ils approuvent à l’unanimité (twitter.com/al_watanQatar, 28 septembre 2017)
Avant le décret, un Saoudien traite les partisans de la conduite des femmes de « traîtres » manipulés par des « mains étrangères » , mais ils qualifient le décret royal de « sage décision » (twitter.com/FAHAD1752, 27 septembre 2017)
Avant le décret, un Saoudien affirme : « Il n’y a qu’une seule opinion, [la conduite des femmes] est interdite » ; suite au décret, il affirme : « Les opinions varient ! » (twitter.com/tawfi2, 27 septembre 2017)
« Avant la décision », l’homme saoudien dit « Non, noooon, elle ne conduira jamais » ; « après la décision », il danse de joie et applaudit (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 28 septembre 2017)
Une conductrice renverse la bande de conservateurs qui a entravé sa progression (alarab.co.uk, 1er octobre 2017)
Dans le sillage de la conductrice, tous les anciens opposants se précipitent du camp qui disait « non » aux femmes au volant vers le camp qui leur dit « oui » (Al-Watan, Arabie saoudite, 29 septembre 2017)

Même après la levée de l’interdiction, la route est encore longue pour les droits des femmes en Arabie saoudite

Le mari dit à sa femme sur une potence : « Alors, tu veux les clés de voiture ? » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 3 octobre 2017)

 

« Une femme [Angela Merkel] dirige l’Allemagne pour la quatrième fois, tandis qu’une autre conduit une voiture pour la première fois » (alaraby.co.uk, 30 septembre 2017)

Dessins humoristiques

 

« Donne-moi tout de suite ta carte de crédit et les clés de ta voiture » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 30 septembre 2017)

 

« A l’occasion de [la permission de conduire] accordée aux femmes : nous avons des pneus de couleurs » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 3 octobre 2017)
Le chameau dit : « Nous n’avons plus rien à faire ici, il n’y a que des femmes [qui conduisent] » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 6 octobre 2017)

 

Voiture « A vendre » (Al-Hayat, Londres, 30 septembre 2017)

 

L’homme avec « un passé d’accidents de voiture » apprend à la femme à conduire : « Regarde, la première chose à faire est d’appuyer sur l’accélérateur et de freiner seulement quand [tu rentres dans] le mur » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 30 septembre 2017)
Le mari : « Pas de marché pour toi aujourd’hui, j’ai un jeu [à la télé] » ; l’épouse : « Ce temps-là est révolu, chéri » (Al-Jazirah, Arabie saoudite, 2 octobre 2017)

* B. Shanee est chargée de recherche à MEMRI.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:43

Bilan d’une décennie de règne du Hamas à Gaza : des officiels passés et présents du mouvement appellent à une introspection

 

Par C. Jacob*

Après une décennie de pouvoir du Hamas à Gaza, des critiques internes de la part d’officiels du mouvement, passés et présents, se font entendre. Elles sont émises dans un contexte d’isolement régional du Hamas, d’économie chancelante, de déclin de la sécurité et de la suppression de la liberté d’expression. Le Hamas est également accusé d’avoir contribué au schisme interpalestinien, entravant ainsi tout progrès – politique, diplomatique, économique et social – dans l’arène palestinienne.

Les détracteurs s’expriment sur des sites web, dont certains affiliés au mouvement, et sur des comptes de réseaux sociaux privés. Parmi les plus proéminents, le responsable du Hamas Ghazi Hamad, qui a appelé à une introspection, à la réévaluation des relations avec le Fatah et à la formulation d’une stratégie nationale pour favoriser une avancée dans le processus de paix avec Israël. Ou encore le membre du Hamas Ahmad Youssouf, qui proteste contre la suppression par le mouvement des voix dissidentes et de la liberté d’expression, qui freine le traitement en profondeur des problèmes rencontrés par le mouvement.

Zaher Kuhail et Khadar Mahjaz, anciens membres du Hamas, réputés pour leur attitude critique à son égard, ont également fait part de leur mécontentement devant ses réalisations et ses politiques. Le premier a même exprimé le regret d’en avoir fait partie et appelé les Palestiniens de Cisjordanie à empêcher toute possibilité de prise du pouvoir du mouvement dans cette zone.

Si les désapprobations au sein du Hamas ne sont pas un phénomène nouveau, les critiques actuelles semblent se distinguer par leur virulence et leur étendue, mais également par l’aval général qu’elles suscitent, y compris de la part de personnalités connues comme étant proches du mouvement.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:39

Un Syrien résidant aux États-Unis : le discours d’Assad sur une société homogène en Syrie révèle un nouveau type d’hitlérisme

 

Dans son discours d’ouverture d’une conférence tenue au ministère syrien des Affaires étrangères, discours prononcé le 20 août 2017, le président syrien Bachar Al-Assad a évoqué la situation nationale et exposé les principes de sa politique sur diverses questions. Assad a déclaré que si la société syrienne avait payé un prix élevé durant sept années de crise, elle était devenue plus homogène et unifiée à l’échelle nationale. Il a affirmé : « Il est vrai que nous avons perdu les meilleurs de nos jeunes et notre infrastructure qui nous a coûté beaucoup d’argent et de labeur sur plusieurs générations. Mais en retour, nous avons gagné une société plus saine et plus homogène – au sens littéral : ce ne sont pas là juste de belles paroles prononcées du bout des lèvres. Cette homogénéité est la base de la cohésion nationale – une homogénéité des croyances, de l’idéologie, des traditions, des coutumes, des conceptions et des opinions, malgré leur diversité et leurs multiples facettes. Homogénéité ne signifie pas identité totale, mais complémentarité entre les unes et les autres, complémentarité qui crée une teinte nationale unique. Cette teinte est la base d’une unité nationale fédératrice de tous les membres d’une même patrie.» [1]

Le président Assa prononçant son discours du 20 août sur l’homogénéité de la société syrienne (photo : sana.sy, 20 août 2017)

Les déclarations d’Assad sur l’homogénéité de la société syrienne ont suscité mépris et fureur au sein de l’opposition et de la diaspora syrienne. L’universitaire Najib George Awad, un Syrien résidant aux États-Unis, a publié un article mordant dans le quotidien qatarien basé à Londres Al-Arabi Al-Jadid, dans lequel il compare les remarques d’Assad sur la société syrienne devenue homogène à l’idéologie nazie, et avertit de la naissance d’un nouvel hitlérisme, face à un monde qui ne réagit pas aux propos du président syrien. Il a également exprimé sa crainte d’une tendance mondiale chez les dirigeants, y compris aux États-Unis, à promouvoir l’homogénéité sociale dans leurs pays. Il s’est demandé comment Assad pouvait qualifier la société syrienne, profondément divisée après sept ans de guerre civile, d’homogène. Extraits :

Le dirigeant de Damas [Assad] a récemment prononcé un discours de victoire dans lequel il a annoncé à ses partisans crédules qu’il était victorieux et avait mené à bien son plan progressif et ingénieux, celui qu’il avait rêvé de réaliser pour créer une nouvelle Syrie que le monde n’avait encore jamais connue. [Assad], ou celui qui lui a écrit ce discours de victoire, a admis que la Syrie avait perdu ses meilleurs jeunes hommes, mais s’est hâté de rassurer les malheureux moutons naïfs assis en face de lui qui l’applaudissaient avec enthousiasme, en disant que la perte des meilleurs jeunes hommes était le prix à payer pour créer une nouvelle « société homogène » syrienne.

Dans les années 1930, lorsque le parti nazi a pris le pouvoir en Allemagne, le dirigeant du nouveau régime nazi, Adolf Hitler, a énoncé dans plusieurs discours ses idées philosophiques sur le sens de « la nation [allemande] » et l’idée du « peuple pur »… Hitler parlait de la nécessité de purger la société allemande des classes sociales qui ne contribuaient pas à la création d’une « société homogène » et d’une nouvelle Allemagne. Hitler a diffusé ce discours dans toute l’Allemagne nazie et éliminé quiconque n’était pas d’accord avec lui ou s’opposait à lui. Au bout du compte, non seulement il a déclenché une guerre mondiale qui a coûté la vie à des millions de gens dans toute l’Europe, mais a également commis l’un des pires crimes de l’histoire humaine [en utilisant] des crématoires pour purger la race et la société… et a littéralement brûlé des centaines de milliers de Juifs et d’autres minorités non aryennes.

Aujourd’hui, l’histoire assiste à la naissance d’un nouveau [genre] d’hitlérisme moderne, car le monde n’est plus choqué de voir un tyran assassiner la moitié de la nation syrienne, la détruire, l’exiler, la condamner à un destin obscur et ramener son pays à l’âge antérieur à [l’avènement de la civilisation] et de la société humaine [moderne]. [Assad] a perpétré les crimes les plus abominables… sur le sol syrien pendant sept ans, tout en recourant à maintes reprises à un discours repu d’idées nazies que nous croyions éteintes.

Quelle « société homogène » revendiquons-nous dans un pays désormais dénué de tout collectif humain ou sociétal qui réponde à un seul critère nécessaire pour former une société ?… En termes de composantes humaines, cette société a non seulement perdu ses réseaux d’entraide, le lien social entre ses [divers] couches et groupes, en raison du discours de haine, de suspicion, de division, d’hostilité et de la guerre sanglante… mais elle a également perdu une grande partie de son infrastructure humaine avec la mort d’un million de citoyens syriens, le déplacement de 12 millions d’entre eux, déracinés de leur pays et de leurs maisons, et la destruction de l’infrastructure d’un tiers des villes syriennes… L’État a perdu sa souveraineté, est occupé par plus de cinq armées étrangères et, en pratique, est gouverné directement par des dirigeants russes et iraniens. La nation syrienne a perdu toute [forme] de souveraineté, d’honneur et [d’existence en tant que groupe] unifié et organisé…

De quelle « société homogène » parlons-nous face à une réalité tragique et destructrice qui ne permet l’existence d’aucun type d’homogénéité ? De quelle « société homogène » [parlons-nous] lorsque les conditions de maintien d’une société ne sont plus réunies ? La Syrie n’est pas une société, mais un collectif de survivants, et les Syriens restés [dans la patrie ne sont mus] par aucun type de sentiment, conscience ou moralité, sociale et collective… La Syrie est désormais composée de petites enclaves ou groupes composés de gens différents, d’un ancien collectif humain désormais divisé, fragmenté et dissonant, dont le seul souci est d’éviter la mort et la guerre et de survivre de quelque manière que ce soit, même au prix de la capitulation et du mutisme…

Je n’ai été ni surpris ni choqué d’entendre il y a quelques jours le dirigeant syrien présenter ses idées terrifiantes dans un discours marquant la victoire de la Syrie et la défaite de son peuple. Car [Assad] nous a déjà montré il y a sept ans, sans l’ombre d’un doute, que ce que nous avons dit au monde à son sujet est vrai, et il l’a prouvé à plusieurs reprises en paroles et en actions. Ce qui a éveillé en moi une grande peur, un immense chagrin et la nausée, c’est qu’il a ouvertement créé un modèle hitlérien sous le nez de tous les milieux idéologiques et décisionnaires mondiaux, sans que personne ne sourcille ni ne relève [le contenu de] ses déclarations.

Je trouve profondément alarmant de vivre dans un monde aussi nihiliste, terrifiant, extrémiste et fou qu’est le monde moderne. La tyrannie et les crimes racistes soient devenus si banals que personne ne les remarque, et cela me terrifie… Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les décisionnaires et les personnes d’influence rêvent non seulement de former une « société homogène », mais de créer un monde hitlérien homogène. Dans ce contexte mondial qui donne un nouveau souffle à l’hitlérisme et le diffuse dans le monde entier, les paroles de Bachar Al-Assad ne sont qu’un fragment d’une image plus large, plus glauque et plus criminelle, où l’humanité se meurt [et qui s’étend du] Palais Al-Muhajirin [le palais présidentiel à Damas] à la Maison Blanche. [2]

Le même numéro d’Al-Arabi Al-Jadid contenait une caricature légendée « Le discours nazi d’Assad », dans laquelle le président syrien, soutenu par des armes russes et iraniennes formant le salut nazi, affirme : « Nous avons perdu les meilleurs de nos jeunes et notre infrastructure, mais nous avons gagné une société plus saine et plus homogène. » [3]

Notes :

[1] Sana.sy, August 20, 2017.

[2] Al-Arabi Al-Jadid (Londres), le 23 août 2017.

[3] Al-Arabi Al-Jadid (Londres), le 23 août 2017.

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 06:32

Laxisme ou traitrise - L’accord sur le nucléaire n’exige pas d’inspections véritables des sites nucléaires iraniens par l’AIEA

Par Yigal Carmon et A. Savyon*

Introduction

Récemment, des officiels et commentateurs occidentaux qui soutiennent le JCPOA ont commencé à aborder deux questions liées au JCPOA, dont ils reconnaissent eux-mêmes qu’il pose des problèmes qu’il convient de traiter. Toutefois, ces questions – le développement par l’Iran de missiles balistiques de longue portée et la clause d’extinction (qui fait référence à la levée, d’ici huit à 10 ans, des restrictions imposées à l’Iran exposées dans l’accord) – ne font pas partie du JCPOA (celle des missiles) ou bien en sont très éloignées, comme la clause d’extinction, et n’ont par conséquent pas besoin d’être traitées immédiatement. Aussi, en soulevant ces deux questions, ils détournent l’attention du problème essentiel de l’accord, qui requiert une attention immédiate : l’absence d’inspection véritable. Ce problème a ressurgi récemment, lorsqu’il a été rapporté que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait choisi de ne pas inspecter des sites en Iran, à la suite d’informations faisant état de possibles violations [de la part de l’Iran].[1]

Il convient de préciser que lorsque l’Iran, l’AIEA et les dirigeants des Etats signataires du JCPOA répètent qu’il comporte une possibilité d’inspection solide et intrusive, sans précédent, ils perpétuent la description mensongère de l’article du JCPOA concernant l’inspection. Ceci du fait que les inspections n’interviennent que sur les sites que l’Iran accepte de soumettre à l’inspection, à savoir les sites que l’Iran lui-même a déclarés comme étant des sites nucléaires, mais pas sur les autres sites, dont les sites militaires. L’administration Obama et les pays signataires du JCPOA ont conçu celui-ci d’une manière permettant d’une part de prétendre qu’une inspection solide était appliquée, tout en permettant à l’Iran d’échapper à l’inspection de tous les autres sites.

Des inspections sur les autres sites ne peuvent être menées qu’au terme de négociations politiques au sein de la Commission conjointe du JCPOA – dont font partie les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie, la Chine, l’AIEA et l’Iran – et seulement après un délai de 30 jours depuis la soumission des informations confidentielles ayant donné lieu à la demande d’inspection, et une fois que les sources de ces informations ont été pleinement révélées à l’Iran, la Russie et la Chine. Dans de telles conditions, il n’existe aucune possibilité d’inspection réelle et efficace de l’activité nucléaire de l’Iran (voir MEMRI Inquiry and Analysis No. 1325,Discussion Of Iranian Violations Of JCPOA Is Futile; The Inspection Procedure Designed By The Obama Administration Precludes Actual Inspection And Proof Of Violations, 18 août 2017).

En dépit de ce qui précède, le secrétaire général de l’AIEA Yukiya Amano a affirmé, les 31 août et 11 septembre 2017, que l’AIEA était libre de mener des inspections sur tout site, nucléaire ou militaire, si nécessaire.[2] Amano a appuyé sa déclaration non sur des clauses du JCPOA – qui n’autorise pas de telles inspections – mais sur le Protocole additionnel, qui autorise l’inspection des sites militaires. Mais l’acceptation par l’Iran du Protocole additionnel était d’ordre volontaire, ce qui signifie qu’il peut en sortir à tout moment sans que cela soit considéré comme une violation du JCPOA.

Les officiels iraniens, de leur côté, soutiennent qu’Amano a “inventé” cet argument faisant valoir un tel droit, et réitèrent la position du régime iranien selon laquelle il n’autorise pas la présence des inspecteurs de l’AIEA sur les sites militaires (voir MEMRI Special Dispatch No. 7098, Iranian Regime Officials: We Will Not Allow IAEA To Enter Iranian Military Sites; ‘The Claim Of Such A Right Is Fabricated By [IAEA Director] Amano Himself,’ 19 septembre 2017).

Par conséquent, la déclaration d’Amano selon laquelle l’AIEA a le droit d’inspecter les sites militaires de l’Iran ne peut être mise à l’épreuve que si une tentative est faite pour l’actualiser. Toutefois, lorsque des informations exigeant une inspection de l’AIEA ont été présentées à Amano, il s’est abstenu de le faire, afin de ne pas affronter l’Iran et de ne pas révéler qu’il avait accepté une procédure qui lui liait les mains.

L’administration Obama a transformé l’AIEA en organe non professionnel agissant comme un organe politique

Les remarques suivantes montrent comment l’administration Obama a transformé l’AIEA en organe politique et non professionnel :

  • L’administration Obama et les signataires du JCPOA ont créé un cadre d’inspection unique pour l’Iran qui court-circuite le Protocole additionnel, lequel autorise l’inspection des sites militaires, et qui a été accepté sur une base volontaire et unilatérale par l’Iran, ce qui signifie que l’Iran peut s’en retirer sans pour autant violer le JCPOA.
  • L’administration Obama et les signataires JCPOA ont créé le forum politique suprême de l’AIEA – la Commission conjointe du JCPOA – dont la compétence outrepasse celle de l’AIEA. Cela avec l’accord du directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, qui a renoncé à son statut sous la pression du président Obama.
  • Le directeur général Amano a accepté la clôture du dossier des PMD (Dimensions militaires éventuelles) du programme nucléaire de l’Iran par une décision politique prédéterminée. Cela a été fait en raison de la menace de l’Iran de ne pas accepter le JCPOA. Il a accepté un arrangement d’inspection spécial pour l’Iran, la Feuille de route – et il a aussi accepté d’effectuer une visite symbolique sur le site militaire de Parchin, une procédure d’inspection totalement dénuée de crédibilité. Ainsi, par exemple, les inspecteurs de l’AIEA n’ont pas visité Parchin en personne, et les échantillons prélevés sur ces sites l’ont été par les Iraniens eux-mêmes, puis transmis aux inspecteurs de l’AIEA sans aucun moyen de garantir que les échantillons prélevés étaient ceux qui ont été transmis à l’AIEA. Le représentant de l’Iran à l’AIEA, Reza Najafi, a déclaré dans une interview à l’agence de presse ISNA le 21 septembre 2015 : “Je conteste l’information de Reuters selon laquelle les échantillons de Parchin ont été prélevés en présence des inspecteurs de l’AIEA. Nous avons nous-mêmes prélevé les échantillons. C’est pour nous une ligne rouge : aucun inspecteur n’est autorisé à pénétrer sur un site militaire pour y mener une inspection. La visite d’Amano et de son adjoint était strictement une visite de protocole. Ils n’avaient aucun équipement, pas même un téléphone cellulaire, leur visite n’a pas duré plus de quelques minutes et elle était destinée uniquement à leur permettre de voir qu’il n’y a rien de suspect et que les arguments concernant [Parchin] étaient totalement erronés ».[3]
  • Yukiya Amano s’est soumis au refus de l’Iran d’autoriser l’interrogatoire de ses scientifiques nucléaires. Il a accepté la demande iranienne de ne pas mentionner le terme “PMD” dans le rapport de l’AIEA. Il convient de mentionner que malgré toutes ces obstructions à l’enquête sur les PMD, le rapport de l’AIEA a confirmé qu’il y avait bien une activité nucléaire suspecte en Iran, mais sans relever que le régime iranien était responsable de cette activité, avec l’accord d’Amano. Pour un examen plus approfondi et une analyse de l’enquête scandaleuse de l’AIEA sur les PMD, voir les informations supplémentaires de MEMRI sur le sujet.[4]
  • Selon un rapport du coordinateur du Département d’Etat de l’administration Obama sur l’Iran, Stephen Mull, la compétence de l’AIEA à contrôler le stock iranien de 8,5 tonnes d’uranium enrichi, qui a été transporté hors d’Iran en décembre 2015, conformément au JCPOA, a été retirée à l’AIEA par les Etats-Unis et confiée à la Russie, avec l’accord des signataires du JCPOA et de l’AIEA elle-même. Cela a été fait sans même décider où la Russie devait stocker ce carburant nucléaire, et sans vérification par les Etats-Unis de ce point. De fait, comme l’a déclaré Mull lors d’une audition de la Commission des Affaires étrangères au Congrès, le 11 février 2016, “Il n’a pas encore été décidé où exactement la Russie mettra cette information [sic]. »[5] Il a aussi déclaré que “Nous n’avons pas de problèmes avec le fait que la Russie garde ces matériaux”.[6] Amano lui-même a accepté que la surveillance de l’uranium enrichi soit soustraite à sa responsabilité.
  • L’AIEA a accepté une procédure scandaleuse pour traiter l’eau lourde iranienne. Les parties au JCPOA, avec l’accord de l’AIEA, ont transformé l’Iran en exportateur d’eau lourde sans le soumettre au système de contrôle des exportations auquel les autres exportateurs, comme le Canada et l’Inde, sont soumis. Selon les pratiques de vérification standards de l’AIEA, les modifications du stock d’eau lourde sont constatées non pas lorsque l’eau lourde est retirée du territoire du pays exportateur, mais seulement lorsqu’elle arrive dans le pays destinataire, qui l’a achetée. L’Iran a été exempté de cette règle. Par sa décision de stocker l’eau lourde excédentaire de l’Iran à Oman et d’accepter un rôle de surveillance limité au retrait de l’eau lourde du territoire iranien, et en la soustrayant par la suite au quota d’eau lourde autorisé à l’Iran, comme si cette eau lourde avait déjà été vendue et était parvenue à destination, l’AIEA a violé ses propres règles, appliquées à tous les autres pays. Il convient également de souligner que l’acceptation par Amano de la localisation d’Oman – satellite politique de l’Iran auprès duquel ce dernier n’aura aucun mal à récupérer son eau lourde à tout moment – comme lieu de stockage de l’eau lourde iranienne, était motivée politiquement par la volonté de se soumettre à la demande de l’Iran. L’AIEA ne rend pas compte de ces violations systématiques en cours.[7]L’administration Trump n’aborde pas non plus cette question, et affirme que l’Iran respecte le JCPOA et ne le viole qu’ “en esprit”.
  • Le rapport de septembre 2017 de l’Institut pour la Science et la Sécurité internationale (IISS) dit également que l’AIEA a renoncé à son statut professionnel et qu’elle fonctionne conformément à des considérations politiques en s’abstenant de rendre compte d’une série de violations iraniennes intervenues ces derniers mois.[8]
  • En septembre 2017, comme indiqué, il a été rapporté qu’Israël avait donné à l’AIEA des informations sur les violations iraniennes qui nécessitaient une inspection sur le terrain, et que l’AIEA s’est abstenue de mener l’inspection qui s’imposait. Un officiel de l’AIEA a déclaré à Reuters sous couvert d’anonymat, le 31 août 2017, que l’AIEA n’allait “pas visiter un site militaire comme Parchin juste pour envoyer un signal politique”.[9] Le refus de mener des inspections sur les sites qui ne sont pas déclarés par l’Iran comme nucléaires est un bon exemple de la politisation non professionnelle de l’AIEA, avec le consentement des signataires du JCPOA.
  • Yukiya Amano s’est abstenu de recourir à sa compétence professionnelle concernant la section T du JCPOA, qui prohibe “les activités pouvant contribuer au développement d’un engin explosif nucléaire”. Au lieu d’appliquer l’accord, ou d’annoncer que l’Iran l’avait violé en n’autorisant pas la mise en œuvre de la section T, il a accepté l’interprétation irano-russe de cette section, selon laquelle Amano n’a pas le statut requis à sa mlse en œuvre, et au lieu d’y voir une violation iranienne du JCPOA, il considère la question la plus importante de l’accord – le développement de modèles d’une bombe nucléaire – comme “un problème pour la Commission conjointe” – à savoir, que le forum politique doit être seul à décider.[10]

Les exemples ci-dessus montrent explicitement que le problème qui exige une action urgente est l’absence d’inspection réelle des sites en Iranet non celui des missiles balistiques ou de l’expiration, dans 8 ou 10 ans, des restrictions contre l’Iran.

L’engagement de Trump d’agir si l’AIEA ne mène pas de réelles inspections – une mise à l’épreuve de son leadership

Le 18 septembre 2017, le président Trump, par le biais du Secrétaire d’Etat à l’énergie Rick Perry, a informé la Conférence générale de l’AIEA que “nous n’accepterons pas d’accord mal appliqué ou géré de manière inadéquate”.[11]

Par cette déclaration, Trump a fixé une condition effective à la continuation du soutien américain au JCPOA. Cette demande de contrôle solide n’est pas une demande de modification du JCPOA, et ne signifie pas un retrait de celui-ci, mais est au contraire fondée sur l’acceptation de l’accord et l’insistance sur son exécution rigoureuse dans sa forme actuelle. Si l’administration américaine respecte l’engagement de Trump, et si sa déclaration ne devient pas une autre déclaration anti-Iran ignorée par le Département d’Etat, elle constituera une véritable pression sur l’AIEA pour qu’elle remplisse ses obligations conformément à son mandat.

Il convient de souligner que les parties au JCPOA ne peuvent s’opposer à la demande de Trump pour que l’AIEA impose son autorité, vu que celle-ci repose sur l’acceptation du JCPOA et non sur le retrait de l’accord ou sur une demande d’amendement de l’accord.

L’Iran, comme l’ont clarifié ses officiels haut-placés, a un intérêt vital à ne pas quitter le JCPOA – probablement en raison de l’évaluation de ses dirigeants selon laquelle s’il quittait le JCPOA, il s’exposerait à une attaque israélienne.

 

* Yigal Carmon est le Président de MEMRI ; A. Savyon est Directrice du

 MEMRI Iranian Media Project.

 

[1] Haaretz (Israël), 17 septembre 2017. Le quotidien a rapporté que les informations confidentielles sur les sites suspects en Iran avaient été transmises à l’AIEA mais que l’agence n’avait pas inspecté la plupart des sites. Les inspecteurs de l’AIEA, selon les sources israéliennes citées dans le rapport, ont préféré ne pas affronter les Iraniens, qui ont refusé de les laisser visiter plusieurs des sites.

[2] Par exemple, la déclaration d’Amano du 31 août 2017 à l’Associated Press à Vienne : l’AIEA “a accès à (tous) les emplacements, sans distinction entre les emplacements militaires et civils”. Stripes.com, 31 août 2017 ; et sa déclaration du 11 septembre 2017 au Conseil d’administration de l’AIEA : “Nous continuerons à appliquer le Protocole additionnel en Iran, y compris en autorisant les accès supplémentaires aux sites et autres emplacements, comme nous le faisons dans les autres pays [avec lesquels] il y a des protocoles additionnels”.

Iaea.org/newscenter/statements/iaea-director-generals-introductory-statement-to-the-board-of-governors-11-september-2017.

[3] ISNA (Iran), 21 septembre 2015. Voir aussi MEMRI Inquiry & Analysis No. 1344 – Iran Follows In North Korea’s Footsteps: Nuclearization, Missile Development Alongside Agreements With The Superpowers; EU3, IAEA Director-General Submitted To Obama Administration Pressure, Agreed To JCPOA With No Real Inspection, No Response To Iran’s Missile Program; French President: ‘Absolutely Necessary’ That JCPOA Be ‘Supplemented’, 8 septembre 2017.

[4] MEMRI Special Dispatch No. 6113 – Atomic Energy Organization Of Iran Chief Ali Akbar Salehi: We Have Reached An Understanding With The IAEA On The PMD, Now Political Backing Exists And The Results Will Be Very Positive, 22 juillet 2017;

MEMRI Inquiry & Analysis Series No. 1167 – Nuclear Negotiations At An Impasse: Leader Khamenei Rejects Agreement Reached On Token Inspection Of Military Sites And Questioning Of Scientists; U.S. Willing To Close IAEA Dossier On Iranian PMD, To Settle For Inspecting Declared Nuclear Sites Only, And To Rely On Intelligence; EU Objects, 11 juin 2015; MEMRI Special Dispatch No. 6229 – Statements By Iranian Deputy Foreign Minister Abbas Araghchi Indicate: IAEA’s PMD Report Is Being Written In Negotiation With Iran, Not Independently, 26 novembre 2015.

[5] Menewsline.com, 16 février 2016. Le rapport continuait : “Mais lors de son audition, Mull a reconnu que Washington n’avait pas vérifié la cargaison iranienne, dans le cadre de l’accord nucléaire avec les nations du P5+1. L’officiel a affirmé que la Russie, et pas l’Agence internationale de l’Energie atomique, était responsable de l’uranium iranien. Au lieu de cela, l’AIEA a assisté au chargement de l’uranium iranien sur le bateau russe”.

[6] Associated Press, CBSnews.com, 16 février 2016. Le rapport affirmait : “Après l’audition, un officiel haut-placé de l’administration a affirmé que le stock iranien se trouve en Russie, où il sera entreposé dans un lieu sûr, mais n’a pas précisé où. L’officiel n’a pas été autorisé à s’exprimer publiquement et a demandé à garder l’anonymat”.

[7] Voir « IAEA Takes A Light Touch On Iran’s Heavy Water, » Olli Heinonen, defenddemocracy.org, 28 avril 2016, et le rapport de l’IISS « Heavy Water Loophole in the Iran Deal, » ISIS-online, 21 décembre 2016.

[8] Voir « Update on Iran’s Compliance with the JCPOA Nuclear Limits – Iran’s Centrifuge Breakage Problem: Accidental Compliance, » ISIS-online, 21 septembre 2017.

[9] Reuters, 31 août 2017.

[10] Reuters, 26 septembre 2017.

[11] Reuters, 18 septembre 2017.

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 02:18

Un sermon en français transmis sur la radio Al-Bayan de l’EI intitulé « L’ennemi est trop fort » évoque la baisse de moral des combattants

 

Le 27 septembre 2017, la station de radio officielle de l’Etat islamique (EI) Al-Bayan émettait un nouvel enregistrement audio d’un sermon en français intitulé « L’ennemi est trop fort ». La radio Al-Bayan a dernièrement diffusé plusieurs sermons audio en français. L’enregistrement de 15 minutes a été diffusé sur les comptes officiels des réseaux sociaux de l’EI. Le sermon n’est pas daté ; il semble toutefois qu’il ait été enregistré dans un lieu public, probablement récemment, par le membre français de l’EI Adrien Guihal, alias Abou Oussama.

Le prédicateur entend renforcer le moral des combattants et des partisans de l’EI en réprouvant toute mentalité défaitiste résumée par le slogan « l’ennemi est trop fort ». Il explique qu’effectivement, la guerre a changé la tournure des événements depuis que les coalitions russe et américaine sont entrées en scène ; l’ennemi est fort et l’EI perd du terrain. Il appelle toutefois les combattants à tenir bon et à suivre les injonctions d’Abou Bakr Al-Baghdadi, auquel ils ont prêté allégeance. Il s’appuie sur l’histoire islamique ancienne, rappelant que, malgré les batailles perdues, les Compagnons du prophète Mohammed lui étaient restés fidèles et dévoués et avaient gardé foi en Allah et en Son prophète. En outre, il condamne la lâcheté de ceux qui n’ont pas rejoint le djihad et sont restés « en France ou ailleurs ».

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 02:14

Rira bien qui rira le dernier - Le secrétaire général du Hezbollah Nasrallah exhorte les Juifs à quitter la « Palestine occupée »

 

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré que les sionistes se « dirigent d’eux-mêmes vers un anéantissement certain » et a enjoint aux « juifs non sionistes » de quitter la « Palestine occupée » et de retourner dans leurs pays d’origine. « Netanyahou, son gouvernement et ses commandants militaires ignorent l’issue de cette guerre », a-t-il déclaré. Nasrallah a également averti l’Arabie saoudite que la sécession du Kurdistan irakien mènerait en définitive à la partition du Royaume saoudien, selon lui le pays « le plus enclin » à la division. Ses allocutions ont été diffusées le 30 septembre 2017 et le 1er octobre sur Al-Jadid/New TV. Extraits :

Hassan Nasrallah : Si Trump et Netanyahu entraînent la région dans une nouvelle guerre, ce sera à vos dépens [Israéliens]. C’est vous qui paierez le prix exorbitant de la politique stupide de votre Premier ministre. Netanyahou dirige la région vers une guerre contre le Liban, contre la Syrie, Gaza et les mouvements de résistance, sous de faux prétextes d’autodéfense. Il prétend que ce serait une guerre préventive.

J’espère que tous les Israéliens écouteront attentivement ce que je dis : Netanyahou, son gouvernement et ses commandants militaires n’évaluent pas correctement l’issue de cette guerre, s’ils la déclenchent. Quelle sera sa portée ? Où seront les fronts de bataille ? Qui prendra part à la guerre ? Qui la rejoindra ? Netanyahou, son gouvernement et ses commandants militaires ignorent comment cette guerre se terminera s’ils la déclenchent. Laissez-moi vous assurer qu’ils ne se font pas une idée exacte de ce qui les attend, s’ils ont la bêtise d’entrer en guerre. […]

J’appelle tous les Juifs non sionistes à se dissocier des estimations de ces sionistes, qui se dirigent vers un anéantissement certain. J’appelle tous ceux qui sont venus en Palestine occupée – croyant que c’était la terre du lait et du miel – à la quitter. Je les appelle à quitter la Palestine et à retourner aux pays d’où ils sont venus, afin de ne pas devenir de la chair à canon dans une guerre où ils se trouveront entraînés par le gouvernement stupide de Netanyahou, car si Netanyahou entame une guerre dans cette région, ces [Juifs] n’auront pas assez de temps pour quitter la Palestine, et ne trouveront aucun havre de paix en Palestine occupée. […]

Autrefois, tout, y compis certaines déclarations publiques, laissait croire que l’Arabie saoudite soutenait l’indépendance du Kurdistan irakien. Aujourd’hui, la position officielle de l’Arabie saoudite est différente. Mais si nous partons du principe qu’il existe encore une position de facto de ce type, nous devons prévenir les dirigeants de l’Arabie saoudite que l’indépendance du Kurdistan irakien et le début de la partition de la région gagneront l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite sera divisée. Assurément ! L’Arabie saoudite est le pays le plus menacé de partage : sa surface est vaste, elle abrite des conflits intérieurs – même si les médias s’efforcent de les occulter, elle a de vastes ressources pétrolières et naturelles, convoitées par beaucoup… Si, que Dieu nous en préserve, l’Irak ou la Syrie venait à être divisé, l’Arabie saoudite se trouverait en haut de la liste [des pays menacés de partition].

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 05:55

Le cheikh saoudien Mamdouh Al-Harbi : la guerre des musulmans est dirigée contre les juifs, pas seulement contre les sionistes

 

Dans une conférence intitulée « Qui libérera Al-Aqsa », le cheikh saoudien Mamdouh Al-Harbi a déclaré que la guerre des musulmans était dirigée contre les juifs, et non seulement les sionistes, et a pércisé que le nier « constitue un démenti des paroles d’Allah et du prophète Mohammed.  » La conférence a été mise en ligne sur la chaîne YouTube d’Al-Harbi le 26 juillet 2017. 

Dans une précédente vidéo diffusée sur MEMRI TV le 22 mai 2015, Al-Harbi déclarait que « la notion de terrorisme est bénie » et que celui-ci est « requis par la charia ». Il ajoutait que le seul sens du djihad était de combattre les infidèles, soulignant que le terme « djihad », qui « se trouve dans le magnifique Coran », « s’applique exclusivement au combat ».

Cheikh Al-Harbi (né en 1966) est un chercheur indépendant qui analyse les communautés, les religions et les civilisations. Il a écrit plusieurs livres, dont au moins deux anti-chiites et contenant des appels à tuer les apostats. [1] Extraits :

Cheikh Mamdouh Al-Harbi : Le prophète Mohammed a prédit que nous tuerions les juifs. Il a prédit que nous tuerions les juifs. Ne laissez personne prétendre [que le Prophète a dit] que nous tuerons les sionistes. Quiconque prétend que notre guerre est dirigée contre les sionistes plutôt que les juifs se trompe. C’est un démenti des paroles d’Allah et du prophète Mohammed. Notre guerre est contre les juifs, et non les sionistes, même si les sionistes font partie des juifs les plus dangereux. Mais la guerre est dirigée contre les juifs. Ce qu’Allah a dit dans le Coran, et ce que le prophète Mohammed a dit dans la vraie Sunna… Le Prophète n’a pas dit : « Les sionistes. » Il a dit : « les juifs » – même si les sionistes sont parmi les pires d’entre eux. Je dis donc : notre guerre au Jour du Jugement sera contre les juifs. […]

Le prophète Mohammed a déclaré : « Le Jour du Jugement ne viendra que lorsque les musulmans combattront les juifs. Les musulmans les tueront, et les juifs se cacheront derrière des pierres et des arbres. […] Les pierres et les arbres diront : Ô musulman, ô serviteur d’Allah… » Maintenant écoutez bien : « Ô, musulman, ô serviteur d’Allah, il y a un juif derrière moi. Viens le tuer. » Le Prophète a dit : « Sauf l’arbre Gharqad, qui est l’arbre des juifs. » L’arbre Gharqad est un arbre laid, plein d’épines. Cet arbre ne parlera pas parce qu’il est avec les juifs.

Note :
[1] Ar.islamway.net/scholar/277/profile, consulté le 18 août 2017.

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Pimprenelle Pourprée

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  • PIMPRENELLE POURPRÉE
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.

PIMPRENELLE POURPRÉE

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