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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 15:32

Des auteurs égyptiens débattent de la possibilité qu’Israël rejoigne la Ligue arabe après la résolution du conflit avec les Palestiniens

Suite au Sommet de la Ligue arabe en Jordanie, fin avril 2007, l’homme d’affaires égyptien Salah Diab, propriétaire du quotidien égyptien Al-Masri Al-Yawm, qui utilise le nom de plume de Newton, a publié son échange avec le médecin égyptien Dr Yahya Nour Al-Din Taraf concernant la possibilité qu’Israël rejoigne la Ligue, une fois que le conflit israélo-palestinien sera résolu. L’idée a été avancée par Dr Taraf dans une lettre qu’il a écrite à Newton, dans laquelle il faisait observer que les Comores avaient rejoint la Ligue arabe en 1993, malgré la distance géographique qui les sépare du monde arabe et en dépit du fait que l’arabe n’est que leur troisième langue officielle, alors qu’Israël est situé au cœur du monde arabe et que l’arabe est sa deuxième langue officielle. Newton a salué l’idée, soulignant qu’elle correspondait à l’initiative de paix arabe de 2002. Il a ajouté qu’elle avait déjà été proposée en 1965 par le premier président de la Tunisie, Al-Habib Bourguiba, dans le cadre de son appel à mettre fin au conflit avec Israël.

Cet échange, publié par Newton dans son journal le 1er avril 2017, a suscité une réaction virulente d’Abd Al-Aal Al-Baqouri, éditorialiste du quotidien officiel Al-Gomhouriyya. Il a écrit qu’en soulevant cette idée, Newton et Taraf ignoraient le fait qu’Israël est un pays agressif qui avait entravé toute une série d’initiatives de paix au fil des ans. La position officielle arabe sur la résolution du conflit avec Israël, affirme-t-il, exige différents éléments de la part d’Israël, et faire des concessions à l’avance, comme envisager l’intégration d’Israël au sein de la Ligue arabe, n’est pas justifié. Extraits de l’échange entre Newton et Tarafa et réponse d’Al-Baqouri.

Le propriétaire d’Al-Masri Al-Yawm : « Cinquante-deux ans plus tard, tout le monde voit ce que Bourguiba avait vu » en 1965

Dans sa lettre à Newton, le Dr Taraf écrit : « Cher Newton, dans votre dernier article de jeudi dernier, intitulé ‘Au sujet du sommet’, vous avez mentionné le fait que le sommet de la [Ligue] arabe s’est tenu sur les rives de la Mer morte, à un jet de pierre d’Israël. Je saisis cette opportunité pour vous demander : y a-t-il une clause dans la charte de la Ligue arabe qui empêcherait Israël de la rejoindre ? Ou en d’autres termes : qu’est-ce qui qualifie un pays arabe pour [être apte à] rejoindre la Ligue, s’il le souhaite ? Récemment [en 1993], la Ligue arabe a accueilli les îles Comores [comme membre] ; comme vous le savez, les îles Comores à l’extrême sud et au-delà des limites de la patrie arabe, et les langues qui y sont parlées sont le comorien, le français et l’arabe. Israël, par contre, se trouve au cœur du monde arabe, l’arabe y est la seconde langue officielle après l’hébreu, et 20 % de ses citoyens sont arabes. Par conséquent, est-ce qu’Israël ne remplirait pas les critères d’adhésion à la Ligue, s’il le souhaitait ? Certains diront qu’Israël est un pays usurpateur qui occupe un pays arabe membre de la Ligue [arabe] – la Palestine – et que cela l’empêcherait de rejoindre [la Ligue] selon sa Charte. Dans ce cas, si les Israéliens et les Palestiniens parviennent à une solution globale et juste du problème palestinien, cela supprimera-t-il les obstacles pour qu’Israël rejoigne la Ligue ? Signé : Dr Yahya Nour Al-Din Tarraf. »[1]

Newton a répondu comme suit :

« Le 17 septembre 1965, les ministres des Affaires étrangères arabes, qui s’étaient réunis à Casablanca, ont rejeté le mémorandum envoyé par [le premier président de la Tunisie] Al-Habib Bourguiba, en avril de la même année, dans lequel il demandait de mettre un terme une fois pour toutes au conflit israélo-arabe, au moyen de trois décisions principales : l’acceptation arabe du principe de la partition ; la déclaration immédiate d’un Etat palestinien et l’admission d’Israël en tant que membre honoraire de la Ligue arabe.[2] A l’époque, le président [égyptien Gamal] Abd Al-Nasser avait virulemment attaqué cette proposition, et l’ensemble de la presse arabe avait fustigé Bourguiba pour son plan de paix. Au cours de la conférence palestinienne tenue au siège de la Ligue arabe au Caire [en 1965], Abd Al-Nasser avait déclaré : ‘les affirmations de Bourguiba constituent une trahison envers les Arabes et l’arabisme, et elles ne servent nul autre qu’Israël et le mouvement sioniste’. Dans un communiqué de presse en réaction au rejet [de sa proposition] par les ministres des Affaires étrangères arabes, Bourguiba avait déclaré : ‘Ce que les Arabes peuvent obtenir aujourd’hui, ils ne pourront jamais l’obtenir demain’. Le temps a montré que Bourguiba avait raison à 100 %. Le monarque [saoudien] Abdallah bin Abd Al-Aziz a fait la même proposition [sous forme d’une initiative de paix arabe] lors du sommet de Beyrouth en 2002, et au cours du récent sommet, sur les rives de la Mer morte, tous les Arabes ont proposé [la même chose] : une paix globale avec Israël aux mêmes conditions proposées par [Bourguiba] à l’époque. Cinquante-deux ans plus tard, tout le monde finit par voir ce que Bourguiba avait vu à l’époque. » [3]

Un journaliste égyptien répond : vous ignorez l’agression et le rejet de la paix par Israël

Comme indiqué, l’échange entre Newton et le Dr Taraf a suscité des critiques de la part d’Abd Al-Aal Al-Baqouri, éditorialiste du quotidien officiel Al-Gomhouriyya.Celui-ci a écrit : « Le Dr Yahya [Nour Al-Din Taraf] peut certainement répondre à sa propre question [de savoir si Israël doit rejoindre la Ligue arabe], car il connaît bien les conditions d’adhésion… Comme chacun sait, la Mauritanie, la Somalie, Djibouti et les Comores… sont des Etats souverains avec des frontières établies et reconnues, comme l’exigent les termes d’adhésion de la Ligue arabe [exposés] dans sa Charte.[4] [Ces pays sont] tellement différents d’Israël à cet égard. A quel Israël le Dr Yahya Nour Al-Din Taraf fait-il référence ? Israël selon le plan de partition de 1947 ? Israël après la guerre de 1948 ? Israël après l’agression de 1956 ou après l’occupation du Sinaï ? Israël après la déclaration de [David] Ben Gourion, son Premier ministre de l’époque, qui avait proclamé à la Knesset : ‘Nous sommes retournés dans la patrie occidentale’ ? [5] Israël après l’agression de 1967 ? Israël après le retrait du Sinaï ? [Israël] après le retrait de Gaza et son siège ? Israël, dont certains dirigeants ont annoncé aujourd’hui qu’ils voulaient annexer la vallée du Jourdain, la Jordanie orientale, ou d’autres parties des pays arabes voisins de la Palestine, pour parvenir à ce qu’ils appellent le ‘Grand Israël’ ?… En outre, en mentionnant Bourguiba et en réitérant ses déclarations de 1965… [Newton] a ignoré l’agression impérialiste d’Israël en 1967, dont les conséquences continuent de nous consumer jusqu’à ce jour… [Certaines] questions concernant la voie pour parvenir à un règlement avec les sionistes remontent à la période d’avant la création de l’entité sioniste. Si cette entité a été créée en 1948, des contacts [non officiels] entre les Arabes et les sionistes ont été établis au début du 20e siècle. En outre, dans la période entre les deux guerres mondiales, certains parmi les Juifs de Palestine ont appelé à la paix et au calme, mais se sont heurtés au refus et au rejet de la part des sionistes extrémistes. Les contacts ‘officiels’ entre les Arabes et les sionistes ont été établis après 1948, et en particulier après l’agression de 1967. Malgré l’échec des nombreuses tentatives [de parvenir à un règlement], les partisans arabes d’un accord, de différentes approches, se sont abstenus de réviser leurs positions, leurs modi operandi et leurs mesures. De manière générale, on peut dire qu’ils ne sont pas parvenus à comprendre la mentalité israélienne qui prévaut depuis 1967, car s’ils l’avaient comprise, ces gens – qui sont certainement honorables – n’auraient pas pris les mesures qu’ils ont adoptées, mais auraient fait marche arrière. Mais cela n’est pas arrivé. » [6]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Al-Masri Al-Yawm (Egypte), 1er avril 2017.
[2] En réalité, Al-Bourguiba avait proposé qu’en échange du respect par Israël des résolutions 181 et 194 de l’ONU, à savoir la renonciation à un tiers de son territoire, le droit au retour des réfugiés et l’acceptation de négociations dans lesquelles les pays arabes seraient représentés majoritairement par les Palestiniens, les Etats arabes reconnaîtraient Israël, avant de lui présenter de nouvelles demandes. Michael M. Laskier, « Between Bourgabism and Nasserism: Israel-Tunisia Relations and the Arab-Israeli Conflict during the 1950s and 1960s, » Iyyunim Bitkumat Yisrael 11, 2001, p. 47.
[3]
Al-Masri Al-Yawm (Egypte), 1er avril 2017.
[4] Al-Baqouri fait référence à l’Article I de la charte de la Ligue arabe, qui stipule : « La Ligue des Etats arabes est constituée des Etats arabes indépendants, signataires de la présente charte. » Il convient d’observer qu’aucune définition d’« Etat arabe indépendant » n’est donnée.
[5] Référence apparente à une déclaration du 7 novembre 1956 de Ben Gourion, dans laquelle il annonçait la conclusion de la campagne du Sinaï de 1956 et déclarait : « Nous sommes revenus à l’endroit où la Torah a été donnée. »
[6] Al-Gomhouriyya (Egypte), 5 avril 2017.

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 15:30

Connu - Le membre du Comité central du Fatah, Hussein Al-Sheikh : il est hors de question de suspendre les salaires des familles des « martyrs » et des prisonniers

 

S’exprimant sur la chaîne télévisée officielle de l’Autorité palestinienne le 7 mai 2017, Hussein Al-Sheikh, membre du Comité central du Fatah, a déclaré que le président de l’AP, Mahmoud Abbas, s’oppose catégoriquement à la demande américaine de suspendre les salaires versés par l’OLP aux prisonniers et aux familles des « martyrs » [palestiniens]. Cette question ne « souffre aucune discussion » et « c’est Israël qui devrait être jugé, pas les Palestiniens », a-t-il déclaré. Extraits :

Hussein Al-Sheikh : Comme vous le savez, avant la visite de Mahmoud Abbas aux États-Unis, une vague a déferlé…

Journaliste : Une campagne…

Hussein Al-Sheikh : Oui, les Israéliens ont mené une campagne virulente, notamment concernant la question des martyrs et des prisonniers, et [contre] les salaires versés par l’OLP aux prisonniers et aux familles des martyrs. Je regrette de dire qu’[Israël] est parvenu à recueillir un certain soutien américain à la position israélienne sur ce sujet. Ensuite, ils ont commencé à exercer des pressions considérables à ce sujet. En ce qui me concerne, cette question est derrière nous. Tous les officiels, à tous les échelons, qui nous ont parlé à ce sujet, ainsi qu’à Mahmoud Abbas… Ce n’est pas un secret… Tous les Américains et les autres parties en ont parlé à Mahmoud Abbas et sa réponse a été résolue. Nous avons dit que cette question ne souffrait aucune discussion, et que c’était notre devoir envers les prisonniers et envers les martyrs depuis 1965. C’est l’une des résolutions du Conseil national palestinien. Lorsque ses causes cesseront d’être, la question sera-t-elle éventuellement débattue, mais les causes existent toujours, et d’abord et avant tout, notamment, l’occupation. Lorsque l’occupation prendra fin et qu’un Etat palestinien sera créé, l’OLP et l’Autorité palestinienne pourront peut-être réexaminer ces questions. Mais tant qu’il y aura une occupation… Eh bien, Israël dépense également de l’argent pour ses soldats, qui meurent dans les guerres, et dépense de l’argent pour leurs familles. Alors pourquoi Israël n’est-il pas jugé ? L’occupation est la pire forme de terrorisme.

Journaliste : Exact.

Hussein Al-Sheikh : C’est la pire forme de terrorisme possible mené contre un peuple. C’est donc Israël qui devrait être jugé, pas les Palestiniens. Concernant cette question… Pour notre part, nous l’avons traitée en toute responsabilité, comme je l’ai dit, la réponse du président était une opposition catégorique, et cela ne souffre de discussion avec aucune partie quelle qu’elle soit. […]

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 15:27

L’ancien député irakien Ayad Jamal Al-Din : nous devons imposer l’égalité aux pays musulmans ; même si l’EI était éradiqué, des milliers d’organisations similaires émergeraient

 

L’ancien député irakien Ayad Jamal Al-Din a appelé les États islamiques à amender leurs constitutions pour y inclure l’égalité entre les religions. « Si vous voulez gouverner selon votre charia », a-t-il déclaré, « créez votre propre Organisation des Nations unies. » Dans un cinglant acte d’accusation contre l’application de la religion, Jamal Al-Din a déclaré que l’humanité et les enseignements pacifiques de Jésus et du Prophète Mahomet se sont mués en Croisades et en conquêtes islamiques « criminelles et barbares ». Il a évoqué le nettoyage ethnique des Juifs au fil des siècles, alimenté par la croyance chrétienne en leur culpabilité pour le meurtre de Jésus. Lors de l’interview en deux parties, diffusée sur la chaîne télévisée chrétienne Al-Hayat les 13 et 20 avril 2017, il a prévenu que, tant que les écoles, les mosquées et les médias des Etats musulmans loueront le premier Califat, « même si l’EI était éradiqué, des milliers d’organisations similaires émergeront dans son sillage ». Extraits :

Journaliste : Vous considérez que la religion est bonne à la source, mais vous dites qu’elle peut par la suite s’orienter vers la violence et être utilisée par l’autorité politique. Vous dites qu’elle peut être déformée et utilisée à d’autres fins…

Ayad Jamal Al-Din : Il en va ainsi pour toutes les religions.

Journaliste : Mais qu’en est-il si une religion est corrompue à sa source ? Laissez-moi vous donner un exemple. Bouddha, par exemple, n’était pas violent, ni le Christ. Mais si nous examinons la biographie de Mohammed – du moins telle qu’elle nous est parvenue – nous voyons qu’il était effectivement un envahisseur violent. Au cours des dix années où il a vécu à Médine, il a participé à, ou ordonné 83 raids. La violence était donc une partie essentielle des origines de l’islam. Ce phénomène ne s’est pas développé trois ou quatre siècles plus tard, ou avec les dynasties abbassides ou omeyyades. Depuis la deuxième année de sa hijra [émigration] à Médine et jusqu’à ce jour, l’islam a été violent.

Ayad Jamal Al-Din : Je ne vous reproche pas cette interprétation, car c’est plus ou moins la perception des musulmans eux-mêmes. La plupart des musulmans s’enorgueillissent de ce que vous percevez comme un défaut du Prophète Mohammed. […]

Prenez, par exemple, le symbole du christianisme, la croix. Les chrétiens y sont habitués, et ils l’embrassent, et ainsi de suite. Mais c’est un symbole de haine, de crime, de meurtre. C’est une potence. La religion [chrétienne] a fait d’une potence son symbole, et y place un homme au cou brisé. C’est exactement comme le drapeau saoudien, qui porte une épée utilisée pour tuer, ou le drapeau iranien, qui a plusieurs épées, formant les mots « Il n’y a pas de dieu sauf Allah ».

Journaliste : Mais permettez-moi de vous interrompre…

Ayad Jamal Al-Din : Non, ne m’interrompez pas. Laissez-moi terminer.

Journaliste : D’accord, je commenterai ensuite.

Ayad Jamal Al-Din : Je suis convaincu que les prophètes étaient purs – Mohammed, Jésus, Moïse, Abraham, tous – et que la faute incombe à leurs disciples. C’est ce que je crois et ce que je dis. Après la mort de Jésus, les prêtres chrétiens ont accusé les Juifs d’un crime – qui, selon l’islam, n’a pas eu lieu, mais même s’il s’est produit, et que Jésus a été tué… Ils ont blâmé l’ensemble du peuple juif, même s’il a été commis – s’il s’est bien produit – par une personne ou par un groupe de personnes. Même si nous partons du principe que tout le peuple juif de cette époque a conspiré avec les Romains pour tuer Jésus, comment serait-ce la faute de générations de pauvres Juifs au cours des 2 000 dernières années ? Ils sont au banc des accusés et se font tuer. Hitler n’a pas été le premier à commettre un Holocauste génocidaire chrétien contre les Juifs. Il y a eu plusieurs holocaustes…

Journaliste : A votre avis, Hitler a perpétré un Holocauste chrétien ?

Ayad Jamal Al-Din : Oui, et la preuve qu’Hitler était un produit de l’Église réside dans le fait que le Pape l’a soutenu.

Journaliste : Non, il ne l’a pas soutenu.

Ayad Jamal Al-Din : Le Pape a soutenu Hitler dans le crime de nettoyage ethnique des Juifs.

Journaliste : Eh bien, j’affirme qu’Hitler admirait l’islam et a déclaré : je suis plus proche de l’islam que du christianisme.

Ayad Jamal Al-Din : Laissez-moi vous dire qu’Hitler n’a pas perpétré le premier Holocauste chrétien contre les Juifs. C’est indéniable. Le meurtre et le nettoyage ethnique des Juifs par les chrétiens pendant 2 000 ans en Europe, pour un crime qui soit ne s’est jamais produit, soit, s’il s’est produit, a été commis par des gens il y a 1 500 à 2 000 ans – en quoi les Juifs contemporains en sont-ils coupables ? Les pauvres Juifs innocents n’ont pu pousser un seul soupir de soulagement jusqu’à ce que la laïcité prenne racine. Mais alors, Hitler est apparu, un produit de l’idéologie de l’Église de nettoyage [ethnique]. […]

Les enseignements de Jésus se sont mués en Croisades. Je dénonce les Croisades, et non Jésus. Les enseignements et l’humanité du Prophète Mohammed se sont mués en conquêtes criminelles et barbares. Ces conquêtes ont balayé l’Egypte et la Mésopotamie, qui étaient l’incarnation de la civilisation à l’époque. Les Arabes nomades, qui n’avaient rien à boire ou à manger, se sont rendus là-bas en prétendant les guider vers Allah. Ils ont détruit les civilisations de l’Irak, du Levant et de l’Égypte, sous prétexte de diffuser l’islam. Qui vous a dit de répandre l’islam par l’épée ? Quelle sorte de foi peut pénétrer dans le cœur des gens par l’épée ? Les gens ont été forcés de croire en l’islam, par crainte de l’épée, tout comme le fait l’EI. L’EI s’enorgueillit de ce passé criminel et tente de le reproduire. […]

Je crois avec optimisme que la terrible goule [monstre] du terrorisme islamique est vouée à décliner et à se retrouver à la poubelle, tout comme le fléau de l’Église au Moyen Age, après l’apparition de philosophes libres penseurs, et de gens qui croyaient en la nécessité de la laïcité, et qui ont compris que la laïcité n’est pas anti-Eglise ou anti-christianisme, mais appelle plutôt à la liberté de toutes les religions et de toutes les idéologies. Sous la laïcité, toutes les personnes jouissent des mêmes droits. Le mot « égalité » est la charnière séparant les religions de l’ère post-religions. […]

Si l’EI était éradiqué, des milliers et des milliers d’organisations similaires apparaîtraient dans son sillage, tant qu’il y aura des écoles, des mosquées et des médias soutenant le terrorisme, incarné dans la« pureté », la « beauté » et la « tolérance » du Califat, qui existait il y a 1 400 ans. Tant que l’école, les mosquées et les médias musulmans loueront le premier Califat, vous pouvez vous attendre à des milliers et des milliers d’Abu Bakr Al-Baghdadi, partout et à travers les âges. Cela ne prendra fin que lorsque le premier Califat sera critiqué, déconstruit et qu’on aura compris ce qu’il était. […]

Le principe de l’égalité doit être imposé aux États islamiques. Les 55 Etats islamiques devraient se voir imposer le choix suivant : si vous voulez être membres de l’Organisation des Nations unies, votre constitution doit affirmer que les musulmans et les non-musulmans sont égaux, que les musulmans, les polythéistes, les infidèles, les athées, les chrétiens et les autres sont tous égaux.

Journaliste : S’ils n’en veulent pas, cela devrait leur être imposé.

Ayad Jamal Al-Din : Exactement. Il faut faire cela pour sauver l’islam et les musulmans de leur réalité. S’ils veulent être membres de l’ONU, ils doivent inclure l’égalité dans leurs constitutions et appliquer dans leurs lois cette égalité à tous les citoyens. Ou bien, si vous voulez gouverner selon votre charia, créez votre propre Organisation des Nations unies.

 

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:08

L’ambassadeur de Russie en Israël : nous ne considérons pas le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes

 

L’ambassadeur de Russie en Israël, Alexander Shein, a déclaré, lors d’une interview diffusée le 9 juin 2017 sur la 9ème chaîne israélienne (en russe), que la Russie ne considérait pas le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes, puisqu’elles n’avaient pas mené d’attaques sur le territoire russe ou contre des intérêts russes à l’étranger. Extraits : 

Journaliste : Permettez-moi de vous poser une question assez douloureuse concernant l’attitude de la Russie envers le Hamas et le Hezbollah. Permettez-moi de vous demander : vous, en Russie, comprenez-vous que, de notre point de vue, le Hamas et le Hezbollah soient des [organisations] terroristes, qui ne diffèrent en rien de l’Etat islamique ? Elles commettent des attentats et tirent des missiles sur Israël – et permettez-moi de vous rappeler que de nombreux Israéliens ont la citoyenneté russe. Pourtant, Moscou continue de dialoguer avec eux [le Hamas et le Hezbollah].

Alexander Shein : Nous ne considérons pas ces organisations comme terroristes. Certes, ce sont des organisations radicales, qui adhèrent parfois à des opinions politiques extrémistes. Laissez-moi vous expliquer pourquoi nous ne les désignons pas – et ne pouvons les désigner – comme des organisations terroristes. Le droit russe – la Cour suprême, suite à un appel du ministère public – définit les organisations terroristes comme telles lorsqu’elles mènent intentionnellement des actes terroristes sur le territoire russe ou contre des intérêts russes à l’étranger – installations, ambassades, bureaux ou citoyens. Vous assimilez l’Etat islamique [au Hamas et au Hezbollah], mais nous pensons que ce n’est pas justifié.

Journaliste : Je les y assimile en effet, car lorsque des roquettes ont été tirées sur Tel-Aviv il y a quelques années, et que les gens ont été forcés de courir aux abris, il s’agissait de [tirs] aveugles, qui ne faisaient pas la distinction entre les passeports russes, israéliens ou autres. Tous affrontaient les mêmes tirs de roquettes. Qu’est-ce qu’un tir de roquettes si ce n’est un acte de terreur ou de guerre ?

Alexander Shein : Bien sûr que nous condamnons de tels tirs.

Journaliste : C’est tout ce que vous avez à dire ? Il y a donc des mauvais terroristes et des bons terroristes ?

Alexander Shein : Non, pour nous ils ne sont pas terroristes du tout. […]

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:07

Ayman Khamis sur la télévision des Frères musulmans égyptiens en Turquie : L’Andalousie est occupée par les Espagnols exactement comme la Palestine est occupée par les Juifs

 

Le 11 juin 2017, le cheikh égyptien Ayman Khamis a déclaré, sur la télévision des Frères musulmans basée en Turquie Mekameleen TV, que l’Andalousie devait être libérée de l’occupation espagnole, de même que la Palestine devait être libérée de l’occupation juive. Extraits : 

Ayman Khamis : L’Andalousie est exactement comme la Palestine. Nous n’oublierons jamais nos terres. Nous disons à l’Occident : Nous n’oublierons jamais nos terres. Nous vous la reprendrons parce que c’est une terre occupée. L’Andalousie est occupée par les Espagnols, exactement comme la Palestine est occupée par les Juifs, et nous la récupérerons, si Dieu le veut.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:04

Le conseiller d’Abbas Mahmoud Al-Habbash : Nous ne renoncerons pas à un micromillimètre du Mur occidental 

 

Dans un sermon du vendredi, Mahmoud Al-Habbash, conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux affaires religieuses et islamiques, a déclaré que la mosquée Al-Aqsa, avec le mur d’Al-Buraq [le Mur occidental] était un waqf islamique ne pouvant à jamais appartenir qu’aux musulmans. « Nous ne pouvons pas renoncer à un seul millimètre, une seule pierre, un seul micromillimètre du mur Al-Buraq et de la mosquée Al-Aqsa bénie », a-t-il déclaré le 9 juin 2017, dans son sermon diffusé sur la télévision officielle de l’Autorité palestinienne. Extraits :

Mahmoud Al-Habbash : La zone de la mosquée Al-Aqsa, telle qu’elle est connue aujourd’hui, s’étend sur 144 dounams et 100 mètres carrés. Le terme « mosquée Al-Aqsa » inclut toutes les cours, tous les murs, toutes les pierres et tout le terrain que nous connaissons aujourd’hui comme étant la mosquée Al-Aqsa, et avant tout, avant d’oublier ou d’être trompés : le mur Al-Buraq [le Mur occidental]. Le mur Al-Buraq est une partie indissociable de notre foi et de notre religion. Il est fortement et idéologiquement lié au miracle éternel du voyage nocturne du Prophète et à son ascension vers les cieux. Il est fermement lié à notre prophète Mohammed. C’est un waqf [propriété islamique éternelle]. Il ne pourra jamais appartenir à des non-musulmans. Nul, hormis les musulmans, ne pourra jamais y être souverain. C’est notre mosquée, et le mur Al-Buraq est notre mur. Il nous appartient. C’est notre waqf. Il ne nous est pas possible d’abandonner un seul millimètre, une seule pierre, un seul micromillimètre du mur Al-Buraq et de la mosquée Al-Aqsa bénie. […]

Notre position concernant la mosquée Al-Aqsa et Jérusalem ne découle pas uniquement de considérations politiques ou même nationales, quelle que soit l’importance de ces considérations. Notre position repose avant tout sur des considérations idéologiques et religieuses, sans lesquelles la foi religieuse des musulmans n’est pas complète. Jérusalem et sa mosquée Al-Aqsa, avec le mur Al-Buraq et son esplanade, nous ont été confiés ainsi qu’à tous les musulmans, et nous ne les prendrons jamais à la légère, même si nous devons être enterrés sous terre, même si nous devons être arrachés à cette terre ou emportés par des oiseaux. Nous ne prendrons jamais cette confiance à la légère, car c’est l’héritage du prophète Mohammed. […]

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:34

L’imam de Drancy Hassen Chalghoumi : le Qatar appuie l’islam politique en Europe

Le site islamnews en français rapporte la réaction de l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi au silence des Etats européens face au soutien qatari du terrorisme et de l’islam politique, alors même que l’Arabie saoudite a clairement pris position contre le Qatar. Extrait : (1)

Joint par téléphone, le président de la Conférence des imams de France, Hassen Chalghoumi, connu pour ses positions virulentes contre « l’islam politique », demande aux responsables du gouvernement français et aux responsables européens comment ils justifient leur silence après la rupture des relations diplomatiques des pays arabes du Golfe avec le Qatar, qu’ils accusent de financer le terrorisme international.

Comment se fait-il que des pays arabes soient intransigeants sur la question du terrorisme alors que la France, l’Allemagne ou l’Angleterre restent silencieux devant ces graves accusations [de financement du terrorisme] ? Le Qatar finance pourtant depuis des années un islam politique en Europe via la mouvance des Frères musulmans. Dernièrement, nous rappelle encore l’imam Hassen Chalghoumi, le ministre saoudien a interdit la vente de tous les ouvrages du Cheikh Qaradaoui, porte voix des frères musulmans qui a trouvé refuge à Doha. Pourquoi ses livres sont-ils vendus dans toutes les capitales européennes….?

(1) islamnews.fr, 13 juin 2017

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:30

Le professeur et auteur somalien Abdisaid : abolissons la notion d’apostasie ; la laïcité est la solution

 

Dans une interview télévisée, l’auteur somalien Abdisaid Abdi Ismaïl a déclaré : « vous ne pouvez pas vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie ». S’il y a « des dizaines, sinon des centaines » de versets coraniques sur la liberté de culte, « pas un seul verset ne dit que le châtiment de l’apostasie est le meurtre », a noté Abdi Ismaïl, professeur d’économie à l’Université d’Afrique de l’Est, après avoir reçu des menaces de mort pour avoir publié un livre sur l’apostasie en 2014. Dans l’interview, diffusée sur Sky News Arabia le 31 mars 2017, Abdi Ismaïl a ajouté que « l’islam est une religion et non un État » et que « la laïcité est la solution, qu’on le veuille ou non ». Extraits :

Abdisaid Abdi Ismaïl : Tout l’islam de la violence et de la terreur punit l’apostasie. J’affirme que vous ne pouvez vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie. […]

La notion de takfir [accusation d’hérésie] existait dans le passé, mais elle était rarement utilisée, de temps à autre dans des cas individuels. Depuis 2006, plus ou moins, après la montée et la chute de l’Union des tribunaux islamiques en Somalie, le takfir est devenu un phénomène répandu. Les mouvements islamiques, notamment le mouvement Shahab, s’opposent au gouvernement et le qualifient de gouvernement apostat. Ils considèrent que tout individu qui travaille pour le gouvernement – que ce soit un officiel haut placé ou un petit employé – est un apostat.

Journaliste : Et ainsi, ils autorisent ou justifient des exécutions.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exactement. N’importe quel petit employé, comme un balayeur des rues, travaillant pour le gouvernement, peut se voir infliger le châtiment pour apostasie. On peut le qualifier d’apostat, puisque le gouvernement est apostat et qu’il aurait dû le déclarer infidèle. Si vous ne déclarez pas un infidèle « infidèle », vous êtes vous-même un infidèle, et ils vous condamnent à…

Journaliste : C’est l’idéologie de l’Etat islamique…

Abdisaid Abdi Ismail : Evidemment. Le mouvement Shahab lui est identique.

Journaliste : Ils appartiennent à la même école.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, à la même école. […] Supposons, pour les besoins du débat, qu’une personne ait renoncé à l’islam. Doit-elle être tuée ? Qu’est-ce qui nous prouve qu’elle doit l’être ? Le fait de tuer un autre homme est le plus grand crime qui soit. Lorsque vous condamnez une personne à mort, vous devez avoir des preuves…

Journaliste : Ainsi, vous n’avez pas trouvé de preuve décisive qui justifie ou autorise le meurtre d’une personne ayant abandonné sa religion, un apostat…

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il n’y en a pas. Lorsque vous lisez les sources islamiques, et le Coran est la source originale… Lorsque nous lisons le Coran, nous trouvons des dizaines, sinon des centaines de versets sur la liberté de culte, la liberté de conscience. […]

Vous ne pourrez trouver un seul verset autorisant le meurtre d’un apostat. Même si le sujet de l’apostasie figure dans dix versets au moins, pas un seul verset ne dit que la punition de l’apostasie est le meurtre. L’apostasie apparaît dans le Coran, mais le châtiment qu’il appelle n’est pas dans ce monde. Il sera administré dans le monde futur. […]

Les mouvements islamiques et l’idéologie islamiste qui prédominent aujourd’hui se battent pour la création d’un Etat islamique, et plus encore, pour le retour du Califat islamique. C’est une idée qui fait son chemin depuis plus de 100 ans. Depuis la chute du Califat ottoman jusqu’à aujourd’hui, c’est l’objectif dans lequel les musulmans ont investi le plus d’efforts et donné…

Journaliste : Ne pensez-vous que ce soit le résultat d’une conception erronée de ce qu’est le Califat, ou d’une mauvaise lecture de l’histoire du monde islamique ? Après tout, le concept du califat faisait partie d’un jeu politique.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact.

Journaliste : Les Ottomans ont joué leur jeu pour apporter une justification à un pouvoir politique exerçant au nom du « Califat ». Cela suffit. Ils nous ont tués avec ce rêve dénué de sens.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il est effectivement dénué de sens. C’est bien vrai, mais qui le comprend ? Nous avons un adage somalien qui dit : « Le mensonge va plus vite que la vérité. » Cette question a été soulévée dans les années 1920. Mais jusqu’à ce jour, c’est la question la plus importante pour les musulmans, où qu’ils se trouvent. Ainsi, comme je l’ai dit, dans l’islam, il n’y a pas… L’islam est une religion et non un Etat. Quiconque dit que l’islam est un Etat…

Journaliste : Ils disent que l’islam est une religion et un Etat.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Non, l’islam est juste une religion, comme toutes les autres.

Journaliste : Quant à l’Etat, c’est une affaire humaine.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exact. L’islam spécifie-t-il une certaine forme de régime politique ? Non. […]

Journaliste : Vous dites que la laïcité serait la solution, qu’on le veuille ou non. […]

Abdisaid Abdi Ismaïl : La laïcité est la solution, que cela nous plaise ou pas. […] Nombreux sont ceux qui pensent que la laïcité porte atteinte à la religion et qu’elle s’oppose…

Journaliste : Les islamistes ont déformé l’image de la laïcité.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact. Ils l’ont présentée comme étant opposée à la religion. Mais la vérité est que la laïcité est utile à la religion.

Journaliste : De quelle manière ?

Abdisaid Abdi Ismaïl : La croyance est une affaire personnelle. Mais si un gouvernement religieux vous force à faire ceci et à ne pas faire cela…

Journaliste : L’Etat laïc vous octroiera le droit de pratiquer votre religion.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, afin que vous puissiez adorer votre Dieu comme bon vous semble, prier comme bon vous semble, et effectuer vos rituels conformément à vos croyances personnelles. La beauté de la croyance vient de là.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:25

L’EI dans le Sinaï et ses relations avec la population locale : diffusion de l’idéologie de l’EI et lutte contre le soufisme

Par R. Green *

Dans toutes les régions soumises à son contrôle, l’Etat islamique (EI) s’est focalisé sur le prosélytisme et la diffusion de son idéologie auprès des résidents locaux. C’est aussi l’entreprise de la « Province du Sinaï » de l’EI, moins connue pour son prosélytisme que d’autres provinces. Ici comme ailleurs, l’activité idéologique de l’EI se concentre principalement sur l’éradication du soufisme, répandu dans le Sinaï depuis des siècles. La vidéo récemment diffusée par l’EI Sinaï, « La lumière de la charia », présente des exemples de prosélytisme auprès des habitants locaux et traite longuement du combat mené par l’organisation contre les soufis.

Prêcher l’idéologie de l’EI auprès des locaux

Dans une interview de décembre 2016 à l’hebdomadaire de l’EI Al-Naba, le directeur du département de la hisba de l’EI Sinaï a mis en exergue les activités du groupe dans la région : « Les soldats de l’Etat islamique ont dirigé des cours religieux afin de prêcher au peuple et de lui enseigner sa religion, conjointement avec différents centres de dawa et de hisba [propagande religieuse], et nous prions Allah pour qu’Il accorde le succès à ces cours. En outre, nous imprimons et distribuons des brochures et des tracts de dawa sur les questions de foi, menons des tournées de prêche à travers le pays, focalisées sur l’instauration du tawhid [monothéisme islamique] au sein de la population musulmane, et mettons en garde [cette population] contre l’idolâtrie et les différentes formes d’hérésie. » [1]

La vidéo de la Province du Sinaï « La lumière de la charia » donne des aperçus des prêches et montre des activistes s’exprimant devant une foule dans un village ou donnant une leçon de théologie à des locaux dans une mosquée. Notons que les prêcheurs sont accompagnés d’hommes armés, ou ont le visage couvert.

 

 

La guerre contre le soufisme

Le courant salafiste-djihadiste vise à purger l’islam de ce qu’il considère comme des éléments polythéistes, et cible par conséquent vigoureusement le courant soufi. Les salafistes-djihadistes, y compris l’EI, considèrent les soufis comme des hérétiques, notamment du fait de leur vénération des saints, qu’ils considèrent comme un culte extérieur à celui d’Allah. Dans toutes les régions placées sous son contrôle, l’EI détruit systématiquement les tombes des saints soufis, ainsi que les sites et édifices cultuels appartenant aux tariqas [confréries] ou aux ordres soufis. L’approche de l’EI Sinaï ne fait pas exception à la règle.

L’EI fait exploser un mausolée dans le Sinaï, dans le cadre de sa guerre contre ce qu’il considère comme un culte non islamique.

L’EI fait exploser un mausolée dans le Sinaï, dans le cadre de sa guerre contre ce qu’il considère comme un culte non islamique.

Le 18 novembre 2016, la Province du Sinaï de l’EI a publié des photos de la décapitation d’un sage soufi dans le Sinaï, Sulaiman Abu Haraz, kidnappé un mois auparavant.[2] Les photos, qui ont suscité l’indignation dans le Sinaï, en Egypte et dans le monde arabe, constituaient une nouvelle étape dans la guerre en cours menée par les djihadistes contre les soufis, qui inclut la destruction d’édifices, des menaces contre les membres des confréries soufies, des kidnappings et des meurtres de cheikhs, etc.

L’interview du directeur du département de la hisba de l’EI-Sinaï, publiée plusieurs semaines après la décapitation, est largement consacrée au combat contre les soufis.

Interrogé sur le traitement que les moudjahidines du Sinaï réservent aux soufis, le chef du département de la hisba répond : « Après la guerre de djihad menée par les moudjahidines pour faire régner la parole d’Allah, ils ont combattu les chefs de l’incroyance, y compris les tyrans qui gouvernent autrement que selon les lois d’Allah, sont arrivés au pouvoir dans plusieurs parties du Sinaï et y ont acquis de l’influence. Ils ont œuvré pour y instaurer la religion d’Allah, retirer les symboles de l’idolâtrie et de la jahiliyya [période pré-islamique] et étaient profondément déterminés à ne laisser aucune confrérie soufie sur la terre où flotte la bannière du djihad. Les moudjahidines ont commencé à prêcher auprès de ces soufis, qu’ils soient membres de la confrérie Ahmadi ou Jariri. Certains ont répondu aux prêches en se repentant immédiatement, une fois que les moudjahidines leur ont expliqué les maux du polythéisme. Mais d’autres ont choisi de s’éloigner de la religion d’Allah et du commandement de prêcher le monothéisme. »

« A ce moment, les soldats de l’EI se sont déployés, ont installé des points de passage sur les routes, capturé tous leurs dirigeants et les ont emprisonnés pendant trois jours afin de les forcer à se repentir. S’ils se repentaient, [ils étaient libérés] et sinon, ils étaient exécutés. »

« Louange à Allah, ils se sont repentis le premier jour, et avec eux, leurs fidèles ont expié leurs erreurs et leur hérésie, une fois que les moudjahidines leur ont offert des explications sur l’idolâtrie qui les affligeait et sur sa malfaisance, louange à Allah. »

Quelques grands centres de paganisme soufi existent en dehors de la domination du Califat dans le Sinaï et en Egypte, et avec la permission d’Allah, ils deviendront les cibles des soldats du Califat lorsqu’ils conquerront ces territoires [et les soumettront à] la hisba et aux opérations de djihad, afin de ramener les gens de l’obscurité vers la lumière.

Selon un membre d’une confrérie soufie de la ville de Cheikh Zuweid, le conflit entre l’EI-Sinaï et les soufis a atteint son apogée début octobre 2016, lorsqu’un « groupe appartenant à l’Etat islamique a attaqué des centres soufis au sud-est de Cheikh Zuweid et les a empêchés de procéder aux cérémonies du dikhr, et à toutes les activités et rituels qui leur sont propres. Cela a atteint le stade des échauffourées et d’un échange de coups, et le lendemain, les activistes de l’EI ont kidnappé sept officiels d’un des centres soufis. » Ils ont demandé qu’ils « fassent ce qu’on leur dise », à savoir s’abstenir de toute activité soufie et les ont menacés « et quiconque ne se pliera pas à ces exigences » de « punitions prévues par la charia ». Il a ajouté que les sept ont été libérés après avoir accédé aux demandes, mais que le cheikh Abou Haraz a néanmoins été kidnappé quelques jours plus tard. [3]

Un habitant de Cheikh Zuweid a déclaré que les ravisseurs d’Abou Haraz étaient deux de ses fils qui avaient rejoint l’EI, et qu’ils l’ont kidnappé après l’avoir exhorté à cesser ses rituels soufis. D’autres ont affirmé que son corps n’avait pas été rendu à sa famille après la décapitation, de crainte qu’on lui érige une tombe.[4]

Les attaques ciblées contre les Soufis du Sinaï, en particulier dans la ville de Cheikh Zuweid et les villages avoisinants, prenaient plusieurs formes. Les résidents locaux ont raconté comment des hommes masqués et armés enlevaient des hommes participant aux rituels soufis, comment des explosifs étaient placés à l’extérieur des mosquées soufies et les tombes des saints étaient détruites. Des incidents similaires se sont produits également dans la région de Bir Al-Abd ; à l’extrême ouest de la partie nord-est du Sinaï, qui est la zone usuelle des opérations de l’EI dans le Sinaï. Le résident local Abou Marwan a affirmé que des hommes armés avaient tiré des roquettes contre une mosquée soufie à El Arish, ajoutant qu’ils « avertissaient régulièrement les gens de ne pas accomplir de rituels soufis dans les mosquées ».[5]

Un résident du Sinaï a affirmé que des « extrémistes salafistes » avaient attaqué un groupe de Soufis pendant un rituel dans une mosquée de Cheikh Zuweid, menaçant de tuer les fidèles s’ils poursuivaient leurs rituels soufis, et les accusant d’hérésie et de fausses croyances. Il a ajouté : « Nous avons dû nous soumettre à eux. Que pouvions-nous faire d’autre sous la menace des armes ? »[6]

Forcer les soufis à renoncer à leurs croyances

Les incidents décrits ci-dessus par les membres des tariqas soufies, et d’autres incidents similaires, figurent dans la vidéo « La lumière de la charia », dans laquelle l’EI-Sinaï se vante des méthodes violentes employées par ses membres contre les soufis. Dans la vidéo, le membre de l’EI-Sinaï Abou Moussab Al-Masr, du département de la hisba, déclare : « Le phénomène du soufisme fait partie du polythéisme et de la bida [innovation], contre lesquels les soldats du Califat au Sinaï se dressent… La première chose que nous avons faite à l’égard des soufis était de les appeler à [respecter] le monothéisme et à se conduire selon la Sunna du prophète et abandonner le polythéisme. Certains ont répondu à l’appel, mais d’autres ont persisté dans leur polythéisme et leur bida. Les soldats de l’Etat islamique les ont immédiatement arrêtés. Nous les avons attrapés et les avons appelés à se repentir. »

Dans la vidéo, l’on peut voir l’un des commandants de l’EI-Sinaï [7] briefer un groupe d’hommes armés, avant une opération pour enlever des soufis et les forcer à abandonner leurs croyances. Il leur dit : « Par la grâce d’Allah, nous, dans la Province du Sinaï, appliquons les lois d’Allah. Nous nous rendons, avec la permission d’Allah, chez ces soufis qui prétendent qu’Allah a des associés, qui adressent leurs prières à d’autres [entités] qu’Allah, qui cherchent l’assistance d’autres [entités] hormis Allah et qui communiquent avec ceux qu’ils qualifient de justes. Nous les avons abordés dans le passé, et leur avons expliqué qu’il s’agissait de polythéisme. Cette fois, nous allons les voir en force, car ils ont repris leurs pratiques [égarées], alors même que nous leur avions expliqué à plusieurs reprises qu’il s’agissait de polythéisme. Nous irons les voir en force, les emmènerons puis les appellerons à se repentir, et attendrons ensuite quelques jours. S’ils se repentent – [tant mieux], sinon – ils seront tués. »

Ensuite, la vidéo montre l’enlèvement de nuit, sous la menace des armes, d’un groupe de soufis au cours d’une cérémonie religieuse. Ils sont transportés dans un bâtiment où ils assistent à un sermon d’un agent de l’EI. Il prêche devant eux, leur explique qu’ils sont accusés d’apostasie et leur demande de se repentir. A la fin de la vidéo, les soufis signent un document dans lequel ils se repentent de leurs péchés, s’engagent à abandonner les coutumes et les croyances soufies, et donnent l’accolade aux hommes de l’EI.

L’enlèvement des soufis.

L’enlèvement des soufis.Un agent de l’EI livre un sermon aux soufis enlevés.

Ceci est un extrait de document JTTM (Jihad and Terrorist Threat Monitor) réservé aux services abonnés. Pour plus d’informations, contacter contact@memri.fr.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Al-Naba numéro 58, 8 décembre 2016 ; p. 8-9.
[2] Voir rapport de MEMRI JTTM ISIS Sinai Beheads An Elderly Sufi Sheikh, 19 novembre 2016.
[3] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[4] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[5] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[6] Al-Arab (Londres), 25 octobre 2016.
[7] La position haut placée de cet homme est indiquée par le fait qu’il est filmé dans le noir et que sa voix a été déformée.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:16

Un éditorialiste jordanien : la société arabe doit se mobiliser pour combattre l’extrémisme et le terrorisme ; les condamnations ne suffisent pas

 

Dans le contexte de l’attaque perpétrée par l’EI le 26 mai 2017 dans le gouvernorat égyptien de Minya, au cours de laquelle environ 30 Coptes ont été tués, Jihad Al-Mansi, rédacteur en chef des questions parlementaires et éditorialiste du quotidien jordanien Al-Ghad, a critiqué l’impuissance de la société arabe face à l’extrémisme qui s’y répand. Soutenant qu’il ne suffit pas de condamner le terrorisme, mais qu’il faut prendre des mesures tangibles pour l’éradiquer, il appelle les Arabes à cesser de rester silencieux face à ceux qui répandent la culture du terrorisme et de la haine de l’autre, et à agir contre tous les éléments qui expriment leur sympathie pour l’EI. Extraits :[1]

Il ne suffit pas de continuer à condamner les meurtres systématiques perpétrés par les organisations extrémistes maudites en Egypte, comme l’assassinat de Coptes pacifiques et de leurs enfants à la veille du début du Ramadan. Il ne suffit pas de rester silencieux devant que ces organisations terroristes salafistes font en Syrie et en Irak, à Manchester, en Grande-Bretagne et ailleurs. Il ne suffit pas de dire qu’elles ne représentent pas l’islam, si aucune mesure concrète n’est prise pour affronter l’étendue de la déréliction qui augmente et se répand sous nos yeux chaque jour, [et] si nous ne mettons pas fin à la prise en otage de l’islam par les représentants de ce même groupe [extrémiste], alors que nous leur permettons de souhaiter [qu’Allah sème] la ruine et le désastre sur les chiites, les chrétiens et d’autres.

Il est temps de cesser de fermer les yeux sur les actions de ces assassins qui veulent provoquer un conflit ethnique en Egypte, comme la guerre communautaire qu’ils ont déclenchée en Irak et en Syrie. Il est également temps de cesser de fermer les yeux sur les écoles extrémistes de pensée dont tout le monde connaît l’existence, tout comme le fait qu’elles influent sur les conceptions des assassins. Cela suffit de se focaliser uniquement sur le crime et non sur ses causes, et sur ceux qui incitent à le commettre ! De la même manière, il ne suffit pas de publier des communiqués de condamnation sans prendre de mesures actives pour mettre un terme à la propagation de ces assassins, pour extirper leur incitation et l’étouffer dans l’œuf et atteindre ceux qui financent et recrutent ces gens maudits, pour répandre le meurtre dans le monde entier et semer la division à satiété.

Nous devons cesser d’enfoncer nos têtes dans le sable et de croire les discours de certains pays, alors que nous savons bien tous, secrètement ou ouvertement, qu’ils soutiennent les idées extrémistes, et qu’ils sponsorisent les écoles de pensée qui ont permis à ces assassins de sortir de leurs terriers et qui ont instillé dans leurs cerveaux [l’idée] que les chrétiens, les coptes, les chiites, les alaouites et tous ceux qui n’acceptent pas leurs opinions et leurs idées, même s’ils sont musulmans sunnites, doivent être tués.

Chacun sait qu’il existe encore parmi nous des écoles salafistes fondamentalistes – au bénéfice desquelles des millions de dollars ont été gaspillés – qui accusent d’hérésie tous ceux qui ne sont pas d’accord, et pourtant nous persistons à publier des déclarations les condamnant, tout en nous abstenant d’appeler un chat un chat. Il est temps de dire à ces gens : vous soutenez le terrorisme et l’extrémisme, vous entretenez les assassins et leur facilitez la vie au moyen de ces mêmes écoles de pensée fondamentaliste où ils développent leur vision du monde et leurs idées, et qui n’ont pas leur place dans un monde moderne aspirant à la paix et à la stabilité.

Dans cette grande patrie qui s’étend entre l’océan et le Golfe, nous avons eu assez de déformation des faits, nous avons assez gardé le silence. Il est temps de déclarer à ces assassins et à ceux qui les soutiennent : cessez votre incitation à la haine communautaire et sociale, cessez le bain de sang [causé] par le soutien à l’extrémisme, cessez de penser qu’il est permis pour un homme d’en tuer [un autre], cessez d’emprisonner les femmes et de les priver de leurs droits, cessez de tuer des enfants et de détruire nos pays arabes.

Nous ne voulons pas nous contenter de l’affirmation selon laquelle ils déforment la religion [musulmane] et rien de plus, même s’ils le font effectivement. Nous attendons des positions claires, un sens [moral] exact et la présentation de l’image authentique de l’islam – la religion que nous connaissons tous et non celle de ceux qui voudraient nous ramener des siècles en arrière. Ce sont ceux qui perçoivent la femme [comme un objet] pour leur plaisir et rien de plus, et le chrétien comme une cible pour leur soif de meurtre. Nous avons eu assez de silence. Cherchons dans les livres étudiés par tous ces cercles, pour trouver ceux qui veulent semer [parmi nous] les germes de la division. Analysons nos [chaînes] télévisées une à une pour savoir quelles sont celles qui sèment les germes de la haine et de l’extrémisme. Souvenons-nous qu’il y a un certain temps, un prédicateur a déclaré que 99 % de ses frères (et non nos frères) de l’EI sont des fidèles musulmans sincères [le prédicateur en question est Adnan Al-Arour, Syrien vivant en Arabie saoudite, qui a affirmé cela dans une interview à une chaîne télévisée d’opposition syrienne en janvier 2014]. Des gens comme eux ont encore droit de cité dans le monde arabe, par le biais de diverses chaînes télévisées [qui leur offrent] une plateforme pour s’adresser aux jeunes Arabes et diffuser leurs idées, leur vision et leur conception du monde. Et après cela, nous affirmons que nous voulons combattre le terrorisme et l’EI…

Il est impossible de combattre le terrorisme et l’extrémisme, tant qu’il subsistera une seule personne autorisée à diffuser son poison et ses idées extrémistes dans le monde arabe, et qui aura le droit d’influencer nos fils et nos filles et de les recruter sous couvert de religion et de défendre la religion [musulmane].

 

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