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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:00

Le chercheur égyptien Tareq Abou Al-Saad : Les institutions islamiques officielles du monde arabe créent un terrain fertile à l’extrémisme

Le chercheur égyptien Tareq Abou Al-Saad a déclaré que les institutions islamiques officielles en Palestine, en Egypte, en Tunisie, au Soudan, en Mauritanie et ailleurs offraient « un terrain fertile » à l’extrémisme et que les Frères musulmans et les salafistes en plantaient les « graines idéologiques ». « Et c’est l’Etat islamique (EI) qui effectue la récolte », a-t-il estimé. Selon Abou Al-Saad, l’essentiel est que « les anciennes idées islamiques traditionnelles doivent être épurées de tout cela ». Il s’exprimait sur la chaîne télévisée de l’Autorité palestinienne le 8 décembre 2016. Extraits :

Journaliste : Les idées enseignées dans les écoles – les écoles gouvernementales, les écoles privées, les jardins d’enfants et même Al-Azhar… Je ne parle pas seulement de l’Egypte, mais aussi de la Palestine, de la Jordanie, du Maroc, de l’Algérie, de l’Arabie saoudite et de partout ailleurs. Ces idées font naître en chaque enfant un petit membre de l’Etat islamique. Chacun d’entre nous, musulmans et arabes, est prêt à rejoindre l’EI, en raison de ces idées enseignées dans ces programmes scolaires.

Tareq Abou Al-Saad : Les sociétés arabes et islamiques, la religion officielle pratiquée, une religion que les pères transmettent à leur progéniture, et qui est soutenue par les institutions officielles… Tout ceci prépare la société à continuer…

Journaliste : Intentionnellement ou par inadvertance…

Tareq Abou Al-Saad : Il faudrait demander à ces [institutions] si c’est, ou non, intentionnel. Je parle d’un point de vue scientifique et pratique. Ces gens préparent l’individu à accepter ces idées sans réserve. Si vous demandez à l’homme de la rue, si vous menez une simple enquête, en Palestine, en Egypte, en Tunisie, au Soudan, en Mauritanie… Si vous leur demandez ce qu’ils pensent de la restauration du califat, ils diront : « Je la souhaite… » Demandez-leur ce qu’ils pensent de la perspective d’être gouvernés par l’islam, et ils diront : « Je le shouhaite. »

La raison en est qu’ils ont simplifié ces notions, ont créé une nostalgie des temps anciens de l’islam. Les institutions islamiques officielles ont pavé la voie à cela. Une fois que les institutions officielles islamiques ont créé ce terrain fertile, les semeurs sont apparus… L’Egypte étant un pays agricole, je parle d’une opération d’ensemencement. Les institutions d’Etat officielles ont labouré la terre et l’ont préparée. Puis sont venus ceux qui ont semé ces graines idéologiques. Il y a aussi ceux qui cultivent ces semences, comme les Frères musulmans. Ce sont les salafistes et leurs prédicateurs qui ont planté ces graines et généré ces notions.

Journaliste : Ainsi que les pays qui le font dans un objectif politique et religieux…

Tareq Abou Al-Saad : Et c’est l’Etat islamique qui effectue la récolte. Certains ne vont pas jusqu’au bout du processus. Il y a des personnes qui ont été endoctrinées de cette manière mais qui n’ont pas fini dans l’Etat islamique ; toutefois elles en préparent d’autres [à finir de cette façon]. S’ils ne peuvent eux-mêmes rejoindre l’EI, ils préparent d’autres personnes à le faire. On pourrait développer plus amplement le sujet, mais l’essentiel est là : les anciennes idées islamiques traditionnelles doivent être épurées de tout cela.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 05:20

L’humoriste gazaouï Adel Mashoukhi proteste contre le Hamas sur fond de panne d’électricité

 

L’humoriste gazaouï Adel Mashoukhi a été arrêté après avoir mis en scène une manifestation spontanée contre le Hamas, alors même que sévit une crise de l’électricité à Gaza. Qualifiant le Hamas de « souverain opprimant », il a affirmé : « Je veux devenir un martyr à cause du Hamas. » Pas de travail, pas de nourriture, pas d’eau potable, et des postes-frontières fermés, a-t-il déploré, mais « pas d’électricité, c’est trop ! » A la fin de la vidéo, Mashoukhi scande « Nous voulons de l’électricité ! » Peu de temps après avoir posté le clip sur sa page Facebook, il a été arrêté par les autorités du Hamas. Mashoukhi compte 80 000 abonnés sur Facebook et, en 36 heures, son clip a obtenu plus de 260 000 vues. Extraits :

Adel Mashoukhi : La plus belle chose au monde est de dire à un souverain opprimant la vérité en face. Je dis au souverain opprimant la vérité en face. Je veux devenir un martyr. Il n’y a pas de travail, les postes-frontières sont fermés, il n’y a pas de nourriture, pas d’eau potable… Maintenant plus d’électricité ? L’électricité, c’est notre limite ! Assez, le Hamas ! Assez ! Nous voulons de l’électricité, de l’électricité, de l’électricité, de l’électricité !

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 05:19

L’actrice marocaine Loubna Abidar : « Nous, Arabes et musulmans, redoutons la vérité sur nous-mêmes ; nous refusons de nous regarder dans le miroir »

 

L’actrice marocaine Loubna Abidar a évoqué les problèmes qu’elle rencontre après avoir joué une prostituée dans le film « Much Loved ». Abidar a déclaré qu’après la sortie du film en 2015, son nom de famille était utilisé à la place du terme « pute » dans la société marocaine. S’exprimant sur France24 en arabe le 30 décembre 2016, elle a abordé les problèmes des femmes et l’hypocrisie sociale dans le monde arabe. Abidar a reçu des menaces de mort suite à son rôle dans le film, interdit au Maroc, pays qu’elle a quitté pour la France après avoir été attaquée à Casablanca en novembre 2015. Extraits :

Loubna Abidar : Depuis plus de deux ans, je souffre de l’étiquette de « pute » qui m’a été collée. Je n’ai fait que jouer le rôle d’une pute [dans le film Much Loved] et de bien le jouer. C’est tout. Je ne suis pas réellement une prostituée. De manière générale, les médias marocains confondent mon rôle dans ce film avec la réalité. Ils ont oublié que j’étais une actrice avant ce film, et que j’ai joué d’autres rôles à la télévision, au cinéma et au théâtre. Mais le mot « pute »… Jusqu’à ce jour, au Maroc, lorsque quelqu’un veut insulter l’autre, il le traite d’« Abidar ».

Journaliste : Pourquoi rencontrez-vous tant d’inimitié ?

Loubna Abidar : Parce que je suis une femme courageuse, et que le script du film était très fort. Il montrait la vérité, et nous, Arabes et musulmans en général, redoutons la vérité sur nous-mêmes. Nous refusons de nous regarder dans le miroir. […]

Journaliste : Vous traitez souvent des sujets comme le harcèlement sexuel, le viol et [la condition des] prostituées. Pourquoi ? Est-ce le résultat de votre propre expérience ou de ce dont vous avez témoigné dans la société marocaine ?

Loubna Abidar : Il suffit d’être une musulmane issue d’une famille pauvre. J’ai vécu pendant seize ans dans un quartier pauvre de Marrakech, et je savais qu’un jour, je devrais parler des femmes et de leurs difficultés, de l’hypocrisie sociale dans le monde arabe, et du problème que l’islam a avec les femmes. J’ai constaté ces choses dans ma famille, avec ma mère et mon père, et tout autour de moi. Lorsque j’ai eu l’occasion de devenir célèbre, j’ai décidé d’utiliser ma notoriété à mon profit et à celui des autres femmes, qui ne sont même pas conscientes de leurs droits.

Journaliste : Alors aujourd’hui, les femmes sont votre cause ?

Loubna Abidar : Oui, les femmes.

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 02:51

Saeb Erekat, secrétaire du Comité exécutif de l’OLP : Le phénomène Trump s’est déjà produit en Europe dans les années 1920

Selon le secrétaire du Comité exécutif de l’OLP, Saeb Erekat, la montée de « l’extrémisme de droite » incarné par le président américain élu Donald Trump rappelle l’Europe des années 1920 et gagnera aussi la France, l’Allemagne, l’Autriche, et d’autres pays. Il s’exprimait sur Palestine TV le 9 janvier 2017. Extraits :

Saeb Erekat : Trump [fait partie] des néoconservateurs extrémistes. Il incarne un phénomène qui s’est manifesté en Europe dans les années 1920, un phénomène d’extrémisme de droite, qui crée toujours des ennemis et se base sur le choc des civilisations. Je suis convaincu que ce phénomène se manifestera [encore] aux élections en France, en Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne et ailleurs.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 12:46

La jeunesse arabe dans une région violente à une époque turbulente

En 2015, l’ONU a adopté l’ « Agenda 2020 pour un développement durable » visant à « construire un avenir plus pacifique, prospère, durable et inclusif ». Selon l’Agenda, les jeunes femmes et hommes « sont des agents essentiels du changement et sont essentiels à la réalisation du développement durable ».

Le rapport analysé, le sixième d’une série sur le développement arabe émise par le Programme des Nations unies pour le développement, a été publié le 29 novembre 2016 à l’Université américaine de Beyrouth.

Le Printemps arabe et ses conséquences

Lors de la présentation du rapport, un responsable du PNUD a souligné que sa publication intervient cinq ans après les événements de 2011, qualifiés alors de façon plutôt optimiste de « Printemps arabe ». La contribution de la jeunesse aux événements prometteurs de 2011 a été considérée par certains comme « le faible espoir d’une renaissance », alors que d’autres la percevaient comme « une influence séditieuse entraînant la région dans le chaos et mettant en péril son avenir ». Le rapport offre une analyse exhaustive et détaillée des défis auxquels les jeunes sont confrontés en termes de processus de développement humain et vise à « ramener ces jeunes au centre, aux niveaux politique, économique et social »…

Malheureusement, en examinant le rapport, nous constatons que les critiques du Printemps arabe étaient plus réalistes dans leur évaluation des événements de 2011 que les optimistes résolus. En effet, les jeunes Arabes demeurent aujourd’hui dans la précarité, ils sont politiquement marginalisés et sans voix [politique], défavorisés sur le plan financier, et socialement exposés à la radicalisation et à la violence. Leur existence est fragile et précaire.

Vue d’ensemble de la société arabe

Le rapport souligne que, au cours de la dernière décennie, la région a connu « l’augmentation la plus rapide de guerres et de conflits violents » par rapport aux autres régions du monde. Le monde arabe a également « la particularité douteuse » de renfermer le plus grand nombre d’États en faillite, affichant un haut taux de « fragilités et d’échecs », et étant la source du plus grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées. Si le rapport n’évalue pas le taux des conflits dans la région, il prédit que le nombre de gens vivant dans des zones de conflit passera de 250 millions en 2010 à plus de 305 millions en 2020.

La figure 8.5 (annexe du rapport) montre que le monde arabe abrite 5 % de la population mondiale, mais qu’il a subi 45 % des attentats mondiaux et 68,5 % des décès liés aux conflits en 2014.

La structure démographique

Sur le plan démographique, la société arabe est jeune. [1] Les jeunes âgés de 15 à 29 ans représentent environ 30 % de la population, soit environ 105 millions de personnes. Le problème majeur des jeunes est qu’ils appartiennent à une société qui, en termes d’indice de développement humain, est à la traîne ; en 2050, la société arabe dépassera uniquement l’Afrique subsaharienne.

Un modèle économique défaillant

Les pays arabes ont suivi un modèle économique dépendant de « formes inefficaces d’intervention et de redistribution qui, pour leur financement, reposent fortement sur les recettes extérieures, y compris l’aide, les envois de fonds et les revenus des recettes pétrolières ». Contrairement à la croissance rapide des pays de l’Asie de l’Est, largement dépendants du secteur manufacturier comme vecteur de création d’emplois, les économies arabes ont enregistré une croissance faible, sinon négative.

Dans la plupart des pays arabes, le secteur public est le secteur économique dominant et a souvent perturbé, voire entravé, la croissance du secteur privé ou « forgé des alliances non compétitives et monopolistiques ». Le rapport cite également d’autres entraves au développement du secteur privé : des politiques économiques erronées, un manque de crédit, une bureaucratie lourde, un accès limité aux marchés extérieurs, des restrictions à l’exportation et des processus douaniers inefficaces. Ces facteurs « ont engendré un secteur privé anémique qui ne crée pas un nombre suffisant d’emplois ». Pour maintenir leur légitimité sans recourir au scrutin, les États arabes ont utilisé l’aide ou, dans le cas des pays producteurs de pétrole, les revenus pétroliers, pour allouer des fonds par divers moyens et méthodes à des groupes et à des individus et les empêcher d’imploser. En conséquence, les revenus et la richesse ne proviennent pas du « travail, de l’innovation et de la prise de risques ». Au contraire, ils proviennent de la générosité publique, qui encourage le favoritisme, la corruption et la dépendance envers le donneur.

La jeunesse arabe d’aujourd’hui

Un taux de chômage élevé caractérise la situation difficile des jeunes dans le monde arabe. Selon le rapport du PNUD, depuis le début des années 1990, le taux de chômage chez les jeunes Arabes était près de deux fois supérieur à celui des autres régions du monde. L’Organisation internationale du Travail estime que le chômage des jeunes continuera d’augmenter, atteignant 29,1 en 2019. Par conséquent, le chômage chez les jeunes demandeurs d’emploi « se mesure en années et non en mois ». Chez les femmes arabes, le taux de chômage est le plus élevé au monde, presque deux fois plus élevé que celui des hommes arabes, soit 48 % contre 23 %. Le chômage est paticulièrement problématique en raison de l’absence de tout mécanisme de protection sociale susceptible d’aider les jeunes au moment critique où ils veulent s’intégrer dans le tissu économique de leurs pays respectifs.

Les chiffres du chômage sont souvent trompeurs, car les taux réels sont généralement plus élevés. Le rapport du PNUD reconnaît que l’emploi chez les jeunes est « souvent précaire ». Beaucoup de nouveaux travailleurs occupent des emplois précaires à bas salaires dans le secteur non officiel [emplois occasionnels, emplois non rémunérés (aide à la famille) et agriculture de subsistance].

La création d’emplois demeure l’un des principaux défis des gouvernements arabes. La main-d’œuvre croissant en fonction du taux élevé de natalité, le rapport annonce la nécessité de créer 60 millions de nouveaux emplois au cours de la prochaine décennie pour absorber le grand nombre de travailleurs entrants. C’est un projet ambitieux selon toute mesure.

La migration comme voie de sortie

Déçus des choix restreints, les jeunes, comme le signale le rapport, « cherchent d’autres horizons pour respirer ». Pour les nombreux jeunes, notamment ceux qui sont qualifiés ou hautement qualifiés, qui n’ont pas eu la chance de trouver un emploi dans leur pays ou qui ont compris que les perspectives de croissance professionnelle étaient limitées, sinon inexistantes, l’émigration est devenue une planche de salut. L’Égypte, le plus grand pays arabe, est également la principale origine de migration vers l’étranger. Entre 2010 et 2014, 5,41 millions d’Égyptiens ont quitté leur pays. Le nombre total d’émigrés arabes dans ce même laps de temps est estimé à 22 millions.

Selon le rapport, au cours des années 2000, les pays arabes « avaient les taux les plus élevés au monde d’émigration qualifiée ». Par exemple, en 2010, 62 % des migrants jordaniens vers l’étranger étaient des diplômés universitaires. Le taux des Tunisiens âgés de 15 à 29 ans disposés à émigrer est passé de 22 % en 1995 à 76 % en 2005. Pour de nombreux régimes autoritaires, l’émigration de jeunes hommes (et de femmes, dans une moindre mesure) mécontents réduit les risques d’implosion sociale et politique.

La perte de capital humain dans les pays arabes est considérable. Toutefois, l’émigration des Arabes qualifiés présente un avantage significatif : les versements qu’ils envoient chez eux s’ajoutent au PIB. En 2012, les versements des pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) à certains pays arabes se sont élevés à 17,34 milliards de dollars, soit environ 50 % du total des envois de fonds du CCG. Trois pays, l’Égypte, le Liban et la Jordanie, reçoivent la part du lion de ces envois de fonds, s’élevant respectivement à 20 515 dollars, 7 472 dollars et 3 643 millions de dollars pour un total de 31 630 millions de dollars, soit 89,9 % des envois de fonds. En 2013, les envois de fonds des migrants arabes s’ajoutant au PIB ont été les plus élevés au Liban (17,7 %), suivis de la Palestine (14 %), de l’Egypte et du Maroc, avec chacun 6,6 %.

Le défi d’une radicalisation violente

Des données d’enquêtes indiquent que la religion joue un rôle majeur dans la vie des citoyens des pays arabes, y compris des jeunes. Les chiffres de 2014 indiquent que 96 à 99 % des sondés en Egypte, au Maroc, en Tunisie et au Yémen affirment que la religion joue un rôle important dans leur vie. Dans la Syrie laïque, seulement 75 %. Le Printemps arabe de 2011 a provoqué l’effondrement de plusieurs régimes arabes, créant un vide politique propice aux partis islamiques. L’attrait de l’islam politique comme valeur transcendantale, souligne le rapport, n’est pas sans rappeler le marxisme classique, « offrant une évasion de la réalité oppressive vers un monde d’espoir ».

La montée des mouvements politiques islamistes a soulevé un débat sur des questions sociales fondamentales : les relations entre la religion et la politique ; le lien entre les forces religieuses et civiles ; et, surtout, la capacité des partis politiques islamiques à gouverner efficacement.

L’absence de voix ou de perspective de participation au processus politique, aggravée par un sentiment général d’exclusion, a incité la jeunesse arabe à se tourner vers la radicalisation. Le rapport du PNUD décrit la radicalisation comme « un processus par lequel un individu ou un groupe adopte des idées ou des aspirations de plus en plus politiques, sociales ou religieuses, qui rejettent ou minent le statu quo… » De nombreux facteurs mènent à la radicalisation, les plus importants étant liés à la démographie et à l’urbanisation. Sur le plan démographique, les taux de croissance de la population arabe ces 50 dernières années figuraient parmi les plus élevés au monde, en raison de la fécondité élevée et de la baisse de la mortalité infantile. Par conséquent, le nombre de jeunes à recruter est considérable. Ces jeunes sont concentrés dans les zones urbaines, dans des logements insalubres et un environnement souvent difficile, offrant un terrain fertile au recrutement et à la radicalisation.

Le rapport souligne que, malgré la montée des groupes islamiques radicaux, les opinions des jeunes sont « diverses et dynamiques ». Les facteurs de 2011 sont éloignés des considérations idéologiques passées et peuvent « inaugurer une nouvelle ère culturelle dans la région », bien que les auteurs du rapport n’aient pas spéculé sur l’évolution et la direction de cette nouvelle ère. Dans l’intervalle, les gouvernements arabes ont, au cours des quatre dernières décennies, utilisé divers instruments de répression pour garantir le « quiétisme et l’obéissance au sein des populations ». Parmi ces instruments, on peut citer « les autocrates, les patriarches, les mosquées, les écoles, les médias et les moukhabarat (agences de renseignements)… » Le taux de chômage élevé et l’évaporation des perspectives de réformes authentiques servent les instruments d’oppression. Sans surprise, l’indice de satisfaction de la vie dans les pays arabes est de 15 degrés inférieur à celui des autres pays de niveaux de développement similaires.

Questions de santé

Le rapport consacre un important chapitre aux questions de la santé, à partir du simple postulat que « le bien-être des jeunes est généralement un indicateur du futur bien-être des adultes ». Le rapport dénonce l’absence ou la pénurie de données de mesure de l’état de santé, les risques pour la santé et les facteurs de protection chez les 15-29 ans. Il énumère toutefois une série de problèmes qui empêchent la prestation de services efficaces aux jeunes, comme des ressources limitées et une infrastructure médicale médiocre. Les services de soins dentaires et de santé mentale sont exclus du panier de santé. Le taux de mortalité au sein de ce jeune groupe reste relativement élevé en raison de maladies diarrhéiques, d’infections des voies respiratoires inférieures, de maladies cardiovasculaires et circulatoires, de troubles mentaux et du comportement, de traumatismes liés aux transports et de la tuberculose.

Les conflits prolongés ont également affecté les normes et les services de santé, de nombreux hôpitaux et cliniques ayant été détruits ou pillés. De nombreux médecins n’ayant pu s’échapper ont été tués, souvent délibérément. L’un des résultats les plus fascinants, mais inquiétants, des conflits est peut-être la constatation que les enfants nés dans les régions irakiennes touchées par des niveaux de violence élevés mesurent 0,8 cm de moins que ceux nés dans des zones de faible violence. Les violents conflits causent des dommages considérables à l’infrastructure de base, comme la dégradation des systèmes hydrauliques, de transport et d’assainissement et la destruction des installations de santé publiques. Le phénomène le plus important est le détournement des ressources, de la santé publique vers l’armement.

Conflits et éducation

Les conflits prolongés dans de nombreux pays arabes ont eu de graves répercussions sur les étudiants, les enseignants et les écoles. Au Yémen, qui connaît l’une des plus grandes crises humanitaires au monde, 1,8 million d’enfants en âge d’être scolarisés n’ont plus accès à l’école, et plus de 3 500 écoles, soit le quart de toutes les écoles, ont été fermées. Il en résulte, selon le rapport, que près de 3 millions des enfants en âge d’être scolarisés au Yémen, soit 47 %, sont privés d’éducation. En Libye, un pays où règne le chaos, des combats intensifs ont entraîné une interruption prolongée du système éducatif et les infrastructures scolaires ont été endommagées. Dans certaines parties du pays, les écoles sont utilisées pour accueillir les personnes déplacées à l’intérieur du pays.

En Syrie, la situation est indescriptible, plus de 10 millions de Syriens vivant dans des camps de réfugiés ou étant déplacés à l’intérieur du pays. Avant la guerre civile, la Syrie avait atteint un taux net de scolarisation de 93,1 % dans l’enseignement primaire. Suite à la guerre civile, de larges segments de la population syrienne sont destinés à devenir analphabètes. Selon le rapport, les déplacements à long terme « créent des générations qui n’ont pas accès à une éducation de qualité et reproduisent et aggravent les effets négatifs des déplacements forcés ». La situation nuit particulièrement à l’éducation dans les régions où l’État islamique (EI) a introduit une éducation d’orientation salafiste, fondée sur la charia islamique, qui exclut délibérément les femmes des écoles.

Le rapport souligne que si les jeunes d’aujourd’hui sont plus instruits, urbanisés et connectés que leurs aînés, ils ont moins de possibilités d’exploiter leurs compétences. Ils se trouvent privée de perspectives sérieuses d’emplois et de revenus, de sorte que « la présence d’une population jeune, nombreuse et dynamique façonne également le paysage sécuritaire de la région ». Des enquêtes indiquent que les jeunes populations sont plus enclines à s’engager dans des conflits et plus susceptibles de rejoindre des organisations radicales que les adultes.

Les actes de terrorisme

Il a été établi que les attentats du 11 septembre 2001, et la plupart de ceux qui ont suivi dans les principales capitales et villes d’Europe, ont été perpétrés par de jeunes musulmans (parfois des femmes). Pourtant, le rapport révèle des chiffres stupéfiants sur les attentats dans les pays arabes. Ainsi, entre 1970 et 2014, l’image est celle de violences et de pertes. Sur 141 966 attentats, 31 699 – 22,3 % – ont été perpétrés dans les pays arabes, causant la mort de 89 102 personnes, soit 28,7 % du nombre total de tués et 147 117, soit 37,15 %, du nombre total de blessés. Selon le rapport, en 2014 seul, le Moyen-Orient représentait près de 45 % de tous les attentats dans le monde. Ces attaques ont coûté la vie à 21 000 personnes.

Conclusion

La jeunesse arabe d’aujourd’hui se trouve dans un état que l’on peut qualifier d’anomie,une condition dans laquelle la société fournit peu d’orientation morale à l’individu. « Anomie » signifie la perte des croyances politiques et morales. Sans repères auxquels s’accrocher, l’individu succombe à un mal-être, à un sentiment d’inanité et d’abattement. C’est la rupture entre l’individu et la communauté, qui entraîne la fragmentation de l’identité sociale et le rejet des valeurs traditionnelles. Sous sa forme la plus grave, ce malaise conduit à des actes aussi désespérés que la violence et le terrorisme.

L’attrait de l’islam politique comme valeur transcendantale n’est pas différent du marxisme, en ce sens qu’il donne l’espoir d’échapper à une réalité opprimante. Mais c’est précisément l’islam politique qui a servi de terreau fertile à un endoctrinement dans la violence et l’extrémisme.

Avec l’avènement d’une technologie de mutation rapide, le train de l’histoire s’envole, laissant derrière lui des millions de jeunes Arabes dans un état d’impuissance et de désespoir et favorisant l’apparition d’États en faillite et de structures sociales précaires.

L’avenir semble sombre, et les perspectives de changement une simple lueur à l’horizon.

* Dr Nimrod Raphaeli est analyste principal (émérite) à MEMRI.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Pour les besoins statistiques, les Nations unies définissent les jeunes comme étant âgés de 15 à 24 ans. Le rapport examiné utilise un classement différent. L’Initiative des jeunes du Moyen-Orient définit les jeunes comme ayant entre 15 et 29 ans. Cet éventail a été adopté pour refléter les transitions prolongées vers l’âge adulte auxquelles sont confrontés de nombreux habitants de la région.

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 12:43

Des activistes et universitaires iraniens présentent leurs excuses pour la politique de l’Iran en Syrie

Le 31 décembre 2016, un groupe de 299 étudiants, d’activistes politiques et de journalistes iraniens, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ont publié un communiqué présentant leurs excuses au peuple syrien pour le rôle du régime iranien dans les massacres perpétrés à son encontre, soulignant leur condamnation et leur rejet du rôle joué par l’Iran dans les combats contre le peuple syrien. Le peuple iranien, affirment-ils, n’a aucune part dans ces événements.

Il convient d’observer que la plupart des signataires sont des universitaires et des activistes résidant en Iran. L’un des plus connus est le dissident Ahmad Batebi, qui vit aux Etats-Unis depuis 2008. Batebi a fui l’Iran en 2005, après avoir été emprisonné et condamné à mort suite à la publication d’une photo de lui, prise lors des manifestations estudiantines de 1999, le montrant en train de brandir le T-shirt ensanglanté d’un autre étudiant, en une du magazine The Economist.[1] Parmi les autres signataires figurent l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères, diplomate et professeur iranien Abbas Maleki ; le journaliste et activiste politique Behzad Mehrani, qui a fui l’Iran, et le poète et écrivain Mohammed Reza Shafaei. MEMRI détient les noms de tous les 299 signataires.

On trouvera ci-dessous la traduction du communiqué :

Au nom du Dieu de l’âme et de l’esprit,

Nous soussignés, exprimons notre honte des blessures qui ont été infligées au peuple syrien au cours des dernières années. Cela fait plusieurs années à présent que des gouvernements, en Orient et en Occident, assoiffés d’expansion, attaquent et oppriment le peuple syrien. Nous nous sentons obligés de nous distancier du rôle que notre gouvernement joue dans cette guerre, imposée au peuple syrien. Le peuple iranien n’a pas, et n’a jamais eu, la moindre part dans la détermination de la politique du gouvernement iranien envers la Syrie.

Les soussignés condamnent avec virulence les positions officielles du gouvernement iranien sur la Syrie, en raison du rôle qu’il assume dans ce fléau mondial, et nous voulons présenter haut et fort nos excuses au peuple syrien qui souffre et qui est dans l’épreuve. [2]

Lien vers l’article en anglais

Notes :

[1] Nytimes.com, 13 juillet 2008.

[2] Tribunezamaneh.com, 31 décembre 2016.

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 16:36

Sermon du vendredi à Ramallah du conseiller d’Abbas Mahmoud Al-Habbash : Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem reviendrait à déclarer la guerre à tous les musulmans

Dans son sermon du vendredi 6 janvier 2017, le chef des affaires religieuses de l’Autorité palestinienne, Cheikh Mahmoud Al-Habbash, a déclaré que si la nouvelle administration américaine mettait à exécution le projet de Donald Trump de déménager l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem, ce serait une « déclaration de guerre à tous les musulmans ». Al-Habbash, conseiller du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, attaché aux affaires religieuses et islamiques, a qualifié cette démarche de « niveau d’insouciance politique inédit » et déclaré que le monde entier serait en danger si l’Amérique prenait une telle mesure, qui « ouvrirait à tous les portes de l’Enfer ». De hauts responsables de l’AP, dont Abbas, assistaient au sermon, prononcé à Ramallah. Il a été mis en ligne sur le compte YouTube du bureau du chef des affaires religieuses de l’AP. Extraits : 

Mahmoud Al-Habbash : Mes frères, les croyants, nous avons entendu quelque chose sur notre Jérusalem, notre capitale, la capitale des cœurs, la capitale des esprits, la capitale des sentiments, la capitale de la politique, la capitale de notre patrie et la capitale de notre existence. Nous avons entendu une information que nous espérons inexacte : la nouvelle administration américaine aurait décidé de transférer son ambassade à Jérusalem. Simplement, calmement et logiquement – et en termes clairs qui ne prêtent ni à interprétation ni à confusion – nous disons qu’une telle mesure constituerait, pour tous les musulmans, une déclaration de guerre contre tous les musulmans. Ce serait une déclaration de guerre contre tous les musulmans.

Nous ne sommes pas, et nous ne voulons pas être en situation d’hostilité avec qui que ce soit. Nous n’avons aucun sentiment d’hostilité mutuelle avec les États-Unis, et nous ne voulons pas d’une telle hostilité. Mais lorsqu’il est question de notre foi et de notre existence, nous ne pouvons accepter cela, en aucune circonstance. Cela ne se passera jamais en silence. Le monde islamique dans son intégralité le refusera, ainsi que l’ensemble du monde chrétien. La Jérusalem occupée est notre capitale éternelle. C’est la capitale de notre existence et de notre Etat. En politique, il peut y avoir des compromis. En effet, les compromis sont acceptables en politique. En politique, les négociations sont acceptables, mais la religion, les croyances, les valeurs morales et l’histoire ne tolèrent pas de compromis. Par conséquent, Jérusalem ne doit être soumise à aucun compromis ou règlement. […]

Nous espérons que ce que nous avons entendu n’est pas vrai, car dans ce cas, tout pourrait s’effondrer. Tout pourrait s’effondrer, si Jérusalem était violée. […]

Cela pourrait ouvrir grand la porte à des scénarios qui ne sont souhaitables pour personne. Souhaitables pour personne ! De toute évidence, nous ne proférons pas de menaces, mais nous tirons la sonnette d’alarme. N’ouvrez pas les portes de l’Enfer sur tout le monde. […]

La paix sera menacée si l’Amérique, ou qui que ce soit d’autre, prend une telle mesure. La paix dans son ensemble sera menacée. La région – non, le monde – sera en danger. Nous espérons que le monde ne sera pas menacé. Nous espérons que la paix ne sera pas menacée. Nous sommes une nation qui croit en la paix. […]

Nous appelons toutes les personnes raisonnables en ce monde à se considérer comme averties et à mettre en gardre les autres contre une telle mesure. Une telle mesure atteint un niveau d’imprudence politique inédit.

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 04:00

Le député et animateur de télévision égyptien Saïd Hassassin : L’auteur de l’attentat au camion bélier à Jérusalem est un héros

Après l’attentat du 8 janvier 2017 à Jérusalem, au cours duquel quatre soldats ont été tués, le député et animateur de télévision égyptien, Saïd Hassassin, a félicité son auteur, Fadi Kanbar, affirmant : « Par Allah, vous êtes le meilleur ! » Lors de son émission sur la chaîne Al-Assema, il s’est exclamé : « Par Allah, c’est un héros. » Extraits :

Saïd Hassassin : Notre prochain sujet est l’incident [au camion bélier] qui s’est déroulé ce matin, dans lequel quatre soldats israéliens ont été tués et 18 autres blessés. C’était une opération au véhicule [bélier] dans la colonie d’Armon Hanatsiv, à Jabel Mukaber, à Jérusalem occupée. Cette opération au véhicule [bélier] s’est produite alors que des soldats attendaient leur bus. Tout d’un coup, un camion lancé à toute allure est apparu et a renversé des dizaines d’entre eux. […]. [L’assaillant] avait séjourné dans une prison [israélienne]. Il en est sorti, a pris son camion et les a écrasés, tuant quatre d’entre eux.

Par Allah, Fadi, vous êtes le meilleur ! Que la miséricorde d’Allah soit sur vous. Après qu’ils l’aient torturé en prison, il est sorti et a pris sa revanche. C’est un héros. Par Dieu, c’est un héros.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 16:56

AQMI diffuse une nouvelle vidéo de l’otage suisse Béatrice Stockly

 

Le 10 janvier 2017, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a mis en ligne une vidéo dans laquelle l’otage suisse Béatrice Stockly envoie un message à sa famille et au gouvernement suisse.

Béatrice Stockly a été enlevée à Tombouctou, au Mali, en janvier 2016. La vidéo indique qu’elle est détenue par AQMI depuis 365 jours.

Dans cette vidéo, l’otage prononce un bref message en français, précisant la date de son enregistrement, le 31 décembre 2016. Elle affirme avoir été enlevée par AQMI à Tombouctou et être en bonne santé. Elle salue sa mère, ses frères et sœurs, et informe sa mère qu’elle a bien reçu la photo et la lettre qui lui ont été envoyées. Beatrice remercie également le gouvernement suisse pour tous ses efforts.

La vidéo contient également d’anciens enregistrements des dirigeants d’Al-Qaïda Oussama ben Laden et Ayman Al-Zawahiri, menaçant la sécurité de leurs ennemis tant que les musulmans continueront de vivre dans l’insécurité.

Aucune réclamation n’est émise dans la vidéo.

La vidéo précédente montrant Béatrice Stockly avait été diffusée en juin 2016.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 16:55

Le Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi regrette l’ingérence iranienne en Syrie ; ce régime viole les droits des Arabes et des sunnites en Iran

 

La lauréate du Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi a présenté ses excuses au peuple syrien pour l’ingérence de l’Iran dans la guerre sur le sol syrien. Ebadi, avocate et militante des droits de l’Homme, a déclaré dans une interview accordée à Orient TV, affiliée à l’opposition syrienne, le 9 janvier 2017, que le régime iranien violait les droits des minorités ethniques en Iran, y compris des Arabes et des sunnites. Il n’y a pas une seule mosquée sunnite à Téhéran, a-t-elle affirmé. Selon elle, le Printemps arabe n’est pas mort et finira par l’emporter et renverser les dictatures. Extraits :

Shirin Ebadi : Je regrette que le régime iranien protège Bachar Al-Assad, un dictateur qui a perpétré des crimes contre l’humanité. Toutefois, j’aimerais rassurer le peuple syrien sur le fait que le peuple iranien s’oppose à cette ingérence dans les affaires régionales, y compris syriennes. […]

Bachar Al-Assad traite son propre peuple exactement comme le fait le régime iranien. Malheureusement, l’Iran est beaucoup intervenu dans cette guerre. Le peuple iranien n’est absolument pas d’accord avec la politique étrangère et intérieure de son gouvernement. Il s’oppose aux politiques de son gouvernement, qui enfreint les droits de l’Homme sans relâche. […]

Même les lois onusiennes interdisent toute ingérence étrangère dans les affaires des pays de la région, comme la Syrie et le Yémen. Lorsque les Etats-Unis interviennent dans les affaires intérieures iraniennes, ils sont critiqués par le gouvernement iranien, alors que ce même gouvernement s’ingère dans les affaires d’autres pays au Moyen-Orient.

Le gouvernement iranien essaie d’exclure graduellement les minorités raciales et ethniques, notamment leurs langues. J’aimerais parler de la condition de la communauté sunnite. A Téhéran, il n’y a pas une seule mosquée sunnite. Naturellement, c’est une violation des droits de l’Homme. L’Etat doit garantir le droit des citoyens à observer leurs religions, mais ce droit n’existe pas en Iran. Les Arabes en Iran souffrent de l’oppression et de l’exclusion de ce gouvernement injuste. […]

Le Printemps arabe fut un coup porté aux dictatures, et je ne pense pas que ce Printemps arabe ait été vaincu. C’est un voyage, qui pourra être court ou long, vers le renversement des dictatures. Ce parcours se poursuit. Je suis convaincue que le jour de la victoire des peuples viendra. Ces peuples pourront gérer eux-mêmes leurs affaires, chasser les dictatures, et réussir à établir la démocratie pour leurs pays et leurs populations. Ils n’oublieront pas d’être tolérants envers autrui. Lorsque j’ai visité le camp de réfugiés de Zaatari [en Jordanie], une femme syrienne m’a dit : « Si nous étions bons les uns envers les autres, cela ne serait jamais arrivé en Syrie. » Ses paroles m’ont profondément touchée. Ainsi, je vous dis : Prêtez attention et soyez tolérants les uns envers les autres, au nom de l’Etat démocratique [que vous voulez ériger] dans votre pays.

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Pimprenelle Pourprée

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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