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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 15:34

Le responsable du Fatah Jamal Muhaisen appelle à unir les forces palestiniennes contre Israël

 

Le membre du Comité central du Fatah Jamal Muhaisen a appelé à réorienter la « boussole » de la bataille contre Israël et à résister aux efforts américains et israéliens visant à créer des batailles périphériques dans le but de détourner la nation arabe de son combat contre Israël, « lequel souille l’islam et les lieux saints chrétiens et prend le contrôle de la terre ».

S’exprimant sur la chaîne télévisée officielle de l’Autorité palestinienne le 23 juillet 2017, Muhaisen a déclaré que c’était une occasion historique de changer le cours des événements au Moyen-Orient. « N’y a-t-il personne pour diriger les armées pour la mosquée Al-Aqsa ? », a-t-il demandé, ajoutant : « Les droits ne se mendient pas. Les droits s’obtiennent par la force. » Extraits :

Jamal Muhaisen : Le rôle principal du Fatah est [de mener] la bataille qui se déroule à Jérusalem autour de la mosquée Al-Aqsa, mais c’est la bataille de tous les Palestiniens… Et chaque Palestinien devrait être impliqué… J’appelle tous ceux qui se trouvent [dans la mêlée], et surtout le Fatah, à s’impliquer davantage. C’est une occasion historique de changer le cours des événements dans l’ensemble de la région. L’ennemi de la région, du peuple palestinien, et de la nation arabe et islamique est Israël et nul autre. Les Etats-Unis et Israël essaient de créer des fronts de bataille… Laissez-moi vous dire, notre ennemi n’est pas l’Iran. L’ennemi de la nation arabe et islamique n’est pas l’Iran. L’ennemi de la nation arabe est Israël. La boussole doit être orientée contre Israël. Quiconque suit les déclarations de Netanyahou et de tous les dirigeants israéliens [comprendra] qu’ils essaient de déclencher un conflit arabo-iranien, pour que les victimes se trouvent du côté islamique, et de semer la destruction auprès de toutes les forces arabes et islamiques et dans toute la région, pendant qu’Israël contemple [la scène] de côté.

Le combat nous oppose à Israël. Nous rechignons à confronter ceux qui ont occupé nos terres et détruit nos lieux saints, et tout ce que nous faisons, c’est dresser des plans. Je crois que si nous sommes unis dans le combat…

Journaliste : La bataille doit-elle [uniquement] être menée contre Israël en tant qu’ennemi, ou contre d’autres acteurs qui essaient d’interférer dans le problème palestinien ?

Jamal Muhaisen : Nous ne permettrons à aucun acteur – arabe ou non-arabe – de s’ingérer dans nos affaires internes ou dans toute affaire arabe interne. Mais permettez-moi simplement de répéter que l’ennemi numéro 1 du peuple palestinien et de la nation arabe et islamique est Israël. Les Etats-Unis et Israël essaient de créer des batailles secondaires pour la nation arabe, afin de la détourner de sa bataille première, qui l’oppose à Israël, lequel profane les lieux saints islamiques et chrétiens et prend le contrôle de la terre.

Ces armées, qui accumulent [des forces] depuis 50 ans, avec de l’argent arabe et au détriment de la subsistance des citoyens arabes… Toutes les capacités militaires de la nation arabe devraient être dirigées contre l’occupation, avec tout le respect dû aux [officiers] hauts-gradés. La principale bataille est la bataille pour Jérusalem, la bataille pour Al-Aqsa.

Allah a lié la Kaaba à la mosquée Al-Aqsa, lorsqu’Il y a emmené le Prophète de nuit et l’a propulsé aux cieux depuis Jérusalem. Jérusalem est la porte du Paradis. […]

La résurrection de Jésus s’est également produite depuis Jérusalem. Par conséquent, la nation arabe et islamique n’a d’autre option que de tourner la boussole de son conflit, et de la réorienter dans sa vraie direction – contre l’ennemi israélien, qui est perché sur notre terre depuis 70 ans, et qui occupe Al-Aqsa depuis 50 ans. Au temps du [caliphe] Mu’tasim, les armées se mobilisaient pour une seule femme ; n’y a-t-il personne pour diriger les armées pour la mosquée Al-Aqsa ? Devons-nous implorer le monde de servir de médiateur ? Les droits ne se mendient pas. Les droits s’obtiennent par la force.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 09:59

Camp d’été de la branche militaire du Hamas : des enfants miment une attaque de soldats israéliens entourant le complexe Al-Aqsa

 

Lors de la cérémonie de clôture d’un camp d’été à Gaza, des adolescents ont joué une scène d’attaque contre les dispositifs de sécurité israéliens placés autour de la mosquée Al-Aqsa, faisant mine de poignarder et de tuer des soldats israéliens et de « libérer » la mosquée.

La scène : Plusieurs dizaines de jeunes prient devant un « portique électronique » improvisé gardé par des « soldats israéliens » armés de fusils. Le groupe attaque les soldats avec des « pierres » en papier et, au milieu de l’attaque, le narrateur déclare qu’ « un martyr est tombé en menant une opération au couteau et en tuant l’un des porcs sionistes ». D’autres adolescents, habillés en militants des Brigades Izz Al-Din Al-Qassam, entrent dans la mêlée, « démolissent » les dispositifs de sécurité et « libèrent la mosquée Al-Aqsa de la souillure de l’occupation ». La séquence a été mise en ligne sur un site web palestinien le 19 juillet 2017. Extraits :

Fidèles : Nous voulons prier à la mosquée Al-Aqsa.

Soldats israéliens : Allez-vous en !

Fidèles : Nous ne partirons pas !

Soldats israéliens : Allez-vous en !

Fidèles : Nous ne partirons pas !

(Appel à la prière) : « Allah Akbar, Allah Akbar. Allah Akbar, Allah Akbar. »

Un fidèle : Honte à vous, musulmans ! Nous voulons libérer Al-Aqsa !

Voix-off : Oui, ô Arabes, nous voulons libérer Al-Aqsa !

Un fidèle (poignarde un soldat) : Allah Akbar !

Foule : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah Akbar !

Voix-off : Un martyr est tombé en menant une opération au couteau, tuant un des porcs sionistes. Allah Akbar ! Allah soit loué ! Un autre martyr est tombé. A présent, les groupes des Brigades Izz Al-Din Al-Qassam vont libérer la mosquée Al-Aqsa bénie.

Foule : Avec nos âmes et notre sang, nous te rachèterons, ô Al-Aqsa ! Avec nos âmes et notre sang, nous te rachèterons, ô Al-Aqsa ! Avec nos âmes et notre sang, nous te rachèterons, ô Al-Aqsa !

Voix-off : Un moudjahid place à présent une charge explosive sur le portique électronique. Les moudjahidines démolissent le portique électronique et toutes les barrières entourant la mosquée Al-Aqsa bénie. Les moudjahidines affrontent les porcs sionistes et les déciment. Ils libèrent la mosquée Al-Aqsa bénie. Je veux que tout le monde scande ensemble : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah soit loué !

Foule : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah soit loué !

Voix-off : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah soit loué !

Foule : Allah Akbar ! Allah Akbar ! Allah soit loué !…

Combattant des Brigades : Ô fils de notre peuple, nous menons le ribat [la garde] ! Ô notre nation arabe et islamique ! Ô notre peuple en Cisjordanie ! Ô prisonniers de la liberté et de l’honneur ! Nous, aux Brigades Izz Al-Din Al-Qassam, nous adressons à vous aujourd’hui : nous nous tenons à vos côtés dans la bataille de la « Promesse de l’Au-delà » – la bataille pour la libération de Jérusalem et de la Palestine dans sa totalité. C’est une bataille pour briser les chaînes et libérer la mosquée Al-Aqsa de la souillure de l’occupation.

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 17:11

Al-Aqsa : Israël supprime les mesures de sécurité ; Abbas et le Fatah appellent à poursuivre la révolte

 

Tout au long de la crise actuelle autour de la mosquée Al-Aqsa, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a maintenu un ton relativement modéré dans ses déclarations définissant la position de l’Autorité palestinienne. Pour lui, « Jérusalem [Est] est palestinienne » et l’objectif de la révolte n’est pas seulement de supprimer les mesures de sécurité dans le complexe de la mosquée Al-Aqsa, mais essentiellement de combattre pour la souveraineté et le contrôle de la région.

 

Abbas a loué la ténacité du peuple palestinien et lui a formulé son soutien, mais sans appeler à l’escalade. Toutefois, les déclarations de hauts responsables du Fatah donnent une autre image de la position de leur président. D’après leurs déclarations, Abbas aurait bien ordonné l’escalade des hostilités.

 

Suite à la suppression des mesures de sécurité, le 27 juillet 2017, Abbas a émis une directive, conforme aux recommendations de l’establishment religieux, annonçant la reprise des prières à Al-Aqsa, mais il s’est abstenu d’appeler au calme et a même déclaré que la lutte allait continuer. Le ministre palestinien des Affaires étrangères a pour sa part précisé que la lutte continuerait jusqu’à ce que la situation à Al-Aqsa revienne à ce qu’elle était avant 1967, c’est-à-dire avant la souveraineté israélienne à Jérusalem-Est. Des responsables palestiniens ont appelé la population à venir à la mosquée « cimenter leur succès ».

 

Des déclarations de l’AP de plus en plus véhémentes avant la suppression des mesures de sécurité

Comme indiqué, tout au long de la crise, Abbas a insisté sur la souveraineté palestinienne à Jérusalem. Dans une réunion du 25 juillet 2017 du Comité exécutif de l’OLP et du Comité central du Fatah à Ramallah, Abbas a déclaré : « Jérusalem est à nous. Elle est notre capitale et nous y sommes souverains. Tant que la situation dans la Jérusalem occupée ne reviendra pas à ce qu’elle était avant le 14 juillet, il n’y aura pas de changement [dans notre position]. »

Abbas a appelé Israël à supprimer toutes les mesures de sécurité introduites depuis cette date, en réitérant que « seulement alors, la situation reviendra à la normale dans la Jérusalem occupée ». Louant les habitants arabes de Jérusalem, il a ajouté : « Vous n’avez fait [que] défendre votre honneur, votre religion et vos lieux saints. C’était la véritable réponse à ceux qui souhaitent nuire à nos lieux saints et aux principes de notre foi. Nous vous avons soutenu dans ce que vous avez fait et faites [encore]. Nous avons décidé de suspendre la coordination sécuritaire et [cette décision] est toujours en vigueur. Nous [avons décidé de] défendre les lieux saints, et cela également est toujours en vigueur. Nous voulons [à présent] examiner tout ce qui s’est passé depuis le [14 juillet] jusqu’à ce jour, afin de décider de la suite. » [1]

Toutefois, cette brève déclaration ne reflète apparemment pas les décisions prises lors de la réunion. Un communiqué mis en ligne sur la page Facebook officielle du Fatah indiquait qu’une décision avait été prise lors de la réunion pour intensifier la lutte : « Après la réunion tenue ce soir pour discuter des développements concernant Al-Aqsa, le Comité central du Fatah a appelé les masses dans tous les territoires palestiniens à intensifier les [manifestations] populaires et à organiser des prières du vendredi sur toutes les places… » [2]

Un post en date du 26 juillet sur la page Facebook du Fatah appelait ouvertement à une escalade : « Suite à une réunion des groupes d’action nationaux et islamiques au bureau du vice-président du Fatah, Mahmoud Al-Aloul, en présence des membres du Comité du Fatah Jamal Muhaisen et Tawfiq Al -Tirawi, et suite à une réunion des secrétaires des branches du Fatah en Cisjordanie, les groupes d’action nationaux et islamiques en Palestine appellent à tenir des prières du vendredi sur les places publiques, à mobiliser l’ensemble [de la population] et à une escalade des manifestations contre l’occupation dans toute la Palestine pour soutenir Al-Aqsa. » [3]

Un communiqué du Fatah appelant à la « mobilisation générale », vendredi 28 juillet 2017, exhortait les Palestiniens à marcher vers les points de contrôle et à « intensifier l’action de résistance à l’occupation » (Facebook.com/soriffateh, 26 juillet 2017)

Le membre du Comité central du Fatah Abbas Zaki a déclaré, suite à la décision des dirigeants palestiniens de multiplier les manifestations : « Ce sont nous, les Palestiniens, qui devrions fouiller les Juifs aux entrées d’Al-Aqsa, et non l’inverse. » [4]

Une déclaration émise par le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne le 26 juillet 2017, suite à la suppression partielle des mesures de sécurité, adoptait un ton sévère : selon elle, depuis que le président Donald Trump est entré en fonction, le gouvernement israélien a intensifié ses agressions contre le peuple palestinien et ses droits. Et de demander si Netanyahou « continuera de diviser Al-Aqsa avant d’ériger sur son emplacement le faux temple [juif], ou adoptera une nouvelle tactique ». Le ministère a exhorté les Palestiniens à faire preuve de patience et de détermination : « Nous ne devons pas célébrer notre victoire dès la première tournée de cette campagne. Nous devons la considérer comme la première d’une série de tournées. Nous combattons [la décision d’Israël d’installer] des caméras infrarouges qui exposeraient les personnes au danger d’une radiation et violeraient également leur intimité… Nous devons prendre en considération que la bataille n’est pas encore terminée. Elle ne se terminera pas tant que l’occupation se poursuivra. » [5]

Un article du chroniqueur d’Al-Ayyam Tallal Okal indiquait également qu’Abbas avait décidé d’intensifier la révolte. On peut y lire : « Les dirigeants palestiniens ont élevé [leur] statut politique à un niveau sans précédent. Après avoir répété que l’AP avait suspendu ses contacts [avec Israël], y compris dans le cadre de la coordination sécuritaire, le président [Abbas] a ordonné d’intensifier la résistance populaire dans toutes les zones de friction [avec Israël], en sus des autres mesures, dont l’adhésion à 28 organismes internationales et l’appel à [la Cour pénale internationale de] La Haye. »

Okal soulignait : « Les Palestiniens ne peuvent accepter de demi-mesures. Ils doivent choisir entre noir et blanc. Soit Israël révoque toutes ses mesures, soit il y aura une confrontation totale. Si Israël est incapable de supprimer toutes les mesures imposées parce que cela reviendrait à admettre une grande défaite, intolérable à ses yeux, la situation dégénérera… »

Okal a prévenu qu’il n’y aurait pas de pardon pour les régimes arabes ou islamiques qui resteraient bras croisés, précisant : « Il n’est pas inconcevable que la pousuite et l’escalade du combat rendront encore plus instables certains trônes déjà oscillants… » [6]

Les membres du mouvement du Jihad islamique ont loué la position d’Abbas sur la crise. Khaled Al-Battash, de la direction politique du mouvement, a déclaré : « La position de nos hommes à Jérusalem reflète un consensus général entre le président de l’AP, le Hamas, le Fatah, le Jihad islamique et tous nos membres. Nous saluons les déclarations d’Abbas au sujet de Jérusalem. Ce sont des pas dans la bonne direction. C’est ce que nous aurions voulu entendre depuis de nombreuses années, et nous espérons qu’il continuera sur cette voie. » [7]

Un article du quotidien de l’AP fait l’éloge du village natal du terroriste de Halamish

 

Dans un article paru dans le quotidien Al-Hayat Al-Jadida, Bassam Barhoum fait l’éloge du village de Kobar, d’où est originaire Omar Al-Abed, l’homme qui a poignardé trois Israéliens à mort et en a blessé un autre dans leur maison de Halamish, le soir du 21 juillet. Sous le titre “Kobar établit sa gloire”, l’article affirme qu’Al-Abed a mené l’attentat “après avoir ressenti une grande colère” face à ce qui se passait à Jérusalem : “Le village de Kobar assoit aujourd’hui sa gloire grâce à sa fermeté, sa provocation et sa résistance contre [Israël]. Au cours de la semaine écoulée, Kobar n’a connu ni sommeil ni tranquillité, après que le jeune Omar Al-Abed eut ressenti une grande colère au vu de ce qui se passe à Al-Aqsa et à Jérusalem, et qu’il eut mené vendredi une opération dans la colonie de Halamish… Parmi les fils du village, on compte aussi Marwan Barghouti – membre du comité central du Fatah – ainsi que Fakhri et Nael Barghouti [terroristes libérés dans le cadre de l’échange contre Gilad Shalit], les plus anciens prisonniers, qui étaient détenus dans les prisons israéliennes depuis 34 ans, avec un autre prisonnier qui a été expulsé vers la bande de Gaza, Jasser Al-Barghouti. Dans les Intifadas du peuple palestinien contre l’occupation, 15 martyrs venaient du village de Kobar et des dizaines ont été blessés, et des centaines faits prisonniers… Kobar résiste à l’occupation ; il modèle aujourd’hui son ethos national particulier et écrit une page glorieuse de l’histoire du combat national palestinien…”[8]

 

‘Abbas, suite au retrait des mesures de sécurité : les prières à Al-Aqsa reprendront, mais l’histoire n’est pas finie

La renonciation par Israël aux mesures de sécurité, le soir du 27 juillet, a été perçue par les Palestiniens comme une victoire et une consolidation de la souveraineté palestinienne sur le complexe Al-Aqsa, où les drapeaux palestiniens ont été brandis. 

 

Le 28 juillet, en “Une” du quotidien de l’AP Al-Ayyam : « Les habitants triomphants de Jérusalem reviennent à Al-Aqsa en vainqueurs!”

Lors d’une réunion de la direction palestinienne convoquée après le retrait des mesures de sécurité le 27 juillet 2017, Abbas a fait l’éloge de la position palestinienne mais n’a pas appelé au calme. Il a déclaré : “Chrétiens et musulmans, nos premiers remerciements vont à Allah, et ensuite à [votre] position ferme et à votre ténacité pour défendre les Lieux saints afin que la vérité règne et que le mensonge soit éliminé”.

Il a souligné que “toutes les décisions, en particulier celles du gouvernement, continueront d’être appliquées comme auparavant, parce que ce qui nous importe est le soutien à notre peuple palestinien et son adhésion ferme à la terre, aux maisons, à la patrie et à Jérusalem… Au vu de ce qui se passe à Jérusalem, nous continuerons de débattre de nos positions futures. En d’autres termes, ce n’est pas encore fini. Lorsque nous avons décidé de suspendre la coordination sécuritaire, nous avons dit que cela était dû à plusieurs facteurs, et notamment à Al-Aqsa. Mais il y a d’autres facteurs que nous devons examiner, et cela déterminera notre décision”. Concernant la reprise des prières à Al-Aqsa, Abbas a affirmé qu’il appartenait aux dirigeants religieux de décider, souligant : “Aujourd’hui il n’y a pas grand chose à discuter. Pour l’heure, nous nous contenterons d’évoquer la prière qui se tiendra à Al-Aqsa aujourd’hui [27 juillet]. Plus tard, les dirigeants se réuniront et décideront des autres questions en attente… Il y en a plusieurs. Les choses resteront en l’état jusqu’à ce que nous décidions quoi faire”. Il a conclu : “Aujourd’hui la prière se tiendra à l’intérieur de la mosquée, et pour le reste nous procèderons petit à petit. L’affaire n’est pas encore terminée”.[9]

 

Le ministère palestinien des Affaires étrangères : Nous devons apprendre de ce combat, jusqu’au rétablissement du statu quo qui régnait à Al-Aqsa avant 1967

Le ministère des Affaires étrangères palestinien a appelé à tirer les leçons de ce combat dans les futures campagnes pour Jérusalem, “jusqu’à ce que le “statu quo légal historique qui s’appliquait à Al-Aqsa avant 1967 soit rétabli”. Sa déclaration décrit la situation actuelle comme “une véritable occasion, pouvant constituer le fondement de futurs succès pour Al-Aqsa et la Jérusalem-Est occupée” : « Nous devons apprendre de l’élan populaire, qui a été un grand cri de défiance à l’égard des autorités d’occupation… [Cet élan] doit être une source d’inspiration pour nous dans la prochaine phase de notre activité… et un modèle pour nos futures campagnes pour Jérusalem et les Lieux saints, et au premier plan Al-Aqsa bénie… Les Palestiniens doivent être sur leurs gardes et tirer les leçons [de ce qui est arrivé], afin de préserver les succès et d’en tirer parti, en vue de rétablir intégralement le statu quo légal historique qui était en vigueur à Al-Aqsa avant 1967”.[10]

 

Lors d’une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères arabes au Caire, le 27 juillet 2017, pour discuter de la crise d’Al-Aqsa, le ministre des Affaires étrangères palestinien Riyadh Al-Maliki a déclaré : “La campagne de Jérusalem a commencé, mais elle ne s’achèvera qu’avec le retrait de l’occupation israélienne. Pendant 50 ans, Israël a tenté d’imposer sa souveraineté à Jérusalem, mais hier la campagne d’Al-Quds a prouvé que ces efforts avaient échoué… La population de Jérusalem a déclaré : “Jérusalem et les Lieux saints sont à nous. [Jérusalem] est notre capitale… Grâce à leur loyauté et à leur ténacité sur le front, les habitants de Jérusalem ont réfuté les slogans mensongers composés par Israël et répétés au fil des ans, et la prétention mensongère selon laquelle la Jérusalem unifiée serait la capitale d’Israël, et ce qu’ils appellent le Mont du Temple serait sous contrôle israélien. La question est de savoir qui contrôle et qui est souverain à Al-Aqsa… Les habitants de Jérusalem continueront d’être en alerte, prêts à défendre les sites sacrés de l’islam et du christianisme… A partir de ce moment, les dirigeants, et Mahmoud Abbas en tête, ont pris des décisions et des mesures fermes répondant aux demandes du peuple palestinien qui se trouve sur les lignes de front à Jérusalem, et [aux demandes des] dirigeants spirituels du peuple…”[11]

 

Lors d’une conférence de presse après la réunion, Al-Maliki a déclaré qu’Israël serait responsable de toute escalade vendredi : “Nous tiendrons Israël pour responsable de toute escalade avant ou pendant la prière du vendredi. Nous tenterons de protéger les vies des habitants autant que possible, face à une telle escalade… »[12]

 

Le porte-parole du gouvernement palestinien Yousuf Al-Mahmoud a déclaré : “[Notre] entrée à Al-Aqsa aujourd’hui est un événement historique sans commune mesure, qui ouvre la voie à la libération et annonce certainement l’effondrement imminent de l’occupation israélienne. Le gouvernement félicite et apprécie les martyrs de notre peuple glorieux”. Il a encore ajouté : “la campagne pour Al-Aqsa est une campagne pour la souveraineté sur Jérusalem”. Il a appelé à unir les rangs afin “de poursuivre le combat, jusqu’à la fin de l’occupation et la réalisation du rêve de la création d’un Etat indépendant dans les frontières du 4 juin [1967] avec la Jérusalem arabe comme capitale. »[13]

 

Les appels à se rendre à Al-Aqsa se sont poursuivis même après le retrait des mesures de sécurité. Le ministre du Waqf de l’AP Yousuf Ida’is, a appelé les Palestiniens à se rendre en masse à la prière du vendredi et les jours suivants, afin de “consolider ce que le peuple de Jérusalem avait obtenu par la fermeté et la résistance populaire”. Il a encore ajouté que ces succès avaient démontré la capacité du peuple palestinien à “actualiser par la force son droit à la souveraineté sur Jérusalem en général et Al-Aqsa en particulier”, estimant qu’ils avaient prouvé que “les Lieux saints, et Al-Aqsa en premier, n’appartiennent à nul autre qu’aux musulmans”.[14]

 

Le Bureau des Fondations islamiques à ordonner la fermeture de toutes les mosquées de Jérusalem, à l’exception d’Al-Aqsa, le vendredi, et a demandé à tous les fidèles de se rendre à Al-Aqsa.[15] L’ancien mufti de Jérusalem Ikrama Sabri, qui prêche à Al-Aqsa, a expliqué que la prière du vendredi à Al-Aqsa devait devenir la “mobilisation générale des musulmans pour sauver Al-Aqsa. »[16] 

 

[1] Qudsn.ps, 25 juillet 2017.

[2] Facebook.com/officialfateh1965, 25 juillet 2017.

[3] Facebook.com/officialfateh1965, 26 juillet 2017.

[4] Samanews.ps, 26 juillet 2017.

[5] Al-Hayat Al-Jadida (AP), 27 juillet 2017.

[6] Al-Ayyam (AP), 27 juillet 2017.

[7] Palestinian TV, 25 juillet 2017.

[8] Al-Hayat Al-Jadida (AP), 27 juillet 2017.

[9] Al-Hayat Al-Jadida (AP), 28 juillet 2017.

[10] Facebook.com/wafagency, 27 juillet 2017.

[11] Facebook.com/wafagency, 27 juillet 2017.

[12] Wafa.ps, 27 juillet 2017.

[13] Wafa.ps, 27 juillet 2017.

[14] Wafa.ps, 27 juillet 2017.

[15] Al-Ayyam (AP), 28 juillet 2017.

[16] Masrawy.com, 27 juillet 2017.

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 17:05

MEMRI répond à la déclaration du centre islamique Davis suite à sa diffusion du sermon antisémite de l’imam Shahin de Californie

 

MEMRI a dernièrement mis en ligne la vidéo d’un sermon [1] de l’imam Ammar Shahin, prononcé le 21 juillet 2017 au Centre islamique Davis (ICD) à Davis, en Californie, dans lequel il priait Dieu, en arabe, de « libérer Al-Aqsa de la souillure des Juifs… Ô Allah, compte-les un à un et anéantis-les jusqu’au dernier. N’en épargne aucun. »

En réaction, l’ICD a publié un communiqué de presse indiquant : « MEMRI, une organisation aux desseins extrémistes qui soutient l’occupation israélienne des terres palestiniennes, et d’autres organisations de presse islamophobes, ont accusé l’imam Shahin d’antisémitisme, citant des passages de sermon modifiés, mal traduits et sortis de leur contexte » (Lire la déclaration complète en anglais ici).

Le 26 juillet, le sermon de l’imam Shahin faisait l’objet d’une condamnation des membres du congrès de Californie John Garamendi et Brad Sherman (voir Annexe I dans le rapport en anglais).

MEMRI a depuis traduit un autre sermon de l’imam Shahin donné au ICD, en date du 14 juillet [2], dans lequel il émet des déclarations similaires.

Réponse de MEMRI aux allégations du ICD

L’imam Shahin fait partie des prédicateurs extrémistes dont MEMRI a révélé l’existence au grand jour, car ils incitent à la haine et à la violence (voir Annexe II dans le rapport en anglais pour en consulter la liste). A l’instar des autres prédicateurs, après avoir été exposés, l’imam Shahin et le Centre islamique Davis se sont efforcés de nier toute responsabilité en publiant diverses déclarations mensongères et diffamatoires contre l’organisation qui les a pointés du doigt.

Les messages d’incitation à la haine de l’imam Shahin ont été placés dans leur contexte. Voir icile sermon dans son intégralité sur la chaîne YouTube du ICD, afin de juger par soi-même.

Le message de la prière de l’imam est clair et cohérent, et la traduction de MEMRI lui est fidèle. Il convient de noter que l’imam Shahin ne se référait ni aux « Israéliens » ni aux « sionistes », mais bien aux « juifs ». L’imam Shahin a également fait des déclarations similaires dans son sermon du vendredi 14 juillet, qui a également été mis en ligne sur la chaîne YouTube de l’ICD (voir ici).

Les accusations diffamatoires à l’encontre MEMRI ne sont pas pertinentes en ce qu’elles n’ont rien à voir avec la prière de l’imam Shahin dont il est question, et du fait qu’elle incite à la haine . En outre, le contenu de sa prière du 21 juillet est conforme à celui de son sermon de la semaine précédente, prononcé le 14 juillet (voir ci-dessous transcriptions MEMRI des sermons du 21 juillet et du 14 juillet).

Contrairement aux allégations du ICD, MEMRI n’est affilié à aucun parti poitique, est une organisation à but non lucratif, qui traduit et analyse les médias du monde arabe et musulman depuis près de deux décennies (www.memri.org et memri.fr). L’un de nos projets les plus importants est le Tom Lantos Archives on Antisemitism, élaboré à la mémoire du député Tom Lantos, seul rescapé de l’Holocauste à avoir siégé au Congrès. Dans le cadre de ce projet, nous faisons connaître à l’opinion des personnages comme l’imam Shahin, ainsi que des voix qui s’opposent à leurs discours.

Il existe malheureusement des centaines d’exemples de déclarations de cheikhs et d’imams ayant un discours similaire, au Moyen-Orient et en Occident ; nous avons traduit et mis en ligne certains de leurs sermons sur notre site. […]

L’un des projets phares de MEMRI est le Reform Project. Il est entièrement consacré à la mise en avant des voix réformistes, des modérés et des militants libéraux au Moyen-Orient ; MEMRI travaille avec des réformistes musulmans et des imams du monde entier qui dénoncent courageusement les discours incitant à cette haine exprimée par l’imam Shahin.

En outre, le Conseil des conseillers de MEMRI comporte un certain nombre de musulmans éminents et influents.

Il convient de noter qu’au cours des deux dernières années, nous avons traduit des sermons d’imams, de cheikhs et de prédicateurs du Canada, d’Allemagne, d’Australie, d’Espagne, d’Italie et du Danemark, qui comprenaient des déclarations et des citations presque identiques à celles des sermons de l’imam Shahin. Ces traductions ont mené à des poursuites judiciaires.

Trouver des excuses aux déclarations de l’imam Shahin équivaudrait à soutenir son message, ce qui serait regrettable. L’imam Shahin et l’ICD doivent être tenus responsables de leurs discours. Dans le cas contraire, il y aurait lieu de redouter la banalisation de tels propos et l’augmentation du nombre de crimes et délits motivés par la haine de jeunes gens subissant leur influence.

Lire le rapport dans son intégralité en anglais

Notes :  
[1] Voir MEMRI en français Sermon du vendredi en Californie : l’imam Ammar Shahin cite un hadith antisémite, prie pour l’anéantissement des juifs et appelle à libérer la mosquée Al-Aqsa de leur « souillure », 25 juillet 2017.
[2] Voir MEMRI en français Sermon de l’imam Ammar Shahin en Californie : « Ô Allah, anéantis les Juifs et n’épargne ni les jeunes, ni les vieux », 31 juillet 2017.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:12

Le professeur ou fou furieux d’Al-Azhar Ahmad Karima au sujet des Juifs : « Menez le djihad contre eux avec vos corps »

 

S’exprimant sur la chaîne télévisée de l’Autorité palestinienne le 20 juillet 2017, le professeur de droit islamique de l’Université d’Al-Azhar Ahmad Karima a déclaré que les tribus juives de Yathrib avaient comploté contre le prophète Mahomet et qu’ « Allah nous a rapporté leurs transgressions – leur massacre de prophètes et leur exceptionnelle hostilité ». Il a ajouté que le « gang sioniste » a été « élevé dans l’agression, le vol et le pillage » et qu’il faut mener « le djihad armé » contre lui. Extraits :

Ahmad Karima : La cause de la mosquée Al-Aqsa, de Jérusalem et de la Palestine est une cause religieuse, et non simplement politique. C’est une cause religieuse qui concerne les musulmans et les chrétiens. […] Le prophète de l’islam a expliqué la voie juste et sage en ces termes : « Menez le djihad contre eux », se référant à ces occupants pilleurs et colonialistes. « Menez le djihad contre eux avec vos corps ».

Laissez-moi vous dire ce que qui est écrit dans la charia : le gang sioniste ne quittera vos lieux saints que par la force armée. Quand Israël, ce gang criminel, a-t-il jamais donné quoi que ce soit gratuitement ? Allah a décrit leur nature intrinsèque dans le Coran : « A chaque fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint. »

Allah nous a parlé de leurs transgressions, de leur massacre des prophètes et de leur exceptionnelle hostilité. Ils étaient hostiles envers Jésus et ont comploté pour le tuer. Les tribus des Banu Nadir et des Banu Qurayza à Yathrib ont comploté contre le prophète de l’islam et contre ses frères à Khaybar. Ces gens n’offrent la paix à personne. Quiconque croit que le gang sioniste lui offrira la paix délire et rêve, car ces gens ont été élevés dans l’agression, le vol et le pillage. Par conséquent, le prophète de l’islam nous a apporté de vraies solutions, et non des semi-solutions. Il a dit : « Menez le djihad contre eux avec vos corps. » Cela signifie le djihad armé, conformément aux conditions juridiques mises en avant par la jurisprudence islamique.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:03

Un journaliste jordanien dans un quotidien d’Oman : au Moyen-Age, les religieux juifs enseignaient comment utiliser le sang de non-Juifs pour préparer des matsot ; aujourd’hui ils incitent les soldats à tuer des Palestiniens

 

Dans un article paru le 9 juillet 2017 dans le quotidien d’Oman Al-Watan, le journaliste Faiz Rashid, Palestinien d’origine jordanienne, a repris à son compte et adapté l’accusation médiévale de crime rituel selon laquelle les Juifs assassinaient des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans la préparation de pain azyme, ainsi que l’accusation de crime rituel de Damas de 1840.

Citant de nombreux écrits antisémites diffamatoires rédigés au fil des ans dans le monde arabe, Rashid a présenté des descriptions détaillées de l’utilisation par les Juifs du sang dans le cadre de leurs rituels. Il a ajouté que, si les savants juifs de l’époque médiévale appelaient au meurtre des non-Juifs, les religieux juifs actuels incitaient les soldats israéliens à assassiner des Palestiniens. Rashid a qualifié Israël d’ « entité fasciste » et écarté toute possibilité de paix avec elle.

Il convient d’observer que Rashid avait publié une version presque identique de cet article en avril 2017, également dans le quotidien d’Oman Al-Watan, ainsi que sur différents sites Internet.[1] Extraits :[2]

Faiz Rashid (Photo : Al-Quds Al-Arabi, Londres)

Le mouvement sioniste et ses représentants politiques dans l’Etat de l’entité [sioniste] se sont efforcés, et continuent de s’évertuer à cacher des informations considérables concernant un changement important introduit par les érudits juifs à la Bible durant le Moyen-Age… conformément à leurs caprices et à leurs intérêts, pour asseoir leur contrôle sur les Juifs pauvres dans les pays où ils vivaient, [afin que ces Juifs] respectent leurs instructions et ne se mêlent pas aux sociétés dans lesquelles ils vivaient. L’une de ces [instructions] concernait la [question des] sacrifices humains perpétrés par les Juifs.

La question, en bref, est qu’au Moyen-Age (époque des sorcières), selon la nouvelle loi juive déformée que les érudits juifs de l’époque avaient inventée avec diligence, la préparation des matsot pour les fêtes juives exigeait [que les Juifs] les mélangent avec du sang humain ! Ceci, selon le livre L’Antisémitisme : son histoire et ses causes de Bernard Lazare.[3] Oui, du sang humain qu’ils prélevaient d’un chrétien ou d’un musulman, même s’ils devaient le tuer avec violence à cette fin. Oui, il s’agit de sacrifices humains !

Conformément aux principes [de leur religion], il était habituel pour les Juifs… d’assassiner des enfants, de prendre leur sang et de le mélanger… dans les matsot qu’ils préparaient. Les sacrifices pour la fête de Pourim, par exemple, étaient choisis parmi les jeunes. La méthode pour tuer et recueillir le sang était la suivante : le sang des victimes était pris et séché dans des granules, mélangés à la pâte des matsot, et ce qui restait était conservé pour la fête suivante. Les victimes de la fête juive de Pâque sont généralement [choisies] parmi des enfants de moins de dix ans. Le sang de la victime est mélangé au sang dans la matsa, avant ou après avoir été séché (voir le livre écrit par l’autorité religieuse syrienne sage et érudite Mustafa Al-Zarqa, l-Kanz Al-Marsoud fi Qawaid Al-Talmud [Le trésor caché dans les Principes du Talmud]).[4] Ensuite, le sang est retiré de la victime, soit par un « conteneur à aiguilles », un réceptacle contenant tout [le sang] de la victime, équipé d’aiguilles de chaque côté, plantées dans le corps de la victime (après l’assassinat) afin que le sang s’écoule dans un réceptacle spécialement préparé à cette fin par les Juifs, avides de le recueillir… [Autrement], la victime est égorgée comme on égorge un mouton, et son sang est distillé dans un réceptacle, ou bien ses artères sont tranchées à différents endroits pour que le sang s’écoule.

Quant à ce qu’il advient du sang – il est transmis au savant juif pour qu’il le mélange avec la matsa, et ce qui reste est séché et conservé pour les fêtes suivantes (voir – titres originaux en arabe – le livre  Les Juifs et les sacrifices humains de Mohammad Fawzi Hamza, le livre La fin des juifs d’Abou Al-Fada Mohammed Aref, et le livre La question juive parmi les nations arabes et étrangères d’Abdallah Hussein).[5] Evidemment, tout ceci [s’est déroulé] dans le passé. Par conséquent, le mouvement sioniste a tenté de cacher [l’existence de] ces principes et leur application… Pour assurer que ce que j’ai écrit ici ne reste pas dans le domaine de l’abstrait, je présente l’événement suivant. Le protocole est rapporté et archivé aux tribunaux de la charia d’Alep, de Hama et de Damas, et [l’incident] s’est produit en 1840.[6] L’orientaliste français Charles Laurent en a obtenu un exemplaire et il l’a publié dans un livre français, qui a été par la suite traduit en arabe par le Dr Yousuf  Nasrallah et publié au Caire en 1898.

[Le moine français] Père Thomas vivait à Damas et pratiquait la médecine. Au cours de l’un de ses voyages, il a vacciné des enfants contre la variole. Une fois, il s’est rendu dans un quartier juif… afin de vacciner les enfants, et y a disparu. Sur l’ordre du gouverneur ottoman, une recherche a été menée dans le quartier juif, mais rien n’a été trouvé. A la même époque, deux Grecs sont arrivés à la cour du souverain ottoman à Damas et ont confirmé à la police qu’en traversant le quartier juif, le jour de la disparition du prêtre, ils avaient vu un coiffeur juif du nom de Moshe Bechor Yehuda assassiner le père Thomas, puis distiller son sang et l’utiliser pour fabriquer des matsot. Le coiffeur a été arrêté tout comme le religieux [juif]. Les dirigeants des Juifs ont publié [une demande] de pardon et les deux ont été libérés.

Il y a moins d’un an, le 24 août 2016, plusieurs rabbins de l’entité sioniste ont publié une décision religieuse incitant les soldats sionistes à assassiner des Palestiniens : « Tuez-les, liquidez-les sans pitié pour le bien de la sécurité d’Israël. »  Il y a environ dix ans, ces rabbins ont créé un mouvement appelé « le Nouveau Sanhédrin » – la nouvelle réunion des érudits. Ce gang a été fondé par le rabbin Adin Steinsaltz, récipiendaire du Prix d’Israël et du prix du Président, considérés comme les prix les plus prestigieux de l’Etat de l’entité [sioniste].[7]

Quant à ceux qui se bercent de l’illusion qu’il serait possible de parvenir à la paix avec cette entité fasciste, je leur dis : Ne connaissez-vous pas l’idéologie violente infligée quotidiennement par l’entité [sioniste] au peuple palestinien et à notre nation ? N’avez-vous rien lu au sujet des sacrifices humains organisés par les érudits juifs ? Il existe de nombreux articles, études et livres arabes et étrangers concernant les différents aspects des phénomènes israéliens de violence criminelle et d’assassinats sionistes. Les plus importants sont – titres originaux en arabe – The Israeli War Crimes [Les crimes de guerre israéliens] de William Bradford [sic] ; Les origines terroristes du parti israélien Herout, de Bassam Abu Ghazala [8]; Sionisme et violence – Philosophie et Stratégie, de Hussein Tantawi[9], et La culture de la violence dans la politique de la sociologie sioniste, écrit par Imad Abdul-Ghani en 2001.[10] L’un des meilleurs ayant également écrit sur ce sujet est Noam Chomsky, et il y a aussi le livre Sionisme et violence : des débuts de l’implantation à l’Intifada Al-Aqsa – titre original en arabe – [publié] par Abdel Wahab El-Messiri quelques années avant son décès [en 2008]. [11]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Voir Al-Khaleej (UAE), 25 avril 2017; le site Internet du Front populaire de Libération de la Palestine (pflp.ps), 26 avril 2017 ; et le bulletin du Hamas (felesteen.ps), 10 juillet 2017.

[2] Al-Watan (Oman), 9 juillet 2017. Il convient d’observer qu’en 2012, il avait publié un article alléguant que la Shoah avait été exagérée afin de justifier l’usurpation de la Palestine.

[3] Bernard Lazare (1865-1903) était un philosophe, historien et publiciste français juif, journaliste de profession aux opinions anarchistes. Il est connu principalement pour son livre L’antisémitisme : son histoire et ses causes, qui examine l’histoire des relations entre les Juifs et les Gentils. A la fin de son livre, Lazare prévoit que l’assimilation des Juifs et le processus de désillusion de la religion dans la société moderne mettraient fin à l’antisémitisme. Toutefois, les antisémites ont trouvé dans son livre une « preuve » que les Juifs sont les responsables de la haine des Gentils à leur égard, et continuent de le citer jusqu’à aujourd’hui, en général hors de son contexte.

[4] Le trésor caché dans les principes du Talmud (1899) est une compilation de deux livres antisémites français traduits en arabe par le copte égyptien Dr Yousuf Nasrallah. En 1968, une nouvelle édition du livre a été publiée, incluant une introduction de l’érudit et décisionnaire syrien cheikh Mustafa Al-Zarqa, qui enseignait dans les facultés de la charia en Syrie, Jordanie et dans les pays du Golfe. Il a travaillé au ministère koweïtien des Waqfs, était membre du parlement syrien et a écrit de nombreux ouvrages de droit religieux.

[5] Les trois livres mentionnés ont été publiés en Égypte.

[6] Référence à l’affaire de Damas en 1840 : après la disparition d’un moine chrétien et de son serviteur musulman, des rumeurs se sont répandues selon lesquelles deux figures de la communauté juive de Damas avaient assassiné les deux hommes afin d’utiliser leur sang pour cuire des matsot. Après une enquête, plusieurs suspects ont été arrêtés, et ont été relâchés grâce à l’intervention de personnalités juives et de politiciens occidentaux.

[7] Le Nouveau Sanhédrin est une instance de jurisprudence fondée en 2005 à Tibériade par un groupe de rabbins de droite ; son autorité n’est pas reconnue par l’establishment juridique ou rabbinique israélien.

[8] Ce livre a été publié à Beyrouth en 1966 par le Centre de recherche de l’OLP.

[9] Ce livre a été publié au Caire en 1964. Mohamed Hussein Tantawi est un maréchal de l’armée égyptienne, qui fut ministre de la Défense et président du Conseil suprême des Forces armées, qui dirigeait l’Égypte entre février 2011 et juin 2012.

[10] Ce livre a été publié à Beyrouth en 2001. Son auteur, le Libanais Imad Abdul-Ghani, est un ancien maître de conférences et doyen de l’institut des Sciences sociales à l’université libanaise de Beyrouth.

[11] Sionisme et violence : des débuts de l’implantation à l’Intifada Al-Aqsa – titre original en arabe – a été publié au Caire en 2001. L’auteur, l’intellectuel égyptien Abdel Wahab El-Messiri, était considéré comme un expert international du mouvement sioniste et a écrit l’encyclopédie Les Juifs, le judaïsme et le sionisme – titre original en arabe – publiée en Egypte en 1999.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 05:59

Sermon du vendredi au Liban : « Allah, compte les juifs et leurs partisans un à un, tue-les jusqu’au dernier, et n’en laisse aucun sur la surface de la Terre »

 

Dans un sermon du vendredi prononcé le 21 juillet 2017 à la mosquée Abu Bakr Al-Siddiq dans le camp de réfugiés d’Al-Buss au Liban, Cheikh Hassan Diab a déclaré que les juifs étaient des tueurs de prophètes qui avaient été transformés en singes et en porcs par Allah après avoir subi Sa colère. « Il n’est pas surprenant qu’ils attaquent et ferment la mosquée Al-Aqsa », a déclaré Diab, priant Allah d’ « anéantir les juifs et leurs partisans » et de « les tuer jusqu’au dernier ». Extraits :

Abu Bakr Al-Siddiq : Les attaques juives sionistes récurrentes contre la mosquée Al-Aqsa n’ont rien d’inhabituel ou de nouveau. Les actions des fils de Sion n’ont rien d’inhabituel. Après tout, ils ont même désobéi à Dieu dans le passé. […] Ils ont même désobéi à Dieu. Ils ont tué les prophètes d’Allah et Ses meilleurs serviteurs. « Ils massacrent les prophètes injustement et tuent ceux qui ordonnent l’équité. »

Les juifs sont traîtres, fourbes et malveillants et leur nature est mauvaise. « A chaque fois qu’ils penaient un engagement, certains parmi eux le violaient. »

Ils ont recouru à des manoeuvres contre la religion d’Allah, et ainsi Il les a transformés en singes et en porcs et en adorateurs d’idoles. Ils ont été frappés d’humiliation et de malheur. Ils ont éveillé la colère d’Allah. C’est ce qui est écrit dans le Coran, et c’est leur lot à travers les âges. Ils sont une nation de crimes, de massacres, de traîtrise et de tromperie. Par conséquent, il n’est pas surprenant qu’ils attaquent et ferment la mosquée Al-Aqsa. […]

Ô Allah, anéantis les juifs et leurs partisans, car ils ne Te conviennent pas. Ô Allah, compte les juifs et leurs partisans un à un, tue-les jusqu’au dernier, et n’en laisse aucun sur la surface de la Terre.

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 05:55

Les stratèges de la campagne de Poutine s’efforcent de définir une « vision de l’avenir »

 

Vladimir Poutine continue d’entretenir le mystère et a refusé d’annoncer son intention de présenter sa candidature à un nouveau mandat lors des élections présidentielles de 2018. Yelena Mukhametshina et Olga Churakova rapportent toutefois dans Vedomosti que la réticence de Poutine n’est qu’apparente. Les conseillers, experts et spécialistes en sondages du président sont occupés à définir les thèmes qui pourront lui permettre d’élaborer une vision globale de l’avenir à proposer aux électeurs. De nombreuses idées circulent, dont certaines reprennent les thèmes actuels de répression de la richesse ostentatoire. Mais les conseillers affrontent deux problèmes majeurs : comment proposer le retour des beaux jours quand il règne une atmosphère générale de morosité, et quelle sera la raison d’être d’un nouveau mandat de Poutine ? Traduction de l’analyse de Mukhametshina et Churakova [1] 

Le Kremlin n’est pas encore parvenu à inventer la vision de l’avenir avec laquelle Poutine pourrait se présenter aux élections de 2018. Vedomosti a été informé qu’il y oeuvrait loaborieusement, par une source proche de l’administration présidentielle et par un ancien officiel de l’administration fédérale. D’autres sources proches de l’administration affirment que le travail se déroule avec des « turbulences » et « difficultés ». Deux d’entre elles précisent que plus de dix réunions ont été tenues sur le sujet. Selon l’ancien officiel, plusieurs directeurs de campagne de Poutine se sont succédés. Tout d’abord, le présentateur de télévision Valery Fadeyev a été désigné, puis Konstantin Kostin – directeur de la Fondation pour le développement de la société civile (FDSC), et ensuite Aleksandr Oslon – directeur de la Fondation pour l’opinion publique. Trois sources proches de l’administration ont confirmé que Fadeyev et Kostin avaient travaillé sur ce projet, et trois autres ont confirmé que Fadeyev et Oslon y travaillaient actuellement.

« La vision de l’avenir est un programme qui englobe l’économie, la sphère sociale et les réformes politiques. Il y a des difficultés dues au fait que Fadeyev est parti pour travailler à la ‘chambre civique’ et que Kostin a failli à la tâche – il a proposé de nouvelles idées et en a recyclé d’autres. Oslon mène des sondages sur le sujet », affirme une source proche de l’administration. Selon celle-ci, un nouveau directeur de campagne a déjà été trouvé, mais le groupe ne participe pas à des réunions publiques – ils se rencontrent séparément. Fadeyev a refusé de s’exprimer sur le sujet, et Oslon a affirmé ne pas pouvoir en parler…

Fadeyev, Kostin et Oslon continuent de travailler sur le sujet ; ils ont immédiatement déclaré vouloir travailler sur le contenu et ce serait l’Institut spécialisé des recherches sociales, affilié au Kremlin, qui tenterait de combiner toutes les idées, affirme une autre source proche de l’administration. « Je ne dirais pas qu’il y a une personne responsable des contenus. [Le premier directeur adjoint de l’administration Sergey] Kiriyenko est chargé de la campagne dans son ensemble. » Il ajoute que le développement de ce concept peut être sans fin : le monde change ; les circonstances évoluent : lorsque tout a commencé, il y avait « l’hostile Obama », puis Trump est apparu. Le contenu interne des documents change lui aussi. A un certain moment, tout cela devra s’arrêter afin d’élaborer un programme.

« La vision de l’avenir est le principal thème de la campagne ; elle précise les objectifs de la politique du nouveau mandat [présidentiel] pour différents groupes sociaux et pour la société dans son ensemble, comme l’explique l’ancien fonctionnaire : ‘A présent nous avons la triade Justice, Respect, Confiance qui décrit certains des principes de développement fondés sur des valeurs. Mais cela ne remplacera pas une vision de l’avenir, même s’il y a eu plusieurs tentatives en ce sens’. (…) Il y aurait une dizaine de groupes qui travailleraient sur une image de l’avenir, dont le Centre de recherche stratégique d’Alexei Kudrin, Aleksandr Auzan – doyen du département d’Economie de l’université étatique de Moscou, Herman Gref – président de Sberbank : tous les programmes sont présentés à Kiriyenko – et en fin de compte, ils vont extraire ce qui sera nécessaire des différents programmes et les réuniront en un seul ». « Il existe de nombreuses idées et elles sont tellement différentes qu’il est difficile de les concilier – à savoir que le travail se poursuit d’une manière complexe, pas tant parce qu’il n’y aurait pas de bonnes idées que parce qu’il y en a trop. »

Selon l’une des sources proches de l’administration, la vision de l’avenir de Poutine devrait être prête fin septembre, tout devant être prêt pour le début de la campagne en décembre. Notre source au sein de l’administration présidentielle souligne que la campagne n’a pas encore débuté et que par conséquent, toute question concernant les problèmes de définition de l’image de l’avenirsony dénuées de sens.

La situation actuelle est perçue comme une impasse par différents groupes, y compris l’administration du Kremlin, affirme l’analyste politique Gleb Pavlovsky : « Le problème est de savoir comment échapper au sentiment déprimant que tout s’achève, et très mal par-dessus le marché. Des indicateurs comme le taux de satisfaction du président ne prouvent rien, ils mesurent une situation avec zéro option ; cela revient à mesurer la notation de boîtes de conserves de tomates dans un magasin qui ne vend que des boîtes de conserves de tomates. » La mauvaise compréhension du caractère de la crise a engendré l’idée de trouver une vision de l’avenir pouvant être présentée comme une belle image, poursuit cet expert. « Ils cherchent une intrigue pour le débat télévisé avant l’élection. Il ne s’agit pas de l’avenir, mais d’inventer une raison pour Poutine de se présenter pour un quatrième mandat, alors qu’il achève celui-ci de manière si amère. » Le plus probable est qu’ils vont trouver quelque chose de banal comme le facteur « peur » ou un cadeau de Poutine aux électeurs, estime Pavlovsky : « Aucun problème dans le pays n’a besoin de Poutine pour être solutionné. La campagne électorale oeuvre à protéger son cercle restreint. »

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 12:47

Le rédacteur en chef d’Al-Sharq Al-Awsat : la visite du Premier ministre indien en Israël a éveillé la jalousie des Arabes

 

Après la récente visite du Premier ministre indien Narendra Modi en Israël, et le fait qu’il n’a pas visité Ramallah, Ghassan Charbel, le rédacteur en chef du quotidien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat, a publié un article sur les fossés économiques et culturels entre l’Occident et le monde arabe et sur le contraste entre les succès d’Israël dans les domaines de la science et de la technologie et les faiblesses de ses voisins arabes, qui s’est reflété lors de la visite de Modi en Israël. Charbel observe que l’Occident porte une attention étroite aux questions telles que les droits de l’Homme, la protection de l’environnement et la santé publique, alors que le monde arabe les néglige, ce qui explique pourquoi les Arabes ressentent de la jalousie envers l’Occident. Concernant Israël, Charbel souligne ses capacités scientifiques et technologiques et ce qu’il peut offrir à une superpuissance mondiale comme l’Inde, contrairement aux voisins d’Israël, minés par l’extrémisme et les guerres intestines. Charbel soutient que dans le passé, l’Inde fut le premier pays à soutenir les Palestiniens par tous les moyens, alors qu’aujourd’hui, son Premier ministre, en visite dans la région, les a totalement ignorés. C’est pourquoi les Arabes se sentent non seulement envieux, mais totalement rejetés. Extraits :[1]

 

L’Arabe ressent de la jalousie lorsqu’il entre en relation avec le monde développé. L’un de mes amis a fui son pays, qui sombre dans l’obscurité et le désespoir, pour s’installer à Londres. Il y a acheté une maison en attendant que la guerre [dans son pays] prenne fin. Un jour, un arbre dans son petit jardin le dérangeait et il a voulu l’abattre. Il a demandé à son voisin britannique s’il connaissait quelqu’un qui pourrait le faire, et le voisin a ri et [lui a dit] : « Vous n’avez pas le droit d’abattre cet arbre, même s’il vous appartient. D’abord, vous devez soumettre une demande au conseil local et le convaincre des motifs [pour lesquels vous voulez couper l’arbre]. Ici, la loi protège les arbres. Vous devez obtenir une autorisation, et seulement après intervient le travail de l’assassin. »

Mon ami était stupéfait. Il vient d’un monde dans lequel une ville [tout entière] peut être rasée sans que personne ne cille. Un citoyen peut être tué, et ni sa femme ni sa mère n’auront le droit de demander pourquoi… Un arbre ici [en Angleterre] a plus de droits qu’un citoyen des pays [arabes où règnent] la torture et la souffrance.

La jalousie n’est ni une émotion utile ni noble, et elle ouvre en général les portes de l’amertume et de la haine, [pourtant] il n’est pas inhabituel qu’un Arabe souffre de cette maladie. Si un Arabe visite un musée dans un pays développé, il pense immédiatement à ce qui est arrivé aux antiquités en Irak et en Syrie… S’il remarque l’attention portée à Oslo à la santé publique, il se souvient de la manière dont sont traitées les eaux d’égouts dans telle ou telle capitale arabe.

Pour tenter de minimiser sa déception, l’Arabe cherche parfois des excuses au gouffre qui le sépare du monde développé. Nous vivons dans une phase historique totalement différente. Ces pays [en Europe] récoltent les fruits des grands événements qui s’y sont déroulés et ont changé la face du monde : la Révolution française, la Révolution industrielle, les idées de la Renaissance, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la philosophie allemande et les changements considérables dans le statut des femmes.

L’Arabe ressent de nouveau de la jalousie, car les Européens ont connu des guerres entre les nationalités et les religions, des conflits frontaliers et des plans de conquête et d’anéantissement [de l’autre]. Ils ont peint le continent et le monde entier de sang, mais ils en ont émergé forts de conclusions. Les empires sont devenus des [expositions] sur les étagères des musées et des phrases dans les livres d’histoire ; les frontières se sont transformées en ponts, plutôt qu’en murs ; les sociétés [européennes] ont accepté le droit à la différence. Les minorités ne sont plus désormais perçues comme des mines qui doivent être désamorcées. Les constitutions [européennes] interdisent à la majorité d’effacer les caractéristiques de leurs détracteurs. Ces pays ne cherchent plus de dirigeants historiques dont les biographies sont imbibées de sang. Ils cherchent des gouvernements consacrés à la lutte contre le chômage, au développement de l’économie, à l’encouragement des investissements, à la protection de l’environnement et au problème du changement climatique. Le visiteur arabe est rongé par la jalousie.

Mettons de côté les discussions sur les arbres et les antiquités, car il y a pire encore. L’Arabe observe que [le Premier ministre israélien] Binyamin Netanyahou a annulé tous ses projets pour pouvoir recevoir gracieusement son invité, le Premier ministre indien Narendra Modi. Il s’agissait de la première visite d’un Premier ministre indien en Israël. Une autre chose qui a attiré l’attention était que cet invité n’a pas éprouvé le besoin de se rendre à Ramallah, ce qui a comblé d’aise ses hôtes. Il s’agit pourtant de l’Inde, qui fut la première à exprimer sa compréhension pour les aspirations des Palestiniens et qui n’a pas hésité à les soutenir dans les forums internationaux…

Modi considère évidemment Israël comme un phare technologique, et évoqué le besoin de son gigantesque pays de bénéficier des capacités israéliennes dans cette sphère. En conséquence, Modi et Netanyahou ont signé un contrat d’une valeur de 2 milliards de dollars, en vertu duquel l’Inde recevra d’Israël le système Dôme de fer pour [détecter et intercepter] les roquettes et obus d’artillerie. En outre, un mémorandum d’entente a été signé pour créer un Fonds d’innovation industrielle et de R&D Inde-Israël. D’autres contrats concernent des domaines tels que l’eau, le développement agricole en Inde et des partenariats dans des projets économiques en Afrique et dans le monde en voie de développement.

Il n’est pas suffisant d’expliquer ce qui s’est passé en pointant que Modi appartient au courant nationaliste hindou extrémiste et que le terrorisme « djihadiste » a renforcé sa conviction d’une nécessité de développer des liens avec Israël. Le point important est qu’un pays de la taille d’Israël a quelque chose à offrir à l’armée indienne, au-delà du rôle qu’il a [déjà] joué dans le passé en développant les armes soviétiques et russes détenues par l’Inde ; qu’il a également quelque chose à proposer [dans les domaines] du développement agricole et des problèmes de l’eau, et qu’il [peut maintenir] des relations stratégiques militaires, sécuritaires et économiques avec un pays de la taille et de la stature de l’Inde.

L’Arabe a été perturbé par l’arrogance des discours de Netanyahou pendant la visite de Modi, mais lorsqu’il a déployé la carte du terrifiant Moyen-Orient, il a découvert qu’Israël avait remporté une série de victoires ces dernières années sans tirer la moindre balle. Les cartes, les pays, les armées et les économies tout autour s’effondrent. Les vagues de l’extrémisme ont causé des catastrophes dans certaines parties du monde arabe, en comparaison desquelles la nakba palestinienne n’est qu’une clause parmi tant d’autres.

Cette fois, l’Arabe n’a pas seulement éprouvé de la jalousie, mais a goûté à la défaite cuisante de celui qui ne parvient pas à rejoindre l’ère [moderne].

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 12:39

Des députés jordaniens quittent une session parlementaire pour protester contre la libération du garde de l’ambassade d’Israël

 

Lors d’une session parlementaire animée tenue le 25 juillet 2017, suite à la libération de l’agent de sécurité de l’ambassade d’Israël impliqué dans un incident de tir mortel, des députés jordaniens ont organisé une sortie massive en signe de protestation et exigé que l’ambassadeur jordanien en Israël soit rappelé au pays. Les images de la session montrent les députés Sadah Habashneh et Khaled Fanatseh qui demandent à leurs collègues de sortir avec eux, Habashneh vociférant : le Premier ministre jordanien « nous a vendus ». Extraits :

Le député jordanien Sadah Habashneh : [Le Premier ministre jordanien Al-Mulki] nous a vendus ! Netanyahou se vante [d’avoir ramené le garde de l’ambassade d’Israël au pays]. Il a tué, et maintenant, il peut se détendre. Rappelons notre ambassadeur [en Israël] ! Rappelons-le ! 

Le député jordanien Khaled Fanatseh : Par Allah, nous devrions quitter cette session. Quittons cette session ! Tout député qui aime la Palestine et qui aime le peuple jordanien ne devrait pas rester ici. 

Président du parlement : Non, mon frère Khaled. M. Khaled… 

Khaled Fanatseh : Par Allah, tout député qui reste assis n’aime ni la Jordanie, ni la Palestine. 

Sadah Habashneh : Sortons ! Sortons ! Sortons ! Sortons ! Allez, sortons ! […]

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