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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:08

L’ambassadeur de Russie en Israël : nous ne considérons pas le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes

 

L’ambassadeur de Russie en Israël, Alexander Shein, a déclaré, lors d’une interview diffusée le 9 juin 2017 sur la 9ème chaîne israélienne (en russe), que la Russie ne considérait pas le Hamas et le Hezbollah comme des organisations terroristes, puisqu’elles n’avaient pas mené d’attaques sur le territoire russe ou contre des intérêts russes à l’étranger. Extraits : 

Journaliste : Permettez-moi de vous poser une question assez douloureuse concernant l’attitude de la Russie envers le Hamas et le Hezbollah. Permettez-moi de vous demander : vous, en Russie, comprenez-vous que, de notre point de vue, le Hamas et le Hezbollah soient des [organisations] terroristes, qui ne diffèrent en rien de l’Etat islamique ? Elles commettent des attentats et tirent des missiles sur Israël – et permettez-moi de vous rappeler que de nombreux Israéliens ont la citoyenneté russe. Pourtant, Moscou continue de dialoguer avec eux [le Hamas et le Hezbollah].

Alexander Shein : Nous ne considérons pas ces organisations comme terroristes. Certes, ce sont des organisations radicales, qui adhèrent parfois à des opinions politiques extrémistes. Laissez-moi vous expliquer pourquoi nous ne les désignons pas – et ne pouvons les désigner – comme des organisations terroristes. Le droit russe – la Cour suprême, suite à un appel du ministère public – définit les organisations terroristes comme telles lorsqu’elles mènent intentionnellement des actes terroristes sur le territoire russe ou contre des intérêts russes à l’étranger – installations, ambassades, bureaux ou citoyens. Vous assimilez l’Etat islamique [au Hamas et au Hezbollah], mais nous pensons que ce n’est pas justifié.

Journaliste : Je les y assimile en effet, car lorsque des roquettes ont été tirées sur Tel-Aviv il y a quelques années, et que les gens ont été forcés de courir aux abris, il s’agissait de [tirs] aveugles, qui ne faisaient pas la distinction entre les passeports russes, israéliens ou autres. Tous affrontaient les mêmes tirs de roquettes. Qu’est-ce qu’un tir de roquettes si ce n’est un acte de terreur ou de guerre ?

Alexander Shein : Bien sûr que nous condamnons de tels tirs.

Journaliste : C’est tout ce que vous avez à dire ? Il y a donc des mauvais terroristes et des bons terroristes ?

Alexander Shein : Non, pour nous ils ne sont pas terroristes du tout. […]

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:07

Ayman Khamis sur la télévision des Frères musulmans égyptiens en Turquie : L’Andalousie est occupée par les Espagnols exactement comme la Palestine est occupée par les Juifs

 

Le 11 juin 2017, le cheikh égyptien Ayman Khamis a déclaré, sur la télévision des Frères musulmans basée en Turquie Mekameleen TV, que l’Andalousie devait être libérée de l’occupation espagnole, de même que la Palestine devait être libérée de l’occupation juive. Extraits : 

Ayman Khamis : L’Andalousie est exactement comme la Palestine. Nous n’oublierons jamais nos terres. Nous disons à l’Occident : Nous n’oublierons jamais nos terres. Nous vous la reprendrons parce que c’est une terre occupée. L’Andalousie est occupée par les Espagnols, exactement comme la Palestine est occupée par les Juifs, et nous la récupérerons, si Dieu le veut.

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 06:04

Le conseiller d’Abbas Mahmoud Al-Habbash : Nous ne renoncerons pas à un micromillimètre du Mur occidental 

 

Dans un sermon du vendredi, Mahmoud Al-Habbash, conseiller du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aux affaires religieuses et islamiques, a déclaré que la mosquée Al-Aqsa, avec le mur d’Al-Buraq [le Mur occidental] était un waqf islamique ne pouvant à jamais appartenir qu’aux musulmans. « Nous ne pouvons pas renoncer à un seul millimètre, une seule pierre, un seul micromillimètre du mur Al-Buraq et de la mosquée Al-Aqsa bénie », a-t-il déclaré le 9 juin 2017, dans son sermon diffusé sur la télévision officielle de l’Autorité palestinienne. Extraits :

Mahmoud Al-Habbash : La zone de la mosquée Al-Aqsa, telle qu’elle est connue aujourd’hui, s’étend sur 144 dounams et 100 mètres carrés. Le terme « mosquée Al-Aqsa » inclut toutes les cours, tous les murs, toutes les pierres et tout le terrain que nous connaissons aujourd’hui comme étant la mosquée Al-Aqsa, et avant tout, avant d’oublier ou d’être trompés : le mur Al-Buraq [le Mur occidental]. Le mur Al-Buraq est une partie indissociable de notre foi et de notre religion. Il est fortement et idéologiquement lié au miracle éternel du voyage nocturne du Prophète et à son ascension vers les cieux. Il est fermement lié à notre prophète Mohammed. C’est un waqf [propriété islamique éternelle]. Il ne pourra jamais appartenir à des non-musulmans. Nul, hormis les musulmans, ne pourra jamais y être souverain. C’est notre mosquée, et le mur Al-Buraq est notre mur. Il nous appartient. C’est notre waqf. Il ne nous est pas possible d’abandonner un seul millimètre, une seule pierre, un seul micromillimètre du mur Al-Buraq et de la mosquée Al-Aqsa bénie. […]

Notre position concernant la mosquée Al-Aqsa et Jérusalem ne découle pas uniquement de considérations politiques ou même nationales, quelle que soit l’importance de ces considérations. Notre position repose avant tout sur des considérations idéologiques et religieuses, sans lesquelles la foi religieuse des musulmans n’est pas complète. Jérusalem et sa mosquée Al-Aqsa, avec le mur Al-Buraq et son esplanade, nous ont été confiés ainsi qu’à tous les musulmans, et nous ne les prendrons jamais à la légère, même si nous devons être enterrés sous terre, même si nous devons être arrachés à cette terre ou emportés par des oiseaux. Nous ne prendrons jamais cette confiance à la légère, car c’est l’héritage du prophète Mohammed. […]

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:34

L’imam de Drancy Hassen Chalghoumi : le Qatar appuie l’islam politique en Europe

Le site islamnews en français rapporte la réaction de l’imam de Drancy Hassen Chalghoumi au silence des Etats européens face au soutien qatari du terrorisme et de l’islam politique, alors même que l’Arabie saoudite a clairement pris position contre le Qatar. Extrait : (1)

Joint par téléphone, le président de la Conférence des imams de France, Hassen Chalghoumi, connu pour ses positions virulentes contre « l’islam politique », demande aux responsables du gouvernement français et aux responsables européens comment ils justifient leur silence après la rupture des relations diplomatiques des pays arabes du Golfe avec le Qatar, qu’ils accusent de financer le terrorisme international.

Comment se fait-il que des pays arabes soient intransigeants sur la question du terrorisme alors que la France, l’Allemagne ou l’Angleterre restent silencieux devant ces graves accusations [de financement du terrorisme] ? Le Qatar finance pourtant depuis des années un islam politique en Europe via la mouvance des Frères musulmans. Dernièrement, nous rappelle encore l’imam Hassen Chalghoumi, le ministre saoudien a interdit la vente de tous les ouvrages du Cheikh Qaradaoui, porte voix des frères musulmans qui a trouvé refuge à Doha. Pourquoi ses livres sont-ils vendus dans toutes les capitales européennes….?

(1) islamnews.fr, 13 juin 2017

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:30

Le professeur et auteur somalien Abdisaid : abolissons la notion d’apostasie ; la laïcité est la solution

 

Dans une interview télévisée, l’auteur somalien Abdisaid Abdi Ismaïl a déclaré : « vous ne pouvez pas vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie ». S’il y a « des dizaines, sinon des centaines » de versets coraniques sur la liberté de culte, « pas un seul verset ne dit que le châtiment de l’apostasie est le meurtre », a noté Abdi Ismaïl, professeur d’économie à l’Université d’Afrique de l’Est, après avoir reçu des menaces de mort pour avoir publié un livre sur l’apostasie en 2014. Dans l’interview, diffusée sur Sky News Arabia le 31 mars 2017, Abdi Ismaïl a ajouté que « l’islam est une religion et non un État » et que « la laïcité est la solution, qu’on le veuille ou non ». Extraits :

Abdisaid Abdi Ismaïl : Tout l’islam de la violence et de la terreur punit l’apostasie. J’affirme que vous ne pouvez vaincre le terrorisme sans abolir la notion d’apostasie. […]

La notion de takfir [accusation d’hérésie] existait dans le passé, mais elle était rarement utilisée, de temps à autre dans des cas individuels. Depuis 2006, plus ou moins, après la montée et la chute de l’Union des tribunaux islamiques en Somalie, le takfir est devenu un phénomène répandu. Les mouvements islamiques, notamment le mouvement Shahab, s’opposent au gouvernement et le qualifient de gouvernement apostat. Ils considèrent que tout individu qui travaille pour le gouvernement – que ce soit un officiel haut placé ou un petit employé – est un apostat.

Journaliste : Et ainsi, ils autorisent ou justifient des exécutions.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exactement. N’importe quel petit employé, comme un balayeur des rues, travaillant pour le gouvernement, peut se voir infliger le châtiment pour apostasie. On peut le qualifier d’apostat, puisque le gouvernement est apostat et qu’il aurait dû le déclarer infidèle. Si vous ne déclarez pas un infidèle « infidèle », vous êtes vous-même un infidèle, et ils vous condamnent à…

Journaliste : C’est l’idéologie de l’Etat islamique…

Abdisaid Abdi Ismail : Evidemment. Le mouvement Shahab lui est identique.

Journaliste : Ils appartiennent à la même école.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, à la même école. […] Supposons, pour les besoins du débat, qu’une personne ait renoncé à l’islam. Doit-elle être tuée ? Qu’est-ce qui nous prouve qu’elle doit l’être ? Le fait de tuer un autre homme est le plus grand crime qui soit. Lorsque vous condamnez une personne à mort, vous devez avoir des preuves…

Journaliste : Ainsi, vous n’avez pas trouvé de preuve décisive qui justifie ou autorise le meurtre d’une personne ayant abandonné sa religion, un apostat…

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il n’y en a pas. Lorsque vous lisez les sources islamiques, et le Coran est la source originale… Lorsque nous lisons le Coran, nous trouvons des dizaines, sinon des centaines de versets sur la liberté de culte, la liberté de conscience. […]

Vous ne pourrez trouver un seul verset autorisant le meurtre d’un apostat. Même si le sujet de l’apostasie figure dans dix versets au moins, pas un seul verset ne dit que la punition de l’apostasie est le meurtre. L’apostasie apparaît dans le Coran, mais le châtiment qu’il appelle n’est pas dans ce monde. Il sera administré dans le monde futur. […]

Les mouvements islamiques et l’idéologie islamiste qui prédominent aujourd’hui se battent pour la création d’un Etat islamique, et plus encore, pour le retour du Califat islamique. C’est une idée qui fait son chemin depuis plus de 100 ans. Depuis la chute du Califat ottoman jusqu’à aujourd’hui, c’est l’objectif dans lequel les musulmans ont investi le plus d’efforts et donné…

Journaliste : Ne pensez-vous que ce soit le résultat d’une conception erronée de ce qu’est le Califat, ou d’une mauvaise lecture de l’histoire du monde islamique ? Après tout, le concept du califat faisait partie d’un jeu politique.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact.

Journaliste : Les Ottomans ont joué leur jeu pour apporter une justification à un pouvoir politique exerçant au nom du « Califat ». Cela suffit. Ils nous ont tués avec ce rêve dénué de sens.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Il est effectivement dénué de sens. C’est bien vrai, mais qui le comprend ? Nous avons un adage somalien qui dit : « Le mensonge va plus vite que la vérité. » Cette question a été soulévée dans les années 1920. Mais jusqu’à ce jour, c’est la question la plus importante pour les musulmans, où qu’ils se trouvent. Ainsi, comme je l’ai dit, dans l’islam, il n’y a pas… L’islam est une religion et non un Etat. Quiconque dit que l’islam est un Etat…

Journaliste : Ils disent que l’islam est une religion et un Etat.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Non, l’islam est juste une religion, comme toutes les autres.

Journaliste : Quant à l’Etat, c’est une affaire humaine.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Exact. L’islam spécifie-t-il une certaine forme de régime politique ? Non. […]

Journaliste : Vous dites que la laïcité serait la solution, qu’on le veuille ou non. […]

Abdisaid Abdi Ismaïl : La laïcité est la solution, que cela nous plaise ou pas. […] Nombreux sont ceux qui pensent que la laïcité porte atteinte à la religion et qu’elle s’oppose…

Journaliste : Les islamistes ont déformé l’image de la laïcité.

Abdisaid Abdi Ismaïl : C’est exact. Ils l’ont présentée comme étant opposée à la religion. Mais la vérité est que la laïcité est utile à la religion.

Journaliste : De quelle manière ?

Abdisaid Abdi Ismaïl : La croyance est une affaire personnelle. Mais si un gouvernement religieux vous force à faire ceci et à ne pas faire cela…

Journaliste : L’Etat laïc vous octroiera le droit de pratiquer votre religion.

Abdisaid Abdi Ismaïl : Oui, afin que vous puissiez adorer votre Dieu comme bon vous semble, prier comme bon vous semble, et effectuer vos rituels conformément à vos croyances personnelles. La beauté de la croyance vient de là.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:25

L’EI dans le Sinaï et ses relations avec la population locale : diffusion de l’idéologie de l’EI et lutte contre le soufisme

Par R. Green *

Dans toutes les régions soumises à son contrôle, l’Etat islamique (EI) s’est focalisé sur le prosélytisme et la diffusion de son idéologie auprès des résidents locaux. C’est aussi l’entreprise de la « Province du Sinaï » de l’EI, moins connue pour son prosélytisme que d’autres provinces. Ici comme ailleurs, l’activité idéologique de l’EI se concentre principalement sur l’éradication du soufisme, répandu dans le Sinaï depuis des siècles. La vidéo récemment diffusée par l’EI Sinaï, « La lumière de la charia », présente des exemples de prosélytisme auprès des habitants locaux et traite longuement du combat mené par l’organisation contre les soufis.

Prêcher l’idéologie de l’EI auprès des locaux

Dans une interview de décembre 2016 à l’hebdomadaire de l’EI Al-Naba, le directeur du département de la hisba de l’EI Sinaï a mis en exergue les activités du groupe dans la région : « Les soldats de l’Etat islamique ont dirigé des cours religieux afin de prêcher au peuple et de lui enseigner sa religion, conjointement avec différents centres de dawa et de hisba [propagande religieuse], et nous prions Allah pour qu’Il accorde le succès à ces cours. En outre, nous imprimons et distribuons des brochures et des tracts de dawa sur les questions de foi, menons des tournées de prêche à travers le pays, focalisées sur l’instauration du tawhid [monothéisme islamique] au sein de la population musulmane, et mettons en garde [cette population] contre l’idolâtrie et les différentes formes d’hérésie. » [1]

La vidéo de la Province du Sinaï « La lumière de la charia » donne des aperçus des prêches et montre des activistes s’exprimant devant une foule dans un village ou donnant une leçon de théologie à des locaux dans une mosquée. Notons que les prêcheurs sont accompagnés d’hommes armés, ou ont le visage couvert.

 

 

La guerre contre le soufisme

Le courant salafiste-djihadiste vise à purger l’islam de ce qu’il considère comme des éléments polythéistes, et cible par conséquent vigoureusement le courant soufi. Les salafistes-djihadistes, y compris l’EI, considèrent les soufis comme des hérétiques, notamment du fait de leur vénération des saints, qu’ils considèrent comme un culte extérieur à celui d’Allah. Dans toutes les régions placées sous son contrôle, l’EI détruit systématiquement les tombes des saints soufis, ainsi que les sites et édifices cultuels appartenant aux tariqas [confréries] ou aux ordres soufis. L’approche de l’EI Sinaï ne fait pas exception à la règle.

L’EI fait exploser un mausolée dans le Sinaï, dans le cadre de sa guerre contre ce qu’il considère comme un culte non islamique.

L’EI fait exploser un mausolée dans le Sinaï, dans le cadre de sa guerre contre ce qu’il considère comme un culte non islamique.

Le 18 novembre 2016, la Province du Sinaï de l’EI a publié des photos de la décapitation d’un sage soufi dans le Sinaï, Sulaiman Abu Haraz, kidnappé un mois auparavant.[2] Les photos, qui ont suscité l’indignation dans le Sinaï, en Egypte et dans le monde arabe, constituaient une nouvelle étape dans la guerre en cours menée par les djihadistes contre les soufis, qui inclut la destruction d’édifices, des menaces contre les membres des confréries soufies, des kidnappings et des meurtres de cheikhs, etc.

L’interview du directeur du département de la hisba de l’EI-Sinaï, publiée plusieurs semaines après la décapitation, est largement consacrée au combat contre les soufis.

Interrogé sur le traitement que les moudjahidines du Sinaï réservent aux soufis, le chef du département de la hisba répond : « Après la guerre de djihad menée par les moudjahidines pour faire régner la parole d’Allah, ils ont combattu les chefs de l’incroyance, y compris les tyrans qui gouvernent autrement que selon les lois d’Allah, sont arrivés au pouvoir dans plusieurs parties du Sinaï et y ont acquis de l’influence. Ils ont œuvré pour y instaurer la religion d’Allah, retirer les symboles de l’idolâtrie et de la jahiliyya [période pré-islamique] et étaient profondément déterminés à ne laisser aucune confrérie soufie sur la terre où flotte la bannière du djihad. Les moudjahidines ont commencé à prêcher auprès de ces soufis, qu’ils soient membres de la confrérie Ahmadi ou Jariri. Certains ont répondu aux prêches en se repentant immédiatement, une fois que les moudjahidines leur ont expliqué les maux du polythéisme. Mais d’autres ont choisi de s’éloigner de la religion d’Allah et du commandement de prêcher le monothéisme. »

« A ce moment, les soldats de l’EI se sont déployés, ont installé des points de passage sur les routes, capturé tous leurs dirigeants et les ont emprisonnés pendant trois jours afin de les forcer à se repentir. S’ils se repentaient, [ils étaient libérés] et sinon, ils étaient exécutés. »

« Louange à Allah, ils se sont repentis le premier jour, et avec eux, leurs fidèles ont expié leurs erreurs et leur hérésie, une fois que les moudjahidines leur ont offert des explications sur l’idolâtrie qui les affligeait et sur sa malfaisance, louange à Allah. »

Quelques grands centres de paganisme soufi existent en dehors de la domination du Califat dans le Sinaï et en Egypte, et avec la permission d’Allah, ils deviendront les cibles des soldats du Califat lorsqu’ils conquerront ces territoires [et les soumettront à] la hisba et aux opérations de djihad, afin de ramener les gens de l’obscurité vers la lumière.

Selon un membre d’une confrérie soufie de la ville de Cheikh Zuweid, le conflit entre l’EI-Sinaï et les soufis a atteint son apogée début octobre 2016, lorsqu’un « groupe appartenant à l’Etat islamique a attaqué des centres soufis au sud-est de Cheikh Zuweid et les a empêchés de procéder aux cérémonies du dikhr, et à toutes les activités et rituels qui leur sont propres. Cela a atteint le stade des échauffourées et d’un échange de coups, et le lendemain, les activistes de l’EI ont kidnappé sept officiels d’un des centres soufis. » Ils ont demandé qu’ils « fassent ce qu’on leur dise », à savoir s’abstenir de toute activité soufie et les ont menacés « et quiconque ne se pliera pas à ces exigences » de « punitions prévues par la charia ». Il a ajouté que les sept ont été libérés après avoir accédé aux demandes, mais que le cheikh Abou Haraz a néanmoins été kidnappé quelques jours plus tard. [3]

Un habitant de Cheikh Zuweid a déclaré que les ravisseurs d’Abou Haraz étaient deux de ses fils qui avaient rejoint l’EI, et qu’ils l’ont kidnappé après l’avoir exhorté à cesser ses rituels soufis. D’autres ont affirmé que son corps n’avait pas été rendu à sa famille après la décapitation, de crainte qu’on lui érige une tombe.[4]

Les attaques ciblées contre les Soufis du Sinaï, en particulier dans la ville de Cheikh Zuweid et les villages avoisinants, prenaient plusieurs formes. Les résidents locaux ont raconté comment des hommes masqués et armés enlevaient des hommes participant aux rituels soufis, comment des explosifs étaient placés à l’extérieur des mosquées soufies et les tombes des saints étaient détruites. Des incidents similaires se sont produits également dans la région de Bir Al-Abd ; à l’extrême ouest de la partie nord-est du Sinaï, qui est la zone usuelle des opérations de l’EI dans le Sinaï. Le résident local Abou Marwan a affirmé que des hommes armés avaient tiré des roquettes contre une mosquée soufie à El Arish, ajoutant qu’ils « avertissaient régulièrement les gens de ne pas accomplir de rituels soufis dans les mosquées ».[5]

Un résident du Sinaï a affirmé que des « extrémistes salafistes » avaient attaqué un groupe de Soufis pendant un rituel dans une mosquée de Cheikh Zuweid, menaçant de tuer les fidèles s’ils poursuivaient leurs rituels soufis, et les accusant d’hérésie et de fausses croyances. Il a ajouté : « Nous avons dû nous soumettre à eux. Que pouvions-nous faire d’autre sous la menace des armes ? »[6]

Forcer les soufis à renoncer à leurs croyances

Les incidents décrits ci-dessus par les membres des tariqas soufies, et d’autres incidents similaires, figurent dans la vidéo « La lumière de la charia », dans laquelle l’EI-Sinaï se vante des méthodes violentes employées par ses membres contre les soufis. Dans la vidéo, le membre de l’EI-Sinaï Abou Moussab Al-Masr, du département de la hisba, déclare : « Le phénomène du soufisme fait partie du polythéisme et de la bida [innovation], contre lesquels les soldats du Califat au Sinaï se dressent… La première chose que nous avons faite à l’égard des soufis était de les appeler à [respecter] le monothéisme et à se conduire selon la Sunna du prophète et abandonner le polythéisme. Certains ont répondu à l’appel, mais d’autres ont persisté dans leur polythéisme et leur bida. Les soldats de l’Etat islamique les ont immédiatement arrêtés. Nous les avons attrapés et les avons appelés à se repentir. »

Dans la vidéo, l’on peut voir l’un des commandants de l’EI-Sinaï [7] briefer un groupe d’hommes armés, avant une opération pour enlever des soufis et les forcer à abandonner leurs croyances. Il leur dit : « Par la grâce d’Allah, nous, dans la Province du Sinaï, appliquons les lois d’Allah. Nous nous rendons, avec la permission d’Allah, chez ces soufis qui prétendent qu’Allah a des associés, qui adressent leurs prières à d’autres [entités] qu’Allah, qui cherchent l’assistance d’autres [entités] hormis Allah et qui communiquent avec ceux qu’ils qualifient de justes. Nous les avons abordés dans le passé, et leur avons expliqué qu’il s’agissait de polythéisme. Cette fois, nous allons les voir en force, car ils ont repris leurs pratiques [égarées], alors même que nous leur avions expliqué à plusieurs reprises qu’il s’agissait de polythéisme. Nous irons les voir en force, les emmènerons puis les appellerons à se repentir, et attendrons ensuite quelques jours. S’ils se repentent – [tant mieux], sinon – ils seront tués. »

Ensuite, la vidéo montre l’enlèvement de nuit, sous la menace des armes, d’un groupe de soufis au cours d’une cérémonie religieuse. Ils sont transportés dans un bâtiment où ils assistent à un sermon d’un agent de l’EI. Il prêche devant eux, leur explique qu’ils sont accusés d’apostasie et leur demande de se repentir. A la fin de la vidéo, les soufis signent un document dans lequel ils se repentent de leurs péchés, s’engagent à abandonner les coutumes et les croyances soufies, et donnent l’accolade aux hommes de l’EI.

L’enlèvement des soufis.

L’enlèvement des soufis.Un agent de l’EI livre un sermon aux soufis enlevés.

Ceci est un extrait de document JTTM (Jihad and Terrorist Threat Monitor) réservé aux services abonnés. Pour plus d’informations, contacter contact@memri.fr.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Al-Naba numéro 58, 8 décembre 2016 ; p. 8-9.
[2] Voir rapport de MEMRI JTTM ISIS Sinai Beheads An Elderly Sufi Sheikh, 19 novembre 2016.
[3] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[4] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[5] Alaraby.co.uk, 8 décembre 2016.
[6] Al-Arab (Londres), 25 octobre 2016.
[7] La position haut placée de cet homme est indiquée par le fait qu’il est filmé dans le noir et que sa voix a été déformée.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 12:16

Un éditorialiste jordanien : la société arabe doit se mobiliser pour combattre l’extrémisme et le terrorisme ; les condamnations ne suffisent pas

 

Dans le contexte de l’attaque perpétrée par l’EI le 26 mai 2017 dans le gouvernorat égyptien de Minya, au cours de laquelle environ 30 Coptes ont été tués, Jihad Al-Mansi, rédacteur en chef des questions parlementaires et éditorialiste du quotidien jordanien Al-Ghad, a critiqué l’impuissance de la société arabe face à l’extrémisme qui s’y répand. Soutenant qu’il ne suffit pas de condamner le terrorisme, mais qu’il faut prendre des mesures tangibles pour l’éradiquer, il appelle les Arabes à cesser de rester silencieux face à ceux qui répandent la culture du terrorisme et de la haine de l’autre, et à agir contre tous les éléments qui expriment leur sympathie pour l’EI. Extraits :[1]

Il ne suffit pas de continuer à condamner les meurtres systématiques perpétrés par les organisations extrémistes maudites en Egypte, comme l’assassinat de Coptes pacifiques et de leurs enfants à la veille du début du Ramadan. Il ne suffit pas de rester silencieux devant que ces organisations terroristes salafistes font en Syrie et en Irak, à Manchester, en Grande-Bretagne et ailleurs. Il ne suffit pas de dire qu’elles ne représentent pas l’islam, si aucune mesure concrète n’est prise pour affronter l’étendue de la déréliction qui augmente et se répand sous nos yeux chaque jour, [et] si nous ne mettons pas fin à la prise en otage de l’islam par les représentants de ce même groupe [extrémiste], alors que nous leur permettons de souhaiter [qu’Allah sème] la ruine et le désastre sur les chiites, les chrétiens et d’autres.

Il est temps de cesser de fermer les yeux sur les actions de ces assassins qui veulent provoquer un conflit ethnique en Egypte, comme la guerre communautaire qu’ils ont déclenchée en Irak et en Syrie. Il est également temps de cesser de fermer les yeux sur les écoles extrémistes de pensée dont tout le monde connaît l’existence, tout comme le fait qu’elles influent sur les conceptions des assassins. Cela suffit de se focaliser uniquement sur le crime et non sur ses causes, et sur ceux qui incitent à le commettre ! De la même manière, il ne suffit pas de publier des communiqués de condamnation sans prendre de mesures actives pour mettre un terme à la propagation de ces assassins, pour extirper leur incitation et l’étouffer dans l’œuf et atteindre ceux qui financent et recrutent ces gens maudits, pour répandre le meurtre dans le monde entier et semer la division à satiété.

Nous devons cesser d’enfoncer nos têtes dans le sable et de croire les discours de certains pays, alors que nous savons bien tous, secrètement ou ouvertement, qu’ils soutiennent les idées extrémistes, et qu’ils sponsorisent les écoles de pensée qui ont permis à ces assassins de sortir de leurs terriers et qui ont instillé dans leurs cerveaux [l’idée] que les chrétiens, les coptes, les chiites, les alaouites et tous ceux qui n’acceptent pas leurs opinions et leurs idées, même s’ils sont musulmans sunnites, doivent être tués.

Chacun sait qu’il existe encore parmi nous des écoles salafistes fondamentalistes – au bénéfice desquelles des millions de dollars ont été gaspillés – qui accusent d’hérésie tous ceux qui ne sont pas d’accord, et pourtant nous persistons à publier des déclarations les condamnant, tout en nous abstenant d’appeler un chat un chat. Il est temps de dire à ces gens : vous soutenez le terrorisme et l’extrémisme, vous entretenez les assassins et leur facilitez la vie au moyen de ces mêmes écoles de pensée fondamentaliste où ils développent leur vision du monde et leurs idées, et qui n’ont pas leur place dans un monde moderne aspirant à la paix et à la stabilité.

Dans cette grande patrie qui s’étend entre l’océan et le Golfe, nous avons eu assez de déformation des faits, nous avons assez gardé le silence. Il est temps de déclarer à ces assassins et à ceux qui les soutiennent : cessez votre incitation à la haine communautaire et sociale, cessez le bain de sang [causé] par le soutien à l’extrémisme, cessez de penser qu’il est permis pour un homme d’en tuer [un autre], cessez d’emprisonner les femmes et de les priver de leurs droits, cessez de tuer des enfants et de détruire nos pays arabes.

Nous ne voulons pas nous contenter de l’affirmation selon laquelle ils déforment la religion [musulmane] et rien de plus, même s’ils le font effectivement. Nous attendons des positions claires, un sens [moral] exact et la présentation de l’image authentique de l’islam – la religion que nous connaissons tous et non celle de ceux qui voudraient nous ramener des siècles en arrière. Ce sont ceux qui perçoivent la femme [comme un objet] pour leur plaisir et rien de plus, et le chrétien comme une cible pour leur soif de meurtre. Nous avons eu assez de silence. Cherchons dans les livres étudiés par tous ces cercles, pour trouver ceux qui veulent semer [parmi nous] les germes de la division. Analysons nos [chaînes] télévisées une à une pour savoir quelles sont celles qui sèment les germes de la haine et de l’extrémisme. Souvenons-nous qu’il y a un certain temps, un prédicateur a déclaré que 99 % de ses frères (et non nos frères) de l’EI sont des fidèles musulmans sincères [le prédicateur en question est Adnan Al-Arour, Syrien vivant en Arabie saoudite, qui a affirmé cela dans une interview à une chaîne télévisée d’opposition syrienne en janvier 2014]. Des gens comme eux ont encore droit de cité dans le monde arabe, par le biais de diverses chaînes télévisées [qui leur offrent] une plateforme pour s’adresser aux jeunes Arabes et diffuser leurs idées, leur vision et leur conception du monde. Et après cela, nous affirmons que nous voulons combattre le terrorisme et l’EI…

Il est impossible de combattre le terrorisme et l’extrémisme, tant qu’il subsistera une seule personne autorisée à diffuser son poison et ses idées extrémistes dans le monde arabe, et qui aura le droit d’influencer nos fils et nos filles et de les recruter sous couvert de religion et de défendre la religion [musulmane].

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 05:31

Campagne de solidarité de l’Autorité palestinienne avec les prisonniers palestiniens, gorifiant des « héros » incarcérés pour le meurtre de civils

Par : C. Jacob *

Le 17 avril 2017, quelque 1 500 prisonniers de sécurité palestiniens incarcérés en Israël ont lancé une grève de la faim, sous la direction du membre du Comité central du Fatah Marwan Al-Barghouti, qui purge cinq peines d’emprisonnement à perpétuité pour meurtres. Le moment choisi pour conduire cette grève qui a pris fin 41 jours plus tard, le 27 mai, n’arrangeait pas l’Autorité palestinienne (AP), qui redoutait qu’elle ne déclenche des émeutes violentes au moment où le président américain Donald Trump accueillait le président de l’AP Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, ou lors de la visite ultérieure de Trump à Bethléem dans le cadre de ses efforts pour relancer les négociations israélo-palestiniennes. Une autre crainte de l’AP était que Barghouti – qui a lancé la grève et l’a menée – ne s’en attribue tout le mérite, au détriment de l’AP ou d’Abbas en personne [1].

Néanmoins, l’AP et le Fatah, qui n’auraient pu rester indifférents à la grève sans susciter l’indignation des Palestiniens, ont lancé une campagne de soutien aux prisonniers. La campagne incluait l’installation de campements de solidarité dans toute la Cisjordanie, où les représentants du Fatah et de l’Autorité palestinienne ont pu prononcer leurs discours et les familles des prisonniers se retrouver. Elle incluait aussi l’organisation d’activités de protestation telles qu’une grève générale, des défilés, des journées de colère, le blocage de routes, une marche vers la frontière d’Israël et d’autres points de frictions.

Par ailleurs, le gouvernement de l’AP, dirigé par le Premier ministre Rami Hamdallah, a annoncé une session gouvernementale ouverte tout au long de la grève des prisonniers, et le Conseil révolutionnaire du Fatah a appelé à l’escalade de la résistance populaire. En outre, le ministère palestinien des Affaires étrangères a chargé ses représentations à l’étranger de mener des activités de solidarité avec les prisonniers, et les représentants du Fatah et de l’AP ont appelé les délégations internationales à faire pression sur Israël afin qu’il réponde aux revendications des détenus.

La réaction de l’AP, dirigée par Abbas, à la grève de la faim des prisonniers, révèle la dualité de sa position vis-à-vis du terrorisme : s’il prend soin de déclarer son opposition à la violence et au terrorisme et de condamner les attentats et leurs auteurs dans le monde entier, dès lors qu’on évoque les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour terrorisme, y compris pour le meurtre de civils israéliens commis après les Accords d’Oslo, l’AP glorifie leurs actes, les présente comme des combattants de la liberté et place leur cause au sommet des priorités palestiniennes.

Cela se manifeste par des rencontres entre Abbas et les familles des prisonniers, [2] dont des terroristes coupables d’assassinats et ayant commis d’abjectes opérations terroristes ; cela passe aussi par la présentation de prisonniers au président Trump lors de sa visite dans la région, par des appels à l’émissaire américain au Moyen-Orient Jason Greenblatt, lors de la réunion entre Abbas et Trump le 25 mai, à exercer des pressions sur Israël pour qu’il réponde aux demandes des prisonniers, et aussi par un éloge dithyrambique de l’héroïsme et du sacrifice des prisonniers. [3]

Les quotidiens de l’Autorité palestinienne ont largement couvert la grève de la faim, par des unes, des articles, des photos et des caricatures, et présenté les prisonniers comme des victimes en grande souffrance, occultant ce faisant leurs cruels agissements terroristes qui les ont conduits en prison. Chaque jour,Al-Hayat Al-Jadida faisait le décompte, en première page, du nombre de jours de la grève de la faim, intitulée « La bataille Al-Hurriya Wal-Karameh » – bataille pour la liberté et l’honneur, qualifiant les prisonniers de « héros de la liberté et de l’honneur ». [4] En outre, des efforts ont été déployés pour sensibiliser le public à la grève, comprenant notamment l’édification d’une maquette de prison sur la place de la Nativité de Bethléem à la veille de la visite de Trump, [5] l’installation par la municipalité de Ramallah d’un panneau indiquant « Soutenez les prisonniers », et même une cérémonie de mariage d’un jeune couple dans l’un des campements de protestation, en signe de solidarité avec les prisonniers.

Tôt dans la matinée du 27 mai, après 41 jours de grève de la faim, la direction des prisonniers grévistes, menée par Al-Barghouti, a annoncé au directeur de l’Autorité des affaires civiles de l’AP, Hussein Al-Sheikh, la fin de la grève suite à un accord signé à l’issue de 20 heures de négociations entre les leaders des prisonniers et le service pénitentiaire israélien à la prison d’Ashkelon. Notons que dix des leaders des détenus, dont Barghouti, ont été transportés à la prison d’Ashkelon spécialement pour mener ces négociations.

Si les détails de l’accord n’ont pas encore été officiellement publiés, selon une annonce du président de l’Autorité des prisonniers de l’AP Issa Qaraqe, les prisonniers auraient obtenu 80 % de leurs exigences, dont la permission accordée aux familles de leur rendre visite deux fois par mois. Cette annonce, consécutive à la rencontre entre Al-Sheikh et Barghouti, précise que l’Autorité palestinienne financera une seconde visite mensuelle des familles des prisonniers, pour un montant de 6 millions de dollars. Des personnalités de l’ensemble du spectre politique palestinien ont exprimé leur satisfaction face à la grève et leur contentement face à ce qui est perçu comme une victoire des prisonniers dans leur combat pour améliorer leurs conditions.

Les versions palestinienne et israélienne de ce que les prisonniers ont obtenu divergent : selon les responsables israéliens, la seule réclamation ayant été satisfaite est celle de la visite mensuelle supplémentaire, financée par l’AP. Toutefois, les responsables palestiniens ont déclaré que les prisonniers avaient obtenu plusieurs améliorations relatives aux visites familiales, dont la levée de l’interdiction des visites des enfants de 140 détenus, des soins médicaux améliorés et de meilleures conditions de détention pour les adolescents et les femmes. [6]

*C. Jacob est chargé de recherche à MEMRI

Lire le rapport intégral en anglais

[1] Sur la rivalité entre Abbas et Barghouti, voir Special Dispatch No. 6376 – Marwan Barghouti: End Security Coordination With The Occupation, Strive For Comprehensive Intifada, 6 avril 2016.

[2] Voir Palestinian President ‘Abbas Meets With Terrorists And Terrorists’ Families, 8 mars 2017.

[3] Amad.ps, 25 mai 2017.

[4] A-Hayat Al-Jadida (AP), 12 mai 2017.

[5] Maannews.net, 23 mai 2017.

[6] Al-Ayyam (AP), 29 mai 2017.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 05:29

France : le magazine de l’EI Rumiyah fustige les « adorateurs de l’urne » et les invite au repentir

 

Le 10e numéro du magazine de l’État islamique (EI) Rumiyah a été diffusé le 7 juin 2017. Un court article publié dans la version française du magazine uniquement, intitulé « Ils ont choisi d’être polythéistes », fustige les musulmans ayant voté aux élections présidentielles françaises, les qualifiant de « polythéistes », et les appelle à se repentir. Avant les élections, les responsables des médias djihadistes francophones ont virulemment prêché contre toute participation aux élections. [1] Cet article fait écho à un article du précédent numéro de Rumiyah, qui avertissait les musulmans de France que la participation aux élections ferait d’eux des « infidèles » et les exhortait à attaquer les bureaux de vote [2]. Extraits du texte en français dans l’original :

« Des millions de polythéistes ont participé au culte des démocrates, les adorateurs de l’urne, en donnant leur voix à de faux dieux, qui rêvent d’être à la tête des législateurs, les idoles de notre siècle. Les élections [présidentielles] : une célébration diabolique dans laquelle Emmanuel Macron et Marine Le Pen étaient les maîtres de cérémonie.

Malheureusement, beaucoup de ceux qui se prétendaient partisans de l’islam ont choisi d’être polythéistes en embrassant cette nouvelle religion.

En effet, après avoir attesté qu’il n’y a pas de dieu digne d’adoration en dehors d’Allah et que Muammad est Son messager, et après avoir cru au Livre d’Allah [le Coran] dans lequel il est mentionné que le jugement n’appartient qu’à Lui Seul, que ceux qui ne jugent pas avec ce qu’Il a révélé sont mécréants, ils se sont laissés tromper, soit pas les imâms de la perdition, soit par leurs propres âmes corrompues par l’égarement.

Ô toi qui as annulé ta foi en participant au culte des polythéistes, es-tu prêt à rencontrer le Maître des mondes en ayant commis le plus grand péché qui ne te sera jamais pardonné ? Est-ce que l’orgueil qui t’a poussé à vouer un culte à un autre qu’Allah te poursuivra jusqu’à ta tombe ?

Repens-toi, car c’est le seul moyen de sauver ton âme de la géhenne. Mais pour cela, tu devras mécroire en toutes ces divinités que tu as adorées en dehors d’Allah. Redeviens monothéiste en reniant le culte des élections, en proclamant ton désaveu de cette religion, en prenant comme ennemis les adorateurs des urnes et en renouvelant ton attestation : « Je témoigne qu’il n’y a de dieu digne d’adoration en dehors d’Allah et je témoigne que Muammad est son messager. »

Notes :
[1] Voir MEMRI en français Campagne salafiste-djihadiste contre la participation des musulmans aux élections présidentielles françaises, 23 avril 2017.
[2] Voir MEMRI en français,
L’EI en ligne appelle à cibler candidats, électeurs et bureaux de vote le jour des élections françaises, le 7 mai 2017.

 

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13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 05:27

Un décret royal saoudien allège les exigences de tutelle pour les femmes ; réactions en Arabie saoudite

Par : B. Shanee *

 

Le 4 mai 2017, le roi Salman bin Abdel-Aziz d’Arabie saoudite a émis un décret royal assouplissant les exigences concernant la tutelle (wilaya) pour les femmes. Le décret impose à toutes les institutions gouvernementales du royaume de fournir des services aux femmes sans exiger le consentement de leurs tuteurs, sauf dans les cas où le consentement est requis par la loi de l’État fondée sur la charia islamique [1].

Le décret, signé par le roi Salman en sa qualité de Premier ministre saoudien, est historique en ce qu’il lève plusieurs restrictions que le système de tutelle (wilaya) impose aux femmes. La loi de l’État saoudien exige explicitement qu’une femme reçoive le consentement de son tuteur (mahram) – mari, père, grand-père, frère ou fils – dans un nombre restreint de cas, comme l’obtention d’un passeport, la sortie du pays et la contraction d’un mariage. Toutefois, dans la pratique, on exige des femmes le consentement du tuteur par écrit pour presque toutes les interactions dans la sphère publique, comme la recherche d’un emploi, l’ouverture d’un compte bancaire, l’obtention d’un traitement médical, un procès (y compris pour violences conjugales), l’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur ou un voyage dans les frontières du royaume. [2]

Au cours des neuf mois précédant la publication du décret, des militants saoudiens, hommes et femmes, avaient mené une campagne Twitter intensive pour protester contre le système de tutelle et son impact sur la vie des femmes, et exiger son abolition. Le décret a donc été accueilli avec enthousiasme par de nombreuses Saoudiennes sur Twitter, tandis que la nouvelle a été largement couverte par la presse saoudienne. Les réactions de la presse allaient de la joie et de l’espoir de la mise en application effective du décret à la critique de son insuffisance, vu qu’il ne garantit pas l’égalité totale entre hommes et femmes.

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