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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 01:43

Tandis qu’Alep vacille, le régime d’Assad se montre certain de sa victoire et de sa future influence internationale ; l’opposition reconnaît sa défaite

aleppo3

Par  N. Mozes et M. Terdiman *

Après six ans de guerre en Syrie, le régime du président syrien Bachar Al-Assad semble prendre le dessus sur les forces rebelles. Le soutien massif des alliés de l’Iran, de la Russie et du Hezbollah, lui a permis d’écraser presque totalement ses adversaires et de les repousser bastion après bastion. Les zones contrôlées par les rebelles ont été assiégées, et le transfert de l’aide humanitaire à leurs résidents interdit. Elles ont subi des raids aériens massifs, dont des attaques de bombes-barils et d’artillerie. Les efforts du régime se focalisent désormais sur Alep, où il a déjà repris plus des deux tiers de l’est de la ville. Dans le même temps, les alliés russes du régime concentrent leur offensive sur Idlib, devenue un important bastion des forces de l’opposition venues de toutes parts du pays, en vertu d’ « accords de réconciliation » avec le régime, lesquels n’empêchent toutefois pas les Russes de les attaquer dans le cadre de son soutien au régime.

Les nombreuses victoires militaires du régime, notamment à Alep, ont lieu dans un contexte de changement politique pour certaines superpuissances occidentales ayant dirigé le camp anti-Assad. Suite au triomphe présidentiel de Donald Trump, à la victoire présidentielle française anticipée de François Fillon et aux déclarations des deux indiquant leur volonté de coopérer avec Assad dans sa lutte contre l’Etat islamique, le régime syrien a pu espérer des changements en sa faveur dans la politique américaine et française vis-à-vis de la crise en Syrie. En outre, il est désormais de plus en plus convaincu que sa cause est juste et qu’elle l’emportera, et déterminé à remporter une victoire totale, sans négociations.

Tout au long de la guerre, alors même que la situation sur le champ de bataille et la scène diplomatique étaient au plus bas, le régime syrien n’a jamais vacillé, convaincu de son triomphe final. Aujourd’hui, cette assurance en la victoire n’a de pair que le découragement de l’opposition et de ses supporters, qui essuient des pertes croissantes sur le champ de bataille, la division dans leurs rangs, tandis que des voix de plus en plus nombreuses présagent une prochaine victoire d’Assad.

 

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 14:11

La vision régionale du régime islamique d’Iran et sa mise en œuvre militaro-politique – La doctrine idéologique : Exporter la Révolution ; l’Iran comme « Umm Al-Qura »

khomeini

Par Yigal Carmon, A. Savyon et U. Kafash * 

Depuis ses débuts, le régime de la Révolution islamique d’Iran défend l’idée d’exporter sa révolution dans l’ensemble du monde musulman. Cette doctrine est enracinée dans la pensée du fondateur de la Révolution, l’ayatollah Ruhollah Khomeini, notamment dans son livre Al-Hukuma Al-Islamiyya (Le gouvernement islamique, Beyrouth, 1979). Dans ce livre, il présentait sa conception niant l’existence de peuples et d’Etats en islam, et aspirant à réaliser l’unité islamique. Khomeini se définissait comme musulman, et non comme iranien ou chiite, et qualifiait la Révolution d’islamique et non d’iranienne ou chiite. Selon lui, le nationalisme est un complot impérialiste visant à affaiblir et à diviser le monde islamique, et l’unité islamique est le moyen de rendre à l’islam sa grandeur. Le régime en Iran est un tremplin pour parvenir à une « révolution islamique globale », et l’exportation de la Révolution est l’outil permettant d’atteindre l’unité islamique.

Ce concept, que les idéologues révolutionnaires iraniens ont dénommé Umm Al-Qura – l’un des noms de la Mecque – considère que l’Iran est la Mecque véritable, à savoir qu’il est le pôle religieux, spirituel et politique du monde musulman. Ces idéologues ont présenté une vision et une mission pour répandre l’islam chiite révolutionnaire dans l’espace géographique et religieux du monde musulman.

Selon cette doctrine, l’Iran s’attribue le rôle de dirigeant du monde de l’islam sunnite, fondé sur la Mecque et sur le rôle historique de cette ville dans l’histoire musulmane, dans le cadre du conflit religieux et politique qui s’étend sur des générations entre le chiisme et le sunnisme. Cela constitue aussi une strate supplémentaire de la discussion philosophique interne au monde musulman sur la forme qu’un régime islamique doit revêtir, et sur la manière de reconstruire le monde musulman, après des siècles de défaites récurrentes face à la civilisation occidentale.

En principe, la vision islamique globale, partagée tant par les sunnites que par les chiites, est que l’islam ne définit pas seulement des frontières souveraines, mais exige également la loyauté des musulmans qui vivent en dehors des frontières de l’Etat islamique et leur obédience au souverain de cet Etat.[1] Aussi il n’est pas étonnant que le concept d’Umm Al-Qura, en tant que centre politico-religieux du monde musulman tout entier, ait été développé à l’époque moderne par le penseur sunnite Al-Rahman Al-Kawakibi à la fin du 19e siècle, à la veille de l’effondrement de l’empire ottoman, dernier califat islamique. Dans son livre Umm Al-Qura, publié en 1901, Al-Kawakibi propose une doctrine visant à restaurer le statut de l’islam et des musulmans, focalisée sur le rétablissement des Arabes, dont l’identité ethnique distincte et unique n’est pas partagée par les autres peuples musulmans, comme dirigeants du monde islamique et sur le retour des musulmans à l’islam salafiste des origines. Dans la pensée d’Al-Kawakibi, deux aspects idéologiques ont nourri deux mouvements différents du monde arabe et musulman à l’époque moderne : le mouvement national arabe anti-impérialiste, et le mouvement salafiste musulman, d’où ont émergé les différents mouvements islamistes djihadistes.

Al-Kawakibi (Photo : Aljazeera.com)

Le concept d’Umm Al-Qura a été adopté et mis à jour par les idéologues révolutionnaires iraniens, lesquels l’ont adapté aux besoins de la Révolution islamique iranienne. Ainsi, l’ayatollah Sadeq Taqi Mesbah Yazdi a publié, à l’automne 1996, un article intitulé « Les compétences du juriste théologien [Vali-e Faqih] en dehors des frontières [de l’Etat] », dans le journal Islamic Regime du Centre de recherche scientifique de l’Assemblée des Experts.[2] Dans son article, Mesbah Yazdi a souligné le fait que les musulmans étaient obligés de prêter allégeance (la baya) et d’obéir au souverain musulman, indépendamment des frontières géographiques, de l’affiliation ethnique, de la langue ou de tout autre facteur. Il affirmait : « Du point de vue de l’islam, l’élément principal pour l’unité de la oumma et de la société islamique est l’unification de la foi, et il n’y a aucune validité dans l’unité des Etats et dans l’existence des frontières géographiques, qu’elles soient naturelles ou conventionnelles… Si un certain Etat islamique est dirigé par le Juriste-théologien, son dirigeant a la suprématie… Par conséquent, ses ordres sont contraignants pour tout musulman, et même les musulmans des pays non musulmans doivent lui obéir. » [3]

L’ayatollah Mohammed Taqi Mesbah Yazdi (Photo : Farsnews.com)

Notons que la conception des idéologues iraniens de l’Umm Al-Qura n’est pas dirigée contre l’Occident impérialiste – à savoir, les Etats-Unis, Israël, etc. – mais qu’il s’agit plutôt d’un camouflage des efforts de l’Iran pour étendre son hégémonie du territoire iranien chiite au sein du monde islamique, aux dépens de l’hégémonie sunnite historique qui a prévalu au Moyen-Orient pendant 14 siècles. Même si la haine de l’Amérique, le Grand Satan, et d’Israël, le Petit Satan, ainsi que l’antisémitisme, sont des éléments centraux de l’idéologie du régime révolutionnaire islamique en Iran, le concept d’Umm Al-Qura, qui traite du conflit historique chiite-sunnite, n’est pas dirigé contre eux.

Drapeaux israéliens et américains brûlés (Photo : ISNA, Tasnim, Iran, 1er juillet 2016)

La haine des Etats-Unis et d’Israël est un point idéologique central, qui utilise le concept d’Umm Al-Qura pour camoufler l’aspiration iranienne chiite à étendre l’hégémonie iranienne aux dépens de l’hégémonie sunnite dans la région. Le dialogue avec les Etats-Unis et même avec Israël est possible et a été entrepris dans le passé lorsque c’était nécessaire, mais l’hostilité iranienne chiite envers l’islam sunnite dans la région et le combat contre ce dernier sont des questions existentielles, en ce qui concerne l’Iran révolutionnaire.

Les porte-parole iraniens veillent à ne pas présenter le concept d’Umm Al-Qura comme une doctrine iranienne destinée à étendre l’hégémonie de l’Iran. Afin de dissimuler leur véritable objectif, et de maintenir les musulmans sunnites dans l’obscurité et de les recruter au service du combat iranien pour l’hégémonie régionale, l’ayatollah Khomeini a forgé le proverbe « Le chemin de Jérusalem passe par Karbala” – à savoir, le combat pour l’objectif islamique final (Jérusalem) passe par le contrôle iranien des zones qui ont été historiquement soumises à l’hégémonie sunnite (Karbala en Irak). Ce slogan est répété par les officiels du régime et par les dirigeants militaires iraniens jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, même l’implication iranienne chiite dans les combats contre l’Etat islamique sunnite (EI), présentée par le régime iranien comme un combat justifié contre le terrorisme, constitue une couverture pour l’aspiration iranienne chiite à l’hégémonie régionale, en éliminant délibérément tout centre de pouvoir sunnite dans la région des combats – l’Irak, la Syrie et le Yémen – afin de créer un espace continu d’hégémonie iranienne allant de l’océan indien à la Méditerranée.[4]

Cette stratégie n’était pas totalement claire, car l’Iran s’est abstenu de toute implication directe dans les conflits entre sunnites et chiites, agissant uniquement par le biais d’intermédiaires – et ses porte-parole ont publiquement nié toute action de la sorte et souligné que l’Iran n’avait jamais déclenché de guerre contre ses voisins. Mais cette stratégie a récemment été révélée au grand jour, lorsque l’Iran a commencé à s’impliquer militairement dans les zones de conflit sunnites-chiites. Au cours des dernières années, des officiels iraniens haut-placés ont commencé à afficher ouvertement cette stratégie.

Ainsi, par exemple, Ami Yousseni, conseiller du président iranien Hassan Rohani et ancien ministre des Renseignements, a affirmé en mars 2015 que l’Iran était de nouveau devenu un empire, comme par le passé, et que sa capitale, l’Irak, « était le pôle du patrimoine, de la culture et de l’identité iranienne ». Il a souligné que l’islam iranien était le pur islam, dénué de tout arabisme, racisme ou nationalisme.[5]

Ali Younessi, conseiller du président iranien Hassan Rohani (image : En.alalam.ir)
Ali Akbar Velayati (Photo : Farsnews.com)

Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême iranien Ali Khamenei, a affirmé en février 2013 : « L’Iran a planifié ses positions défensives à l’extérieur de ses frontières et lié son destin à celui des pays islamiques, et par conséquent, il soutiendra les dirigeants comme le [président syrien] Bachar Al-Assad jusqu’à la fin. » [6]

L’ayatollah Mohammed Baqr Kharazi, directeur-général du Hezbollah en Iranet membre de l’élite du régime iranien, a présenté en 2010 un plan pour établir un « Grand Iran » au Moyen-Orient, en Asie centrale, dans le Caucase et en Afghanistan, dans une première étape, avant de créer une union des pays islamiques sous la direction de l’Iran.[7] En 2013, il a promis que s’il était élu président, il ramènerait le Tadjikistan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan sous la souveraineté iranienne. [8]

Mohammed Baqr Kharazi, directeur général du Hezbollah (Photo : ISNA, Iran, 9 février 2013)

Le 2 mai 2014, Yahyah Rahim Safavi, conseiller de sécurité du Guide suprême iranien Ali Khamenei et ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI), a affirmé : « La ligne de défense de l’Iran contre Israël s’étend jusqu’au Sud-Liban, et notre profondeur défensive stratégique atteint la Méditerranée et passe par-dessus Israël. » [9]

Ali Saidi, représentant de Khamenei au sein du CGRI, a affirmé en août 2015 que la profondeur stratégique de l’Iran était située au Yémen, au Liban, à Gaza, à Bahreïn et en Syrie.[10]

Ali Saidi (Photo : Press.tv.ir)

Le commandant du CGRI, Ali Jafari, a affirmé le 15 septembre 2014 que « les missions de [l’unité d’élite du CGRI] la Force Qods étaient au-delà des frontières de l’Iran et qu’elle aidait les mouvements révolutionnaires, les mouvements de résistance, et les opprimés dans le monde entier. Que ce soit en Syrie, en Irak, au Liban, si notre aide est nécessaire, nous l’apporterons. »[11]

Le commandant du CGRI Ali Jafari (Photo : En.trend.az)

Mohammed Ali Falaki, général du CGRI à la retraite et membre de l’élite militaire iranienne, a abordé en août 2016 le sujet de l’Armée de libération chiite que l’Iran a créée pour mener la guerre sur trois fronts au Moyen-Orient – en Syrie, en Irak et au Yémen – sous le commandement du dirigeant de la Force Qods, Qassim Soleimani, et sous la supervision du Guide suprême Khamenei.[12]

Hossein Hamdani, ancien commandant du CGRI à Téhéran, a révélé lors d’une conférence du régime en mai 2014 à Hamadan l’étendue de l’implication de l’Iran en Syrie. Il a déclaré que l’Iran opérait en Syrie par souci des intérêts de la Révolution islamique et qu’il avait établi des milices populaires, dénommées le second Hezbollah, dans 14 districts de Syrie, totalisant 70 000 hommes.[13]

Hossein Hamedani (Photo : Iranbriefing.net)

Mehdi Taeb, dirigeant du think-tank Ammar Base lié à Khamenei et frère du directeur des renseignements du CGRI, Hossein Taeb, a déclaré en mars 2013 que la Syrie était « le 35e district [de l’Iran] et un district stratégique pour l’Iran », et a souligné que sa perte entraînerait la perte de Téhéran.[14]

Mehdi Taeb (Photo : Nowruziran.wordpress.com)

En outre, l’escalade du conflit irano-saoudien dans ses différents aspects, tant politiques que militaires, a également exposé des aspects supplémentaires de cette stratégie (voir Annexe : Rapports de MEMRI sur le conflit irano-saoudien).

Au-delà de ces déclarations, l’approche de l’Iran se manifeste sur le terrain par son implication militaire dans différentes zones de combat dans la région – en Irak, Syrie, au Liban et au Yémen – dans ses investissements considérables et dans le prix élevé qu’il paie en victimes chiites, venant de l’Iran et du monde musulman tout entier.[15]

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 14:09

Des femmes en robes de mariée tachées de sang manifestent contre la loi libanaise disculpant les violeurs qui épousent leurs victimes

mariees

Une campagne contre l’Article 522 du code pénal libanais permettant aux violeurs d’être disculpés s’ils épousent leurs victimes a marqué des points le 7 décembre, après l’annonce par la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice de la décision d’abolir l’article, rapporte un reportage diffusé sur Al-Arabi Al-Yawm. Le 6 décembre 2016, une manifestation a été organisée par l’association ABAAD ; des femmes debout dans la rue, dans des robes de mariée tachées de sang, portaient des pancartes indiquant : « Une robe blanche ne couvre pas le viol ». Des séquences de la manifestation ont été diffusées par Al-Jadeed/New TV. Extraits :

L’article 522 du code pénal libanais exempte de peine un violeur qui épouse sa victime.

Voix-off : Avec cette vidéo, qui reflète le sentiment de toute femme forcée d’épouser son violeur, l’association ABAAD a entamé sa campagne pour abolir l’Article 522 du code pénal [libanais]. Cet article stipule qu’un violeur est exempté de peine s’il épouse sa victime. La campagne s’est rapprochée de son objectif, après l’annonce par la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice de sa décision d’abolir l’article. Les détails seront délibérés mercredi prochain, avant d’être renvoyés au parlement pour ratification. Ce n’est pas la première fois que des campagnes civiles sont parvenues à opérer un changement législatif au Liban.

Ces campagnes recourent à différents moyens, comme des manifestations, des sit-in symboliques et diverses activités, pour éveiller la conscience populaire et exercer des pressions sur les décisionnaires.

Voix-off 2 : « Une robe blanche ne couvre pas un viol. Undress522 » : Avec ce slogan, l’association ABAAD a repris son activité, par une manifestation silencieuse sur la place Riad Al Solh [de Beyrouth], demandant l’abolition de cet article, et le droit, pour les rescapées de viols, de refuser d’épouser leurs violeurs.

Activiste Hiam Bakt : Nous sommes venues dire : ne nous mariez pas à notre violeur. Je pense qu’il doit être exécuté ou condamné à la prison à vie dans un cachot. Ce qui compte, c’est qu’il soit jugé. Une personne nous fait du mal, nous cause un dommage psychologique et nous rend malades. Nous ne pouvons plus manger, boire ou penser. Tout ce que nous faisons, c’est nous demander : qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Est-ce parce que nous sommes faibles ? Nous ne sommes pas faibles. Nous sommes fortes. Une fois, alors que j’étais allongée à l’hôpital, un infirmier m’a harcelée sexuellement. Il m’a attaquée pendant mon sommeil.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 14:04

Le professeur égyptien Ragheb El-Sergany : L’Europe doit sa science, ses valeurs morales et son hygiène aux musulmans

ragheb

Le chercheur égyptien Ragheb El-Sergany a déclaré que l’Europe n’avait accédé aux sciences et aux valeurs morales que par le biais des musulmans. Selon El-Sergany, professeur à la Faculté de médecine de l’Université du Caire, ce sont les musulmans qui ont fait connaître la notion d’hygiène à l’Europe, où les gens se lavaient seulement deux fois par an. L’interview d’El-Segany a été diffusée sur la chaîne Al-Aqsa du Hamas le 24 novembre 2016. Extraits :

Journaliste : L’apparition de l’islam a marqué un nouveau début pour le monde entier, en termes de progrès, de développement et de prospérité. L’islam a arraché la Péninsule arabique et le monde en général aux griffes des ténèbres et de l’ignorance, les faisant passer de l’obscurité à la lumière. Comment l’islam a-t-il réussi cela ? Quelle est la source qui a abreuvé l’islam, lui permettant de répandre sa civilisation et sa lumière ?

Ragheb El-Sergany : Au nom d’Allah, que les prières soient sur Son Messager. Quiconque considère la voie de la nation islamique et la montée de la civilisation de l’islam ne peut que marquer une pause, s’émerveiller et se demander comment cela a pu arriver. Effectivement, le fait que la nation islamique se soit ainsi développée, en l’espace de si peu d’années, est stupéfiant. Cela a soulevé des questions dans l’esprit de tous les commentateurs. Chaque non-musulman, qu’il soit d’Occident ou d’Orient, qui étudie la civilisation islamique, ne peut qu’être ébahi. Ils ont tous reconnu qu’il s’agissait d’un phénomène incroyable et non naturel. […]

L’Europe a découvert les sciences uniquement par le biais des musulmans. Elle a découvert les valeurs morales uniquement par les musulmans. Même sa connaissance de l’hygiène s’est faite via les musulmans. Imaginez seulement, en Europe, les gens ne se lavaient que deux fois par an.

Journaliste : Deux fois par an…

Ragheb El-Sergany : Ils avaient deux fêtes par an, à l’occasion desquelles ils se lavaient. En outre, ils croyaient que la saleté sur leurs corps était une bénédiction, et qu’elle garderait Satan à distance.

Journaliste : Une telle croyance existait vraiment ?

Ragheb El-Sergany : Oui. Voyez un peu la bassesse de la nature humaine. C’était ainsi en Europe, et ce sont les musulmans qui ont amené la notion de propreté en Europe. Lorsque les Européens sont entrés en contact avec les musulmans à Al-Andalus, ils ont remarqué que les musulmans faisaient leurs ablutions cinq fois par jour, et qu’ils se lavaient de diverses manières. […]

Le fait même que les rues et les vêtements soient propres est crucial en islam, et les Européens l’ont appris. Aujourd’hui, lorsque vous voyagez en Europe, dans des régions qui étaient peuplées de musulmans – au sud de l’Espagne, au sud de la France et en Sicile… Ils entretiennent la propreté là-bas plus que partout ailleurs en Europe.

Dans les hôtels et les maisons de ces régions, il y a un bidet près des toilettes, pour vous laver avec de l’eau. Dans le reste de l’Europe, vous vous nettoyez avec du papier après être allé aux toilettes. Ils n’utilisent pas d’eau. Dans les lieux où vivaient les musulmans, même si ce sont des lieux purement européens aujourd’hui, on utilise toujours de l’eau, car ils comprennent bien que c’est plus propre ainsi. Ils ont appris cela des musulmans.

L’esprit qui s’est répandu à travers le monde… Ils ont emprunté les sciences aux musulmans, ainsi que la conduite morale, les valeurs morales, les valeurs sociales, et les affaires avec les non-musulmans. Ce code moral, appliqué par la nation islamique, s’est plus tard répandu à travers le monde. Par conséquent, l’affirmation de Gustave Le Bon selon laquelle l’Europe doit sa civilisation aux musulmans n’a rien de surprenant. On peut dire la même chose du monde entier.

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:22

Un journaliste égyptien justifie Hitler et essuie les critiques de deux collègues

montasser

Salah Montasser, auteur et journaliste égyptien qui écrit notamment pour le quotidien officiel Al-Ahram, a récemment publié un article dans Al-Masri Al-Yawm, intitulé « La question que tout le monde ignore : pourquoi Hitler a-t-il assassiné les Juifs ? »

Dans son article, il soutient que la propagande juive a réussi à convaincre le monde qu’Hitler avait assassiné six millions de Juifs, alors que ce chiffre semble « invraisemblable », d’autant plus que la population juive d’Allemagne avant la guerre était inférieure à un quart de ce nombre. Citant des arguments avancés par « un ami allemand averti », il écrit que les nazis n’ont en réalité tué que 100 000 à 600 000 juifs, bien moins que le nombre d’Algériens tués dans la guerre d’Indépendance contre la France, ou que le nombre de Palestiniens tués par les Juifs dans le conflit entre les deux peuples.

Il ajoute, citant encore l’ami allemand « averti », qu’Hitler avait des raisons de haïr les Juifs : alors qu’ils ne constituaient que 2 % de la population allemande, ils auraient pris le contrôle des médias, du système judiciaire, de la presse et de l’industrie cinématographique, du monde du théâtre et de la littérature. Ils auraient propagé la décadence morale, l’homosexualité et la pornographie, et été responsables de l’effondrement des banques à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

L’article de Montasser a suscité les réactions de deux journalistes égyptiens. Dans un article intitulé « A la défense de la vérité », Dr Abd Al-Munim Saïd, président du conseil d’administration du quotidien égyptien Al-Masri Al-Yawm, a soutenu que l’article de Montasser pourrait être interprété comme une justification de ce qu’Hitler a infligé aux Juifs et raviver les mythes racistes du passé. Il a condamné l’usage de stéréotypes et de généralisations pour définir les peuples, notamment les Juifs, et soutenu que chaque individu devait être jugé selon ses propres actions.

Répondant aux propos de Montasser relatifs au nombre de Juifs tués dans l’Holocauste, il les a qualifiés de mensongers, soulignant que les nazis avaient exterminé non seulement les Juifs d’Allemagne, mais ceux de tous les pays qu’ils avaient occupés. Il a également infirmé sa comparaison avec le nombre d’Algériens tués dans la guerre d’Indépendance, pointant que, contrairement aux Algériens, les Juifs avaient été victimes d’un nettoyage ethnique systématique injustifiable. Enfin, il a souligné qu’Hitler avait assassiné non seulement les Juifs, mais d’autres populations, comme les Tsiganes et les communistes, tout en précisant que l’Holocauste des Juifs ne justifiait pas l’agression israélienne contre les Palestiniens.

Ossama Al-Ghazali Harb, président du conseil d’administration du plus grand parti égyptien, le Parti des Égyptiens libres, et rédacteur en chef du magazine politique Al-Siyassa Al-Dawliya, s’est pour sa part déclaré indigné par l’article de Montasser.

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:20

Fatwa à la radio de l’EI : Les femmes sont autorisées à regarder les vidéos de Daech

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La station de radio Al-Bayan de l’Etat islamique (EI), qui diffuse dans les territoires sous son contrôle et via des applications en ligne, présente divers programmes visant à informer et à endoctriner la population locale. Dans l’une des émissions régulières, « Fatwas sur les ondes », les religieux de Daech fournissent des réponses aux questions qui leur sont posées sur une variété de sujets relatifs à la loi islamique. Beaucoup de ces questions ont trait aux femmes et aux problèmes les concernant.

Ainsi a-t-il été demandé s’il est permis aux femmes de regarder des vidéos de l’EI. Le contenu extrêmement violent des vidéos est probablement perçu par de nombreuses personnes dans les milieux musulmans conservateurs comme inadapté aux femmes. Il semble toutefois que pour l’auteur de la question et l’érudit qui a rendu la décision, le problème porte sur le fait que des femmes regardent des vidéos où figurent des hommes – plutôt que sur la violence des scènes.

La date exacte de la diffusion de la fatwa sur Al-Bayan est inconnue. Ci-dessous la traduction d’une transcription téléchargée récemment d’une chaîne Telegram relayant les fatwas de l’émission.

Question : Les femmes sont-elles autorisées à regarder des vidéos de moujahidines ? Et quelle est la décision concernant les femmes qui regardent les hommes [en général] ?

Réponse : Certains chercheurs ont eu tendance à ne pas permettre aux femmes de porter leurs regards sur des hommes étrangers, et certains d’entre eux ont été enclins à interdire aux femmes de regarder des hommes inconnus si c’est par désir, à un moment ou en un lieu propice à la tentation. Mais si le regard est dépourvu de ces choses, regarder est permis [selon le second groupe d'érudits] (…)

L’imam Ibn Kathir et d’autres savants ont été enclins à permettre aux femmes de regarder des étrangers sans désir ; le Sahih [compendium de Hadith] relate que le Messager d’Allah regardait les Ethiopiens jouer avec leurs épées le jour de l’Aid dans la mosquée, et Aïcha, la mère des croyants, les regardait, pendant qu’il la protégeait d’eux, jusqu’à ce qu’elle s’ennuie et se retire… [Selon certains érudits], Aïcha avait 16 ans à l’époque.

Ce hadith fournit la preuve qu’il est permis aux femmes de regarder les hommes, étant donné qu’elles se trouvaient avec le Messager d’Allah dans la mosquée et qu’elles devaient forcément regarder les hommes. Si ce n’était pas permis, elles n’auraient pas reçu l’ordre de se rendre à la mosquée.

(…) par conséquent, il est fondamentalement permis aux musulmanes de regarder des vidéos de l’Etat islamique, même si elles contiennent des sermons, des préparatifs militaires ou des scènes de combats menés par les hommes de l’EI.

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 06:14

Interview du vice-président de MEMRI Alberto M. Fernandez : La guerre contre le djihad est idéologique ; une victoire militaire ne suffira pas

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On trouvera ci-dessous l’interview du vice-président de MEMRI, Alberto M. Fernandez, parue dans le magazine World le 21 novembre 2016.

L’ambassadeur Alberto Fernandez a grandi à Miami, après que les membres de sa famille eurent fui le régime communiste à Cuba en tant que réfugiés politiques, en 1959. Il a passé 32 ans au sein du service diplomatique américain, notamment en tant que directeur de la diplomatie publique au Moyen-Orient, ambassadeur en Guinée équatoriale, et coordinateur du Centre pour les communications stratégiques antiterroristes (2012-2015).

Fernandez a pris sa retraite du Département d’Etat l’an dernier et il est à présent vice-président de MEMRI, organisation à but non lucratif qui traduit les médias arabes et ceux des pays du Moyen-Orient en anglais, français et dans d’autres langues. Ci-dessous des extraits de l’entretien traduits de l’anglais.

Comment votre foi chrétienne influence-t-elle votre travail ?

J’ai servi sous les Républicains, les Démocrates ; certains étaient croyants et d’autres hostiles envers les chrétiens, voire méprisants. J’ai tenté de ne pas avoir honte de ma religion mais de l’assumer pleinement. En général, les non-chrétiens respectent ceux qui s’efforcent, avec humilité et sans honte, de respecter leur religion.

Pourquoi avez-vous été surnommé « porte-parole de la politique américaine au Moyen-Orient » au milieu des années 2000 ?

Nous avons connu une explosion des médias audiovisuels : la montée d’Al-Jazeera, d’Al-Arabiya, et de dizaines d’autres stations. Ces stations avaient besoin de quelqu’un qui puisse exprimer une opinion en arabe ; or je me suis trouvé au bon endroit au bon moment, et j’étais assez fou pour m’exprimer en direct sur la télévision arabe. J’ai accordé 500 ou 600 interviews. J’ai peut-être outrepassé mes prérogatives plusieurs fois, mais c’est cela la télévision en direct, et c’est le défi qu’il vous faut relever. Les sujets de débats tiennent en général une minute ou deux.

Avez-vous eu des points de désaccord avec l’administration Bush ?

Pas vraiment. La grande histoire avec l’administration Bush a été une émission sur Al-Jazeera dans laquelle j’ai débattu avec quelqu’un pendant une heure. A un moment, j’ai affirmé que les Etats-Unis avaient fait preuve d’arrogance et de stupidité en Irak. Ensuite, j’ai ajouté : « Mais nous devons faire le bon choix en Irak. Nous ne pouvons pas partir. Nous avons un défi à relever. Si nous quittons l’Irak, ce sera mauvais pour nous, mais ce sera [aussi] un désastre pour la région. » La presse a relevé la partie sur l’arrogance et la stupidité. Je défendais notre présence en Irak, mais ce n’est pas le message que les médias ont fait passer.

Que représentait le Centre de communications stratégiques antiterroristes (aujourd’hui le Global Engagement Center) et pourquoi l’avez-vous quitté ?

En 2010, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton pensait que le gouvernement américain n’avait pas pris la mesure du rôle du combat médiatique dans la guerre contre Al-Qaïda. Elle avait raison : il y avait peu de moyens engagés et l’impact était faible, mais le sujet a pris de l’importance avec la montée en puissance de l’Etat islamique. J’ai pris ma retraite car je n’avais pas le choix, mais il y avait eu des tensions majeures entre le gouvernement et moi en 2014. Soudain, une flopée de nouveaux venus vous contredisaitent. Ils avaient des idées superficielles sur l’islam, sur les médias en arabe ou sur le terrorisme. La Maison Blanche et le Conseil de Sécurité nationale avaient leurs propres points de vue.

Vous avez écrit récemment : « La compréhension mutuelle n’est pas d’une grande aide si votre adversaire demeure hostile ». Pourquoi ?

Parfois, nous pensons que la diplomatie publique permet simplement de présenter sa position, pour l’expliquer, et ainsi le problème est résolu. Lorsque vous parlez de l’Etat islamique, de l’islamisme, du djihadisme, vous parlez de fanatiques ou de leurs sympathisants. C’est un combat idéologique. Vous ne devez pas simplement présenter des faits, mais tenter de contester ou démonter les idées préconçues de vos adversaires, essayer de les convaincre que vous avez raison et qu’ils ont tort. Ce n’est pas de l’arrogance que de tenter de modifier le point de vue d’autrui sur les Etats-Unis.

Dans quelle mesure l’administration Obama œuvre-t-elle en ce sens ?

Elle ne fait absolument rien. L’administration Obama souffre d’une déconnection fascinante avec le Moyen-Orient. Elle tente de paraître réfléchie et sagace : nous nous retirons de ces guerres et n’utilisons pas de langage extrémiste. Mais dans la région, les gens observent la position américaine, en Syrie par exemple, et pensent que les Etats-Unis parlent un double langage. Ils voient beaucoup de violence auquel le gouvernement américain semble accorder son aval. Aussi vous pouvez dire qu’il existe une image d’Obama ou de l’administration dans les médias, et une autre bien différente dans la région.

Quelle est le malentendu le plus répandu concernant la propagande djihadiste ?  

L’Etat islamique et les djihadistes parlent de créer une nouvelle réalité politique et religieuse. La violence consiste à faire couler des fleuves de sang pour faire advenir quelque chose de « bien », comme de nombreux tyrans l’ont proposé. Seule une petite fraction de leur discours concerne les décapitations : la plus grande partie touche à la construction d’un avenir. La seconde erreur consite à croire que l’islamisme porte sur des sujets terre-à-terre. Il s’agit toutefois d’adopter une vision du monde plutôt que de s’occuper des sans-emplois.

Qui fait du bon travail dans le combat des idées ?

Il y a un mythe selon lequel le monde musulman reste silencieux face à la montée du djihadisme. C’est inexact. Les gens de bonne volonté contestent le discours des fous et des djihadistes, en particulier en arabe. Ce sont souvent des individus isolés que personne ne soutient. Ils sont une minorité, mais leurs motivations pour contester le discours des suprématistes islamistes au sein du monde musulman sont diverses. Nous n’entendons pas souvent parler d’eux parce qu’ils s’adressent en arabe à d’autres Arabes. Une partie du travail de MEMRI est de tenter de diffuser le discours de ces individus. Nous couvrons le discours des extrémistes, mais aussi celui des réformistes.

Comment remporter la guerre des idées ?

Première chose : Qu’est-ce que vous défendez ? Quelle est votre vision du monde ? L’Occident va à la dérive. Il est comme Seinfeld. Il ne s’agit pas de rien, car il s’agit des dieux de l’Occident – Eros, Mammon et Molech. Des idoles. Nous avons adopté une culture de l’hédonisme et de la consommation, ce qui peut convenir à la vie de tous les jours mais n’est pas pleinement satisfaisant. Les gens ont besoin d’autre chose. Certains le trouvent dans l’islam radical. Il leur offre un objectif empoisonné et diabolique.

Les Etats-Unis ont-ils été dépassés sur le plan stratégique ?

Sans nul doute. C’est une grande ironie : l’administration Obama s’enorgueillit d’avoir développé une excellente communication, mais elle a été dépassée, non seulement par quelques types dans une cave, ou par des salafistes djihadistes comme ceux de l’Etat islamique, mais aussi par la Russie et d’autres qui ont appris à jouer le jeu de l’influence. Le gouvernement américain est assis sur une chaise longue et pense à 2009 : « Nous avons géré cela, tout le monde nous aime et pense que nous sommes formidables ».

Que va-t-il se passer avec l’Etat islamique ?

L’EI dit : « Avec l’aide de Dieu, nous allons conquérir Rome, faire de vos femmes des esclaves et briser vos croix. Nous allons prendre Constantinople et repeindre la Maison Blanche en noir, avec l’aide de Dieu ». Les pertes sur les champs de bataille portent atteinte à leur propagande car, de manière évidente, il n’y a pas d’aide divine. S’ils continuent de perdre, ils seront en difficulté. Leur propagande est fondée sur l’idée d’une victoire accordée par Dieu. Mais le problème le plus important que pose le djihadisme est d’ordre idéologique, et nous l’avons à peine effleuré. Même si l’EI cessait d’exister demain, ce défi idéologique qui se traduit par la violence sur le terrain ne va pas disparaître.

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 16:08

L’intellectuel égypto-allemand Hamed Abdel-Samad : Le refus des intellectuels occidentaux de critiquer l’islam reflète un certain racisme ; l’Europe ne serait pas ce qu’elle est sans critique de la religion

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L’érudit égypto-allemand Hamed Abdel-Samad a déclaré dans une conférence que l’islam a « transformé la haine en un devoir saint et la guerre en un précepte religieux ». La réticence de nombreux politiciens et intellectuels européens à critiquer l’islam est la manifestation d’un « racisme inversé », a-t-il affirmé. Sur la question de la réforme religieuse, Abdel-Samad a déclaré : « Je ne crois pas en la réforme de la religion, je crois en la réforme de l’esprit des gens et de leur rapport à la religion. » Et d’ajouter : « Ce continent ne serait pas devenu l’Europe que nous connaissons aujourd’hui sans une critique de la religion, sans l’expression de ces doutes. »

Abdel-Samad s’est exprimé lors d’une conférence organisée à Rome par Adhoc, association pour la pensée libérale moderne, le 13 novembre 2016. La vidéo a ensuite été mise en ligne par Adhoc sur ses médias sociaux. Pour d’autres conférences d’Abdel-Samad, voir MEMRI en français Le penseur égypto-allemand Hamed Abdel-Samad : Notre haine des juifs nous a empoisonnés ; Le conférencier égypto-allemand Hamed Abdel-Samad analyse la psychologie du prophète Mahomet et MEMRI TV ; https://www.memri.org/tv/egyptian-german-scholar-dr-hamed-abdel-samad-analyzes-birth-defect-islam. Extraits :

Hamed Abdel-Samad : Le problème n’est pas l’existence de la haine ou des guerres, car elles ont [toujours] existé. Mais l’islam a réussi à transformer la haine en devoir sacré. Il a réussi à transformer la guerre en devoir sacré, en rite religieux, et en moyen de vaincre la pauvreté et la dépression. Oui. Si vous vous trouvez dans un pétrin financier, menez le djihad au nom d’Allah, envahissez tel lieu, et vous serez sûrs de récolter quelque butin. Si vous êtes déprimé, menez le djihad au nom d’Allah, prenez-vous en à l’humanité. Peut-être en tirerez-vous quelque chose. Ainsi, il ne s’agit pas de haine ou de guerres. Il s’agit de transformer cette chose hideuse en vertu, de transformer la haine en devoir sacré et la guerre en précepte religieux. […]

L’islam est aujourd’hui la seule religion où le terme de « incroyant » n’est pas utilisé pour définir l’idéologie d’une personne, mais pour la condamner à mort. […]

L’islam politique continue de se propager et de prospérer, car les musulmans affirment qu’il est sain en théorie, et que l’erreur réside dans sa mise en œuvre. Ils ont la certitude que cette théorie est venue directement d’Allah, et que le seul problème est que les êtres humains ne l’appliquent pas convenablement. Je n’ai jamais rencontré de théorie aussi mal appliquée que celle-ci. Elle est mal appliquée depuis maintenant 1 400 ans. Aucune créature n’est capable de l’appliquer convenablement. Dites-moi où elle serait correctement appliquée. Nulle part.

Par conséquent, mon cher ami, je ne crois pas en la réforme de la religion. Je crois en la réforme de l’esprit des personnes et de leur rapport à la religion. Je ne crois pas en la réforme de la religion, mais je crois en la réforme de l’esprit des croyants et de leur rapport à la religion. Vous ne pouvez réparer une maison qui est sur le point de s’effondrer. Vous ne pouvez réparer un bateau qui est sur le point de sombrer. Tout ce que vous pouvez faire, c’est prévenir les gens que leur maison, ou leur bateau, est un lieu dangereux. C’est ce que je fais dans mes livres.

Je crois en l’humanité, en l’espèce humaine. Pour moi, l’être humain est au-dessus des idéologies. Les islamistes essaient toujours de présenter l’islam et les musulmans comme une seule et unique entité. Malheureusement, les politiciens européens font la même erreur, lorsqu’ils parlent de l’assimilation des musulmans. Ils pensent que le meilleur moyen d’assimiler les musulmans aux sociétés européennes, c’est par le biais d’organisations islamiques et par l’éducation islamique dans les mosquées. Non ! La solution est de détacher l’être humain de l’idéologie.

Les gens devraient se libérer de cette idéologie, du poids de l’autoritarisme religieux. Là se trouve la solution. Les portes doivent s’ouvrir grand pour libérer les femmes et les hommes du contrôle de cette religion. C’est la solution, au lieu d’essayer de trouver un moyen de contourner les textes, et de serrer les vis de manière à s’adapter aux temps modernes. Nous essayons de faire cela depuis longtemps. Taha Hussein a essayé, ainsi qu’Ali Abdel Raziq, Mahmoud Mohammed Taha, [Mohammed Abed] Al-Jabri, Nasr Hamid Abou Zayd et Farag Foda, et nombreux sont ceux qui essaient toujours… Mais nous retournons toujours à la case départ, car nous ne traitons pas la maladie qui habite le cœur de l’islam lui-même. […]

Ainsi, la solution ne peut être de continuer à donner des tapes dans le dos des religieux. Ce que nous devons faire, c’est de continuer à émettre des doutes et à remettre [l’islam] en question. Beaucoup de gens ont abandonné l’islam, et de nombreux autres critiquent l’islam, même s’ils continuent à être des musulmans, mais une poignée seulement ont le courage de déclarer ouvertement qu’ils sont opposés à ces idées.

Si chaque personne qui pense comme moi se manifestait et le disait, ma vie ne serait pas en danger, Raif Badawi ne serait pas en prison, et Ould Mkhaitir ne serait pas dans le couloir de la mort. Tout mouvement éclairé dans le monde requiert ce genre de courage, le courage de dire en public ce que nous pensons, particulièrement vu que nombre d’entre nous vivons en Europe. Il est en effet très regrettable que certains politiciens et intellectuels européens, notamment de gauche, ne pensent pas que la critique l’islam soit une chose nécessaire. Au contraire, ils pensent qu’une telle critique compromettrait la coexistence.

Ce continent ne serait pas devenu l’Europe que nous connaissons aujourd’hui sans la critique de la religion, sans l’expression de ces doutes. Mais certains intellectuels voient les musulmans sous un angle raciste « inversé »… J’appelle cela le « racisme des faibles attentes ». Oui, c’est le racisme des faibles attentes. Les musulmans ne sont pas comme nous, semblent-ils penser. Nous ne pouvons attendre d’eux ce que nous attendons de nous-mêmes. Nous pouvons critiquer Jésus, le Pape, n’importe quel politicien, ou ce que nous voulons, mais les musulmans sont comme des enfants. Je ferai mieux de rester loin de lui, pour éviter qu’il ne me lapide.

Moi, pour ma part, je prends les musulmans au sérieux, et c’est pourquoi je critique l’islam. Je vois le danger que pose l’islam à l’humanité et aux musulmans eux-mêmes. Je crois que critiquer l’islam n’est pas simplement un droit de l’homme, mais également un devoir de l’homme.

 

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 16:04

Le secrétaire général de la Conférence islamique européenne Mohamed Bechari : Nous soutenons l’expulsion des imams qui prêchent la haine

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Mohamed Bechari, secrétaire général de la Conférence islamique européenne, a soutenu l’appel du candidat du parti français Les Républicains François Fillon à expulser les imams qui prêchent la haine dans les mosquées. Les organisations musulmanes en Europe exigent l’inculpation et l’expulsion des imams terroristes, a-t-il déclaré, s’exprimant sur Dubaï TV le 24 novembre 2016. Extraits :

Mohamed Bechari : Nous voyons que l’extrême droite, qui dirige plusieurs villes de France aujourd’hui, ne met pas en œuvre son programme exhaustif, et ne fait [que] s’occuper de la situation actuelle concernant les Arabes, les musulmans, les mosquées, etc. Qu’avons-nous à perdre en tant que minorité religieuse dans les sociétés [européennes] ? Le hijab et le niqab ont été interdits, la construction des minarets a été interdite dans certains pays. Que peut faire de plus l’extrême droite ? Va-t-elle expulser des citoyens français ? Elle ne peut le faire, car ils ont tous la citoyenneté française…

Journaliste : François Fillon, le candidat du parti français Les Républicains, a affirmé que tout imam d’une mosquée qui prêche la haine et qui n’est pas français sera banni. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent.

Mohamed Bechari : C’est également ce que veulent les organisations islamiques.

Journaliste : Exact.

Mohamed Bechari : Les organisations islamiques [européennes] se préoccupent de la sécurité spirituelle et idéologique de ces pays. Nous ne soutenons pas les imams terroristes. Nous exigeons leur inculpation et leur déportation. Par conséquent, nous devons dire à tous : nous faisons partie intégrante de ces sociétés européennes, et ainsi, la sécurité de ces pays est notre sécurité. 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:50

La municipalité de Mashhad en Iran ouvre un parc d’attractions militaro-religieux, pour renforcer les valeurs révolutionnaires chez les enfants

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Le 24 septembre 2016, l’agence de presse iranienne Raja News, proche du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI), a publié une interview du directeur du Centre culturel pour l’enfant et l’avenir, Hamid Sadeghi, concernant un événement qui s’est tenu à la mi-septembre, l’ouverture d’un parc d’attractions militaro-religieux appelé « La Cité des Jeux pour les enfants révolutionnaires ».

Sadeghi, qui travaille sous l’égide de la municipalité de Mashhad et qui gère également le site web Sharbehesht.ir, a déclaré que son centre avait créé et inauguré le parc de la Cité des Jeux, et qu’il était ouvert gratuitement pour les enfants âgés de moins de 13 ans. Notons que c’est le deuxième événement concernant la Cité des Jeux organisé par la mairie de Mashhad ; le premier s’est déroulé l’été dernier (voir MEMRI – Dépêches spéciales – No. 6098, Revolutionary, Anti-West Indoctrination Of Children By Municipality Of Mashhad, Iran, 8 juillet 2015).

Selon Sadeghi, le parc de la Cité des Jeux comprend 12 stations proposant des activités destinées à inculquer les messages de la Révolution islamique iranienne et du chiisme révolutionnaire. Dans ce parc, les enfants portent des uniformes militaires et sont accompagnés dans leur parcours par un guide jouant le rôle de commandant militaire, auquel ils doivent obéir. Les enfants suivent des sentiers avec des activités, incluant des simulations de combat contre des ennemis de la Révolution, qui vont de l’ennemi irakien durant la guerre Iran-Irak de 1980-1988 à l’ennemi actuel dans le combat contre l’Etat islamique (EI) en Syrie et contre la famille royale saoudienne. Dans plusieurs stations, les enfants peuvent lancer des missiles et tirer des balles en plastique sur des cibles comme le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou, des drapeaux américains et israéliens et des effigies de combattants de l’EI et de membres de la famille royale saoudienne. A la dernière station, les enfants, qui ont les yeux bandés, doivent lancer une balle sur un puzzle représentant un drapeau israélien et le démolir, puis reconstituer un puzzle du drapeau iranien. On trouvera ci-dessous les principaux éléments de l’interview de Sadeghi à Raja News, ainsi que les photos accompagnant l’interview : [1]

Le directeur du Centre culturel Hamid Sadeghi : La Cité des Jeux pour les Enfants révolutionnaires [a ouvert] au parc Kooh Sangi de Mashhad, sur l’initiative du Centre culturel pour l’enfant et l’avenir. Il sera ouvert du 18 au 28 septembre, et les enfants âgés de moins de 13 ans pourront y accéder gratuitement. A la Cité des Jeux, nous tentons d’inculquer aux enfants des messages sur le combat, la Défense sacrée [à savoir la guerre Iran-Irak] et les questions mondiales actuelles, par le biais de jeux, de distractions et d’activités de groupe.

Après s’être inscrits, les enfants entrent dans le complexe de la Cité des Jeux et se répartissent en groupes de huit à dix. Ils revêtent des uniformes et suivent un parcours de 12 stations [d’activités].

Un de nos experts culturels guide les enfants dans la Cité des Jeux. Tout d’abord, on les amène aux stations du Ghadir [commémoration chiite en l’honneur du successeur du prophète Mahomet, l’imam Ali] et des Amants d’Ahl Al-Bayt [la famille du prophète Mahomet descendant d’Ali], et le guide leur explique qui est le Mahdi [le Messie chiite]. Ils se rendent ensuite à la station du Gouvernement du Juriste-théologien [Velayat-e Faqih], puis à celle de la Révolution, où le guide leur parle de la Révolution islamique et leur raconte comment la nation iranienne a vaincu la dictature du Shah. Une explication est aussi donnée sur les directives de l’imam [l’Ayatollah Ruhollah] Khomeini et du Guide suprême Khamenei.

Chaque groupe d’enfants se voit attribuer un commandant auquel il doit obéir. Ensuite, les enfants arrivent à la première station de la Défense sacrée, qui abrite le dôme du tombeau de l’imam Reza [le huitième Imam]. Tout comme les combattants durant les huit années de la Défense sacrée, les enfants doivent quitter l’imam Reza et partir sur le front. Ils suivent différents chemins, simulant des combats contre l’ennemi, et à certains endroits, ils apprennent des méthodes simples [de combat] comme tirer des obus d’artillerie en plastique contre un ennemi simulé, viser et tirer avec un pistolet des balles en plastique sur une effigie de Netanyahou et sur des drapeaux américains et israéliens. Ensuite, le guide raconte aux enfants des histoires sur certaines des opérations qui ont été menées au cours des huit années de la Défense sacrée.

Après cela, les enfants remportent la victoire dans la guerre et arrivent à la station de la défense de la tombe de Zaynab [petite-fille de Mahomet et fille d’Ali, qui selon la tradition chiite est inhumée à Damas] ; on leur parle de la défense des Lieux saints, des combats en Syrie contre l’Etat islamique et de la pensée anti-EI. A ce stade, les enfants sont chargés de trouver des balles ; sur chacune se trouve inscrite une lettre et ils doivent compléter des phrases en suivant les instructions du guide. C’est-à-dire que le guide leur pose une question et les enfants doivent trouver les lettres et composer des mots et des phrases pour répondre à sa question.

Après cela, les enfants participent à un concours de lancement de balles sur des effigies de l’EI et de la famille royale saoudienne, et finissent cette activité triomphalement. Ils pénètrent ensuite dans une zone qui ressemble à la Tombe de Zaynab et regardent une vidéo sur la défense de ce site. Enfin, ils reçoivent un cadeau souvenir, et parviennent à la dernière étape.

A la dernière station, les enfants apprennent que les éléments les plus importants pour parvenir à la victoire contre l’ennemi sont la sagesse et l’intelligence.

Là, les enfants ont les yeux bandés et on leur demande de lancer une balle contre un drapeau israélien ayant la forme d’un puzzle et de le démolir, puis d’assembler un puzzle du drapeau iranien.

Pour chaque groupe, l’activité tout entière doit prendre entre 30 et 45 minutes, et ensuite les enfants retrouvent leurs familles.

A ce jour, la Cité des Jeux a beaucoup attiré beaucoup de monde… Si cela continue, nous la prolongerons jusqu’au 1er octobre, si le département de la Culture et des Loisirs de la municipalité de Mashhad soutient ce projet… Les heures d’ouverture sont de 16h à 23h…

 

Note :

[1] Rajanews.com (Iran), 24 septembre 2016.

-Zanati, dirigeant du syndicat des enseignants et président de l’Union des enseignants arabes, a lui aussi abordé le sujet, affirmant que cette question nécessitait d’établir une collaboration entre le gouvernement et les ONG. Il a appelé à inclure le sujet dans les programmes scolaires afin d’augmenter la sensibilisation à ses dangers et à ses conséquences néfastes pour le progrès social.[13]

 

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