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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 14:52

L’élection présidentielle en Iran et le virage amorcé par l’administration Trump face au régime iranien

Le résultat de l’élection présidentielle du 19 mai 2017 en Iran est un révélateur de certaines caractéristiques du système politique iranien :La victoire éclatante du candidat en place, Hassan Rohani, qui a remporté 57 % des voix contre son rival du camp idéologique Ebrahim Raisi – à savoir, 23,5 millions de voix contre 15,8 millions, pour 41 millions de votants, soit 76 % de l’électorat, qui se sont rendus aux urnes – montre que les Iraniens préfèrent clairement le camp pragmatique-réformiste au camp idéologique. Toutefois, il faut se souvenir que les deux candidats en tête de liste, Rohani et Raisi, sont des représentants du régime iranien et du Guide suprême iranien Ali Khamenei, et qu’ils sont à leur service avant tout.

La double tromperie du régime iranien

La tenue d’élections par le régime lui permet de faire perdurer une double tromperie, tant à l’égard des citoyens iraniens que de l’Occident :

  1. Les élections en Iran ne sont pas démocratiques, parce que le Guide suprême Khamenei peut disqualifier, et qu’il le fait, des candidats comme il l’entend – ainsi, pour la présente élection, il a disqualifié l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Au cours de la précédente élection de 2013, il avait disqualifié Hashemi Rafsanjani, et dans ces deux élections, il a disqualifié les femmes et les représentants de minorités religieuses, et d’autres encore. Il convient d’observer qu’en Iran, il n’y a pas de partis politiques et que le contrôle du Guide suprême sur le processus de sélection des candidats est absolu.
  2. Le président Hassan Rohani, candidat du camp pragmatique-réformiste, est la chair de la chair du régime révolutionnaire iranien, et il n’a ni la capacité, ni les outils, ni les compétences nécessaires pour mettre en œuvre la plateforme d’idées qu’il a présentées aux électeurs : défendre les droits de l’homme, se rapprocher de l’Occident, obtenir des investissements étrangers pour reconstruire l’économie iranienne, libérer les prisonniers politiques, développer des médias libres, etc.[1]

Au vu de l’écart fondamental et considérable qui sépare, d’une part, l’image faussée de la démocratie et la promesse de changement sur laquelle Rohani a été élu, et d’autre part, la réalité qui veut que le président élu et son gouvernement servent le régime en place et le Guide suprême, et non le peuple iranien, une répétition de ce qui s’est produit lors des élections de 2005 est probable. A l’époque, un candidat présidentiel extrémiste, Ahmadinejad, avait été élu contre son rival pragmatique Rafsanjani, en conséquence de la déception éprouvée par le public envers le président réformiste Mohammad Khatami. De la même manière, la déception face à Rohani qui devient évidente aujourd’hui risque de conduire à un appel au boycott de la prochaine élection présidentielle et à l’élection d’un nouveau candidat extrémiste.

Le degré de tromperie de ces élections envers l’Occident, dans des domaines différents, doit aussi être souligné :

  1. Le président élu et le camp politique pragmatique ne sont pas au service du peuple ; ils servent le régime et œuvrent pour lui dans l’arène internationale, tout comme les Basiji servent le régime en Iran et le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) assure la survie du régime et son essor dans la région. Ainsi, le JCPOA ne doit pas être considéré comme une décision visant à servir le peuple iranien, mais comme un moyen visant à assurer la survie de la République islamique d’Iran en cas d’attaque occidentale, maintenant ou dans les 15 prochaines années. [2] En conséquence, le JCPOA, qui est décrit par les représentants du camp pragmatique, le président Rohani et le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif, [3] comme un succès obtenu grâce aux voix des électeurs en 2013, et comme étant destiné à servir le peuple et à obtenir la levée des sanctions, la reprise des investissements étrangers et le développement intérieur, n’est en réalité pas du tout destiné à réaliser ces objectifs. Le Guide suprême Khamenei, qui a été impliqué dans toutes les phases du JCPOA et les a toutes approuvées, interdit les investissements étrangers et empêche tant la coopération avec l’Occident que l’aide occidentale au développement de l’Iran.
  2. Les résultats de l’élection présidentielle sont présentés à l’Occident par Rohani et Zarif comme un mandat des électeurs pour mener une politique de progrès et de développement de l’Iran – mais en réalité Rohani et Zarif défendent et soutiennent l’expansion régionale de l’Iran, qui est l’objectif déclaré du régime et du CGRI, en s’efforçant d’exporter la Révolution.[4]

La question des relations avec les Etats-Unis

Au sein des cercles idéologiques en Iran, on affirme que le fait que l’administration Trump s’abstienne d’imposer de nouvelles sanctions significatives contre l’Iran et de prendre des mesures contre le JCPOA (en comparaison, par exemple, de son action décisive pour retirer les Etats-Unis des accords de Paris sur le changement climatique avec l’Europe) avait pour but de favoriser la réélection de Rohani.[5]

Il existe en effet des signes de divergences entre le discours anti-Iran du président Trump et ses actions, qui témoignent d’une ouverture envers le régime iranien (voir Annexe).

La position de l’administration américaine à l’égard des contacts avec l’Iran est caractérisée par l’ouverture :

  • Un représentant haut-placé à la Maison Blanche a affirmé à Al-Monitor le 4 mai 2017 : “Si l’Iran veut parler… [de son attitude dans la région] les représentants de la République islamique peuvent décrocher leur téléphone et nous appeler”, ajoutant que l’administration se focalisait sur les actes, non sur les paroles”. [6]
  • Lors d’une conférence de presse tenue le 20 mai 2017 à Riyad, en présence du ministre des Affaires étrangères saoudien Adel Al-Jubeir, le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson s’est abstenu de réitérer les déclarations très virulentes contre l’Iran qu’il avait prononcées devant le Congrès, affirmant au lieu de cela, en réponse à une question : “Eh bien, si vous voulez savoir si je décrocherais le téléphone, [sachez que] je n’ai jamais raccroché à quelqu’un qui voulait parler ou avoir une conversation productive. A ce stade, je n’ai pas le projet d’appeler mon homologue iranien, même si, selon toute probabilité, nous discuterons le moment voulu. »[7]

Il semble que la partie iranienne ait répondu positivement aux encouragements de l’administration américaine pour entamer un dialogue avec elle : le président Rohani, y compris pendant sa campagne électorale, et le ministre des Affaires étrangères Zarif, ont tous deux annoncé qu’il était possible que l’Iran négocie avec les Etats-Unis pour lever les sanctions restantes en rapport avec les droits de l’homme et le terrorisme.

Dans un article publié le 21 mai 2017 dans le quotidien Al-Arabi Al-Jadid, Zarif a lancé un appel, pour le compte du gouvernement iranien, le président Trump, apparemment en réponse aux déclarations du Secrétaire d’Etat Tillerson la veille à Riyad. Il a proposé de lancer une initiative de paix régionale reposant sur l’arrêt de l’activité saoudienne au Yémen et de l’influence saoudienne dans la région. S’adressant directement au président Trump, il a déclaré que l’Iran désirait coopérer avec les forces extérieures à la région – allusion aux Etats-Unis – afin de restaurer la stabilité en Syrie.

Rohani a également affirmé, lors d’une conférence de presse tenue après sa victoire électorale, le 22 mai 2017 : ”Nous devons attendre que la pensée et la position de l’administration américaine se renforcent, et ensuite nous serons en mesure de juger plus précisément d’une éventuelle coopération. Concernant le reste des sanctions [non-nucléaires], si le peuple le demande, et si nous parvenons à un consensus national avec tous les appareils du pouvoir [du régime], et si le Guide accepte de prendre ce chemin, nous serons tous derrière lui et nous appliquerons cette décision. Cela demande beaucoup de travail, mais c’est possible… Depuis le début de la révolution, nous n’avons jamais eu de problème avec l’Amérique ; ce sont eux qui ont déclenché l’hostilité envers le peuple iranien”.[8]

Le ministre des Affaires étrangères Zarif a réitéré sa position dans une interview du 30 mai 2017 accordée au site Irdiplomacy.ir, et précisé : “Malgré les difficultés et la mauvaise impression donnée par l’Amérique, il est possible également de lever les sanctions non-nucléaires”.

Au vu de ce qui précède, il ne serait pas étonnant que l’administration Trump, en dépit de ses positions affirmées anti-Iran, maintienne des contacts secrets avec le régime iranien.

Des informations non officielles à ce sujet ont déjà été publiées dans les médias iraniens. Ainsi, le 31 mai 2017, l’ancien membre du Majlis (Parlement) Nabavian a divulgué l’information selon laquelle, au cours de contacts secrets entre l’Iran et les Etats-Unis, ces derniers avaient demandé que l’Iran livre le commandant de la Force Qods Qassem Soleimani et d’autres membres du CGRI, en échange de concessions à l’Iran dans le cadre de l’application internationale des recommandations du GAFI (Groupe d’action financière internationale) contre le financement du terrorisme. Le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti ces déclarations et menacé de poursuivre Nabavian.[9]

Si ces informations s’avèrent justes, cela signifie que le président Trump poursuit, et même renforce, la politique iranienne de son prédécesseur Obama, fondée sur la même croyance erronée que l’élection de Rohani aurait rendu possibles les négociations et la conclusion d’accords avec l’Iran – alors même que les négociations n’auront lieu que si elles sont approuvées par le Guide suprême Ali Khamenei. Rohani n’a aucun statut indépendant ; il n’est pas séparé du régime, mais à son service.

*A. Savyon est directrice du MEMRI Iran Project ; Y. Carmon est Président de MEMRI.

Lien vers l’analyse intégrale en anglais, annexe comprise.

Notes :

[1] Le quotidien Kayhan, l’organe du camp idéologique, a publié un article le 25 mai 2017 dans lequel on apprenait que Rohani tentait de revenir sur ses promesses de campagne dans divers domaines. Notons que Rohani a fait des déclarations concernant la protection des droits de l’homme lors d’une conférence de presse marquant sa victoire du 22 mai : « Je suis responsable des droits de tous les citoyens iraniens, sans aucune distinction, même de ceux résidant à l’étranger, et si je vois ou considère que les droits d’un seul Iranien sont piétinés, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran, je le soutiendrai autant que possible. Je traiterai les questions liées au pouvoir judiciaire par des lettres adressées directement au système judiciaire [et] des rencontres avec les chefs des trois autorités. L’un de mes objectifs dans le prochain gouvernement est l’application de la Charte des droits de l’homme. » (Président.ir, Iran, 22 mai 2017). Cependant, en réaction aux promesses de campagne de Rohani de libérer les dirigeants du Mouvement vert réformiste, placés en résidence surveillée depuis 2011, le chef du pouvoir judiciaire, Amolei Larijani, a laissé entendre que les déclarations de Rohani ne relevaient pas de sa compétence mais de celle du Conseil suprême de sécurité nationale et du pouvoir judiciaire. Il a ajouté que les déclarations de Rohani ont franchi les lignes rouges du régime et menacent la sécurité nationale. Asr-e Iran, Iran, 29 mai 2017.

[2] Voir MEMRI en français, L’Iran n’annulera pas le JCPOA : il lui confère le statut de puissance nucléaire et une garantie occidentale de la survie du régime, 18 avril 2017.

[3] Voir, par exemple, les déclarations du ministre des Affaires étrangères Zarif dans son éditorial du 26 mai 2017 pour le New York Times.

[4] Ibid. Voir les citations de l’article de Zarif : « … Les Iraniens célébraient le résultat d’une élection difficile. Le vote a révélé la détermination de l’électorat iranien à demeurer sur la voie de la modération et de l’engagement constructif fondé sur le respect mutuel qui donné au monde l’accord nucléaire en 2015 » et sa défense de la politique d’expansion régionale de l’Iran.

[5] En outre, à cette époque, des déclarations similaires étaient répandues dans les médias des cercles idéologiques iraniens, avant, pendant et même après les élections. Par exemple, voir l’éditorial de Kayhan du 30 mai 2017.

[6] Al-Monitor, 4 mai 2017.

[7] State.gov/secretary/remarks/2017/05/271005.htm, 20 mai 2017.

[8] President.ir (Iran) 22 mai 2017.

[9] Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a déclaré en réaction que le GAFI [Groupe d’action financière] était un accord financier avec le monde, n’était pas lié aux citoyens des pays et n’avait pas non plus été signé avec les États-Unis. De telles déclarations, a-t-il ajouté, méprisent le niveau de compréhension générale, ISNA, Iran, 1er juin 2016. En outre, le quotidien Javan s’est insurgé contre Rohani et ses efforts pour plaire à l’administration américaine sur la question du GAFI. Javan, Iran, 27 mai 2017.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 14:50

Ni « loosers », ni « nihilistes », ni « adorateurs de la mort », ni « lâches et malades » : ces croyants commettent d’horribles assassinats par idéalisme et sacrifient leur vie pour un monde régi par leur foi

 

Suite à l’attentat de Manchester du 22 mai 2017, la Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a qualifié les auteurs de la tuerie de « lâches malades », plutôt que d’islamistes. Entre l’attentat de mars à Westminster et l’attaque-bélier et au couteau sur le pont de Londres samedi, cinq autres attentats ont été déjoués. Cette analyse s’intéresse au rapport qui existe entre ces assaillants et leur foi, et souligne la nécessité de mettre fin à l’hypocrisie qui a pour but de ne pas offenser les musulmans ; la vérité est en réalité plus respecteuse de tous, et plus utile dans la lutte contre ce type de terrorisme. Le rapport ci-après propose également une stratégie immédiate : une législation visant à empêcher l’utilisation d’Internet à des fins djihadistes, car Internet alimente la propagation de l’idéologie djihadiste depuis plus d’une décennie. Les décisionnaires occidentaux devraient ignorer toutes les excuses relatives à la liberté d’expression : la liberté d’expression ne permet pas l’incitation au meurtre, pas même quand celle-ci est fondée sur la foi. Les dirigeants occidentaux devraient respecter les conventions internationales contre le génocide et interdire aux entreprises web de violer les lois des pays démocratiques.

Tout comme Barack Obama, François Hollande et David Cameron, qui ont contesté que les attentats djihadistes en Occident étaient en quelque manière liés à la religion, Donald Trump et Theresa May tiennent également à présent à définir de manière erronée le phénomène djihadiste, qualifiant les djihadistes de différentes expressions comme « méchants loosers » (Trump) ou « malades et lâches » (May).

Pendant sa campagne électorale, Trump avait évoqué des termes différents (« le terrorisme islamique radical ») – mais depuis lors, il a de toute évidence adopté l’approche favorite des autres dirigeants occidentaux, qui considèrent toute référence aux racines religieuses du terrorisme comme « inutile ». Comme eux, il est apparemment motivé par le besoin compréhensible de ne pas offenser 1,4 milliard de musulmans.

Tout d’abord, proposons une définition authentique, même si elle est « inutile ». Les djihadistes qui commettent ces crimes horribles ne sont ni des loosers, ni des nihilistes, des adorateurs de la mort ni des lâches ou des malades. Au contraire, la majorité d’entre eux sont des croyants dévots et fanatiques. Ce sont des idéalistes qui sacrifient leurs vies au nom d’un avenir utopique : un monde régi par leur foi. Les attentats qu’ils commettent sont des actes de foi extrêmes. Ils veulent imiter le dévouement des croyants des débuts de l’islam, afin de ranimer la grandeur et la gloire d’antan. En fait, dans le cadre de leur entraînement, de nombreux auteurs d’attentats-suicide adoptent un mode de vie pieux : ils s’immergent dans la prière, aident les nécessiteux dans leur société et s’acquittent de toutes leurs dettes,[1] devenant ainsi des modèles de conduite morale et religieuse pour les autres (voir l’Annexe du présent document contenant la dernière déclaration de la terroriste-suicide Hanadi Jaradat, qui a perpétré un attentat dans un restaurant de Haïfa et qui commence son testament par la formule religieuse, « Au nom d’Allah le Miséricordieux et le Compatissant »).

Contrairement à l’approche des dirigeants occidentaux, qui critiquent le caractère maléfique des auteurs d’attentats tout en absolvant la foi qu’ils suivent, la vérité est que, selon les normes de leur propre croyance, sont des gens vertueux qui suivent les directives du Coran [48:29]: « Soyez durs envers les infidèles et miséricordieux entre vous. » Le problème ne réside pas dans le caractère inné des auteurs d’attentats, mais dans certaines des valeurs essentielles de leur système de croyances religieuses. De fait, leur religion – comme toute religion – inclut des éléments positifs aux côtés d’autres, qui sont malveillants. Nier, comme les dirigeants occidentaux, que ces éléments malveillants font partie de leur religion est une erreur. C’est ce déni qui est inutile ; en fait, il relève de l’aveuglement.

La définition erronée des actes des terroristes peut-elle vraiment atteindre l’objectif d’éviter d’offenser les musulmans du monde ? La réponse est négative. Face aux déclarations des dirigeants occidentaux qui dissocient entièrement les actes des djihadistes de leurs racines religieuses, les musulmans du monde sont portés à conclure que les dirigeants occidentaux ne comprennent pas leur religion et qu’ils ont la vanité intellectuelle de la définir, de manière erronée. En fait, cette erreur d’interprétation nie certaines des valeurs essentielles qui ont étayé les grands accomplissements de l’islam et dont les musulmans s’enorgueillissent : la création d’une grande civilisation et l’édification de plusieurs empires au cours de l’histoire.

Il serait bien plus respectueux pour les musulmans de reconnaître que ces valeurs (de sacrifice de soi et de dévouement extrême destinés à propager la religion par la force) ont été le fondement de l’expansion de l’islam, tout comme l’expansion du christianisme, après que l’empereur Constantin eut créé sa religion d’Etat, fondée sur un processus similaire d’imposition de la religion par la force. Toutefois, le christianisme a depuis lors renoncé à ces valeurs. Le christianisme ne nie pas son passé, mais il a abandonné l’élément de coercition. De même, les dirigeants occidentaux ne doivent pas dénigrer le passé musulman en niant ses valeurs essentielles, mais plutôt demander aux musulmans de suivre une voie similaire : comprendre que certaines valeurs violentes ayant étayé leur civilisation et leur passé glorieux sont incompatibles avec la morale moderne. Les dirigeants occidentaux devraient par conséquent demander aux musulmans contemporains de se focaliser sur les autres aspects de leur foi (comme l’a fait le christianisme) et de rejeter totalement l’imposition de leur vision religieuse utopiste par la force des armes.

Les dirigeants occidentaux ne peuvent espérer vaincre le « terrorisme » dans leurs pays tout en niant et en évitant de reconnaître les racines du phénomène djihadiste : le lien profond entre les attentats et la religion. Reconnaître ce lien sera non seulement plus respectueux envers les musulmans, mais également propice aux réformes et utile aux réformistes musulmans, qui reconnaissent que les idéaux des terroristes sont issus de l’intérieur [de l’islam] : des maisons de prière, des écoles et de la société en général. Etre fidèle envers les musulmans est plus respectueux que le déni. Cela serait aussi beaucoup plus utile, car l’abandon de l’hypocrisie totalement superflue concernant les racines du terrorisme islamique aidera les musulmans à adopter une attitude normale envers leur passé : la fierté pour ses succès, accompagnée de la critique nécessaire envers les valeurs archaïques qui ont mené à ces accomplissements. Les musulmans doivent accepter d’assumer un [nouveau] rôle post-Califat, [2] tout comme les Européens se sont réconciliés avec leur statut post-impérial. C’est un processus certes douloureux, mais inévitable. Les dirigeants religieux de l’islam les plus éminents devraient parvenir à un aggiornamento de leur foi (à savoir une mise à jour de leur religion) similaire aux réformes introduites par le Pape Jean XXIII.

Les dirigeants occidentaux devraient faire passer ces messages ouvertement et instamment, au lieu de pratiquer l’évasion intellectuelle et le déni, comme ils le font aujourd’hui. Il convient de souligner que cette exigence ne s’adresse pas uniquement aux musulmans. C’est une exigence que l’Occident et le christianisme se sont appliqués à eux-mêmes, et qu’ils ont donc le droit d’appliquer au monde musulman. C’est seulement ainsi que le fondement idéologique du djihad pourra être éradiqué et que le « terrorisme » pourra diminuer de manière significative. Il est inutile de préciser qu’il s’agit d’un processus à long-terme, mais qu’il est néanmoins la solution véritable au problème et la seule manière d’obtenir des résultats.

Pour traduire ces idées en politiques concrètes, deux étapes semblent être immédiatement nécessaires. Tout d’abord, les dirigeants occidentaux doivent cesser leur déni hypocrite du lien profond entre le djihad et la religion, et exiger fermement et ouvertement des dirigeants du monde musulman qu’ils prennent des mesures significatives pour réformer leur religion. Deuxièmement – et cela leur incombe uniquement à eux – ils doivent promulguer une législation visant à mettre fin à l’utilisation djihadiste d’Internet, qui a permis la diffusion de l’idéologie djihadiste pendant plus d’une décennie. Ils doivent rejeter toutes les excuses des sociétés web selon lesquelles cela serait impossible ou incompatible avec la liberté d’expression. La liberté d’expression n’autorise pas l’incitation au meurtre, y compris l’incitation à fondement religieux. Ils doivent respecter les conventions internationales contre le génocide et ne pas autoriser les sociétés web à se moquer des lois en vigueur dans les pays démocratiques. Pour une stratégie détaillée visant à purger Internet de l’incitation djihadiste, voir MEMRI Daily Brief No. 126, An Internet Clean Of Jihadi Incitement – Not Mission Impossible, 1er mai 2017.

Annexe : Le testament de Hanadi Jaradat

On trouvera ci-dessous la transcription du testament enregistré en vidéo de Hanadi Jaradat, qui a mené l’attentat suicide dans le restaurant Maxim en octobre 2003. La transcription a été postée sur le site Internet du Jihad islamique, à l’adresse http://www.qudsway.com/Links/Jehad/7/Html_Jehad7/hinadi/hinadi2/hinadi_qudsnet_003.htm

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Le testament de la martyre Hanadi [Jaradat], avant son départ pour mener l’opération de Haïfa :

Au nom d’Allah le Miséricordieux et le Compassionné, prière et paix sur le maître de l’humanité, notre maître Mohammed, puisse Allah intercéder pour lui et lui donner la paix :

L’Exalté a dit |dans le Coran] : « Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus » [Coran 3-169]. En vérité, les paroles d’Allah sont véridiques.

Chère famille, que le Seigneur du monde récompensera comme Il nous l’a promis à tous dans Son Livre Sacré [par les mots], « Et fais la bonne annonce aux endurants”. [Coran 2, 155]. De fait, Allah a promis le Paradis à ceux qui persévèrent dans tout ce qu’Il leur a apporté – et quelle bonne demeure est le Paradis.

Par conséquent, reconnaissez mon sacrifice en prévision de la récompense d’Allah, qu’Il soit loué et exalté, pour vous dans le monde futur. Je ne suis pas trop précieuse pour me sacrifier pour la religion d’Allah. J’ai toujours cru en ce qui est dit dans le Saint Coran, et j’ai désiré ardemment les rives du Paradis, et désiré ardemment voir la lumière glorieuse du visage d’Allah. J’ai désiré ardemment tout cela, depuis qu’Allah m’a prodigué Ses conseils.

Mes bien-aimés, auxquels je souhaite d’être agréés [pour entrer au Paradis] au Jour du Jugement, j’ai choisi cette voie de mon plein gré, et j’ai lutté pour cela, jusqu’à ce qu’Allah m’accorde le martyre, par la volonté d’Allah. Le martyre n’est pas [accordé] à quiconque sur la terre. Il est plutôt réservé à ceux qui sont honorés par Allah. Serez-vous endeuillés parce qu’Allah m’en a honoré ? Récompenserez-vous Allah par des [pensées] qu’Il n’aimera pas, et que je n’aimerai pas non plus ? Reconnaissez mon sacrifice en prévision de la récompense d’Allah pour vous dans le monde futur, et dites, « Il n’y a aucune force ou puissance sinon par Allah. Nous appartenons à Allah, et c’est vers Lui que nous retournons ».

Nous sommes tous destinés à mourir, et personne ne vit éternellement sur cette terre. Toutefois, celui qui est intelligent répond à l’appel d’Allah. Ce n’est qu’une terre de djihad, et nous y habitons pour le djihad, pour que nous soyons peut-être capables de mettre fin à l’injustice dans laquelle nous vivons depuis ces dernières années.

Je sais que je ne ramènerai pas la Palestine. Je le sais parfaitement. Toutefois, je sais [également] que c’est mon devoir pour Allah. Croyant aux principes de ma foi, je réponds à l’appel. Je vous informe à présent que par la volonté d’Allah, je trouverai ce qu’Allah m’a promis et a promis à tous ceux qui empruntent ce chemin – les jardins qu’Allah nous a promis, dans lesquels nous vivrons pour l’éternité, par la volonté d’Allah.

Croyant en cela, pensez-vous à présent que je pourrais accepter toutes les tentations éphémères du monde ? Comment puis-je continuer à vivre sur cette terre alors que mon esprit s’est attaché au Roi Tout-Puissant ? Ma seule aspiration est désormais de voir la lumière glorieuse d’Allah. C’est Sa terre et Sa religion, mais ils veulent éteindre Sa lumière. Nous le savons tous.

C’est donc mon obligation pour la religion d’Allah – et mon obligation envers Lui – de le défendre. Je n’ai rien qui m’appartienne sinon mon corps, que je vais transformer en éclats qui déchireront le cœur de tous ceux qui ont essayé de nous déraciner de notre pays. Tous ceux qui sèment la mort pour nous recevront la mort, même si ce n’est qu’une petite partie [du sort qu’ils méritent].

Nous sommes encore faibles aux yeux des puissants. Mais nous avons notre religion. Notre croyance nous permet de renouveler notre alliance avec notre Dieu et notre terre. Notre guerre contre eux est une guerre pour la religion et l’existence, et non pour les frontières. Vous le savez bien.

Mon cher père, puisses-tu honorer mon souhait et reconnaître mon sacrifice en prévision de la récompense d’Allah pour vous dans le monde futur. Tous ceux qui m’ont aidé à atteindre le Paradis seront récompensés par mon don pour lui [en entrant au Paradis]. Puisses-tu me rassurer toujours et me rendre fière du père dont je suis la fille, devant mon Seigneur et devant les hommes. Je te prie, cher père, par la gloire d’Allah, de m’accorder le repos dans la tombe, et de ne rien faire d’autre que de reconnaître mon sacrifice, en prévision de la récompense qu’Allah vous réserve dans le monde futur. Car Allah a donné et Allah a repris, et nous appartenons à Allah et nous Lui reviendrons tous.

Chère mère, je prie Allah que tu puisses persévérer, mère, car je t’aime et car tu as toujours donné sans compter. Par la volonté d’Allah, tu continueras sur ce chemin. Reconnais mon sacrifice en prévision de la récompense qu’Allah vous réserve dans le monde futur. Je vais être aux côtés de Fadi, Salih, et d’Abd Al-Rahim et de tous ceux qu’Allah a choisis pour être près de Lui. Reconnais-les tous comme des sacrifices en prévision de la récompense qu’Allah vous réserve dans le monde futur et dis, Allah, sauve-moi de ma situation désespérée, récompense-moi pour mon sort et donne-moi une belle récompense pour cela.

Je demande à tous de me pardonner pour tout ce que j’ai pu faire [qui les a offensés]. De mon côté, j’ai déjà pardonné à tous, et je vous demande ce qui suit : versez 50 dinars à un magasin de vêtements de Jarash ; versez 100 dinars à untel et untel de Qabatiya, et versez 10 dinars [à la charité] pour [le salut de] mon âme, car j’ai oublié une dette de quelques piastres en Jordanie et je ne m’en souviens plus, et priez toujours pour la miséricorde et le pardon d’Allah et Sa satisfaction. Puissiez-vous toujours être contents de moi, mes parents, et au revoir dans les jardins du Paradis.

Allah a dit : « Que ceux qui troquent la vie présente pour la vie future, qu’ils combattent donc dans le chemin d’Allah. Nous accorderons une récompense sans limites à celui qui combat dans le chemin d’Allah, qu’il soit tué ou qu’il soit victorieux ! Car celui-ci n’est pas mort, il est vivant, et vous n’en avez pas conscience. » [Coran 4:74].

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Selon le Hadith, c’est l’une des obligations du moudjahid. Voir Rudolph Peters, Islam and Colonialism: The Doctrine of Jihad in Modern History (Religion and Society, no. 20). The Hague and New York: Mouton Publishers, 1979, pp. 11, 12, 18.

[2] Le réformiste saoudien Turki Al-Hamad a avancé des arguments similaires dans une interview diffusée sur la chaîne télévisée Rotana Khalijiyya les 13-14 juillet 2015.

Turki Al-Hamad : Regardez n’importe quel groupe islamiste : ils répètent que leur but premier est d’établir de nouveau le Califat. Le Califat c’est de l’histoire. C’est fini, c’est du passé.

Journaliste : Il est impossible de le réanimer.

Turki Al-Hamad : Impossible. Vous ne pouvez pas réunir un Malaisien, un Saoudien et un Égyptien et leur imposer un calife, auquel vous donnez l’autorité absolue. C’est impossible, mais ils refusent de l’accepter, et ils vivent le mythe du Califat. J’appelle cela un mythe car il n’y en aura jamais. Ils finiront par percuter le mur de la réalité. Un État nation est la base de tout. Si vous en faites quelque chose de stable et de prospère, et si cet État garantit les droits de l’Homme, il peut devenir un État modèle. Si chaque État s’occupait de ses affaires, le monde serait beau. Mais si chaque État essaie d’imposer son propre modèle au reste du monde, c’est le chaos, et l’Iran en est un exemple.

Lien vers la vidéo de ses déclarations sur MEMRI en français, L’auteur saoudien Turki Al-Hamad : Nos jeunes subissent un lavage de cerveau ; nous devons assécher l’idéologie de l’État islamique à la source, 27 juillet 2015.

 

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 14:45

Un éditorialiste saoudien : L’Iran est le véritable ennemi, pas Israël

 

Dans son éditorial paru le 6 juin 2017 dans le quotidien saoudien Al-Riyadh, Musaid Al-Asimi appelle à ne plus considérer Israël comme un pays hostile, afin de se focaliser sur le véritable ennemi, qui serait l’Iran. Selon lui, s’il n’est pas nécessaire de faire des démonstrations d’amitié envers Israël – pays qui occupe des terres arabes, il n’est pas non plus nécessaire de pratiquer une diabolisation injustifiée à son encontre, alors même les Palestiniens et les pays arabes ont déjà signé des traités de paix avec Israël. A la question « qui est l’ennemi ? », il répond que c’est l’Iran, et non Israël, qui menace l’Arabie saoudite, et que tout doit être mis en œuvre pour le vaincre. Faisant apparemment référence au Qatar, sans le nommer explicitement, il appelle également à une action contre les « éléments fourbes » du Golfe qui soutiennent l’Iran.[1] Extraits :

J’ai écrit à plus d’une occasion au sujet de la nature de l’ennemi duquel nous devons nous méfier, et j’ai écrit sur la confusion à laquelle plusieurs des Arabes voudraient nous faire croire et placer au premier plan de nos esprits, et sur les méthodes d’intimidation qui découlent de cette confusion. Il y a ceux qui utilisent ces méthodes pour vous mêler à leurs problèmes, pour obtenir de vous un soutien matériel et politique constant.

Concernant l’hostilité israélienne, nulle personne raisonnable ne doute qu’Israël est un gang qui vole la terre arabe, et qu’il l’a fait avec le soutien international, depuis la Déclaration Balfour puis avec le soutien américain qui perdure jusqu’à nos jours. Toutefois, la description de cette hostilité est exagérée, au point que certains prétendent que les aspirations des Juifs s’étendent jusqu’au sud de la Péninsule arabe. A l’époque, cela a suscité une grande hystérie, au point que les donations pour la Palestine excédaient le budget de quelques grands pays.

En aucun cas ne m’aventurerai-je dans le dédale de la politique, pourtant nous pensons que les Palestiniens ont déjà signé des traités de paix et des accords et qu’ils se sont contentés du peu que ceux-ci leur accordent. [La question palestinienne] est leur question, ils en sont les experts [plus que quiconque] et ce sont eux qui en assument la responsabilité. Ici, je suis en droit de demander : dois-je rester dans un état d’alerte, d’anxiété et de tension à l’égard d’Israël, une fois que celui-ci et les propriétaires originels [de la terre] ont conclu un accord de paix et qu’ils sont toujours impliqués dans un processus de négociations [pour y parvenir] ?

Il ne s’agit pas d’un appel à faire des démonstrations d’amitié envers Israël. Au contraire, notre attitude envers ce pays est quelque peu tendue, car il occupe une terre arabe. Toutefois en tant que citoyen saoudien, que puis-je faire à ce sujet, vu que les Palestiniens au pouvoir ont déclaré la paix avec israël et que d’autres Palestiniens, qui continuent à s’élever contre Israël, sont retournés vivre à Gaza, sachant [parfaitement] qu’Israël les encercle de tous les côtés ? En outre, plusieurs pays arabes ayant une frontière commune avec Israël ont signé des traités de paix définitifs avec lui, comme l’Egypte et la Jordanie, et s’agissant des autres pays, Israël fait ce qui lui plaît.

Après cette longue introduction, n’ai-je pas le droit de dire : qui, alors, est l’ennemi ? De qui dois-je me méfier ? La logique dit que quiconque vous menace et manipule d’autres gens pour vous nuire est votre ennemi ; quiconque contredit votre orientation, cherche par tous les moyens à vous contrer, et vous porte atteinte, est votre ennemi ; quiconque aide ceux qui ont été leurrés par les armes et par l’argent afin que vous soyez malmené est votre ennemi ; quiconque invente un conflit à l’époque du Hadj [pèlerinage à La Mecque], attise la crainte et les problèmes et crée des troubles pour vous faire apparaître comme incapable de gérer cette cérémonie religieuse [est votre ennemi] [2] ; et quiconque sème la panique et cultive les divisions ethniques dans votre pays et dans les pays voisins, dont les problèmes sont importants pour vous, est votre ennemi. Est-il possible qu’après tout cela, il nous soit encore difficile de définir qui est cet ennemi, qui incarne en lui toutes les manifestations de ces choses terribles ?

Absolument pas. La question est tout à fait claire et l’ennemi est à découvert. A plus forte raison, [quand l’ennemi] parle de cela ouvertement et se pointe du doigt, comme pour souligner que vous parlez de lui. Existe-t-il un plus grand ennemi pour nous et nos pays que l’Iran et est-ce qu’Israël [nous] menace, nous influence ou nous préoccupe, ou sème le ressentiment et la haine comme le fait l’Iran ? Par conséquent, focalisons-nous sur notre ennemi véritable et ne transformons pas un autre [élément] en un démon qui inquiètera nos prochaines générations, lorsque ce n’est pas le cas. Nous devons faire tout notre possible pour vaincre cet ennemi [l’Iran] et la chose la plus importante est que nous ne restions pas passifs face à ceux qui sont fourbes [à savoir le Qatar], car l’ami de mon ennemi est mon ennemi, même si c’est un Arabe du Golfe.

Et ainsi, agissons rationnellement et conformément à nos intérêts, et examinons les choses d’un nouvel œil, dans une perspective économique, politique, commerciale et même historique, dans le contexte des bénéfices et des pertes, en tenant compte de [nos] intérêts et de [notre] stabilité. Nous devons le faire pour savoir qui est plus dangereux [en ce qui nous concerne], l’Iran ou Israël, et qui utilise notre ennemi contre nous…

En résumé, je citerai les mots de l’imam Al Ben Abu Taleb que j’ai choisis comme titre de cet article : « Si votre ami vous trompe, traitez-le comme un ennemi [référence au Qatar]. » [3]

Notes :
[1] Référence à la crise actuelle dans le Golfe entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, d’une part et le Qatar d’autre part, qui a conduit à la rupture des relations diplomatiques. Voir MEMRI en français, Tollé dans les pays du Golfe suite aux déclarations attribuées à l’émir du Qatar louant l’Iran, le Hezbollah, les Frères musulmans et le Hamas, 28 mai 2017.

[2] Voir MEMRI en français, Après l’appel de Rafsanjani à modérer la politique iranienne envers l’Arabie saoudite, Khamenei prononce un virulent discours anti-saoudien, déclenchant un grave conflit avec le Royaume, 14 septembre 2016, faisant référence à l’appel du Guide suprême Ali Khamenei à supprimer le rôle d’administration des Lieux saints de l’Arabie saoudite et à la réaction saoudienne.

[3] Al-Riyadh (Arabie saoudite) 6 juin 2017.

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 13:11

L’imam de Virginie Shaker Elsayed contre tout processus de paix avec les Juifs : « c’est dans leurs gènes et leur sang »

 

Au cours d’un sermon prononcé à Fairfax, en Virginie, l’imam Shaker Elsayed a averti les Palestiniens qu’aucun accord ne pourrait être conclu avec les Juifs, car ils « ne traiteront pas avec vous de manière juste et équitable ». L’histoire prouve que « c’est dans les gènes, c’est dans le sang », a-t-il déclaré, ajoutant : « ils ont tué trois prophètes, et ils ont envoyé le quatrième aux Romains pour qu’ils le tuent ou le crucifient ». Haker Elsayed, né en Egypte, est imam du Centre islamique Dar Al-Hijrah depuis juin 2005. Il a servi comme secrétaire général de la Société musulmane américaine en 2000-2005. Son sermon a été mis en ligne sur la chaîne YouTube du Centre islamique Dar Al-Hijrah le 2 juin 2017.

Dans une récente conférence à la mosquée, l’imam Elsayed a défendu l’excision (L’imam de Virginie Shaker Elsayed défend l’excision : elle empêche les filles de devenir hypersexuelles) et en mars, il a qualifié les Juifs d’« assassins de prophètes » (Sermon à la mosquée Dar Al-Hijra, en Virginie – où le chef d’Al-Qaïda Al-Awlaki professait le 11/9 : Les enfants d’Israël ont tué des prophètes et essayé de tuer Jésus). Dar Al-Hijrah est la mosquée où le chef d’Al-Qaïda, Anwar Al-Awlaki, était imam le 11/9. Extraits :

Shaker Elsayed : Une semaine avant le Ramadan, nous avons terminé l’histoire de la vache, [qui nous a] appris comment les enfants d’Israël ont prouvé qu’ils avaient le cœur dur. […]

Ceux d’entre vous qui ont vécu – à l’instar de certains types âgés, comme moi-même – la guerre de 1967, et ont pu témoigner ensuite de [l’adoption de] la Résolution 242 des Nations unies… S’agissait-il d’un retrait du territoire ou de territoires ? [dans l’original en anglais : « from THE land or land? »] Un simple mot de trois lettres fait la différence, n’est-ce pas ? Mais c’est un monde de différence. Pourquoi cela ? Parce qu’ils s’y entendent. Parce qu’ils s’y entendent vraiment bien. Alors, voulez-vous… Pensez-vous qu’ils vous feront confiance et traiteront avec vous de manière juste et équitable ? La réponse est non. Pourquoi ? Parce même avec Allah, même avec sa parole, cela n’a pas été le cas. Que feraient-ils d’un accord que vous avez signé avec eux ? Lorsqu’ils rencontrent les croyants, ils disent : « Nous avons cru. » Et quand ils sont les uns avec les autres, ils disent : « Nous ne faisons que nous moquer de ces imbéciles. Nous nous occupons juste de faire ce que nous avons à faire. Ce ne sont que des jeux » .

Donc, trente ans pour la Résolution 424 [sic] et avant elle la Résolution 338… Après cela, Oslo, et 20-25 ans après Oslo, vous en êtes toujours au même point. Donc, la paix n’est même pas un objectif. La paix est un processus. On l’appelle le « processus de paix ». Pas un accord de paix, pas des négociations de paix – un processus. Tant que nous discutons… Et quand nous sommes en colère, nous ne vous parlerons pas. Si vous dites quelque chose que nous n’aimons pas, nous ne vous parlerons pas. C’est un mode de vie, c’est une attitude, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. […]

Même si nous ne l’apprenons pas de la réalité politique, nous devrions l’apprendre du monde spirituel d’Allah. Il nous dit : « Pour eux, des discussions sans fin, des jeux sans fin. » Vous n’arriverez jamais à quoi que ce soit avec eux. Pourquoi ? Ils s’y entendent. L’histoire… C’est dans les gènes, c’est dans le sang. L’histoire prouve que c’est vrai. […] Vous, musulmans, voulez-vous croire que ces gars vous traiteront jamais de bonne foi ? C’est une question. Choisissez la réponse que vous voulez. […]

Cinq ou sept tribus [juives] ont quitté la Palestine pour Médine, en attendant l’avènement du prochain prophète, car dans leur Livre, il est dit qu’il viendra à Médine. Allah leur a dissimulé certaines choses sur son arrivée à La Mecque, car s’ils avaient su exactement où il devait naître, cela aurait mis sa vie en danger. Pourquoi ? Non pas à cause de nos hypothèses, de nos allégations, de nos incompréhensions, pas du tout parce que nous serions antisémites. Tout le problème est qu’ils avaient déjà tué trois prophètes et en ont envoyé un quatrième aux Romains pour qu’ils le tuent ou le crucifient. Ce n’était donc pas une bonne idée de leur confier le lieu de naissance du Prophète à venir. […]

Ils pensent que leurs discussions… Parce qu’ils chuchotent entre eux en fermant les portes et les fenêtres pour que personne ne les entende… Aucun humain ne les entend, mais Allah sait ce qu’ils complotent et planifient.

 

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 16:27

Marwan Kanafani, ancien conseiller d’Arafat : la Palestine n’est plus le problème arabe le plus grave

 

Dans une récente interview télévisée, Marwan Kanafani, ancien conseiller de Yasser Arafat, a reproché aux dirigeants et aux partis politiques palestiniens la « régression » dans la cause palestinienne, affirmant que les négociations pour parvenir à une réconciliation entre le Hamas et le Fatah durent depuis dix ans, tandis que les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord en moins d’une décennie, malgré leurs divergences. Il s’est exprimé sur la chaîne télévisée ON le 27 mai 2017. Extraits :

Marwan Kanafani : La cause palestinienne n’est pas le problème le plus grave du monde arabe aujourd’hui. Il y a plus de réfugiés syriens aujourd’hui que [de réfugiés] palestiniens. Plus de gens ont été tués en Libye qu’en Palestine ou dans d’autres pays dans lesquels nous vivions. Les dirigeants et les partis politiques palestiniens portent la responsabilité de notre situation actuelle. C’est ce qui me traversait l’esprit alors que j’écrivais mon livre. Je peux me tromper ou être trop dogmatique à ce propos, pourtant je crois que l’heure est venue de reconnaître nos erreurs.

Durant la dernière décennie, nous autres Palestiniens n’avons accompli aucun progrès dans notre cause, et, même si je n’aime pas le dire, nous avons régressé. Evidemment, nous ne pouvons blâmer le peuple palestinien pour cela. Le peuple palestinien n’est pas responsable de la division entre Gaza et Jéricho. Les partis politiques et les factions sont responsables de cette division. Les négociations en vue d’aboutir à une réconciliation [entre le Hamas et le Fatah] durent depuis dix ans, tandis que les négociations pour une réconciliation et des accords entre les Etats-Unis et l’Iran ont pris moins de dix ans, malgré leurs différences de religion, de langue et d’ethnie, tandis que nous appartenons tous à la même ethnie et partageons le même patrimoine. […]

Pas une seule révolution dans le monde ne s’est jamais terminée par une victoire par KO. Elles ont toutes mené à des négociations. Les négociations sont autorisées par la loi islamique – le Prophète Mohammed a négocié avec les infidèles [le traité] de Hudaybiyya, et les califes [ont mené des négociations], etc. Les négociations font partie des constitutions internationales, et au bout du compte, les négociations déterminent l’équilibre du pouvoir.

 

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 16:26

Une animatrice de télévision de l’AP et un terroriste libéré, assassin de 16 personnes, se remémorent l’époque de l’Intifada

 

Baydaa Muammar, animatrice de la chaîne télévisée officielle de l’Autorité palestinienne, a interviewé le terroriste Abd Al-Hadi Ghneim qui, en 1989, a précipité dans un ravin un autobus voyageant de Tel-Aviv à Jérusalem, tuant 16 personnes, et qui a été libéré lors de l’échange de prisonniers contre Guilad Shalit. Muammar a déclaré « nous languissons l’époque de l’Intifada » et assuré à Ghneim « nous saluons toujours ce rôle héroïque ». L’interview a été diffusée le 22 mai 2017. Extraits :

Baydaa Muammar : Aujourd’hui, alors que [la grève de la faim] des prisonniers s’intensifie, nous languissons l’époque de l’Intifada, l’époque de la révolution, lorsque le peuple palestinien se battait pour la liberté, afin de mettre un terme aux colonies… Ils combattaient l’occupation qui perdure jusqu’à ce jour. Pourquoi est-ce différent aujourd’hui, par rapport à cette époque ? Nous tenons en grande estime tout effort entrepris par notre peuple palestinien, mais nous exigeons d’eux davantage.

Hadi Ghneim : Oui, vous me ramenez à l’époque de l’Intifada de 1987, où j’étais actif, d’une manière ou d’une autre. Dans l’attaque que j’ai menée – l’attaque du bus 405 – 16 sionistes sont morts et 24 ont été blessés. […] J’ai été capturé après l’attaque, et j’ai reçu des soins [médicaux] et tout cela. J’ai passé 22 ans et demi [en prison].

Baydaa Muammar : Nous saluons toujours ce rôle héroïque.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 16:23

Un journaliste yézidi se moque des djihadistes : Grande idée, créez un État islamique et voyons comment vous y survivrez

 

Le 8 mai 2017, le journaliste yézidi Khader Khalat Bahzani a publié un article dans le journal irakien Al-Akhbar dans lequel il se moque des adeptes de l’Etat islamique, qui veulent créer un État islamique comme celui qui existait au temps du Prophète Mohammed. Il suggère de les laisser créer un Etat dans les conditions d’il y a 1 400 ans et de voir combien de temps ils parviendront à survivre avant que leur hypocrisie ne soit exposée au grand jour. Extraits : [1]

En tant que citoyen yézidi dont la famille et la société ont été victimes d’une terrible catastrophe perpétrée par les « djihadistes » islamiques, notamment les membres de l’EI, je soutiens de tout cœur le fait de donner aux djihadistes l’occasion de créer un Etat islamique à eux quelque part.

« L’Etat du califat islamique en Irak et à Al-Sham » a attiré des dizaines de milliers de djihadistes islamiques du monde entier, y compris des centaines de personnes nées et éduquées en Europe et des centaines de milliers de partisans sur des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook. Certains observateurs et experts affirment que le nombre de partisans de l’État du califat islamique pourrait dépasser les cinq millions de personnes. Ce nombre a été atteint, alors même qu’ils sont considérés comme des terroristes et des personnes recherchées dans la plupart des aéroports du monde. Cependant, si [l’EI] avait été traité avec tolérance, je suppose que le nombre de ses partisans serait considérablement plus élevé.

Le rêve du « califat islamique » enflamme l’imagination de ses millions de partisans, qui reçoivent aujourd’hui des leçons d’histoire arabe et islamique dans les pays arabes et islamiques. La plupart d’entre eux pensent que « l’Etat » [islamique historique] était un Etat islamique idéal, un lieu de justice, de tranquillité et de stabilité où le grain était éparpillé dans les collines afin que les oiseaux ne soient pas affamés, [et un lieu où] d’autres si heureux fantasmes [se réalisaient, comme ceux décrits dans] des expressions consacrées telles que « l’application de la loi de la charia », « exalter la parole d’Allah » et d’autres idées à eux qui dissimulent beaucoup de choses.

Pourquoi donc le monde « hérétique » et hypocrite combat-il ces djihadistes et les empêche-t-il de réaliser leurs rêves tout en rose ? Il semble que les guerres, l’envoi de porte-avions, le lancement de satellites, le déploiement d’armées et les dépenses de milliards de dollars ne suffisent pas à enterrer vivant le rêve du califat islamique, malgré la force militaire et l’immense puissance de feu dont jouissent les « infidèles et les apostats ». Si c’est le cas, nous devons démasquer les hypocrites et leur permettre de créer un Etat islamique djihadiste quelque part dans le monde. Il serait préférable que cet endroit soit situé dans le désert, car le désert est la toile de fond la plus adaptée dans une [perspective] historique. Il ne serait pas juste de créer un califat islamique au pôle Nord, dans la forêt amazonienne, dans les jungles africaines ou sur une île au milieu de la mer, avec d’abondants ruisseaux d’eau douce s’y écoulant.

Je propose de choisir n’importe quel endroit dans le désert qui sépare l’Irak, la Jordanie et l’Arabie saoudite. Les frontières de cet Etat seraient encerclées par une clôture dont le coût serait une pitance, comparé aux milliards de dollars de budget consacré à la guerre contre les djihadistes. Leur Etat recevrait des dizaines de milliers de têtes de bétail, principalement des chameaux, des chevaux, des chèvres et des moutons, et même des vaches, des mules et des ânes, ainsi que des chiens, des cerfs, des faucons de chasse et d’autres animaux appartenant au milieu [naturel] de la Péninsule arabique.

L’une des choses les plus importantes, et celle qui complète également l’image romantique dans laquelle chaque djihadiste se délecte lorsqu’il imagine [l’État islamique], est le fait qu’ils vivraient comme leurs ancêtres ont vécu il y a environ 14 siècles. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de leur fournir de l’électricité, des systèmes d’eau potable, Internet, des voitures et des vaccins contre les maladies connues telles que la varicelle, la rougeole, la tuberculose et autres. Au lieu de cela, il leur resterait l’usage de plantes médicinales, car des centaines d’entre eux avancent ces jours-ci [l’idée de] commercialiser [ces remèdes], ainsi que d’autres méthodes thérapeutiques, dans lesquelles ils prétendent avoir une certaine expertise et qu’ils affirment être efficaces. De même, ils ne devraient pas avoir accès aux usines modernes de tissage et de textile, aux équipements de fonte des métaux et à toutes les autres machines agricoles et industrielles inventées par les « infidèles hypocrites » qui ne sont pas en admiration devant Allah.

Pour résumer, un Etat djihadiste devrait être créé dans le désert de la Péninsule arabique, mais avec une interdiction d’accéder à toutes les inventions humaines modernes depuis l’époque de la révolution industrielle jusqu’à nos jours. Voyons comment vivront ces djihadistes, comment ils se délecteront des ressources de leur désert et de leurs rêves, qui seront érodés par le sable ardent et chaud, et comment ils s’en sortiront avec les livres composés par des dizaines de leurs cheikhs il y a plusieurs centaines d’années, qui traitent de la période suivant la naissance, des menstruations et d’autres sujets.

Plus important encore est de savoir comment les djihadistes parviendront à « transmettre » leurs connaissances à leurs enfants et à les graver sur des peaux d’animaux ou sur un « papier » qu’ils ne pourront produire, même s’ils restent dans leur désert un million d’années de plus.

La question la plus importante de toutes est de savoir combien de temps ces djihadistes réussiront à vivre dans cet Etat putatif, sans équipements et produits modernes comme des voitures, l’électricité, Internet, le textile, les aliments et les chaussures produits par les « infidèles ». Je suis convaincu que la majorité de ces djihadistes rencontreront une réalité très amère et découvriront une vérité inébranlable : il est impossible de vivre à une époque où les moyens de commodité et de créativité abondent et de regretter une époque où la moindre poignée de blé était acquise dans la douleur et la peine…

Et alors, [quand un tel califat islamique émergera], nous verrons qui est le plus grand hypocrite. Est-ce le monde occidental « hérétique » ?… Ou les hypocrites sont-ils plutôt ceux qui veulent mener le jihad avec un équipement [militaire] produit par les « infidèles » ?

 

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 23:25

Télévision des Frères musulmans en Turquie : A travers son jihad, la nation islamique représente l’alternative culturelle

 

L’historien égyptien Mohamed Elhamy a déclaré que le jihad a été établi en islam pour que « les croyants passent [d’un état de] faiblesse et d’asservissement à [un état de] force et de puissance » et qu’il se poursuivra jusqu’au Jour du Jugement. « Les occupants, les oppresseurs et les tyrans sont bien conscients… de l’importance du jihad pour Allah », a-t-il dit sur la chaîne des Frères musulmans égyptiens basée en Turquie Mekameleen TV, le 27 mai 2017. Extraits :

Mohamed Elhamy : Le jihad a été établi [en islam], et il se poursuivra jusqu’au Jour du Jugement. Le jihad a été établi pour que les croyants passent [d’un état de] faiblesse et d’assevissement à [un état de] force et de puissance. La vérité seule est faible. Elle nécessite de la force. C’était par le jihad que les musulmans sont passés d’un état de faiblesse et d’asservissement à la Mecque à [une position de] force et de souveraineté à Médine.

Le jihad a été également instauré pour sauver l’humanité, pour sauver l’assujetti et l’opprimé. Par conséquent, le jihad est l’ennemi de l’injustice et de la tyrannie. Il n’y a pas un seul tyran ou oppresseur qui ne combatte le principe du jihad, à l’instar des occupants lorsqu’ils ont envahi nos pays. Ils ont même créé des communautés et des mouvements islamiques qui ont répudié le jihad. Ils ont essayé de laïciser l’islam, et ainsi d’éradiquer la notion de jihad de l’islam, afin que les pays [occupés] restent paisibles.

Les occupants, les oppresseurs et les tyrans sont bien conscients – plus même que ceux qui sont du côté de la Vérité – de l’importance du jihad pour Allah. Ils savent qu’ils ne peuvent asservir le peuple, à moins d’éradiquer [la notion] de résistance et de supprimer la volonté de mener le jihad pour Allah des cœurs et des esprits du peuple d’Allah. A travers son jihad, qui se poursuivra jusqu’au Jour du Jugement, la nation islamique représente l’alternative culturelle et l’espoir de soutenir l’asservi et l’opprimé partout dans le monde.

 

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 23:23

Le poète tunisien Anis Shoshan : La société arabe décline par manque d’autocritique

 

Lors d’une interview diffusée sur Sky News Arabia le 21 avril 2017, le poète tunisien Anis Shoshan a déclaré : « Le monde entier continue de progresser, alors que la société arabe ne cesse de décliner et n’effectue pas son autocritique ». Il a estimé que « le panarabisme est une notion qui assurera l’éradication de l’histoire » et qu’il s’est déclaré prêt à défendre une identité humaniste qui unirait la société arabe. Extraits :

Anis Shoshan : Le problème principal est que nous, dans les sociétés arabes, sommes accoutumés à l’absence d’autocritique. Nous avons toujours raison, et tous les autres ont toujours tort. Le monde entier continue de progresser, tandis que la société arabe ne cesse de décliner et refuse de faire son autocritique. C’est pourquoi nous sommes dans cette terrible situation aujourd’hui. Et la pire catastrophe est que nous, dans les sociétés arabes, continuons de nous entretuer, de nous détruire l’un l’autre, et de nous accuser mutuellement d’hérésie, pendant que l’Occident progresse. L’Occident est en constante progression. L’Occident nous perçoit de façon très négative, et en fait, nous nous percevons [aussi] de façon négative, même si nous ne l’admettons pas. […]

Je ne soutiens absolument pas le panarabisme. Absolument pas. Je m’y oppose. Le panarabisme est une notion qui assurera l’éradication de l’histoire.

Journaliste : En quoi ?

Anis Shoshan : Car pas une seule personne n’est capable de me dire ce que signifie vraiment le panarabisme. Est-ce une notion géographique, une notion politique, une notion historique, une notion se rapportant à la religion, ou quoi d’autre ?

Journaliste : Vous soutenez l’humanité…

Anis Shoshan : Je soutiens une identité humaniste. C’est cette identité qui nous unira.

Journaliste : Ainsi, vous considérez le panarabisme comme une idéologie, à l’instar de celle d’une personne religieuse extrémiste ?

Anis Shoshan : C’est une notion politique. C’est une notion qui a été exploitée par certains dirigeants dans des circonstances historiques données. Ces dirigeants ne sont plus, mais le concept perdure et continue d’être exploité. Mais cela ne nous suffit plus. Cela nous écarte davantage les uns des autres, au lieu de nous rapprocher.

 

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 23:21

Le journaliste libanais pro-Hezbollah Rafiq Nasrallah : le Hezbollah peut mener des frappes aériennes contre Israël

 

Dans une récente interview télévisée, le journaliste et chercheur libanais Rafiq Nasrallah a suggéré un scénario dans lequel les combattants du Hezbollah entreraient en Haute Galilée et combattaient à l’intérieur d’Israël. « Et si les avions frappaient au cœur d’Israël et les colonies ? », a-t-il demandé. « Que pourrait faire la force aérienne [israélienne] alors ? » Nasrallah, directeur du Centre international libanais des médias et de la recherche, a déclaré que « même ces petits avions de reconnaissance sont fabriqués aujourd’hui par le Hezbollah et la Syrie » et qu’ils « peuvent frapper des cibles et le diffuser à la télévision simultanément ». L’interview a été diffusée sur la chaîne télévisée libanaise Al-Jadid/New, le 23 mai 2017. Extraits :

Journaliste : Les guerres sont aujourd’hui menées depuis le ciel, et vous ne pouvez rien faire si vous n’avez pas de capacité de dissuasion.

Rafiq Nasrallah : C’est ce que dit Israël. Mais que dit l’autre partie ? Que dit le Hezbollah ? Et si les affrontements devaient avoir lieu en Galilée ? Imaginons un scénario dans lequel des groupes de 50 combattants infiltrés chacun – vous pouvez les appeler des candidats au martyre… Imaginons que ces groupes entrent dans Metoula et dans d’autres colonies à l’intérieur d’Israël, et que la télévision commence à diffuser les scènes depuis l’intérieur d’Israël, pour la première fois dans l’histoire du conflit israélo-arabe… Remarquez que je lève le doigt… De l’intérieur de la Haute-Galilée, de la frontière jordanienne et face au Golan… Que feraient les Israéliens ? Quelle pourrait faire leur force aérienne alors ? Deuxièmement, l’armée de l’air israélienne ne peut plus faire ce qu’elle veut dans le ciel. S’ils envoient un avion, nous en envoyons un aussi. Même ces petits avions de reconnaissance sont fabriqués aujourd’hui par le Hezbollah et la Syrie.

Journaliste : Oui, mais vous parlez-là d’avions F-16 et F-29 [sic]…

Rafiq Nasrallah : Ils sont bons pour frapper des cibles spécifiques, comme des maisons et des ponts. Mais si les avions frappaient le cœur d’Israël et les colonies ? Et si des missiles étaient lancés…

Journaliste : Le Hezbollah a-t-il des avions ?

Rafiq Nasrallah : Bien sûr.

Journaliste : Il a des avions de reconnaissance, mais pas des avions…

Rafiq Nasrallah : Sur quoi tout le monde compte-t-il ces jours-ci ?

Journaliste : Sur quoi ?

Rafiq Nasrallah : Sur les avions de reconnaissance. Ils peuvent frapper des cibles et le diffuser à la télévision simultanément. Les concepts de guerre ont changé. Nous avons la technologie aujourd’hui. […]

 

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