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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 07:20

Dans un sermon de l’Aïd Al-Adha en Jordanie, le cheikh Ahmad Manai qualifie les Juifs de « frères des singes et des porcs » et implore : Ô Allah, détruis l’Amérique, la Russie et les « rabbins » de Téhéran

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Dans un sermon marquant l’Aïd Al-Adha, prononcé à la mosquée Al-Maqari à Irbid, en Jordanie, le Cheikh Ahmad Manai évoque des « complots » fomentés par l’Amérique, la Russie et l’Europe, ainsi que par les Juifs, qu’il appelle les « frères des singes et des porcs » et les traîtres parmi les Arabes. Il prie Allah de soutenir les sunnites en Syrie, en Irak, au Yémen et de détruire les « Rafidites criminels » et les « Juifs pilleurs ». Il appelle Allah à « anéantir l’Amérique » et à « anéantir également la Russie ». Le sermon a été diffusé sur Yarmouk TV le 12 septembre 2016.

http://www.memritv.org/clip/en/5685.htm

Extraits :

Ahmad Manai : Nous assistons aux complots de l’Amérique, de la Russie et de l’Europe, aux côtés des Juifs et des traîtres au sein les Arabes. Ils ont même dupé les musulmans avec le soi-disant « Printemps arabe », leur infligeant ruine et destruction. Ils ont détourné les gens de la cause numéro un de l’islam, la cause palestinienne, et les frères des porcs et des singes ont en profité pour infliger toutes sortes de tortures à nos frères à Gaza et en Palestine. […] Ô Allah, puisses-Tu élever la bannière de l’islam au-dessus de toute l’humanité, dans Ta grâce. Ô Allah, soutiens les sunnites en Syrie, en Irak et au Yémen, et envoie Tes soldats aider le peuple de Palestine. Ô Allah, soutiens nos frères persécutés partout. Ô Allah, détruis les rafidites criminels. Ils ne Te conviennent pas. Détruis les Juifs pilleurs. Ils ne Te conviennent pas. Inflige-leur un jour « austère et miséreux ». Ô Allah, détruis les « rabbins » de Téhéran et le « Vatican » de Qom. Toi, notre Seigneur, Tu es Tout-puissant. […] Ô Allah, accorde la force aux sunnites qui combattent les Houthis, les Alaouites, les Rafidites criminels et les traîtres au sein de cette nation. Toi, notre Seigneur, Tu es Tout-puissant. Ô Allah, anéantis l’Amérique. Anéantis aussi la Russie.

 

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 07:14

L’animateur d’Al-Jazeera Faisal Al-Qassem incite au nettoyage ethnique des chiites dans les régions sunnites de Syrie

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Interviewant le coordinateur général des factions de l’opposition syrienne, Abd Al-Munim Zain Al-Din, l’animateur TV d’Al-Jazeera, Faisal Al-Qassem, lui a demandé pourquoi ils ne se battent pas dans les régions chiites. « Vous voulez libérer la Syrie ? Allez sur la côte !… Allez à Damas ! Allez dans d’autres régions qui soutiennent Bachar Al-Assad ! Et que ces régions soient damnées, comme ils disent ! »

Se référant à Nubl et à Al-Zahraa, deux villes chiites du gouvernorat d’Alep en Syrie, il a demandé : « Pourquoi ne les chassez-vous pas, tout comme ils l’ont fait avec vous, qu’ils soient damnés ? » L’émission a été diffusée le 13 septembre 2016.

http://www.memritv.org/clip/en/5684.htm

Extraits :

Faisal Al-Qassem : Laissez-moi vous poser une question. Vous n’arrêtez pas de pleurnicher sur les régions sunnites. C’est votre problème. Pourquoi limitez-vous toutes vos batailles avec le régime aux régions sunnites ? Que faites-vous de Damas ? Ou des Alaouites sur la côte ? Ou de toutes les régions qui soutiennent le régime ? C’est votre problème. Vous avez détruit toutes les régions dans lesquelles vous vous battez. Vous voulez libérer la Syrie ? Allez sur la côte ! C’est ce que disent les Syriens. Allez à Damas ! Allez dans d’autres régions qui soutiennent Bachar Al-Assad ! Et que ces régions soient damnées, comme ils le disent ! Qu’avez-vous fait pour nous ?

Abd Al-Munim Zain Al-Din : Ces régions ne sont pas protégées uniquement par l’Iran et la Russie. Même les Etats-Unis ont dû intervenir avec leurs avions pour les protéger – car le régime criminel ne peut pas tenir bon  – à tel point qu’ils ont dû signer un accord avec la Russie, alors que la Russie elle-même ne peut pas les protéger.

Faisal Al-Qassem : Mais, mon frère, pourquoi blâmez-vous le régime ? Laissez-moi vous interroger sur Nubl et sur Al-Zahraa, des colonies chiites au cœur d’une région sunnite, avec Kafraya et Fua. Elles sont toujours ici, au milieu de votre région. Pourquoi ne les chassez-vous pas, exactement comme ils vous l’ont fait, et qu’ils aillent tous au diable ?

Abd Al-Munim Zain Al-Din : Les enfants de Madaya et de Zabadani sont la seule raison pour laquelle nous laissons ces criminels tranquilles.

Faisal Al-Qassem : Monsieur, dans la guerre, il n’y a pas de sentiments. Ils vous ont chassés de toutes vos régions, et vous allez vous battre à Alep et à Daraya ! Allez sur la côte !

Abd Al-Munim Zain Al-Din : Si Dieu le veut, nous irons sur la côte et dans d’autres régions. Nous ne les laisserons pas tranquilles. L’heure viendra pour nous d’aller sur la côte et à Damas. Nous ne laisserons aucune région. Nous les libérerons toutes, si Dieu le veut.

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:39

Le satiriste libanais Nadim Koteich se moque de la Syrie : Assad n’est pas assez viril pour abattre un avion israélien sur son iPad

satire

 

Dans son émission satirique politique « ADN », diffusée sur la chaîne Al-Arabiya le 14 septembre 2016, le journaliste et satiriste libanais Nadim Koteich tourne en dérision Bachar Al-Assad, en réaction aux informations selon lesquelles la Syrie aurait abattu deux avions israéliens avec des missiles. « Bachar Hafez Al-Assad – c’est une marque de fabrique », a-t-il dit. « Vous êtes trop lâche pour abattre un avion sur votre iPad, et vous voulez abattre un avion dans la vraie vie ?! » Koteich est chroniqueur pour le quotidien Asharq Al-Awsat, et son émission est également diffusée sur Future TV.

Extraits :

http://www.memritv.org/clip/en/5675.htm

Nadim Koteich : La nation tout entière… Nan, l’humanité tout entière… Nan, toutes les créatures de la Voie lactée ont célébré deux fêtes : l’Aid Al-Adha et l’Aid du crash d’un avion militaire israélien par l’héroïque Armée syrienne.

[…]

Le tir de deux missiles à Quneitra n’est pas une plaisanterie. Pas du tout.

Journaliste 1 : C’est un message balistique de la Syrie à Israël…

Journaliste 2 : Que peut-on dire du développement qualitatif au sud de la Syrie ?

Journaliste 3 : Permettez-moi de féliciter nos frères et l’Armée arabe syrienne pour cet exploit.

Invité : En science militaire et au regard de la situation politique et militaire actuelle en Syrie, c’est considéré comme un progrès ultra-stratégique, selon toutes les normes.

Invité 2 :  Les [Israéliens] n’ont pas anticipé la réaction syrienne.

Nadim Koteich : Surprise ! Ce peut être l’une des rares fois où un commentateur pro-régime dit la vérité sur une chaîne télé du régime. Israël n’était pas prêt ou préparé à cela. Evidemment que non. Ce ne fut pas un missile, je précise, mais deux. Il a fallu à la dynastie d’Assad deux générations – celle de Papa et celle de Junior – pour tirer deux missiles ! Deux générations entières du clan Assad.

Troisième invité : Cette réaction, ou la déclaration à son sujet, constitue un bond de conscience qualitatif.

Quatrième invité :  La Syrie mène une guerre au niveau de la conscience.

Nadim Koteich : C’est une guerre au niveau de la conscience ! Mais de la conscience syrienne, évidemment.

Cinquième invité :  Nous avons parlé [du crash des avions] et nous en avons même des photos, mais Israël nie que les avions aient été touchés.

Nadim Koteich : Alors il y a des photos ! Où sont-elles ? Pourquoi les cachez-vous derrière votre dos ? Où sont les photos du crash de l’avion israélien ? Deux avions, pour être précis. Vous abattez deux avions – pas un, je précise – vos médias affirment détenir des photos, et vos légions de commentateurs présentent cette bataille comme plus importante que Waterloo dans l’histoire moderne. Et après tout cela, ils ne montrent pas les photos ? Qu’est-ce que c’est que cette discrétion ? […]

M. le Président, vous vous appelez Bachar Hafez Al-Assad. Savez-vous ce que cela signifie ? Cela signifie que vous n’êtes pas assez viril pour abattre un avion israélien sur votre iPhone. Bachar Hafez Al-Assad, c’est une marque de fabrique. Vous êtes trop lâche pour abattre un avion sur votre iPad, et vous voulez abattre un avion dans la vraie vie ?

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:35

L’auteur palestinien Youssef Jad Al-Haq : ne pas accepter la solution des deux Etats, même avec le droit de retour ; nous pouvons sacrifier un à deux millions d’Arabes par an pour libérer la Palestine

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Le chercheur et auteur palestinien Youssef Jad Al-Haq a récemment rejeté la solution des deux Etats et appelé à la résistance organisée afin de libérer la Palestine « de la rivière [du Jourdain] à la mer [Méditerranée] ». Extrapolant sur le taux de natalité de la nation arabe, il a affirmé : « Si un million d’entre nous meurent, mais que nous parvenons à libérer la Palestine… Eh bien, cela me convient. » C’était sur la chaîne télévisée Syria News, le 16 août 2016.

Extraits :

http://www.memritv.org/clip/en/5680.htm

Youssef Jad Al-Haq : Selon moi, il ne peut y avoir qu’un seul Etat, pas deux. Si j’acceptais la solution à deux Etats, je reconnaîtrais que [les Juifs] peuvent avoir leur propre Etat. Comment serait-ce possible ? Qu’est-il advenu de nos appels à libérer la Palestine « de la rivière à la mer » ?

Journaliste : Quelle est l’autre option ?

Youssef Jad Al-Haq : C’est une imposture et une tromperie.

Journaliste : Mais quelle est l’autre option ? Si les Palestiniens continuent, pendant des milliers d’années, [à revendiquer la Palestine] « de la rivière à la mer », où est la solution ?

Youssef Jad Al-Haq : La solution est de se battre. Qui peut prétendre valoir mieux que les martyrs ? Monsieur, si nous avions un million de martyrs par an, je vous garantis que…

Journaliste : Cela ne requiert-il pas une résistance armée ? Où est la résistance aujourd’hui ?

Youssef Jad Al-Haq : C’est là mon appel. Les nouvelles naissances au sein de la nation arabe vous compenseront de 5 millions de bébés annuellement. Notre taux de naissance est de 2,5 %. Il est inégalé dans le monde. Combien font 2,5 % de 300 millions ? Six ou sept millions. Donc, si un ou deux millions d’entre nous meurent, mais que nous parvenons à libérer la Palestine… Eh bien, cela me convient. (Un veritable monstre)

Certains diront que ce sont des mots dans le vide, mais c’est faux. Il y a des calculs. Les calculs des pays, des populations et des nations le disent. En sacrifiant la moitié de leur population, les Vietnamiens ont-ils dit qu’ils ne voulaient pas libérer leurs pays car des gens pourraient mourir ? Non ! Ils ont décidé de le libérer, peu importe qui serait tué et qui survivrait. Nous ne devons pas faire de tels calculs. Nous, Palestiniens, n’avons qu’une chose à faire : résister de la rivière à la mer. Nous ne devons pas accepter la solution des deux Etats avec le droit au retour ou des négociations.

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:33

Le président du conseil d’un quotidien pro-Hezbollah : Nous expulserons tous les Américains de nos pays, par la force

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Le 19 septembre 2016, suite à des rapports faisant état de l’entrée des forces américaines en Syrie du Nord, Ibrahim Al-Amin, président du conseil du quotidien pro-Hezbollah libanais Al-Akhbar, a publié un article virulent intitulé « Pour nous, les Américains sont des assassins et des voleurs auxquels il faut résister ». Al-Amin y attaque les États-Unis qui, selon lui, occupent l’Irak et aujourd’hui la Syrie aussi, et appelle à tuer tout Américain armé en dehors de son territoire et à expulser des pays arabes tous les « fonctionnaires américains », diplomates, militants et universitaires compris. Extraits : [1]

C’est le « droit » des Américains – du gouvernement, du peuple et des institutions – de ne pas tirer la leçon de leur expérience sur le maintien des relations avec les autres peuples du monde. Cependant, le problème tient au fait que certains au sein de notre propre peuple ne veulent pas [non plus] tirer de leçons et continuent de s’en remettre à ce groupe d’assassins et de voleurs. Que peut-on faire avec des gens pareils ? Rien. Mais à chaque fois, dans plus d’un endroit du monde et à chaque génération, il y a un groupe qui comprend que la seule façon de se mesurer à un meurtrier arrogant est d’utiliser sa propre méthode, sa logique et son langage.

Les États-Unis ne se contentent pas de réoccuper l’Irak, mais ont décidé d’étendre leur conquête à la Syrie. L’excuse qu’ils utilisent [pour se convaincre] est compréhensible, vu que tous ceux qu’ils ont chargés de renverser l’Etat syrien, de porter atteinte à la résistance et d’empêcher tout changement substantiel dans la région ont échoué.

OK. Ils peuvent agir à leur guise. Mais nous devons aussi faire ce qui nous convient. Nous devons tirer sur tout Américain armé en dehors de son territoire, sans prendre en compte la raison de sa présence [à l'extérieur de son pays] ou le fait qu’elle résulte de la requête de tel élément ou de tel autre. C’est une force occupante à laquelle il faut résister par les balles et le feu.

Nous expulserons [également] tous les fonctionnaires officiels américains : les diplomates, les administrateurs, les universitaires, et surtout les amoureux de la paix, [les militants] des droits de l’Homme et de la société civile, et en particulier les chefs des organisations de la société civile. [En outre,] nous expulserons quiconque interagit avec eux, que ce soit directement ou indirectement. Ce ne sont qu’une poignée de voleurs qui ne seront pas ébranlés par des mots, des demandes ou même des réprimandes. Ils ne comprennent que le langage du feu et du fer.

Nous n’avons d’autre méthode que d’expulser l’occupation américaine de nos pays, qu’elle soit [de type] militaire, sécuritaire, diplomatique ou autre. Nous les tuerons, les expulserons, les éloignerons de nous. Quiconque souhaite leur présence devra payer le prix de leur saleté.

 

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 06:26

L’histoire des Ligues de villages palestiniens

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Par Yigal Carmon*

Il y a vingt-trois ans, sur la pelouse de la Maison blanche, les Accords d’Oslo étaient signés. Tant Israël que les Etats-Unis supposaient que l’OLP représentait la seule et unique possibilité de paix avec le peuple palestinien. De fait, c’était bien la situation à l’époque. Toutefois, cette situation était la conséquence des politiques menées par toutes les parties concernées – les Etats-Unis, Israël et, à sa manière, l’OLP, qui avait systématiquement éliminé ses adversaires. Quinze ans auparavant, un mouvement palestinien qui voulait parvenir à la paix avec Israël avait vu le jour dans les territoires palestiniens, en opposition à l’OLP. Il a échoué. Bien que 38 années se soient écoulées depuis cet échec, l’OLP et ses partisans en Occident sont toujours hantés par ce mouvement. J’ai été personnellement impliqué dans cette tentative et l’ai suivie en tant que témoin de premier plan. Voici l’histoire des Ligues de villages.

En août 1978, Mustafa Dodin et un groupe d’activistes palestiniens ont soumis une requête à l’administration militaire en Cisjordanie, pour créer une ligue de villages dans la région de Hébron. Dodin, ancien ministre jordanien, était une personnalité importante dans la région ; il était connu pour son opposition à l’OLP et pour ses liens avec le gouvernement jordanien, en particulier avec le cercle de Wasfi Al-Tal, qui avait été Premier ministre de Jordanie.[1] Etant revenu de Jordanie pour retrouver son village natal de Dura, près de Hébron, Dodin voulait créer un mouvement politique qui s’efforcerait de parvenir à un accord avec Israël. Toutefois, l’administration israélienne refusait d’autoriser une quelconque activité politique dans les territoires occupés, même lorsque l’objectif était de négocier un traité de paix avec Israël. Dodin a donc été contraint de soumettre une nouvelle requête pour créer un organe social et administratif, comme l’autorisait la loi jordanienne (qui était restée en vigueur dans les territoires occupés sous administration militaire israélienne), à savoir une ligue de village. Cette requête est également restée sans réponse pendant un an et demi, jusqu’à son approbation définitive en août 1978.

L’objection à toute activité politique résultait de ce qu’on appelait alors la “doctrine Dayan”, appliquée depuis l’été 1967. Cette politique n’a jamais été formulée méthodiquement par Dayan lui-même, mais découlait de principes généraux, de lignes directrices et de directives ad hoc qu’il transmettait à ses subordonnés. Ceux-ci incluaient l’interdiction de toute activité politique, ainsi que l’instruction de ne pas accorder de traitement préférentiel aux éléments modérés. Cela s’appliquait également aux partisans de la Jordanie et à une poignée d’individus qui luttaient pour l’autonomie palestinienne sous l’égide d’Israël, dont le représentant le plus notoire était l’avocat bien connu de Ramallah Aziz Shehadeh.[2] Dans les faits toutefois, la mise en oeuvre de cette politique est allée encore plus loin : les partisans extrémistes de l’OLP étaient traités avec sympathie par les autorités israéliennes, tandis que des journaux extrémistes comme Al-Fajr et Al-Shaab recevaient des autorisations sur l’instruction directe du ministre de la Défense Moshe Dayan. L’explication officielle est qu’Israël ne devait pas entraver la conduite publique et la liberté d’expression des résidents des territoires, tant qu’ils s’abstenaient de toute activité terroriste.

La « doctrine Dayan » et la création des ligues de villages

L’autorisation accordée à l’ancien ministre du gouvernement jordanien Mustafa Dodin et à ses partisans, qui avaient déclaré ouvertement leur objectif de parvenir à un traité de paix négocié avec Israël, constituait par conséquent une déviation brutale des principes de la doctrine Dayan. Cette bifurcation résultait de la lutte prolongée menée par le bureau du Conseiller aux Affaires arabes du quartier général de Cisjordanie, qui était dirigé par le professeur Menahem Milson. Mais même après que cette autorisation eut été donnée, les membres des ligues des villages ont dû faire face à l’opposition de la quasi-totalité des organes impliqués – directement ou indirectement – dans les affaires de Cisjordanie, des représentants de l’administration militaire jusqu’aux journalistes locaux et étrangers.

Pourquoi une telle opposition à une politique qui était apparemment tant nécessaire que souhaitable ? La réponse est que la doctrine Dayan était considérée comme une réussite et bénéficiait du soutien de la plupart de ces organes. Jamais clairement formulée, la doctrine Dayan présentait plusieurs volets, comme la politique des ponts ouverts, la tenue d’élections locales, une gouvernance éclairée et une attitude libérale à tous les niveaux incluant une liberté maximale sur le plan public.

Cette attitude allait jusqu’à donner l’impression que la doctrine Dayan visait à établir un condominium jordano-israélien dans la région. Au niveau politique, toutefois, l’objectif était juste le contraire : Dayan voulait restreindre les prétentions politiques jordaniennes dans les territoires, en partie au moins, en affaiblissant le statut des partisans de la Jordanie sur le terrain.[3]

Malgré les intentions de la politique de Dayan, les cercles journalistiques et politiques libéraux la soutenaient pour diverses raisons : certains parce qu’ils n’appréciaient pas le régime monarchique et autocratique jordanien et d’autres parce qu’ils étaient favorable à une autonomie palestinienne. Une partie de la droite israélienne soutenait aussi la politique de Dayan, en raison de son orientation anti-jordanienne, conforme à celle des partisans du “Grand Israël”.

Tant que les territoires restaient calmes au niveau politique et sécuritaire, la doctrine Dayan apparaissait comme une réussite, et de fait, le calme prolongé était attribué de manière erronée à cette politique, plutôt qu’à la présence d’éléments palestiniens modérés, à qui était du en réalité le maintien du calme. Toutefois, au lendemain de la décision du Sommet arabe d’octobre 1974, la reconnaissant comme seul représentant légitime du peuple palestinien, l’OLP se renforça dans les territoires, et le sentiment anti-israélien se renforça. La violence augmenta encore lorsque le ministre de la Défense Shimon Pérès, qui avait remplacé Dayan tout en poursuivant sa politique, ordonna que des élections municipales se tiennent dans les territoires.

Deux ans s’étaient alors écoulés depuis que la résolution [du sommet arabe] de Rabat eut reconnu l’OLP comme seul représentant légitime du peuple palestinien, et depuis la reconnaissance de cette organisation par l’Assemblée générale des Nations unies. Mais l’administration militaire israélienne, ainsi que de nombreux membres des cercles politiques israéliens, ignorait totalement la signification de ces événements historiques et continuait d’adhérer à la doctrine Dayan. Aussi, lorsque des émeutes ont éclaté dans les territoires occupés en 1975, ces personnes n’ont pas voulu y voir la conséquence de l’érosion du statut public de la faction pro-jordanienne et des autres éléments modérés, et la conséquence de la politique de l’administration militaire israélienne, qui avait délibérément porté atteinte au statut des éléments pro-jordaniens, tout en laissant la liberté d’action à la faction anti-jordanienne, c’est-à-dire à l’OLP. Ils avaeint cru que les élections de 1976 déboucheraient sur un résultat différent et lorsque, contrairement à leurs attentes, les candidats de l’OLP ont été élus, ils ont essayé par tous les moyens de les considérer sous un jour positif :”En fin de compte, ce sont des fonctionnaires qui nettoieront les rues et développeront les villes, parce qu’ils ont été élus pour cela – ils ne feront pas de politique”. Mais les espoirs des auteurs de ces prévisions optimistes ont rapidement été déçus, car la première décision du maire soi-disant pragmatique de Hébron n’a pas été le nettoyage des rues, mais le rejet des primes gouvernementales offertes à sa municipalité, car il souhaitait éviter de devoir signer un contrat avec les autorités israéliennes, conformément à la formule en vigueur depuis 1967. Très vite, les maires pro-OLP se sont unis dans leur opposition à l’application de la TVA dans les territoires, question purement financière qui découlait de l’introduction de la TVA en Israël, qu’ils ont exploitée pour les besoins de leur propagande anti-israélienne. Les directeurs des chambres de commerce, toutefois, qui étaient connus pour être pro-jordaniens, ont adopté une position pragmatique et mené des négociations pratiques sur la mis en oeuvre de la TVA.

Il convient de souligner ici que la conséquence cumulée de la mise en oeuvre de la doctrine Dayan au fil des ans a été la radicalisation de la population dans la direction de l’OLP et de ses objectifs. Néanmoins, l’administration militaire et ses officiers supérieurs ont continué d’agir conformément à l’esprit de la doctrine Dayan, qui était toujours en vigueur dans les bureaux du Coordinateur des activités dans les territoires et de l’Administration militaire, même après que Dayan eut été contraint de démissionner et été remplacé par Shimon Pérès. Un changement significatif d’approche politique n’est intervenu qu’à l’été 1976, lorsque le professeur Menahem Milson est entré en fonction comme conseiller aux Affaires arabes pour la Cisjordanie. Dès lors, la doctrine Dayan cessa d’être sacralisée et une nouvelle approche put voir le jour.

En novembre 1976, j’ai rejoint le Département des Affaires arabes en tant qu’adjoint du professeur Milson. Nos activités contredisaient la doctrine Dayan dans la pratique, à tous les niveaux. Il convient d’observer toutefois que nous n’avons rien fait dans la clandestinité, ni dérogé à la discipline militaire. A la différence des politiques de Dayan, qui minaient tacitement la politique officielle du gouvernement, nous avons agi conformément aux principes fondamentaux du gouvernement israélien : à savoir que, la Jordanie étant considérée comme une entité non-hostile, nous nous sommes efforcés d’en faire un partenaire de dialogue politique, en dépit des résolutions de Rabat, et les éléments pro-jordaniens étaient désormais soutenus, et non plus écartés.

Notre point de départ était en porte-à-faux avec la doctrine Dayan. Dayan s’était efforcé de préserver le contrôle des territoires par Israël, tout en espérant que la Jordanie allait s’effondrer en conséquence du conflit intérieur de 1970 avec les organisations terroristes, et apporter ainsi une solution au problème national palestinien. Ses discours de l’époque apportent la preuve qu’il ne croyait pas en la possibilité de la paix entre Israël et les Palestiniens. Nous ne partagions toutefois pas cette vision pessimiste et fataliste d’une lutte perpétuelle et inévitable. Même si nous étions extrêmement conscients de la profondeur et de la gravité du conflit et de ses racines historiques, notre connaissance des événements sur le terrain nous donnait des raisons de croire en la possibilité d’une politique judicieuse orientée vers la paix, en renforçant les éléments modérés qui comprenaient que le terrorisme mettait en danger les Palestiniens, et qui étaient intéressés à promouvoir la paix. Tout en étant bien conscients du fait que ces éléments n’étaient pas majoritaires et que les positions qu’ils adoptaient n’étaient pas représentatives de l’élite urbaine, qui avait pendant des années constitué le secteur moteur de la société palestinienne, nous savions aussi que la majorité de la population non-urbaine – la majorité silencieuse – était préparée à accepter cette approche si elle était assurée d’un engagement israélien manifesté tant sur le plan politique que par les actions sur le terrain.

Avec l’approbation du ministre de la Défense, sept ligues de villages ont été créées en Cisjordanie, d’abord à Hébron, plus tard à Ramallah et Bethléem, et enfin dans les districts Nord de Naplouse, Djénine et Tulkarem.

Le fait qu’elles aient pu être fondées en dépit de l’opposition massive des dirigeants israéliens et arabes palestiniens montre que nous avions évalué correctement la situation. Nous considérions l’encouragement des modérés favorables à la paix et opposés à la violence de l’OLP comme un principe d’importance morale et politique. Nous ne pouvions pas être certains qu’il conduirait à la paix, mais nous étions certains que la paix avec l’OLP était impossible, car l’organisation incarnait le problème des réfugiés de 1948 et la demande du droit au retour. Nous avions raison sur ce point aussi : l’exigence du droit au retour de l’OLP avait empêché tous les progrès vers un accord de paix, même lorsqu’Israël avait proposé quatre-vingt-dix-sept pour cent des territoires occupés (lorsqu’Ehoud Barak était Premier ministre) ou cent pour cent, avec un échange de territoires (pendant le mandat d’Ehoud Olmert).

Nous ne considérions pas notre combat politique contre l’OLP comme pouvant être résolu de manière décisive en une seule fois ; nous y voyions plutôt une campagne prolongée qui pouvait être gagnée sur des points précis. Nous étions convaincus qu’Israël avait plus intérêt à traiter avec les Palestiniens qui étaient opposés au terrorisme et souhaitaient parvenir à des négociations de paix, qu’avec une organisation dont l’essence même était la lutte armée et le retour [des Palestiniens] en Israël, à l’intérieur de la Ligne verte. Ce principe stratégique, que nous considérions comme naturel et justifié même s’il n’amenait pas la paix, n’était pas acceptable pour les hommes politiques israéliens de gauche comme de droite. Chacun s’accrochait à sa politique : la droite rejetait le dialogue avec les Arabes modérés en raison de sa crainte que de telles négociations conduiraient à un compromis territorial, tandis que la gauche refusait de renoncer à sa croyance et à son espoir que l’OLP se transformerait en un partenaire de paix. Notre création réussie de ligues de villages dans toute la Cisjordanie n’a pas fait long feu, parce que nous étions à contre-courant du consensus politique qui n’était pas seulement international et panarabe, mais aussi, malheureusement, israélien.

L’autorisation de l’activité des ligues de villages résulta, comme indiqué, d’une lutte prolongée et déterminée de plusieurs mois menée sans relâche, contre l’avis du conseiller juridique de l’état major en Cisjordanie, contre le département du droit international du ministère de la Défense et, bien entendu, contre le bureau du ministre de la Défense et celui du Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires. Afin de promouvoir l’idée des ligues de villages au sein du cabinet du ministre de la Défense, Menahem Milson accepta la proposition du ministre de la Défense du gouvernement du Likoud, Ezer Weizmann, d’occuper le poste de conseiller aux Affaires arabes du bureau du coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires. Milson a inauguré ce poste en janvier 1978 et a fini par réussir à convaincre Weizmann, qui était alors ministre de la Défense, d’accepter à contre-coeur la création des ligues de villages. Le bureau du coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires, qui représentait la doctrine Dayan, n’était pas le seul organisme impliqué dans la controverse sur l’approbation des ligues de villages, vu que de nombreux autres représentants de l’establishment sécuritaire avaient aussi adopté cette politique qu’ils considéraient comme “le sommet de la sagesse politique. »[4] Le général de brigade David Hagoel, commandant des forces israéliennes en Cisjordanie, soutenait pour sa part les ligues de villages et nous a permis de lutter en leur faveur, mais il a été remplacé au printemps 1978 par le général de brigade Ben Eliezer, dont l’attitude envers cette initiative oscillait entre l’indifférence et l’hostilité. Quelques mois plus tard, à la fin septembre, Menahem Milson arrivait à terme de ses fonctions de conseiller aux affaires arabes du coordinateur des activités israéliennes dans les Territoires et reprenait son poste à l’université hébraïque, me laissant poursuivre seul le combat. Bien qu’épaulé par des assistants remarquables – des officiers maîtrisant parfaitement l’arabe et ayant une connaissance approfondie des études moyen-orientales, qui remplissaient leur tâche avec diligence et dévouement, partageant mon approche – je n’avais aucun allié au sein du cabinet du ministre de la Défense, pour soutenir notre initiative.

Les adversaires des ligues des villages et leurs motivations

Comme cela était prévisible, notre combat ne nous a pas permis d’obtenir l’autorisation du ministre de la Défense. Au lieu de cela, il s’est durci, car tous ceux qui y étaient opposés et qui avaient prédit, sur le fondement de leur prétendue expertise, que l’initiative échouerait, se battaient maintenant de toutes leurs forces pour faire en sorte que leur prédiction s’avère exacte. Parmi nos adversaires les plus notoires se trouvaient des journalistes spécialistes des territoires occupés, et des personnalités de gauche ; certains officiers de l’administration militaire ; des membres de l’armée, et notamment le général de division Moshe Levi de l’état-major général et son successeur Ori Or ; la presse étrangère ; les consuls, en particulier celui des Etats-Unis à Jérusalem-Est ; la Jordanie ; l’OLP ; les colons.

Pourquoi tous ces groupes étaient-ils opposés à une initiative qui avait été approuvée par le ministre de la Défense et qui aurait dû sembler naturelle et justifiée à tous points de vue, tant moral que politique ?

La majorité écrasante des journalistes rendant compte des événements dans les Territoires avaient des opinions politiques bien définies et considéraient l’OLP comme le représentant légitime des Palestiniens. Ils soutenaient que, même si les positions affichées par l’OLP étaient radicales, ses positions réelles étaient modérées, ou du moins elles le deviendraient. La plupart de ces journalistes connaissaient personnellement des partisans de l’OLP dans les territoires, qui leur économisaient du temps et des efforts en leur fournissant régulièrement – de manière évidemment sélective – des informations sur tout ce qui se passait sur le terrain. Mais cette volonté de personnalités palestiniennes pro-OLP de fournir des informations avait un prix, car les journalistes devaient rendre la pareille en publiant des comptes-rendus favorables [à l’OLP]. Ces journalistes étant dans tous les cas fatigués, au point de parfois abhorrer la Jordanie et ses partisans, ils n’avaient aucune difficulté à faire publier des articles favorable aux personnalités pro-OLP comme Fah Qawasmé (maire de Hébron), Mohammed Milhem (maire de Halhul) et leurs pairs. Pour certains journalistes israéliens, le fait d’encourager les relations avec des personnalités palestiniennes radicales dans le contexte de la doctrine Dayan était aussi un moyen de se présenter dans les médias étrangers comme éclairés et progressistes. En bref, leur ligne n’était pas professionnelle et était en revanche clairement orienté.

Les milieux politiques de gauche en Israël considéraient les Palestiniens modérés comme des Quisling [5] et qualifiaient les partisans de l’OLP de “personnalités nationales” et de “dirigeants authentiques”. Aussi, leur opposition aux activités des ligues de villages était à la fois politique et sentimentale.

Les membres du personnel civil de l’administration militaire, au crédit desquels il faut porter la gestion quotidienne de la vie dans les Territoires pendant des années et qui étaient, dans leur immense majorité, des fonctionnaires consciencieux, étaient opposés aux activités des ligues de villages du fait de leur volonté de conserver leurs postes et leur statut, ce qui les rendait très réticents à l’idée de transférer une partie de leurs responsabilités à la population locale. Parfois, leur comportement en devenait pathétique, à tel point que nous avions l’habitude de dire en plaisantant que certains d’eux préféreraient peut-être conserver leurs postes sous domination palestinienne plutôt que de perdre leur emploi. Cette situation était très différente de celle des mois qui avaient suivi la guerre des Six Jours, quand ces postes étaient occupés par des officiers d’état major gradés (des “ministres” travaillant en coopération avec le commandant régional et s’occupant des questions civiles) qui avaient occupé des postes haut-placés dans les ministères concernés avant d’être délégués à ces fonctions nouvellement créées au lendemain de la guerre des Six Jours. Douze ans plus tard, ces mêmes postes étaient occupés par des fonctionnaires israéliens de niveau intermédiaire qui avaient été délégués par leurs ministères dans cet “exil” où ils avaient obtenu d’un coup le statut de “ministres” – position qu’ils étaient bien entendu réticents à abandonner en transférant leurs responsabilités à la population locale.

Certains des généraux qui avaient dirigé le commandement central de l’armée étaient également offusqués par notre activité. Leur indignation était avant tout personnelle, car nous les avions privés de leur statut de dirigeants tout puissants dans les territoires occupés et de représentants du Commandement central aux échelons les plus élevés du gouvernement – à savoir, le ministère de la Défense et parfois aussi le cabinet du Premier ministre – statut qui signifiait beaucoup pour eux. La situation était telle du fait que, jusqu’en 1981, les territoires se trouvaient sous contrôle de l’administration militaire subordonnée aux autorités militaires, et en premier lieu au Commandement central de l’armée. Les généraux s’efforçaient de s’exonérer de toute responsabilité concernant nos activités, qui attiraient les critiques des médias et des éléments de gauche ; ces officiers souhaitaient être clairs sur le fait qu’ils n’avaient rien à voir avec cette initiative et qu’ils devaient donc être exempts de toute critique. Ils sapaient nos activités, qui empiétaient souvent sur celles de l’armée, et aidaient en général les colons, en raison notamment de leur devoir militaire de les défendre. Dans la plupart des cas, ils considéraient aussi la doctrine Dayan comme “le sommet de la sagesse politique” et arguaient que Dayan “comprenait les Arabes” mieux que le reste d’entre nous.

Il y avait une raison supplémentaire au mécontentement de l’armée face à nos activités. Lorsque le professeur Milson avait été désigné chef de l’administration civile en 1981, il avait demandé au ministre de la Défense Ariel Sharon de destituer plusieurs gouverneurs militaires que nous considérions comme inadaptés, pour des raisons diverses, et de les remplacer par un groupe d’officiers de réserve, originaires pour la plupart des kibboutz de l’Hashomer Hatzair [N.d.T. Mouvement de jeunesse de gauche]. Ces suppléants potentiels avaient les qualités suivantes : ils avaient servi dans le renseignement militaire, parlaient l’arabe et avaient effectué des études moyen-orientales ; ils comprenaient l’importance de l’idéologie politique et connaissaient les projets, les manifestations et les tracts politiques et, plus important encore, ils avaient été éduqués dans l’aspiration à la paix. Le ministre de la Défense avait immédiatement approuvé cette demande, apparemment étrange. Naturellement, il avait ses propres raisons de le faire : il avait compris tout de suite que des personnes possédant ces qualités aideraient à calmer la situation sur le terrain. Milson avait approché le vétéran du Mapam [N.d.T. Parti de gauche auquel était affilié le mouvement Hashomer Hatzair], Yaakov Hazan, car les officiers devaient obtenir une autorisation du mouvement pour devenir soldats de carrière. Hazan l’avait interrogé sur nos activités, sur leurs objectifs et sur les buts des Palestiniens modérés, qu’il souhaitait encourager. Après s’être assuré que l’objectif était de parvenir à un accord de paix avec Israël, il autorisa les officiers à s’engager. Toutefois, lorsqu’Aliza Amir, secrétaire exécutive de la Fédération du Kibboutz national, eut vent de tout cela, elle appela immédiatement le secrétaire du parti, Victor Shem-Tov, et cria : “Le vieux (c.-à-d. Hazan) est devenu fou, il veut aider Sharon” et Shem-Tov retira l’autorisation. Deux personnes seulement étaient prêtes à enfreindre le règlement du kibboutz pour nous rejoindre, mais aucun ne fut autorisée à rester avec nous pour très longtemps.

Presque tous les médias étrangers soutenaient l’OLP, qui avait alors déjà obtenu la reconnaissance internationale. Comme les journalistes israéliens locaux, ils essayaient de compenser leur ignorance de la situation et de l’arabe en maintenant des liens étroits avec des extrémistes qui leur fournissaient des informations qu’ils n’avaient eux-même pas eu de difficulté à obtenir. Les informations qui en découlaient n’étaient pas professionnelles et soutenaient inconditionnellement [l’OLP], de manière toutefois moins flagrante que dans le cas des reporters israéliens dans les territoires, car ils étaient dépourvus de cette identification émotionnelle caractérisant les journalistes israéliens. (Par exemple, lorsque les ligues des villages tinrent leur grande conférence à Hébron en novembre 1982, en présence de milliers de personnes et avec la couverture de toutes les chaînes de télévision internationales, durant laquelle les dirigeants des ligues des villages appelèrent à la paix avec Israël, le journaliste de Davar Danny Rubinstein intitula son article “Une journée triste et déprimante à Hébron”).

Les consuls étrangers, menés par le consulat des Etats-Unis, appliquaient la politique de leurs ministères des Affaires étrangères, opposés à l’occupation israélienne et soutenant l’OLP, laquelle avait obtenu la reconnaissance internationale de l’ONU. Pour autant qu’ils pouvaient, les consuls sabotaient notre politique et apportaient leur aide aux partisans extrémistes de l’OLP.

L’attitude de la Jordanie envers les ligues des villages peut être divisée en deux périodes : au début, la Jordanie leur apporta son soutien tacite, car elle comprenait que leurs activités étaient destinées à renforcer la position de la Jordanie dans les territoires et à soutenir son statut de représentant politique des zones occupées, au mépris des résolutions de Rabat et de l’ONU de 1974.[6] Toutefois, après le 8 mars 1982, date à laquelle le commandant des Garde-frontière Zvi Bar révéla que ceux-ci fournissaient un entraînement au maniement des armes aux membres des ligues des villages pour assurer leur auto-défense,[7] la Jordanie n’eut pas d’autre choix que de déclarer officiellement que les ligues étaient illégales selon le droit jordanien. Après avoir pris cette décision, il suffit de quelques décisions administratives pour décourager les détenteurs de passeports jordaniens – c’est-à-dire tous les résidents des territoires occupés – de rejoindre les ligues des villages. La Jordanie fut obligée de prendre cette décision pour ne pas donner l’impression d’agir contre le consensus arabe qui, au lendemain de la résolution de Rabat, considérait l’OLP comme seul représentant légitime du peuple palestinien. Il convient d’observer ici qu’il n’a jamais été question de créer des milices de quelque nature que ce soit dans le cadre des ligues de villages ; un petit nombre de membres des ligues ont été armés par Tsahal après que des terroristes eurent assassiné le dirigeant de la ligue de Ramallah, et cette décision était uniquement destinée à permettre aux membres de se défendre eux-mêmes. Le chef du Commandement central de Tsahal avait refusé de laisser le personnel de l’armée fournir un entraînement au maniement des armes, problème qui fut résolu par le ministère de la Défense en contactant Tzvi Bar, proche d’Arik Sharon.

L’opposition naturelle de l’OLP aux ligues de villages s’est traduite par l’assassinat du chef de la ligue de Ramallah et, quelques années plus tard, par celui du chef de la ligue de Djénine. Pendant toute cette période, cette opposition s’est exprimée également de manière quotidienne par des menaces, par le boycott et par diverses actions destinées à paralyser les activités des ligues.

Depuis le début, les services de Sécurité intérieure (GSS) avaient émis des réserves sur la politique de soutien aux modérés et avaient parallèlement continué de soutenir des éléments hostiles. Cela s’expliquait par plusieurs raisons, notamment le désir de se conformer à la doctrine Dayan, qui refusait d’aider les modérés et préférait les extrémistes, considérés comme les “dirigeants authentiques”. De plus, le mandat du GSS étant défini comme la prévention du terrorisme et de l’espionnage, l’organisation ne considérait pas l’incitation à la haine ou les activités publiques hostiles [à Israël] comme entrant dans ses prérogatives, alors même qu’elles menaient directement à l’extrémisme et aux actes de terrorisme. Et le GSS avait encore une autre raison de s’opposer aux ligues : certaines personnalités palestiniennes hostiles, très haut placées, avaient acquis en toute duplicité la protection du GSS en échange d’informations. Je pense qu’il était difficile pour le GSS d’accepter le fait que le département des Affaires arabes fonctionne à tous égards comme un réseau de recherche et de renseignement dans un domaine si étroitement dépendant de lui, tout en diffusant ses conclusions au sein de l’échelon politique et des médias.

Les habitants juifs des territoires étaient un autre élément influent dans les territoires occupés. Leur attitude envers les ligues des villages, tout comme leur attitude envers le reste de la population locale, allait de l’indifférence à l’hostilité. Certains cercles et individus de la région de Hébron étaient particulièrement hostiles. Parmi ceux-ci se trouvait Elyakim Haetzni, personnalité bien connue en raison de son combat à l’intérieur d’Israël en tant qu’activiste de l’organisation Shurat HaMitnadvim au début des années 1950. Tout en ayant choisi de résider dans les territoires, c’était, contrairement à la plupart des colons, un Juif laïque, et il maintenait une attitude impartiale envers ses voisins arabes. En tant qu’avocat, il représentait ainsi les résidents arabes locaux dans des procédures contre les autorités israéliennes lorsqu’il pensait qu’ils avaient été traités de manière injuste, et il avait aussi de bonnes relations personnelles avec plusieurs activistes des ligues de villages. Sur le plan public et politique, toutefois, il était favorable à une annexion totale des territoires : il était totalement opposé aux activités de la Ligue et appelait les ministres de la Défense israéliens à empêcher leur développement. Il a expliqué son opposition en arguant qu’il ne craignait pas l’OLP, vu qu’Israël ne discuterait jamais avec elle. Les ligues des villages, par contre, posaient problème, et c’était Mustafa Dodin, plutôt qu’Arafat, qui faisait peur à Haetzny, car ses efforts pour parvenir à la paix risquaient d’amener Israël à se retirer des territoires pour parvenir à un accord avec lui. Plus tard, après les massacres de Sabra et Chatila, lorsque le ministre de la Défense Arik Sharon se trouva politiquement isolé et qu’il eut un besoin vital du soutien des colons, les pressions exercées par Haetzny sur Sharon pour faire cesser les activités des ligues des villages acquirent un poids significatif.

Sharon et les ligues des villages

En 1981, après la désignation d’Ariel Sharon au poste de ministre de la Défense, les ligues des villages semblaient avoir trouvé un nouveau souffle, car Sharon avait invité le professeur Milson à devenir commandant de Cisjordanie. Malgré de nombreux doutes, nous voulions espérer que le simple fait que Sharon ait choisi de désigner Milson à ce poste prouvait son intention sincère d’initier de nouvelles décisions dans les territoires. Sharon avait exprimé oralement son soutien à l’idée de ligues de villages et semblait désireux de nous aider. Ces espoirs furent cependant vite déçus. Au début, il résista aux pressions des nombreuses personnes opposées à nos activités et à nous personnellement. Au lieu de maintenir l’administration militaire dans les territoires – situation que les Palestiniens eux-mêmes avaient fini par accepter depuis 1967, car elle était justifiée par le droit international applicable aux territoires occupés – il transforma l’administration militaire en une nouvelle entité désignée comme administration civile, qui n’avait aucun fondement en droit international. Cette nouvelle structure compliqua d’emblée nos activités, en nous forçant à mener un combat inutile et superflu pour établir sa légitimité. Elle apporta aussi une bonne raison de la combattre à tous les partisans de l’OLP, cette nouvelle structure étant considérée comme une étape en vue de l’annexion des territoires.

Deuxièmement, Sharon ne tint aucune de ses promesses d’aider les ligues de villages ; il n’apporta aucune aide financière au développement des territoires, et ne mena aucune discussion – ni en tête-à-tête ni au sein de forums élargis – sur la politique globale dans la région. A notre regret, nous comprîmes que toutes ses promesses ne se traduisaient par rien de plus qu’une immense déception : il n’avait pas le moindre intérêt pour le sujet et pas la moindre intention d’y consacrer son temps ou les ressources du ministère de la Défense. En conséquence, les ligues, qui s’étaient constituées début 1981 dans une structure nationale de Fédération des ligues de villages, continuèrent de s’étioler face à leurs problèmes internes et externes sans la moindre perspective d’amélioration. Ceci malgré tous leurs efforts déployés et l’élargissement du cercle des partisans, qui pensaient que les ligues représentaient une nouvelle orientation politique et que le gouvernement israélien devait coopérer avec elles en vue de parvenir à la paix.

En septembre 1982, moins d’un an après sa désignation, Milson démissionna de son poste, au lendemain des massacres de Sabra et Chatila, et je fus désigné pour le remplacer. Ce fut le début d’un déclin inévitable, le ministre de la Défense étant entièrement préoccupé par les massacres et leurs répercussions.

Après que Sharon eut été contraint de démissionner et eut remplacé par Moshe Arens, Shlomo Ilya fut désigné à la tête de l’administration civile. Il traita les ligues de villages avec hostilité et complota contre leurs dirigeants jusqu’à ce qu’en fin de compte, en raison également de la pression que leurs nombreux opposants exerçaient sur le nouveau ministre de la Défense, la fédération des ligues fut dissoute et les armes fournies à leurs membres pour assurer leur auto-défense furent reprises, les laissant vulnérables et à la merci du danger. Tous les opposants aux ligues célébrèrent ce qu’ils qualifièrent d’“échec”, alors que ce n’en était pas un : ni l’OLP ni les Etats arabes, ni aucun des autres éléments hostiles n’avaient été en mesure de les défaire – le gouvernement israélien seul était responsable de leur échec, n’ayant jamais même discuté de l’idée, de son importance ou de ses perspectives.

On pourrait dire que cet échec était inévitable, dès lors qu’une tentative était en cours pour initier un processus politique historique confronté à une opposition universelle. L’initiative consécutive menée par le gouvernement israélien avec l’OLP en 1993, avec le soutien total d’un consensus national et international, n’eut pas plus de succès, pour des raisons que nous avions nous-mêmes prévues et contre lesquelles nous avions émis des mises en garde.

Erreurs courantes au sujet des ligues de villages

Je voudrais saisir cette occasion pour tordre le coup à deux fausses conceptions diffusées par les adversaires des ligues de villages. La première est que la création des ligues de villages et l’aide qu’elles ont reçue faisaient partie d’un prétendue “plan Sharon-Milson”. Comme nous l’avons vu précédemment, les ligues avaient été créées trois ans avant que Sharon ne devienne ministre de la Défense, et il ne fut aucunement impliqué dans leur création : il entra en fonctions des années après qu’elles eurent vu le jour. L’expression “plan Sharon-Milson”, qui fait évidemment référence à quelque chose qui n’a jamais existé, a été inventée par plusieurs journalistes afin de discréditer les ligues, en les présentant comme une création de Sharon, et d’autres ont repris cette expression par ignorance.

La deuxième erreur est celle de prétendre que notre objectif en créant les ligues de villages consistait à semer la discorde entre les populations palestiniennes rurale et urbaine, selon la doctrine consistant à “diviser pour mieux régner”. Cet argument est lui aussi dénué de substance. Comme nous l’avons vu plus haut, la raison véritable derrière la demande de Mustafa Dodin de créer une ligue de villages était qu’il avait été empêché de créer un mouvement politique qui oeuvrerait ouvertement en faveur de négociations de paix avec Israël. Lorsqu’il vint nous voir avec sa demande en 1977, nous lui avons dit qu’il n’avait aucune chance d’obtenir une réponse positive, car le ministre de la Défense refusait d’autoriser la création de mouvements politiques, même lorsque leur objectif déclaré était de parvenir à un règlement de paix, et qu’en conséquence sa seule chance était de créer un organe administratif, avec la sanction du droit jordanien. Quelques jours plus tard, Dodin avait proposé de résoudre ce problème en créant une ligue de village. En d’autres termes, la structure de ligue de village fut imposée à Dodin et à ses partisans contre leur gré – et elle nous fut également imposée, car nous voulions aider les Palestiniens qui étaient désireux de parvenir à des négociations de paix avec Israël.

Le mouvement HaDerech LaShalom

Nous ne pouvons conclure cet article sans mentionner le fait que le consensus israélien contre les ligues de villages n’était pas total. En 1983, un mouvement soutenant les ligues se répandit au sein de la gauche israélienne. Ce mouvement, dénommé HaDerech LaShalom (« Le chemin vers la paix ») ne représentait aucun organisme officiel, mais était constitué d’activistes importants du mouvement kibboutzique appartenant à l’Hashomer Hatzair, au Ihoud Hakvoutzot (Mouvement kibboutzique unifié) et au Kibboutz Hameouhad. Des personnalités de premier plan comme Yonah Eisenberg du kibboutz Gan Shmuel, Hanoch Beeri d’Hazorea, Dudik Shoshani de Lahav, Yaakov Yonish de Beit HaShita, Ezra Dloomy de Rosh Hanikra et Shlomo Leshem de Urim en faisaient partie. Ils entrèrent en contact avec des membres des ligues, les rencontrèrent, les aidèrent et organisèrent des conférences et d’autres événements avec eux, et firent de manière générale tout leur possible pour montrer au public israélien qu’une option de paix israélo-palestinienne pouvait être trouvée à l’intérieur du pays, sans devoir chercher à l’étranger. Mais, comme en 1983 les autorités israéliennes étaient déjà engagées dans le processus de démantèlement des ligues, ils ne purent pas faire grand chose et leur soutien ne les sauva pas.

*Yigal Carmon est le Président de MEMRI. Cet article a été publié dans le magazine israélien Kivunim Hadashim, n. 29, Jerusalem, décembre 2013.

Notes:

[1] Al-Tal a été assassiné par l’OLP en 1971, en raison de son activité contre cette organisation en septembre 1970.

[2] Aziz Shehadeh a été abattu le 2 décembre 1985.

[3] La politique des ponts ouverts et l’autorisation de transférer les salaires gagnés par les enseignants et le personnel continuant de travailler dans la fonction publique en Jordanie sous les auspices de l’administration militaire israélienne étaient des aspects auxquels Dayan était obligé de se conformer, alors même qu’ils les avait initialement explicitement interdits. Les résultats des élections locales tenues conformément aux ordres de Dayan en 1972, au cours desquelles les partisans de la Jordanie conservèrent leur statut de maires et de dirigeants des conseils régionaux, n’étaient pas non plus conformes aux intentions de Dayan : il avait espéré installer des éléments anti-jordaniens à ces postes, et les avait encouragés à se présenter aux élections dans cet espoir. Dans un cas, il parvint à faire élire Karim Khalaf, qui avait été procureur dans l’administration israélienne, comme maire de Ramallah, après qu’il se fut présenté aux élections avec l’encouragement des autorités israéliennes. L’année 1967 vit l’élection de partisans réputés de l’OLP, très appréciés du ministre de la Défense, qui donna ordre à l’administration de les aider, apparemment sans faire cas de leurs positions politiques déclarées.

[4] La majeure partie du public israélien considérait Dayan comme un homme qui “comprend les Arabes”.

[5] La première personne à employer cette expression fut le général de division Shlomo Gazit, qui était un partisan infatigable de la doctrine Dayan et qui fut le premier Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires.

[6] C’était la position du roi Hussein. Le Premier ministre de l’époque, Mudar Badran, s’il n’agit jamais de manière contraire aux instructions du roi, n’avait aucune sympathie envers Mustafa Dodin, auquel il s’était opposé lorsque ce dernier occupait un poste officiel au sein du gouvernement jordanien.

[7] Bar rendit publique cette information de manière déformée dans un but d’auto-glorification, sans tenir compte des conséquences de son acte.

 

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Published by PIMPRENELLE POURPRÉE - dans MEMRI
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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 01:44

Le testament du terroriste de Bruxelles déclenche la controverse sur les raisons qui motivent les attentats suicides

bruxelles

 

Le 22 mars 2016, le triple attentat suicide visant l’aéroport de Bruxelles et la station de métro Maelbeek, qui faisait 32 morts et plus de 300 blessés, a été revendiqué par l’Etat islamique (EI). Le 17 juillet, l’EI publiait le testament de l’un des kamikazes, Khalid El Bakraoui (également connu sous son surnom Walid Al-Beljiki) ; certaines indications laissent toutefois penser qu’El Bakraoui n’est peut-être pas l’auteur du texte, ou que celui-ci a été adapté par l’EI à des fins de propagande. (Voir le rapport MEMRI en français L’EI publie le testament de Khalid El Bakraoui auteur de l’attentat suicide de Bruxelles, le 20 juillet 2016).

Dans ce testament, l’auteur appelle les musulmans d’Occident à rejoindre l’EI et à mener des opérations en son nom. Il accuse l’ « Occident croisé » de massacrer les musulmans, notamment en Palestine et en Irak, et affirme que les attentats, y compris le meurtre de civils, de femmes et d’enfants, est justifié au regard de la nature asymétrique de la guerre entre les croisés et les musulmans. Il dénonce l’Occident, ses valeurs, ses croyances et pratiques, et en particulier la théorie de l’évolution, la pornographie, la prostitution et les mariages de même sexe. 

Le testament a suscité la controverse entre deux chroniqueurs arabes. L’écrivain et journaliste égyptien Suleiman Al-Jawda a défendu son importance, en ce qu’il fournit une explication aux motivations derrière les attentats suicides. Il a estimé que les décisionnaires occidentaux devaient se pencher sérieusement sur les raisons apportées, afin d’empêcher que de telles attaques se reproduisent.

L’article d’Al-Jawda a été durement critiqué par Dr Abd Al-Hamid Al-Ansari, écrivain et intellectuel qatari et doyen de la Faculté de la charia et d’études islamiques à l’Université du Qatar. Rejetant les explications d’Al-Jawda, Al-Ansari écrit que « le discours justifiant les attentats et les liant à la question de la Palestine et aux atrocités occidentales est un discours mensonger ». Et d’ajouter que la politisation de l’activité terroriste vise à attirer davantage de jeunes, à garantir la poursuite d’actes terroristes et à compliquer le rapport au terrorisme ; il a estimé en outre qu’une personne ne se fait pas exploser pour combattre l’injustice, mais par fanatisme religieux. 

Bannière de El Bakraoui (Photo : Média officiel de l’EI, Al-Furat)

Extraits :

L’auteur égyptien Suleiman Al-Jawda : Le testament explique pourquoi un kamikaze se fait exploser et offre ainsi l’occasion de prévenir de futurs attentats

L’écrivain et journaliste égyptien Suleiman Al-Jawda a écrit dans le quotidien saoudienAl-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, le 16 août 2016 :

Si les décisionnaires des capitales occidentales occultent ce testament, comme tout le reste, alors il n’y a aucune chance que le danger du terrorisme qui affecte le monde occidental autour de nous, pays par pays, s’estompe de sitôt. L’auteur de ce testament est Khalid El Bakraoui, qui s’est fait exploser dans les attentats qui ont frappé la Belgique en mars 2016. C’est manifestement un membre de l’organisation terroriste EI, sinon l’EI n’aurait pas publié son testament sur un [média] lui étant affilié.

Le point le plus important de ce testament est qu’il répond à la question que nous nous posons en permanence, après chaque attentat où les agresseurs perdent la vie - que ce soit en se faisant exploser ou par une grêle de balles de police. Après chaque incident, nous nous demandons… pourquoi ceux qui ont perpétré cette attaque-ci ou une autre ont-ils décidé de tuer des innocents qui se trouvaient par hasard sur les lieux, et pourquoi se laissent-ils également tuer ?

Suleiman Al-Jawda (Photo : Al-Sharq Al-Awsat, Londres)

Pourquoi ?! A chacun de ces incidents, nous espérons ardemment que la police attrapera vivant l’un des auteurs et lui demandera : Pourquoi ?! Et quand un terroriste meurt en se faisant exploser, ou par les tirs de la police, nos espoirs bifurquent vers la possibilité qu’il ait laissé derrière lui un document révélant ses motivations. Je ne me souviens pas avoir jamais trouvé quelque chose de clair, après aucun de ces incidents, qui nous ait rassurés ou ait assouvi notre soif [de comprendre] ! Mais le testament d’El Bakraoui est susceptible de le faire…

L’importance du testament d’El Bakraoui tient au fait qu’il ne porte pas sur les biens qu’il a laissés derrière lui, par exemple, ou sur ce que chacun de ses héritiers recevra… Si c’était le cas, nous ne nous y attacherions pas… Son importance réside dans la révélation de ce qui l’a poussé à se faire exploser dans la capitale de Bruxelles… et dans son appel à tous ceux qui partagent ses idées erronées à imiter ses actions contre des innocents !

El Bakraoui affirme dans son testament que les massacres perpétrés par l’Occident en Palestine et en Irak lui ont donné l’idée d’attaquer ceux qu’il a tués en Belgique, car celle-ci fait partie de l’Occident… Nous sommes donc face à un criminel qui énonce explicitement les raisons de son crime. Mais dans le même temps, nous devons nous demander si ce jeune homme aurait commis ce même crime contre des innocents s’il avait constaté que les résidents d’Irak ou de Palestine souffraient moins !

Les décisionnaires des capitales occidentales… sont invités à se demander si quelqu’un comme El Bakraoui aurait décidé de se faire sauter à Bruxelles si lui-même et ses consorts idéologiques avaient été certains que l’Occident n’était pas la raison de la souffrance des Irakiens et de l’agonie des Palestiniens, et avait déployé des efforts pour alléger la souffrance qu’ils endurent actuellement !

Les décisionnaires ont la lourde responsabilité d’analyser les raisons du terrorisme en examinant ce testament avant de prendre en compte les symptômes [du terrorisme] et d’en traiter les manifestations externes. Ils sont sérieusement invités à demander [une copie du] texte de ce testament, à le lire attentivement et à en analyser le contenu ; [s’ils le font,] ils pourront à terme trouver un remède qui en empêchera d’autres de suivre les traces d’El Bakraoui. En tant que décisionnaires, ils ont également l’immense responsabilité d’informer qui il se doit dans leurs capitales qu’il existe un peuple en Palestine qui défend une cause juste, et que les hommes de conscience de ces capitales devraient l’aider à obtenir un Etat sur son territoire – et [les informer que] l’Irak est dans cette situation uniquement parce que Bush Junior a choisi d’envahir son territoire sans raison. La meilleure preuve en est le récent rapport Chilcot qui a condamné le [Premier ministre britannique] Tony Blair pour avoir suivi les traces de Bush Junior !

Par conséquent, l’Occident, représenté par Bush Junior, qui a lâché le démon communautaire en Irak, devrait au moins faire les efforts nécessaires pour exorciser ce même démon !

Si les décisionnaires agissent selon cette logique, alors, d’abord et avant tout, ils remplissent leur devoir. Ensuite, ils ne laissent pas de place à une quelconque justification de la violence d’El Bakraoui et consorts, et troisièmement, ils créent la possibilité que le danger terroriste dans le monde entier, et particulièrement en Occident, s’estompe. [1]

L’intellectuel qatari Abd Al-Hamid Al-Ansari : Un kamikaze se fait exploser pour des convictions religieuses, non pour combattre l’injustice

Sur le site libéral Elaph.com, le 22 août 2016, l’écrivain qatari Dr Abd Al-Hamid Al-Ansari a entrepris de démonter l’argumentation de Suleiman Al-Jawda concernant l’importance du testament d’El Bakraoui et la nécessité pour l’Occident de l’analyser sérieusement. Pour Al-Ansari, nul ne se fait exploser pour combattre l’injustice, mais plutôt « au nom d’une conviction religieuse qui encense le crime par le djihad ainsi que la mort des martyrs pour l’islam ». Il écrit :

L’essence du testament de Khalid El Bakraoui, qui s’est fait exploser dans la station du métro de Bruxelles en mars 2016, c’est qu’il a commis son attaque pour se venger de l’Occident croisé qui a uni ses forces pour exterminer collectivement les musulmans de Palestine, d’Irak et de Chine, et par haine des valeurs morales de l’Occident infidèle, qui exploiterait les femmes par la prostitution, les films pornographiques et les publicités commerciales. Il a menacé d’une vengeance impitoyable contre l’Occident et appelé tous les musulmans [à rejoindre] la lutte armée.

Dr Abd Al-Hamid Al-Ansari (Photo : Elaph.com)

Ce testament a été relayé par divers médias, et une personnalité médiatique de premier plan comme Suleiman Al-Jawda a été induite en erreur, écrivant un article [à ce sujet] intitulé « Un testament qui n’est pas éphémère », [dans lequel il avance que] c’est la première fois qu’un kamikaze laisse un testament révélant la cause de ses actes, et répond à la question que nous nous posons depuis longtemps, après chaque attentat : pourquoi se font-ils exploser ?  [Il a ajouté que] le testament d’El Bakraoui répond à cette question et peut-être même désaltère notre soif !

Ce distingué auteur croit-il vraiment en cette absurdité ? Croit-il vraiment à ces excuses toutes faites, et qu’El Bakraoui aurait perpétré son acte criminel pour défendre les musulmans et réagir à l’agression occidentale contre eux ?!

Si oui, il se fait des illusions à de nombreux égards :

1. Le discours justifiant les attentats et les liant à la question de la Palestine et aux atrocités occidentales est un discours mensonger vieux comme les groupes terroristes en Egypte, en Algérie, au Yémen, en Irak, en Jordanie, au Pakistan et au Maroc dans les années 1970, qui tuaient des musulmans tout en prétendant défendre leur honneur ! Ainsi, les Houthis scandent des malédictions contre les Juifs et « Mort à l’Amérique et à Israël », tout en tuant quotidiennement des Yéménites innocents ! Et le Hezbollah tue des Syriens quotidiennement sous prétexte de résister à Israël et à l’Amérique !

2. Tous les plans déclarés de toutes les organisations terroristes dans la région comprennent des exigences liées à la Palestine, pourtant en 50 ans, aucune de ces organisations n’a mené un seul attentat contre Israël !

3. Le testament d’El Bakraoui n’est pas le premier de ce type. Il a été précédé d’autres testaments terroristes, notamment celui d’Anas Al-Kandari, qui a mené l’attaque de Faylaka, au Koweït, en 2003, [2] intitulé « Pour notre chef Oussama Ben Laden, nous ne démissionnerons pas ni ne briserons notre serment ». Ce testament contenait la même absurdité que celui d’El Bakraoui : « Votre pays, ô Amérique, est allé trop loin avec [sa] tyrannie et son arrogance. Il a tué 13 000 personnes en Somalie, un million d’enfants en Irak, et des milliers de musulmans au Soudan et en Indonésie, et occupe la terre des deux lieux saints [l'Arabie saoudite]. Ce sont les chrétiens qui fournissent des armes aux Juifs qui tuent les Palestiniens ! » Quel testament mensonger ! Si [Al-Kandari] ou El Bakraoui étaient sincères, alors ils se seraient fait exploser en Israël, et non parmi des innocents pacifiques qui n’ont aucun lien avec les luttes politiques internationales de la région.

4. Ô comme ils mentent ! Ils font sauter des fidèles qui s’agenouillent et s’inclinent pendant le mois sacré [du Ramadan] ; Boko Haram tue des milliers de personnes et enlève des centaines de jeunes filles ; l’EI tue des musulmans et asservit les femmes yézidies ; les Talibans tuent les Afghans et balaient une génération d’avocats à Quetta [au Pakistan], ainsi que leurs parents et proches. [3] Ensuite, ils appellent impudemment au djihad pour combattre les injustices occidentales contre les musulmans !

5. Les luttes d’intérêts internationales et les injustices qui en découlent ne sont pas propres aux musulmans. Il y a beaucoup de conflits et d’injustices dans le monde, et de nombreux peuples en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud souffrent de l’injustice des pouvoirs mondiaux qui se livrent bataille. Mais ils ne produisent pas de terroristes qui tuent des innocents dans les gares, les restaurants, les marchés ou les cérémonies publiques et prétendent [agir dans le but] de venger l’honneur de leur nation usurpée !

6. L’activité terroriste existait avant toute injustice nationale ou étrangère. Elle est enracinée chez les Kharijites anciens [4] et les groupes terroristes de l’ère moderne – sauf que dans le passé, les effets du terrorisme étaient limités, alors qu’aujourd’hui ils se sont propagés et deviennent plus malfaisants sous l’influence des médias.

7. L’auteur [Suleiman Al-Jawda], qui voit le terrorisme comme une réaction à l’injustice politique, a tort. Il a commis une grave erreur méthodique dans le diagnostic [de la situation]. Le terrorisme est une idéologie dotée de sa propre structure philosophique, d’une terminologie et d’un point de vue indépendants, et il repose sur la haine profonde d’autrui, au point de [vouloir] mourir pour la religion, sans aucun rapport avec  le moindre facteur politique ou social.

8. Politiser l’activité terroriste en la définissant comme une réaction à l’injustice occidentale lui confère une aura d’héroïsme louable qui attire des personnes de plus en plus de jeunes, garantit sa pérennité et complique le combat contre elle.

Et enfin, personne ne se fait exploser pour combattre l’injustice, mais seulement pour une croyance religieuse qui encense le crime par le djihad ainsi que la mort du martyr pour l’islam. [5]

Lien vers l’article en anglais

Notes : 

[1] Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 16 août 2016.

[2] Référence à l’attentat du 8 octobre 2002 contre des soldats américains effectuant des manœuvres militaires conjointes avec l’armée koweïtienne dans l’île de Faylaka. Les assaillants (Al-Kandari et son cousin, Jassem Al-Hajiri) ont tué un marin américain et en ont blessé un autre avant d’être abattus par les forces américaines.

[3] Référence à un attentat suicide du 8 août 2016 dans un hôpital de Quetta, la capitale du Baloutchistan au sud-ouest du Pakistan, qui a eu lieu alors que des dizaines de personnes pleuraient un éminent avocat abattu plus tôt ce jour-là. L’attaque a fait au moins 70 morts et des dizaines de blessés. Jamaat Ul-Ahrar, qui a quitté les Talibans, a revendiqué l’attentat, à l’instar de l’EI quelques heures plus tard.

[4] Les Kharijites étaient un groupe dissident qui s’est séparé du camp d’Ali lors de la bataille de Siffin en 657 ; ils sont considérés comme le premier groupe d’opposition musulmane dans l’histoire islamique.

[5] Elaph.com, le 22 août 2016.

 

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 01:42

Des enfants appellent à massacrer des Kurdes dans une vidéo de l’EI sur les célébrations de l’Aïd Al-Adha à Mossoul

enfant

 

Une vidéo de l’Etat islamique (EI) mise en ligne le 15 septembre 2016 montre les célébrations de l’Aid Al-Adha à Mossoul, en Irak. On y voit des combattants djihadistes qui festoient, des enfants jouant dans un parc d’attractions et des gens priant ou vaquant à leurs occupations dans la ville. Un garçon entonne des chansons de martyre et de djihad, dont le vers « Ô Peshmergas, nous venons vous massacrer ». Un groupe d’enfants le rejoignent et scandent avec lui des slogans de l’État islamique.

Ceci est un extrait de document JTTM (Jihad and Terrorist Threat Monitor) réservé aux services abonnés. Pour plus d’informations, contacter contact@memri.fr.

Extraits :

Enfant : Ô vierges aux yeux noirs, nous nous rencontrerons au Paradis. Nous acceptons la loi d’Allah. Nous appliquons la charia et la Sunna. Ô notre Etat, notre Etat, l’Etat de l’honneur. Je communique le message d’un moudjahid à toutes les mauviettes qui ne rejoignent pas le djihad : « Rejoignez vos frères et soutenez-les. Jusqu’à quand resterez-vous obstinés ? » Ô notre Etat, notre Etat, l’Etat de l’honneur. Ô Peshmergas, nous venons vous massacrer, vous et tous les chiites apostats. […]

Groupe d’enfants : Allah Akbar ! L’Etat islamique est là pour rester !

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 00:12

AQPA réagit à l’arrestation en France de musulmanes accusées de terrorisme et interdit aux femmes de participer à des opérations djihadistes en Occident

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Le 14 septembre 2016, la branche médiatique d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA), qui publie Inspire, le magazine en anglais du groupe, a distribué un communiqué de deux pages en réaction à l’arrestation, en France, de plusieurs femmes soupçonnées d’avoir fomenté un attentat au nom de l’Etat islamique (EI).

Le document, intitulé « Commentaire sur l’arrestation de nos sœurs musulmanes en France », accuse le gouvernement français de commettre des crimes contre les musulmanes de France sous couvert de « guerre contre l’islam et les musulmans ». Les auteurs appellent les djihadistes en Occident à ne pas laisser les femmes participer à des « opérations de djihad solitaire » et exhortent les hommes à en commettre.

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Publié en arabe et en anglais, ce document est signé « l’équipe du guide du djihad solitaire » ; il a été distribué via la chaîne Telegram officielle d’AQPA. C’est le troisième opus de la série « Inspire Guide ». [1]

En voici une traduction :

« … Au sujet des informations publiées dans les médias français sur l’arrestation de trois musulmanes en France qui, selon le gouvernement français, auraient eu l’intention d’effectuer des tâches djihadistes, nous disons : Ce crime à l’égard de nos vertueuses sœurs musulmanes fait partie de la série de crimes que la France commet dans sa guerre contre l’islam et les musulmans. La France ne s’est pas contentée de maudire notre Profit [Prophète, sic] Mohammed – que la paix soit sur lui – de fermer les mosquées, d’interdire aux musulmanes de porter leurs voiles et de chasser les musulmans. Et de faire tout cela au nom de la liberté. Où est-elle, cette liberté ?

Votre liberté est-elle la lutte contre la religion des musulmans, leur messager, leurs mosquées et leur tenue vestimentaire islamique ?

Suite à cet incident, nous guidons et conseillons à nos frères moudjahidines en Occident de ne pas permettre à nos sœurs musulmanes de participer à une quelconque opération de djihad solitaire. Cela, afin de préserver l’honneur de nos vertueuses sœurs musulmanes, et de comprendre que notre intention dans le djihad est de préserver et de protéger l’honneur de nos sœurs musulmanes de tout agresseur. L’islam existe en réalité pour préserver la religion, l’identité, l’honneur, l’esprit et l’argent. Nous nous sacrifions, nous-mêmes et notre argent, pour préserver notre honneur, et nous nous sacrifions nous-mêmes, notre argent et notre honneur, pour défendre et préserver notre religion.

Et nous disons à la France : mettez fin à votre agression contre nos vertueuses sœurs musulmanes au nom de la lutte contre le terrorisme. Ce que vous avez dit est absurde et incroyable aux yeux de tout musulman.

Ô nos frères musulmans en France, héros du djihad solitaire, nous vous demandons de ne pas garder le silence sur cet incident et vous incitons à mener des opérations djihadistes contre cet Etat criminel, et Allah le Tout-Puissant est le Seul qui accorde la réussite et guide vers le droit chemin. »

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 00:11

L’opposition syrienne en ligne de mire : elle est mue par des intérêts personnels ; il est temps d’en changer les dirigeants

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Dans une chronique du 30 juillet 2016, Bassil Al-Awdat, journaliste et chroniqueur pour le site de l’opposition syrienne Orient News, a fustigé différents organes de l’opposition politique syrienne, affirmant qu’ils ne font que publier des communiqués et faire du bruit dans les médias, au lieu de prendre des mesures concrètes pour atteindre les objectifs de la révolution syrienne. Selon lui, ces organes de l’opposition ne font rien, hormis attendre que d’autres pays mènent leur combat, et les accuser de ne pas assez agir.

Il ajoute que, si l’opposition avait su dépasser les désaccords entre ses factions et les intérêts étriqués de ses membres, et avait uni ses forces, elle aurait pu accomplir davantage dans la guerre contre le régime et contraindre la communauté internationale à la respecter, ainsi que ses revendications.

Il a appelé l’opposition à réévaluer sa stratégie à la racine, le plus tôt possible, et à entreprendre le remplacement de ses dirigeants.

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