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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 21:01

Un philosophe palestinien syrien : l’Iran et le Hezbollah prônent la résistance contre Israël pour couvrir leur guerre contre les Arabes sunnites

Dans un article publié dans le journal des Emirats arabes unis (EAU) Al-Bayan, Ahmad Barqawi, philosophe d’origine syro-palestinienne et ancien directeur du département de Philosophie de l’université de Damas résidant actuellement à Dubaï a pris position contre l’Iran, le Hezbollah et le Hamas. Selon lui, ceux-ci exploitent le slogan de la résistance contre Israël afin d’obtenir le soutien des Arabes et justifier des agissements préjudiciables aux sunnites et aux pays arabes en général. En outre, il critique les Arabes qui se laissent convaincre, tout en observant que la plupart ne sont pas dupes. Et d’ajouter que cette exploitation de la résistance contre Israël ne fait que nuire à la cause palestinienne, car elle a pour conséquence de susciter le dégoût vis-à-vis des discours sur la Palestine. Extraits :[1] 

Ahmad Barqawi

Il est bien naturel que les Arabes, en tant qu’individus et que collectivité, adoptent une position hostile enversIsraël et soutiennent les Palestiniens dans leur combat pour la liberté et l’honneur, et pour la libération de leur pays. Cette position ne confère de privilège à personne [car elle est parfaitement évidente]. C’est la position inverse [à savoir, le soutien arabe à Israël] qui suscite perplexité et condamnations… [Mais] l’hostilité envers Israël n’octroie le droit à personne de faire du tort à autrui, et il n’est ni raisonnable, ni nécessaire, réaliste ou moral [de considérer] l’hostilité envers Israël comme un certificat de bonne moralité, qui conférerait le droit à qui que ce soit d’attaquer les sociétés, les nations ou les gens [en général].

A chaque fois que quelqu’un critique le Hezbollah – l’un des partis communautaristes au Liban – certains auteurs bondissent et déclarent : « Mais le Hezbollah est un ennemi d’Israël et un emblème de la résistance. » Ceux qui emploient cet argument épousent indubitablement une manière de penser instinctive, car ils recourent à un critère unique pour évaluer et comprendre différents phénomènes et se forger une opinion à leur sujet. Même en supposant, à titre d’exemple, que cet argument [que le Hezbollah s’oppose à Israël] comprend une part de vérité, ces gens pensent-ils que l’hostilité envers Israël est un motif suffisant pour soutenir [le Hezbollah] ?

Un habitant de la ville d’Al-Qusayr [à l’ouest de la Syrie] qui a été expulsé de la ville après sa conquête par le Hezbollah haïra le Hezbollah, même s’il libère la Palestine. Il fondera son opinion sur sa propre tragédie, causée par le Hezbollah, et considérera à juste titre le Hezbollah comme responsable d’un acte criminel. [De même], le Hezbollah, qui a soutenu le régime [syrien] tyrannique qui a tué 60 000 prisonniers,[2] ne recevra rien d’autre que le mépris absolu des familles de ces victimes. Les Sud-Libanais assassinés par le Hezbollah – ce même Hezbollah qui a assassiné [l’ancien Premier ministre libanais Rafiq] Al-Hariri, le [journaliste progressiste et universitaire] Samir Kassir et d’autres au Liban – ne défendront jamais le Hezbollah devant les sunnites libanais. Et le Hezbollah, qui a pris le contrôle de Beyrouth comme le feraient des envahisseurs, ne gagnera jamais la sympathie des habitants de Beyrouth-Ouest avec des slogans de résistance. Etc., etc.

Un Houthi [au Yémen] colle une affiche disant « Mort à Israël » puis s’en va occuper les villes d’Al-Hudayda, Aden et Sanaa. Quelle est donc la signification du slogan « Mort à Israël » si, en pratique, [ce Houthi ne fait que] semer la destruction au Yémen ? Et quel est le sens des déclarations d’hostilité envers Israël du Hamas et de son soutien à la libération totale de la [Palestine] si, en pratique, il ne fait [que] rendre la vie impossible aux habitants de Gaza ? Quel est le sens pour un pays comme l’Iran de déclarer son hostilité envers Israël et d’adopter ensuite une politique de déstabilisation de ses voisins arabes en utilisant des milices qui s’opposent à la notion [même] d’Etat et en exportant sa fausse révolution ?

Les principes de liberté, de libération, de stabilité et de justice ne peuvent être divisés, pas plus que le principe selon lequel un homme a le droit de vivre dans l’honneur. Si vous soutenez le peuple palestinien et sa liberté, cela signifie que vous devez soutenir le noble combat du peuple syrien pour la liberté, la libération et l’honneur. Si vous êtes hostile à Israël, cela signifie que vous devez soutenir le Yémen, l’Irak et la Syrie contre les forces militantes communautaristes et leurs alliés [à savoir l’Iran, le Hezbollah, Al-Hashd Al-Shabi et les Houthis]. Si vous êtes contre Israël, vous ne pouvez pas soutenir le terrorisme dans un autre pays.

En fait, transformer l’hostilité envers Israël en un slogan pour porter préjudice à des tiers est une attitude répréhensible, et pas seulement du point de vue politique. C’est une attitude manifestement immorale. En outre, l’effet d’une telle attitude sur la cause palestinienne est très négatif, car cette [approche] moralement contestable crée une sorte dedégoût envers tout discours lié à la Palestine, et peut faire perdre [à la cause palestinienne] son sérieux et sa place dans la conscience [de l’opinion].

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Albayan.ae, 9 août 2017.
[2] Selon un rapport de mai 2016 publié par l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme, plus de 60 000 prisonniers sont décédés dans les prisons du régime depuis le début de la guerre civile. (Voir Reuters.com, 22 mai 2017).

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 21:00

Le directeur du Projet de réforme de MEMRI Mansour Al-Hadj : Nous devrions former nos propres imams aux États-Unis et exporter un islam tolérant au Moyen-Orient

Mansour Al-Hadj, directeur du Projet de réforme de MEMRI, a été interviewé sur la chaîne télévisée Al-Hurra le 24 août 2017 : il a abordé le problème des imams originaires des pays du Moyen-Orient qui exercent aux Etats-Unis. Ces imams « ignorent les valeurs » de tolérance, de liberté et de liberté de croyance existant aux Etats-Unis et diffusent le discours religieux traditionnel, a-t-il affirmé. En revanche, Al-Hadj a prôné le recours aux imams formés aux Etats-Unis, « des Américains musulmans, éclairés et tolérants, qui acceptent autrui ». Selon lui, la formation d’imams américains devrait être financée par des sociétés musulmanes américaines. « Les imams influencés par l’intégrisme religieux extrémiste devraient laisser la place à des individus dotés d’idées islamiques progressistes », a déclaré Al-Hadj, ajoutant qu’il espèrait que « nous, en Amérique, exporterons notre islam au Moyen-Orient ». Extraits :

Mansour Al-Hadj : Les chaires des mosquées en Amérique son hors de contrôle, car la plupart des prédicateurs qui officient dans ces centres adhèrent au discours islamique traditionnel. La plupart d’entre eux viennent du Moyen-Orient et sont considérés comme des oulémas ou comme des individus dotés d’une connaissance religieuse supérieure. Leur problème est qu’ils sont traditionnalistes, et le discours traditionnel a été un échec dans les pays arabes. La preuve en est que dans les sociétés islamiques, l’islam n’a pas réussi à unir les citoyens et à empêcher la violence et les discours de haine. Malheureusement, nous pâtissons de tels imams ici en Amérique. Ils amènent avec eux le discours religieux traditionnel et le diffusent dans un environnement totalement différent de celui d’où ils viennent.

Journaliste 1 : Pensez-vous que les salafistes extrémistes occidentaux constituent une réelle menace, et comment peut-on la gérer sans tomber dans le piège de l’islamophobie ?

Mansour Al-Hadj : Le salafisme ne fait pas la différence entre l’Orient et l’Occident, malheureusement. Quelqu’un qui adopte l’idéologie salafiste croit à tort que l’idéologie salafiste est le vrai islam. Bien évidemment, ils représentent un problème et une menace pour les sociétés [occidentales], car le discours salafiste religieux est hostile au monde dans son ensemble et à tout non-salafiste – les chiites, les soufis, les ahmadis, et même ceux qui quittent l’islam. L’idéologie salafiste préconise leur mise à mort car ce sont des « apostats ». Concernant l’islamophobie, je crois qu’elle est considérablement exagérée. Tout le monde a des phobies. Nous, par exemple, vivons dans une grande ville, et nous craignons d’être victimes d’attentats comme ceux qui ont pris pour cibles des villes en Europe et ailleurs dans le monde. Cette peur est réelle.

Journaliste 2 : Quel rôle doivent jouer les jeunes imams influencés par un fondamentalisme religieux extrémiste ?

Mansour Al-Hadj : S’ils sont influencés par le fondamentalisme, ils devraient laisser la place à des individus dotés d’idées islamiques progressistes, conformes aux droits de l’homme, au développement dans le monde, et au discours humain global. Le discours fondamentaliste apporte la division plutôt que l’unité. J’ai écrit plusieurs articles appelant les musulmans en Amérique à renoncer aux imams de la haine, qui présentent l’islam traditionnel comme le vrai islam mais qui, en réalité, dénaturent l’islam. Ils le présentent d’une manière non conforme à l’islam en Amérique. J’espère que nous, en Amérique, exporterons [notre] islam au Moyen-Orient, et j’y aspire. La société ici est cohésive et les gens se respectent. Les écoles sont ouvertes à tous, il n’y a pas de discrimination religieuse, de discrimination touchant les personnes de couleur ou d’une quelconque confession. Les musulmans en Amérique ont la capacité et l’expérience requises pour exporter ce type d’islam, dont nous avons besoin au Moyen-Orient. Nous avons besoin d’un islam tolérant, d’un islam qui aime…

Journaliste 1 : Certains croient que les imams en Occident devraient suivre une formation. Pensez-vous que les circonstances sont mûres pour cela, que cela approfondirait la compréhension des imams de la société dans laquelle ils vivent ?

Mansour Al-Hadj : C’est un autre problème. Les Etats-Unis importent des imams d’Egypte, de Turquie, du Golfe et d’autres pays islamiques. Malheureusement, ces imams ne connaissent pas la société américaine. Ils ignorent les valeurs dont nous jouissons ici aux Etats-Unis : la tolérance, la liberté et la liberté de croyance. Je m’oppose à une importation d’imams de l’étranger. Je préfère que les imams soient formés ici – des Américains musulmans éclairés et tolérants, qui acceptent autrui.

Journaliste 2 : Qui doit financer cette formation ?

Mansour Al-Hadj : Les sociétés islamiques en Amérique, évidemment. Les Américains musulmans ont assisté à l’incapacité du discours islamique traditionnel au Moyen-Orient et dans les autres pays islamiques à engendrer des sociétés tolérantes et pacifiques, et devraient soutenir les approches réformistes de l’islam, et bloquer tous ceux qui essaient de répandre l’extrémisme au nom de l’islam.

 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 20:58

Un animateur de télévision irakien s’en prend à un partisan du Hezbollah au sujet de l’accord passé avec l’EI

Le commentateur politique libanais et partisan du Hezbollah Faysal Abed El Sater s’est retrouvé en butte à l’ire d’un animateur de télévision irakien suite à l’accord passé entre le Hezbollah et l’Etat islamique, dans le cadre duquel les combattants et les familles de l’EI ont été autorisés à se rendre à Deir Al-Zor, près de la frontière syrienne-irakienne, en échange de la libération d’un combattant capturé et de plusieurs corps de combattants du Hezbollah. Accusant son invité d’avoir envoyé un « convoi climatisé » de 318 kamikazes en Irak pour récupérer un prisonnier de guerre libanais et le corps d’un membre du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien (CGRI), l’animateur Adnan Al-Taee a déclaré qu’ils auraient dû tuer les militants de l’EI plutôt que de conclure un accord avec eux. Abed El Sater a répondu que 300 membres de l’EI ne changeraient pas la situation en Irak, qui abrite déjà plusieurs milliers de membres de l’EI, et a déclaré que le problème de l’Irak était purement intérieur, alors que la guerre entre le Hezbollah et l’EI « concerne la sécurité nationale de Liban et Syrie ». Al-Taee a déploré le fait que les chiites irakiens soient considérés comme de la chair à canon. « Nous versons notre sang sur le champ de bataille, puis nous sommes ignorés », a-t-il déclaré. L’échange a eu lieu sur la chaîne télévisée Dijlah le 30 août 2017. Extraits :

Adnan Al-Taee : Pourquoi n’avez-vous pas tué les membres de l’EI [à la frontière syrienne-libanaise] ? Vous aviez la supériorité militaire. Il y en avait très peu. Ils n’avaient pas suffisamment d’armes. Pourquoi avez-vous négocié avec l’EI ? Permettez-moi de vous dire pourquoi, parce que je sais que je n’obtiendrai de vous aucune réponse. Il y avait un prisonnier de guerre libanais et un cadavre iranien. 

Faysal Abed El Sater : Exact. 

Adnan Al-Taee : C’est cela. Vous avez envoyé 318 terroristes en Irak – 318 kamikazes qui pourraient tuer un grand nombre d’Irakiens – simplement pour récupérer un prisonnier de guerre libanais et le corps d’un Iranien appelé Hajaji. Pour obtenir le corps de Hajaji l’Iranien et pour récupérer un prisonnier de guerre libanais, vous nous avez envoyé 318 terroristes et kamikazes ?

Faysal Abed El Sater : Mon frère, votre comparaison est injuste. Tout d’abord, vous devriez me laisser parler. Je suis l’invité, et j’aimerais présenter mon point de vue.

Adnan Al-Taee : Allez-y.

 Faysal Abed El Sater : Vous pouvez ne pas accepter tout ce que je vous dis, mais j’ai le droit de préciser aux spectateurs ce qui s’est passé. Il n’est pas juste d’établir une comparaison entre l’Irak et la frontière syro-libanaise. Depuis 2003, il y a eu plusieurs milliers de membres de l’EI en Irak. Ce ne sont pas ces 300 qui vont faire une différence d’une manière ou d’une autre. En Irak, le problème est purement intérieur, alors que le problème, ou la guerre entre le Hezbollah et l’EI, concerne la sécurité nationale du Liban et de la Syrie. Le Hezbollah n’a pas lutté contre les membres libanais de l’EI. Ils ne font pas partie de la scène libanaise. En Irak, la situation diffère de celle du Liban. […]

Adnan Al-Taee : Je vois ce que vous voulez dire. Répondez à ma question. Vous, au Liban, vous sentez toujours supérieurs, je comprends. Vous vous sentez supérieurs en tout. La Syrie se sent également supérieure à présent. Vous pensez que les Irakiens sont en toute queue de train. C’est pourquoi, lorsque je vous pose une question, vous commencez à répondre sur autre chose. Répondez-moi à ce sujet… 

Faysal Abed El Sater : Contestez-vous le fait que le Hezbollah libanais a sacrifié des martyrs en Irak ?

Adnan Al-Taee : Je démens que le Hezbollah aurait sacrifié des martyrs en Irak ! C’est l’Irak qui a sacrifié des martyrs en Syrie, pour défendre la Syrie, le Liban et le Hezbollah. Vous autres auriez sacrifié des martyrs en Irak ? 

Faysal Abed El Sater : Contestez-vous le fait que le Hezbollah a sacrifié des martyrs en Irak ? 

Adnan Al-Taee : Oui ! 

Faysal Abed El Sater : Je vais vous donner leurs noms. 

Adnan Al-Taee : Allez-y, donnez-moi leurs noms. 

Faysal Abed El Sater : Le grand commandant, le martyr Ibrahim Al-Haj… 

Adnan Al-Taee : Ces gens ne sont que des consultants. Vous ne nous envoyez rien d’autre que des consultants. Vous et l’Iran nous envoyez des consultants, assis dans des pièces climatisées pendant que les soldats irakiens s’occupent du combat… Combien de martyrs le Hezbollah a-t-il eu en Irak ? Pouvez-vous nous le dire ? 

Faysal Abed El Sater : Vous essayez de creuser un fossé entre la résistance libanaise et la résistance irakienne. Les intérêts de qui cela sert-il ? 

Adnan Al-Taee : Nous ne sommes pas des combattants de la résistance, Monsieur. Peut-être êtes-vous la « résistance », mais nous essayons de construire un Etat. 

Faysal Abed El Sater : Qui pourrait bénéficier de la création d’un tel conflit immense ? Ne partageons-nous pas les mêmes préoccupations, menaces, avenir et destinée ? 

Adnan Al-Taee : Non ! 

Faysal Abed El Sater : Notre souffrance ne prouve-t-elle pas que nos ennemis visent notre existence même, notre sécurité, nos enfants, nos villes et nos villages ? 

Adnan Al-Taee : Non ! 

Faysal Abed El Sater : Pourquoi pas ? Donnez-moi une raison. 

Adnan Al-Taee : Non. Non. Vous venez de nous envoyer des kamikazes de l’EI. 

Faysal Abed El Sater : Je ne vous ai rien envoyé. 

Adnan Al-Taee : Bon sang, nous tuons l’EI afin qu’ils n’arrivent pas à vous, et vous les envoyez ici ! […]

Le problème maintenant, c’est que le sang des chiites irakiens est devenu bon marché dans la région. C’est notre problème. Les autres nous considèrent comme de la chair à canon. Nous versons notre sang sur le champ de bataille, puis nous sommes ignorés. Est-il concevable que Bachar Al-Assad prononce un discours dans lequel il remercie tout le monde, à l’exception des Irakiens ? Est-il acceptable pour vous que Sayyed Hassan Nasrallah du Liban nous envoie un convoi climatisé de 318 membres de l’EI ? Ces images sont inacceptables à nos yeux.

Faysal Abed El Sater : Tout d’abord, le sang chiite et le sang sunnite sont identiques, que ce soit en Irak, au Liban ou en Syrie. Le sang de tout être humain innocent – qu’il soit sunnite, chiite ou chrétien – versé par ces bêtes… 

Adnan Al-Taee : Alors, pourquoi n’avez-vous pas tué ces bêtes ? Pourquoi ne les avez-vous pas tuées, Monsieur ? […] 

Faysal Abed El Sater : [Tuer les membres de l’EI] aurait fait du Hezbollah des criminels, qui exécutent des gens qui ont capitulé. Personne n’accepterait cela, et vous ne devriez pas non plus l’accepter, au fond de vous.

 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 20:54

Le ministre de la Culture égyptien : La notion djihadiste de « takfir » rappelle les idées nazies d’Hitler

Dans une chroniaue parue dans le quotidien égyptien Al-Masri Al-Yawm, le ministre de la Culture Helmy Al-Namnam a réagi aux événements violents qui ont secoué Charlottesville, en Virginie, le samedi 12 août 2017, au cours desquels James Fields, un admirateur d’Hitler d’une vingtaine d’années aux « opinions suprématistes sur la race blanche », [1] a lancé son véhicule sur des contre-manifestants. Al-Namnam établit un lien entre l’idéologie nazie et celle de l’islam extrémiste, écrivant que le village qu’est devenu le monde actuel souffre de terrorisme et d’idéologies racistes – qu’elles soient le fait de djihadistes qui accusent les autres d’hérésie ou de nostalgiques du nazisme. Par conséquent, une position internationale unifiée devrait être adoptée pour contrer ces idées, estime-t-il. Extraits : [2]

Le samedi [12 août 2017], des événements violents à caractère raciste se sont déroulés en Virginie, aux États-Unis, faisant des morts et des blessés. L’état d’urgence a été déclaré dans l’Etat. Cette année, des événements similaires ont pris pour cibles des Noirs, mais cette fois, des cris contre les musulmans et les juifs se sont fait entendre à plusieurs reprises. Une attaque à la voiture bélier a également été menée par un jeune homme qui, après enquête, s’est révélé être… un admirateur du dirigeant nazi Adolf Hitler. Ce jeune homme, produit de la société américaine, ne souffrait nullement de difficultés économiques ou de quelque problème [lié à] l’éducation ou la culture, et il est probable que toutes les voies lui étaient ouvertes. Mais il s’est trouvé confronté à une personnalité et à des idées obsolètes – les idées du nazisme et du racisme, que beaucoup dans le monde croyaient disparues pour toujours – et a été séduit.

Les principes et les idées du nazisme et du racisme à caractère ethnique, ou de la suprématie de la race blanche sur les autres races, sont similaires aux idées detakfir [accusation d’hérésie] et de hakimiyya [souveraineté d’Allah] dans nos sociétés qui, dans notre génération, ont été étayées par Sayyid Qutb. [3] Ce type d’idées abominables se nichent dans les livres, et puis à un certain moment de l’histoire, certaines personnes en détresse profonde, émotionnelle ou intellectuelle, émergent et [étudient ces textes] assidûment, les diffusent et les présentent à la société – ou [plus précisément] à certains secteurs de la société – comme le remède contre tout ce qui les afflige, ce qui engendre feu et sang.

Puisque nous vivons dans un monde devenu en pratique un petit village, il n’est plus possible pour les esprits maléfiques de se confiner à un pays ou une zone géographique spécifique. Il n’y a plus [de séparation entre] l’est et l’ouest, le nord et le sud. Le mouvement des Frères musulmans, les idées et les terroristes [qu’il a engendrés], tels que l’État islamique [EI] et autres, errent à travers le monde et perpètrent des attentats à Paris, Londres, au Luxembourg et dans de plus en plus d’endroits, exactement comme en Syrie, en Irak, en Libye et à Rafah dans le Sinaï. La seule différence est le nombre d’attentats. De même, les idées d’Hitler se déplacent d’un endroit à l’autre. Quiconque s’intéresse au parcours de son livre,Mein Kampf, découvre qu’il a été publié dans de nombreux pays et traduit en plusieurs langues… et nous en voyons le résultat dans des actes de violence et des manifestations racistes.

Si les idées d’Hitler comportent un racisme direct, les idées incarnées par le takfirreprésentent un autre genre de racisme du type le plus répugnant, permettant à certaines personnes de se comporter comme si elles détenaient le monopole de la vérité et le droit d’exproprier la foi de ceux qu’elles n’aiment pas. Le résultat de ce takfir est le meurtre et la destruction de tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elles, qu’il s’agisse d’individus ou de groupes ethniques, et parfois [même] de toute une société ou de tout un pays.

La crise est devenue universelle et touche toute l’humanité, de sorte qu’aucune société n’est plus protégée du vent de racisme qui souffle au-dessus d’elle et la prend à la gorge. Ainsi, nous voyons de jeunes hommes et femmes foncièrement européens rejoindre l’EI, l’organisation terroriste la plus vicieuse à ce jour. C’est pourquoi les membres d’une société donnée auraient tort de croire que la crise ne touche qu’eux, ou que l’échec éducatif, économique et culturel est leur lot uniquement – puisque chaque société a ses crises et ses préoccupations. Certaines de ces crises ont atteint le niveau du racisme et du takfir, et ont au bout du compte [mené à] la violence et au terrorisme qui découlent [du racisme et dutakfir].

Il est vrai que, dans chaque pays, ce problème a ses propres caractéristiques et doit être traité conformément à sa situation propre . Le caractère global de la diffusion de ces idées, ces actes violents et ce terrorisme nous contraignent à prendre position et à [formuler] une approche internationale pour les affronter, aux côtés d’approches locales et régionales. Si nous ne le faisons pas, le monde se réveillera un jour pour découvrir que [l’idée de] takfir nous a tous encerclés et que le racisme étouffe chacun d’entre nous.

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Fields, qui s’est rendu en Virginie depuis l’Ohio, a épousé des idéaux extrémistes au lycée, selon son professeur d’histoire Derek Weimer. Weimer a déclaré avoir été le professeur de Fields au lycée Randall K. Cooper, dans le Kentucky. « Il était manifeste qu’il avait cette fascination pour le nazisme et qu’il cultivait une grande idolâtrie d’Adolf Hitler », a déclaré le professeur. « Il avait des opinions suprématistes sur la race blanche. Il croyait réellement à ces histoires. » Washingtonpost.com, le 14 août 2017.

[2] Al-Masri Al-Yawm (Egypte), le 16 août 2017.

[3] Sayyid Qutb (1906-1966), auteur, éducateur, théoricien islamique et poète égyptien, était une figure dominante des Frères musulmans en Egypte. Ses écrits ont influé sur le développement de l’islam radical.

 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 17:10

Le poète syrien Adonis : il ne peut y avoir de démocratie dans le monde arabe dans la conjoncture actuelle

Le poète syrien Adonis a déclaré que, dans la conjoncture actuelle, il ne pouvait y avoir de régimes démocratiques dans le monde arabe. S’interrogeant sur le fait qu’il n’y a pas d’instituts scientifiques et d’universités scientifiques de haut niveau dans le monde arabe, ni d’intellectuels qui interprètent l’islam de manière innovante, Adonis a estimé qu’un peuple disparaît « lorsqu’il n’a plus aucune présence créative qui contribue à la construction du monde ». C’était sur Al-Arabiya, le 11 août 2017. Extraits :  

Adonis : Il ne peut y avoir de régimes démocratiques dans la conjoncture arabe actuelle. C’est impossible. En outre, les différents groupes [sociaux] devraient être reliés par la loi, plutôt que par la religion ou par [l’appartenance à une] communauté. C’est pourquoi il n’y a pas de démocratie [dans le monde arabe]. En outre, historiquement parlant, la culture islamique s’est fondée sur un système gouvernemental qui n’a rien à voir avec la démocratie. C’était un système à part appelé « califat ». […]

La région arabe – aussi importante soi-elle dans son rôle de pont entre l’Asie et l’Europe – n’est qu’une arène stratégique pour l’Occident et un [fournisseur] de ressources. Il faut étudier les relations des Arabes avec le monde. Comment se fait-il que les Arabes ne soient que des instruments ? C’est la première question. La deuxième question est : comment se fait-il que dans la grande [nation] islamique, il n’y ait pas d’universités et d’instituts scientifiques importants ?

Journaliste : et de centres de recherche…

Adonis : Il n’y a pas une seule université de premier plan dans le monde islamique. Comment se fait-il que sur 1,25 milliard de musulmans, il n’y ait pas un seul intellectuel dont on puisse dire qu’il interprète l’islam de manière innovante ? Il n’y en a aucun. L’islam aujourd’hui…

Journaliste : Qu’en est-il de vos collègues comme feu Sadeq [Jalal Al-Azm]…

Adonis : Ces individus ont été ostracisés. Ce ne sont pas des intellectuels musulmans. Ils ont été exclus. Nasr Hamid Abu Zayd en est un autre exemple.

Journaliste : Et [Mohammed Abed] Al-Jabri et Mohammed Arkoun…

Adonis : Tous ont été ostracisés. […] Il sera impossible de comprendre ce qui se passe dans les pays arabes tant que nous continuerons d’écrire « Israël » entre guillemets. Israël est une partie fondamentale du tableau. Deuxièmement, il est impossible de comprendre ce qui se passe dans le monde arabe si nous en excluons l’Europe et l’Amérique. Dans le tableau arabo-islamique, nous devons tenir compte de deux éléments, afin de mieux comprendre notre situation : il faut examiner la relation entre les Arabes, dans leur ensemble, avec Israël – et avec« l’autre » américain et européen, car il est une variation d’Israël d’une manière ou d’une autre. C’est notre problème. Notre tout premier problème est interne ; [il concerne] notre héritage.

Journaliste : Exact.

Adonis : J’ai dit une fois, dans un moment de désespoir, que nous sommes un peuple en voie de disparition.

Journaliste : Oui, nous avons vu cette interview tout à l’heure.

 Adonis : Quand un peuple disparaît-il ? Lorsqu’il n’a plus de présence créative qui contribue à la construction du monde. […]

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 10:10

Le cheikh jordanien salafiste Abu Qatada Al-Filastini : l’islam authentique veut une offensive contre Rome

Dans une récente allocution, le cheikh jordanien salafiste Abu Qatada Al-Filastini a déclaré que si les musulmans adoptaient la « bannière du vrai islam », ils soutiendraient un islam qui met en application les prophéties selon lesquelles la religion « entre dans chaque foyer » et « Rome est pillée ». « Il ne peut y avoir qu’un seul résultat : la confrontation », a déclaré Abu Qatada, dont le véritable nom est Omar Mahmoud Othman. Son intervention a été postée sur sa chaîne YouTube le 12 août 2017. Extraits : 

Abu Qatada Al-Filastini : Nos adversaires n’acceptent que l’extermination – c’est eux ou nous. Si nous brandissons et adoptons la bannière de l’islam authentique – plutôt que la version contrefaite de l’islam dans laquelle les musulmans capitulent devant les non-musulmans – nous défendrons un islam glorieux et celui d’un Etat islamique, un islam qui réalise les nobles prophéties sur la domination de l’étendard des musulmans dans le monde, sur l’islam qui entre dans chaque maison, sur l’islam qui pille Rome… Ce sera le glorieux islam. Si nous acceptons cette version [authentique] de l’islam et y croyons, il ne pourra y avoir qu’un seul résultat : la confrontation. […]

Notre guerre aujourd’hui est une guerre de l’islam contre les infidèles, et des sunnites contre les hérétiques. C’est ma devise.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 10:08

Le Premier ministre irakien proteste contre l’accord Hezbollah-EI et suscite la controverse dans le camp de la Résistance

Le 19 août 2017, l’armée libanaise a lancé une attaque pour capturer la zone comprise entre la vallée septentrionale de la Beqaa et la frontière syrienne (le Jaroud libanais) sous contrôle de l’Etat islamique (EI), tandis que l’armée syrienne et le Hezbollah ont lancé une offensive contre l’EI de l’autre côté de la frontière syrienne (le Jaroud syrien).

Plusieurs jours après le début des combats, l’EI a exprimé sa volonté de divulguer des informations sur le sort de neuf soldats libanais, kidnappés par l’organisation lors de son raid en août 2013 à la frontière de la ville d’Arsal. Cette manifestation de bonne volonté a mené à des négociations entre le Hezbollah et l’EI, avec l’accord du régime syrien, qui ont abouti à un accord entre les parties. Dans le cadre de cet accord, les combats ont été suspendus, et l’EI a relaxé un combattant du Hezbollah qu’il avait capturé, ainsi que les corps de trois autres.

En outre, l’EI a divulgué des informations concernant les soldats libanais kidnappés, qu’il a finalement abattus. En échange, le Hezbollah et l’armée syrienne ont accordé aux combattants survivants de l’EI et à leurs familles, concentrés dans un secteur restreint de la région de Jaroud de l’autre côté de la frontière syro-libanaise, un passage sûr vers la zone de Deir Al-Zor, proche de la frontière entre la Syrie et l’Irak. Selon le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, 670 personnes ont été évacuées, dont 331 civils, et les combattants ont été autorisés à ne conserver que leurs armes personnelles.[1] Il convient d’observer que, selon le quotidien libanais Al-Mustaqbal, l’un des corps remis par l’EI dans le cadre de l’accord était celui d’un membre du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI).

La coalition internationale qui combat l’EI a rejeté l’accord. Brett McGurk, représentant des Etats-Unis au sein de la coalition, a tweeté que « les terroristes doivent être tués sur le champ de bataille, et non transportés en bus en Syrie vers la frontière irakienne avec l’accord de l’Irak ».[2] Le 30 août, le porte-parole de la coalition, Ryan Dillon, a déclaré que les forces de la coalition avaient bombardé les véhicules transportant les combattants de l’EI et que la frappe avait stoppé le convoi avant qu’il ne puisse atteindre la province de Deir Al-Zor.[3]

Dans un communiqué publié le 2 septembre 2017, le Hezbollah a accusé les Etats-Unis d’empêcher avec ses avions les bus transportant les combattants de l’EI et leurs familles d’atteindre Deir Al-Zor et même d’obtenir une aide humanitaire, conduisant ainsi à leur mort certaine. Le communiqué soulignait le fait que les bus transportaient également des enfants, des personnes âgées et des femmes enceintes, et que les Etats-Unis seraient pleinement responsables en cas de décès, causé par les frappes aériennes ou dû aux conditions dangereuses dans lesquelles ils se trouvent. Il a appelé la communauté internationale à intervenir pour empêcher un massacre brutal, et souligné le fait que la Syrie et le Hezbollah avaient rempli tous leurs engagements dans le cadre de l’accord avec l’EI.[4]

L’accord conclu entre le Hezbollah et l’EI a suscité une vive indignation, notamment en Irak où des officiels de tout l’échiquier politique ont exprimé la crainte qu’il ne rapproche les combattants de l’EI de la frontière irakienne. Des critiques ont également été entendues parmi les officiels chiites, partenaires du Hezbollah et du régime syrien dans leur guerre contre l’EI, y compris de la part du Premier ministre irakien et des représentants des Unités de mobilisation populaire (UMP), surpris par cet accord. De son côté, l’ancien Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a défendu la décision du Hezbollah, et averti que les critiques diviseraient le camp de la résistance. Il a affirmé que des accords similaires avaient été conclus en Irak lorsque les circonstances le permettaient. Le vice-président des UMP, Abou Mahdi Al-Muhandis, a envoyé une lettre de soutien au Hezbollah, se clôturant par les mots, “Ô maître de la résistance, nous sommes tous à vos côtés”.

Pour apaiser les critiques de ses alliés naturels dans le camp pro-syrien et pro-iranien, Nasrallah a lancé une campagne visant à expliquer et à justifier l’accord. Dans un discours télévisé prononcé le 28 août 2017, il a affirmé que l’accord était nécessaire afin d’obtenir des informations de l’EI concernant le sort des soldats libanais kidnappés par l’organisation, et qu’il avait aussi réussi à éviter de nouvelles victimes parmi les civils et les rangs des armées libanaise et syrienne, ainsi que du Hezbollah. Dans un message spécial adressé au peuple irakien, il a expliqué qu’il avait conclu l’accord avec le consentement du président Bachar Al-Assad et que lui-même, Nasrallah, ne pouvait être accusé d’avoir trahi quiconque. Il a ajouté que l’accord impliquait le transfert de combattants de l’EI d’une partie de la Syrie vers une autre, et non du Liban vers l’Irak. Dans un discours du 31 août à Baalbek, il a expliqué que les dirigeants syriens avaient accepté l’accord entre le Hezbollah et l’EI afin d’aider le Liban à résoudre la crise des soldats kidnappés, et non dans l’intérêt de la Syrie elle-même.

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 10:05

Camps d’été 2017 de l’Autorité palestinienne – Partie I : Entraînement militaire, glorification des « martyrs » dans les camps du Conseil supérieur de la jeunesse et des sports, dirigé par Jibril Rajoub

Cet été, des organismes affiliés à l’Autorité palestinienne (AP), à l’OLP et au Fatah, en coopération avec les Forces de sécurité nationale de l’AP, ont organisé des camps d’été pour les enfants et les adolescents palestiniens. Particulièrement remarqués ont été les camps des Pionniers de demain, organisés par le Conseil supérieur de la jeunesse et des sports (CSJS), un organisme officiel de l’OLP dirigé par Jibril Rajoub, également secrétaire du Comité central du Fatah. Selon la loi palestinienne qui définit la mission du CSJS, il s’agit du « seul organisme responsable de toutes les activités pour les jeunes : les sports, les activités sociales et les mouvements de jeunesse partout où le peuple palestinien se rassemble ». Parmi les objectifs du CSJS, tels qu’énoncés dans cette loi, figurent les suivants : « former les jeunes à assumer la responsabilité de la patrie et de la révolution » et « inculquer l’esprit de loyauté et de sacrifice pour la patrie » [1] Environ 30 000 jeunes ont participé à quelque 300 camps du CSJS, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ainsi qu’au Liban et en Syrie. [2]

Notons que le CSJS reçoit des fonds de l’Union européenne (par le biais des projets NET-MED Youth et Euromed), [3] de divers pays et de l’ONU, y compris de l’UNICEF (via NET-MED Youth), [4] du Programme de développement de l’ONU [5], du gouvernement japonais (via l’UNICEF) [6] et du gouvernement des Pays-Bas (via l’UNICEF) [7].

En sus des activités typiques des camps d’été, ceux-ci en proposaient d’autres de nature militaire et politique. Les Forces de sécurité nationales ont participé à certaines d’entre elles. Dans plusieurs camps, les participants, garçons et filles, portaient des uniformes militaires et ont même reçu divers types d’entraînement militaire. Les camps servaient également de plateforme d’enseignement sur des questions politiques, telles que l’importance de la lutte palestinienne, la glorification des « martyrs », le droit au retour palestinien, Jérusalem, la mosquée Al-Aqsa, etc.

Les responsables de l’AP et du Fatah ont insisté sur l’importance de ces camps. Lors de la cérémonie de clôture tenue au quartier général de l’AP à Ramallah, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a souligné le rôle de la jeunesse dans la « libération », salué l’implication de la jeunesse dans la cause d’Al-Aqsa et promis que la lutte nationale palestinienne se poursuivrait.

Le CSJS a également organisé des camps d’été pour les jeunes Palestiniens dans la diaspora palestinienne au Liban et Jibril Rajoub ainsi que d’autres responsables palestiniens ont participé à leur cérémonie de clôture. 

* B. Chernitsky et S. Shneidman sont chargés de recherche à MEMRI. 

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:52

L’ancien député libanais Moustafa Allouch : Le Hezbollah, l’EI et Jabhat Al-Nusra peuvent tous aller en Enfer

L’ancien député libanais Moustafa Allouch, membre du Courant du futur, a déclaré lors d’une récente interview que le Hezbollah est pire que Jabhat Al-Nusra et qu’il serait fantastique que le Hezbollah, Jabhat Al-Nusra et l’Etat islamique aillent tous en enfer. « Ce sont les trois visages de l’extrémisme et du terrorisme dans la région, et la région ne connaîtra pas le calme tant qu’ils s’y trouvent », a-t-il affirmé, s’exprimant sur MTV le 12 août 2017. Extraits : 

Journaliste : Ne pensez-vous pas que, dans cette bataille, le Hezbollah s’est en réalité imposé, et qu’il a le droit de récolter les fruits de cela dans le pays ? 

Moustafa Allouch : Dans les médias, il s’est imposé. 

Journaliste : Dans les médias ? 

Moustafa Allouch : Exact. Permettez-moi de vous dire, dans toute propagande, à travers le monde, les médias sont l’élément le plus important pour instiller la victoire dans l’esprit des masses. J’ignore de quelle victoire il s’agit. Qu’ont-ils fait ? Je l’ignore. Si leur objectif stratégique est d’instaurer la souveraineté du Juriste-Théologien [doctrine politique de la Révolution iranienne] dans une zone aussi étendue que possible – ce qui, selon leur conviction, est dans l’intérêt de l’humanité – ont-ils progressé ? 

Journaliste : Ils se sont débarrassés des terroristes. 

Moustafa Allouch : De quels terroristes ? Le Hezbollah lui-même est un groupe terroriste. 

Journaliste : Vous dites qu’ils sont pareils à Jabhat Al-Nusra ? 

Moustafa Allouch : Ils sont pires. Vous savez pourquoi ? 

Journaliste : Maintenant, les gens diront que parce que vous, Moustafa Allouch, venez du Courant du Futur, vous êtes en colère contre Jabhat Al-Nusra… 

Moustafa Allouch : Tous deux peuvent aller en Enfer. Tous deux. En ce qui me concerne, si Jabhat Al-Nusra va en Enfer – fantastique. Si l’EI va en Enfer – fantastique. Si le Hezbollah va en Enfer – fantastique. Alors ils me satisferont. Ce sont les trois visages de l’extrémisme et du terrorisme dans la région, et il ne peut y avoir de calme dans la région tant qu’ils s’y trouvent.

 

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 05:28

L’Espagne dans la ligne de mire de l’islamisme

L’Espagne, ou du moins l’Espagne de la conquête et de la primauté islamique, Al-Andalus, occupe une place de premier plan dans la psyché islamique, en particulier dans le contexte des suprématistes islamiques tels Al-Qaïda et les Frères musulmans. Le monde hispanophone aujourd’hui – l’Espagne, l’Amérique latine et au-delà – qui s’est à de nombreux égards détaché de son passé historique lointain, est souvent totalement inconscient de la puissance des symboles et de l’histoire, qui peuvent nous affecter et qui nous affectent effectivement.

Nous pouvons rappeler la beauté de l’art de l’Espagne islamique et la vision idéalisée de la convivencia (coexistence). Nous sommes en effet plongés dans la niaiserie politiquement correcte des maux de la culture et de la civilisation occidentale et de la supériorité de toutes les cultures, à l’exception de la nôtre.[1]Nous avons accepté le « mythe du paradis andalou » [2] et avons naturellement et tout naturellement oublié une invasion militaire étrangère soutenue, qui a englobé presque toute la péninsule Ibérique et n’a montré des signes de reflux que lors de la défaite musulmane à Tours, au centre de la France, en 732.

Aux yeux du monde arabe, l’Espagne, ou du moins l’image romantique et nostalgique d’Al-Andalus, reste un concept à évoquer.[3] Le fameux auteur progressiste syrien Abdel Salam Al-Ujayli (ironiquement, il provient du bastion de l’EI de Raqqa) a abordé ce thème dans son récit évocateur et sympathique “Les lanternes de Séville” (1954).[4] La majeure partie du récit évoque un passé idéalisé et perdu, et ceci dans le cadre d’un déclin plus vaste. En ce sens, les lamentations portent autant sur “les musulmans” que sur l’Espagne elle-même. Il s’agit d’un thème courant. En 2014, le commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), Qasim Suleimani, a mentionné que le déclin du monde musulman a débuté avec la chute de l’Espagne musulmane.[5]

D’autres échos d’Al-Andalus sont plus subtils ou diplomatiques. En 1997, la famille saoudienne au pouvoir a construit une impressionnante mosquée au pied du rocher de Gibraltar (lequel porte, évidemment, le nom du conquérant d’Al-Andalus, Tariq Ibn Ziyad, Gibraltar signifiant « la montagne de Tariq ») dans le territoire d’outremer britannique du même nom. Le récit, paru le 22 décembre 1997 dans Al-Alam Al-Islami, publié par la Ligue mondiale islamique et traduit par MEMRI, est d’une étonnante franchise. C’est principalement un récit historique du combat pour la suprématie du lieu entre les musulmans, les Espagnols et plus tard, les Anglais, en observant toutefois que « le drapeau de l’islam a flotté dans la péninsule Ibérique, pendant huit siècles de gloire, de culture, de pensée et de science ». Il ne comporte que peu, ou pas du tout, de pleurnicheries, de plaidoyers ou de langage connoté.

Mais plus courante encore est l’idée que la perte de l’Espagne serait un tort historique, qui devrait être réparé par la violence. Les salafistes-djihadistes, d’Ossama Ben Laden aux combattants de l’Etat islamique en Afrique du Nord, ont fréquemment utilisé cet argument. « Que le monde entier sache que nous n’accepterons jamais que la tragédie d’Al-Andalus se répète », était une phrase employée par Ben Laden dans un message vidéo d’octobre 2001, après les attentats du 11 Septembre.[6] En 2013, les Talibans ont appelé à reconquérir l’Espagne, accusant l’Occident infidèle d’avoir « aliéné les musulmans de leur histoire glorieuse ».[7] Des djihadistes parlant l’ourdou ont comparé la perte du Cachemire à celle d’Al-Andalus.[8]

La branche médiatique officielle d’Al-Qaïda dans le Maghreb islamique (AQMI) est nommée Al-Andalus.[9] Créée en 2009, son nom a été choisi intentionnellement “car c’est le paradis perdu des musulmans”. AQMI a justifié ce nom en citant l’activiste djihadiste et fondateur d’Al-Qaïda, Abdullah Al-Azzam, affirmant que “le djihad est un devoir individuel depuis 1492, lorsque Grenade est tombée aux mains des infidèles – les chrétiens – et jusqu’à ce jour. Et le djihad restera une obligation individuelle jusqu’à ce que nous restituions chaque morceau de terre jadis islamique aux pays de l’islam et aux musulmans. »[10]  Dans un autre message diffusé en 2007, AQMI a qualifié l’Espagne de “terre volée”. [11]

Al-Andalus est également le nom de la station de radio pro-Al-Shabaab en Somalie.[12] L’un des porte-parole de l’EI a récemment parlé d’utiliser la Libye comme point de lancement de la conquête de Rome et de l’Espagne. Une autre vidéo glaçante de l’EI, datant de mars 2016, montre des enfants soldats en Syrie, endoctrinés à se battre pour revendiquer la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem et Al-Andalus.[13]

La soif de conquête sanglante amplifiée par les médias sociaux est souvent accompagnée d’une action médiatique agressive, généralement d’inspiration salafiste, visant à convertir les catholiques à l’islam. Ce qui ne peut être conquis par l’épée peut parfois être conquis par les prêches, notamment lorsque les Occidentaux ne sont pas certains de leurs croyances et qu’ils sont mûrs pour la conversion.

La chaîne télévisée financée par l’Arabie saoudite Cordoba International, émettant en Espagne depuis 2012 de ses studios de Madrid, parle de construire des ponts avec les autres cultures et religions, mais il s’agit en réalité d’une entreprise à peine déguisée de prosélytisme à destination de l’Espagne et de l’Amérique latine.[14]Comme l’a écrit un ancien ambassadeur saoudien dans un article sur le site Internet de la chaîne, intitulé « Les douleurs d’Al-Andalus », « Al-Andalus aurait pu entraîner la transformation de l’Europe entière en terre musulmane ».[15]

 

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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