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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 05:18

Des commentateurs sur Al-Jazeera : le lobby juif sioniste influence Hollywood et diabolise les Arabes et les musulmans

Lors d’un talk-show sur Al-Jazeera, l’écrivain libanais Sarkis Abu Zaid a déclaré que le lobby juif sioniste influençait l’industrie cinématographique hollywoodienne et présentait les Arabes comme des cheikhs trompeurs, terroristes et meurtriers. Le professeur tunisien Mohammed Hneid, de la Sorbonne, a affirmé à son tour que « les puissances américaines et occidentales qui contrôlent les industries cinématographiques ont une orientation sioniste et jouent un rôle constant dans la diabolisation des Arabes et des musulmans ». L’émission a été diffusée le 29 août 2017. Extraits :  

L’écrivain libanais Sarkis Abu Zaid : Les Arabes aiment les discours et la poésie, mais ce sont les images visuelles qui influencent le public américain et occidental, et l’opinion arabe tout aussi bien. Par conséquent, les décisionnaires en Occident en général et aux États-Unis en particulier… Il existe un lobby juif sioniste qui influence l’industrie cinématographique à Hollywood et qui a pour tradition de produire des films qui déforment l’image des Arabes, toujours présentés comme des cheikhs trompeurs, terroristes et meurtriers. […]

Professeur tunisien Muhammad Hneid – Sorbonne : Les puissances américaines et occidentales qui contrôlent les industries cinématographiques ont une orientation sioniste et jouent un rôle constant dans la diabolisation des Arabes et des musulmans. […]

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 11:08

Le ministre de l’Investissement soudanais : la normalisation avec Israël n’est pas « si grave » ; un cheikh soudanais : la charia l’autorise

Le ministre de l’Investissement soudanais, Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi, a déclaré que les pays arabes « ont essayé de vendre la cause palestinienne ad nauseam » et que la normalisation des liens avec Israël devait être déterminée sur la base des intérêts du Soudan. « Je ne pense pas qu’il faille en faire tout un plat […] Les Palestiniens eux-mêmes ont normalisé leurs relations avec Israël », a-t-il affirmé.

S’exprimant sur la chaîne télévisée Sudania 24 le 21 août 2017, Al-Mahdi a fait l’éloge de la démocratie et de la transparence des institutions en Israël, de l’introduction de l’agriculture des agrumes et de l’irrigation par la technologie israélienne du goutte-à-goutte en Egypte. A la question de savoir s’il envisageait d’inviter des sociétés israéliennes au Soudan, il a répondu : « La technologie n’a pas de nationalité. »

Dans la même veine, le cheikh soudanais Youssouf Al-Kodan a appelé, lors d’une conférence en date du 6 février 2017 à Khartoum intitulée « Sur l’éveil et le dialogue religieux », à une trêve entre le Soudan et Israël et au tissage de liens diplomatiques entre les deux pays, précisant que la charia l’autorisait. Extraits :

Le ministre soudanais Moubarak Al-Mahdi : ne pas faire tout un plat de la normalisation avec Israël ; les Arabes nous ont abreuvés de la cause palestinienne ad nauseam. 

Pour voir la vidéo de Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi sur MEMRI TV, cliquez ici

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Les habitants du Darfour n’ont-ils pas fui en Israël les difficultés du Soudan ? N’ont-ils pas découvert qu’il n’y a aucun problème avec Israël, en ce qui les concerne ? C’est un tout autre débat philosophique. J’ai ma propre opinion sur la cause palestinienne, sur Israël, et tout cela. Je pense que les gens sont plus impliqués émotionnellement qu’ils n’ont de raisons objectives de l’être.

Journaliste : Comment cela ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : C’est mon opinion. Je pense que les Palestiniens ont une grande part de responsabilité dans ce qui leur est arrivé. Ils ont vendu leurs terres et causé de nombreux problèmes. Les Arabes ont commis des erreurs graves en rejetant le Plan de Partition et d’autres résolutions. Les pays arabes ont colporté la cause palestinienne. Chaque fois que quelqu’un monte un coup d’Etat, il dit que c’est pour libérer la Palestine… Ils ont colporté la cause palestinienne jusqu’à la nausée. Elle est devenue un produit politique dans le monde arabe.

Journaliste : Si l’on nous proposait la normalisation de nos relations avec Israël… En tant que politicien, seriez-vous pour ou contre ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Je l’évaluerais par rapport aux intérêts du Soudan.

Journaliste : En ce moment, ce soir…

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Je déciderais conformément aux intérêts du Soudan…

Journaliste : La normalisation des relations avec Israël est-elle dans notre meilleur intérêt ou non ?

Mubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Je ne me fonde pas sur les émotions, mais sur les intérêts du Soudan. Tous les pays ont normalisé leurs relations avec Israël.

Journaliste : Ainsi, vous ne vous opposez pas à une telle normalisation ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Je ne pense pas qu’il faille en faire tout un plat. Les Palestiniens eux-mêmes ont normalisé leurs relations avec Israël. […] L’ensemble du problème est très complexe. Tout n’est pas noir ou blanc. Les Palestiniens eux-mêmes rencontrent les Israéliens. Ils coexistent avec les Israéliens, gagnent leur vie là-bas et obtiennent d’eux leur électricité. Ces gens cohabitent. […]

Je pense que la cause palestinienne a retardé les progrès du monde arabe et a été exploitée par les régimes arabes pour opprimer leurs peuples, sous couvert de lutte pour la Palestine. Je crois que les Palestiniens gèrent leur cause tout seuls. Ils rencontrent les Israéliens. Même le Hamas. Désaccords ou pas, ils les rencontrent. Ils ont les Accords d’Oslo et d’autres accords. Les pays arabes pensent à leurs propres intérêts. En Egypte, les Israéliens ont développé l’agriculture des agrumes et ont introduit l’irrigation au goutte-à-goutte. Youssef Wali a accompli de grandes choses avec eux.

Journaliste : Vous ne projetteriez pas, en tant que ministre des investissements, de faire venir des Israéliens ici, n’est-ce pas ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Je ne suis pas un fanatique. Je ne pense pas que maintenant, avec l’histoire de ce mouvement… Je pense que nous avons été emportés par nos émotions sans nous en rendre compte. Ces Palestiniens, où qu’ils se trouvent, font tout ce qui est en leur pouvoir pour vous démettre de vos fonctions. Demandez à n’importe quel Soudanais qui travaille dans le Golfe ou n’importe où ailleurs : il vous dira que quand il rencontre un Palestinien, ce Palestinien ne ressent rien pour lui. Il complote immédiatement pour me faire renvoyer de ma société. Ils ne sont pas reconnaissants de l’empathie qu’ils ont reçue du monde arabe.

Journaliste : Qu’en est-il des Israéliens ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Nous n’avons pas traité avec les Israéliens. Les Israéliens sont des Occidentaux. Ils ont été « importés » d’Amérique, de Russie, d’Europe, etc. Ils ont les valeurs morales des Occidentaux. Ils ont un mode de fonctionnement scientifique. Ils ont un régime démocratique, leurs présidents sont jugés et vont en prison… Ils ont un régime transparent, que vous soyez d’accord avec eux ou non.

Journaliste : Vous ne prévoyez pas de faire venir quelques entreprises israéliennes pour développer la culture des agrumes pour nous, n’est-ce pas ?

Moubarak Al-Fadil Al-Mahdi : Eh bien, je pense que la technologie n’a pas de nationalité. L’origine de cette technologie ne doit pas vous importer.

 

Un cheikh soudanais : la charia islamique autorise la normalisation des relations avec Israël (Archives)

Lors d’une conférence intitulée « Sur le réveil et le dialogue [religieux] », qui s’est tenue dans la capitale soudanaise de Khartoum le 6 février 2017, l’opposant et cheikh soudanais Youssouf Al-Koda, ancien membre de l’Organisation des savants du Soudan et actuel dirigeant du parti islamique Wasat, avait déjà abordé le thème « Relations avec Israël – les aspects religieux ». Dans son exposé, il appelait le Soudan à instaurer une trêve et à établir des relations diplomatiques avec Israël, affirmant qu’il n’existait pas d’interdit religieux contre cela. A titre de preuve, il avait mentionné le traité de Hudaibiya que le prophète Mahomet avait signé avec ses adversaires infidèles.

Selon Al-Koda, le boycott d’Israël porte plus atteinte au Soudan qu’à Israël. Il avait rappelé que d’autres pays de la région, comme la Turquie, le Qatar, la Jordanie, l’Egypte et même l’Autorité palestinienne, entretiennent des relations avec Israël. Il avait encore observé que le Soudan avait aussi des relations avec certains pays qui occupent des territoires soudanaises, sans nommer les pays en question.

Al-Koda prononce son allocution à la conférence (Al-Jamahir, Soudan, 6 février 2017).

Lien vers le rapport en français

Selon une information publiée par le site d’information Sudanese Online, « Al-Koda a déclaré que, nonobstant son opposition à toute occupation de terre, l’occupation de la mosquée Al-Aqsa n’empêchait pas d’instaurer des relations avec Israël. A titre de preuve, il a invoqué le traité de Hudaibiya [1] que le prophète Mohammed avait signé avec les infidèles, alors même que ceux-ci s’étaient emparés de la Kaaba et que la plupart des clauses [du traité] étaient préjudiciables pour les compagnons du Prophète. A titre de [preuve] supplémentaire, il a mentionné le fait que l’Autorité palestinienne entretient des relations ainsi qu’une coordination [sécuritaire] avec Israël. [Il a ajouté] que si des Etats voisins et frères occupaient des terres au nord et à l’est du Soudan, cela n’avait pas empêché [le gouvernement soudanais] de maintenir des liens étroits avec eux, et certains pays arabes et musulmans entretiennent des relations avec Israël. » [2]

Sudanese Online cite Al-Koda : « Le fait que Jérusalem soit aux mains des Juifs ne doit pas nous empêcher d’entretenir des liens avec eux, si le peuple le désire. Je ne dis pas que nous soyons obligés d’avoir des relations avec eux. Mes déclarations ne visent pas [à inciter quiconque] à établir des relations avec Israël. Je veux simplement préciser que c’est parfaitement autorisé, selon la charia musulmane, et qu’il n’y a rien d’interdit à cela. »

Il a ajouté : « Le boycott n’a pas porté atteinte à Israël, mais plutôt au Soudan, et malgré tout le temps qui s’est découlé [depuis son imposition], il n’y a jamais eu de discussion sur le boycott, comme s’il constituait une fin en soi ou une obligation religieuse. » Il s’est interrogé : « Pourquoi ne pourrions-nous pas proposer de reconsidérer cette position et d’en adopter une autre à la place ? »

Al-Koda a déclaré « qu’en tant qu’observateur, il a remarqué qu’Israël est désormais prêt à entretenir des relations avec le Soudan et avec d’autres pays, et qu’il ne pense pas que ce soit un problème. Il a précisé que les relations avec Israël ne signifient pas qu’il faille éviter de parler des implantations ou des violations israéliennes. »

Al-Koda a ajouté : « La biographie du Prophète nous enseigne non seulement de combattre, mais aussi d’éviter le danger et [évoque] les réconciliations, les trêves et les alliances… Pourquoi alors ne connaissons-nous que les combats et le djihad, comme s’ils étaient la seule option et qu’il n’y en avait pas d’autres, de quelque forme et dans quelques circonstances que ce soit ? » [3]

Selon un article paru dans le journal Al-Jamahir, Al-Koda aurait affirmé dans ce contexte : « Pourquoi ne déclarons-nous pas autre chose que le djihad et le combat ? Je préfère [déclarer] une trêve [avec Israël]. Une trêve ne signifie pas faire des concessions. Des pays très puissants, qui ne sont pas des acteurs importants [dans le conflit israélo-palestinien], y compris la Turquie, le Qatar, la Jordanie et l’Egypte, ont normalisé [leurs relations avec Israël]. » [4]

Selon le journal soudanais Al-Jarida, Al-Koda a déclaré avoir reçu des menaces de mort s’il livrait son exposé et « ouvrait les portes de l’enfer », mais s’est dit prêt à risquer sa vie et même celle de ses enfants pour exprimer son opinion. [5]

D’après un autre article dans le même journal, les remarques d’Al-Koda ont suscité une réaction d’Abd Al-Rahman Abdallah, représentant du parti Al-Tahrir à la conférence. Ce dernier a « condamné [Al-Koda] pour avoir, afin de conforter sa position, présenté le fait que certains pays [musulmans] ne boycottent pas Israël et que même le président de l’Autorité palestinienne Abou Mazen entretient des liens avec Israël. [Abd Al-Rahman Abdallah] a affirmé que ‘le comportement des gens ne constitue pas la preuve [qu’un acte est toléré par la charia]’. [Abd Al-Rahman Abdallah] a également critiqué le gouvernement soudanais pour avoir normalisé ses relations avec les Etats-Unis, ce qu’il considère comme [une étape] vers la normalisation des relations avec Israël, ajoutant que c’est un ‘[acte de] double-trahison’… Al-Koda a rétorqué que ‘même les dirigeants du Hamas sont financés par le Qatar, qui entretient des [relations] normales avec Israël, et a souligné que le Soudan est incapable d’affronter Israël [sur le plan militaire]. Le représentant du parti Al-Tahrir l’a interrompu, disant : ‘Les musulmans sont capables de vaincre Israël’, ce à quoi Al-Koda a répondu : ‘On ne peut vaincre Israël en restant chez soi’.”

Selon cet article, Al-Koda « a affirmé que le Soudan avait beaucoup perdu en déclarant son hostilité à Israël, et a ajouté : ‘Le Soudan a perdu tant sur le plan moral que matériel, lorsqu’Israël a violé sa souveraineté en planifiant des attaques sur son sol, et [également] en raison des dommages infligés par les Etats-Unis en raison de leurs mauvaises relations avec Israël.’ Il a nié le fait que le gouvernement [soudanais] soit à l’origine de cette initiative, affirmant qu’il continuait de s’opposer au gouvernement. Il a expliqué que son appel à réévaluer la position concernant Israël découlait de la volonté de susciter un débat public sur cette question. » [6]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :
[1] Dans ce traité, signé entre le prophète Mahomet et ses adversaires de La Mecque en 628 pour une période de dix ans, le Prophète a accepté les conditions humiliantes dictées par ses adversaires, reconnaissant sa force inférieure. Le traité a été violé deux ans plus tard, lors de la conquête de La Mecque par Mahomet.
[2] Al-Koda a affirmé qu’il ne voulait pas nommer les pays qui occupent la terre soudanaise. Voir Al-Jamahir (Soudan), 6 février 2017.
[3] Sudaneseonline.com, 6 février 2017.
[4] Al-Jamahir (Soudan), 6 février 2017.
[5] Facebook.com/aljareeda.sudanese.newspaper, 7 février 2017.
[6] Facebook.com/aljareeda.sudanese.newspaper, 7 février 2017.

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 11:06

La militante égyptienne pour les droits des femmes Nawal El Saadawi : les femmes permettent la tyrannie de leurs maris

La militante égyptienne pour les droits des femmes Nawal El Saadawi s’est récemment exprimée au sujet de la tutelle masculine et a relaté sa propre expérience et ses trois divorces. “Mon esprit ne peut accepter la domination d’un esprit moindre, d’un idiot”, a-t-elle dit. Les femmes redoutent le divorce, a-t-elle relevé, mais “le divorce vous rend libre”. “Il n’existe aucun mari tyrannique, nulle part dans le monde, dont la femme ne rend pas possible la tyrannie”, a encore dit El Saadawi, qui appelle à éduquer autrement. Elle s’exprimait le 11 août lors du festival de Twiza à Tanger, au Maroc, festival dont elle était l’invitée d’honneur.

Dr. Nawal El Saadawi : Quelle est la signification de la tutelle masculine ? La tutelle devrait être accordée à quelqu’un de plus sage. Je me suis mariée trois fois et Dieu merci, j’ai divorcé de tous les trois [rires]. Pourquoi? Parce que je ne suis pas une personne qui… Je suis une personne normale et raisonnable, mais mon esprit ne peut accepter d’être dominé par quelqu’un de moins intelligent, par un idiot… Lorsque mon mari… Laissez-moi vous donner un exemple de tutelle masculine : mon second mari était avocat. Il connaissait la loi et voulait me dominer au moyen de la loi, au nom de la tutelle masculine, et tout cela… Alors je me disputais avec lui. Ensuite j’ai étudié le droit pour être en mesure d’argumenter avec lui.

Il ne pouvait pas discuter avec moi de médecine parce qu’il n’y connaissait rien, mais j’ai [pour ma part] étudié le droit et ai commencé à argumenter avec lui. 1+1=2. Si X, alors Y… Tu peux sortir et t’amuser, tu es libre d’avoir des amis hommes et femmes, tandis que je ne peux pas avoir d’amis, pas même des amies femmes. Il était jaloux même de mes [amies] femmes, pouvez-vous le croire ? Il voulait la possession totale de sa femme. La femme est la propriété de l’homme, et pas le contraire. Alors je lui ai dit : Laisse tomber. J’ai une tête qui fonctionne depuis que je suis enfant. Comment pourrais-je accepter cette injustice ? Je suis médecin, et je contribuais aux revenus du foyer. Je gagnais deux fois plus que lui… Il est très important pour les femmes d’avoir des ressources financières. Je gagnais autant que lui et même plus, et ma tête fonctionnait tout comme la sienne et même mieux. J’avais pour profession la médecine, tout comme lui avait le droit.

Alors qu’est-ce qui lui donnait le droit de me dominer ? Pourquoi m’empêcher d’avoir des amies, de sortir et d’être libre ? De son côté, il sortait et faisait la fête. Pourquoi étais-je censée cuisiner pour qu’il trouve le déjeuner ou le dîner prêt en rentrant à la maison ? J’étais toute la journée à l’hôpital, en train d’opérer des patients. Nous avons hérité de cet esclavage. C’est le lot de toutes les épouses – même des femmes ministres. Je connais des ministres en Egypte qui rentrent de leur travail pour préparer le déjeuner de leurs maris.

[…]

Les femmes ont peur de beaucoup de choses, mais plus que tout du divorce. Par conséquent, dans toutes les conférences qui se tiennent partout dans le monde, en particulier dans le monde arabe, je dis que je me suis mariée trois fois et que j’ai divorcé trois fois. J’en suis très fière. Le divorce vous rendra libre.

[…]

Un tyran ne peut arriver au pouvoir que si le peuple rend possible sa tyrannie. De même, il ne peut y avoir de mari tyrannique, nulle part dans le monde, si sa femme ne rend pas possible sa tyrannie. Si elle lui oppose un refus, elle peut empêcher sa tyrannie, mais elle devra en payer le prix – avec le divorce et l’obligation d’aller trouver du travail. De nombreuses femmes se disent : Mon mari me frappe tous les jours, mais si je le quitte… Je connais des femmes médecins – parmi mes collègues – et des écrivains qui sont des femmes battues. Même les dirigeantes du mouvement féministe égyptien ont reçu des coups chez elles. [L’une d’elles] donnait une conférence sur la libération de la femme, puis rentrait chez elle et se faisait réceptionner par les coups de son mari qui l’accusait d’être en retard. De quoi les femmes ont-elles peur ? Avant tout du divorce. Deuxièmement, elles ont peur que leur niveau de vie ne baisse.

[…]

Elles ont peur du qu’en dira-t-on. Elles ont peur de beaucoup de choses, toutes illusoires. Si vous les analysez, vous verrez que ce sont de simples illusions. Le divorce est une illusion. Et pourquoi faire toute une histoire de son niveau de vie ? Vivre dans une grande villa est superflu… J’habite un appartement de deux pièces dans le quartier de Shubra au Caire. Je suis très heureuse. Je ne veux pas habiter dans une grande villa. Pourquoi aurais-je envie de résider dans une grande villa ? Je préfère vivre dans un deux-pièces en conservant ma dignité intacte. Nous devons modifier notre manière d’éduquer les femmes et les hommes, et nous devons commencer dès l’enfance.

[…]

Les habitants du village de ma grand-mère se nourrissaient de pain et de sel. Ils n’avaient rien à manger et n’avaient pas de chaussures. Ma grand-mère a entraîné les paysans chez le chef du village… J’avais seulement cinq ans, et elle m’a pris par la main, comme ça. Elle m’a emmenée avec elle voir le chef du village. J’avais cinq ans mais j’écoutais tout… A l’âge de cinq ans, les enfants écoutent et comprennent tout. Elle lui a dit : Dieu te punira pour avoir pris ce pour quoi nous avons travaillé durement et l’avoir donné au Roi et aux Anglais.

Il lui a répondu : Que sais-tu de Dieu? Il s’est assis, tenant un Coran écrit avec des fils d’or. Il portait des robes dorées, alors que les paysans étaient pieds-nus et mangeaient du sel. Il leur prenait tout le coton qu’ils cueillaient. Il dit : Tu parles de Dieu. Que sais-tu de Dieu ? As-tu lu le Coran? Il tenait le Coran dans sa main. Ma grand-mère a levé la main et a répondu : Qui vous a dit que notre Dieu est le Coran ? Notre Dieu est justice, et nous Le connaissons par nos esprits.

 

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 04:38

Programmes scolaires dans le monde arabe : le point sur la situation actuelle

Les attaques menées au nom de l’islam par des organisations terroristes telles que l’État islamique (EI) et Al-Qaïda, tant dans les pays arabes que dans le reste du monde, ont soulevé des débats récurrents sur le rôle des programmes scolaires dans l’embrigadement de jeunes Arabes.

Les gouvernements arabes subissent des pressions à la fois de l’intérieur et de l’extérieur pour réformer leurs programmes scolaires, en remplaçant notamment les contenus encourageant l’extrémisme et le rejet de l’autre par de nouveaux contenus favorisant la tolérance et le pluralisme. Les médias arabes ont publié de nombreux appels à une réforme éducative significative adaptée à l’époque moderne. Des personnalités publiques et des commentateurs ont manifesté leur désaccord face à l’extrémisme et l’incitation à la haine des programmes scolaires, faisant valoir que les écoles forment une génération favorable aux mouvements salafistes-djihadistes tels que l’Etat islamique et Al-Qaïda.

Avant 2016-17, des tentatives d’apporter des changements fondamentaux aux programmes scolaires ont vu le jour dans plusieurs pays. Le roi du Maroc Mohammed VI a ordonné un réexamen des programmes, qui a résulté dans la suppression des versets coraniques portant sur le djihad. Le ministère de l’Éducation jordanien a également apporté des modifications aux manuels scolaires, en retirant notamment les versets portant sur le djihad et en remplaçant les illustrations à caractère islamique, comme celles de femmes revêtues de hijabs, par des visuels à caractère laïque.

Ces changements ont suscité la vive opposition des conservateurs et des partis islamistes, qui les perçoivent comme une capitulation face aux exigences de l’Occident et comme une atteinte à l’identité nationale et religieuse des pays. Au Maroc, les objections n’ont pas empêché le retrait des versets portant sur le djihad des manuels scolaires. En Jordanie, un comité créé en réponse à la pression conservatrice a donné son aval aux nouveaux manuels, non sans y apporter certaines corrections, comme l’ajout de contenus relatifs aux premières batailles de l’islam, telles que les guerres contre les tribus juives Banu Nadir et Banu Qaynuqa [1].

En dehors du Maroc et de la Jordanie, la plupart des pays arabes ont eu des approches hésitantes en la matière, comme en témoignent les propos de clôture d’une conférence tenue à Beyrouth en 2016, selon lesquels les modifications apportées étaient « superficielles et cosmétiques » et « n’ont pas réussi à inculquer une perception égalitaire de la citoyenneté ». Les écoles sont accusées d’avoir failli dans leur mission de former des générations « immunisées face à la culture de l’extrémisme et de l’ostracisme » [2].

En Egypte, par exemple, malgré les instructions du président Abd Al-Fattah Al-Sissi pour un réexamen des programmes, seuls des changements ponctuels ont été opérés, comme le retrait de quelques récits encourageant l’extrémisme. Cette année seulement, le ministère de l’Education a annoncé son intention d’effectuer un examen approfondi des programmes et d’en concevoir de nouveaux. En Arabie saoudite, malgré la suppression de plusieurs manuels scolaires par les dirigeants et les fondateurs des Frères musulmans, le ministère de l’Education a annoncé que le libéralisme et l’athéisme représentaient la menace n° 1 pour la sécurité nationale, devançant  l’islamisme extrémiste.

* N. Mozes est chargée de recherche à MEMRI.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:17

L’ambassadeur de Palestine en Turquie Faed Mustafa : Israël extorque et méprise l’Allemagne

L’ambassadeur de Palestine en Turquie Faed Mustafa a déclaré que l’Allemagne souffrait toujours d’un complexe de culpabilité envers Israël à cause de l’Holocauste et que les Israéliens « excellent à extorquer l’Allemagne et à la garder sous contrôle israélien ». Interrogé sur la chaîne télévisée turque TRT sur la politique allemande face au problème palestinien, Mustafa a déclaré qu’Israël « prend l’Allemagne de haut ». L’interview a été diffusée le 8 août 2017. Extraits :

Journaliste : L’Allemagne fait partie de ces pays qui ont joué un rôle direct dans la création d’Israël sur la terre de Palestine occupée, car elle a exploité le prétendu « Holocauste juif » pour trouver une autre patrie pour les Juifs. Pour l’Europe, c’était l’occasion de se débarrasser d’eux. Ma question est la suivante : que pensez-vous de la politique allemande concernant le problème palestinien ?

Faed Mustafa : Nous nous évertuons sans relâche à développer nos relations avec l’Allemagne, compte tenu du statut économique, démographique et politique de l’Allemagne en Europe. Mais nous voyons que l’Allemagne ne s’est pas encore libérée de son complexe de culpabilité dû à son rôle dans l’Holocauste. Nous voyons également comment les Israéliens excellent à extorquer l’Allemagne et à la garder sous contrôle israélien. Chaque fois que l’Allemagne essaie de se libérer et de formuler sa propre politique étrangère, ils soulèvent de nouveau ce sujet. Ainsi, l’Allemagne est restée prisonnière de ce sujet jusqu’à ce jour.

Je voudrais même aller plus loin et dire que je pense qu’Israël prend l’Allemagne de haut. Nous l’avons vu en avril dernier, lorsque le ministre allemand des Affaires étrangères a visité Israël. Une réunion était prévue avec le Premier ministre Netanyahu et auparavant, il devait rencontrer des représentants d’ONG israéliennes. Netanyahou a annulé sa réunion en signe de protestation contre cette démarche. L’Allemagne n’a pas osé dire ce qu’elle aurait dû dire aux Israéliens, concernant ce comportement condescendant.

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:39

Un hebdomadaire marocain s’en prend aux chrétiens : ils provoquent le terrorisme

Le 3 avril 2017, des représentants de la Coordination nationale des chrétiens marocains récemment constituée ont rencontré le président du Conseil national des Droits de l’Homme du Maroc (CNDH) pour exprimer leur désir de bénéficier des pleins droits civiques. Quatre jours plus tard, ils ont envoyé une lettre au Premier ministre marocain Saadeddine Othmani, dans laquelle ils énumèraient leurs demandes, comme la liberté de prier ouvertement à l’Eglise, la possibilité de célébrer des mariages civils ou chrétiens, de créer des cimetières chrétiens, de donner des prénoms chrétiens à leurs enfants et d’être exemptés d’instruction islamique mandatée par le gouvernement dans les programmes scolaires.[1] 

A la différence des chrétiens étrangers, les chrétiens marocains, dont le nombre est estimé à plusieurs milliers [2] et dont une bonne partie sont de nouveaux convertis au christianisme, ne jouissent actuellement pas de ces droits et sont juridiquement considérés comme des musulmans. Selon certaines informations, ils sont contraints de pratiquer leur culte dans des églises secrètes, situées dans des maisons privées, et sont souvent arrêtés et interrogés lorsqu’ils tentent de pratiquer ouvertement leur religion.[3]

L’initiative de la Coordination nationale a suscité une série de réactions neutres, positives et négatives dans les médias marocains écrits et numériques. Un article particulièrement virulent a été publié le 6 mai 2017 dans le journal populaire en arabe Al-Ousboue Assahafi,[4] intitulé « Les chrétiens marocains ignorent-ils comment est né l’Etat islamique ? » L’article attaque et menace implicitement les activistes chrétiens, les qualifiant d’« apostats… qui préfèrent être des esclaves du Christ plutôt que de servir Dieu et Son Prophète », et observe : « Nous savons tous que le Coran exige la mise à mort des apostats. »

Selon l’article, l’EI est né en réaction à des gens comme ces chrétiens, et par conséquent, ils seraient la cause de « la propagation du terrorisme » dans le pays. Il condamne également les religieux marocains qui « se taisent face au phénomène de l’apostasie et de l’hérésie religieuse qui se répand rapidement au Maroc, en raison des investissements financiers considérables de l’Eglise pour diffuser la religion chrétienne ».

Il convient d’observer que des arguments similaires ont été avancés dans un article du 11 mai 2017 intitulé « L’islam au Maroc est menacé, ô Commandant des croyants », rédigé par le propriétaire de l’hebdomadaire, Mustapha Alaoui, souvent qualifié de « doyen des journalistes marocains ».[5] Dans cet article, il accuse des « publications et sites Internet occidentaux » de diffuser leur propagande missionnaire au Maroc, et affirme que les Marocains qui se sont convertis au christianisme, ainsi que des athées « dont les idées réfutent même le christianisme », mènent actuellement une campagne pour revendiquer des droits et pour « diffamer l’islam », sans que les religieux marocains « impuissants » ne disent mot. Il avertit sombrement que « ces conditions entraîneront l’apparition de groupes en colère, résolus à défendre l’honneur de la religion islamique au Maroc ». Extraits de l’article du 6 mai : [6]

La prétendue « Coordination nationale des chrétiens marocains » a fait appel au nouveau Premier ministre, Saadeddine Othmani, lui demandant d’accélérer la satisfaction des demandes présentées au secrétaire général du Conseil national des Droits de l’Homme concernant la fourniture d’espace pour les sépultures des chrétiens marocains. Nous savons tous, cependant, que des cimetières de chrétiens infidèles existent déjà au Maroc. Par conséquent, les chrétiens marocains auraient dû écrire à leur propre Saint Homme, le Pape [plutôt qu’au gouvernement marocain] pour demander l’autorisation d’enterrer les apostats marocains aux marges des cimetières chrétiens du Maroc.

Nous savons tous que le Coran exige la mise à mort des apostats. Ces apostats [chrétiens marocains] sont les enfants de musulmans ayant renié la religion de leurs pères et abandonné l’islam pour devenir des chrétiens. Ces nouveaux chrétiens, qui ont fait appel au Commandeur des croyants [le Roi du Maroc] pour leur accorder le droit à l’apostasie, semblent ignorer le fait que l’EI a émergé en réaction aux musulmans ayant défié les valeurs de l’islam [en quittant la religion musulmane]. Nous voyons à présent ces Marocains, nés de [parents portant des noms comme] « Fatima » et « Mohammed », déclarer leur apostasie et leur conversion à la religion chrétienne.

C’est un fait notoire, d’autre part, que les juifs n’acceptent pas les convertis de l’islam, car cela n’est pas autorisé par la religion juive. [Il faut donc conclure que] quiconque abandonne la religion de ses ancêtres pour en adopter une autre n’est qu’un opportuniste, appâté par les fonds que l’Eglise chrétienne consacre pour attirer les musulmans.

Le Maroc n’a nul besoin de nouvelles dissensions internes. La sécession religieuse annoncée par ce groupe de membres actifs de l’Eglise qui préfèrent être esclaves du Christ à servir Dieu et Son Prophète, suscite la propagation du terrorisme. Malheureusement, les Oulemas [cheikhs musulmans], qui sont les gardiens de la fonction de Commandeur des croyants, sont restés silencieux face au phénomène de l’apostasie et de l’hérésie religieuse qui se diffuse rapidement au Maroc, en raison des investissements financiers considérables que l’Eglise consacre pour répandre la religion chrétienne.

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:37

Médias palestiniens : le président palestinien Mahmoud Abbas poursuivra « jusqu’à sa mort » le versement d’allocations aux familles des « martyrs »

Un article en Une du quotidien Al-Quds de Jérusalem Est a apporté des détails sur la réunion du 24 août 2017 entre le président palestinien Mahmoud Abbas et la délégation américaine, dirigée par Jared Kushner, conseiller et gendre du président américain Donald Trump. Citant le journaliste israélien Gal Berger [1], l’article a indiqué qu’Abbas avait dit à Kushner qu’il ne suspendrait jamais les allocations aux familles des prisonniers et des « martyrs » palestiniens, même si cela lui coûtait la présidence. Le quotidien a mis en exergue cette déclaration, estimant qu’elle « reflète… la colère palestinienne face à la focalisation de la délégation américaine sur ce sujet ».

La déclaration d’Abbas sur les allocations aux prisonniers a également été mise en avant dans un gros titre, posté le 26 août sur la page Facebook officielle du Fatah. Extraits :

Al-Quds : Colère de l’AP face à la focalisation de la délégation américaine sur le sujet des paiements aux familles des prisonniers et des martyrs

Extraits de l’article d’Al-Quds :

Les sources diplomatiques occidentales révèlent que, lors de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah, jeudi dernier, le conseiller et gendre du président américain Jared Kushner a souligné l’impossibilité de mettre fin à la colonisation dans les territoires palestiniens, car cela entraînerait la chute du gouvernement de Netanyahou. Le président Abbas, pour sa part, a souligné son adhésion à la solution de deux États et précisé qu’il n’arrêterait jamais de verser les allocations aux familles des martyrs et des prisonniers, jusqu’à sa mort.

Si Kushner a fait preuve d’une certaine ouverture envers la solution des deux Etats, selon ces sources, il a refusé de définir les frontières de l’Etat palestinien comme étant les frontières de 1967, et a déclaré que les parties israélienne et palestinienne devraient s’accorder sur cette question. Selon les sources diplomatiques occidentales, citées hier par le quotidien londonien Al-Sharq Al-Awsat, certains progrès ont été réalisés lors de la réunion, insuffisants toutefois pour reprendre les négociations. Selon ces sources, la délégation américaine a informé le président Abbas qu’à la prochaine étape, elle agirait pour renforcer les relations économiques, sécuritaires et politiques entre les parties [palestinienne et israélienne] avant de reprendre les négociations…

Il convient de noter que le président Abbas exige que l’administration américaine reconnaisse clairement que l’objectif des négociations est la mise en œuvre de la solution des deux Etats, sur la base des frontières du 4 juin 1967…

Au cours de la réunion avec Abbas, les Américains ont une fois de plus soulevé la question des salaires versés par l’Autorité palestinienne aux prisonniers et aux familles des martyrs, morts dans des opérations et les affrontements avec l’occupation israélienne. Selon le journaliste israélien Gal Berger, Abbas a informé Kushner qu’il ne cesserait jamais de verser ces salaires, jusqu’à son dernier jour, même si cela lui coûtait la présidence.

Les déclarations d’Abbas reflètent le degré de colère des Palestiniens face à la focalisation de la délégation américaine sur ce sujet et sa négligence des problèmes fondamentaux tels que la solution à deux Etats et la fin [des constructions dans] les colonies.

Les Palestiniens espèrent que les Américains reviendront [dans la région] avec une position claire sur la solution des deux Etats et les colonies, ce qui contribuera grandement à relancer le processus de paix dans la région. Le président Abbas souhaite que l’Initiative de paix arabe serve de base et de référence à tout processus de paix, y compris un processus de paix régional.

Les dirigeants palestiniens projettent, si les efforts américains échouaient, de retourner au Conseil de sécurité et de lui demander d’appliquer ses résolutions sur la fin de l’occupation et [de reconnaître] la Palestine comme un membre à part entière [de l’ONU] [2].

Une bannière sur la page Facebook officielle du Fatah célèbre la déclaration d’Abbas

Sur la page Facebook officielle du Fatah, une bannière spéciale présentait une photo d’Abbas, avec en toile de fond la mosquée Al-Aqsa et l’emblème du Fatah, accompagné d’une citation de sa déclaration : « Je ne cesserai jamais [de verser] les allocations aux familles des prisonniers et des prisonniers libérés, même si cela me coûtait mon poste et ma présidence. Je les verserai jusqu’à ma mort. » [3]

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:36

L’imam de Californie Qazwini revient sur ses déclarations après avoir été exposé par MEMRI

MEMRI a récemment mis en ligne une vidéo de l’imam chiite américain d’origine irakienne Sayed Moustafa Al-Qazwini déclarant, dans son sermon du 23 juin 2017 au Centre éducatif islamique du comté d’Orange (IECOC) à Costa Mesa, en Californie, dont il est le fondateur et le directeur, que l’Etat islamique est la création des services de renseignement israéliens. Il a affirmé : « La plupart de leurs officiers ont été formés en Israël, y compris [le chef de l’EI] Abou Bakr Al-Baghdadi […] Vous savez tous qui a créé l’EI, Al-Qaïda et toutes ces organisations terroristes. Vous le savez parfaitement. Vous savez qui leur a versé de l’argent, qui les a financées, qui les a aidées, qui leur a acheté des armes, qui les a même formées et protégées. Vous le savez bien. Elles ne sont pas le produit de l’islam. L’islam n’est pas responsable de l’EI. Ce sont certains organismes et gouvernements qui ont créé… Ils se sont donné la main pour créer l’EI, démolir l’islam de l’intérieur. C’était le plan. Et chaque jour, nous découvrons… Ce n’est pas… Nous ne découvrons pas… Le reste… Nous le savions… Nous connaissions l’histoire depuis le début. Quand l’EI a occupé Mossoul il y a trois ans, j’ai prononcé un discours en Irak. J’ai dit : ‘L’EI est le produit des renseignements israéliens.’ Les renseignements israéliens… La plupart de leurs officiers ont été formés en Israël, y compris Abou Bakr Al-Baghadi, qui est allé en Enfer, je crois, il y a deux ou trois jours. » 

La vidéo de MEMRI TV contenant les déclarations de l’imam Qazwini a bénéficié d’une couverture médiatique nationale et locale. Pour voir cette vidéo sur MEMRI TV, cliquez ici.

Le 25 août 2017, l’imam Qazwini s’est excusé et a retiré ses déclarations liant Israël à l’EI. La rétractation a été publiée sur le flux Twitter et sur le site web du IECOC. Extraits :

L’imam Dr Sayed Moustafa al-Qazwini retire ses déclarations liant Israël à l’Etat islamique

L’imam Dr Sayed Moustafa Al-Qazwini retire les remarques qu’il a prononcées lors d’une conférence le 23 juin 2017, dans laquelle il a déclaré que l’EI et d’autres groupes terroristes sont soutenus par des services de renseignement israéliens. Alors que l’imam Al-Qazwini a émis ces propos en se basant sur des informations reçues de sources politiques et militaires irakiennes, suite à une réflexion approfondie sur la fiabilité de ces sources et après avoir mesuré à quel point ces remarques ont offensé et blessé les membres de la communauté juive, il a décidé de se rétracter.

En cette période critique en Amérique, où les communautés religieuses et ethniques sont la proie de la discrimination et de l’hostilité, l’imam al-Qazwini saisit l’insensibilité de ses déclarations et présente ses excuses pour la douleur qu’il a causée, notamment à ses amis juifs. Il apprécie l’importance d’un engagement en faveur de vraies relations interreligieuses et solidaires avec les membres de toutes les traditions religieuses, basées sur la confiance et le respect mutuels. L’imam Al-Qazwini prie pour que toutes les communautés puissent se rassembler en paix et dans la solidarité afin de surmonter les défis communs de notre époque [1].

Rétraction d’Al-Qazwini sur Twitter

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:33

Télévision jordanienne : Les Rothschild contrôlent le monde, ont assassiné six présidents américains ; les Juifs gardent pour eux les remèdes contre le cancer et le sida

Une chaîne télévisée jordanienne a récemment diffusé une émission sur la famille Rothschild, dans laquelle on apprend que les Rothschild seraient « les fondateurs des États-Unis » qu’ils possèderaient une grande partie des ressources mondiales, des médias et des banques. L’interviewé, l’analyste économique jordanien Mohammed Sami Abugoush, a déclaré que « tout dirigeant qui refusait de traiter avec les Rothschild était assassiné ». Abugoush et l’animatrice Rita Altaji ont convenu que c’est Rothschild, et non le président Macron, qui dirige la France, et que « même les États-Unis et la puissante famille royale britannique ne dirigent pas la Grande-Bretagne ». L’animatrice et son invité se sont entendus sur le fait que les Rothschild auraient assassiné les présidents américains Lincoln, Kennedy, Garfield, Harrison, Tyler et Jackson. Abugoush a précisé que les Juifs contrôlent les armes, les industries pharmaceutiques, les transports maritimes et les industries agricoles, et gardent pour eux le remède du cancer et du sida afin de continuer à faire des profits. L’émission a été diffusée sur la chaîne Altaghier le 24 juin 2017. Extraits :

Texte à l’écran : « Achetez des biens immobiliers partout où le sang coule dans le monde – Lord Rothschild »

Narrateur : Ils sont les prophètes de l’argent et des obligations, c’est la famille la plus riche que le monde ait jamais connue. Elle contrôle la moitié de la richesse mondiale et possède un tiers de l’eau douce de la planète. Elle a le dernier mot sur le prix de l’or dans le monde entier, contrôle les médias américains et possède la plupart des banques mondiales. [Les Rothschild] possèdent la CNN et Hollywood, ainsi que 80 % de toutes les colonies israéliennes. L’Egypte souffre aussi [du contrôle des Rothschild] qui détiennent des parts dans le canal de Suez. Quatre-vingts pour cent de l’uranium du monde leur appartient. La famille Rothschild, d’origine juive-allemande, a fondé les États-Unis et possède la plupart des banques centrales dans le monde. […]

Mohammed Sami Abugoush : Sitôt instituée [la pratique de] l’usure dans les transactions mondiales, ils se sont mis à prêter de l’argent aux pays et aux dirigeants. Tout dirigeant qui refusait de traiter avec les Rothschild était assassiné. Il était tué, ostracisé ou accusé de folie…

Rita Altaji : Cette famille n’autorisait personne à s’opposer à ses objectifs et à ses intérêts. Puisque vous l’avez mentionné, est-il vrai que la famille Rothschild est responsable de l’assassinat d’environ six dirigeants, en plus de nombreux membres du Congrès et de propriétaires de banques ? Les plus célèbres parmi ces présidents étaient Abraham Lincoln et John Kennedy, en sus de Garfield, Harrison, Tyler et Jackson. Est-ce vrai ?

Mohammed Sami Abugoush : Oui, c’est vrai à 100 %. […] En 2000, seuls huit pays n’étaient pas contrôlés par la famille Rothschild. En 2011, il en restait seulement trois, et aujourd’hui, presque tous les pays, à l’exception de Cuba et de la Corée du Nord…

Rita Altaji : et de l’Iran. Trois pays… Nous allons y arriver, mais d’abord, cette famille contrôle-t-elle encore les cinq pays dans lesquels elle a envoyé ses fils ?

Mohammed Sami Abugoush : Absolument. Elle les contrôle au niveau politique, économique et démographique. Ils contrôlent même la mentalité des gens. Ils contrôlent les réseaux de médias. CNN leur appartient.

Rita Altaji : Hollywood aussi.

Mohammed Sami Abugoush : Les droits de diffusion en Europe et à Hollywood, les droits de diffuser des films ; toutes les chaînes de télévision – pas seulement la CNN, mais Fox News, CBS et ABC – leur appartiennent. Ils possèdent les droits publicitaires, ils possèdent les droits de radiodiffusion, ils possèdent les médias et ils sont les maîtres de l’orientation idéologique de ces pays. Quand j’étais aux États-Unis, j’ai vu comment ils inventent des faits afin de servir les intérêts d’un certain groupe de personnes. […]

Rita Altaji : Macron est le nouveau président français, et également un nouveau membre du Nouvel ordre mondial, le célèbre NOM, qui figure en latin sur les billets d’un dollar, comme vous venez de le dire au sujet des francs-maçons et des Illuminati. Rothschild dirige-t-il donc la France dont Macron ne serait que le président ?

Mohammed Sami Abugoush : Exact. Même les États-Unis et la puissante famille royale britannique ne gouvernent pas la Grande-Bretagne. […] Qui dirige la Maison Blanche ? Les Juifs. Qui dirige le Congrès ? Les Juifs. Qui dirige le Sénat ? Les Juifs. Qui dirige l’Amérique au niveau économique ? Qui dirige les entreprises et les banques américaines ? Toutes les gigantesques banques américaines appartiennent aux Juifs.

Rita Altaji : Exact.

Mohammed Sami Abugoush : L’industrie des armes, l’industrie pharmaceutique, l’industrie maritime, l’industrie agricole…

Rita Altaji : Concernant l’industrie pharmaceutique, on raconte qu’il existe un remède contre le cancer, mais ces puissantes familles refusent de le partager, car ils veulent profiter de la vente de ces médicaments.

Mohammed Sami Abugoush : C’est pareil avec le Sida.

Rita Altaji : Oui, avec le Sida aussi.

Mohammed Sami Abugoush : Ils détiennent le remède contre le sida, mais ils ne le céderont pas, car ils en veulent le monopole. En 20 années, la maladie s’est propagée, et au lieu d’un million de malades, il y en a 100 millions. Avec cette mentalité, ils souhaitent contrôler toutes les sources de vie de la planète.

 

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 17:52

L’Iran depuis l’investiture de Trump : expansion régionale et religieuse

Le grand renversement : les USA contre l’Iran : de la puissance et la dissuasion à la faiblesse et à la retraite

En l’espace de trois mois, la position des Etats-Unis au Moyen-Orient est passée d’une position de puissance et de dissuasion vis-à-vis de l’Iran à une position de faiblesse, de retraite et de dissuasion exercée par l’Iran. Cette situation, bien entendu, ne reflète aucunement l’équilibre du pouvoir véritable entre les Etats-Unis et l’Iran, ni de manière générale ni au plan régional. C’est une impression créée conjointement par la politique du président Trump et par l’approche offensive de l’Iran.

Au cours des trois premiers mois du mandat de Trump, Téhéran appréhendait ce qu’allait être sa politique à l’égard de l’Iran. Il a significativement tempéré ses provocations – tant ses menaces verbales que ses incursions maritimes contre les navires américains dans le Golfe – et a même annulé le lancement d’un missile balistique, en retirant le missile de sa rampe de lancement la veille de la Journée de la Révolution iranienne, le 10 février, après que l’administration Trump eut annoncé que l’Iran était “prévenue”.[1]

Trois mois plus tard, l’approche iranienne n’est plus la même : les provocations navales ont repris ; le discours anti-américain en Iran est de nouveau ostentatoire – incluant à nouveau le slogan “mort à l’Amérique”, et les menaces verbales contre les Etats-Unis s’accentuent. En outre, le missile qui avait été retiré de sa rampe de lancement en février dernier a été lancé le 27 juillet 2017, au mépris des avertissements américains.[2]

Les attentes naïves du président Trump, qui espérait, comme on peut l’espérer dans le cadre d’une transaction commerciale, qu’une approche positive de sa part serait accueillie par une approche tout aussi positive, ont été déçues par un résultat contraire à celui escompté : comme le président Obama – dont le président Trump a négligé l’expérience – l’Iran a réagi à la politique positive des Etats-Unis avec une hostilité et une agressivité accrues. Les Iraniens ont interprété l’approche des deux présidents américains comme un signe de faiblesse, et ont renforcé leur antagonisme envers les Etats-Unis, allant jusqu’à laisser même émettre des menaces et le slogan “Mort à l’Amérique”. En outre, ils ont utilisé l’approche de Trump comme une opportunité pour promouvoir leur expansion régionale et l’idéologie d’exportation de la Révolution islamique.[3]

C’est l’approche de l’administration Trump – qui a accepté l’expansion régionale de l’Iran, au prétexte de la guerre contre l’EI – qui a déclenché ce renversement d’attitude de la part de l’Iran, lequel repose aussi sur le soutien russe.

Qu’est-ce qui, au cours des derniers mois, a suscité un tel revirement ?

Pendant ce temps, l’administration Trump a modifié son approche envers l’Iran : alors que le discours demeurait celui de la confrontation, les décisions politiques sur le terrain reflétaient clairement l’intention de faire progresser les accords avec l’Iran, dans la droite ligne de la politique du président Obama. Le directeur du Conseil national irano-américain et chef du lobby iranien non officiel à Washington, Trita Parsi, a l’a relevé, affirmant : “Avant que nous ayons eu la révélation de l’amollissement de Trump face à l’Iran avec la certification, la plupart des analystes et diplomates pensaient que le discours de Trump sur l’Iran n’était rien de plus que des paroles creuses. Il aboyait plus qu’il ne mordait, comme cela a été démontré lorsqu’il a certifié le respect par l’Iran [du JCPOA] en avril et qu’il a renouvelé la levée des sanctions en mai. L’écart entre son discours et sa politique effective était tangible. Sur le plan rhétorique, les officiels de l’administration Trump décrivaient l’Iran comme la racine de tous les problèmes au Moyen-Orient et comme le plus grand Etat soutenant le terrorisme. Trump a même suggéré qu’il pourrait annuler l’accord [sur le nucléaire]. Dans les faits, toutefois, le président Trump a poursuivi la levée des sanctions et reconnu que l’Iran respectait l’accord. En conséquence, beaucoup ont conclu que Trump allait continuer de remplir les obligations imposées par l’accord, tout en continuant de prononcer des discours virulents pour apaiser les adversaires internes à l’accord nucléaire – ainsi que les alliés de Trump en Arabie saoudite et en Israël”.[4]

L’éditorial du Washington Post du 20 août 2017, tout en exprimant la préoccupation face au projet de Trump de se retirer du JCPOA, observe également sa politique d’ouverture face à l’Iran : “Malgré un discours très virulent, l’administration Trump fait très peu pour contrer l’agression iranienne. En Syrie, sa stratégie consistant à conclure des accords avec la Russie a ouvert la voie aux forces de Téhéran pour établir leur contrôle sur un corridor reliant Damas et Bagdad. En Afghanistan, l’Iran édifie progressivement une position stratégique, alors même que le président Trump rechigne à adopter un plan pour renforcer le soutien américain au gouvernement afghan. Au Yémen, les Etats-Unis ont permis à leurs alliés du Golfe persique de poursuivre une guerre par procuration, impossible à gagner avec Téhéran, dont la conséquence principale a été la pire crise humanitaire au monde… Pourtant, de manière paradoxale, M. Trump accompagne sa passivité envers l’interventionnisme de l’Iran dans la région d’une détermination apparente à torpiller l’accord nucléaire”.

Quelles ont été les mesures conciliantes de Trump envers l’Iran ?

– En avril et juillet 2017, l’administration Trump a envoyé au Congrès une lettre confirmant que l’Iran respectait le JCPOA. Les rapports de l’AIEA ont reflété, et ils reflèteront aussi à l’avenir, les résultats des inspections menées uniquement sur les sites déclarés par l’Iran, et sur ces sites l’Iran respecte apparemment le JCPOA. Toutefois, l’administration Trump a totalement ignoré le fait que le JCPOA n’autorisait pas l’AIEA à mener des inspections dans d’autres endroits, y compris sur des sites militaires (qui ont été utilisés dans le passé pour mener des activités militaires nucléaires secrètes), et par conséquent la certification de l’AIEA est dépourvue de sens, car elle reflète les seules inspections autorisées par l’Iran.

Il semble que ni le président Trump, ni son équipe de sécurité nationale n’aient lu le JCPOA, et qu’ils ne connaissent pas le contenu de l’accord. De fait, s’ils avaient été informés des restrictions imposées par le JCPOA aux inspections, ils n’auraient pas demandé que l’AIEA mène des inspections dans les installations militaires, comme l’a fait l’ambassadeur américain à l’ONU Nikki Haley, lors de sa visite le 23 août au siège de l’AIEA à Vienne. Le silence de l’administration Trump sur l’impossibilité de mener des contrôles véritables en raison des termes du JCPOA représente, dans les faits, une couverture de l’administration Obama pour un tel accord.. Il convient de souligner que si l’administration Trump avait demandé un changement des conditions d’inspection, un tel changement n’aurait pas modifié l’essence du JCPOA, qui réside dans la levée des sanctions nucléaires contre l’Iran en échange de la suspension temporaire et définie par l’Iran de certaines de ses activités nucléaires.[5]

Par conséquent, il semble que la demande publique de Trump, très appréciée par les médias, pour que son équipe de sécurité nationale lui apporte, avant octobre 2017, des preuves de violations iraniennes, sans qu’aucune modification des conditions d’inspection ne permette d’apporter de telles preuves, ne constitue rien d’autre qu’un alibi pour ne pas exiger de changement des conditions d’inspection.

En octobre, Trump devra donc annoncer que malgré sa volonté d’agir contre le JCPOA, son équipe de sécurité nationale ne lui a pas fourni les preuves qui lui auraient permis de le faire, et qu’en conséquence il est entravé et doit entériner de nouveau le JCPOA. Les agences de renseignement seront critiquées, et on ne dira rien de l’abstention du président Trump d’exiger un changement des ridicules conditions d’inspection – qui n’ont même pas été posées sous son mandat, mais héritées d’Obama.

De plus, même si l’équipe de sécurité nationale de Trump fournissait au président des renseignements sur les violations commises par l’Iran, le JCPOA imposerait une procédure de vérification qui empêche toute action pratique contre l’Iran. Trump pourra bien entendu, sur le fondement de tels renseignements, agir unilatéralement, sans tenir compte du JCPOA, du P5+1 et du Conseil de Sécurité de l’ONU, et faire ce qu’il estime approprié. Mais aussi longtemps qu’il souhaitera agir conformément à l’accord et en coordination avec le P5+1 et avec le Conseil de Sécurité, il sera obligé de traiter les renseignements dont il dispose conformément aux dispositions du JCPOA – ce qui prive ces renseignements de toute utilité.[6]

En réponse à la visite de l’ambassadeur Haley au siège de l’AIEA, plusieurs officiels iraniens ont affirmé que la politique américaine était chaotique, que les Américains ne connaissaient pas l’accord et que l’article 74 de l’Annexe 1 du JCPOA n’autorisait pas l’ambassadeur à présenter cette demande [de visiter des installations militaires] au directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano. Hassan Firouzabadi, conseiller militaire senior du Guide suprême iranien Ali Khamenei et ancien chef d’état-major iranien, a déclaré, le 27 août : “La représentante des Etats-Unis aux Nations unies, Haley, ment lorsqu’elle déclare que le JCPOA autorise les visites de sites militaires en Iran, parce que le JCPOA ne le permet pas… Il vaudrait mieux que l’Amérique cesse ses incitations [contre l’Iran]. Trump cherche, avec ce spectacle, à détourner l’attention du monde des conflits racistes en Amérique”. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi, a déclaré, le 27 août également : “Le cadre de la coopération avec l’AIEA est fixé par avance et ne peut être modifié. Nous ne nous soumettrons pas aux exigences excessives de certains gouvernements, et n’autoriserons pas des étrangers à entrer dans des endroits définis comme interdits par le JCPOA. »[7]

–  En avril 2017, l’administration Trump a également soutenu la déclaration du G7 sur la non-prolifération et le désarmement, selon laquelle les pays du G7 soutiennent le JCPOA comme étant une “contribution importante au régime de non-prolifération [nucléaire]”.[8]

–  Le 18 avril 2017, après son discours anti-Iran très virulent, le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a annoncé qu’il y aurait un examen exhaustif, de la part de toutes les branches de l’administration, de la politique des Etats-Unis envers l’Iran – qui ne fixe aucune date butoir. Cet examen, qui pourrait sembler inutile vu la manière dont Tillerson a décrit l’Iran dans son discours, a de fait paralysé le projet de loi S.722 du Sénat – loi sur l’opposition aux activités déstabilisantes de l’Iran de 2017.[9]

–  L’administration s’est abstenue de désigner le Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI) comme une organisation terroriste, suite aux pressions iraniennes.

– Le Président Trump a fait une déclaration publique lors de la conférence de Riyad de mai 2017, selon laquelle les alliés des Etats-Unis ne devaient pas attendre des Etats-Unis qu’ils agissent à leur place : “L’Amérique est disposée à se tenir à vos côtés – pour nos intérêts communs et la sécurité conjointe. Mais les nations du Moyen-Orient ne peuvent attendre de la puissance américaine qu’elle écrase leurs ennemis à leur place”.[10]

–  Le Président Trump a légitimé l’expansion de l’Iran en Syrie et de fait, jusqu’en Méditerranée, en acceptant l’accord Russie-Turquie et le Plan de zones de désescalade en Syrie. Cela ressort de la déclaration de juin 2017 du porte-parole de la coalition anti-EI, le colonel Ryan Dillon, qui a déclaré que l’objectif des Etats-Unis était de vaincre l’EI partout où il se trouve. Il a ajouté que si d’autres, “y compris le gouvernement syrien et ses alliés iraniens et russes, veulent combattre aussi les extrémistes, alors “nous n’avons absolument aucun problème avec cela ».[11]

–  Selon des officiels iraniens, l’Iran et les Etats-Unis ont échangé des messages au sujet du statut du CGRI dans d’autres contextes (voir les rapports de MEMRI).[12]

Des changements sur la scène politique iranienne  et dans la région ont aussi contribué au grand renversement

La disparition du principal dirigeant du camp pragmatique Hashemi Rafsandjani de la scène politique, avec son décès en janvier 2017, ainsi que les victoires militaires du CGRI et de ses milices chiites locales en Irak, en Syrie et au Yémen au cours des récents mois, ont renforcé l’idéologie et consolidé la voie du camp dirigé par le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, lui donnant le dessus sur le camp pragmatique. Ce serait une erreur d’interpréter la victoire électorale de Hassan Rohani de mai 2017 comme une victoire du camp pragmatique, qui a dans le passé critiqué la politique d’expansion régionale menée par le CGRI. En effet la position du président Rohani et de son camp a évolué : ils ont récemment exprimé leur soutien total à une telle expansion. Ils améliorent leurs relations avec le CGRI et font tout ce qu’ils peuvent pour défendre le CGRI contre l’administration américaine, afin d’empêcher qu’il ne soit désigné comme une organisation terroriste.

Le second mandat présidentiel de Rohani inaugure la nouvelle direction du camp pragmatique dans l’arène politique iranienne, qui accepte à présent sans hésiter la politique expansionniste régionale menée par Khamenei au moyen du CGRI. Aussi, la réélection de Rohani constitue une victoire du camp idéologique dirigé par Khamenei, Rohani leur étant de plus en plus subordonné.

Plusieurs commandants du CGRI, y compris le commandant de la Force Al-Quds Qassem Soleimani, le commandant du CGRI Ali Jafari, le commandant de la Force aérospatiale du CGRI le Brig.-Gen. Amir Ali Hajizadeh, le commandant des Basiji Gholam-Hossein Gheibparvar, et le général Kothari, ont rencontré Rohani le 24 juillet 2017. Il a été rapporté que Rohani avait remercié le CGRI pour ses efforts et affirmé qu’il fallait préserver “l’unité” et renforcer la puissance militaire du CGRI et de l’armée iranienne.[13]

Lors de son entrée en fonctions en août, Rohani a prononcé son “discours nucléaire”, dans lequel il a annoncé que les Etats-Unis devaient savoir que s’ils continuaient d’enfreindre le JCPOA, l’Iran pourrait “en quelques heures” reprendre son programme nucléaire, et à un stade plus avancé que celui où il se trouvait avant le JCPOA.[14]

 

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