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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 04:22

L’ancien ministre jordanien des Affaires étrangères au sommet de la Ligue arabe : Voici la déclaration finale que je rêve de lire

 

Le 29 mars 2017, jour du 28e sommet annuel de la Ligue arabe, qui s’est tenu à Amman, l’ancien ministre des Affaires étrangères jordanien Marwan Al-Muasher a publié un article dans le quotidien jordanien Al-Ghad, intitulé “La déclaration finale du sommet que je rêve de lire”. Dans cet article, il a présenté la déclaration finale qu’il aurait aimé découvrir, au lieu des slogans habituels des précédents sommets concernant l’unité arabe, la solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien et la lutte contre l’Etat islamique. Sa déclaration imaginée reconnaît que les crises actuelles dans le monde arabe résultent des failles inhérentes au système politique, économique et social de ses pays, et avance des propositions pour y remédier, incluant le développement des droits du citoyen et de la liberté d’expression, le développement de ressources économiques autres que le pétrole, et l’investissement dans une meilleure éducation. Extraits :[1]

« Nous, monarques et présidents des pays arabes qui nous sommes réunis aujourd’hui à la Mer morte, ne nous contenterons pas de réitérer les principes de l’Oumma arabe, l’importance d’une action arabe conjointe, d’insister sur l’intégrité du territoire syrien, sur une solution à deux Etats, sur la nécessité d’augmenter l’effort pour vaincre militairement l’EI. Notre sommet aujourd’hui a abordé un sujet différent, qui n’a jamais figuré dans l’ordre du jour d’aucun sommet précédent. Notre sommet se déroule dans le contexte de puissantes vagues populaires dont les conséquences, apparentes pour tous, incluent des guerres intestines, des conflits communautaires, un ralentissement économique et des menaces pour la sécurité de nos citoyens. Nous avons estimé qu’il était approprié d’aborder le sujet de cette frustration populaire et de procéder à une analyse rigoureuse des facteurs qui l’ont engendrée, afin d’approuver une politique adaptée qui empêchera de nouvelles crises et placera nos pays sur la voie de la stabilité et de la prospérité.

Il convient d’admettre l’existence d’une faille dans la gestion politique, économique et sociale de nos pays, faille aggravée par la crise de confiance qui oppose nos citoyens et nos gouvernements. Nous comprenons aussi que si la réponse à ces protestations populaires se traduisait par de nouvelles restrictions politiques et par la persistance de méthodes économiques de rentiers, par le mépris de la loi et du principe de l’égalité pour tous, cela ne ferait qu’amplifier et aggraver la frustration de nos citoyens, hommes et femmes. Nous comprenons qu’il est impossible de revenir à la situation d’avant 2011, car si nous nous abstenons de traiter les facteurs qui ont engendré les révolutions arabes, ces révolutions se reproduiront. Nous comprenons aussi que l’absence de solutions magiques immédiates ne signifie pas que nous ne devons pas prendre de mesures sérieuses pour rétablir la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat et réévaluer sérieusement toutes les politiques passées, qui n’ont pour la plupart conduit à aucun progrès global et permanent.

Le sommet réalise que les défis sécuritaires auxquels la région est confrontée ne pourront être résolus sans un plan progressiste qui ouvrira une autre voie à toutes les idéologies extrémistes tafkiri prédominantes dans la région. Ce plan est fondé sur de nouveaux contrats sociaux entre l’Etat et ses citoyens, et entre concitoyens, qui garantiront la participation de tous au processus décisionnaire ainsi que les droits de tous les secteurs de la société. Ce sommet s’engage à initier un dialogue social dans les pays arabes afin de formuler ces contrats sociaux…

Comprenant… que l’économie fondée sur le pétrole touche à sa fin, le sommet a décidé de prendre de nouvelles mesures économiques, non fondées sur le pétrole, pour augmenter la productivité, d’ouvrir la porte aux échanges commerciaux entre tous les pays arabes, de supprimer les obstacles bureaucratiques et politiques qui y font barrage, et de promouvoir la création d’un libre marché arabe similaire à celui de l’UE.

Le sommet sait que le problème du chômage dans le monde arabe ne peut être résolu sans encourager l’innovation et la créativité. Le développement de sociétés permettant la liberté de pensée, d’expression et d’innovation conduira à des progrès non seulement en termes de qualité de vie, mais aussi de croissance, en luttant contre le chômage, et en améliorant le niveau de vie des citoyens. Le sommet a par conséquent décidé de créer un fonds d’éducation de 50 milliards de dollars pour aider les pays arabes à développer leurs programmes scolaires, encourager la pensée critique et former une jeune génération qui pourra relever les défis du XXIe siècle avec les moyens du XXIe siècle…

Un voyage de 1000 kilomètres commence par un rêve”.

[1] Al-Ghad (Jordanie), 29 mars 2107.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:27

Ahmad Bahr sur Al-Aqsa TV : A l’occasion de la Journée de la Femme, nous saluons les Palestiniennes djihadistes

 

Le responsable du Hamas Ahmad Bahr, vice-président du Comité législatif palestinien, a déclaré que tout en célébrant la Journée internationale de la Femme, les Européens vendaient leurs femmes « comme de la marchandise ». Et d’ajouter : « Nous saluons la femme palestinienne djihadiste, qui tend vers le martyre et vers son époux, et qui deviendra peut-être elle-même martyre », citant en expemple Rim Al-Riyashi, qui avait mené un attentat suicide contre les Israéliens en 2004. Les déclarations de Bahr ont été diffusées sur la chaîne télévisée du Hamas Al-Aqsa le 9 mars 2017. Extraits :

Ahmad Bahr : La femme palestinienne est tenue en haute estime. C’est une épouse, une fille, une sœur et une grand-mère. La femme palestinienne est tenue en haute estime dans l’islam – dans notre religion, nos valeurs morales et notre foi. Chaque année, le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale de la Femme, une fête inventée par l’Europe. Permettez-moi de dire, en un mot, que l’Europe célèbre la femme, mais que ce faisant, elle assassine les femmes. Elle célèbre la femme, mais comme vous le savez, l’homme [européen] vend sa femme devant le monde entier, comme si elle était une marchandise que l’on achète et vend.

En Occident, où ils célèbrent la femme aujourd’hui, ils veulent montrer des femmes nues dans les salles et les magasins, afin d’attirer les clients. Dans l’islam, en revanche, la femme est respectée. Comme le Prophète l’a dit, les femmes sont les sœurs des hommes. Par conséquent, à l’occasion de la Journée de la Femme, nous saluons la femme palestinienne djihadiste, qui tend vers le martyre et vers son époux, et qui deviendra peut-être elle-même martyre pour Allah, comme la sœur djihadiste [terroriste-suicide] Rim Al-Riyashi, qui s’est sacrifiée pour la Palestine. La femme, qui est honorée aujourd’hui, sert, fait des sacrifices et défend son ribat [combat] pour Allah.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:25

Diatribe anti-chiite d’un cheikh égyptien : Les chiites ont décimé des millions de sunnites ; Khomeini a eu des relations sexuelles avec une fillette de 5 ans

 

Le cheikh égyptien Mohammed Al-Zoghbi, traitant les chiites de « rafidites criminels », a déclaré qu’ils avaient décimé quatre millions de sunnites en Irak et plus d’un demi-million d’entre eux en Syrie, comparant ce chiffre à « seulement 50 000 Palestiniens » tués par les « maudits Juifs ». Et de préciser que [l’ayatollah Ruhollah] Khomeini, cet « animal sauvage », avait eu des relations sexuelles avec une fillette de cinq ans. « Ce sont des gens répugnants… qui ne ressemblent en rien aux sunnites », a-t-il résumé. Sa tirade est passée sur Al-Rahma le 13 février 2017. Extraits :

Mohammed Al-Zoghbi : Je n’aurais jamais imaginé qu’une créature censée être humaine puisse prendre la forme de ces rafidites criminels, qu’Allah les maudisse tous. Vous pourriez penser que ce sont des êtres humains, mais c’est faux. Prenez les Juifs, qui torturent les Palestiniens depuis plus de 60 ans. Observons ce qui se passe à l’époque actuelle : combien de moudjahidines monothéistes héroïques ont-ils été tués ? Combien d’enfants, d’hommes et de femmes palestiniens ont-ils été tués par les maudits Juifs ? Avec tout le respect qui leur est dû, ce chiffre ne dépasse pas les 50 000. Si vous voyez ce que les rafidites criminels ont fait en seulement quelques années, puisse Allah les couvrir de honte…

Journaliste : Amen.

Mohammed Al-Zoghbi : Ils ont décimé quatre millions de monothéistes sunnites en Irak en seulement quelques années. Ils en ont tué plus d’un demi-million en Syrie, sans compter les déplacés et les disparus. Dieu seul connaît le nombre exact. […]

Prenez Khomeini, par exemple, puisse Allah effacer son souvenir. Une fois, il séjournait au domicile de Sayyid Sahed en Irak, avec Sayyid Hussein Moussawi. Moussawi a raconté que pendant le dîner, alors que tout le monde se réjouissait en présence de toute la famille, une très belle petite fille, de moins de 5 ans, jouait avec eux. Khomeini a dit à Sayyid Saheb : « Je voudrais me faire plaisir avec elle cette nuit. » Vous comprenez ? avec la fille ! Sayyid Saheb s’est réjoui : « Quel bonheur ! Notre maître Khomeini… » Puisse Allah effacer son souvenir. Il a dit à Khomeini : « Aucun problème, elle est à toi cette nuit. » Nous parlons d’une fillette de moins de cinq ans.

Sayyid Hussein Moussawi raconte: « Je n’ai pas pu fermer l’oeil de la nuit. La fille a crié toute la nuit. » L’homme faisait mal à la fillette. Il avait des relations sexuelles avec elle pendant qu’elle criait. C’était une petite fille ! Cela vous montre que l’homme était un animal sauvage. […]

Au matin, lorsque Khomeini a remarqué la réprobation de Moussawi, il lui a demandé : « Penses-tu que ce genre de rapports sexuels soit interdit ? C’est permis. Même avec un bébé. Mais dans ce cas, vous ne pouvez que vous frotter contre ses cuisses, car elle n’est pas apte au sexe. » Je vous le dis, ce sont de gens répugnants ! Rien à voir avec les sunnites.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:22

Un député koweïtien refuse de s’asseoir à côté d’une députée à cause de son parfum ; la députée dénonce un manque de respect

 

Les députés koweïtiens Safa Al-Hashem et Mohammed Hayef ont croisé le fer lors d’une session parlementaire, suite à un incident antérieur lors d’une réunion du controversé Comité de lutte contre les phénomènes négatifs, dirigé par le député Hayef. La députée Al-Hashem a estimé que le député Hayef lui avait manqué de respect en refusant de s’asseoir à côté d’elle et en faisant une remarque désobligeante. Le député Hayef a rétorqué que la loi islamique l’empêchait de s’asseoir à côté de femmes qui se parfument, citant un verset coranique exhortant les femmes à « rester à la maison ». Pendant l’échange, la députée Al-Hashem a averti le député Hayef que s’il lui manquait à nouveau de respect, elle « le tuerait d’une migraine chronique ». La vidéo a été diffusée sur Al-Majlis TV le 28 mars 2017. Extraits :

Safa Al-Hashem : Un malheureux incident s’est produit lors d’une réunion du Comité de lutte contre les phénomènes négatifs, hier à midi. […] Le président du comité, Mohammed Hayef, est arrivé tard, à 12h35. Je lui ai résumé ce qui avait été dit, précisant que la réunion était déjà en cours, mais il a saisi sa plaque nominative avec colère, s’est assis loin de moi, et a dit : « Vous ne pouvez faire comme bon vous semble. » M. le Président, je n’ai aucun problème à ce qu’il ne veuille pas s’asseoir à côté de moi. Il peut changer de place discrètement, mais il ne peut pas me manquer de respect. […]

C’est le message que je vous adresse, à vous et à quiconque considère que parce que je suis une femme, il peut me manquer de respect en public : gardez-vous de penser que votre comportement rabaissera les femmes koweïtiennes – ces femmes qui vous ont fait membre du parlement. La moitié des votes en votre faveur étaient des votes de femmes. Les femmes constituent plus de la moitié de notre société et des votes. Quiconque croit pouvoir me traiter, moi, représentante des femmes koweitiennes, sans respect, doit y réfléchir un millier de fois. Si jamais vous recommencez, je pourrai vous donner une migraine chronique. Je vous tuerai avec cette migraine chronique. […]

Mohammed Hayef : Les lois et les principes de la charia sont immuables. Nous ne pouvons les modifier simplement parce que nous vivons une nouvelle époque ou une nouvelle idéologie. Allah dit [aux femmes] dans le Coran : Et restez dans vos foyers, et ne vous exhibez pas à la manière des femmes au temps de l’Ignorance [époque pré-islamique]. Il n’y a rien de mal dans la façon de procéder du comité. Le problème, c’est qu’une femme essaie de me forcer à m’asseoir à côté d’elle. […]

Nous assistons au même cinéma au Comité des phénomènes négatifs depuis que cette députée, qui s’était opposée à la création du comité, l’a rejoint. Allons-nous rencontrer un problème à chaque fois ? J’ai changé de place. Qu’y a-t-il de mal à cela ? Elle s’est énervée, a crié, a levé la voix… C’est mal, c’est inacceptable. Nous [islamistes] sommes les premiers à revendiquer les droits de la femme.

Safa Al-Hashem : Je n’ai aucun problème avec le fait qu’il change de place. Mon seul problème, c’est qu’il prenne sa plaque pour se déplacer. Il ne doit pas me manquer de respect devant les hôtes [du comité]. Tout le monde me connaît. J’ai des relations amicales avec tout le monde. Je n’ai de problème avec personne, mais si quelqu’un me marche sur les pieds, je lui donne la migraine. Deuxièmement, le Comité des phénomènes négatifs néglige les problèmes de la jeunesse koweïtienne. Il ignore le rapport d’Omar Al-Tabtabai sur le harcèlement scolaire, le divorce à un âge précoce (sic), les petits vendeurs de rue. Il ignore tout cela pour parler d’Alexandre McQueen et des adorateurs du diable, puis passe aux salons de massage. N’est-ce pas une perte de temps ? […]

Mohammed Hayef : C’est faux. Le débat portait sur les drogues. Nous n’avons pas parlé de massages ou de quoi que ce soit d’autre. Il est vrai que ces sujets ont été suggérés pour l’ordre du jour du comité, mais le débat s’est cantonné au sujet de la drogue. Ce qu’elle dit n’est pas vrai. Je ne lui ai pas dit un seul mot. C’est simplement que la charia ne m’autorise pas à m’asseoir à côté d’une femme qui se parfume.

Safa Al-Hashem : C’est vous qui avez un problème. Vous ne voulez pas vous asseoir à côté de moi ? Très bien. Nous avons des gardiens ici qui peuvent vous protéger sur le chemin de la sortie.

 

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:20

L’ancien maire de Londres Ken Livingstone : L’Occident sera exposé aux attentats tant qu’il s’ingérera dans les affaires du Moyen-Orient

 

L’ancien maire de Londres Ken Livingstone a déclaré lors d’une interview accordée à la chaîne télévisée britannique Al-Araby : « Tant que l’Occident continuera de s’ingérer dans les affaires du Moyen-Orient, nous demeurerons exposés à des attaques comme la dernière en date. »

Il a précisé que ses désaccords avec la communauté juive ne prouvaient pas qu’il soit antisémite. L’interview a été diffusée le 27 mars 2017. Extraits :

Ken Livingstone : Je crois que l’erreur commise par Blair  et par Cameron, qui a participé à l’éviction de Kadhafi du pouvoir en Libye – tenait au fait qu’ils croyaient que tout serait simple et rapide. Mais la vérité est qu’une telle ingérence est catastrophique. Tant que l’Occident continuera de s’ingérer dans les affaires du Moyen-Orient, nous continuerons d’être exposés à des attaques comme la dernière en date. […]

J’ai quelques désaccords avec la communauté juive en raison de la manière dont les Israéliens traitent les Palestiniens, mais cela ne prouve pas que je sois antisémite.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 06:36

Cinq anciens présidents et premiers ministres libanais adressent au Sommet de la Ligue arabe une lettre contre l’ingérence du Hezbollah en Syrie et celle de l’Iran dans le monde arabe

 

En prévision du sommet de la Ligue arabe du 29 mars 2017 en Jordanie, cinq anciens présidents et premiers ministres libanais – Amine Gemayel, Michel Suleiman, Najib Mikati, Fuad Al-Siniora et Tammam Salam – ont envoyé une lettre au roi Abdallah de Jordanie, qui présidait le sommet, et aux autres dirigeants arabes qui y ont pris part.

Dans cette lettre, publiée le 28 mars 2017 dans le quotidien libanais Al-Nahar, les cinq dirigeants ont présenté les principes qui devraient, selon eux, guider la politique intérieure et extérieure du Liban, à savoir : éviter toute affiliation aux axes régionaux et internationaux et toute implication dans la crise syrienne ; condamner toute ingérence extérieure dans les affaires arabes ; respecter les résolutions de la Ligue arabe et de l’ONU, en particulier la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité des Nations unies ; soutenir la compétence exclusive de l’Etat libanais et de ses organes de sécurité à détenir des armes, à s’opposer aux armes illégales et à défendre la souveraineté de l’Etat libanais sur tous les territoires libanais.

Ces principes expriment implicitement l’opposition des cinq personnalités à la possession d’armes par le Hezbollah, à son contrôle de plusieurs régions du Liban et son ingérence en Syrie, ainsi que leur rejet de l’ingérence iranienne dans les affaires arabes. Rédigée et envoyée sans consultation préalable du président libanais Michel Aoun, qui représentait le Liban au sommet, aux côtés du premier ministre Saad Hariri, la lettre témoigne du conflit qui sévit au Liban entre partisans et opposants du Hezbollah, concernant les armes de l’organisation et son intervention armée en Syrie, et concernant l’intervention de l’Iran dans le monde arabe. Elle semble aussi exprimer l’opposition des signataires aux récentes déclarations d’Aoun soutenant l’armement du Hezbollah, déclarations qui avaient suscité des critiques de la Coordinatrice spéciale pour le Liban aux Nations unies, Sigrid Kaag.[1]

Cette lettre a été rédigée alors que le discours d’Aoun au sommet était attendu avec appréhension, chacun se demandant quelle serait la position du Liban quant à l’ingérence de l’Iran dans les affaires arabes. Le Liban s’était en effet abstenu de condamner l’Iran lors des précédents sommets arabes et islamiques, ce qui avait déclenché l’ire de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe et conduit à une rupture entre [le Liban et les autres] pays, et à l’adoption de sanctions économiques contre le Liban.[2]

La lettre des Cinq a suscité de vives condamnations de la part des partisans du Hezbollah au Liban.

 

Les signataires de la lettre (de droite à gauche) : les anciens présidents Michel Suleiman et Amine Gemayel ; les anciens premiers ministres Najib Mikati, Tammam Salam et Fuad Al-Siniora (image : Al-Nahar, Liban)

Traduction de la lettre :[3]

“A Sa Majesté le Roi Abdallah bin Al-Hussein, monarque du Royaume hachémite de Jordanie et président du sommet arabe.

Au vu des dangers qui menacent notre patrie, le Liban, et notre Oumma arabe, nous, anciens présidents et premiers ministres du Liban, estimons approprié de vous présenter un appel aux dirigeants arabes qui doivent assister au sommet en Jordanie, dans quelques jours, pour clarifier notre position sur la situation au Liban et dans la région, sur les dangers auxquels le Liban se trouve confronté, et sur la nécessité d’y faire face. En conséquence, nous soulignons [que le Liban doit respecter les principes suivants] :

  1. Respect entier de l’Accord de Taëf et application totale de toutes ses clauses, ainsi que de la constitution [libanaise] et de la coexistence entre tous les Libanais – car ce sont les principes qui protègent le Liban et les relations entre Libanais.
  1. Respect par le Liban de son affiliation arabe, du consensus arabe et des résolutions de la Ligue arabe et des [organes] internationaux légitimes concernant le Liban et les Arabes – et avant tout de la Résolution 1701 [de l’ONU] qui garantit la sécurité du Liban vis-à-vis d’Israël et défend son droit de récupérer son territoire demeurant sous occupation israélienne.
  1. Respect de la Déclaration de 2011 [sic] de Baabda,[4] qui avait proclamé la neutralité du Liban à l’égard de la politique des axes [régionaux] et des crises régionales et internationales, afin de lui épargner les conséquences négatives des tensions et crises régionales et de protéger ses intérêts supérieurs, son unité nationale et la sécurité de ses citoyens. Ceci, à l’exception de l’engagement [du Liban] à respecter les résolutions internationales et le consensus arabe, ainsi que la juste cause palestinienne, y compris le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leur pays et dans leurs foyers au lieu d’être naturalisés [au Liban] ; ainsi que l’engagement à s’abstenir de toute ingérence dans la crise syrienne et à condamner l’intervention étrangère dans les affaires du Liban et des [autres] pays arabes.
  1. Les Arabes doivent montrer leur solidarité à l’égard du Liban [concernant les questions suivantes] : la libération de ses terres [les fermes de Sheba, détenues par Israël] ; le rejet des armes illégales [à savoir les armes du Hezbollah] ; et la nécessité pour l’Etat libanais et ses organes militaires et sécuritaires d’exercer un contrôle exclusif sur tout le territoire libanais, comme le veulent [les principes] de souveraineté, de respect de la loi et de légitimité. [Les Etats arabes] doivent aussi soutenir le Liban pour qu’il puisse répondre aux défis posés par la crise des réfugiés syriens vivant au Liban et leur apporter son aide politique et matérielle, en attendant le retour des réfugiés dans leurs foyers.
  1. Nous, soussignés, croyons que la sécurité et l’unité du Liban reposent sur plusieurs fondements, et tout d’abord le soutien à un Etat libanais qui exerce un contrôle entier et exclusif sur tout le territoire libanais ; le rejet des armes illégales ; l’opposition à toutes les formes de terrorisme et le respect de la légitimité arabe et internationale [à savoir les résolutions] et les principes de coexistence. Nous espérons vivement que, dans les circonstances présentes, le sommet de la Ligue arabe à Amman abordera les problèmes urgents de l’Oumma et en particulier des pays du Mashrek [pays arabes du bassin méditerranéen oriental]. Nous attendons aussi que cette convention des dirigeants arabes ouvrira un nouvel horizon élargi à la solidarité envers le Liban, au vu des menaces qu’il affronte à l’intérieur comme à l’extérieur”.

[1] Sur les déclarations d’Aoun et les critiques de Kaag, voir MEMRI, Special Dispatch No. 6783 Le quotidien libanais Al-Akhbar attaque la coordinatrice spéciale de l’ONU au Liban pour son opposition aux armes du Hezbollah, février 14, 2017.

[2] Sur la crise entre le Liban et les pays du Golfe, voir MEMRI Inquiry & Analysis No. 1232, Lebanon’s Failure To Support Saudi Arabia In Struggle With Iran Sparks Crisis Between Lebanon And Saudi-Led Gulf, 7 mars 2016. Traduction française :L’abstention du Liban dans le conflit avec l’Iran déclenche une crise entre le Liban et les pays du Golfe menés par l’Arabie saoudite.

[3] Al-Nahar (Liban), 28 mars 2017.

[4] Une déclaration publiée en 2012 par les principales forces politiques au Liban, y compris le Hezbollah, dans laquelle elles convenaient, notamment, que le Liban éviterait toute affiliation à un axe régional et toute implication dans un conflit régional. Cette déclaration a été initiée par l’ancien président Michel Suleiman, au vu de la crise syrienne et du conflit au Liban concernant la position qu’il devait adopter sur cette crise.

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 06:34

Le progressiste koweïtien Nasser Dashti défend la liberté de croyance et de non-croyance

 

Dans un débat télévisé sur l’islam et la laïcité diffusé sur Alshahed TV (Koweït) le 11 mars 2017, le militant Nasser Dashti a critiqué le mouvement islamique qui, selon lui, « a toujours voulu tuer les apostats… et interdire les boîtes de nuit, les fêtes, les chants, afin d’éviter d’exciter les gens ». Il a appelé à cantonner l’islam aux affaires individuelles. Plaidant pour la liberté de croyance, Dashti a comparé l’Allemagne qui, dit-il, est passée rapidement du nazisme à un État démocratique et laïc au mouvement islamique qui, lui, « a été incapable de proposer une entreprise religieuse et ressasse les mêmes problèmes » depuis 13 siècles. Extraits :

Journaliste Saïd Tawfiqi : En Europe, le clergé – le Pape ou le prêtre – accordait des indulgences qui signifiaient : « Vous allez au Paradis ».

Mohammed Al-Mulla : C’est le mouvement religieux.

Saïd Tawfiqi : C’est mal.

Mohammed Al-Mulla : C’est la tâche du mouvement religieux politique. Nous avons eu la même chose.

Journaliste : Si nous avons eu des savants religieux essayant de distribuer des tickets pour le Paradis, j’appellerais cela une erreur…

L’activiste Nasser Dashti : Ils distribuent des vierges aux yeux noirs. […] N’utilisent-ils pas [les vierges aux yeux noirs] comme motivation ? Quelqu’un qui part se faire sauter, qui part tuer, qui accuse les autres d’hérésie, commet des actes terroristes et discriminatoires, ne s’appuie-t-il pas sur les enseignements religieux ? […] Protestants et catholiques se sont livré une guerre communautaire pendant trente ans. Treize siècles se sont écoulés depuis la Bataille du chameau, la Bataille de Siffin et des Califats, et aujourd’hui encore, on se querelle à ce sujet.

Je dis aujourd’hui que la religion de l’islam doit se cantonner aux affaires individuelles. Les gens sont libres d’adopter la religion de leur choix. Nous devons nous suffire des aspects culturels de la religion, comme les sermons du vendredi et les mosquées. Ces aspects vous sont garantis. Ils existent. Ils doivent servir de tribune sociale, de moyen d’exprimer des opinions et de prêcher sa foi, et je ne parle pas que de l’islam…

Mohammed Al-Mulla : Vous voulez que les gens oublient tout une fois qu’ils sortent de la mosquée.

Nasser Dashti : Je parle de l’islam, du christianisme et des autres religions – des Bouddhistes, des Bohras, des Bahaïs – et même des non-religieux. Chacun bénéficie de la liberté de croyance. Pour cela, je m’appuie sur la constitution. […]

Jusqu’à aujourd’hui, le mouvement religieux croit que c’est le rôle de l’Etat d’envoyer les gens au Paradis et de les empêcher d’aller en Enfer. Ce n’est pas le rôle de l’Etat.

Mohammed Al-Mulla : C’est vrai. Je suis d’accord avec vous.

Nasser Dashti : Le mouvement islamique dans le monde arabe, en général, et au Koweït en particulier, a toujours voulu tuer les apostats, pour qu’ils n’influencent personne, et interdire les boîtes de nuit, les fêtes, les chants, pour éviter d’exciter les gens. L’arbre de Noël les choque au plus haut point. Si quelqu’un mange en public pendant le Ramadan, cela blesse leurs sentiments.

Mohammed Al-Mulla : Mais ce n’est pas permis ?

Nasser Dashti : Je ne parle pas de ce qui est permis ou non. Je parle de Droits de l’Homme. Quelle sorte de religion, quelle sorte d’idéologie est choquée par ces choses-là ? […]

Même la femme… Au lieu de la protéger… ils ont un problème avec toutes les femmes. Au lieu de la protéger, ils veulent la recouvrir d’un hijab, afin qu’elle n’éveille pas leurs désirs. A toute créature qui croit que le corps de la femme est un objet de honte, je dis : Souviens-toi d’où est sortie ta tête. […]

Ils ont constamment recours à cet exemple naïf : Hitler, la Guerre mondiale, regardez ce qu’il a fait en Allemagne… Tout d’abord, Hitler n’était pas laïc. C’était un catholique, qui croyait en Dieu. Son idéologie reposait sur le fonctionnement du monde et non sur la philosophie laïque. Deuxièmement, même en acceptant cet argument, nous voyons qu’en 30 ans, les Allemands ont réussi à remplacer le régime nazi par l’Allemagne de Merkel, qui accueille les réfugiés. Aujourd’hui, l’Allemagne est un Etat démocratique et laïc. En seulement 30 ans ! Et ici, nous avons un mouvement [islamique] qui en 13 siècles n’a pas été capable de proposer une entreprise religieuse, et qui rassasse les mêmes problèmes.

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 06:32

Mohamed ElBaradei : En ne permettant pas une révolution pacifique, on ouvre la voie à une révolution violente

 

Mohamed ElBaradei, ancien directeur de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] et ancien vice-président égyptien, a évoqué les problèmes auxquels sont confrontées les sociétés arabes, dont le taux élevé d’analphabétisme. Il a affirmé que « l’éducation est une composante fondamentale du savoir si l’on veut créer une société fondée sur le savoir plutôt que sur la sorcellerie ». ElBaradei, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2005, a estimé que l’adversité opposant populations islamiques et laïcs dans les sociétés musulmanes rappelait les guerres entre protestants et catholiques de l’Europe du XVIIe siècle. « Pendant 300 ans, ils se sont entretués, et après avoir assassiné 50, 60 ou 70 millions de personnes, ils ont compris que s’entretuer n’était pas la solution », a-t-il affirmé. ElBaradei donnait cet interview le 4 février 2017 sur Al-Araby TV. Extraits :

Mohamed ElBaradei : Nous sommes un peuple qui base son existence sur la peur, non sur les rêves. Nous avons commencé la révolution avec un rêve, mais aujourd’hui, nous sommes un peuple qui vit sur la peur – la peur du terrorisme, la peur de ne pas gagner sa vie, la peur de manquer de médicaments… Nous vivons dans la peur. Nous avons également peur les uns des autres. Cette situation nécessite que nous marquions tous un temps pour examiner notre état actuel. Nous ne nous trouvons pas où nous voudrions être. Nous n’avons pas atteint les objectifs de la révolution. […]

Depuis le jour où je suis rentré en Egypte, je ne cesse de dire que la liberté est liée à la subsistance. Tant que je ne serai pas un homme libre, je ne pourrai créer, innover, être productif, ou comprendre ce qui se passe autour de moi, et je ne pourrai progresser. […]

Selon un rapport de l’ONU de 2002 sur le développement humain dans le monde arabe, nous avons trois problèmes. Ils concernent tous les pays arabes, y compris l’Egypte, à des degrés divers. Ce sont : [le manque] de liberté, de savoir et d’égalité, et particulièrement d’émancipation pour les femmes. Nous souffrons toujours de ces trois problèmes. Sans liberté, il n’y a pas de connaissance, et sans connaissance, il n’y a pas de liberté, et sans liberté ou connaissance, il n’y a pas d’égalité. Nous devons affronter nos problèmes avec courage, et comprendre qu’il n’y a pas de gagnants ou de perdants ici. Soit nous gagnons tous, soit nous perdons tous. […]

En ne permettant pas une révolution pacifique, on ouvre la voie à une révolution violente. Nous devons comprendre cela dans le monde arabe. Pas seulement le comprendre… Nous voyons ce qui se passe dans la moitié du monde arabe. Ceci est un message à l’attention de tous les dirigeants du monde arabe. Une révolution pacifique a lieu lorsqu’il n’y a pas de réforme. Si vous ne permettez pas de révolution pacifique, elle sera suivie par une révolution violente. Observez tous les pays arabes. C’est le message. […]

Je vous parlais des trois problèmes auxquels fait face le monde arabe, y compris l’Egypte. Le premier problème est [le manque] de savoir. A ma connaissance, de 25 à 30 % [de notre population] est toujours analphabète. Ceci n’est pas lié au revenu. Permettez-moi d’attirer votre attention là-dessus. J’étais à Cuba, et là-bas, ils ont un taux d’alphabétisation de 99,7 %.

Journaliste : Un taux similaire à celui des référendums arabes… (rires)

Mohamed ElBaradei : Exactement. 99 %. Mais il s’agit ici d’un sondage sur l’alphabétisation. Les capacités de Cuba étaient de loin inférieures aux nôtres. Il y a dix ans, j’ai visité une école primaire à Cuba. Chaque enfant était assis devant un ordinateur. Les gens vivaient avec un dollar ou deux par jour, mais on comprenait la signification de l’éducation.

Journaliste : Ainsi, vous dites que la clé est l’éducation ?

Mohamed ElBaradei : L’éducation est une composante fondamentale du savoir, pour créer une société fondée surle savoir, non sur la sorcellerie. Il y a une différence entre une société fondée sur la connaissance, et une société fondée sur la métaphysique et la sorcellerie. Sans éducation et savoir, nous ne pouvons progresser même d’un seul pas, et cela se vérifie dans le monde arabe. […]

Il n’y a pas une seule université arabe sur la liste des 100 ou 200 universités [en tête de classement]. Il y a une université saoudienne… Il n’y a pas un seul centre de recherche arabe qui étudie les problèmes et défis auxquels nous faisons face. Pas un ! Voyez notre discours aujourd’hui, en particulier dans le monde arabe : ces types sont islamiques, ceux-là sont laïcs, ceux-là sont libéraux… Personne ne comprend vraiment ce que signifient ces termes. Que signifie être islamique ? Aujourd’hui, la Turquie est un pays islamique. Son peuple est musulman, mais elle a une constitution laïque, qui n’a rien à voir avec la religion.

Puis vous avez l’Arabie saoudite, qui dit : Le Coran est la constitution. Ils n’ont pas de constitution écrite. Vous avez l’Iran, où ils ont le Pouvoir de la Jurisprudence. En Indonésie, ils ont un régime totalement différent. En 14 siècles, nous n’avons jamais rationnellement défini ou correctement compris la relation entre la religion et l’Etat, la religion et les valeurs morales, ou avec les affaires publiques et les affaires privées. Les gens se définissent comme islamiques ou laïcs et veulent s’entretuer. C’est la solution facile, même avant de comprendre ce que nous voulons.

Malheureusement, le résultat est [que notre situation] est une réplique exacte de l’Europe au 17e siècle. La guerre de Trente ans était une guerre de religion entre catholiques et protestants. Trente ans… Cette guerre a pris fin, et elle a été suivie par les guerres napoléoniennes, puis par la Première Guerre mondiale, et la Seconde Guerre mondiale… Pendant 300 ans, ils se sont entretués, et après avoir assassiné 50, 60 ou 70 millions de personnes, ils ont compris que s’entretuer n’était pas la solution. Dans la période connue comme l’Age d’or de l’islam, qui s’étend du 8e au 13e siècle environ, l’islam et la science marchaient main dans la main. Ils se complétaient. Pendant l’Age d’or de l’islam, la science était une composante centrale de la civilisation. […]

Vu l’état de l’islam aujourd’hui, tout dénommé « Mohammed », où qu’il vive, est immédiatement assimilé à un musulman qui prêche la violence. C’est l’amère réalité dans laquelle nous vivons. Tout ce que nous faisons est dire : non, ce n’est pas vrai ! L’islam est une religion de compassion. Très bien, mais que faisons-nous pour montrer au monde que c’est une religion de compassion ? Que faisons-nous pour montrer la différence entre nous et les extrémistes ?

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:51

Sermon du vendredi d’un cheikh jordanien à Montréal : Le jour du jugement, les arbres et les pierres appelleront les musulmans à tuer des juifs

 

Dans un sermon du vendredi donné à la mosquée Dar Al-Arkam de Montréal, au Canada, le cheikh jordanien Muhammad Bin Musa Aal Nasr a cité un hadith antisémite selon lequel, au Jour du Jugement, les arbres et les pierres appelleront les musulmans à tuer des juifs. Le sermon a été prononcé le 23 décembre 2016 et mis en ligne sur la page YouTube de la mosquée. Extraits :

Muhammad Bin Musa Aal Nasr : Quelle est la maladie des juifs ? Est-elle qu’ils n’ont cru que dans une partie du Livre, en rejetant l’autre ? Comme Allah l’a dit, les dénigrant : « Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous en une autre partie ? Et quelle sera la rétribution de ceux parmi vous qui agissent ainsi, si ce n’est le déhonneur en ce monde ? » Allah a ordonné leur deshonneur en ce monde : « Au Jour de la Résurrection, ils seront envoyés au plus dur des tourments. Allah n’ignore pas vos agissements. » Et ce qui est dit des juifs est aussi dit de tous ceux qui imitent les juifs. […]

Si vous vénérez Allah, vous pouvez être certain qu’Allah tiendra Sa promesse et vous soutiendra. Au Jour du Jugement, lorsque les musulmans vaincront les plus malveillantes des créatures, les démons humains, les pierres et les arbres diront : « ô musulman, Serviteur d’Allah ! Il y a un juif derrière moi, viens le tuer ! » – hormis l’arbre Gharqad, car c’est l’arbre des juifs.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 06:52

Une autorité religieuse sunnite irakienne réfute les accusations de collaboration sunnite avec l’EI et déclare : Nous combattrons sur le Golan pour « libérer la Palestine des griffes des Juifs »

 

Dans une interview télévisée du 10 mars 2017, le cheikh Amer Al-Bayati, porte-parole de la “Maison des Fatwas” (Dar Al-Ifta) en Irak, a déclaré que « lorsque le show judéo-américain [l’Etat islamique] sera terminé… le sang de nos pères et ancêtres se mêlera au sang de nos fils sur la terre du Plateau du Golan bien-aimé ». Selon lui, les sunnites et les chiites devraient s’unir « pour libérer la Palestine et Jérusalem des griffes des Juifs ». La journaliste de Nujaba TV a répondu en accusant les sunnites de ne faire que parler sans agir et en affirmant que c’est l’Iran qui soutient la cause palestinienne. Extraits :

Journaliste : Soyez honnête. Qui a cédé les zones sunnites à l’Etat islamique ?

Amer Al-Bayati : Même si vous l’avez dit plusieurs fois, les [habitants] locaux n’ont pas cédé leur terre à l’EI.

Journaliste : Ah bon ?! Etaient-ce [les chiites] du sud de l’Irak qui ont cédé cette terre ?!

Amer Al-Bayati : Ces terres étaient détenues par les forces du gouvernement.

Journaliste : Alors, c’est le gouvernement qui a remis cette terre à l’EI ?!

Amer Al-Bayati : Que pouvaient faire les sunnites alors qu’ils n’étaient pas autorisés à posséder des armes ? A cette époque-là, les gens n’avaient pas d’armes chez eux. Ce sont les forces militaires et de sécurité à Al-Anbar, Salah Al-Din et à Ninive qui sont responsables de la chute de ces trois gouvernorats irakiens. […]

Journaliste : Je préférerais mourir plutôt que de céder ma terre ou mon honneur à quiconque. Je préférerais être tuée au nom de ma terre et de mon honneur.

Amer Al-Bayati : Madame, que peuvent faire des gens désarmés ?

Journaliste : Dans la littérature sunnite et chiite, quiconque meurt pour défendre sa terre et son honneur est un martyr.

Amer Al-Bayati : Les gens à Al-Anbar et à Mossoul étaient sans défense.

Journaliste : Alors ils auraient dû mourir plutôt que de plier et de se retourner contre leur pays. Cheikh, ils auraient dû mourir plutôt que de plier ou d’accepter de se retourner contre leur pays. Suis-je autorisée à soutenir l’EI sous prétexte que je suis désarmée ? Je préférerais me faire tuer. Quiconque se fait tuer pour défendre sa patrie ou son honneur n’est-il pas un martyr ?

Amer Al-Bayati : Cela n’a aucun sens. Je suis désarmé, et pourtant vous voulez que je combatte une grande force ?

Journaliste : Je suis désarmée, alors je dois soutenir l’EI ? Je suis désarmée, alors je dois soutenir l’EI ? Ou dois-je me faire tuer et aller au Paradis en martyre ?

Amer Al-Bayati : Vous avez accusé les locaux d’être des membres de l’EI. C’est faux. […]

Journaliste : Avez-vous, à Dar Al-Ifta, des factions de résistance, qui pourraient combattre l’ennemi sioniste ? Avez-vous envisagé de libérer la Palestine ? Le Plateau du Golan ? La Syrie ? Je parle de zones sous influence de l’EI en dehors de l’Irak.

Amer Al-Bayati : Nous avons tenu un symposium public au sein de la « Dar Al-Ifta » d’Irak, et nous avons appelé à la création d’une force sunnite-chiite, afin de libérer la Palestine et Jérusalem des griffes des Juifs, et des Israéliens, qui sont venus des quatre coins de la terre, vers le cœur de la nation arabe et islamique. Nous avons lancé des appels pour cela, mais il n’y a pas eu de réponse. […] Lorsque le show judéo-américain [l’EI] en terre d’Irak sera terminé, nous serons prêts, avec l’aide d’Allah. Lorsque nous en aurons l’occasion, vous nous verrez, avec l’aide d’Allah. Le sang de nos pères et de nos ancêtres se mêlera au sang de nos fils, sur la terre de notre bien-aimé Plateau du Golan.

Journaliste : Envoyez-vous un quelconque type de soutien – logistique, matériel, moral ou quel qu’il soit – à la résistance palestinienne, qui combat Israël depuis de nombreuses années ?

Amer Al-Bayati : Avec la grâce d’Allah, j’ai assisté à plusieurs conférences internationales et irakiennes, en soutien à la cause palestinienne et à la résistance palestinienne. Nous l’avons soutenue de toutes nos forces.

Journaliste : Vous l’avez soutenue avec des mots, mais quand le monde islamique sunnite entrera-t-il en action, pour libérer la Palestine, à la place de tous ces différends internes ?

Amer Al-Bayati : Lorsque les musulmans s’uniront, avec la grâce d’Allah, pour libérer Jérusalem, vous verrez les sunnites en première ligne…

Journaliste : Je pense que l’Iran est en première ligne, car il soutient la cause palestinienne par tous les moyens en son pouvoir.

 

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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