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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:59

Le conseiller de Khamenei Ali Akbar Velayati : L’Iran donnera une leçon à Trump ; notre réaction à toute attaque américaine peindra les jours de l’administration américaine en noir

 

Dans une interview télévisée du 12 février 2017, l’ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême Ali Khamenei pour les affaires internationales, a déclaré qu’il ne s’inquiétait pas le moins du monde des menaces américaines : « Si l’Amérique imagine que les menaces et les sanctions inciteront l’Iran à mettre fin à son programme de missiles, elle fait fausse route ; c’est un simple fantasme », a-t-il affirmé. « L’Amérique n’est pas assez forte pour nous mettre à genoux », a-t-il ajouté. « Si une attaque a lieu, la réaction de l’Iran et de ses alliés dans la région sera sévère et peindra les jours de l’administration américaine en noir. »

Dans l’interview diffusée sur Al-Jazeera, il a qualifié la politique de Trump d’ « immature » et affirmé qu’il faisait onfiance aux relations de l’Iran avec la Russie et ne croyait pas que le président américain connaisse une longue lune de miel avec la Russie car « M. Trump est volage et change de politique tous les deux jours ». Extraits :

Ali Akbar Velayati : Nous sommes habitués à ce genre de rhétorique américaine. M. Trump a confondu le monde de la politique avec Hollywood. Sa politique n’est pas le scénario d’un film de fiction hollywoodien. Gérer un pays comme l’Amérique n’est pas chose facile. Tous les prédécesseurs de Trump ont dû gérer des problèmes semblables. L’essentiel est qu’il a échoué, en particulier avec nous en Iran. M. Trump ne possède pas de qualifications spéciales lui permettant de prétendre vouloir contrôler le monde. Ses politiques sont immatures et l’ont mené à s’opposer au monde entier – de l’Europe à l’Asie, et aux pays islamiques. […]

Nous pensons que Trump souffrira d’une sévère migraine tout au long de son mandat, et qu’il se trouvera dans une impasse en un temps record, plus vite que tous les présidents qui l’ont précédé. L’Iran s’opposera à cet homme et lui donnera une leçon, comme il l’a fait avec tous les présidents américains avant lui. L’Iran ne sera pas le seul. Le monde islamique s’y mettra aussi. […]

Trump devrait consulter les officiels qui l’ont précédé, et apprendre d’eux à émettre des déclarations plus calculées, afin de ne pas avoir à en changer tous les deux jours. […]

Les menaces ne nous dérangent pas. L’Iran n’est pas un État voyou. Il a une histoire vieille de milliers d’années et a réussi à surmonter tous les défis hostiles grâce à sa résistance et sa ténacité. Même quand l’Amérique était puissante, elle n’a pas su résister à la révolution islamique, et aujourd’hui elle est plus faible, comme Trump lui-même le souligne. […]

Les Américains ont échoué en Irak et en Syrie, ainsi qu’en Afghanistan. Aujourd’hui, l’Iran est considéré comme l’épine dorsale du renouveau islamique dans la région. […]

Si l’Amérique commettait une erreur imprévue – ce qui est d’autant plus possible qu’elle a un président qui ne prend rien en considération – elle subirait un échec retentissant. […]

Personne en Iran ne se préoccupe des menaces militaires américaines. Ce n’est pas la première fois que l’Iran est menacé sur le plan militaire. En son temps, M. Obama répétait que l’option militaire était « sur la table ». Mais nous avons continué de soutenir les gouvernements légitimes en Irak et en Syrie, et en particulier la résistance au Liban, au mépris des menaces et des slogans vides américains, et de ceux de ses alliés et collaborateurs dans la région. Au bout du compte, qui a gagné ? Nous et nos alliés sommes sortis victorieux. C’est pourquoi l’Amérique a amplifié ses menaces militaires, a essayé de diviser l’Irak et de renverser le régime syrien. Mais elle a échoué. L’Amérique a testé son pouvoir à plusieurs reprises par le passé, et au bout du compte, elle a échoué. Je ne crois pas que la répétition de ces slogans aujourd’hui mènera à quoi que ce soit, si ce n’est à briser l’hégémonie de l’Amérique et le respect qu’elle suscite chez ses alliés. Les déclarations du président américain se révèleront de simples paroles auxquelles nul ne se fie. […]

Si l’Amérique imagine que les menaces et les sanctions inciteront l’Iran à mettre fin à son programme de missiles, elle fait fausse route ; c’est juste un fantasme. Nous arriverons assurément à terme de notre programme défensif, et en particulier de notre programme de missiles, quel que soit le prix qu’il faille payer pour cela. […]

Nous poursuivons notre politique. M. Trump devrait rassembler ses forces et se retirer de la région. Aujourd’hui, l’Amérique n’est pas aimée des peuples de la région. L’Amérique est abhorrée et n’a pas de statut ici. Pour notre part, nous coordonnons notre politique, sur la base de la coopération.

Journaliste : Et si les États-Unis assénaient un coup militaire à l’Iran ?

Ali Akbar Velayati : L’Iran n’est pas un pays petit et faible. C’est un grand pays. Ces menaces ne nous effraient pas. Nous sommes finalement arrivés là où nous en sommes aujourd’hui grâce à la résistance et à la ténacité face aux ennemis, notamment face aux menaces des États-Unis et de l’entité sioniste.

Nous ne sommes nullement inquiets des menaces américaines, nous ne craignons pas que les États-Unis mettent leurs menaces à exécution. L’Iran n’a pas gagné son indépendance facilement, et n’y renoncera pas facilement. Nous n’avons pas bâti la République islamique facilement, et nous ne l’abandonnerons pas facilement… Nous en avons payé le prix en centaines de milliers de martyrs, de blessés et d’handicapés. L’Amérique n’est pas assez forte pour nous mettre à genoux. D’autres pays, plus faibles que l’Iran, ont vaincu l’Amérique et l’ont mise à genoux. M. Trump sait-il que les administrations précédentes ont payé un prix très élevé dans la région, sans pour autant atteindre leurs objectifs ? Le vainqueur au bout du compte fut l’Iran. Trump lui-même l’a admis. Ce fut la reconnaissance implicite de la faiblesse de l’Amérique. L’Amérique n’ose pas attaquer l’Iran. Si une attaque se produit, la réaction de l’Iran et de ses alliés dans la région sera sévère et peindra les jours de l’administration américaine en noir. […]

Nous ne croyons pas que M. Trump connaisse une longue lune de miel avec la Russie. Selon moi, il est peu probable que M. Trump conserve un seul ami s’il poursuit sa politique actuelle. […]

Je pense qu’il est peu probable que cette lune de miel se poursuive longtemps, car M. Trump est volage et change de politique tous les deux jours. J’affirme donc que nous avons une grande confiance en nos relations avec la Russie.

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 10:56

Marocains convertis au christianisme : Nous voulons les mêmes droits que les juifs

 

Un récent reportage télévisé évoque les problèmes rencontrés par les convertis au christianisme au Maroc, qui affirment se voir refuser le droit de célébrer Noël et le réveillon du Nouvel An. Akouri Abdallah, qui a déploré la discrimination subie par les chrétiens, les Bahais et d’autres croyants non musulmans, a déclaré : « Mon message est que nous revendiquons les mêmes droits que les juifs », qui « exercent leurs droits depuis des années ». Le reportage a été diffusé sur la chaîne marocaine Chouf le 25 décembre 2016. Extraits :

Zuhayr Ahmani : Nous sommes nés au Maroc et nous aimons le Maroc. Nous sommes patriotes jusqu’à la moelle. Nous sommes exactement comme tous les autres Marocains, et il ne devrait pas y avoir de discrimination. Il existe une contradiction : d’un côté, le Maroc signe tous les traités onusiens qui garantissent nos droits, et de l’autre, la société marocaine rejette le pluralisme. Et ce faisant, l’Etat impose des restrictions indirectes aux non-musulmans. […] Nous avons le droit de célébrer [Noël] dans un lieu public, et l’Etat devrait garantir ce droit et nous fournir la sécurité [nécessaire].

Akouri Abdallah : Malgré ce que racontent les médias, qui évoquent une plus grande liberté d’opinion au Maroc, la réalité est tout autre : une situation manifeste au vu des restrictions subies par les chrétiens, les Bahais et d’autres croyants [non musulmans]. Le Maroc se considère comme un Etat religieux, avec l’islam comme religion d’Etat officielle, et les Marocains à 100 % musulmans. La requête des chrétiens de célébrer le Nouvel An fait partie de leurs droits, car les traités internationaux leur octroient le droit de célébrer leurs jours fériés religieux. Ni l’Etat, ni le peuple, n’ont le droit de nous priver de nos droits, tant que nous sommes des citoyens respectueux de la loi. Mon message est que nous voulons les mêmes droits que les juifs.

Zuhayr Ahmani : Les juifs du Maroc exercent leurs droits depuis des années, et aucun d’entre eux n’a jamais été impliqué dans du terrorisme, n’a porté atteinte à la sécurité d’Etat, ou quoi que ce soit de la sorte. Nous sommes exactement comme les juifs.

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 09:58

Des éditorialistes de l’Autorité palestinienne : Trump a remporté des élections démocratiques – comme Hitler et le Hamas

 

L’investiture du président Donald Trump a été accueillie avec pessimisme par les Palestiniens, qui soutiennent en grande majorité les manifestations contre lui. Des chroniqueurs de la presse palestinienne ont même comparé sa victoire à celle d’Hitler, affirmant que tandis que celui-ci haïssait les Juifs, Trump considère l’islam comme la racine de tous les maux. En tant que président, ont-ils averti, Trump pourrait mettre en péril le statut international des États-Unis, et le contenu de son discours inaugural constitue une offense aux anciens présidents, reflétant sa vanité et son narcissisme.

Concernant la question palestinienne, les responsables de l’Autorité palestinienne (AP) ont officiellement souhaité la bienvenue au nouveau président américain et exprimé leur désir de collaborer avec lui pour parvenir à la paix, la sécurité et la solution à deux États. Ainsi Mahmoud Abbas a déclaré, suite à l’investiture : « Je félicite le président américain Donald Trump et j’aspire à travailler avec lui pour la paix, la sécurité et la stabilité dans un monde troublé et assailli par la tragédie. Ensemble, nous contribuerons à la création d’un avenir sûr pour tous. »

Toutefois, les déclarations des officiels de l’AP et des articles de quotidiens et autres médias palestiniens semblent indiquer que les Palestiniens sont pessimistes et doutent que les États-Unis défendent la solution des deux Etats ou que leur politique leur soit favorable. Les Palestiniens redoutent en outre que les États-Unis permettent à Israël d’étendre ses colonies et en particulier que l’administration n’entreprenne de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem. La crainte d’une telle mesure a mené Mahmoud Abbas à rencontrer le roi de Jordanie Abdallah II le 22 janvier 2017 à Amman, afin de coordonner leurs réactions en cas de transfert d’ambassade, et poussé des responsables et des auteurs palestiniens à brandir la menace d’une conflagration régionale « qui ouvrirait les portes de l’Enfer ».

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 09:56

Un journaliste libanais anti-Hezbollah : Les récents affrontements entre des habitants du Sud-Liban et les forces de la FINUL sont un message de l’Iran aux Etats-Unis

 

Au Sud-Liban, vendredi 3 février 2017, des résidents ont affronté, lors de deux incidents distincts mais simultanés, les patrouilles de la FINUL [Force intérimaire des Nations unies au Liban], l’une constituée de soldats slovènes et l’autre de soldats italiens, stationnés sur place dans le cadre de la Résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. En conséquence, les deux unités se sont retirées de cette zone. Ces deux incidents, qui font suite à une relativement longue période d’accalmie entre les parties, éveillent des spéculations sur les motivations et les objectifs de leurs instigateurs.

Le 5 février 2017, en réaction aux affrontements, Ali Al-Amin, journaliste libanais anti-Hezbollah et rédacteur en chef du site web Janoubia, a attribué ces événements à la récente escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, affirmant que le Hezbollah gouvernait les résidents locaux conformément aux ordres de l’Iran d’envoyer un message aux Etats-Unis et à l’Occident. Il a observé que la FINUL, le Liban et Israël servent actuellement de monnaie d’échange et d’otages dans le combat de l’Iran contre les Etats-Unis. Extraits : [1]

Lire le rapport en anglais

Après des années sans incidents ni affrontements entre les partisans du Hezbollah et les forces internationales, les milieux libanais, notamment ceux du Sud-Liban, ont été surpris lorsque des affrontements se sont produits le même jour et au même moment, il y a deux jours, vendredi [4 février 2017]. Quels étaient les motivations de ces incidents et leur cause ?

Nous entendons parler depuis un certain temps de confrontations entre les forces de la FINUL et les habitants [du Sud-Liban] – les dernières confrontations ont eu lieu après [l’adoption de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU] pendant la guerre de 2006 [contre Israël]. Au cours de cette année-là, et des deux années suivantes, plusieurs incidents se sont produits dans des zones où des forces internationales étaient déployées, au sud du Litani, dans le cadre de disputes notoires concernait l’application de la résolution 1701. L’expression « résidents » était un mot codé désignant des groupes affiliés au Hezbollah, qui empêchaient la FINUL d’effectuer ses missions, en mobilisant des locaux lambda, femmes, enfants et personnes âgées, pour empêcher les soldats de la FINUL de pénétrer dans les zones où le Hezbollah refusait leur présence. Le Hezbollah racontait alors à la population que les forces internationales transmettaient des informations à Israël sur le domicile [des membres] de l’organisation et sur ses centres. C’est pourquoi plusieurs voix avaient exigé le départ des forces onusiennes du Liban.

Nous nous sommes [récemment] souvenus [de cela] après l’incident qui s’est déroulé dans la zone située entre les villes de Majdel Zoun et Al-Mansouri, dans le secteur occidental du gouvernorat de Tyr, vendredi 4 février. Ce jour-là, selon des sources de la FINUL, une patrouille de [l’unité] slovène des forces internationales constituée de trois véhicules a été prise en embuscade par des « résidents », et simultanément, un affrontement similaire a eu lieu entre une patrouille italienne et des habitants de la localité d’Al-Mansouri.

Selon une autre version [des événements], la patrouille [slovène] n’est entrée que dans la zone de Majdel Zoun, sans patrouille de l’armée libanaise, incitant des habitants suspicieux à l’attaquer. Un groupe s’est réuni devant la patrouille onusienne et les [soldats] ont pris peur et se sont enfuis vers Al-Mansouri. A ce moment, les véhicules de la FINUL sont entrés en collision avec trois véhicules civils, qu’ils ont endommagés, aggravant la tension entre eux et les résidents. [Lors du second incident], une patrouille italienne se trouvait à Al-Mansouri, et un affrontement a eu lieu entre ses soldats et les habitants.

Cette situation soulève des questions sur les ramifications de ces événements. L’ONU a publié un communiqué, expliquant qu’il n’y avait aucune justification aux événements, et qu’à sa connaissance, les incidents avec les deux patrouilles de la FINUL avaient été déclenchés par quelqu’un. Même s’il n’y a pas eu de victimes, et que les dommages n’ont été que matériels, l’incident doit être traité dans le contexte de l’augmentation des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran…

Ces événements, que les officiels libanais ont pris soin de qualifier d’incidents, auraient pu passer inaperçus, sans la réaction virulente du [commandement] de la FINUL concernant « deux patrouilles de la FINUL… attaquées par des groupes d’hommes agressifs ».[2] Ils indiqueraient un éventuel regain des tensions entre la FINUL et les « résidents », comme par le passé, principalement en raison de l’escalade des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, qui s’est manifestée dans des provocations diverses, et le Sud-Liban sera indubitablement l’une des zones d’envoi de messages. Car le Hezbollah est un des piliers de la stabilité du Sud-[Liban] – stabilité qui bénéficie aux résidents de la Galilée [en Israël] tout comme à ceux du Sud-[Liban].

Ces deux incidents étaient soit fortuits soit planifiés. Quoi qu’il en soit, chaque [événement] serait un message aux parties concernées, selon lequel un conflit entre les Etats-Unis et l’Iran aura des implications pour le Liban, la force internationale [FINUL] et l’ennemi israélien.

Brandir la carte du sud [à savoir, menacer d’une escalade des tensions au Sud-Liban], ou plus précisément, modifier l’équilibre du pouvoir actuel, dépend de la manière dont évolueront les relations entre l’Iran et les Etats-Unis. Il convient d’observer que toute explosion sur le front sud sera équivalente à une opération martyre, ou suicide, selon l’expression par laquelle le Hezbollah désigne les opérations suicides fondées sur une fatwa de l’autorité du juriste [l’Iran].

L’escalade « trumpiste » des tensions avec l’Iran s’est manifestée au Sud-[Liban]. La FINUL est de nouveau prise « en otage » par le Hezbollah. La période à venir, jusqu’à l’annonce par Beyrouth des élections [au parlement], sera décisive pour déterminer si le Liban [d’oriente vers] l’anarchie ou vers une morne stabilité.

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 09:55

Sermon du vendredi à Khartoum : Trump est le roi des bordels, des casinos et des boîtes de nuit ; jamais pareil individu n’a dirigé la première puissance mondiale

 

 

Lors d’un sermon prononcé le vendredi 13 janvier 2017 à Khartoum, au Soudan, le cheikh Abdel Malik Al-Jabouri, de l’Association irakienne des savants musulmans, a appelé Donald Trump le « roi des boîtes de nuit, des casinos et des bordels » et a demandé si jamais, au cours de l’histoire, pareil indiividu avait « quitté les bordels pour devenir président du pays le plus puissant au monde ».

Evoquant l’engagement de Trump à transférer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem et son « soutien aux Juifs », Al-Jabouri a affirmé qu’ « il ne s’est pas demandé pourquoi les Palestiniens poignardent les Juifs avec des couteaux de cuisine », précisant que « certains de nos courageux jeunes gens… ont poignardé[des Juifs] avec des couteaux. Ils les ont seulement poignardés. Ils n’ont tué personne. » Extraits :

Abd Al-Malik Al-Jabouri : Cet homme [Trump] a construit sa campagne et sa victoire sur sa promesse de transférer l’ambassade américaine [à Jérusalem] et sur son soutien aux Juifs. Il a dit : « Nous n’avons pas entendu dire que les pauvres Juifs envoient leurs enfants poignarder des Palestiniens. » Il ne s’est pas demandé pourquoi les Palestiniens poignardent les Juifs avec des couteaux de cuisine. Il n’a pas posé de questions sur les massacres, les arrestations, les viols, les tueries, l’occupation des terres, la déportation méthodique, la persécution et la démolition de maisons. Ne sont-ce pas d’assez bonnes raisons de se défendre ? […]

Certains de nos courageux jeunes gens, qu’Allah leur apporte la victoire, ont poignardé [des Juifs] avec des couteaux. Ils les ont simplement poignardés. Ils n’ont tué personne. Des couteaux ou des pierres. C’est tout ce qu’ils ont, et ils affrontent des légions armées jusqu’aux dents. Il a dit : « Les Juifs sont mes amis. » Qu’Allah lui accorde une punition appropriée. Il a dit : « Ce sont mes amis. J’ai des liens avec eux. Je les soutiendrai autant que possible. »

Qui est le président américain élu ? Donald Trump, le roi des boîtes de nuit en Amérique, le roi des bordels, des casinos, des clubs d’alcool et de dépravation. Les Américains utilisent même son nom comme symbole. Lorsqu’un homme d’affaires américain construit une chaîne de boîtes de nuit, ses collègues de travail l’admonestent : « Veux-tu devenir comme Trump ? Veux-tu devenir le roi des boîtes de nuit, des casinos et des bordels ? » [Trump] est le gros bonnet incontesté de ces clubs.

Par Allah, avez-vous jamais entendu parler – dans l’histoire de quelque nation que ce soit – d’un homme à putes, d’un homme lascif tout droit sorti des bordels, devenu président de la première puissance mondiale, à la fois sur le plan politique et militaire ? On n’a jamais rien entendu de tel, ni à Rome, ni en Perse ou en Chine, ni même dans les pays musulmans. On n’a jamais entendu parler d’un homme dont le buisness est la prostitution devenir chef du pays le plus puissant au monde, au niveau politique, militaire et financier.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:46

Envol de tasse et de chaise lors d’un débat télévisé houleux sur les rapports chiites-sunnites en Egypte

A la question de savoir si les livres chiites devraient être interdits à la Foire internationale du livre du Caire, les réponses ont été houleuses : le cheikh salafiste Mohammed Al-Mallah a traité son adversaire de « fou débile » qui « excelle dans l’art de la stupidité, de l’idiotie et de la défense de superstitions » et a menacé de « le frapper au visage avec une chaussure ». Le chercheur chiite Yasser Farawila a répondu qu’il riposterait « avec 30 chaussures ». Les menaces ont finalement fait place aux actes, avec projection de tasse et de chaise sur le plateau. Le modérateur, essayant de séparer les adversaires, a présenté ses excuses et remercié les téléspectateurs, pendant que le générique défilait. Le débat a été diffusé sur la chaîne égyptienne Alhadath Alyoum le 2 février 2017. Extraits :

Animateur : Une guerre des mots a été déclenchée entre les cheikhs salafistes, ou les personnes opposées à la multiplication des ouvrages chiites, et celles qui défendent la vente de ces livres à la Foire internationale du livre du Caire.

Cheikh salafiste Mohammed Al-Mallah : Quelques livres ont été confisqués, et quelques éditeurs ont été arrêtés à la Foire internationale du livre du Caire. […] Ces livres sont achetés et vendus, ce qui propage l’idéologie terroriste chiite pourrie à la Foire, et vous me dites qu’il y a du terrorisme en Egypte ! D’abord débarrassez-vous de ce terrorisme à la Foire internationale du livre du Caire, et ensuite venez me parler du terrorisme [sunnite].

Animateur : Ces livres menacent-ils l’identité religieuse égyptienne ?

Mohammed Al-Mallah : Bien sûr. Ils sont remplis de terrorisme, de bêtise et de mythes.

Chercheur islamique Yasser Farawila : Puisque ces livres ne renferment que bêtise et mythes, et qu’il y a des personnes pour défendre la foi puissante et véritable, en quoi cela vous dérange-t-il que [les chiites] croient en leurs idées et en leurs livres ? […] Il y a de vrais érudits à Al-Azhar, des érudits dont les livres ne parlent pas d’allaiter des adultes, de relations sexuelles avec des morts et de décapitations. […]

Mohammed Al-Mallah : Yasser excelle dans l’art de la stupidité, de l’idiotie et de la défense de superstitions.

Yasser Farawila : Vous êtes un vaurien insolent. Arrêtez ces âneries.

Mohammed Al-Mallah : Moi ? Un vaurien ?

Yasser Farawila : Bien sûr. Vous m’avez traité d’idiot.

Mohammed Al-Mallah : Vous êtes soutenu par l’Iran. Vous êtes un voleur chiite qui opère en Egypte, qui traite sous la table. […]

Yasser Farawila : Vous êtes un insolent sans honneur.

Mohammed Al-Mallah : Vous m’avez amené un fou débile.

Animateur : Je ne l’ai pas « amené », cheikh Mohammed. Je modère un débat, là.

Mohammed Al-Mallah : Par Allah, toutes les accusations que vous me lancez… Si je n’étais pas un homme respectable, je vous frapperais au visage avec ma chaussure…

Yasser Farawila : Et je vous frapperais au visage avec 30 chaussures.

Animateur : Répondez-lui, cheikh Mohammed. Il vous a accusé de recevoir de l’argent étranger.

Mohammed Al-Mallah : Je lui répondrai avec une chaussure à la figure et à la figure de celui qui l’a fait naître.

Yasser Farawila : Je vais vous frapper avec 30 chaussures pour votre insolence.

Mohammed Al-Mallah : Vous êtes impudent et n’avez pas d’honneur. Taisez-vous ou je vous démolis le plateau dessus.

Yasser Farawila : Ô, taisez-vous.

Mohammed Al-Mallah : Vous feriez mieux de vous taire et de ne pas inciter à la haine contre l’Etat égyptien.

Yasser Farawila : Vous mettez en œuvre un programme étranger.

Mohammed Al-Mallah : Un programme étranger ! Taisez-vous. Arrêtez avec cette stupidité. [Il jette sa tasse]

Animateur : Messieurs, nous ne pouvons continuer comme cela. Non, non, non… Messieurs, je vous en supplie.

Mohammed Al-Mallah : Qui est cet idiot stupide que vous m’avez amené ?

Animateur : Messieurs, cela ne peut pas continuer. Je dois interrompre l’émission ici. Je présente mes excuses aux téléspectateurs pour ce qui vient de se passer. C’est inacceptable, Dr Yasser. Ce n’est pas bien, Dr Yasser. Chers téléspectateurs… Dr Yasser… Non, ce n’est pas bien… Dr Yasser !!! Cheikh Mohammed !!! [chaise lancée] C’est pas bien, Messieurs ! Je remercie nos téléspectateurs…

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:42

Un ancien émir de l’EI : la corruption, les défaites militaires et la disparition de Baghdadi ont démoralisé les membres de l’Etat islamique ; l’EI a obtenu du sarin et oeuvré à l’élaboration d’armes chimiques à l’Université de Mossoul

Dans une interview diffusée en plusieurs fois sur la chaîne télévisée Alaan, Abou Al-Qassem Al-Suri, émir de l’Etat islamique (EI) chargé des dépôts d’armes en Syrie et en Irak, qui a déserté l’organisation, a évoqué le silence prolongé d’Al-Baghdadi, l’incertitude et la démoralisation en résultant parmi les membres, commandants et émirs de l’EI. Tous au sein de l’EI savent que l’organisation est « sur la voie de la défaite », a-t-il affirmé. « Il n’y a pas de victoires, pas de conquêtes, rien que des défaites. »

Concernant les armes chimiques, Al-Suri a déclaré que l’EI avait obtenu « de grandes quantités » de sarin, de chlore et de gaz moutarde de Tel Afar et procédait à des expériences dans les laboratoires de l’Université de Mossoul pour développer des armes chimiques. Il a affirmé que la baisse des revenus pétroliers avait conduit l’EI à augmenter la zakat [impôt islamique]. En outre, les camions d’approvisionnement avaient été taxés et les commerçants aisés forcés à financer les frais des batailles.

Il a par ailleurs affirmé que l’immolation du pilote jordanien Muath Al-Kasasbeh avait été une « erreur » que l’EI regrettait, un « tournant majeur » qui « a changé la façon dont beaucoup perçoivent le califat ».

« L’Etat [islamique] n’est rien d’autre qu’une milice raciste », a déclaré Al-Suri. L’interview s’est échelonnée entre le 23 janvier et le 5 février 2017. Extraits :

Abou Al-Qassem Al-Suri : Il y a 22 émirs encore en vie qui pourraient remplacer Al-Baghdadi, mais aujourd’hui, personne ne sait où Al-Baghdadi se trouve et qui lui est proche, ou qui pourrait effectivement le remplacer. On suppose actuellement qu’Abou Al-Yaaqub héritera du poste d’Al-Baghdadi à la tête de l’organisation. Mais aujourd’hui, la situation est différente de ce que croient les gens. L’organisation en est venue à ressembler au régime baathiste. Aujourd’hui, les membres de l’EI ne se soucient plus de savoir qui est le calife, car le calife est devenu tel un fruit de l’imagination, qui a fait une apparition puis s’est évanoui. Aujourd’hui, il n’y a aucune preuve qu’il est encore en vie. […]

La disparition d’Al-Baghdadi est source de profonde détresse pour les membres, les commandants et les émirs de l’EI. Elle cause beaucoup de détresse, de confusion et de problèmes. Par exemple, deux membres me demandaient sans arrêt : « Pourquoi Al-Baghdadi ne se montre pas ? Où est-il, avec tout ce qui se passe, avec le déclin, les défaites et les pertes qu’essuie l’organisation ? » Certains émirs disent aussi qu’il devrait faire une apparition, afin d’unir les rangs et de remonter le moral. Nous, les émirs, nous demandons aussi pourquoi Al-Baghdadi ne fait jamais d’apparition, ne donne jamais de discours, ne rend jamais visite aux membres de l’organisation. Cela amène à s’interroger : serait-il mort, serait-il blessé, ou peut-être a-t-il honte car il a promis la libération, et que tout indique la défaite : Baiji est tombée, et Mossoul est sur le point de tomber. Il est quelque peu honteux d’avoir promis une chose et de constater que tout évolue exactement en sens inverse. Il est inconcevable qu’il puisse accepter la situation actuelle et tous ces détournements de fonds… D’un autre côté, peut-être qu’il accepte cette situation, et c’est pourquoi il se tait et ne fait pas de discours. Il y a des escroqueries et beaucoup de corruption, et le calife doit certainement en être conscient. Son silence à ce stade ne fait qu’aggraver les choses, et laisse présager la chute de l’Etat islamique. […]

J’ai essayé plusieurs fois de faire l’inventaire des armes chimiques, mais toutes mes requêtes [d’informations] ont été rejetées. A ma connaissance, [l’EI] a obtenu des matériaux bruts de Tal Afar, comme du sarin, du chlore et du gaz moutarde. Ces substances existent en quantités considérables, et peuvent causer d’importants dommages. Plus grave encore, ils ont prélevé des échantillons de ces substances, et ont procédé à des expériences à l’Université de Mossoul, afin de développer [des armes chimiques], sous la supervision d’universitaires et de scientifiques dans ce domaine. Certains de ces scientifiques venaient de l’Université de Mossoul, et ils ont continué à travailler dans ces laboratoires, entièrement équipés pour des expériences en chimie et en physique. Il y a aussi des universitaires étrangers détenant des diplômes étrangers, et il y a deux personnes qui ont fui le régime [syrien] et qui travaillaient pour les Etudes scientifiques [et le centre de recherche] du régime. Ils recevaient des salaires élevés de l’EI pour poursuivre leurs expériences, et pour développer quelque chose de nouveau, en introduisant des produits chimiques dans les armes légères et lourdes, comme des canons de tanks ou même des armes personnelles – tout cela dans l’intention de tuer. […]

A un moment, l’organisation se trouvait [en position] offensive. Puis vint un temps où elle s’est retrouvée sur la défensive, et maintenant nous sommes dans une période de retrait. Il n’y a pas de victoires, pas de conquêtes. Rien que des défaites, des défaites et encore des défaites. […]

Aujourd’hui, tout le monde au sein de l’EI – ses membres, ses commandants et émirs – sait que l’époque où l’Etat islamique était là pour rester et pour s’étendre est révolue. Aujourd’hui, ce ne sont que des pertes, des pertes et encore des pertes. Ils savent que l’organisation est sur la voie de la perdition. Ils ont compris que tout ce qui a un début doit avoir une fin. Les membres de l’organisation ont perdu leur patience et leur force de volonté. Les membres s’étaient unis dans la conviction qu’il y aurait des victoires et des conquêtes, et qu’il y aurait un Etat islamique, ou peu importe… Tout ce narratif est dépassé maintenant. L’Etat [islamique] n’est rien d’autre qu’une milice raciste, qui prétend parler au nom de l’islam, mais n’a rien à voir avec l’islam. Il n’a d’islamique que le nom. […]

Les frappes aériennes de la coalition ont commencé à viser les puits de pétrole et les convois qui transportent du pétrole. Les recettes du pétrole ont baissé. Au début, lazakat et les taxes sur les camions transportant des denrées alimenataires étaient des sources secondaires de revenus, mais à présent, ils ont dû augmenter la zakat. Ils ont confisqué la propriété des gens qui veulent partir. La dernière année environ, en raison de difficultés financières et pour couvrir les dépenses des batailles, ils ont commencé à forcer les riches commerçants à couvrir tous les coûts d’un mois de batailles, par exemple, y compris la nourriture, les vêtements et le transport. […]

Le cas [du pilote jordanien] Al-Kasasbeh occupait les esprits de tout le monde. Jusqu’à ce jour, l’EI regrette cette erreur. C’était un tournant majeur. Il a changé la façon dont beaucoup perçoivent le califat, et le type de batailles menées contre lui. En outre, d’un point de vue humanitaire, personne ne peut accepter une telle chose.

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:39

Un cheikh soudanais Youssouf Al-Koda : La charia autorise la normalisation des relations avec Israël

Lors d’une conférence intitulée « Sur le réveil et le dialogue [religieux] », qui s’est tenue dans la capitale soudanaise de Khartoum le 6 février 2017, l’opposant et cheikh soudanais Youssouf Al-Koda, ancien membre de l’Organisation des savants du Soudan et actuel dirigeant du parti islamique Wasat, a abordé le thème des « Relations avec Israël – les aspects religieux ». Dans son exposé, il a appelé le Soudan à instaurer une trêve et à établir des relations diplomatiques avec Israël, affirmant qu’il n’existait pas d’interdit religieux contre cela. A titre de preuve, il a mentionné le traité de Hudaibiya que le prophète Mahomet avait signé avec ses adversaires infidèles.

Selon Al-Koda, le boycott d’Israël porte plutôt atteinte au Soudan, au lieu de nuire à Israël. Et d’ajouter que d’autres pays de la région, comme la Turquie, le Qatar, la Jordanie, l’Egypte et même l’Autorité palestinienne, entretiennent des relations avec Israël. Il a encore observé que le Soudan avait des relations avec certains pays qui occupent des terres soudanaises, sans nommer les pays en question.

Selon une information publiée par le site d’information Sudanese Online, « Al-Koda a déclaré que, nonobstant son opposition à toute occupation de terre, l’occupation de la mosquée Al-Aqsa n’empêchait pas d’instaurer des relations avec Israël. A titre de preuve, il a invoqué le traité de Hudaibiya [1] que le prophète Mohammed avait signé avec les infidèles, alors même que ceux-ci s’étaient emparés de la Kaaba et que la plupart des clauses [du traité] étaient préjudiciables pour les compagnons du Prophète. A titre de [preuve] supplémentaire, il a mentionné le fait que l’Autorité palestinienne entretient des relations ainsi qu’une coordination [sécuritaire] avec Israël. [Il a ajouté] que si des Etats voisins et frères occupaient des terres au nord et à l’est du Soudan, cela n’avait pas empêché [le gouvernement soudanais] de maintenir des liens étroits avec eux, et certains pays arabes et musulmans entretiennent des relations avec Israël. » [2]

Sudanese Online cite Al-Koda : « Le fait que Jérusalem soit aux mains des Juifs ne doit pas nous empêcher d’entretenir des liens avec eux, si le peuple le désire. Je ne dis pas que nous soyons obligés d’avoir des relations avec eux. Mes déclarations ne visent pas [à inciter quiconque] à établir des relations avec Israël. Je veux simplement préciser que c’est parfaitement autorisé, selon la charia musulmane, et qu’il n’y a rien d’interdit à cela. »

Il a ajouté : « Le boycott n’a pas porté atteinte à Israël, mais plutôt au Soudan, et malgré tout le temps qui s’est découlé [depuis son imposition], il n’y a jamais eu de discussion sur le boycott, comme s’il constituait une fin en soi ou une obligation religieuse. » Il s’est interrogé : « Pourquoi ne pourrions-nous pas proposer de reconsidérer cette position et d’en adopter une autre à la place ? »

Al-Koda a déclaré « qu’en tant qu’observateur, il a remarqué qu’Israël est désormais prêt à entretenir des relations avec le Soudan et avec d’autres pays, et qu’il ne pense pas que ce soit un problème. Il a précisé que les relations avec Israël ne signifient pas qu’il faille éviter de parler des implantations ou des violations israéliennes. »

Al-Koda a ajouté : « La biographie du Prophète nous enseigne non seulement de combattre, mais aussi d’éviter le danger et [évoque] les réconciliations, les trêves et les alliances… Pourquoi alors ne connaissons-nous que les combats et le djihad, comme s’ils étaient la seule option et qu’il n’y en avait pas d’autres, de quelque forme et dans quelques circonstances que ce soit ? » [3]

Selon un article paru dans le journal Al-Jamahir, Al-Koda aurait affirmé dans ce contexte : « Pourquoi ne déclarons-nous pas autre chose que le djihad et le combat ? Je préfère [déclarer] une trêve [avec Israël]. Une trêve ne signifie pas faire des concessions. Des pays très puissants, qui ne sont pas des acteurs importants [dans le conflit israélo-palestinien], y compris la Turquie, le Qatar, la Jordanie et l’Egypte, ont normalisé [leurs relations avec Israël]. » [4]

Selon le journal soudanais Al-Jarida, Al-Koda a déclaré avoir reçu des menaces de mort s’il livrait son exposé et « ouvrait les portes de l’enfer », mais s’est dit prêt à risquer sa vie et même celle de ses enfants pour exprimer son opinion. [5]

D’après un autre article dans le même journal, les remarques d’Al-Koda ont suscité une réaction d’Abd Al-Rahman Abdallah, représentant du parti Al-Tahrir à la conférence. Ce dernier a « condamné [Al-Koda] pour avoir, afin de conforter sa position, présenté le fait que certains pays [musulmans] ne boycottent pas Israël et que même le président de l’Autorité palestinienne Abou Mazen entretient des liens avec Israël. [Abd Al-Rahman Abdallah] a affirmé que ‘le comportement des gens ne constitue pas la preuve [qu’un acte est toléré par la charia]’. [Abd Al-Rahman Abdallah] a également critiqué le gouvernement soudanais pour avoir normalisé ses relations avec les Etats-Unis, ce qu’il considère comme [une étape] vers la normalisation des relations avec Israël, ajoutant que c’est un ‘[acte de] double-trahison’… Al-Koda a rétorqué que ‘même les dirigeants du Hamas sont financés par le Qatar, qui entretient des [relations] normales avec Israël, et a souligné que le Soudan est incapable d’affronter Israël [sur le plan militaire]. Le représentant du parti Al-Tahrir l’a interrompu, disant : ‘Les musulmans sont capables de vaincre Israël’, ce à quoi Al-Koda a répondu : ‘On ne peut vaincre Israël en restant chez soi’.”

Selon cet article, Al-Koda « a affirmé que le Soudan avait beaucoup perdu en déclarant son hostilité à Israël, et a ajouté : ‘Le Soudan a perdu tant sur le plan moral que matériel, lorsqu’Israël a violé sa souveraineté en planifiant des attaques sur son sol, et [également] en raison des dommages infligés par les Etats-Unis en raison de leurs mauvaises relations avec Israël.’ Il a nié le fait que le gouvernement [soudanais] soit à l’origine de cette initiative, affirmant qu’il continuait de s’opposer au gouvernement. Il a expliqué que son appel à réévaluer la position concernant Israël découlait de la volonté de susciter un débat public sur cette question. » [6]

Lien vers le rapport en anglais

Notes :

[1] Dans ce traité, signé entre le prophète Mahomet et ses adversaires de La Mecque en 628 pour une période de dix ans, le Prophète a accepté les conditions humiliantes dictées par ses adversaires, reconnaissant sa force inférieure. Le traité a été violé deux ans plus tard, lors de la conquête de La Mecque par Mahomet.

[2] Al-Koda a affirmé qu’il ne voulait pas nommer les pays qui occupent la terre soudanaise. Voir Al-Jamahir (Soudan), 6 février 2017.

[3] Sudaneseonline.com, 6 février 2017.

[4] Al-Jamahir (Soudan), 6 février 2017.

[5] Facebook.com/aljareeda.sudanese.newspaper, 7 février 2017.

[6] Facebook.com/aljareeda.sudanese.newspaper, 7 février 2017.

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 16:13

Le monde arabe divisé devant la décision du président Trump de suspendre l’entrée des citoyens de pays arabes et musulmans aux États-Unis

 

Le 27 janvier 2017, le président américain Donald Trump a signé un ordre exécutif intitulé « Protéger la nation de l’entrée de terroristes étrangers aux États-Unis », interdisant temporairement l’entrée de ressortissants étrangers de sept pays musulmans, dont six arabes : l’Iran, l’Irak, la Syrie, La Libye, le Soudan, la Somalie et le Yémen. L’ordre exécutif a suscité des débats et des désaccords dans le monde arabe, révélant l’étendue des clivages sur la question.

Officiellement, les pays arabes n’ont pas émis de réaction conjointe. Mahmoud Afifi, le porte-parole du secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Abou Al-Gheit, s’est contenté de publier une déclaration modérée et prudente. Plusieurs pays se sont abstenus de commenter l’ordre, probablement soucieux de maintenir de bonnes relations avec la nouvelle administration américaine. Les pays qui l’ont effectivement critiqué, l’Irak en tête, l’ont fait avec prudence et modération, surtout en comparaison avec les critiques du Mexique et de l’Iran.

Le large éventail de réactions officielles s’est reflété dans de nombreux articles de la presse officielle et non officielle dans plusieurs pays arabes.

Pas de réaction conjointe des pays arabes

Comme mentionné, les pays arabes n’ont publié aucune déclaration conjointe concernant le décret du président Trump. Il semble qu’ils soient divisés sur la question, chacun pour ses propres raisons, et qu’ils préfèrent maintenir de bonnes relations avec la nouvelle administration. Certains grands pays comme l’Égypte, le Maroc et la Jordanie – dont le roi Abdallah était le premier dirigeant arabe à rencontrer le président Trump après son investiture – se sont également abstenus de tout commentaire.

D’autre part, l’Arabie saoudite, qui veut asseoir sa position de leader du monde arabe et islamique, ainsi que les Émirats arabes unis (EAU), ont soutenu l’ordre exécutif, le qualifiant de décision souveraine qui n’est pas dirigée contre l’islam. Le ministre saoudien de l’Énergie, Khalid Al-Falikh, a déclaré à la BBC : « Les Etats-Unis ont le droit d’assurer la sécurité de leur population. » [1] Le ministre des Affaires étrangères des EAU, cheikh Abdallah bin Zaid Al-Nahian, a déclaré : « Les pays ont incontestablement le droit de prendre des décisions souveraines… Les États-Unis ont pris une mesure dans le cadre de ces décisions souveraines. Il y a une tentative de donner l’impression que cet ordre exécutif vise une certaine religion. Ce n’est pas le cas. » [2] Ce soutien de ces deux pays découle de l’inclusion dans l’ordre l’exécutif de l’Iran, avec lequel les relations sont très tendues, de leur propre exclusion de la liste des pays visés, et de la volonté de maintenir de bonnes relations avec la nouvelle administration.

Même les pays ouvertement opposés à l’ordre exécutif se sont montrés prudents et limités, se focalisant sur les dégâts qu’il causerait à leurs propres citoyens, plutôt qu’aux autres pays concernés, et soulignant leur coopération avec les États-Unis dans leur lutte contre le terrorisme. Leur critique essentielle consistait à appeler Trump à revoir sa position.

L’Irak était le principal pays opposé à cette mesure. Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a souligné la coopération de son pays avec les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme, déclarant : « Les décisions du président Trump sont mauvaises et nuisent aux Irakiens qui combattent le terrorisme. Nous voulons traquer les terroristes et leurs fonds, et ne pas incriminer leurs victimes et les punir. J’espère que les décisions de Trump seront révisées. Nous disposons de plusieurs options, et nous les examinons. La lutte contre le terrorisme est un objectif stratégique et je m’attelle à trouver une solution qui mènera à un réexamen des décisions de Trump. » Il a précisé qu’il n’accepterait pas les recommandations du parlement irakien d’adopter une mesure réciproque empêchant les Américains d’entrer en Irak [3].

Le Qatar – partisan des Frères musulmans, que l’administration Trump envisagerait de définir comme organisation terroriste – s’est contenté de publier une courte déclaration. Le ministre des Affaires étrangères Mohammed bin Abd al-Rahman Al-Thani a déclaré que les pays musulmans ne pouvaient être considérés comme une source de terrorisme et a appelé Trump à reconsidérer son ordre exécutif.

Dans son communiqué, le ministère soudanais des Affaires étrangères a exprimé son mécontentement devant le fait que les citoyens soudanais soient inclus dans l’ordre exécutif, mais a souligné qu’il continuerait de coopérer avec les États-Unis dans la lutte contre le terrorisme [5].

Le ministère des Affaires étrangères du Yémen a également déclaré, dans une déclaration mesurée, que le Yémen souffre du terrorisme et le combat et que « des décisions de ce type consolident la position des extrémistes et créent la division » [6].

La Ligue arabe et l’Organisation de coopération islamique (OCI) ont également été prudentes. Mahmoud Afifi, porte-parole du secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Abu Al-Gheit, a déclaré que le secrétaire général avait exprimé sa « profonde préoccupation » devant l’ordre exécutif et qu’il appelait le président Trump à le reconsidérer. Il a également exprimé son inquiétude devant l’interdiction imposée aux réfugiés syriens d’entrer aux États-Unis et les « signes indiquant que des critères religieux puissent être utilisés » pour déterminer quels réfugiés seraient acceptés [7]. Par ailleurs, l’OCI a exprimé son appréhension au vu du fait que « ces mesures sélectives et discriminatoires, qui accentueront le discours extrémiste et renforceront ceux qui prêchent la violence et le terrorisme, sont prises à un moment critique où l’OCI s’évertue, avec tous ses partenaires, y compris les Etats-Unis, à lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. » [8]

Lire l’article dans son intégralité en anglais

*N. Mozes est chargée de recherche à MEMRI

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 07:56

GONFLE LE MEC : Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, menace d’intenter une action en justice contre la Grande-Bretagne si elle continue d’ignorer les demandes palestiniennes de réparations pour la Déclaration Balfour

 

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déclaré dans une interview accordée à la télévision palestinienne que les dirigeants sont « tout à fait sérieux » lorsqu’ils demandent à la Grande-Bretagne excuses et réparations. Al-Maliki a affirmé que lorsqu’il a rencontré le secrétaire britannique des affaires étrangères, il « lui a dit très clairement ce que nous attendons », mais « jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de retour». Selon lui, « la balle est à présent dans la cour des Britanniques », et s’ils continuent d’ignorer les revendications palestiniennes, l’Autorité palestinienne pourrait opter pour une action en justice contre la Grande-Bretagne. L’interview a été diffusée le 18 janvier 2017. Extraits :

Riyad Al-Maliki : Nous sommes tout à fait sérieux concernant la Déclaration Balfour. Les messages que nous avons envoyés aux Britanniques étaient très clairs. Lorsque j’ai rencontré le secrétaire britannique des Affaires étrangères, je lui ai très clairement dit ce que nous attendons. Nous nous attendons à ce qu’ils s’excusent, admettent leur responsabilité historique, reconnaissent [leur tort] et versent des dédommagements. Je lui ai très clairement dit : « Pour vous aider dans tout cela, nous sommes disposés à former un comité bilatéral, qui étudiera toutes ces questions et proposera quelques formules. » Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de retour. L’escalade actuelle dont ils sont responsables nous incite à envisager une [éventuelle] action palestinienne concernant toutes ces questions, notamment la Déclaration Balfour.

Je ne divulguerai rien en disant que nous avons élaboré des plans d’action dans le cadre de nos ambassades et de nos communautés en Europe et en Grande-Bretagne, et que nous prévoyons de mobiliser les institutions de la société civile en Grande-Bretagne et ailleurs. Deuxièmement, nous pourrions aller de l’avant, avec les pays arabes, forts de la décision prise lors du Sommet de Nouakchott de recourir à l’aide d’experts arabes en droit international, afin de déterminer le cadre juridique de notre action. En outre, nous avons nos propres compétences juridiques, et pouvons examiner les mesures à prendre à tous les niveaux. […]

La balle est dans la cour des Britanniques. Si la Grande-Bretagne veut contenir toutes ces mesures à tous les niveaux et nous aborder de façon responsable sur ce problème, elle est la bienvenue. Si la Grande-Bretagne ne veut pas cela, et préfère l’escalade à tous les niveaux, et ignorer les suggestions que nous avons faites, plutôt que les traiter positivement, nous irons jusqu’au bout des mesures initiées.

 

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