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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 07:52

Audrey Azoulay ministre de la Culture : mécontentement des hauts responsables algériens qui y voient une « marocanisation du gouvernement français »

Audrey_Azoulay

Dans le cadre du remaniement ministériel de février 2016 en France, l’énarque Audrey Azoulay, ancienne conseillère culturelle de François Hollande et ancienne directrice financière et juridique du CNC, a été promue ministre de la Culture, en remplacement de Fleur Pellerin.

Née au Maroc, Audrey Azoulay est la fille d’André Azoulay, conseiller du roi Mohamed VI et avant lui du roi Hassan II. Sa nomination n’est donc pas passée inaperçue dans les pays d’Afrique du Nord, notamment en Algérie, où elle a suscité l’ire de Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président algérien. A ce sujet, Mondarique (1) publie un article intitulé Alger en colère après la nomination d’Audrey Azoulay : « A Alger, on estime que la scène politico-médiatique française  est ‘infestée’ de politiciens, journalistes et stars d’origine marocaine... », précise l’article. Le site marocain francophone Le 360a également évoqué la colère d’Alger dans un article intitulé La nomination d’Audrey Azoulay irrite Alger, qui évoque les deux facettes de la ministre qui déplairaient aux hauts responsables algériens :  ses origines marocaines qui révéleraient une influence marocaine croissante au sein du gouvernement, et sa judéité. Extraits des deux articles :

(…) C’est une véritable levée de boucliers qui a accompagné à Alger l’annonce de la nomination en France d’Audrey Azoulay au ministère de la Culture et de la Communication. Plusieurs officiels algériens n’ont pas hésité à faire part officieusement, à leurs homologues français de leur irritation face à cette « marocanisation la vie politique française ». (…)

Le premier à enrager a été Saïd Bouteflika, le frère du chef de l’Etat, qui s’est offusqué auprès de l’un des conseillers de François Hollande de cette nomination très « symbolique ». A Alger, on estime que la scène politico-médiatique française  est « infestée » de politiciens, journalistes et stars d’origine marocaine. Et de surcroit « en mode lobbying » pour le royaume chérifien.

Pour le pouvoir algérien, la nomination d’Audrey Azoulay fait doublement mal. Premièrement, la nouvelle ministre est d’origine juive marocaine, et on sait à quel point la coexistence heureuse entre juifs et arabes au Maroc a servi à l’étranger l’image du Royaume. Deuxièmement, elle est la fille du conseiller de Hassan II et de Mohammed VI, André Azoulay, qui a de nombreux réseaux à Paris.

Le site marocain Le 360 publie les extraits suivants : 

La nomination en France d’Audrey Azoulay, fille du conseiller du roi Mohammed VI, comme ministre de la culture et de la communication a fait mal à Alger, surtout au frère du locataire du Palais El Mouradia, Saïd Bouteflika. Le comment du pourquoi.

Alger «offusquée» de la nomination d’Audrey Azoulay comme ministre française de la culture et de la communication. Et c’est le conseiller et néanmoins frère du président de la république algérienne, Saïd Bouteflika, qui s’est chargé de le dire à l’un des conseillers du président François Hollande, dévoile le site de Nicolas Beau, «Mondafrique». (…)

Mais quel « mal » pourrait bien représenter la promotion de l’ex-conseillère du président Hollande à la culture et à la communication ? La nomination d’Audrey Azoulay, à un poste « symbolique » (culture et communication), devait-elle «irriter» Alger au point de s’en plaindre expressément auprès d’un conseiller de la présidence socialiste française ? (…)

Récapitulons: la confession juive d’Audrey Azoulay et sa filiation au conseiller de Hassan II et de Mohammed VI, en l’occurrence André Azoulay, seraient-elles les deux seules « raisons » de l’irritation d’Alger ?

Au-delà de cet « argument » aux relents scandaleusement antisémites, sans compter ce légendaire «Maroc bashing» (acharnement algérien haineux à l’encontre du Maroc), il y a le fait que la nomination d’Audrey Azoulay, et bien avant elle celle de Najat Vallaud Belkacem (ministre de l’Education nationale) ou encore Myriam El Khomri (ministre de l’Emploi), intervienne sous le mandat du socialiste Hollande, que le président Bouteflika croyait « acquis » à Alger. (…)

(1) Selon le site Mondafrique : « Le site Mondafrique.com a été lancé en janvier 2014. Son but est de fournir des analyses et des enquêtes sur la situation politique et économique des pays du Maghreb et de l’Afrique francophone, notamment la région sahélienne. »

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:57

Une nouvelle pièce jordanienne vise à dissuader les jeunes de rejoindre des organisations terroristes

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Dans le cadre de l’initiative jordanienne de lutte contre la radicalisation de nombreux jeunes, attirés par les organisations terroristes, [1] les artistes jordaniens Rania Ismaïl et Hassan Sabaileh ont mis en scène une pièce de théâtre intitulée « Le terrorisme à la porte », actuellement jouée devant un public d’étudiants dans diverses universités à travers la Jordanie. La pièce évoque la violence dans les familles et la marginalisation des jeunes, qui les poussent à embrasser des idéologies radicales et à adhérer à des organisations terroristes telles que l’État islamique (EI). [2] Chaque représentation est suivie d’un débat sur les facteurs incitant à rejoindre les organisations terroristes, où les spectateurs sont invités à proposer idées et solutions. [3]

L’auteur et journaliste jordanien Hussein Al-Amoush fait l’éloge de la pièce dans un article du 22 décembre 2015 paru dans le quotidienAl-Dustour. Pour lui, cette pièce est un moyen efficace de délivrer un message social à la jeune génération. Extraits : [4] 

J’ai eu l’occasion de voir la pièce « ​​Le terrorisme à la porte », des artistes Hassan Sabaileh et Rania Ismaïl, à l’Université islamique mondiale des sciences et de l’éducation. La pièce, actuellement jouée dans les universités jordaniennes, expose [le phénomène du] terrorisme et les méthodes des organisations terroristes pour recruter de jeunes Jordaniens en exploitant leur faible constitution psychologique. Elle aborde des questions sensibles et diagnostique la situation et la dure réalité économique des Jordaniens, qui les font succomber, tels une proie facile, aux appâts financiers offerts par les organisations terroristes.

La pièce, écrite et interprétée méticuleusement, reflète notre réalité humaine, économique et estudiantine. Elle place [cette réalité] sur scène et met le doigt sur un fait que nous n’évoquons pas, [à savoir que] l’un de nos principaux problèmes est le manque de communication entre les pères et leurs fils, à tel point que le père est surpris quand son fils devient membre d’une cellule ou d’une organisation terroriste. Cela nous choque et nous incite à chercher des solutions, alors que la solution est à notre portée.

La [partie] la plus importante [de la pièce est la scène finale, où le fils révèle la ceinture d’explosifs dont il s’est ceint pour se faire sauter. La pièce se conclut sur une question majeure présentée aux étudiants [parmi les spectateurs], à la mode du théâtre interactif : « Et vous, qu’en pensez-vous ? » J’ai entendu divers points de vue logiques, clairs et courageux, indiquant que la pièce a réussi à délivrer son message rapidement et facilement. Cela signifie que nous avons d’excellents outils de diffusion de messages à l’attention de nos fils, les étudiants, qui sont le public-cible ici.

Peu à peu, on peut dire que l’art crée la politique… et que les représentations efficaces de ce genre peuvent transmettre un message par l’humour, même si [le sujet en lui-même] est grave. Nous avons des artistes créatifs tels que Hassan, Rania et la troupe d’acteurs, mais un tel travail nécessite un environnement propice, des ressources et des outils… En d’autres termes, il nécessite le [parrainage et l’aide] de l’Etat et du gouvernement…

La scène finale de la pièce, où le fils révèle sa ceinture explosive (Photo : youtube.com/watch?v=0yl9L0ksZdw)

Ismail et Sabaileh ont également produit deux courts métrages animés dans l’esprit de la pièce, également intitulés « Le terrorisme à la porte », mis en ligne sur YouTube. Ces films montrent également un jeune homme qui se sent délaissé, et même méprisé et humilié, par ses parents, et se tourne donc vers des sites de l’Etat islamique qui promettent de faire de lui un glorieux commandant… [5]

Notes :

[1] Voir Enquête et analyse de MEMRI In Light Of Jordanians Joining Terrorist Organizations, Calls In Jordan To Reform Curricula, 14 décembre 2015.

[2] Ammonnews.net, 2 décembre 2015.

[3] Al-Ghad (Jordanie), 2 décembre 2015 ; Al-Rai (Jordanie), 7 décembre 2015.

[4] Al-Dustour, Jordanie, 22 décembre 2015.

[5] Voir MEMRI en français Films animés jordaniens pour dissuader les jeunes de rejoindre les mouvements terroristes, 9 février 2016.

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:54

« Le toit du bus s’envole » : un vidéo clip glorifie les attentats-suicides palestiniens dans les bus

IMAGE - bus bombing clip

 

 

 

Une vidéo intitulée « Le toit du bus vole en éclats » a été mise en ligne le 7 février 2016. Dansant devant un autobus israélien bombardé, les chanteurs de la troupe Al-Waed glorifient le cerveaudes attentats-suicides du Hamas des années 1990 Yahya Ayyash en ces termes : « Tu n’as pas laissé un seul bus passer dans un quartier sans que le bus et les corps ne volent en éclats », et nous appelons « les porteurs de bonnes nouvelles » à « attacher la ceinture d’explosifs autour de leur taille ». La chanson comporte des paroles telles que : « Nous voulons que les morts emplissent les rues et que le sang intensifie la douleur » et « que le feu les engloutisse, les dissèque, les rôtisse ».

Extraits :

http://www.memritv.org/clip/en/5306.htm

« Le toit du bus vole en éclats » Troupe artistique islamique Al-Waed

« Commandant Yahya Ayyash »

Photo de « l’ingénieur » Yahya Ayyash, le cerveau des attentats-suicides des années 1990

Un chanteur émerge d’une reconstitution de bus israélien bombardé.

Réjouis-toi, frère Ayyash, car le Compatissant t’a béni, car les explosifs que tu as plantés dans le corps de l’ennemi étaient tellement vivants. Tu n’as pas laissé un seul bus passer dans un quartier sans que ce bus et ces corps ne volent en éclats.

Ô porteur de bonnes nouvelles, attache la ceinture d’explosifs autour de ta taille. Ô porteur de bonnes nouvelles, attache la ceinture d’explosifs autour de ta taille. L’histoire de l’Intifada ne s’écrira que lorsque le toit d’un bus volera en éclats.

Les chanteurs planifient un attentat dans un bus.

Refrain : Ô porteur de bonnes nouvelles, attache la ceinture d’explosifs autour de ta taille. L’histoire de l’Intifada ne s’écrira que lorsque le toit d’un bus volera en éclats.

Ô candidat au martyre, réponds à l’appel de la mosquée Al-Aqsa, que la bombe ait un impact toujours plus grand. Que Netanyahu s’enfuie honteux, incapable de compter le nombre de victimes. Eparpille-les, sème la peur en leur sein. Ne montre aucune pitié pour leurs colons. Expédie-les en Enfer. Seule la tombe les attend.

Ô candidat au martyre, l’appel de la mosquée Al-Aqsa a sonné : Ô mon fils, viens au martyre ! Fais-toi exploser, ô toi à la forte détermination. Nous défendrons le sol de la pure Al-Aqsa.

Un terroriste-suicide parcourt des lignes et embrasse un jeune garçon.

Refrain

Les chanteurs dansent la dabkeh.

Des « juifs » attendent un bus, avec un terroriste-suicide.

Ô candidat au martyre, fais-les pleurer. Que le feu les engloutisse. Découpe-les, fais-les rôtir, apporte de la joie aux cœurs du peuple tenace.

Les « juifs » montent dans un bus « israélien ».

Ô candidat au martyre, il est de notre devoir de défendre notre peuple. Tu es la voix de notre honneur.

Le terroriste traverse le bus.

Avec ta ceinture d’explosifs, nous défendrons nos femmes libres. Nous voulons que les morts emplissent les rues et que le sang intensifie la douleur. Que le sioniste capitule devant la colère de mon peuple vengeur.

Refrain

Divulgue tes secrets au Compatissant. Ô candidat au martyre, Dieu t’a choisi. Notre prophète Mohammed sera ton voisin. Au Paradis, ta maison est déjà construite. Redresse-toi et venge ta religion. Fais le sauter – puisses-tu réussir. Ô toi qui portes la ceinture d’explosifs, ta tête est haute lorsque nous apportons la bonne nouvelle.

Ô candidat au martyre, mets ta ceinture d’explosifs, et fais-la exploser. C’est ton heure de gloire. Tes bombes et explosifs sont si doux. Fais exploser le sioniste éhonté.

Refrain

Le terroriste-suicide tapote la ceinture d’explosifs sous sa veste.

Une explosion se fait entendre et l’écran devient noir.

Le générique de fin se déroule aux côtés d’images du tournage, sur fond du bus en flammes.

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:50

Le réseau international de drogues du Hezbollah préoccupe l’Europe

tcheques

Par : E.B. Picali et H. Varulkar *

 

Introduction

Le 1er février 2016, quatre agents de sécurité étrangers du Hezbollah ont été arrêtés en France, accusés de diriger un réseau international qui utilise des millions de dollars générés par le trafic de drogue pour financer les activités militaires de l’organisation en Syrie. Selon un responsable de la US Drug Enforcement Agency (Agence américaine de lutte antidrogue – DEA), la division du Hezbollah était « un flot de revenus et d’armes… responsable d’attentats dévastateurs à travers le monde », et d’autres arrestations de ce type suivront probablement. Sept pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie et la Belgique, étaient impliqués dans l’enquête et les arrestations. Selon les sources, les agents du Hezbollah pourraient être extradés vers les États-Unis.

Cette affaire rappelle plusieurs événements antérieurs : l’arrestation à Prague en avril 2014, pour des accusations similaires, de trois ressortissants libanais, puis l’enlèvement de cinq ressortissants tchèques au Liban en juillet 2015, et récemment la signature d’un accord secret entre le gouvernement tchèque et les éléments libanais responsables de l’enlèvement, qui a abouti à la libération des Tchèques et des Libanais détenus à Prague.

Ce rapport examine les deux affaires, leurs similitudes et leur connexion.

Janvier 2016 : Sur la demande des Etats-Unis, la France a arrêté des agents du Hezbollah pour trafic de drogue et financement du terrorisme

Le 1er février 2016, la DEA a annoncé l’arrestation d’un certain nombre d’agents de sécurité étrangers du Hezbollah, accusés d’être à la tête d’un réseau international de trafic de drogue pour une valeur de plusieurs millions de dollars, de blanchir les profits et d’utiliser les fonds pour acheter des armes destinées aux opérations militaires du Hezbollah en Syrie. L’un des agents, membre d’une cellule européenne du Hezbollah, Mohamed Noureddine, est un blanchisseur d’argent libanais qui travaillait pour le compte du Hezbollah, canalisait ses fonds via une société libanaise lui appartenant, et entretenait des liens directs avec des commerciaux et des terroristes du Hezbollah au Liban et en Irak. Selon la DEA, le réseau a été créé par Imad Moughnieh, le chef des opérations du Hezbollah qui a été éliminé à Damas en 2008.

Le réseau est aujourd’hui exploité par le représentant du Hezbollah à Téhéran, Abdallah Safieddine, et l’homme d’affaires Adham Tabaja, un responsable du Hezbollah récemment classé Specially Designated Global Terrorist (Terroriste mondial expressément désigné – SDGT) par les Etats-Unis. Le Hezbollah travaillait avec les cartels de la drogue sud-américains, fournissant de la cocaïne aux marchés américains et européens. Toujours selon la DEA, l’enquête, ouverte en février dernier, a permis de découvrir un réseau sophistiqué de passeurs d’argent qui transfèrent des millions d’euros de profits issus de la drogue vers le Moyen-Orient, dont une grande partie via le Liban. Selon la DEA, « cette enquête en cours couvre le monde entier… et met en lumière une fois de plus le lien existant à l’échelle globale entre trafic de drogue et terrorisme ». [1]

Si l’annonce de la DEA ne donne pas le nombre de personnes arrêtées ni le lieu des arrestations, le quotidien libanais Al-Nahar a informé que quatre citoyens libanais ont été arrêtés en France fin janvier 2016. L’un d’eux, Noureddine, a été appréhendé alors qu’il débarquait d’un vol à destination de la France. [2] L’article indique que cette cellule opérait à Abidjan (Côte-d’Ivoire), en Belgique et en Amérique latine, Paris étant le pôle de transfert des fonds. Selon les sources d’Al-Nahar, les détenus pourraient être extradés vers les États-Unis.

Toujours d’après Al-Nahar, quelques semaines plus tôt, les autorités françaises avaient arrêté le fils d’une « figure » libanaise, également pour trafic de drogue et blanchiment de fonds au profit d’une « organisation terroriste ». Selon l’article, les autorités américaines auraient demandé l’extradition, dans le cadre de la coopération habituelle entre les pays dans de tels cas. Toutefois, le père du jeune homme a tenté avec beaucoup de difficultés d’obtenir la libération de son fils et sa disculpation de toutes les accusations portées contre lui, même si lors de son arrestation, ce dernier a été trouvé en possession d’une importante somme d’argent. [3]

Cas similaire : L’arrestation d’associés du Hezbollah pour trafic de drogue en République tchèque – menant à l’enlèvement de ressortissants tchèques au Liban

Cette récente arrestation d’agents du Hezbollah en France, et les efforts pour obtenir la libération de l’un d’eux avant son éventuelle extradition vers les États-Unis, rappellent une autre affaire qui a commencé en République tchèque il y a deux ans et ne s’est conclue que récemment au Liban.

En avril 2014, à la demande des Etats-Unis, les autorités tchèques ont arrêté à Prague trois ressortissants libanais, Ali Fayad, Faouzi Jaber et Khaled Marabi, soupçonnés de trafic de drogue et d’armes avec les FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie], organisation colombienne désignée par le Département d’Etat américain comme Foreign Terrorist Organization [organisation terroriste étrangère]. Selon des informations des médias arabes et libanais, Fayad serait un associé du Hezbollah [4] et également un citoyen ukrainien. Au moment de son arrestation, il était conseiller des affaires du Moyen-Orient au ministère de la Défense ukrainien et était impliqué dans des transactions d’armes avec divers pays arabes. [5]

En juillet 2015, cinq ressortissants tchèques ont été enlevés dans la vallée de la Bakaa à l’ouest du Liban, avec leur chauffeur libanais qui était venu les chercher à l’aéroport de Beyrouth. Le chauffeur s’est révélé plus tard n’être nul autre que Saib Fayad, frère d’Ali Fayad, l’un des Libanais arrêtés par les Tchèques à Prague. Parmi les Tchèques enlevés figuraient deux journalistes, apparemment présents au Liban pour couvrir « l’histoire Ali Fayad », un interprète, l’avocat de Fayad et un officier des renseignements de l’armée tchèque.

A gauche : Ali Fayad lors de son arrestation en 2014 à Prague (source : Alarabiya.net, 21 juillet 2015) ; à droite, les cinq ressortissants tchèques enlevés (source : Al-Nahar, Liban, 2 février 2016)

L’enlèvement des Tchèques a-t-il été mis en scène dans le but d’obtenir la libération de Fayad ?

Le quotidien libanais Al-Safir a rapporté que l’enlèvement des Tchèques s’était déroulé au moment même où la République tchèque s’apprêtait à extrader Ali Fayad et deux autres ressortissants libanais vers les États-Unis. Selon des articles de presse libanais, les forces de sécurité libanaises ont rapidement compris qu’il s’agissait d’un enlèvement non pour obtenir une rançon, mais dans un but différent : celui d’aboutir à un accord avec la République tchèque pour libérer les Tchèques en échange d’Ali Fayad [6]. D’autres médias libanais ont rapporté que l’enlèvement a été mis en scène, avec la complicité du chauffeur, le frère de Fayad, de l’avocat de Fayad et de l’officier des renseignements tchèques, afin d’ouvrir des négociations avec la République tchèque pour la libération de Fayad. Une source diplomatique a même affirmé à Al-Safir que l’avocat de Fayad avait été généreusement rémunéré pour sa participation. [7]

Un responsable de la sécurité libanaise a rapporté qu’ « un élément politique libanais » ayant des liens avec Fayad avait organisé l’enlèvement des Tchèques ; il tentait d’insinuer que le Hezbollah était derrière ces événements. [8]

Les négociations secrètes via l’associé du Hezbollah ont mené à un échange de prisonniers

Suite à l’enlèvement des Tchèques, une délégation des renseignements tchèques est arrivée au Liban pour s’entretenir avec le chef de la Direction généralede la Sûreté générale libanaise Abbas Ibrahim, qui était en contact avec les ravisseurs. [9] Ibrahim, notons-le, est réputé pour ses bonnes relations avec le Hezbollah, et la Direction générale de la Sûreté générale est considérée comme proche du mouvement.

Selon les médias libanais, les négociations pour libérer les Tchèques en échange de Fayad étaient top-secrètes et impliquaient des éléments internationaux ; [10] elles se sont conclues après que les Tchèques eurent garanti que Fayad ne serait pas extradé vers les États-Unis. [11]

Plus tôt ce mois-ci, les Tchèques ont été conduits vers Ibrahim, qui les a transférés à Beyrouth afin qu’ils puissent être rendus à la République tchèque. Dans le même temps, les autorités tchèques ont libéré Fayad, qui est arrivé au Liban peu de temps après. Un autre détenu de Prague, Khaled Marabi, a également été relâché. [12] Quelques jours plus tard, les autorités tchèques ont annoncé qu’elles allaient libérer Faouzi Jaber, le troisième ressortissant libanais. [13]

Dès leur arrivée au Liban, le 4 février 2016, Fayad et Marabi ont été arrêtés et interrogés par les forces de sécurité libanaises. [14] Deux jours plus tôt, le 2 février 2016, l’envoyé spécial du Département d’Etat américain pour les affaires d’otages Jim O’Brien est arrivé au Liban, pour des raisons indéterminées. [15]

Conclusions

Il est manifeste que l’Etat libanais lui-même a eu peu ou rien à voir dans cette affaire. Aucun responsable libanais – ni le Premier ministre Tammam Salam, ni le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, ni aucun autre représentant du gouvernement – n’a jamais mentionné les événements, l’affaire, la libération des ressortissants tchèques ou le retour de Fayad et de Marabi. Si les médias libanais ont rapporté qu’Ibrahim informait régulièrement le Premier ministre Salam, le ministre de l’Intérieur Nohad Al-Machnouk et le président du parlement Nabih Berri du développement de l’affaire, il semble toutefois que les négociations aient été menées par Ibrahim lui-même. [16]

Ces événements soulèvent un certain nombre de questions : si Fayad était proche du Hezbollah, le Hezbollah libanais se trouvait-il derrière l’enlèvement des Tchèques ? Quel fut le rôle des renseignements tchèques dans l’affaire, au regard du fait que l’un des hommes enlevés était un officier des renseignements tchèques ?

La similitude entre cette affaire et l’arrestation ce mois-ci d’agents du Hezbollah en France pour trafic de drogue et financement de terrorisme soulève la question suivante : Le Libanais non identifié utilisera-t-il le même modus operandi ici aussi, à savoir, des citoyens français seront-ils enlevés pour obtenir la libération des militants du Hezbollah arrêtés en France à la demande des États-Unis ?

* E.B. Picali est chargée de recherche à MEMRI ; H. Varulkar est directrice de recherche à MEMRI.

Lien vers l’article en anglais

Notes :

[1] Dea.gov/divisions/hq/2016/hq020116.shtml, 1er février 2015. Selon l’annonce de la DEA, quelques jours plus tôt, le département du Trésor américain avait annoncé des sanctions imposées au réseau financier de soutien du Hezbollah, en désignant les blanchisseurs d’argent affiliés au Hezbollah, Noureddine Hamdi et Zaher El Dine, accusés de fournir des services financiers ou de soutenir le Hezbollah, un Specially Designated Global Terrorist.

[2] Le rapport indique également que l’un des quatre individus a été libéré quelques jours plus tard car il ne pouvait pas être relié aux événements.

[3] Al-Nahar (Liban), 2 février 2016.

[4] Lebanondebate.com, 15 juillet 2015 ; Al-Sharq Al-Awsat (Liban), 3 février 2016.

[5] Al-Akhbar (Liban), 2 février 2016.

[6] Al-Safir (Liban), 18 juillet 2015, 5 août 2015.

[7] Al-Safir (Liban), 5 août 2015; Al-Akhbar (Liban), 2 février 2016.

[8] Al-Safir (Liban), 5 août 2015.

[9] Al-Safir (Liban), 2 février 2016.

[10] Al-Akhbar (Liban), 2 février 2016.

[11] Al-Safir (Liban), 2 février 2016.

[12] Al-Akhbar (Liban), 2 février 2016. Al-Safir (Liban), 4-5 février 2016.

[13] Al-Mustaqbal (Liban), 5 février 2016.

[14] Al-Safir (Liban), 5 février 2016.

[15] Al-Akhbar (Liban), 3 février 2016.

[16] En septembre 2015, la famille de Fayad a déclaré qu’Abbas Ibrahim avait accepté de s’occuper de l’affaire conformément à la demande de la famille, et qu’il était le seul élément officiel à le faire.Al-Akhbar (Liban), 9 septembre, 2015. Il convient également de mentionner qu’Al-Nahar a critiqué la gestion de l’affaire par l’Etat, soulignant qu’elle rappelle les cas d’enlèvements précédents au Liban ; les forces de sécurité libanaises n’ont jamais résolu aucun d’eux, même si les noms des ravisseurs et les lieux de détention des otages étaient connus. Le quotidien a ajouté : « Ce n’est probablement pas le dernier cas [de ce type]. » Al-Safir, Al-Nahar(Liban), 2 février 2016.

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 15:47

Le cheikh du Hamas et animateur TV Abou Funun : Le sang israélien ne vaut pas le sang palestinien

Hamas Cleric and TV Host Abu Funun_ Israeli Blood is not on a Par with Palestini

 

https://www.youtube.com/watch?v=DZjm3jkb35s

 

Le cheikh du Hamas Iyad Abou Funun critique les responsables de l’Autorité palestinienne (AP) qui entendent déjouer les attentats anti-israéliens. Abou Funun affirme, dans son talk-show diffusé sur la chaîne Al-Aqsa du Hamas, que le sang israélien n’est pas égal au sang palestinien, et que les déclarations des responsables de l’AP vont à l’encontre du Coran. Les Israéliens venus d’Ethiopie, d’Allemagne, de Russie ou de France sont « des bandits de grand chemin, des gangs criminels », s’exclame-t-il. « Bientôt, nous n’aurons d’autre choix que de dire que nous les avons occupés. » L’émission est passée le 25 janvier 2016. Extraits :

Abou Funun : Si effectivement certaines des opérations étaient déjouées… Certaines personnes se vantent d’avoir déjoué des centaines d’opérations contre les sionistes, et d’avoir mis fin aux effusions de sang sioniste, comme si le sang israélien équivalait au sang palestinien… C’est très grave de dire une chose pareille. De telles déclarations ne doivent pas être prononcées par des membres de notre peuple et de notre nation.…

Le sang de ces [Israéliens] étrangers est-il égal au sang de notre propre peuple ? Leur sang vaut-il le sang de nos martyrs ? Leur sang vaut-il celui de nos femmes et de nos filles ? Ces gens ne connaissent même pas leurs propres origines. D’où sont-ils venus ? D’où ces étrangers sont-ils venus ? D’Ethiopie ? De Russie ? D’Allemagne ? De France ? Ce sont des bandits de grand chemin. Ce sont des gangs criminels. Ils sont venus sur notre terre et s’en sont emparée. Alors, dire que leur sang est comme notre sang ? Comme le sang de nos fils ? De nos femmes ? De nos enfants ? Et nous devrions défendre leur sang, comme nous défendons celui de notre propre peuple… C’est grave de dire une chose pareille ; il ne faut pas dire une chose pareille. Il est inacceptable que quiconque tienne de tels propos.

Mes frères, c’est contraire au Coran. « Tu verras que les plus hostiles aux croyants sont les juifs et les polythéistes ». Cela va à l’encontre du Coran.

[…]

Il ne s’agit pas de différends politiques, mes frères, ou de différences entre partis ou organisations politiques. Cela va beaucoup plus loin. C’est à prendre très au sérieux. Aujourd’hui, certaines personnes font peu de cas du sang de nos fils et de nos martyrs, et considèrent le sale sang sioniste… Je dis que le sang sioniste est 100 % sale. C’est du sang sale car c’est un sang meurtrier, criminel, agressif, le sang de nos occupants, qui attaquent notre honneur, qui attaquent tout ce qui est saint, qui attaquent tout notre peuple, l’incitant à partir.

Comment pourrais-je accepter une comparaison entre ce sang et le sang de notre peuple opprimé et blessé ? Bientôt nous n’aurons pas d’autre choix que de dire que nous les avons occupés, que nous avons occupé cette terre, et que les sionistes qui vivent ici sont les vrais propriétaires de cette terre. Il ne nous reste plus qu’à parler comme ça et nous en avons fini !

 

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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 14:37

Le Hezbollah en butte à des critiques au Liban pour avoir assiégé Madaya : La famine qu’il impose aux Syriens rappelle des précédents de crimes d’extermination de masse dans l’Histoire

hezbollah

 

 

Par : Dr M. Terdiman et E. B. Picali *

Ces sept derniers mois, la ville syrienne de Madaya, au nord-ouest de Damas, a été assiégée par le Hezbollah et par les forces du régime du président syrien Bachar Al-Assad. Le sort de la ville a récemment fait les gros titres, suite à de nombreux rapports médiatiques sur ses habitants souffrant de malnutrition et même mourant de faim, l’entrée de vivres dans la ville et l’aide humanitaire étant interdites.

Madaya est comprise dans un accord de cessez-le-feu de six mois entre les forces rebelles et les assiégeants, conclu sous la supervision de l’ONU. L’accord, entré en vigueur le 20 septembre 2015, stipulait que l’aide humanitaire serait autorisée dans la ville d’Al-Zabadani, également assiégée par le Hezbollah et par le régime syrien, et prévoyait l’évacuation des combattants et des civils blessés. En retour, les civils chiites seraient autorisés à quitter les villes de Fua et de Kefraya, situées dans des enclaves chiites de la région de Rif Idlib, assiégées par les forces rebelles. Concernant Madaya, proche d’Al-Zabadani, l’accord stipule que son siège sera levé, l’aide humanitaire autorisée, et que les personnes grièvement blessées, identifiées par le Croissant-Rouge sous la supervision des Nations unies, seront évacuées.

L’aide humanitaire a en effet été autorisée à Madaya le 18 octobre 2015, puis environ trois mois plus tard, le 11 janvier 2016. Toutefois, malgré les demandes de l’ONU, exprimées par le Secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, d’évacuer de la ville quelque 400 civils souffrant de malnutrition, et les informations faisant état de 16 personnes ayant péri de faim, le siège de Madaya se poursuit. Le Hezbollah l’aurait même renforcé et ne permettrait aucune évacuation.

Comme indiqué, Madaya a attiré l’attention des médias internationaux, y compris ceux du Moyen-Orient et du Liban. Des photos de civils affamés, dont des enfants et les personnes âgées, ont été largement diffusées par les médias et les réseaux sociaux, imputant la responsabilité au régime syrien et au Hezbollah. Le Hezbollah, pour sa part, nie ces accusations, affirmant que les photos ont été truquées et distribuées dans le cadre d’une campagne de diffamation.

Les démentis du Hezbollah n’ont eu aucun effet sur les opposants de l’organisation au Liban, tant parmi les Forces du 14 mars que les militants et journalistes chiites indépendants, qui la fustigent, l’accusant de commettre des crimes contre l’humanité et d’affamer une ville entière. Ils comparent ses agissements aux crimes nazis et à d’autres actes d’extermination de masse dans l’histoire. Les adversaires du Hezbollah au Liban soulignent que ces actes mettent au jour l’immoralité de l’organisation ainsi que son hypocrisie – puisqu’elle prétend protéger les faibles et les opprimés – et qu’ils ternissent l’image de l’axe de la résistance dans son ensemble. Des articles et des caricatures anti-Hezbollah ont également été publiés dans la presse saoudienne, qui soutient les Forces du 14 mars et dont l’hostilité à l’égard du Hezbollah n’est pas un secret.

Dr M. Terdiman et E. B. Picali sont chargés de recherche à MEMRI

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 15:37

Le chef du Parti de la paix libanais Roger Edde : Le problème des Arabes est l’Iran, pas Israël

Leader of the Lebanese Peace Party Roger Edde_ The Arabs' Problem Is Iran, Not I

 

http://www.memritv.org/clip/en/5304.htm

Roger Edde, chef du Parti Assalam, parti national libanais de la paix, a estimé dans un talk-show sur Mayadeen TV, le 20 janvier 2016, que les Arabes avaient un problème avec l’Iran, et non avec Israël. Concernant la récente escalade des violences en Israël et la multiplication des pertes palestiniennes, Edde affirme que tout Palestinien qui saisit un couteau pour poignarder un Israélien sait que quelqu’un lui tirera dessus, et que par conséquent, cela équivaut à un suicide.

Extraits :

Roger Edde : Le problème des Arabes est l’Iran, pas Israël. Tous ceux qui appellent aujourd’hui à combattre Israël, en dédramatisant les questions relatives à l’Iran, ont un problème. Que l’Iran nous donne des garanties. Qu’attendons-nous de l’Iran ? Nous voulons qu’il tire profit des liens normalisés qui se sont tissés avec la communauté internationale. J’admets avoir été grand partisan des négociations avec l’Iran depuis 2003.

Journaliste : Il nous reste une minute.

Roger Edde : J’ai commencé chez moi à Paris.

Journaliste : Nous avons une minute. La question est…

Roger Edde : Je souhaite progresser vers des relations normalisées. Je veux que l’Iran devienne un pays que nous respectons et qui nous respecte. Je ne veux pas qu’il « exporte » la Révolution, dans l’intention de déclencher un conflit civil au Levant et dans le reste du monde arabe.

[…]

Journaliste : 132 jeunes Palestiniens de Cisjordanie ont été tués de sang-froid par Israël ces deux derniers mois.  Pouvez-vous me dire ce que les régimes arabes…

Roger Edde : C’est un phénomène révolutionnaire, dont l’importance, comme dans toute révolution… Ces gens sont des candidats au suicide. La nouvelle révolution est en marche en Israël, et Israël ne doit l’accepter en aucun cas, car quiconque essaie de mener une opération sait qu’il va au-devant de sa mort. S’il attrape un couteau pour attaquer une femme, il sait que c’est un suicide, car quelqu’un lui tirera dessus…

Journaliste : Pardonnez-moi, mais j’ai une question personnelle : considérerez-vous Israël comme votre ennemi ?

Roger Edde : Oui, bien sûr. C’est la première chose…

Journaliste : Pourquoi ?

Roger Edde : Parce que nous n’avons pas de paix avec eux. Nous sommes en état de guerre. Nous avons une trêve avec Israël et nous sommes tenus de respecter la trêve.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 15:29

Un nouveau chant de l’EI en français glorifie le martyre

 

ParAmour

Le 8 février 2016, L’État islamique (EI) a diffusé un nouveau nashid[chant] en français glorifiant la mort en martyr pour Allah. Ce nashid,produit par le centre médiatique Al-Hayat de l’EI, est diffusé via Twitter et Telegram [1] et hébergé principalement sur Archive.org.

Intitulé « Par amour », le chant est une déclaration d’amour à Allah d’un combattant, avant de mourir et de recevoir les récompenses du martyr au Paradis.

Le chant est produit par les frères Fabien et Jean-Michel Clain, des ressortissants français originaires de la Réunion. Ils incarnent la voix officielle de l’EI en français, présentant ses contenus audio dans cette langue, y compris les informations officielles émises quotidiennement par la radio Al-Bayan de l’EI[2].

Fabien Clain

Soulignons que les nashids sont un outil efficace pour transmettre les messages de l’EI à un vaste public [3]. L’EI a  déjà produit plusieurs nashids en français, [4] dont deux le mois dernier, dans une vidéo sur les assaillants de Paris. [5]

Paroles de « Par amour » :

Par amour pour Allah je suis prêt à partir

Sous le trône du Tout-puissant en martyr

A ceux que j’aime d’un amour fraternel

Rendez-vous dans le paradis éternel 

Par amour pour Allah je vais vous quitter

Serein je cours vers la mort sans hésiter

Des frayeurs de la tombe il m’épargnera

Dans l’oiseau vert mon âme s’envolera 

Par amour pour Allah je vais vous laisser

Demandant pardon si je vous ai blessés

Mon Dieu s’est engagé à me pardonner

Le Jour du Jugement je serai couronné

Notes :

[1] Telegram.me/EI_Nachir_Fr2.

[2] Voir le rapport de MEMRI JTTM ISIS Launches Android App For Its Radio Broadcasts, 1er février 2016.

[3] Voir MEMRI JTTM The Songs Of The Islamic State – A Major Tool For Reinforcing Its Narrative, Spreading Its Message, Recruiting Supporters, Inquiry & Analysis Series No. 1179, 11 août 2015.

[4] Voir le rapport de MEMRI en français, Nouveau chant en français de l’Etat islamique : Avance, tue les soldats du diable sans hésitation, 4 novembre 2015.
[5] Voir le rapport de MEMRI en français, L’EI diffuse le message posthume des neuf assaillants de Paris : « Vous allez goûter la terreur », 25 janvier 2016.

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 15:23

Le député irakien Mishan Al-Jabouri, membre de la commission pour l’intégrité : Toute la classe politique est corrompue ; j’ai reçu des millions de dollars de pots-de-vin

joubouri

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=hxoNSCuQGpM
Dans une interview télévisée diffusée le 26 janvier 2016 sur Al-Etejah, le député irakien Mishan Al-Jabouri admet avoir reçu des millions de dollars de pots-de-vin. Selon lui, tous les politiciens irakiens acceptent les pots-de-vin et seuls les lâches les refusent. L’ensemble de la classe politique serait corrompue - et responsable de la destruction du pays, admet-il. 

Al-Jabouri est membre de la Commission irakienne pour l’intégrité, chargée d’enquêter sur la corruption gouvernementale. Il a refusé de divulguer les noms de ses collègues politiciens corrompus, de peur qu’ « ils me tuent en pleine rue ».  Extraits : 

Journaliste : Qui est derrière la corruption ?

Mishan Al-Jabouri : Nous le sommes tous. Tout le monde joue un rôle.

Journaliste : Vous tous [les politiciens] ?

Mishan Al-Jabouri : Oui, tout le monde.

Journaliste : Comment cela ?

Mishan Al-Jabouri : Je suis membre de la Commission pour l’intégrité. Nous ouvrons des dossiers, puis nous les refermons quand nous recevons des pots-de-vin. C’est un exemple.

Journaliste : Avez-vous reçu des pots-de-vin ?

Mishan Al-Jabouri : Ô oui. Sur mon honneur, j’en ai pris. Ils m’ont corrompu pour fermer un dossier, mais je ne l’ai pas fermé. J’ai pris quelques millions de dollars, mais je n’ai pas fermé le dossier. Je ne considère pas cela comme un pot-de-vin. Je le vois comme arnaquer un chien corrompu.

Journaliste : Qui d’autre est corrompu ?

Mishan Al-Jabouri :Tout le monde. Tout le monde ! Les sunnites, les chiites et les laïcs sont tous corrompus.

Journaliste : Le parlement ? Le gouvernement ?

Mishan Al-Jabouri : Ils sont tous corrompus. Si quelqu’un n’est pas corrompu, c’est parce que c’est un lâche. Soit ils sont corrompus et prennent des pots-de-vin, soit ils les reçoivent sous forme de concessions.

Journaliste : C’est bien d’être au gouvernement ?

Mishan Al-Jabouri : Très bien. Nous recevons une voiture blindée avec une escorte, et quand vous arrivez à un barrage routier, vous dites simplement : je suis député.

Journaliste : Alors vous êtes responsable de la destruction de ce pays ?

Mishan Al-Jabouri : Bien sûr. Tout l’échelon politique en est responsable. S’il y a un sans-abri en Irak, un enfant qui va se coucher le ventre vide, ou un Irakien qui meurt parce qu’il n’a pas de médicament, la raison en est la classe politique de la Zone verte [périmètre ultra-sécurisé à Bagdad] et la classe politique qui gère les diverses provinces. Nous sommes tous responsables. Tous. Nous mentons tous, volons tous, et prenons tous des pots-de-vin. Quiconque dit qu’il ne prend pas de pots-de-vin ment. Si j’ajoute quelque chose, ils me tueront en pleine rue.

Journaliste : C’est une mise en accusation de toute la classe politique.

Mishan Al-Jabouri : Par Dieu, les histoires que je connais… Si les Irakiens connaissaient ces histoires, ils prendraient d’assaut la Zone verte et la brûleraient.

Journaliste : Donnez-nous un exemple.

Mishan Al-Jabouri : Je ne peux pas parler.

Journaliste : La moitié d’une histoire…

Mishan Al-Jabouri : Non, ils me tueront.

 

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 13:31

Films animés jordaniens pour dissuader les jeunes de rejoindre les mouvements terroristes

IMAGE 5302 - jordanian animation

 

Deux courts métrages animés ont été mis en ligne en octobre 2015, dans le cadre d’une initiative antiterroriste jordanienne destinée à dissuader les jeunes de rejoindre des organisations terroristes. Les films, produits par les artistes jordaniens Rania Ismail et Hassan Sabaileh, entrent dans le cadre d’une campagne intitulée « Le terrorisme à la porte », qui présente une pièce de théâtre du même nom, actuellement jouée devant un public d’étudiants dans diverses universités à travers la Jordanie. Les films ont pour protagoniste un jeune homme négligé par ses parents qui se tourne vers des sites de l’Etat islamique , lesquels lui promettent de faire de lui un glorieux commandant.

Extraits :

http://www.memritv.org/clip/en/5302.htm

Fahran : Maman, maman…

Mère : OK, Hana, nous organiserons la fête avec elle par téléphone.

Fahran : Maman…

Mère : Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne vois pas que je suis au téléphone et que je suis en retard pour la fête ?

Fahran : Mais…

Mère : Tais-toi !

Dans le salon

Fahran : Papa, j’ai besoin d’un prof particulier.

Père : Tu n’es pas bon à l’école ni à la moindre tâche où tu pourrais m’aider. Tu es un échec.

Fahran : Non, c’est faux.

Père : Qu’est-ce que tu as dit ? Prends ça !

Il lui donne une gifle

Fahran : Aïe !

Devant l’ordinateur

Propagande de l’EI : « Veux-tu devenir un grand chef, au lieu d’être un marginal ? Rejoins-nous maintenant ! »

Père : Que Dieu nous aide, Khadra. Fahran a rejoint les groupes terroristes !

Mère : Ô mon Dieu ! Notre négligence nous a coûté notre fils. Les groupes terroristes lui ont tourné la tête.

Père : Mon fils, si seulement tu avais choisi la bonne voie…

Autre scène

Fahran : Salim, ne te mêle pas de mes affaires personnelles.

Salim : Tu surfes sur des sites terroristes ? Je vais le raconter à Maman.

Mère : Salim a surpris Fahran sur des sites terroristes.

Père : Quoi ?!

Fahran : Papa, ces sites sont apparus par accident pendant que je téléchargeais un nouveau logiciel.

Père : Qu’est-ce qu’ils te veulent ?

Fahran : Ils veulent faire de moi un grand chef, comme ils l’ont fait avec d’autres [jeunes] comme moi.

Père : Ils veulent faire de toi un numéro à ajouter à leur liste de crimes. Tant de jeunes gens en sont venus à croire à ces sites, et ont quitté l’école et leurs familles pour courir après une illusion. Lorsqu’ils l’ont regretté, ils ne pouvaient plus revenir, c’était trop tard.

Mère : Ne les laisse pas empoisonner ton esprit. Crois-moi, ton pays a besoin de toi, et ton avenir est devant toi.

Père : Ô mes petits, mes fils, prenez garde aux groupes terroristes qui se cachent derrière le voile de la religion.

 

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