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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 07:49

LA GOUTONNERIE NE PAIE PAS : L’ancien directeur général de l’AIEA, Mohamed El Baradei : En refusant de mettre fin à l’état de guerre, les Arabes ont manqué l’occasion de conclure un accord avec Israël

 

L’ancien directeur de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] et ancien diplomate égyptien Mohamed El Baradei a déploré les occasions diplomatiques manquées par les Etats arabes. El Baradei a donné comme exemple un projet de résolution soumis aux Nations unies après la guerre de 1967, par lequel les pays latino-américains avaient suggéré le retrait israélien total des territoires occupés en échange de la fin de l’état de guerre. Le bloc arabe aux Nations unies avait contrecarré la résolution. « Cela m’attriste », a ajouté El Baradei dans une série d’interviews pour la chaîne télévisée Al-Araby, basée au Royaume-Uni, dont le premier volet a été diffusé le 7 janvier 2017. « Quelle autre solution y a-t-il ? Il n’y en a pas », a-t-il dit. Extraits :

Mohamed El Baradei : Laissez-moi vous dire deux choses. Cela m’attriste de dire cela. J’étais jeune alors. Revenons à juillet 1967. C’était après que le Conseil de sécurité des Nations unies fut parvenu à un cessez-le-feu, sans toutefois aboutir à un accord sur un retrait d’Israël des territoires occupés. L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie en juillet 1974 [sic], et 18 pays d’Amérique latine ont soumis un projet de résolution, composé de deux clauses : le retrait d’Israël de tous les territoires occupés en 1967, et la cessation de l’état de guerre.

Journaliste : Le retrait de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est…

Mohamed El Baradei : Oui, le retrait total et la fin de l’état de guerre. Je n’ai même pas parlé de relations pacifiques, mais simplement de « cessation de l’état de guerre », et d’une solution juste au problème palestinien. Mais nous, dans le monde arabe, le rejetons. Je me souviens que nous ne l’avons pas simplement rejeté, mais nous avons aussi contacté tous les amis des Arabes pour contrecarrer cette résolution. Au bout du compte, cette résolution a été écartée. 57 ont voté pour et 43 ont voté contre. Ces 43 Etats, c’était nous. Je me souviens encore de comment nous nous tenions là-bas en 1967 – peut-être pas moi personnellement – mais tous les représentants des pays arabes et africains se trouvaient dans la salle de l’Assemblée et ont applaudi après avoir contrecarré cette résolution. Je m’interroge aujourd’hui : pourquoi avons-nous mis les bâtons dans les roues ? Nous aurions récupéré toutes les terres et aurions mis fin à l’état de guerre.

Journaliste : Avez-vous trouvé une réponse à cette question ?

Mohamed El Baradei : La réponse est que nous n’avons jamais évalué correctement notre pouvoir, et donc les demandes que nous pouvions faire. Je me souviens des discours pompeux que j’avais entendus alors … J’étais encore un jeune homme. En 1967, j’avais 25 ans. Je faisais mes premiers pas dans le monde de la diplomatie. Je me rendais alors aux réunions du bloc arabe aux Nations unies, et j’entendais tous ces discours pompeux qui disaient : « Comment pourrions-nous accepter de mettre fin à l’état de guerre ? »… D’accord, disons que nous ne l’acceptons pas. Quelle autre solution y a-t-il ? il n’y en a pas !

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:04

Turki Al-Hamad : Notre société a été prise en otage, mais le libéralisme l’emportera

L’auteur saoudien Turki Al-Hamad s’est déclaré optimiste quant à la possibilité de changement dans la société saoudienne : « Même si notre société a été prise en otage » et qu’elle « a subi des choses inimaginables », « une idéologie viable prendra le dessus, même s’il faut pour cela du temps ». Dans une interview diffusée sur la chaîne télévisée Rotana Khalijiyya le 22 janvier 2017, Al-Hamad a ajouté : « Nous semons les graines. Peut-être la terre n’est-elle pas encore prête, et peut-être qu’il ne pleuvra pas cette saison, mais quand l’occasion se présentera, ces graines pousseront. » Extraits :

Journaliste : Dr Turki Al-Hamad, êtes-vous le dernier des libéraux saoudiens ? Y a-t-il quelqu’un d’autre ?

Turki Al-Hamad : Bien sûr que oui. Et je pense que l’idéologie philosophique libérale – le libéralisme sous sa vraie forme, non déformée – se répand vite ces jours-ci. Par conséquent, je ne peux pas…

Journaliste : Comment se fait-il que la plupart de mes invités essaient d’esquiver la question, parlant de « progressisme » plutôt que de « libéralisme » ?

Turki Al-Hamad : Changer ainsi d’appellation revient à succomber aux pressions de ceux qui s’efforcent de déformer le principe [de libéralisme]. Regardez le monde civilisé, l’Europe, l’Amérique et ailleurs. Ce sont tous des pays libéraux. Où va un islamiste lorsqu’il est persécuté dans son propre pays ? Il va dans un pays libéral qui protège ses droits.

Journaliste : Exact.

Turki Al-Hamad : Où sont allés les réfugiés syriens et irakiens ? Ils se sont rendus en Europe, pas en Afghanistan, en Iran ou ailleurs. Les gens tentent de déformer le libéralisme en l’assimilant à de la corruption morale.

Journaliste : Et ils ont réussi à le faire.

Turki Al-Hamad : Et comment. Le libéralisme signifie « vivre et laisser vivre ». C’est aussi simple que cela. Respectez mes opinions, et je respecterai les vôtres. Vous pouvez avoir votre liberté et j’ai la mienne, tant que nous ne nous portons pas préjudice l’un l’autre, et que tout le monde est soumis à la loi. C’est le libéralisme en un mot. […]

Il faudra toute une génération pour que les gens reprennent leurs esprits, pour que la société [saoudienne] retrouve la raison. Notre société a été prise en otage. Notre société a été dévoyée. Elle a subi des choses inimaginables. Toute une génération doit passer pour que la société retrouve ses esprits. Il y a une nouvelle génération en Arabie saoudite qui m’impressionne. Des discussions philosophiques, des débats idéologiques … Il y a du changement. […]

La vie est diverse. Allah nous a créés pour vivre et construire cette vie, non pour prêcher la mort. Par conséquent, une idéologie viable prendra le dessus, même si il faut du temps pour cela. Nous semons les graines. Peut-être la terre n’est-elle pas encore prête, peut-être qu’il ne pleuvra pas cette saison, mais quand l’occasion se présentera, ces graines pousseront.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:02

La députée yézidie irakienne Vian Dakhil : Nous avons racheté 2 750 femmes et enfants yézidis à l’EI ; le gouvernement irakien n’a pas fait assez

 

Dans une récente interview télévisée, la députée yézidie irakienne Vian Dakhil a déclaré que le gouvernement régional kurde avait racheté 2 750 femmes et enfants yézidis à l’Etat islamique (EI), mais que le gouvernement irakien avait peu fait pour soutenir cet effort. « Voyons ce que le gouvernement [irakien] a fait. Nous avons un ministère de la Migration et des déplacés, qui est censé s’occuper de ces affaires. Qu’a fait ce ministère ?… Le ministre est un Kurde. Mais qu’a-t-il fait ? »

Dakhil a ajouté que la bataille pour reconstituter le tissu social de Mossoul après sa libération et restaurer ce qui a été détruit par l’EI serait plus ardue que celle pour Mossoul elle-même, « car nous avons perdu toute confiance ». Elle était interviewée sur la chaîne irakienne Beladi le 19 janvier 2017. Extraits :

Vian Dakhil : Lorsque l’EI a pris d’assaut Sinjar, a commencé à kidnapper les femmes et les enfants, et à massacrer les hommes, le Premier ministre du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) a décidé de créer un bureau, appelé « bureau des affaires des kidnappés ». Ce bureau aide les familles à récupérer leurs filles ou – disons les choses clairement – les aide à racheter leurs filles. Jusqu’à présent, nous avons racheté plus de 2 750 femmes, enfants et familles à l’EI. Bon nombre d’entre eux ont été rachetés de Mossoul, Tal Afar et Al-Baaj – de gens qui étaient nos voisins, nos amis, notre peuple.

Journaliste : Seigneur.

Vian Dakhil : Nous les leur avons rachetés. Certains d’entre eux ont été vendus pour 3 000 à 5 000 dollars. Après l’intervention du Gouvernement régional du Kurdistan pour apporter son aide, ils ont monté le prix à 10 000 dollars par famille. En dépit de la crise économique en Irak en général, et notamment au Kurdistan, le GRK a investi de gros efforts là-dedans. Personne ne devrait penser que racheter 2 750 personnes est chose facile. Il y a beaucoup de difficultés : comment les transporter, comment les faire venir ? et tous les médiateurs… Ce n’est pas une affaire facile. Tous nos camps de réfugiés se trouvent dans la région du Kurdistan, et ils fournissent défense, sécurité, eau, électricité et aide. Il est vrai que l’aide provient d’organisations internationales, des Nations unies etc., mais c’est aussi un fardeau de taille pour le Kurdistan. Aujourd’hui, le nombre de personnes déplacées dans le gouvernorat de Duhok a égalé celui des résidents. Ils ont tous besoin de services, d’infrastructures, de protection, etc. Tout cela doit être pris en considération. Voyons ce qu’a fait le gouvernement [irakien]. Vous avez le ministère des Migrants et des Déplacés, qui est censé s’en occuper. Qu’a-t-il fait ?

Journaliste : Le ministre lui-même est du Kurdistan…

Vian Dakhil : Le ministre est kurde. C’est vrai… Mais qu’a-t-il fait dans cette affaire ? […]

Je dis toujours que la bataille pour Mossoul ne sera pas aussi ardue que la bataille de l’après Mossoul. Je ne dis pas cela parce que je suis une députée de Mossoul, mais parce que Mossoul est dotée d’une plus grande diversité ethnique et religieuse que d’autres régions, et que plus de transgressions se sont produites à Mossoul qu’ailleurs – dont des attaques contre les femmes yézidies. La bataille de l’après Mossoul sera la plus dure. Le tissu social du Gouvernorat de Ninive a été réduit en pièces. Des voisins… Appelons un chat un chat… Nous parlons de villages d’Arabes musulmans sunnites, avec lesquels nous vivions depuis des siècles en voisins, frères et amis. D’un coup, quand l’EI est arrivé en Irak, ils ont rejoint les rangs de ces étrangers, et se sont retournés contre leurs compatriotes irakiens, leurs voisins, leurs amis, leurs frères pour perpétrer ces actes criminels – ces massacres, meurtres et enlèvements. On ne peut facilement réconstituter un tissu social qui a été déchiré. […]

Ce sont des crimes, et le système judiciaire irakien doit punir ces criminels. Cependant, il serait injuste de confondre ces gens avec tout un secteur. Si nous assimilons ces gens à l’islam [nous commettrions une injustice] envers tous les musulmans qui nous ont soutenus et se sont tenus à nos côtés dans les moments difficiles. Comment pourrions-nous les assimiler à ces criminels ? Ce ne serait pas juste. Nous devons fairela différence.

Le système judiciaire irakien doit punir ces criminels. C’est la seule solution. Je ne peux convaincre un Yézidi qui a perdu sa femme et ses filles, dont les enfants ont été massacrés, dont la famille a été tuée et dont la maison a été détruite… Je ne peux lui dire de retourner à Sinjar vivre avec les voisins qui ont perpétré ces actes. C’est déraisonnable. C’est impossible. Le processus de restauration de ce qui a été détruit par l’EI, après [la libération de] Mossoul, sera le plus difficile. Nous devons bâtir des ponts de confiance, car nous avons perdu toute confiance. Je ne peux me sentir rassurée et retourner à Sinjar. Qui peut garantir que ces événements ne se reproduiront pas dans cinq ans ? Je ne blâme pas les étrangers de l’EI. Ce ne sont pas les membres tunisiens, saoudiens, tchétchènes ou chinois de l’EI que je blâme, mais les terroristes immergés dans leur idéologie de meurtre. J’accuse en premier lieu les gens de ma propre ville, de mon propre village.

Les Tchétchènes n’auraient pu identifier les Yézidis par eux-mêmes. Quelqu’un de mon village les a désignés. Les Chinois n’auraient pu savoir quelles maisons appartenaient aux chrétiens. Quelqu’un de mon village les a désignées. Ils marquaient les murs des maisons chrétiennes à Mossoul, et ces maisons devenaient ensuite la propriété de l’EI.

Journaliste : Etes-vous optimiste face à l’avenir ? [silence] Votre silence est éloquent. Soutiendrez-vous les Kurdes s’ils déclarent leur propre Etat ?

Vian Dakhil : Oui.

Journaliste : En tant que Yézidie ?

Vian Dakhil : En tant que Yézidie.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 15:48

Salehi, responsable du dossier nucléaire iranien : l’accord est scellé ; il n’y aura aucune modification

 

Le vice-président iranien Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, a souligné, en réaction à la rhétorique de la campagne électorale de Trump, que « l’aspect technique [du JCPOA] est scellé ». Les négociations sont terminées, a-t-il affirmé, « en particulier concernant les articles techniques, qui sont l’épine dorsale de l’accord ». Saleh a précisé que si Washington renonçait à l’accord, l’Iran s’en trouverait mieux. « Nous sommes capables de revenir au point où nous en étions avant l’accord, d’une manière qui dérouterait et choquerait l’administration américaine », a-t-il dit. Ses déclarations ont été faites lors d’une interview télévisée sur Al-Jazeera, le 23 janvier 2017. Extraits :

Ali Akbar Salehi : Concernant l’aspect technique, tout va bien. L’Iran a respecté ses engagements. Récemment, nous avons franchi la dernière étape en retirant l’infrastructure des centrifugeuses à l’usine de Fordo. Dans ses derniers rapports, M. Amano dit que l’Iran s’est conformé à ses engagements et a tenu ses promesses. Concernant l’aspect juridique relatif à la question des inspections et la question du Protocole additionnel, nous maintenons qu’il n’y a aucun problème. Ce qui reste est l’aspect des sanctions et les questions politiques. C’est là que les problèmes se situent, car l’autre partie n’a pas respecté ses engagements en vertu de l’accord. Peut-être a-t-elle pris quelques mesures ostensibles pour faire croire qu’elle respectait ses engagements, mais la vérité est qu’elle n’a rien fait. Sinon, comment expliquer le fait que nos relations avec les grandes banques n’aient pas progressé, pas même d’un pas ?

Journaliste : Quand vous parlez de « l’autre partie », vous voulez dire les États-Unis ou tout le monde ?

Ali Akbar Salehi : En effet, je veux parler de l’Amérique. Jusqu’à présent, elle n’a rien fait qui mérite d’être mentionné. Elle n’a pris aucune mesure nécessaire, comme de donner le feu vert aux grandes banques. Ces banques nous traitent encore avec suspicion et hésitation… Car elles n’ont pas reçu de message clair des Américains… En apparence, l’Amérique fait ce qu’il faut, mais en douce, dans les coulisses, elle tente même de mettre des bâtons dans les roues. […]

Les positions [américaines] à notre égard sont clairement négatives, mais en un sens, certaines d’entre elles sont à notre avantage. Quand le président américain élu affirme que cet accord est le pire accord de l’histoire, la question est de savoir s’il est mauvais pour l’Iran ou pour l’Amérique et son président. Il veut sans nul doute dire que l’accord est mauvais pour lui, car il veut nous imposer un mauvais accord. Evidemment, cela n’arrivera jamais. Nous ne voulons pas juger à l’avance. Nous préférons attendre patiemment que la nouvelle administration commence à travailler, pour voir ce qu’elle fera dans le monde réel.

Heureusement, en Iran, nous sommes prêts à toutes les éventualités. Si la nouvelle administration maintient l’accord, respecte ses articles et les engagements de Washington, ce sera une bonne chose. C’est ce que nous voulons. Nous ne voulons pas que l’accord essuie de revers. […]

Mais si Washington renonce à l’accord, il devra en assumer la responsabilité aux yeux de l’opinion publique internationale. Nous ne perdrions rien, car nous reviendrions au point où nous en étions avant l’accord. Nous sommes capables de revenir là où nous étions avant l’accord, d’une manière qui dérouterait et choquerait l’administration américaine. […]

Journaliste : Donc l’Iran est capable de revenir au point où il en était avant l’accord sur le nucléaire…

Ali Akbar Salehi : Oui, rapidement – et à une bien meilleure position nucléaire qu’avant l’accord. Nous ne souhaitons pas que cela se produise. L’Iran ne sera pas le premier à violer l’accord sur le nucléaire. C’est notre décision en Iran.

Journaliste : En bref, l’Iran est-il prêt à apporter un changement quel qu’il soit à l’accord nucléaire ? Certains en Amérique disent que le but de toute cette pression est d’introduire des changements dans l’accord nucléaire. L’Iran est-il prêt à cela ?

Ali Akbar Salehi : Absolument pas. Permettez-moi de souligner que l’aspect technique de l’accord est totalement scellé.

Journaliste : Et s’ils émettent des exigences politiques ?

Ali Akbar Salehi : Nous ne pouvons pas aborder cette question maintenant, mais il n’y aura pas de nouveau processus de négociations sur l’accord nucléaire. C’est très clair.

Journaliste : Donc les négociations sont terminées ?

Ali Akbar Salehi : Oui, elles sont terminées, surtout concernant les articles techniques, qui sont l’épine dorsale de l’accord. Les articles portant sur l’enrichissement d’uranium, l’eau lourde, l’usine d’Arak et d’autres questions, ne sont plus sujets à débat.

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 00:02

Iran : l’administration Obama a donné son consentement au développement de missiles balistiques iraniens d’une portée de 2 000 km – capables d’atteindre Israël, mais pas l’Europe

 

Par : A. Savyon, Yigal Carmon et U. Kafash *

Des responsables iraniens évoquent le consentement non-écrit de l’administration Obama lors des négociations du JCPOA, tolérant le développement de missiles balistiques iraniens d’une portée de seulement 2 000 km.

Introduction

Le 30 janvier 2017, des sources américaines ont annoncé que l’Iran avait testé, sans succès, un nouveau missile balistique, le Khorramshahr. Selon les rapports, le missile a explosé après un vol de 965 km. [1] Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Zarif (le 31 janvier) et le ministre de la Défense Hossein Dehghan (le 1erfévrier) ont tous deux souligné que l’Iran « ne demande l’autorisation de personne quand il s’agit de son programme de défense ». [2]

Il convient de souligner que si les porte-parole du régime iranien soutiennent que le programme de missiles iranien est défensif, les missiles d’une portée de 2 000 km sont des missiles d’attaque stratégiques. C’est pourquoi l’Iran a dû faire face à des demandes constantes de mettre un terme au développement de ces missiles.

Dans les années qui ont précédé les pourparlers nucléaires entre les États-Unis et l’Iran, l’Iran avait mis au point des missiles balistiques d’une portée de 2 500 à 5 000 km, qui menaçaient donc l’Europe et même les États-Unis. Dr Hassan Abbasi, théoricien du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) et directeur du Centre d’analyse doctrinale de la sécurité des frontières au sein du CGRI, avait déclaré en 2004 : « Nous avons élaboré une stratégie visant à détruire la civilisation anglo-saxonne et à déraciner les Américains et les Anglais ».

« Nos missiles sont maintenant prêts à frapper leur civilisation, et dès que les instructions du Guide [Ali Khamenei] nous parviendront, nous lancerons nos missiles sur leurs villes et leurs installations… En raison de la politique de Khatami et du dialogue entre civilisations, nous avons été contraints de geler notre plan… Or désormais nous sommes à nouveau sur le point d’actualiser ce programme… Le front infidèle mondial est un front contre Allah et les musulmans, et nous devons user de tous les moyens dont nous disposons pour frapper ce front, que ce soit par des opérations suicide ou des missiles. » [3]

Un rapport du quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat en date du 14 juin 2004 faisait également état du retour des missiles longue portée Shihab 4 et Shihab 5, sur ordre du Guide suprême iranien Ali Khamenei. [4]

Il convient de noter qu’un rapport du 14 décembre 2013 sur le programme iranien de missiles, publié par l’agence de presse Mehr, affiliée au CRGI, immédiatement après l’Accord de Genève, apportait des précisions sur les différents modèles Shihab. Selon le rapport, les missiles Shihab 3D, d’une portée de 2 200 à 3 000 km, « peuvent facilement atteindre les territoires occupés [Israël]… et en couvrir toute la superficie ». Le rapport précise également que le Shihab 4 a une portée de 3 000 km et la capacité de lancer des satellites en orbite, et que « très peu d’informations » ont été publiées sur le Shihab 5. Les diagrammes de l’article comportent également un modèle de Shihab 6. [5]

Mssile iranien avec le slogan « Israël doit être rayé de la surface de la Terre » (Fars, Iran, 9 mars 2016)

Les Etats-Unis approuvent le développement de missiles iraniens d’une portée de 2000 km seulement – c’est-à-dire capables d’atteindre Israël

Toutefois, après le début des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, et à l’issue de leur première étape, à Genève en novembre 2013, des officiels iraniens ont commencé à affirmer que le programme de missiles iranien d’une portée de plus de 2000 km avait été restreint.

Ainsi, par exemple, immédiatement après la conclusion de l’accord intérimaire à Genève, le 10 décembre 2013, et en référence à celui-ci, le commandant du CGRI Mohammad Ali Jafari a déclaré que l’Iran était capable de fabriquer des missiles d’une portée de plus de 2000 km mais que Khamenei avait restreint le CGRI à une portée de 2000 km : “Nous voulons augmenter la portée des missiles du CGRI, mais malgré cela, le Guide [Khamenei] nous a limités à une portée de 2000 km. Nous avons la capacité d’accroître la portée de nos missiles, et ceux-ci devraient évidemment pouvoir atteindre Israël… Les lignes rouges du régime n’ont pas été franchies au cours des négociations nucléaires avec le [Groupe du] P5+1 et dans l’accord de Genève ».[6]

De fait, les commandants du CGRI ont souligné que la chose la plus importante pour le régime était de disposer de missiles capables de frapper Israël ; c’est ainsi, par exemple, que le directeur du département aérospatial et missiles du CGRI, Amir Ali Hajizadeh, a déclaré après un lancement de missile en 2016 : “Pour nous, le fléau [incarné par] Israël est évident, et la portée de 2000 km de nos missiles [est destinée] à confronter le régime sioniste”.[7]

Des citations détaillées concernant la volonté explicite du régime iranien de prendre pour cible Israël avec ses missiles peuvent être trouvées dans MEMRI Enquête & Analyse No. 1135, Iranian IRGC Missile Unit Commanders: We’ve Developed 2,000-km Range Missiles And Equipped Hizbullah With 300-km Range Missiles; Fars News Agency: Israel’s Illusions About Its Natural Gas Fields Will Be Buried In The Mediterranean, 3 décembre 2014, et dans la Dépêche spéciale No. 6349, Iran Launches Long-Range Missiles Emblazoned With Slogan: ‘Israel Should Be Wiped Off The Face Of The Earth’, 16 mars 2016.

Le 17 novembre 2014, l’agence de presse affiliée au CGRI Tasnim a publié un diagramme expliquant que l’Iran “se débrouille” avec une portée de 2000 km, qu’il considère comme “souhaitable” et qui couvre la totalité du territoire israélien : “Sous le feu – les commandants de l’armée de la République islamique [d’Iran] ont affirmé à plusieurs reprises qu’avec l’obtention de missiles à longue portée, d’une portée de 2000 km, l’Iran était parvenu au plafond qu’il considérait comme souhaitable, et que pour l’heure, il n’était pas nécessaire d’augmenter cette portée. Même si les Etats-Unis sont à 11 000 km de l’Iran, au cours des dernières années, ils se sont rapprochés des frontières de l’Iran, [et par conséquent] leurs bases militaires, équipements et leurs forces armées sont des cibles pour les missiles iraniens.

De même, le régime sioniste est l’ennemi principal de l’Iran dans la région ; or il se trouve à moins de 1200 km. Par conséquent, des missiles à courte et moyenne portée sont suffisants pour frapper des bases américaines proches de l’Iran, et des missiles à longue portée sont suffisants pour frapper les territoires occupés [Israël]. Le diagramme montre plusieurs de ces bases américaines et aussi les missiles qui effectuent un compte à rebours, en attendant le moment [où ils seront capables] de les frapper”.[8]

En outre, le ministre de la Défense Hossein Dehghan a déclaré le 18 août 2015, en réponse à la question d’un journaliste sur la fabrication de missiles d’une portée supérieure à 2000 km : “Nous ne fabriquons pas de missiles de portée supérieure à 2000 km ».[9]

L’autorisation américaine à l’Iran pour développer des missiles d’une portée atteignant 2000 km – capables de frapper Israël – est-elle une annexe secrète du JCPOA ou une clause tacite ?

Dans leurs déclarations, les officiels du CGRI ont laissé entendre que les restrictions à la portée des missiles iraniens pour qu’ils puissent atteindre Israël mais pas l’Europe faisaient partie de l’accord avec l’Iran. Ainsi, par exemple, le commandant du CGRI Mohammad Ali Jafari a fait référence à un accord du 2 novembre 2015 du CGRI à la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations unies, affirmant : “Un des points de cette résolution était la question des restrictions, que certains éléments de l’armée redoutaient. En conséquence, nous avons tenu des réunions au Conseil de sécurité nationale suprême de l’Iran et avons aussi été voir le Guide suprême [Khamenei]. L’équipe de négociateurs [iraniens] a dit aux Occidentaux que nous n’acceptions pas ces restrictions. Ils [les Occidentaux] ont affirmé que ces questions devaient être incluses à la résolution. Même lorsque j’ai rencontré le Guide, il a dit qu’il n’y aurait pas de restrictions aux capacités de développement défensives. La seule restriction concerne les missiles nucléaires, que nous n’avons, de toute évidence, jamais souhaités”.[10]

Le lendemain, le 3 novembre 2015, le chef d’état-major iranien Hassan Firouzabadi a évoqué les remarques de Jafari : “Je confirme les déclarations du commandant du CGRI selon lesquelles l’activité relative aux missiles de l’Iran n’est pas limitée. Nous suivrons deux restrictions : la première est mentionnée dans le JCPOA, et porte sur la question de la planification nucléaire, et la seconde est la portée de 2000 km, qui a déjà été relevée par tous les éléments en Iran”.[11]

Il convient de mentionner que la version en hébreu de ces informations, publiée par [l’office iranien de radio-télévision] IRIB le 4 novembre 2015, mentionnait explicitement, tant dans le titre que dans le texte, le fait que le JCPOA autorisait l’Iran à détenir des missiles balistiques d’une portée de 2000 km. Le texte de l’information en hébreu dit :

« Firouzabadi : l’accord sur le nucléaire promet à l’Iran des missiles d’une portée de 2000 km

Le chef d’état-major de l’armée iranienne Hassan Firouzabadi a souligné que l’Etat, sur les ordres du commandant en chef du CGRI [c.-à-d. Khamenei], s’est engagé notamment à restreindre la planification nucléaire, mais qu’il a le droit de produire des missiles d’une portée de 2000 km.

Firouzabadi a fait ces déclarations hier (mardi), devant un groupe de dirigeants et d’officiels du régime islamique, et a fait référence [aux déclarations] du commandant en chef du CGRI, soulignant que l’Iran respecterait les articles de l’accord nucléaire avec l’Occident incluant une restriction de la planification nucléaire, et qu’en outre, l’Iran avait le droit de détenir des missiles d’une portée de 2000 km.[12]

Ces déclarations indiquent que, même si l’autorisation donnée à l’Iran de développer des missiles capables de frapper Israël n’est apparemment pas une annexe secrète du JCPOA, elle constitue cependant une clause tacite qui fait partie de l’accord sur le nucléaire. Les deux parties ont un intérêt à ne pas publier cet accord par écrit – l’Iran parce qu’il refuse toute référence publique à son programme de missiles, qu’il définit comme défensif mais qui est en réalité offensif, et l’administration Obama, en raison des répercussions qu’entraînerait la révélation de son autorisation donnée à l’Iran de développer des missiles capables de frapper Israël.

Il convient d’observer que la Résolution 2231 (2015) du Conseil de Sécurité des Nations unies constitue une nouvelle concession de l’administration Obama envers l’Iran, en comparaison de la précédente résolution 1929 (2010). Cette concession comporte deux volets :

 

D’une part, la résolution UNSCR 1929 interdisait à l’Iran de mener toute activité sur des missiles capables de porter des têtes nucléaires, tandis que la résolution UNSCR 2231 a remplacé le mot “capable”, qui fait référence à des spécifications objectives, par l’expression “conçu pour être capable”, qui concerne des questions politiques fluides.

Deuxièmement, alors que la résolution UNSCR 1929 interdisait à l’Iran toute activité nucléaire, la UNSCR 2231 a levé cette interdiction.

Après l’essai de missile iranien du 9 mai 2016, qui a eu lieu après la Journée de mise en oeuvre du JCPOA – et qui avait embarrassé l’administration Obama – le directeur du département aérospatial et missiles du CGRI, Amir Ali Hajizadeh, a déclaré : “les Américains nous ont dit : ‘Ne parlez pas des questions de missiles, et si vous effectuez des essais ou des manoeuvres, ne les mentionnez pas”.[13]

*A. Savyon est Directrice du Projet Iran de MEMRI ; Y. Carmon est Président de MEMRI ; U. Kafash est chercheur à MEMRI.

[1] Foxnews.com, 30 janvier, 2017.

[2] Yjc.ir, 31 janvier, 2017; Tasnim (Iran), 1er février 2017.

[3] Shargh (Iran), 5 juin 2004; Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 28 mai, 2004. Voir aussi MEMRI Enquête & Analyse No. 181, The Internal Debate in Iran: How to Respond to Western Pressure Regarding Its Nuclear Program, 17 juin 2004 ; MEMRI Dépêche spéciale No. 723, Iran’s Revolutionary Guards Official Threatens Suicide Operations: ‘Our Missiles Are Ready to Strike at Anglo-Saxon Culture… There Are 29 Sensitive Sites in the U.S. and the West…’, 28 mai 2004 ; et MEMRI TV Clip No. 252, Iranian Revolutionary Guard Official In Tehran University Lecture (Part II): We Plan To Target US Nuclear Warheads On US Soil; Should Take Over England, 22 mai 2004.

[4] Une source militaire du ministère de la Défense a affirmé : “Lors d’une réunion la semaine dernière avec les commandants des Gardiens de la Révolution, Khamenei a déclaré qu’Israël planifiait une prochaine attaque contre les installations nucléaires iraniennes et l’armée iranienne, et que la défense et la préparation de l’armée devaient par conséquent être renforcées aussi vite que possible. Khamenei a souligné le fait que l’augmentation des cours du pétrole permettait à l’Iran d’allouer un budget plus élevé à ses projets militaires. Le ministère de la Défense iranien a reçu 1 milliard $ pour reprendre les projets Shihav 4 et Shihab 5. On sait que, dans le passé, l’Iran a mené une expérimentation de missiles Shihab 3 d’une portée de 1200 kilomètres, [pouvant atteindre Israël], mais que le président Khatami avait interrompu le projet du Shihab 4, d’une portée de 2800 km [couvrant l’Europe occidentale] et du Shihab 5, d’une portée de 4900 – 5300 km [pouvant atteindre les Etats-Unis], parce qu’il pensait qu’il était incompatible avec les intérêts stratégiques et les besoins de défense de l’Iran ». Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 14 juin 2004.

[5] Mehrnews.com, 14 décembre 2013.

[6] ISNA (Iran), 10 décembre 2013.

[7] Fars (Iran), 9 mars 2016. Voir MEMRI Dépêche spéciale No. 6349, Iran Launches Long-Range Missiles Emblazoned With Slogan: ‘Israel Should Be Wiped Off The Face Of The Earth’, 16 mars 2016.

[8] Tasnim (Iran), 17 avril 2014. Voir MEMRI Enquête & Analyse No. 1135, Iranian IRGC Missile Unit Commanders: We’ve Developed 2,000-km Range Missiles And Equipped Hizbullah With 300-km Range Missiles; Fars News Agency: Israel’s Illusions About Its Natural Gas Fields Will Be Buried In The Mediterranean, 3 décembre 2014.

[9] Yjc.ir, 18 août 2015.

[10] Fars (Iran), 2 novembre 2015.

[11] Mashregh (Iran), 3 novembre 2015.

[12] Hebrew.irib.ir, 4 novembre 2015.

[13] Voir MEMRI Dépêche spéciale No. 6430, IRGC Aerospace And Missile Force Commander: The Americans Are Telling Us ‘Don’t Talk About Missile Affairs, And If You Conduct A Test… Don’t Mention It’, 15 mai 2016.

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 00:15

Une militante palestinienne basée à Londres : Les auteurs de « crimes d’honneur » sont très respectés dans les sociétés arabes

Le 27 novembre 2016, le site libéral Elaph a marqué la Journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui avait eu lieu deux jours plus tôt, avec un rapport sur la situation des femmes en Algérie et la violence croissante qu’elles subissent. Le lendemain, Ahlam Akram, une journaliste basée à Londres, chercheuse et militante des droits de l’Homme et des femmes, a réagi à ce rapport dans un article intitulé « La violence légalement autorisée dans les sociétés arabes ». Selon elle, les conclusions du rapport sont valables pour les femmes non seulement en Algérie, mais dans une grande partie du monde arabe.

Akram a imputé la situation des femmes dans les pays arabes à l’islam politique, aux programmes religieux diffusés dans les médias et aux gouvernements arabes qui ne font pas assez pour protéger les femmes de la violence et du harcèlement sexuel. Les lois des pays arabes, a-t-elle affirmé, non seulement ne protègent pas les femmes, mais encouragent même les hommes à commettre des crimes contre elles sous prétexte de défendre l’honneur de la famille. En outre, les lois seules ne sauraient suffire ; elles devraient être accompagnées d’activités éducatives visant à modifier les comportements à l’égard des femmes dans la société et à rétablir leur dignité perdue.

Ahlam Akram (Photo : Alzawraapaper.com)
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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 00:13

Un journaliste saoudien s’adresse aux musulmans d’Occident : Intégrez-vous et combattez le terrorisme

Dans sa chronique du 27 décembre 2016 parue dans le quotidien saoudien Al-Riyad sous le titre « Les minorités musulmanes en Occident ont-elles fait leur devoir ? », Imad Al-Abad appelle les musulmans vivant en Occident à inculquer à leurs enfants la notion de loyauté envers les pays dans lesquels ils ont choisi d’habiter et à œuvrer pour y éliminer le terrorisme, en coopérant avec les forces de sécurité locales, en organisant des manifestations anti-terroristes et au moyen d’initiatives de bonne volonté. Extraits : [1]

 

Imad Al-Abad (Photo : Al-Riyadh, Arabie saoudite)

En 2002, je me suis rendu à Vancouver, au Canada, et j’ai fait halte dans un restaurant appartenant à un immigré arabe. Nous avons eu une brève conversation. Lorsqu’il a appris que j’étais nouveau au Canada, il m’a mis en garde : « Gardez-vous de croire ces infidèles, car ils ne recherchent pas votre meilleur intérêt. » J’ai quitté le restaurant, méditant sur sa méchanceté. Cet homme, las de son propre pays et venu [au Canada] pour y trouver la liberté, le bien-être et la sécurité, n’a pas même un minimum de loyauté envers le pays qui l’a adopté et lui a accordé des droits et des privilèges dont il n’avait jamais rêvé… J’étais encore plus convaincu de sa méchanceté après avoir séjourné [au Canada] pendant une année entière, au cours de laquelle je n’ai trouvé que du bon dans ces « infidèles ». En outre, j’ai découvert que tous les immigrés arabes et musulmans ne partagent pas le [point de vue] de cet homme.

L’un de mes amis, qui est un émissaire en Allemagne, m’a dit qu’il abhorrait l’incitation et la haine qui avaient été ouvertement exprimées dans un sermon du vendredi par l’imam de l’une des mosquées là-bas. Il a affirmé que la police ne pouvait l’arrêter, car c’est la liberté d’expression qui était en jeu, un privilège qui lui est accordé par le pays et le peuple qu’il appelle à haïr. Ce privilège est l’un des nombreux que l’Allemagne accorde aux réfugiés : une allocation mensuelle pour chaque membre de la famille ; le logement, l’électricité et l’eau gratuits ; des exemptions fiscales, une éducation gratuite, des laissez-passer gratuits pour les transports en commun, etc., afin de préserver leur dignité et de respecter leur humanité.

Les horribles incidents terroristes qui ont frappé l’Europe cette année m’ont ramené [à la question] des minorités musulmanes en Occident. Si la grande majorité d’entre elles sont pacifiques et, comme la plupart des gens, veulent une vie tranquille, elles négligent la coexistence et l’intégration aux sociétés dans lesquelles elles ont choisi de s’établir. Qui plus est, elles se sont montrées plutôt passives face aux incidents terroristes intervenus dans leurs sociétés. Que ce soit en France, en Allemagne ou en Belgique, nous n’avons pas entendu dire qu’elles ont organisé des manifestations antiterroristes de masse ou eu des initiatives de bonne volonté, mais qu’elles ont gardé le silence et continué à se plaindre de harcèlement raciste à leur encontre.

Quiconque pense que de telles initiatives, ou des manifestations de colère et d’opposition aux crimes terroristes signifieraient [que les immigrés arabes] s’excusent pour un crime qu’ils n’ont pas commis, se trompe… Au contraire, ce serait une initiative de bonne volonté et un message à la société dans laquelle ils vivent : « Nous et vous sommes ensemble, dans le même camp du bien, contre le camp criminel. » Cela pourrait renforcer la coopération et [contribuer à] expulser ces méprisables cellules terroristes.

Quiconque pense que les minorités musulmanes sont incapables d’organiser de telles manifestations antiterroristes, de former un lobby pour faire pression sur ceux qui incitent [au terrorisme] ou de lancer d’importantes initiatives pour améliorer leur image dans les sociétés occidentales, a également tort. Leurs réactions aux sujets concernant les symboles islamiques montrent [clairement] leur capacité à mobiliser et à faire entendre leur voix dans les sociétés où elles vivent.

Enfin, les minorités arabes et musulmanes de diaspora sont généralement des communautés bienveillantes et innocentes qui ont, dans le passé, mené de belles initiatives de grande envergure, comme celle de Lens, en France, pour protéger les églises lors des fêtes de Noël l’an dernier, laquelle avait reçu un accueil chaleureux. Mais il n’y a que peu d’initiatives de ce genre, et il faut plus de travail et de diligence.

A cette fin, ces minorités doivent aspirer à deux objectifs : l’un, à long terme, consiste à inculquer à leurs enfants la loyauté à l’égard du pays dans lequel elles se sont établies et qui leur a tant donné. Le second, à court terme : s’attaquer rapidement et sérieusement aux agissements de certains enfants d’immigrés, en coopérant avec des membres de la sécurité et en faisant preuve de solidarité sociale. Ainsi, ils prouveront la force de leur opposition à ces vils agissements…

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 00:10

Un éminent journaliste saoudien : Jérusalem-Ouest fait partie d’Israël ; le transfert de l’ambassade américaine dans le cadre d’un accord de paix global pourrait annoncer la fin du conflit israélo-palestinien

 

Dans un article publié le 25 janvier 2017 par le quotidien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat, le journaliste saoudien féru Abd Al-Rahman Al-Rashed, ancien rédacteur en chef du journal et ancien rédacteur en chef d’Al-Arabiya TV, a abordé la question du transfert de l’ambassade américaine en Israël, de Tel-Aviv à Jérusalem. Il a affirmé que la souveraineté israélienne à Jérusalem-Ouest est un fait acquis, et que le déplacement de l’ambassade américaine, ou de toute autre ambassade, à Jérusalem-Ouest ne conférerait aucune légitimité à l’occupation. En réalité, si le président américain Donald Trump déplaçait l’ambassade à Jérusalem dans le cadre d’un accord de paix global, cette mesure pourrait plutôt signifier la fin de l’occupation et du conflit.

Al-Rashed a également observé que, lors des pourparlers de Camp David en 2000, Yasser Arafat a malheureusement manqué une occasion de rendre Jérusalem-Est aux Palestiniens, dans le cadre de la proposition sans précédent faite par le président américain de l’époque, Bill Clinton, en vue de résoudre le conflit israélo-palestinien. Il a ajouté qu’aujourd’hui, en raison des crises qui frappent le Moyen-Orient, « la cause palestinienne n’est plus centrale », même si les extrémistes exploitent la tragédie palestinienne pour promouvoir leurs propres intérêts.

Il convient d’observer que la veille de la publication de l’article d’Al-Rashid, l’éditorialiste saoudien Mohammed Aal Al-Sheikh a publié un article dans le quotidien officiel saoudien Al-Jarizah intitulé “Les Palestiniens n’ont d’autre [choix] que la paix”. Comme Al-Rashed, il a soutenu que le monde arabe, actuellement préoccupé par les guerres civiles et par la lutte contre le terrorisme intérieur, ne considère plus la cause palestinienne comme son souci principal, et a appelé les Palestiniens à renoncer à la résistance armée pour adopter la solution à deux Etats, la seule solution praticable et soutenue par la communauté internationale.[1]

Le journaliste koweïtien Abdallah Al-Hadlaq a également exprimé son soutien au transfert de l’ambassade, dans un article du 28 janvier 2017 publié dans le quotidienAl-Watan intitulé « Sois courageux [Trump] – Déplace [l’ambassade] à Jérusalem et fais confiance à Dieu ». Citant en détail un article de Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy, qui présente des arguments en faveur du déplacement de l’ambassade,[2] Al-Hadlaq affirme que le transfert pourrait comporter des avantages importants et pas seulement des risques et des inconvénients. Il a conclu : « Les diplomates, politiciens et experts intelligents disent à Trump, qui hésite à déplacer l’ambassade à Jérusalem : ‘Sois courageux, déplace-la à Jérusalem et fais confiance à Dieu’. »[3]

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 09:57

 

Kisiliov, présentateur connu de télévision russe : A côté de Melania, Michelle ressemblait à une gouvernante qui venait d’ôter son tablier

Lors d’une émission du week-end consacrée à la journée d’investiture de Trump, Dmitri Kisiliov, animateur russe de renom, a déclaré que « Michelle, debout dans sa robe à manches courtes à côté de Melania, ressemblait à la gouvernante de Melania, qui venait d’ôter son tablier blanc et se trouvait là sans raison apparente. » L’émission a été diffusée sur la chaîne Russia 1 le 22 janvier 2017. Extraits :

Dmitri Kisiliov : Evidemment, personne ne manque de faire la couverture de la nouvelle Première Dame des États-Unis. Melania est venue remplacer Michelle. Ces sont également ses débuts et nous devons admettre que ce fut un succès. Elle a commencé avec une tenue bleue très spectaculaire à la cérémonie d’investiture, a continué avec une robe blanche lui découvrant les épaules au bal d’investiture, et a conclu avec un manteau noir à double boutonnage ajusté pour le sermon à l’église.

Permettez-moi de vous rappeler que la créatrice de mode travaillant pour la maîtresse de la Maison Blanche a refusé, en signe de protestation politique, de fournir ses services à Melania Trump. Je ne me souviens pas du nom de cette créatrice, mais de toute façon, personne ne s’en soucie plus. Après tout, le jour de l’investiture de Trump, Michelle, debout dans sa robe à manches courtes aux côtés de Melania, semblait être la gouvernante de Melania, qui venait de retirer son tablier blanc et se trouvait là sans raison apparente. A quoi d’autre pouvat-elle faire penser ?

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 17:50

Une chaîne Telegram diffuse les manuels scolaires de l’Etat islamique

Des photos de manuels scolaires utilisés par les écoliers des territoires de l’Etat islamique (EI) ont déjà circulé dans les médias sociaux. Par exemple, le 25 octobre 2015, Mosul Eye, un groupe de réseaux sociaux sur Facebook et Twitter dirigé par des activistes qui rendent compte de l’activité de l’EI à Mossoul, avait posté 23 photos de couvertures de manuels scolaires.

Une chaîne Telegram consacrée aux programmes scolaires de l’Etat islamique, créée le 17 novembre 2016, affiche aujourd’hui l’intégralité de ces manuels en format PDF. La chaîne affichait un premier post le 3 janvier 2017, où l’on pouvait lire : « Nous allons commencer, si Allah veut, à publier les programmes scolaires de l’Etat islamique ». Au moment de la rédaction du présent document, cette chaîne Telegram comptait 177 membres.

Le rapport suivant présente une partie du contenu du manuel intitulé : « L’anglais pour l’État islamique, Livre Un, premier cours » et « L’anglais pour l’État islamique, Livre Trois ».

Chaîne Telegram

« Nous allons commencer, si Allah le veut, à publier les manuels scolaires de l’Etat islamique », peut on lire au moment de la création de la chaîne.

Post Telegram contenant un lien PDF de manuel en anglais à télécharger

L’anglais pour l’Etat islamique : Contenu

« L’anglais pour l’Etat islamique, Livre Un, première impression »

La page du glossaire montre cinq unités dans le manuel : Assalamu Alaykum, École, Numéros et Couleurs, Mon Corps et Ma Famille.

Une page intitulée « Dialogue Leçon 1 » contient un dialogue introductif. « Assalamu Alaykum, Waalaykum Asslam, je suis Bilal. Comment t’appelles-tu ? Mon nom est Ahmed. »

Une page demande aux enfants de colorier les mots en anglais : armée, main, balle et arme.

Un exercice intitulé « Dialogue Leçon 1 «  présente une conversation entre deux élèves. « Qu’est-ce que c’est ? » « C’est le drapeau de l’Etat islamique ! » « De quelle couleur est-il ? » « Il est noir et blanc ».

Un exercice intitulé « Dialogue Leçon 4 » présente une conversation entre deux élèves. « Assalamu Alaykum. » « Waalaykum Assalam. » « Quels sont les sujets dans l’emploi du temps ? » « L’éducation djihadiste, l’éducation islamique, l’arabe, les mathématiques et l’anglais ».

Livre Trois

Le Livre Trois est plus avancé dans le contenu que le livre ci-dessus. Il convient de noter que sur l’une des pages où les élèves doivent décrire trois hommes, l’homme appelé Omar est le cheikh australien pro-EI Musa Cerantonio.

Note :

[1] Voir le rapport de MEMRI JTTM Mosul-Based Activist Group Releases Photos of Children’s Textbooks Used In ISIS Educational System, le 27 octobre 2015.

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