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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 11:28

Surpris ? La « Fraternité musulmane » en pleine expansion aux Etats-Unis

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Créée il y a tout juste un an au Texas, dans la sphère académique, et suscitant déjà un réel intérêt national, l’association bien-nommée, "la Fraternité musulmane" ou Alif Laam Meem, selon des initiales coraniques, attire tous les regards alors qu’elle essaime un peu partout, à l’instar des deux nouvelles sections qui viennent de voir le jour à l’Université de San Diego, en Californie, et de Cornell, dans l’Etat de New York, et de celles qui sont en prévision, en Pennsylvanie et en Floride.

"Le rôle des compagnons est précieux dans l’islam", a expliqué Haroon Masood, un étudiant promis à une belle carrière de neurologue, au journaliste intrigué du New York Times qui l’interrogeait sur le sens de cet esprit fraternel dans une société qui ne favorise guère son épanouissement. "Nous sommes convaincus que tout un chacun est fortement influencé par son entourage immédiat. Les compagnons sont des compagnons de route, de combat, des amis, des frères en Dieu, qui partagent les mêmes valeurs, veillent les uns sur les autres avec bienveillance et vous évitent les erreurs de parcours", a précisé ce dernier.

C'est sous l’impulsion d’Ali Mahmoud, un étudiant en biologie et sociologie de l’Université de Dallas, que la première "Fraternité musulmane" des Etats-Unis est apparue dans le paysage associatif en février 2013, formant une grande chaîne de la solidarité qui n’a cessé depuis de s’élargir, composée uniquement de maillons forts, dynamiques et pleins d’entrain, autour d’un imam, figure essentielle, qui puisse diriger les prières communes.

Parmi les multiples activités, caritatives, sportives, culturelles et cultuelles, organisées par les différentes sections pour favoriser l’esprit de corps et cultiver ce lien sacré et dimension humaine fondamentale qu’est la fraternité en islam, la conformité aux enseignements coraniques représente une valeur ajoutée inestimable.

Ainsi, les membres de San Diego se donnent rendez-vous, deux fois par semaine, au domicile de l’un ou de l’autre,  pour approfondir leur connaissance du Saint Coran et se livrer à une analyse de texte d’une grande richesse, à la lumière du contexte actuel. Aux discussions hebdomadaires de fond, s’ajoute une prière en commun quotidienne qui renforce la cohésion de groupe et le sentiment d’appartenance à une même communauté.

Pour Brian Calfano, professeur agrégé de science politique à l'Université du Missouri, interviewé par le New York Times en sa qualité d'expert sur les questions liées aux identités islamiques et américaines, la fraternité constitue "une caractéristique de l'expérience de l’université moderne américaine. En d'autres termes, le message que nous adressent ces étudiants pourrait se résumer ainsi : nous voulons vivre notre identité. Nous voulons être protégés au sein de notre groupe. Mais nous voulons aussi exercer notre capacité à profiter de notre vie de collège", a-t-il commenté.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 23:20

USA : l’affiche honteuse d’un centre commercial bouleverse la communauté musulmane de Houston

 

USA : l’affiche honteuse d’un centre commercial bouleverse la communauté musulmane de Houston
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Les familles musulmanes habituées à faire leurs emplettes dans un centre commercial de Houston, au Texas, n’en ont pas cru pas leurs yeux cette semaine, à la vue d’un panneau effarant qui, en guise de bienvenue, leur interdisait brutalement de ne pas se garer sur le parking réservé à la clientèle.

"Les musulmans ne doivent pas se garer dans le centre commercial Westview, sinon les voitures seront remorquées." Rappelant les heures sombres de la ségrégation et d’autres sinistres injonctions dans la même veine, cette affiche discriminatoire l’affichait très mal et de manière très inattendue, provoquant stupeur et indignation chez les ménagères et fidèles clients musulmans de la grande surface qui en ont abandonné les caddies dans leur rangement.

"Je suis extrêmement choqué parce que nous vivons dans une société qui est censée être tolérante, et c'est ce que nous prêchons tous", a déclaré Yara Aboshady au micro de CNN.

Est-ce la proximité de la mosquée locale qui a inspiré au responsable du centre commercial, muré dans un silence qui en dit long, cette sommation qui fait froid dans le dos ? Pour l’heure, les non-dits sont assourdissants du côté des concepteurs de l’affiche qui usent et abusent de tous les faux-fuyants pour éviter de rendre des comptes, faisant pression sur leurs employés pour ne rien divulguer à la presse. Seul un ouvrier téméraire a affirmé avoir vu le propriétaire du supermarché, Steve Kwon, jouer les colleurs d'affiches.

Niant tout en bloc, hormis la présence de ces panneaux honteux qu’il a finalement retirés, Steve Kwon n’avouera pas ce qui l’a poussé à signer et à exposer ces affiches d’un autre âge, dégoulinant de haine refoulée… Quant à la communauté musulmane taraudée par les vraies motivations qui ont animé le directeur de leur supermarché favori, la blessure est à vif, certains jurant de ne plus y revenir.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 07:50

Oumma crie victoire : L’ancienne synagogue de Philadelphie renaît en tant que mosquée

 

L’ancienne synagogue de Philadelphie renaît en tant que mosquée
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Depuis 1947, les murs de l’édifice situé dans le West Oak Lane, au nord-ouest de Philadelphie, ont  longtemps résonné des prières juives, puis chrétiennes, et dans la continuité de ce beau passage de flambeau interreligieux, ce sont des invocations musulmanes qui vont désormais leur donner un  nouveau souffle spirituel.

Edifiée en tant que synagogue, avant de devenir église, le phare de la foi qui verra le jour en lieu et place de l’ancienne paroisse renaîtra en tant que mosquée, et même comme la plus importante mosquée de la grande région de Philadelphie. Acquis, le mois dernier, pour la coquette somme de 1 millions de dollars, le bâtiment qui abritait en dernier une église désaffectée a changé de propriétaire pour passer dans le giron de l’association musulmane Masjidullah, et ce pour la plus grande joie de Nafeesa Malik, son trésorier adjoint et directeur d’école.

Alors que Philadelphie ne comptait aucune famille musulmane il y a plus de cinquante ans, la réalité sociale de 2013 présente un visage plus métissé, sous les traits de 30 000 musulmans qui y ont élu domicile – un chiffre qui double si l’on intègre la population des banlieues -, et 50 mosquées y ont fleuri dans le même laps de temps en se fondant parfaitement dans le paysage urbain.

Du côté du Rabbin Adam Wolhberg comme du côté du conseil d’administration de l’église, l'heure est  à la satisfaction sincère de savoir que leur ancien lieu de culte respectif ne perdra pas son âme : "Je suis très heureux qu’une autre communauté de foi ait pris possession des lieux", a déclaré le rabbin à la presse locale. Quant aux habitants du quartier, des nord-américains de souche pour la plupart, chacun se prépare à accueillir chaleureusement ces nouveaux voisins musulmans, sans aucune ombre au tableau, ni peur au ventre…

Michael Shabbaz, un réserviste de l’armée à la retraite, a dévoilé en primeur la vocation pédagogique de la future grande institution islamique de Pennsylvanie : "Nous aspirons à  devenir un centre d’enseignement de premier plan, qui permettra d’élever le niveau de l’éducation des musulmans de Philadelphie", a indiqué ce dernier avec enthousiasme.

Outre sa vaste zone de prière qui pourra recevoir jusqu'à 1500 fidèles, la mosquée de Masjidullah, qui comprend 14 salles de classe, une salle de cérémonie et banquet, une salle de sport, une aire de jeux, et un immeuble de bureaux séparés, prévoit d'ouvrir une garderie, une école du dimanche, l’objectif suprême étant de créer, en 2014, une école islamique accessible aux musulmans et non-musulmans.

"La nouvelle structure permettra à la mosquée Masjidullah de s'imposer comme la grande mosquée de la région, oeuvrant à la fois à l’unité de la communauté musulmane et au rapprochement avec d'autres groupes confessionnels et communautaires", a précisé l’Imam Muhamad Abdul-Aleem, véritable apôtre du dialogue interreligieux depuis les années 1970, qui officiera au sein de la mosquée dont le rayonnement dans l'état de Pennsylvanie promet d'être inégalé.

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 08:11

USA : les Républicains appellent à voter des projets de lois contre la Sharia

 

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A chaque continent ses politiciens aux dents longues, qui ne sont pas à une bouc-émissarisation près, à chaque temple législatif ses parlementaires incendiaires, qui ne sont pas à une manipulation près pour promouvoir des projets de loi inflammables, Outre-Atlantique, les Républicains ne sont pas avares d’effets de manche démagogiques pour sonner l’hallali sur leurs concitoyens musulmans.

C’est avec une énergie décuplée depuis l’attentat de Boston que le camp des Républicains est reparti de plus belle en croisade contre l'islam, la dernière supercherie législative émanant d’un élu de Caroline du Nord, Chris Whitmire, qui exhorte à interdire dans les tribunaux américains l’application de l’inexistante, et a fortiori inapplicable, Sharia…

Inspiré par un projet de loi ardemment défendu par un de ses collègues de l’Etat du Missouri, qui appelait à proscrire l’application de lois étrangères, le terme Sharia, bien qu’étant en filigrane, n’étant pas expressément mentionné pour éviter toute contestation juridique liée à la stigmatisation d’une religion, Chris Whitmire, lui, a décidé de ne pas tourner autour du pot. Sus à la Sharia en Caroline du Nord, à la stupeur du représentant de l’Etat, Tim Moore en personne, qui s’est dit sidéré d’apprendre que le droit étranger, en l’occurrence islamique, était en vigueur dans les prétoires locaux…

En dépit de l’incongruité de ce projet de loi, dont la noirceur des desseins est ce qu’il y a de plus éclairant, la Caroline du Nord serait le 8ème Etat à interdire tacitement le recours à la Sharia, si jamais les grandes manœuvres de Chris Whitmore avaient gain de cause. Preuve s’il en était besoin de la redoutable efficacité de la stratégie de la diabolisation orchestrée par la droite ultra-conservatrice américaine, dont les récentes saillies verbales de deux de ses députés ont révélé la portée ordurière : l’un, issu du Missouri, a comparé l’islam à une maladie « la poliomélyte », l’autre, originaire du Nebraska, a qualifié les musulmans « d’occupants » des villes américaines.

Des critiques cinglantes viennent heureusement troubler le consensus que cherche à arracher par tous les moyens le parlementaire de Caroline du Nord, la récupération politicienne du drame de Boston n’ayant pas échappé à ses adversaires démocrates : "Il est fort regrettable que les leaders républicains de Caroline du Nord gaspillent les deniers publics pour faire passer des lois de ce type qui frisent l’anti-constitutionnalité, tout cela pour gagner des voix en stigmatisant une religion et une population. La Caroline du Nord a d’autres priorités et mérite une législature centrée sur l’emploi essentiellement", a déploré la porte-parole démocrate du comté.

Il faut dire que lors de la dernière course à la présidentielle, la virulence de la campagne islamophobe de l’ex-président de la Chambre des Représentants, Newt Gingrinch, alors en lice pour l’investiture du parti Républicain, a laissé des traces indélébiles dans l'opinion. Ce dernier n'a pas ménagé ses efforts, ni ses effets, pour tétaniser le bon peuple en faisant planer la menace de l’irruption de la Sharia dans les tribunaux, comme le funeste présage de l’islamisation en marche de l’Amérique.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:24

Pour Oumma c'est de la duplicite - pour le Qatar c'est la recherche du progres : Le prince qatari Khalifa Al-Thani se rendra en novembre en Israël

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Le Qatar est l'un des pays arabes qui entretient des relations étroites avec Israël. Selon le site Israël Info, "Le prince du Qatar, Khalifa Al-Thani, membre de la famille royale, devrait se rendre en Israël en novembre prochain (…). Israel Info précise que cette visite s'articulera autour du lancement du Centre d'arbitrage commercial israélo-palestinien, une initiative conjointe du président de la Chambre de Commerce internationale d'Israël, Oren Shachor, et d'un homme d'affaires arabe, Munib al-Masr. (…) Le Qatar serait notamment intéressé par l'acquisition de savoir-faire israélien en matière de Hi-Tech, et souhaiterait inciter les entreprises israéliennes de ce secteur à délocaliser leurs activités au Qatar, plutôt qu'en Inde ou Europe de l'est."

Cette visite, qui n'est en rien une surprise, démontre toute la duplicité diplomatique du Qatar, pays allié inconditionnel des Etats-Unis, dont  la politique étrangère de cette minuscule monarchie vise la normalisation avec Israël au détriment des intérêts palestiniens.

 
Vidéo de l'Emir du Qatar en visite secrète en Israël en 2009
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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 06:07

Quand Oumma rale - Les peoples et Chalghoumi fêtent le 65ème anniversaire d'Israël

 

Les peoples et Chalghoumi fêtent le 65ème anniversaire d'Israël
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Le 17 avril 2013,  l’ambassade d'Israël  a donné une réception à la salle Wagram  dans  le 17ème arrondissement, à l'occasion du 65ème anniversaire  de l'Etat d'Israël.  Parmi les peoples et les politiques, l'imam Chalghoumi était présent pour afficher sa solidarité avec cet État colonial.  Dans un français toujours impeccable,  il intervient  dans la vidéo-ci dessous à partir de  2'23.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 08:18

Quand InfoPalestine rale :  Egypte : les Frères musulmans ont renié leurs engagements

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Le dictateur égyptien a été chassé mais son héritage continue d’influencer les réalités sur le terrain à Gaza et sur tout ce qui concerne en général la question palestinienne.

L’euphorie qui a éclaté dans la bande de Gaza dans les minutes qui ont suivi la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011, est probablement survenu juste après celle qui s’est exprimée en Égypte. Le dictateur déchu était un « atout stratégique » d’Israël, et pour de bonnes raisons. Il avait maintenu le blocus de la bande de Gaza du côté égyptien, pris parti contre le Hamas et il s’était toujours révélé un allié fiable.

Même pendant la guerre israélienne de 22 jours contre Gaza à la fin 2008, Moubarak a gardé le poste frontière de Rafah bien verrouillé, en violation de la Quatrième Convention de Genève qui oblige l’Égypte, en tant que signataire, à protéger les civils en temps de guerre et d’occupation étrangère.

Le dictateur égyptien a été chassé mais son héritage continue d’influencer les réalités sur le terrain à Gaza et sur tout ce qui concerne en général la question palestinienne. A cela, il faut ajouter que son successeur Mohammed Morsi de l’organisation des Frères musulmans, a peu fait pour prouver - à ce jour - que sa politique allait changer de cap. Bien sûr, rien n’est aussi simple que cela. Morsi a dû prendre en compte un héritage très pesant, une bureaucratie corrompue et une souveraineté assez inexistante après des décennies de soumission complète aux États-Unis.

Mais à en juger par ses discours et ses réalisations au cours de l’année écoulée, il est évident que la Fraternité musulmane - c’est-à-dire le Président et le Parti de la Justice - est trop désireuse de faire preuve de « pragmatisme » et de flexibilité face aux puissances étrangères.

Quelques Frères (musulmans) et certains de leurs sympathisants affirment que cela est nécessaire pour assurer leur ascension au pouvoir dans une période de transition fragile, et pour rassurer les sceptiques. C’est peut-être valable dans certains cas (quand l’équilibre local des pouvoirs n’est pas en leur faveur), mais cela pose de sérieuses questions sur jusqu’à quel point Morsi entrera dans les chaussures de Mubarak sous prétexte de realpolitik - et s’il ne va pas finalement se retrouver pris au piège.

Gaza comme baromètre

Gaza, qui partage une frontière de 14 kilomètres de long avec l’Égypte, est probablement l’un des meilleurs baromètres de l’indépendance de la politique étrangère du Caire - ou de son absence.

C’est là que l’Égypte est obligatoirement impliquée dans la question palestinienne, et en particulier depuis la victoire du Hamas en 2007 à Gaza et le blocus israélien - par air, mer et terre - qui a suivi. Sous les conditions d’un accord d’un an (2005-2006) aujourd’hui périmé entre Israël, l’Autorité palestinienne et l’Union européenne, seules les personnes - qui ne sont pas sur la liste noire de Tel-Aviv - sont autorisées à traverser le poste frontalier de Rafah sous contrôle égyptien, et pas les marchandises.

Les marchandises « approuvées » sont autorisées à travers le poste de Karem Abu Salem (Kerem Shalom) sous contrôle israélien. Alors que l’Égypte n’était même pas partie prenante de cet accord, elle continue à l’appliquer, sept ans après qu’il soit devenu périmé.

Dans le langage de l’accord de paix israélo-égyptien, la ville égyptienne de Rafah est dans la zone C - la zone démilitarisée de la péninsule du Sinaï, ce qui limite strictement les forces égyptiennes à une présence policière faiblement armée. C’est aussi le lieu où ont été creusés des centaines de tunnels souterrains qui relient les parties palestinienne et égyptienne de Rafah, et qui se sont multipliés depuis le siège israélien de Gaza. Ces tunnels sont une bouée de sauvetage pour la territoire assiégé.

Il n’est pas exagéré de dire que sans les tunnels, la population de 1,6 million de personnes dans Gaza souffriraient encore bien plus, non seulement parce qu’Israël autorise seulement un tiers des besoins du territoire à travers les points de passages de marchandises, mais aussi parce que la grande majorité des habitants de Gaza ne peuvent acheter les produits israéliens et dépendent des produits égyptiens meilleur marché. La résistance palestinienne s’appuie également sur ces tunnels (parmi d’autres canaux) pour obtenir les armements indispensables à sa survie.

Pour cette raison, et du fait qu’une grande partie de ce monde souterrain qui lie Gaza avec l’Égypte est hors de contrôle, les tunnels reviennent opportunément au premier plan comme une question sécuritaire et politique pour le Caire.

Depuis l’assassinat de seize gardes-frontières égyptiens en août dernier à Rafah par des assaillants encore inconnus, les militaires ont riposté en lançant « l’opération Aigle 2 » pour purger le Sinaï des « éléments criminels ». Aucun de ceux-ci n’a été identifié, mais les médias, typiquement comme dans l’ère Mubarak, ont été prompts à accuser les Palestiniens. Après avoir bombardé des zones surtout désertiques dans le nord-Sinaï, l’armée a entrepris de démolir des dizaines de tunnels et d’arrêter des « suspects ».

Changements au poste-frontière de Rafah

C’était la première fois que les tunnels étaient visés depuis que Morsi est au pouvoir. Mais l’impact des démolitions ne fut pas définitif et la politique changea de façon importante lorsque, après que Morsi ait chassé de leurs poste le gratin des militaires, le poste-frontière de Rafah a été ouvert pour la première fois sur une base quotidienne depuis qu’existe le blocus israélien.

Tandis que cette décision était attribuée à l’influence de Morsi, les responsables du Hamas déclarèrent que depuis l’éviction de Mubarak et la reprise en main des militaires, le nombre de Palestiniens autorisés à traverser - les jours où la frontière était ouverte - avait augmenté approximativement de 350 ou 450 à près de 1000, un signe tangible que les généraux étaient légèrement plus souples que Mubarak sur cette question.

De plus, la hiérarchie militaire avait donné à Mousa Abu Marzook, suppléant au bureau politique du Hamas (précédemment basé à Damas, comme d’autres organisations de la résistance en exil) l’autorisation d’habiter le Caire, ce qui aurait été impensable avant la révolution.

La différence depuis que Morsi a pris les fonctions de Président, a été l’ouverture quotidienne du passage frontalier, ce qui, tous comptes faits, représente une avancée importante et n’a plus qu’un lointain rapport avec les fermetures longues de plusieurs semaines qui se produisaient régulièrement sous l’ère Mubarak. Non seulement l’Égypte comme le reste du monde, devenait accessible aux Gazouis, mais les délégations d’organisations de solidarité avec la Palestine venues de partout dans le monde et des représentants de haut niveau de différents États, avaient pu visiter le territoire assiégé régulièrement - beaucoup pour la première fois et au mépris du siège - et avaient finalement reconnu de fait la légitimité du Hamas. Ce n’était pas ce qu’imaginait Israël quand il décréta son blocus.

es changements à la frontière sont l’un des quelques moyens d’analyser la façon dont l’Égypte, sous la présidence de la Fraternité, gère le dossier palestinien. Il y a une différence dans le modus operandi, mais les résultats montrent bien qu’il n’y a pas eu changement radical. Au lieu d’être simplement traitée comme les autres passages frontières en Égypte, Rafah est toujours l’otage des calculs et des engagements de l’ère Mubarak à l’égard d’Israël. Ce passage peut être ouvert tous les jours, mais pour se conformer aux exigences d’Israël, l’Égypte ne permettra pas même à un sac de ciment de passer, redirigeant les marchandises sur Karem Abu Salem qui est sous contrôle israélien.

Dans la continuité de Mubarak, les relations entre l’Égypte et Gaza et le dossier palestinien sont encore commandés par les services égyptiens du renseignement, qui ont également leur mot à dire sur la stratégie des militaires dans le Sinaï et à Rafah. La gestion du passage de Rafah est complètement sous le contrôle et la gestion de ces services, avec leur mentalité et leurs calculs. Bien que Morsi soit maintenu au courant, il est peu probable que ses vues – au cas où elles soient différentes – seront respectées.

Mais Gehad El-Haddad, porte-parole des Frères musulmans, m’a affirmé il y a deux semaines que les services de renseignement égyptiens sont « entièrement sous le commandement » du président, et exécutent ses ordres. Et par conséquent, Morsi « est responsable de ce qui se passe sur le terrain à Rafah ».

Inonder les tunnels de Gaza avec des eaux des égouts...

Le mois dernier, « l’opération Aigle 2 » a relancé les démolitions de tunnels par la force, beaucoup d’entre eux se retrouvant inondés avec des eaux usées [technique mise au point récemment par les Israéliens jamais en mal de sadisme - NdT]. Plus de 400 tunnels ont été détruits jusqu’à présent, selon des sources militaires citées par les médias locaux. Personne ne dira jusqu’à quel point l’armée va aller, mais étant donné les démolitions précédentes de tunnels sous Mubarak, l’opération doit être bien calculée pour laisser en service suffisamment de tunnels de contrebande pour répondre au minimum des besoins dans Gaza.

Cette évolution est décevante pour les dirigeants du Hamas qui, en raison de leur situation délicate, n’oseront pas trop bruyamment critiquer l’Égypte ou Morsi. Moussa Abou Marzouk ne va pas plus loin que de me dire, la semaine dernière : « Nous ne voulons pas de tunnels par principe. Ce que nous voulons, c’est que les marchandises vers Gaza puissent passer par le poste frontière de Rafah, ce qui n’est pas le cas. »

La seule exception, sans surprise, c’est les matériaux de construction venant du Qatar qui sont autorisés à passer par Rafah pour des projets de reconstruction valant plusieurs millions de dollars, et promis par l’émir Hamad bin Khalifa de l’État du Golfe lors de sa visite dans le territoire assiégé en octobre dernier. C’ette première visite d’un chef d’État - dans ce cas le Qatar - à Gaza, nous révèle plus de choses sur l’Égypte post-révolutionnaire dirigée par un président de la Fraternité, qu’elle ne le fait à propos de Doha. Le Qatar consolide son rôle régional déjà totalement démesuré, tandis que l’Égypte en est encore à marcher prudemment dans les limites imposées par trois décennies de pouvoir de Mubarak.

El-Haddad, le porte-parole de la Fraternité, appelle cela la responsabilité de passer de la banquette arrière de la voiture au siège du conducteur : « Quand vous prenez le pouvoir, un grand nombre de calculs se font jour. » Et c’est ainsi que l’accord de paix de Camp David avec Israël que les Frères rejetaient systématiquement et jusque dans leur plateforme électorale de 2010 (qui exige en vertu du chapitre quatre, l’annulation de « tous » les accords de normalisation avec Israël et le soutien à la résistance palestinienne) ne sera pas rompu, ni même modifié (version arabe).

C’est la même déclaration que celle qui avait été faite par le porte-parole présidentiel l’année dernière. Maintenant, selon la formule employée par El-Haddad, Camp David « sert » les intérêts de l’Égypte. Dans la même veine, parlant à l’agence Reuters, Essam El-Haddad - conseiller de Morsi pour les relations étrangères - justifiait l’inondation des tunnels par la nécessité d’arrêter la contrebande d’armes.

Sur la question palestinienne, la Fraternité a retourné sa veste

Ce discours « post-révolution » est compatible avec de nouvelles positions de la Fraternité, c’est-à-dire de son parti de la Justice et de la Liberté et de Morsi lui-même. Il est vrai que la question palestinienne était au cœur de l’existence de l’organisation depuis ses débuts (ses volontaires ont résisté aux gangs sionistes en Palestine dès 1947) et toutes ces décennies. Mais il est juste de dire que le profil de la direction de la Fraternité - une combinaison d’aisance économique et de pouvoir - durant la dernière décennie, est un phénomène assez nouveau dans l’histoire de l’organisation.

Leurs calculs et leurs priorités politiques sont le résultat de leurs expériences sous le régime de Mubarak et devraient être évalués dans ce contexte. En revanche, la base de l’organisation et ses partisans viennent des classes moyennes et les plus pauvres, et ne sont pas nécessairement disposées à accepter ce niveau de pragmatisme sur une question aussi centrale que la question palestinienne.

Cette politique a été partiellement mise à l’épreuve quand Israël a lancé sa courte guerre contre Gaza le 14 novembre 2012. Morsi a d’abord répliqué en rappelant le même jour l’ambassadeur d’Égypte en Israël. Puis face à la pression grandissante du public, il a envoyé à Gaza son Premier ministre dans une visite sans précédent, avec une délégation de haut niveau, à peine 48 heures plus tard avec le message que l’Égypte officielle se tenait aux côtés de Gaza.

Par rapport au rôle de complice joué par le Caire lors de la guerre contre Gaza fin 2008, cette évolution ne peut pas être niée. Il faut relever aussi l’implication directe du Hamas et des dirigeants du Djihad islamique dans les discussions de cessez-le-feu avec Morsi. L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a été la grande absente de la scène.

Morsi a voulu faire comprendre à Israël que « l’Égypte d’aujourd’hui est différente de celle d’hier. » Le fait qu’en période pré-électorale, Israël ne voulait pas d’une trop longue guerre ou de missiles à longue portée tirés de Gaza et tombant sur Tel Aviv et Jérusalem, a pu jouer en faveur de Morsi et a augmenté sa popularité.

L’effet de cette guerre a depuis disparu et a été éclipsé par les violentes démolitions de tunnels et plus récemment par l’intense campagne anti-palestinienne - en particulier anti-Hamas - qui fait rage en Égypte depuis la semaine dernière.

Au premier abord, cela peut sembler comme une continuation de la diabolisation qui prévalait depuis la prise du pouvoir par le Hamas, durant l’ère Mubarak à l’égard des Palestiniens dans la bande de Gaza. Alors que des directives étaient publiées par les militaires pour interdire à la presse de rapporter les nombreuses fois où des soldats israéliens à la gâchette facile assassinaient des gardes-frontières égyptiens, prétendument par erreur, les médias se sont emparés de toutes les occasions pour faire entrer dans la tête de l’opinion que le Sinaï était ce que voulait le Hamas comme État de rechange.

Aujourd’hui la plupart des médias en Égypte citent « des sources militaires » anonymes accusant le Hamas d’être à l’origine de l’assassinat des 16 gardes-frontière égyptiens en août dernier.

Des allégations sur une saisie dans un des tunnels, de rouleaux du tissu employé pour fabriquer des uniformes militaires, sont présentées comme une preuve de la participation du Hamas ou « d’éléments » de Gaza dans des activités menaçant la sécurité nationale.

Le manque de preuves pour étayer ces allégations et le silence assourdissant des forces armées, suggèrent une stratégie délibérée pour monter l’opinion contre le Hamas, Gaza et les tunnels, tout en liant leurs prétendus méfaits à Morsi et à son organisation de la Fraternité, laquelle a contribué à la fondation du Hamas en 1987. En d’autres termes, le laxisme de Morsi envers ses amis du Hamas aurait compromis la sécurité nationale de l’Égypte.

C’est une situation qui n’a pas de sens : le Hamas, Gaza et peut-être la cause de la Palestine dans son ensemble paient le prix de l’arrivée au pouvoir de la Fraternité, alors même que cette organisation a renié ses précédentes positions sur la question au nom du « pragmatisme. »

Il est tentant d’imaginer que Morsi et la Fraternité appliquent une stratégie progressive et par petites touches, qui mènera par la suite à des positions plus audacieuses. Mais cela dépendrait de la garantie, contre toute attente, que Morsi finisse au moins son mandat de quatre ans et que la Fraternité passe d’une mentalité réformiste conservatrice à une attitude révolutionnaire sur cette question en particulier. Ces deux improbabilités sont fortes, et comme pour le Hamas, l’arrivée de la Fraternité musulmane au pouvoir remet en cause sa raison d’être.

Info Palestine

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 08:36

Ça chauffe entre les salafistes tunisiens et Ennahda

 

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Les Frères musulmans qui ont toujours détenu le monopole  de l’expression de l'islam dans l'espace public, sont désormais confrontés à la  mouvance  salafiste qui est déjà devenue  un concurrent électoral particulièrement sérieux en Égypte, et  pourrait également le devenir  en Tunisie.  Conscients de cette perspective guère réjouissante,  certaines personnalités d'Ennahda, ont décidé de cibler les salafistes , à l'instar de l'actuel Premier ministre Ali Laarayedh, qui a fait de ces derniers une menace.

Loin d'être intimidé par les propos du chef de gouvernement tunisien, Khamis Majeri  un des leaders du salafisme dans ce pays, s'est empressé" de lui répondre dans un entretien accordé à l'hebdomadaire "Assabah al-Ousboui".  A cette occasion,  le Cheik Majeri a sorti l'artillerie lourde en affirmant que   "le salafisme est  « ennemi juré du parti Ennahdha, qui, arrivé au pouvoir, a sacrifié la religion pour garder le pouvoir ».

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 10:00

L'invasion islamique continue : La plus grande mosquée d’Irlande, un chantier validé et bientôt lancé

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Projet architectural grandiose à l’aune d’un coût qui aligne les zéros (40 millions d’euros), la plus grande mosquée d’Irlande a reçu le feu vert institutionnel de la Ville de Dublin pour s’ériger sur un site de six hectares, situé à Clongriffin, au nord de la métropole. La seule exigence de la municipalité ayant été très vite satisfaite, dans un consensus harmonieux, à l'image de l'entente cordiale qui entoure ce chantier unique et ambitieux : pas d’appel à la prière émis depuis les minarets.

Forts de l’assentiment de la population locale qui sera la bienvenue dans ce phare majestueux du culte musulman, ouvert sur le monde environnant et à son prochain, quelles que soient sa confession et sensibilité, les promoteurs ont désormais reçu l’aval officiel qui leur manquait pour matérialiser leur rêve, visible jusqu'ici sur maquette uniquement.

Avec une capacité d’accueil pouvant aller jusqu’à 3 000 fidèles lors de l’Aïd, la mosquée, flanquée de minarets, qui rayonnera à proximité de la capitale irlandaise, pourra contenir près de 550 personnes chaque vendredi, pour la prière commune, et se déploiera sur trois étages en forme de dôme, comprenant 38 salles de classe du primaire et du secondaire, une salle communautaire polyvalente, un centre de remise en forme avec piscine, une salle de gym, un sauna et 14 appartements pour le personnel.

Des mécènes fortunés de la verte Irlande ainsi que des organismes de bienfaisance du Moyen-Orient vont permettre à ce joyau architectural de sortir de terre, sans encombres financiers. 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 07:23

Algérie : des scandales de pédophilie éclaboussent des écoles coraniques

 

 

 
 

 

La pédophilie, cette atteinte innommable à l’intégrité de l’enfance, s’immisce dans des enceintes que l’on croyait immunisées contre ce mal, et après les scandales en chaîne qui ont ébranlé l’Eglise catholique, c’est au tour des écoles coraniques en Algérie d’être éclaboussées par des affaires de mœurs sordides.

L’impensable s’est produit là où il était inconcevable qu’il survienne, et au cours de ces derniers mois, plusieurs cas d’agressions sexuelles sur mineurs ont traumatisé l’opinion algérienne.

Derrière les murs protégés, ou supposés l’être, des sanctuaires de la foi, certains imams abusent de leur pouvoir pour assouvir des pulsions criminelles, à l’instar de cet enseignant coranique de la mosquée de la commune de Boudjebha-El-Bordj, près de Sidi Bel-Abbès, qui vient d’être condamné à 10 ans de prison ferme pour abus sexuel sur un garçonnet de 6 ans.

Considérant que cet enseignant, qui a fait subir un calvaire à son jeune élève, a gravement déshonoré sa fonction et l’islam, la religion dont il était censé prêcher la bonne parole et inculquer les grands préceptes, le tribunal de Sidi Bel-Abbès a voulu faire un exemple.

Les faits étaient effectivement accablants pour l’accusé qui, non content d’avoir enfermé sa proie innocente dans la classe pour se livrer à un viol caractérisé, a également menacé l’enfant si jamais il en parlait à sa famille. Mais ce dernier a puisé en lui le courage nécessaire pour tout révéler à ses parents, un médecin confirmant l’agression sexuelle dont il avait été victime.

Sensibilisée à ce phénomène très alarmant, l’association Djazairouna a brisé le tabou, et la chape de plomb du silence qui l’entoure, pour enquêter en 2010 sur ces crimes abominables. Le fruit de son investigation sur 431 écoles coraniques a jeté une lumière crue sur une réalité honteuse : dans la seule wilaya de Blida, 28% des enfants, inscrits dans des écoles coraniques, avaient subi des attouchements sexuels.

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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