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Thérèse Zrihen-Dvir

Regard d'un écrivain sur le Monde

29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 14:21

L’hymne à la vie…

Dernière mise à jour Lundi, 29 septembre 2014 10:26 Ecrit par Rony Akrich Lundi, 29 septembre 2014 10:26

 

 

L’homme a délaissé ses sources et ne perçoit plus la suave pulsation de vie qui le soutient et l’associe au souffle Divin. Nous nous sommes égarés vers une appréciation altérée de nous-même et nous restons les captifs de nos identités virtuelles qui nous séparent de l’Harmonie universelle; nous nous sentons exilés, dépossédés de la source de vie et expulsés du Paradis… Depuis l’aurore du règne de l’humanité, de toutes les manières, nous essayons irrémédiablement de nous rapprocher de cette céleste partition afin de regagner notre être total et notre rang dans l’hymne à la Vie, à l’origine des commencements.

 

Selon nos maitres, la prescription originale du nouvel an juif concerne les sonneries du Shofar. Que signifient ces sensations liées aux tonalités de cette corne de bélier dans laquelle nous soufflons, si solennellement, dans les synagogues à l’occasion des deux premiers jours de la nouvelle année du calendrier hébraïque? Maïmonide assure qu’il s’agit là d’un décret divin, impénétrable à tout entendement humain. D’après la Torah, la pensée logique et l’intellect ne sont pas les instruments uniques déposés entre nos mains pour essayer de comprendre la réalité. Il est nombres de facultés qui se trouvent en deçà de l’intelligence – par exemple l’imagination, la volonté ou le sentiment – et il en est d’autres se trouvant au-dessus de cette intelligence, comme l’esprit divin. Ne soyons guère impressionner s’il est des concepts que l’homme ne sache point appréhender raisonnablement dans toute leur intensité. L’une des fonctions pour y arriver est l’expression allégorique, qui selon Maïmonide attise notre intérêt et nous provoque moralement. De ce fait, les voix du Shofar recèlent de multiples effets dont il est certain que la plupart ne sont pas identifiables par l’intelligence humaine.

De nombreuses traditions consacrent l’origine de l’univers et la genèse du monde révélé au Verbe divin: la Conscience absolue, immuable et fixée dans une éternité sans espace. Le Verbe créateur se manifesta issu de lui-même sous une impénétrable impulsion surgie d’au-delà du temps. Ce timbre essentiel, proféré dans le souffle divin, projeta l’Incommensurable dans le temps et l’espace, octroyant délivrance à la matière même de la création. Nous sommes certainement composés de cela: d’une grande pulsation alternative dès les origines qui serait l’essence même de notre existence et le support de notre conscience.

Face à ces interrogations il existe deux dissidences, risquées toutes les deux, qui composent d’une certaine manière deux positions extrémistes et insidieuses. D’après la première, l’individu possèderait les capacités indispensables à toute compréhension. Cela voudrait dire que seul le rationnel serait tangible: ce que l’homme ne peut comprendre n’existerait pas. L’autre déviation nous autoriserait à considérer que l’on ne peut rien approfondir et que tout reste énigmatique, or il est évident que les ordonnances de la Torah interpellent notre intelligence par tous les moyens. Par ailleurs, il subsiste au sein du juste équilibre un espace en lisière de ce qui est discernable par l’intellect, et ce qui est au-delà de lui-même. Maïmonide dédie une part considérable de son « Livre des Egarés » à ce qu’il nomme le sens caché des enseignements, et nous instruit du fait que l’homme ne peut aspirer déchiffrer et entendre l’ensemble des prescriptions, et particulièrement les prescriptions les plus complexes, comme celui des cendres purificatrices de la vache rousse. Indifféremment, il n’est guère facile d’appréhender naturellement toutes les sagesses d’une loi qui exige de s’emparer d’une corne de bélier et d’y souffler maintes fois, selon des temps et des tons composites. Maïmonide interprète l’unique explication raisonnable et s’autorise à dire que le Shofar vivifie l’âme humaine.

Ce son primordial serait-il l’origine, le substrat de l’univers. D’une simple vibration, d’une onde acoustique suprême, naitrait la cohérence du monde exprimé qui s’en sustenterait et conserverait ainsi son équilibre, maintenu sur le fil de cette onde sidérale jusqu’à ce qu’elle s’introduise dans l’infini et qu’elle retourne à sa source, au terme d’un souffle Divin. Nous, êtres humains, sommes-nous constitués de matière pénétrée de ces sons de Vie issue du souffle et du Verbe Divin, sommes-nous une note originale dans la symphonie de l’univers et notre conscience individuelle s’inscrit elle sur les harmoniques d’un chant céleste.

Durant son existence, l’homme est principalement l’objet d’un train de vie qui ne lui autorise aucune liberté, surtout celle d’une remise en question concernant l’esprit de son histoire personnelle. Or à Rosh Hashana, le Shofar parvient à nous soustraire de cette léthargie indolente: à la faveur de ses sons si troublants et si cristallins, il agite notre être et nos sentiments. « Le Shofar peut-il retentir dans la ville sans que le peuple ne soit pris de tremblements  » remarque le prophète. Cet objet singulier venu du fond des âges, provoque en effet un renouveau au sein même des créatures que nous sommes et nous oblige à dépoussiérer notre véritable personnalité si naturellement noble. Il fut un temps ou la pensée humaine allégua que la parfaite pédagogie se devait de prescrire et de reproduire sur l’individu une conduite qui lui était foncièrement étrangère. Il s’agissait là d’une opinion qui tenait le haut du pavé en occident jusqu’au 19eme siècle. Par la suite, certains esprits révoltés, comme Jean-Jacques Rousseau, prouvèrent que cette théorie était erronée et inepte: éduquer veut dire, délivrer l’homme de ses inclinations malveillantes, de son obscur penchant et permettre à son intériorité d’éclore. Lorsque l’homme se manifestera dans sa forme et son esprit le plus naturel, son initiation prospérera. Il s’agit ici d’une approche optimiste où l’être humain est essentiellement altruiste, cependant que l’humanité, la société agencée et l’ordinaire humain déforment son âme. Cette théorie est similaire à celle de la Torah: « Dieu créa l’homme impeccablement, parfaitement », annonce la Bible dans les premiers chapitres de la Genèse. Nous devons donc, de temps à autre, soutenir l’être humain à se décharger de la domination de certaines emprises fatales. Ainsi Rousseau disait: « toute chose est bonne au moment où elle sort de la main du Créateur, alors qu’elle se détériore une fois parvenue dans la main de l’homme ». De ce fait l’éducation authentique de l’enfant réside dans la découverte de sa nature propre. Il n’est nullement question d’une formule élémentaire de pédagogie, certainement très séduisante au demeurant pour l’enseignement scolaire actuel. Cet examen nous entraine bien au-delà: il se propose de reconsidérer intégralement l’ensemble des doctrines anciennes qui jugeait les gamins comme des « suppôts du Diable » simplement parce qu’à ces âges ils ne se préoccupaient de rien d’autre que de dormir et de manger. La croyance responsable de ces idées obsolètes tentait d’inculquer aux enfants, strictement, des  » conduites bienfaisantes », afin de conjurer leurs « penchants diaboliques » spontanés. Observons d’autre part que ce procédé ne s’employait qu’à l’égard des individus de sexe masculin, les jeunes filles étant déjà proscrites dès leur naissance pour un satanisme permanent et définitif. La Torah au contraire décrit d’une manière limpide le fait que l’homme possède une âme pure: « L’âme que Tu m’as donnée est pure », dit-on au matin dans la prière du réveil. Pour la Bible hébraïque, l’homme a été créé « à l’image de Dieu » et l’Ecclésiaste vient nous préciser que « Dieu a créé l’homme droit » – seule la vie terrestre entaille cette vérité.

Devrions-nous abandonner l’existence terrestre et sociale? Ne sommes-nous pas ici-bas pour consacrer l’Eternel, un projet carrément plus compliqué que la charge des anges, lesquels se « limitent » quant à eux à consacrer D.ieu dans les firmaments? La tonalité du Shofar vient nous ressusciter et nous remémorer ce que nous sommes véritablement, quels sont les buts éminents appartenant ici-bas à l’Homme et combien notre nature conceptuelle renferme de bonheurs engloutis. Du reste cette corne est elle-même un objet « naturel », assurément le plus naturel qui puisse être, puisque celle-ci est simplement réalisée à partir d’une corne de bélier! Pour Maïmonide, les voix du Shofar demeurent en conséquence au-delà de l’entendement humain, mais elles suscitent en nous l’espoir: le fait que leurs sonorités perçantes ou profondes, dénudés ou brisés, parfois même gémissantes, sachent ranimer fidèlement nos capacités dérobées.

Néanmoins, au-delà du commentaire de Maïmonide, il nous est permis d’essayer de poursuivre la réflexion en se souvenant aussi que le Shofar fut fréquemment évoqué dans les écrits bibliques comme instrument de ralliement et de mobilisation lors des guerres d’Israël. Certes il serait préférable de régler les différents des états et des peuples par des voies pacifiques comme la négociation, mais il subsiste occasionnellement des conjonctures qui n’offrent plus guère d’autre option qu’un règlement militaire. Le Judaïsme voit cela comme un commandement positif lorsqu’Israël se retrouve face à un péril susceptible d’annihiler son existence propre!

Lorsque le peuple d’Israël se mobilise et part en guerre, les sons du Shofar sont encore là pour susciter les hardiesses et les desseins sublimés par les combattants. En effet à Rosh Hashana aussi, nous nous mobilisons et sortons vers un affrontement des plus essentiels pour notre devenir. Un combat contre les instincts naturels qui demeurent en nous, et chacun sait ô combien il n’est pas simple de gagner cette bataille car le commun des mortels reste fortement séduit et dominé par ses pulsions.

Rien de très certain à ce que la connaissance et le labeur soient similaires, il est aisé de prouver que l’application qui étaye la connaissance à sa plus éminente sagacité n’a rien à voir avec le labeur. En revanche, la relation du labeur avec l’accoutumance est tout à fait appropriée. L’apprentissage de l’indépendance se fait avec discernement pour échafauder une capacité divine qui requière croissance et organisation comme n’importe quel talent. Ainsi, le virtuose du piano doit-il s’entraîner constamment pour interpréter avec grâce et maestria son morceau. Il est exact que des exercices physiques sollicitent dans un premier temps, une bonne dose de concentration requérant de l’effort. Ensuite, la facilité vient et à l’effort succède l’habitude. Nous voyons notre exemple du musicien qui déchiffre une partition, puis la joue avec facilité. Pour maîtriser un instrument, on passe par l’exercice et avant que la mécanique de la position des doigts ne soit spontanée, il y a effort. Plus tard, quand l’habitude est acquise, les doigts vont directement là où ils doivent aller et l’attention du musicien peut se déplacer vers la musique. L’effort s’oublie de lui-même dans l’inspiration, L’œuvre se libère dans la grâce.

Il est une force immanente du son, qui rapproche sa valeur vibratoire d’énergie et d’intelligence, elle parcourt toute une gamme de sonorités ; et il existe de la même manière des degrés, une ouïe grossière qui n’est interpellée que par le bruit sous une forme agressive et une ouïe subtile ouverte à des niveaux très fins du son, jusqu’à écouter dans les espaces, de silence entre les pensées. Affiner l’ouïe c’est découvrir que l’univers tout entier est murmure et vibration. C’est aussi découvrir la profondeur du silence de l’esprit. En effet, un esprit qui n’est pas intérieurement silencieux ne peut pas écouter. Il n’entend que son propre bruit. Il ne peut se mettre aux aguets et pressentir un mouvement, une respiration et les milles petits bourdonnements de la Nature. Il ne peut pas écouter une voix dans ses tremblements et recueillir ce qu’elle ne peut confier à la parole. Il ne peut pas non plus être attentif à l’activité de son esprit et encore moins être conscient des Idées. Par conséquent, il est facilement piégé par ses propres pensés, car il n’y a pas autour un espace de silence. Tant qu’il n’y a pas d’espace silencieux en nous, il ne peut pas y avoir d’intelligence lucide. Écouter, c’est ouvrir un espace à ce qui est et le laisser vacant. Écouter, c’est autoriser l’entrée en scène de ce qui advient, sans faire barrage, sans vouloir par avance contrôler, sans chercher à fuir ce qui est. C’est-à-dire sans être obnubilé par ce que nous sommes en train de dire ou de penser. L’écoute fait de l’observation une méditation vivante en donnant à la conscience une profondeur qu’elle n’aurait pas sans cela. L’écoute permet qu’affleure en permanence la Conscience qui est en toile de fond de toute expérience.

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 23:10

À propos de l’ONU

Dernière mise à jour Dimanche, 21 septembre 2014 11:27 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Dimanche, 21 septembre 2014 11:27

 

 

Dans un texte récent, j’ai dénoncé l’indifférence de la planète face aux atrocités commises quotidiennement partout dans le monde alors qu’elle s’est mobilisée avec enthousiasme pour défendre le Hamas contre Israël. En réaction à mes propos, des lecteurs m’ont écrit pour «m’expliquer» que ce biais est justifié puisque l’ONU a maintes fois adopté des résolutions contre l’État hébreu. Après tout, si l’ONU condamne Israël, c’est qu’elle a de bonnes raisons, non ?

 

Penchons-nous donc sur cette organisation dont le mandat est de maintenir la paix et de protéger les victimes de violations des droits de l’homme dans le monde.

Il est vrai qu’en 2012 et 2013, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté un total de 43 résolutions condamnant Israël. Mais comme l’ONU s’est autoproclamée protectrice de la paix, elle devrait logiquement s’intéresser également à la situation qui prévaut ailleurs dans le monde, et ce d’autant plus que la liste des pays génocidaires et de ceux qui bafouent de la pire manière les droits de l’homme est lamentablement longue: Irak, Syrie, Soudan, Tunisie, Afghanistan, Pakistan, Yémen, Somalie, Chine, Cuba, Corée du Nord, Zimbabwe, Arabie Saoudite, Tchad, Côte d’Ivoire, Iran, Libye, et des dizaines d’autres.
Or, en 2012 et 2013, l’ONU a voté un total d’à peine huit résolutions visant des pays autres qu’Israël. Certes, le Moyen-Orient est une région sensible ayant fait environ 10,000 victimes palestiniennes depuis l’an 2000, et on peut comprendre que l’ONU s’y intéresse. En revanche, on comprend difficilement qu’elle lui consacre 84% de ses résolutions alors qu’à travers le monde, des millions de personnes sont mortes aux mains de tyrans, et des millions d’autres sont persécutées, mutilées, violées, torturées, kidnappées, réduites à l’esclavage, privées de nourriture, emprisonnées sans procès, ou exécutées pour leurs opinions ou leurs orientations sexuelles.
L’aveuglement de l’ONU va plus loin. En 2013, elle invite nul autre que l’Iran à présider sa Conférence sur le désarmement, alors que ce pays est hautement surveillé pour ses activités nucléaires illicites.
En 2012, l’ONU demande au Soudan, un pays génocidaire, d’intégrer le Conseil économique et social, un organisme sensé défendre, entre autres, les droits humains. Toujours en 2012, l’ONU convie Hugo Chavez à siéger au Conseil des droits de l’homme.
En 2010, l’ONU élit la Libye au Conseil des droits de l’homme alors qu’il s’agit de l’une des plus brutales tyrannies. Puis, en 2012, ce Conseil adopte une résolution louant la «performance» du régime de Kadhafi en matière de droits de l’homme, alors même qu’Amnesty dénonçait vivement la Libye pour ses violations aussi multiples que gravissimes.
Charles de Gaulle qualifiait l’ONU de «machin». Quand on constate la complaisance pestilentielle de cette organisation envers les pires tyrans, sa désinvolture à mettre des tueurs en série en charge des droits humains et son insouciance à offrir aux loups la garde de la bergerie, il semble bien que, tout compte fait, le général de Gaulle était bien indulgent!

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 04:29

Gaza : la reconstruction

Dernière mise à jour Vendredi, 19 septembre 2014 05:54 Ecrit par Gérard Akoun Vendredi, 19 septembre 2014 05:54

 

 

L’émissaire de l’ONU au Proche-Orient, Robert Serry, a annoncé que les Nations unies, Israël et l’Autorité palestinienne avaient conclu un accord pour que débute la reconstruction dans la bande de Gaza. C’est une bonne nouvelle pour les habitants de Gaza dont les maisons et les appartements ont été détruits ou endommagés, en réponse aux tirs de roquettes et de missiles sur Israël.
On notera que cet accord a été conclu entre Israël et l’Autorité palestinienne et non entre Israël et le Hamas, même indirectement. Les Nations unies veilleront à ce que les matériaux de construction ne soient pas détournés à des fins militaires par le Hamas pour servir à l’édification de bunkers ou au creusement de tunnels qui permettraient aux terroristes de pénétrer en Israël. On ignore encore les modalités de ce contrôle et l’origine des casques bleus qui en auront la charge. Mais, Israël ne peut se permettre de se retrouver dans la même situation que celle qui a suivi l’opération « pilier de défense » en 2012. Soumis à des pressions internes et externes, Israël avait, au bout de quelques mois, desserré son blocus sur la bande de Gaza et permis, outre l’entrée quotidienne de marchandises diverses dans l’enclave, celle de matériaux de construction destinés, officiellement, à des constructions civiles, des logements principalement. Les israéliens ont pu, cet été, découvrir à leurs dépens la nature des travaux effectués.
Les Gazaouis vont pouvoir se retrouver plus rapidement avec un toit sur la tête et c’est tant mieux. Le coût de la reconstruction est évalué selon l’Autorité palestinienne à sept ou 8 milliards de dollars et dans un éditorial sans concession, paru dans Haaretz, la journaliste israélienne Amira Hass, connue pour sa sympathie pour la cause palestinienne, a adressé aux dirigeants du Hamas, une série de questions embarrassantes dont celle-ci : « si vous n’aviez pas su, que comme c’est le cas depuis 1994, les occidentaux, les Nations unies se hâteraient de financer la reconstruction de Gaza, auriez-vous agi comme vous venez de le faire ? » c’est-à-dire, c’est moi qui le dit, auriez-vous provoqué Israël alors que vous saviez que sa réaction serait violente, refusé plus de dix cessez le feu et attendu pour le faire que le nombre de victimes civiles et de destruction soit très élevé ? Auriez-vous pu encore regarder dans les yeux votre population en assurant que vous étiez victorieux ?
En France, nous pouvons voir, nous pouvons lire de nombreux reportages sur les difficultés de la rentrée scolaire à Gaza tant sur le plan matériel, les écoles de l’UNWRA servent encore de refuge aux sans-abri, que sur le plan psychologique, certains enfants présentent des troubles consécutifs aux bombardements. Mais jamais, dans ces reportages n’est prise en compte, ne serait-ce que suggérée une certaine responsabilité du Hamas dans cette situation, jamais n’apparaît la moindre critique sur l’aventurisme militaire du Hamas. Israël faisait la guerre tout seul ! De même nous apprenons que des palestiniens risquent leur vie sur des embarcations de fortune pour fuir Gaza et gagner l’Occident. Une quinzaine d’entre eux viennent de mourir noyés en Méditerranée comme des milliers d’autres en provenance de divers pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Mais vous ne lirez pas, vous ne saurez pas que selon une enquête de source palestinienne, 43 % des habitants de la bande de Gaza voudraient émigrer alors qu’ils ne sont que 20 % à vouloir le faire de Cisjordanie. C’est tellement plus simple d’expliquer cette émigration par la seule occupation israélienne et d’en exempter, là aussi, le Hamas de toute responsabilité : la vie est tellement agréable sous le régime de la charia, surtout pour les jeunes. En agissant de cette manière, en niant la part de responsabilités du Hamas dans le conflit qui vient de se dérouler, les journalistes qui le couvrent n’aident pas les peuples israélien et palestinien. Les négociations, sous l’égide de l’Égypte, entre l’Autorité palestinienne et Israël devraient reprendre dans quelques semaines, souhaitons qu’elles puissent évoluer positivement.

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 06:34

Lettre ouverte à Mr Uri Avnery

Dernière mise à jour Vendredi, 4 juillet 2014 05:09 Ecrit par Dora Marrache Vendredi, 4 juillet 2014 05:09

 

 

Monsieur ;

 

Votre article du 28 juin, publié dans Media Part a retenu mon attention et, suivant les conseils de l’un de vos acolytes dans l’entreprise de délégitimation d’Israël , Stéphane Hessel, je suis indignée, profondément indignée de constater qu’un Juif, israélien de surcroît, puisse « pondre » un pareil article. Certes, vous n’êtes pas le seul à saisir n’importe quelle occasion pour vous attirer la sympathie des Palestiniens et, partant, des Arabes en général. Vous n’en êtes pas excusable pour autant.

Pourtant, en novembre 2013, j’ai cru que vous aviez changé votre fusil d’épaule à propos d’Israël, qu’ayant atteint un âge vénérable (91 ans), vous reveniez vers vos racines et que vous preniez la défense de l’État juif qu’on accuse d’être un État d’Apartheid. « Dans l’ensemble, la situation de la minorité arabe à l’intérieur d’Israël proprement dit est très semblable à celle de nombreuses minorités nationales en Europe et ailleurs. Elle profite de l’égalité devant la loi, du droit de vote pour le parlement, elle est représentée par ses propres partis politiques, qui sont très actifs, même si en pratique, elle souffre de discrimination dans de nombreux domaines. Appeler cela un apartheid serait grossièrement trompeur», aviez-vous écrit. Une prise de position qui vous a valu des critiques acerbes des Palestiniens.

J’étais bien naïve : tout comme votre acolyte, Stéphane Hessel, tout comme les antisionistes et tout comme les médias, vous œuvrer à diaboliser Israël, votre pays, et à blanchir les terroristes.

Vous avez choisi un événement dont vous ignoriez alors l’issue tragique – l’assassinat de sang-froid de trois adolescents juifs israéliens- pour brosser un tableau de la société israélienne on ne peut plus négatif.
Le titre même de votre article « Un ghetto armé » laisse deviner votre position dans l’analyse de ce tragique événement.

Le Service de sécurité israélien :

Vous refusez d’établir un parallèle entre l’enlèvement du soldat Gilat Shalit et celui de trois jeunes étudiants sous prétexte que le soldat a été enlevé à Gaza, une zone dites-vous, « densément peuplée et contrôlée par le Hamas », alors que le kidnapping des trois jeunes a eu lieu en Cisjordanie, une zone « criblée, dites-vous, de colonies israéliennes », où le Service de Sécurité israélien bénéficie d’un très grand nombre d’informateurs.
En d’autres termes, vous mettez en doute et la compétence du Service de sécurité et même le fait qu’il s’agisse d’un enlèvement. D’ailleurs, de la police israélienne, vous dites qu’elle est « incompétente ».
Le gouvernement de Benjamin Netanyahou :
1. Vous jugez les membres du gouvernement israélien incapables de raisonner et de comprendre vos « combattants de la liberté » : « Ils n’ont aucune idée du fonctionnement mental des militants. » Donc, s’ils avaient eu des connaissances en psychologie, ils comprendraient les raisons pour lesquelles ces « combattants » ont enlevé ces jeunes. Mais vous, vous avez certainement une idée précise de leur fonctionnement mental, ce qui explique votre refus de les condamner.
Moi, Monsieur Avnery, je n’ai pas vos connaissances, mais à mes yeux aucune idéologie, aussi noble soit-elle, ne peut justifier le meurtre de jeunes innocents.
2. Vous reprochez au Premier ministre d’accuser le Hamas en l’absence de preuves. Le fait qu’on reconnaisse dans cet enlèvement le modus operandi de cette organisation terroriste et le fait qu’elle ait lancé un appel à la 3ème Intifada ne suffisent-ils pas à l’accuser?
En revanche, permettez-moi de vous rappeler que vous, vous Monsieur Avnery, vous l’activiste de la paix, vous avez imputé la mort de Yasser Arafat à Ariel Sharon alors que, jusqu’à maintenant, il n’a même pas été prouvé qu’il est décédé d’un empoisonnement.
3. Vous traitez Benjamin Netanyahou d’ « opportuniste »: « Le gouvernement de NETANYAHU a immédiatement saisi l’opportunité qui se présentait », écrivez-vous. Vous laissez entendre que cet événement tombait à point nommé puisque, dès le lendemain de la disparition de ces jeunes, « une opération (…) qui avait été visiblement préparée depuis longtemps s’est attelée à éradiquer le Hamas de Cisjordanie ».
4. Qui plus est, le fait que cet acte n’ait pas été revendiqué vous fait dire, en termes à peine voilés, que cet enlèvement a peut-être été orchestré par le gouvernement israélien dans le but d’éradiquer le Hamas en « Cisjordanie » et d’avoir ensuite les coudées franches pour attaquer, voire réoccuper Gaza. N’est-ce pas là justement ce que les Arabes et les antisionistes ont déclaré ?
Quand bien même cet événement dramatique serait un prétexte à chasser le Hamas de Judée-Samarie, et même à envahir Gaza, ne croyez-vous pas qu’il est normal qu’Israël veuille éradiquer le terrorisme de ses territoires, qu’il a le devoir de protéger ses citoyens? S’il existe un pays, un seul, qui accepterait sans rechigner, sans se défendre que ses voisins l’attaquent quotidiennement, je plaiderai pour qu’Israël s’aligne sur son comportement.
Les trois jeunes victimes d’un enlèvement
Ce sont pour vous trois jeunes « colons » qui ont simplement disparu et dont on critique, dites-vous, « l’arrogance stupide ». A-t-on idée, laissez-vous sous –entendre, de faire du stop « la nuit, au milieu d’un territoire occupé », (disputé, dirai-je) dans « un croisement isolé » et de monter dans « une voiture étrangère. » ?
En d’autres termes, selon vous, ces jeunes sont allés au devant des problèmes, ils ont fait preuve d’une imprudence impardonnable, donc s’ils ont été enlevés, c’est de leur faute. Le Hamas ne peut en aucun cas en être tenu responsable. Point final.
Pourtant, vous n’ignorez pas qu’en Israël le recours au stop est monnaie courante, que nombreux sont les auto-stoppeurs, et nombreux les automobilistes qui les prennent en charge.
Une voiture étrangère, dites-vous. Qu’en savez-vous ? N’est-il jamais arrivé que des terroristes, pour gagner la confiance de leurs victimes, s’habillent comme les ultra-orthodoxes ? Cette hypothèse ne vous a-t-elle pas traversé l’esprit ? Non, bien entendu, vous exprimez une telle confiance pour les Palestiniens que vous ne pouvez les imaginer trompant la confiance de ces jeunes gens ?
Maintenant, M. Avnery, je vous pose la question suivante : auriez-vous tenu le même discours si votre petit-fils était l’une des trois jeunes victimes? J’ose espérer qu’il aurait été tout autre.
La société israélienne :
Vous êtes extrêmement critique à l’égard de cette société qui est pourtant la vôtre. Elle s’est montrée « sous son jour le plus défavorable », dites-vous. « Elle est apparue comme un ghetto armé, dénué de toute compassion pour les autres et totalement irrationnelle. »
Vous reprochez aux Juifs de rester unis et solidaires face à leurs ennemis ! Comment auraient-ils survécu à toutes les persécutions s’ils n’avaient pas fait preuve de ces qualités ? Et depuis quant l’unité et la solidarité sont-elles des tares?
Quant à déclarer que les Juifs sont dénués « de toute compassion pour les autres », permettez-moi de vous dire que si les Palestiniens se comportaient comme se comportent les Juifs à leur égard, la paix aurait eu lieu depuis longtemps. Dois-je vous apprendre ce que vous feignez d’ignorer, à savoir que les Juifs soignent les Palestiniens comme s’ils étaient juifs ? Qu’il y a infiniment plus de Juifs qui se portent à la défense des Palestiniens que de musulmans qui osent dire la vérité sur Israël ?
Les Palestiniens de Judée-Samarie :
Ne vous en déplaise, je continue et continuerai à appeler « un chat un chat ». Or le territoire que vous désignez sous le nom de Cisjordanie s’est toujours appelé, avant que la Jordanie ne s’en empare, la Judée-Samarie. À moins que tous les historiens à travers le monde ne soient sionistes et qu’ils l’aient baptisée ainsi.
Mais je comprends que, vu votre position dans le conflit du Moyen-Orient, vous ne puissiez employer le terme propre. Pour vous, il va sans dire que la Cisjordanie revient au peuple palestinien, ce peuple qu’en 67, au sortir d’une réunion à Alger, Arafat se vantait d’avoir créé.
Mais combien flatteur est le portrait que vous brossez des Palestiniens ! Tout à fait aux antipodes de celui que vous donnez des Israéliens !
Les Palestiniens de « Cisjordanie » sont colonisés, maltraités par Tsahal : « Des groupes de soldats lourdement armés ont pénétré dans les maisons, poussant les enfants effrayés et les femmes, tirant les hommes de leur lit et les emmenant, menottés et les yeux bandés. Ils ont arrêté plusieurs centaines de travailleurs sociaux, enseignants religieux, tous ceux qui de près ou de loin étaient en relation avec le Hamas », avez-vous écrit.
Comme vous pouvez le constater, les mots que vous employez révèlent la sympathie que vous inspire ce peuple qui n’a que haine pour votre peuple.
D’ailleurs, tout le vocabulaire des antisionistes contribue à masquer la réalité.
Le vocabulaire VS le vocabulaire antisioniste
Judée-Samarie vs Cisjordanie
Terroriste vs militant / combattant de la
liberté
Territoire disputé vs colonies
Juifs de Judée-Samarie vs les colons
Traître juif vs un pacifiste/ humaniste
Je ne puis m’empêcher de constater que le vocabulaire des antisionistes pour parler des Israéliens est porteur de connotations très négatives : il transmet des idées de domination, de colonisation, d’expulsion, de vol de terres, etc. Au contraire, les termes qui servent à désigner les terroristes véhiculent un champ lexical évocateur de noblesse, de grandeur d’âme, de justice, etc.
L’expression combattants de la liberté nous rappelle immédiatement les Résistants pendant l’Occupation. Mais jamais que je sache les Résistants ne s’en sont pris à des enfants ou à des femmes.
Des « combattants de la liberté » ! Comme la réalité est différente de l’image véhiculée par le mot ! Quelle idéologie peut justifier le recours au terrorisme ?
Vous dites, à juste titre d’ailleurs, en parlant de la terminologie : « Il ne s’agit pas seulement d’un problème de vocabulaire. Il s’agit en fait d’une perception différente qui a des conséquences pratiques très importantes. »
Sur ce point, je suis tout à fait d’accord avec vous. En effet. vous venez ainsi de reconnaître, sans l’avoir voulu, que la terminologie employée par les médias pour parler de l’État juif a des conséquences très graves : isolement d’Israël sur la scène internationale, boycott, etc.
Et le tableau que vous brossez des Palestiniens vs celui des Israéliens a également des conséquences très importantes sur le lecteur peu informé qui ne pourra que prendre fait et cause pour les Palestiniens.
À vous lire, on ne peut qu’éprouver de la compassion pour ces « malheureux » Palestiniens, victimes de soldats impitoyables, sadiques, criminels, etc.
Et comment ne pas éprouver de la colère pour ces Juifs incapables de « compassion pour les autres »?
Comment ne pas plaindre les Palestiniens quand vous nous dites qu’ils sont contraints de collaborer avec l’ennemi qui recourt au « chantage, à la corruption et à tant d’autres moyens »?
D’abord, nul n’ignore que tous les services secrets à travers le monde recourent à des informateurs.
Ensuite, vous semblez dire que les Palestiniens sont tellement solidaires les uns des autres que, pour rien au monde, ils ne vendraient un des leurs. Ne vous est-il jamais venu à l’idée que d’autres raisons justifient leur crainte, en particulier le risque d’être exécuté en tant que traître ?
Par ailleurs, vous osez établir un parallèle entre les membres du Hamas et l’Irgoun dont vous-même avez été membre. Une telle comparaison me semble fort mal à propos.
1. Il eût été souhaitable de replacer les évènements dans leur contexte, donc de rappeler d’abord que les Britanniques n’avaient pas tenu leur promesse de créer un État juif, et ce en dépit de la Déclaration Balfour. Les Juifs, ignorant qu’on les avait leurrés, émigraient vers la Palestine. Face à la réalité, la résistance s’est organisée.
2. Dois-je vous rappeler que, pour éviter les pertes de civils innocents, l’Irgoun prévenait toujours avant de frapper ? Vous n’avez tout de même pas oublié, vous qui avez été membre de l’Irgoun, l’attaque en 46 d’une aile de l’hôtel King David à Jérusalem ? Les membres de l’Irgoun n’avaient-ils pas demandé aux Britanniques d’évacuer l’hôtel ? Les Britanniques n’ont pas accordé foi à cet avertissement : « Nous n’avons pas d’ordre à recevoir des Juifs » avait lancé un fonctionnaire britannique. Le résultat : il y a eu des morts et des blessés.
2. Vous rappelez l’attaque de la prison de Saint Jean d’Acre par l’Irgoun. Pourquoi ne pas rappeler au lecteur que le but était de libérer des militants sionistes, entre autres certains agents des organisations secrètes, faits prisonniers par les Britanniques parce qu’ils militaient pour un État juif ?
Conclusion Votre article n’est que le reflet de ce qui se dit dans les milieux antisionistes, et vous apportez votre soutien aux ennemis d’Israël. Vous condamnez votre peuple et son gouvernement, et vous blanchissez des terroristes !

Vous vous êtes fixé pour mission de défendre farouchement les Palestiniens. Fort bien ! Non pas parce que vous êtes sensible à la souffrance humaine – les autres peuples n’ont droit qu’à votre indifférence- mais parce que les Palestiniens sont victimes de l’agresseur israélien et que, depuis 48, le conflit au Moyen-Orient est ce qui se vend le mieux.

Je ne sais plus quel philosophe a dit que le monde est pour chacun de nous ce que chacun est lui-même. Eh bien, sachez, Monsieur Avnery, qu’en qualifiant le Premier ministre d’Israël d’ « opportuniste », vous ne faites que vous dévoiler. Car à bien y réfléchir, vous tirez parti du conflit qui oppose Juifs et Palestiniens pour vous faire un nom, pour connaître la gloire, pour être l’objet de flatteries.

Et vous avez atteint votre but: on ne tarit pas d’éloges pour ce Juif qui se distingue des autres, ce pacifiste, cet humaniste plein de compassion pour les Palestiniens, cet activiste de la paix, cet homme épris de vérité, etc.

Quelle vérité ? En matière de vérité, la relativité s’impose et pour plagier Pascal, je dirai : « Vérité en deça d’Israël, erreur au-delà ».

Pour finir, permettez-moi de vous dire que la lecture de vos articles me donne le sentiment que vous avez sacrifié votre peuple sur l’autel des Arabes et vendu votre liberté pour vous gagner leur sympathie.

Personnellement, je juge que c’est chèrement payé, mais c’est ma perception, la vôtre étant certainement très différente.
Toutefois, je caresse l’espoir que la mort de ces trois jeunes vous a ébranlé comme elle a ébranlé tous les Juifs dans le monde, et qu’elle vous fera ouvrir les yeux sur ceux que vous défendez avec acharnement. 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 04:08

Israël et la Turquie

Dernière mise à jour Jeudi, 13 février 2014 11:50 Ecrit par Gérard Akoun Jeudi, 13 février 2014 11:49

 

 

Il semblait à la lecture d’un certain nombre de déclarations faites par Taycip Erdogan premier ministre turc et surtout de celle de son ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu, que les relations entre Israël et la Turquie allait s’améliorer. En effet, les deux parties s’étaient mises d’accord sur la somme, qui servirait à indemniser les victimes du Mavi Marmara, on a parlé de 20 millions de dollars, et sur quelques autres dispositions. Il s’agissait, vous vous en souvenez peut-être, de ce bateau, affrété, en mai 2010, par une association « humanitaire » proche du pouvoir, pour forcer «pacifiquement » le blocus de Gaza et qui en avait été empêché par les commandos israéliens. 
Mais, avant-hier Monsieur Erdogan a exigé aussi la levée du siège maritime de Gaza pour clore définitivement l’affaire. Comment expliquer cette volte-face ?
Dans quelques semaines auront lieu des élections municipales que le premier ministre et son parti l’AKP ne peuvent se permettre de perdre. Un échec dans les grandes villes signerait la fin des rêves d’Erdogan qui se voit comme le futur Atatürk, version islamiste ou même comme le prochain calife. Or la situation économique n’est pas des plus brillantes, la livre turque est dévaluée et des affaires de corruption jusqu’aux plus hauts sommets ont obligé plusieurs ministres à démissionner. De plus Erdogan a perdu le soutien de l’imam Fethullah Gülen, un intellectuel et penseur musulman, partisan d’un islam tolérant et moderne. Une personnalité de poids qui se trouve à la tête de la puissante confrérie Hizmet qui regroupe 150 millions de personnes à travers le monde, des intellectuels et des cadres issus des couches moyennes et qui dispose en Turquie d’un réseau d’un millier d’écoles. Son influence est très forte, jusque dans les plus hautes sphères de l’État, il avait soutenu l’AKP et son chef pendant de longues années, mais la mégalomanie et la dérive dictatoriale de Taycip Erdogan ont provoqué la rupture entre les deux hommes. Ils n’étaient plus d’accord sur le plan politique : Fethullah Gülen avait critiqué la répression contre les manifestations étudiantes, il est pour le dialogue interculturel et religieux, et n’a pas hésité à rentrer en relation avec le lobby juif aux États-Unis. Mais, il est surtout très proche des américains dont il soutient la volonté de rapprocher Israël et la Turquie.
Erdogan avait absolument besoin de mobiliser son électorat populaire qui commence à souffrir du ralentissement de la croissance, et qui est déçu par la corruption de l’AKP, « parti de la justice et du développement », le parti blanc qui devait lutter contre la corruption. Quelle meilleure carte pouvait-il jouer, pour ce faire, que le soutien aux Hamas à Gaza, des frères musulmans et des sunnites comme lui, contre Israël. Une fois de plus les palestiniens sont utilisés à des fins personnelles qui leurs sont totalement étrangères. On remarquera que les Iraniens qui ne sont ni Arabes ni sunnites mais qui aspirent, eux aussi, à prendre la tête du monde arabe, soutiennent le Hamas. « Rien ne se fera sans la levée du siège de Gaza »a déclaré Erdogan, il faudra, sans doute, attendre les résultats électoraux de l’année 2014 pour que la situation puisse se débloquer. Mais le ver est dans le fruit et la bataille au sommet pour la présidence de la république est déjà commencée entre Abdullah Gul un disciple de Gülen et un Erdogan démonétisé. Des chances pour que les relations entre Israël et la Turquie se normalisent.

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 04:05

Libérer le Québec

Dernière mise à jour Lundi, 10 février 2014 03:53 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Lundi, 10 février 2014 03:53

 

 

Dans mon texte de la semaine dernière, j’insistais sur le fait que le Québec pourrait vivre richement, car il dispose d’un potentiel énorme.
Le problème, c’est que depuis la Révolution tranquille, les gouvernements ont œuvré à l’édification et à l’expansion d’un État-providence chargé de résoudre tous les problèmes sociaux et sociétaux. Or, tous les indicateurs nous forcent à constater que l’expérience a été un échec.  
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’inverser la vapeur car les moteurs de croissance sont bien connus. Pour faire simple, le niveau de vie dépend de la vigueur du marché du travail, qui dépend lui-même de l’entrepreneuriat, ainsi que de la productivité qui dépend à son tour des investissements des entreprises.
Or, il s’avère que le Québec enregistre un important déficit entrepreneurial et un chômage systématiquement supérieur à moyenne canadienne. Du côté de la productivité, celle des Québécois est parmi les plus faibles en Amérique du Nord, notamment en raison d’un sous-investissement en machinerie et équipement.
Quand on interroge les entrepreneurs sur les raisons de leur relative timidité, ils invoquent systématiquement l’insalubrité de l’environnement d’affaires. À cet égard, notons que :
• les taxes sur la masse salariale font augmenter de 12% le coût total de la main-d’œuvre par rapport à d’autres provinces;
• la paperasse gouvernementale produite par une entreprise québécoise est 16% plus élevée que dans l’ensemble du Canada et 26% plus élevée qu’en Ontario. On estime que les règlementations coûtent annuellement aux entreprises québécoises 2% du PIB.
• les entreprises québécoises assument le plus lourd fardeau fiscal au pays avec 5,1% de la valeur de la production brute contre 4,1% dans l’ensemble du Canada et à peine 2,9% aux États-Unis.
À cela s’ajoute la généreuse contribution des syndicats à la détérioration du climat d’affaires. En étant généralement hostiles aux initiatives patronales, en réclamant toujours davantage sans tenir compte des contraintes sectorielles, ils sabotent la croissance. Ces partisans de la loi du moindre effort se comportent en parasites égocentriques, notamment grâce à des lois complaisantes votées par nos gouvernements.
Dans ce contexte, on peut comprendre notre performance économique décevante. L’État-providence québécois a créé un climat hostile aux affaires. En pénalisant l’effort, il démotive la classe productive et donne envie de fuir. Ce n’est d’ailleurs qu’à coups de subventions titanesques que certaines entreprises acceptent de venir ou de ne pas quitter.
Le vandalisme économique a suffisamment duré.
Il est temps que nos gouvernements prennent conscience des dommages que leurs expérimentations socialistes ont causé. Il est urgent d’alléger le fardeau fiscal et le poids de la règlementation, et d’injecter une dose d’humilité aux syndicats pour libérer le Québec des boulets qui la paralysent. Il suffirait d’à peine cinq ans pour que la province prenne un envol spectaculaire. La prospérité est à portée de main. Mais quel gouvernement aura le courage de faire passer l’intérêt économique de toute la nation avant ses petits intérêts politiques?

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 06:29

Benyamin Netanyahou et l’État palestinien

Dernière mise à jour Jeudi, 30 janvier 2014 10:32 Ecrit par Gérard Akoun Jeudi, 30 janvier 2014 10:32

 

 

Les différents allers-retours effectués par John Kerry n’auraient pas été sans contre coups, du moins, si l’on en juge d’après les différentes déclarations qui ont été faites lors de la Conférence annuelle de l’institut pour les études sur la sécurité nationale (INSS) qui s’est tenue à Tel-Aviv. 
Benyamin Netanyahou s’y est exprimé mais aussi Mahmoud Abbas dans une interview qu’il a accordée à l’institut et qui a été retransmise par vidéo pendant la conférence. Les positions des uns et des autres apparaissent toujours aussi inconciliables mais il semblerait qu’il y ait eu de légères avancées. Le temps du marchandage semble être arrivé. À propos de la sécurité, par exemple, Le premier ministre israélien a rejeté l’hypothèse d’un État binational mais exigé, si un État palestinien était créé, cette possibilité n’étant plus écartée, qu’il soit démilitarisé. Qu’Israël puisse garder, à long terme, 15 ans au moins, des troupes dans la vallée du Jourdain pour garantir sa sécurité. Indirectement, Mahmoud Abbas lui a rétorqué, je cite : «dans un délai raisonnable, n’excédant pas trois ans Israël peut procéder à un retrait graduel » il a ajouté « qu’il ne voyait pas de problème à la présence d’une force tierce pendant et après le retrait, pour rassurer Israël et il a estimé que l’OTAN serait l’acteur approprié pour mener cette mission ». Benyamin Netanyahou a bien sûr rejeté cette proposition mais c’est la première fois que Mahmoud Abbâs suggère un tel arrangement. Il sera bien sûr intéressant de savoir s’il sera suivi sur cette voie par les siens.
Le Premier ministre, quant à lui, a fait d’autres propositions qui rentrent dans le cadre de la négociation mais qui sont surtout à usage interne et qui ont créé le trouble, le mot est faible, au sein de sa majorité. La semaine dernière, au forum économique de Davos, il avait évoqué la possibilité pour un certain nombre d’habitants des implantations qui seraient évacuées, dans le cadre d’un accord de paix, de demeurer sur place mais sous souveraineté palestinienne. C’est ainsi qu’il fallait comprendre sa déclaration : « je n’ai l’intention de démanteler aucune colonie, ni de déraciner aucun Israélien ». Cela paraît logique, des arabes, malgré les échanges de territoires, demeureraient, quand même, en Israël, pourquoi n’y aurait-il pas de juifs dans l’État de Palestine ? Je ne pense pas que Benyamin Netanyahou y croit lui-même. Quels juifs voudraient y demeurer sans la protection de l’armée israélienne ? Trop de haine a été accumulée pour que cela soit, même, envisageable. Ce n’est qu’une contre-proposition qui permet de démontrer à l’opinion internationale le sectarisme des palestiniens qui exigent le démantèlement de toutes les implantations qui resteraient sur leur territoire, et donc l’évacuation de leurs habitants juifs. Cela fait partie de la guerre d’image que se livrent israéliens et palestiniens.
Mais la droite et l’extrême droite israélienne ne l’ont pas entendu de cette oreille. Naftali Bennett, ministre de l’économie et leader du parti Israël Beteinou ainsi que les ministres les plus à droite au sein du Likoud sont montés au créneau pour fustiger les déclarations du premier ministre. Selon Bennett « il aurait perdu la tête et ses valeurs » et il a ajouté « Les pères de nos pères, nos descendants ne pardonneront jamais à un dirigeant israélien qui divisera notre terre et notre capitale ».Je vous en épargne d’autres aussi insultantes qui ont fait dire à Benyamin Netanyahou que Bennett était « un obsessionnel et un impulsif ».
Le premier ministre a agité un chiffon rouge sur lequel la droite et l’extrême droite se sont précipitées dans la mesure où elles ne veulent absolument pas d’État palestinien. On ne peut pas écarter l’idée que la manœuvre était préméditée et qu’elle pourrait ouvrir la voie à un remaniement de la majorité, sur laquelle s’appuie, actuellement, Benyamin Netanyahou. John Kerry doit revenir chercher les réponses des deux protagonistes au projet d’accord-cadre qu’il leur avait soumis et qui trace les grandes lignes d’un règlement définitif du conflit. Les israéliens comme les palestiniens, d’ailleurs, ne sont pas obligés d’accepter les propositions américaines en l’état. Mais ni les uns ni les autres, ne veulent porter la responsabilité de l’échec de ces négociations. On peut donc penser qu’ils seront contraints à rabaisser leurs exigences, mais la partie est loin d’être gagnée. Le scepticisme domine tant chez les palestiniens que chez les israéliens comme le montre deux sondages, l’un israélien l’autre palestinien 67% des israéliens, 70% des palestiniens ne croient pas à la conclusion d’un accord. Et pourtant, un nouvel échec ne ferait qu’aggraver une situation déjà tendue.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 01:17

Israël isolé

Dernière mise à jour Mercredi, 29 janvier 2014 10:50 Ecrit par Gérard Akoun Mercredi, 29 janvier 2014 10:50

 

 

Le gouvernement israélien voudrait il se couper de ses principaux soutiens, en particulier des américains, alors que se déroulent depuis quelques mois sous le parrainage, sous la houlette du Secrétaire d’état John Kerry de nouvelles négociations israélo-palestiniennes? Les déclarations blessantes, quasi insultantes du ministre de la défense Moshé Yaalon à l’encontre de John Kerry « il est animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme, la seule chose susceptible de nous sauver est que John Kerry remporte le prix Nobel de la paix et qu’il nous laisse tranquilles » sont très révélatrices de l’attitude de certains ministres de la droite israélienne à l’égard de ces négociations et de leur volonté de ne pas les voir aboutir. 
Ces propos ont été tenus en privé mais le ministre n’était pas sans savoir que le off est sans doute encore moins respecté en Israël que dans les autres pays. Il se trouve toujours un journaliste pour les rapporter. Les américains ont exigé des excuses et le ministre a du s’exécuter. A l’égard des européens, les réactions du gouvernement israélien ne sont pas moins vives, des qu’ils osent critiquer les nouveaux appels d’offres de construction de logements lancés dans les territoires et à Jérusalem est. Les positions des européens sont jugées, je cite « partiales, déséquilibrées et déconnectées de la réalité sur le terrain » Les gouvernements européens doivent tenir compte de leurs opinions publiques, et elles ont du mal à leur expliquer qu’Israël puisse négocier avec les palestiniens le territoire qui leur reviendra, à l’issue des pourparlers de paix , tout en continuant à en rétrécir la surface par de nouvelles constructions. Ces décisions du gouvernement israélien sont du pain bénit pour les antisionistes et les antisémites qui peuvent ainsi justifier leur propagande anti israélienne.
Mais l’Europe ne constitue pas un problème pour Israël, son influence politique ne pèse pas lourd dans la région et dans les négociations en cours. Elle reste cantonnée au rôle de bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne sans avoir voix au chapitre. Par contre, Israël devrait tenir compte de l’inflexion donnée par les Etats Unis à leur politique internationale. Les américains se tournent vers le pacifique où ils ont besoin de contrer la Chine dans son expansion. Ils veulent se libérer de leurs obligations en Europe. À la France, à l’Allemagne, à l’Angleterre, principalement de prendre le relais. Ils leurs laissent en prime l’Afrique. Ils quittent l’Irak et l’Afghanistan d’ici la fin de l’année. Ils règlent, au mieux de leurs intérêts, le nucléaire iranien, contre l’arrêt de son programme militaire, je dis bien l’arrêt et non l’abandon, l’Iran revient dans le concert des nations et retrouve sa place de puissance régionale. Dans la mesure où les Etats Unis deviennent autosuffisants et même exportateurs grâce au gaz de schiste, ils sont de moins en moins dépendants du pétrole du Moyen Orient et cela change totalement la donne.
Benyamin Netanyahou a raison de ne pas faire confiance à l’Iran, de laisser planer la menace d’une intervention militaire, Barak Obama n’a-t-il pas déclaré que les chances de succès dans le règlement du nucléaire iranien sont de 50%. Cette estimation laisse une marge assez large pour les pessimistes parmi lesquels il faut compter, outre Israël, les pays sunnites de la région dont le chef de file est l’Arabie Saoudite. L’évolution de la Syrie, l’importance que l’Iran et le Hezbollah libanais y ont prise les fait redoubler d’inquiétude. Le Premier ministre israélien caresse le rêve d’une coalition anti iranienne des sunnites à laquelle Israël pourrait se joindre officiellement ou officieusement reprenant à son compte la citation bien connue « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Mais il ne doit pas se bercer d’illusions, les chances pour qu’un pays arabe scelle une alliance avec Israël sont quasiment nulles tant que les palestiniens ne disposeront pas de leur état.
Israël ne doit pas, ne peut pas se couper des américains qui restent ses meilleurs alliés. Il ne faudrait pas que ce gouvernement ou certains des ministres qui le composent puissent imaginer qu’ils pourraient s’engager dans un bras de fer avec les Etats Unis et en sortir vainqueurs. Les négociations en cours avec les palestiniens doivent aboutir à un compromis acceptable pour les deux parties. Shimon Peres n’a pas tort de s’inquiéter de l’insistance de Benyamin Netanyahou à exiger la reconnaissance d’Israël comme Etat Juif. Il la juge « superflue »et susceptible de faire échouer les négociations en cours. Le Président de l’Etat a compris que la nouvelle orientation de la politique extérieure américaine en direction du Pacifique n’était pas conjoncturelle et qu’elle risquait de conduire les américains à se désengager du Moyen Orient avec toutes les conséquences négatives pour Israël. Ces négociations seront peut être les dernières dans lesquelles les américains s’entremettrons et il est souhaitable qu’elles aboutissent.

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 01:16

Shoah et renaissance

Dernière mise à jour Mercredi, 29 janvier 2014 10:59 Ecrit par Rony Akrich Mercredi, 29 janvier 2014 10:59

 

 

On peut affirmer que la Shoah constitue une conséquence directe de l’exil atroce qui se prolonge durant plus de deux mille ans.
Question particulièrement douloureuse à formuler puisqu’elle laisse sous-entendre que le peuple juif, ayant lui-même provoqué son exil, serait en quelque sorte responsable de ce qui s’est produit dans les camps de concentration d’Europe pendant cette terrible époque. C’est pourquoi, il faut l’affirmer d’emblée: pour tout croyant, la Shoah reste aujourd’hui encore une terrible énigme et une insupportable interrogation qui, cependant, ne peuvent rester sans réponse. 
Nous avons le devoir impératif d’étudier l’Histoire, mais attention, pas seulement celle des événements, mais celle de nos rencontres avec D.ieu dans l’Histoire. De même qu’il faut savoir déceler D.ieu dans la nature, parce que c’est Lui qui a créé le monde physique, c’est en Lui qu’il faut également reconnaître Celui qui dirige le monde de l’Histoire.
Certains événements sont parfois si terribles qu’il est difficile de les comprendre, c’est le cas de la Shoah et d’autres événements semblables racontés par la Bible. Même la sortie d’Egypte prit également un aspect dramatique pour les Hébreux puisque les commentateurs nous expliquent que quatre-cinquième d’entre eux périrent pendant les trois jours que durèrent les ténèbres, parce qu’ils refusaient en fait de quitter l’Egypte.
Ce n’est pas un effet du hasard si la génération qui a survécu à la Shoah est celle qui a eu l’immense privilège d’assister ou de participer à la création de l’Etat d’Israël.
En quelques années seulement nos parents ou grands-parents ont vécu la sombre époque où un tiers du peuple juif a disparu dans les fours crématoires d’Europe de l’Est, mais leurs yeux ont vu, aussi, l’épopée héroïque qui fut celle de la résurrection du peuple d’Israël sur sa terre.
Il faut se souvenir qu’au début du sionisme «politique» certains de nos Sages comme Rabbi Shlomo Teichtal, l’auteur du célèbre ouvrage Em Habanim Semekha, adoptèrent une attitude farouchement antisioniste, s’opposant radicalement à l’Alyah en Eretz Israël.
Mais au cours de la Shoah, Rabbi Shlomo Teichtal, qui resta longtemps caché dans une cave, décida de réviser sa position, et parvint à la conclusion qu’il avait été dans l’erreur en s’opposant constamment à toute montée en Israël.
«Mais, dit il, le fait est indéniable: le peuple juif est par trop attaché à l’exil, et lorsque vient le moment de le quitter, il se voit contraint de subir de terribles épreuves pour se détacher de l’emprise de la dispersion ».
Déjà Maïmonidefuyant l’Espagne, où sévissaient des décrets cruels contre les Juifs, pour l’Afrique du Nord, affirmait dans son épitre «Kiddoush Hashem» sur la Sanctification du Nom de D.ieu: « Nous avons le devoir de quitter ce lieu. Quant à ceux qui restent attachés à cette région et déclarent y rester jusqu’à ce que vienne le Messie, je ne sais pas en quoi leur attitude annulera leur décret d’extermination. Ceux-là sont des pécheurs qui entraînent le péché des autres.»
Dans son commentaire de la prière, Rabbi Yaacov Emdin, qui vivait voici environ deux cents ans, explique en introduction: «N’envisagez pas de vous installer définitivement à l’étranger. C’est le péché qu’ont commis nos ancêtres. Il peut nous sembler que lorsque l’on vit en paix en exil, on parvient peu à peu à se forger sur place une autre Jérusalem. Mais c’est là une erreur et la cause même de nos malheurs ».
Une autre sommité rabbinique, Rabbi Méir Simha de Dwinsk, écrit dans son commentaire Mecheh Hokhma: «Le Juif pense que Berlin est devenue Jérusalem… Alors viendra un vent tempétueux qui le déracinera de sa souche».
Bien avant la Shoah, le Rav Kook appela à plusieurs reprises le peuple juif à monter en Eretz Israël, non seulement pour préserver son héritage spirituel, mais tout simplement pour sa propre sauvegarde physique. Dans ses «Grands Appels», il lance ce cri à la fois grave et plein de ferveur: « Venez en Eretz Israël, mes frères, et sauvez l’âme de vos générations et celle de tout notre peuple! »

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 05:30

La leçon de Barack

Dernière mise à jour Dimanche, 19 janvier 2014 01:24 Ecrit par Nathalie Elgrably-Lévy Dimanche, 19 janvier 2014 01:24

 

 

Lorsque Barack Obama fut élu en 2008, beaucoup voyaient en lui un sauveur qui devait faire renaître le rêve américain, un messie qui devait apporter la paix et la prospérité. Personnellement, je n’étais pas convaincue. J’écrivais alors qu’il proposait seulement de vieilles théories socialistes qui, bien qu’habilement camouflées derrière des mots accrocheurs, allaient néanmoins provoquer le déclin de la puissance américaine. Je persiste et signe. 
Les effets, sinon les dégâts, de l’administration Obama peuvent être évalués grâce à un indice fort révélateur, soit l’Indice de liberté économique calculé annuellement par le Wall Street Journal en collaboration avec The Heritage Foundation. Depuis la création de l’indice il y a vingt ans, les États-Unis se sont toujours classés dans le club sélect des 10 pays les plus libres au monde. En janvier 2009, lorsque Barack Obama entrait à la Maison Blanche, les États-Unis occupaient le 6e rang. Depuis, l’Oncle Sam n’a fait que dégringoler et se classe maintenant en 12e position, après l’Estonie et le Danemark. Le Canada, en revanche, s’est hissé en 6e place.
Le recul américain s’explique, entre autres, par la folie dépensière de Washington, laquelle a propulsé la dette à des niveaux stratosphériques et provoqué une hausse marquée du fardeau fiscal. De plus, la prolifération des lois et règlements a contribué à paralyser le secteur productif. En 2013 uniquement, plus de 80 000 pages de nouvelles règlementations et de lourdeurs bureaucratiques ont vu le jour. Mises bout à bout, elles s’étendraient sur 18 kilomètres de long!
Et puis? Pourquoi la liberté économique devrait-elle nous préoccuper? Parce que les pays les plus libres sont ceux qui enregistrent les plus importants progrès sociaux et les meilleures performances économiques. Par contre, quand ils voient leur liberté économique régresser, leur économie stagne, leur taux de chômage augmente et leurs conditions sociales se détériorent.
Ce n’est donc pas un hasard si l’économie américaine reste à genoux. Traditionnellement, à partir du début d’une récession, il fallait en moyenne 25 mois à l’Amérique pour récupérer tous les emplois perdus. En décembre 2013, soit 60 mois après le début de la récession, il manque encore 1,2 millions d’emplois. Certes, le taux de chômage officiel est à 6,7%, mais il dépasse 13% dès qu’on inclut les chômeurs découragés qui ont abandonné leurs efforts de recherche d’emploi faute d’opportunités. Aujourd’hui, 47 millions d’Américains se nourrissent grâce à des bons de nourriture, soit une hausse de 13 millions depuis l’élection d’Obama, et le taux de pauvreté atteint 15%, un record depuis 1993. Quant au revenu médian, il a diminué de 4,5% depuis 2008.
Pour se faire élire, Barack Obama a vendu du rêve. Une fois au pouvoir, il a appliqué des politiques socialistes alors que l’expérience a prouvé qu’elles sont intrinsèquement destructrices. Il a vandalisé l’économie de son pays comme personne auparavant. Il nous a enseigné une précieuse leçon.
Retenons-là!

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  • écrivain, née à Marrakech, Maroc, qui cherche une voie pour rapprocher les coeurs et les ames.
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